AL-NUWAYRI HISTOIRE DE LA SICILE

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Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)

AL-NOWAÏRI HISTOIRE DE SICILE.
Contenant les expéditions des Musulmans dans cette île, les conquêtes qu’ils y ont faites, et la manière dont les Francs s’en sont rendus maîtres.

PAR AHMED, IBN ABD AL-WEHAB, IBN MOHAMMED, IBN ABD AL-DAYEM, AL-BAKRI, AL-TEÏMI.

Nous avons donné, dans le premier volume de cet ouvrage, en traitant des îles, une description exacte de la Sicile, des rivières et des fontaines qui l’arrosent, des fruits, des arbres, des plantes, des fourrages qu’on y trouve, et des villes les plus célèbres qu’elle renferme. Nous allons maintenant l’envisager sous un point de vue différent.[6]

Abd Allah ibn Qaïs al-Fezari fut le premier Musulman qui fit une descente en Sicile, où il fut envoyé de la province d’Afrique par Moawia ibn Khodaïj,[7] sous le califat de Muawiya ibn Abou Sufyan. Il s’empara de plusieurs villes, fit beaucoup de prisonniers et emporta un grand butin parmi lequel étaient des idoles[8] d’or et d’argent ornées de perles. Abd Allah les porta au calife Muawia qui les envoya dans l’Inde pour en tirer un plus grand prix, attendu l’aversion des Musulmans pour ces sortes d’images.

Mohammed ibn Abou Idris al-Ansari fit une seconde descente en Sicile, sous le califat de Yazid ibn Abd al-Malik.[9] Il en revint pareillement chargé de butin et emmenant avec lui beaucoup de prisonniers.

La troisième descente se fit sous le califat de Hisham ibn Abd al-Malik.[10] Bashar ibn Safwan al-Kalbi la commandait ; elle eut le même succès que les précédentes.

Habib ibn Abou Obéidah fit encore une descente en Sicile, l’an de l’hégire 122 [739—740 de l’ère ]. Son fils, Abd al-Rahman, qui commandait la cavalerie, mit en fuite tous ceux qui se présentèrent devant lui, et s’avança jusqu’à Syracuse, qui était la capitale. Les ennemis l’ayant attaqué en cet endroit, il les battit, les poursuivit jusqu’à la porte de la ville, et la frappa si rudement de son épée que les traces du coup y restèrent. Les Chrétiens, saisis de frayeur, consentirent à lui payer une contribution. Dès qu’il l’eût reçue, il s »en alla rejoindre son père, et ils retournèrent en Afrique.

Batiment byzantin en Sicile ver Taormina Castiglione di Sicilia
Batiment (Temple) byzantin en Sicile prés de Taormina Castiglione di Sicilia

Abd al-Rahman revint en Sicile, l’an de l’hégire 130 [747 — 748], et y remporta plusieurs victoires. Les gouverneurs de la province d’Afrique furent ensuite occupés à apaiser les séditions qui s’élevèrent dans leur pays, et la Sicile demeura tranquille. Pendant ce temps-là les Grecs la fortifièrent de tous côtés. Ils y bâtirent des forteresses; et il n’y eut point de montagne sur laquelle on ne construisit un château.

L’an de l’hégire 201 [816 — 817], l’empereur de Constantinople donna le gouvernement de la Sicile à un patrice,[11] surnommé Souda. Celui-ci ayant équipé une flotte l’envoya en Afrique, sous le commandement de Fimi,[12] un des principaux patrices, qui enleva les marchands qu’il trouva dans plusieurs parages. Quelque temps après, l’empereur de Constantinople écrivit au gouverneur de Sicile d’ôter à Fimi son commandement, et de le punir pour certaines choses qu’il avait apprises sur son compte.[13] Fimi en ayant eu avis, se rendit à Syracuse, s’empara de la ville et se révolta ouvertement.

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Carte de la Sicile : Livre 2, Chapitre 12: « Brève Description des grandes îles et de leurs mers  » (MS. Arab. c. 90, fols. 32b-33a). © Bodleian Library.

 

Le gouverneur marcha contre lui; on en vint aux mains : Fimi remporta la victoire, et le gouverneur fut tué sur le champ de bataille. Après cet avantage, Fimi se fit proclamer roi, et donna le gouvernement d’une partie de l’île à un nommé Platha,[14] du nombre de ceux qui avaient embrassé son parti : celui-ci s’étant ensuite révolté contre lui, il se donna une bataille dans laquelle l’armée de Fimi fut mis en fuite ; mille de ses gens périrent, et le vainqueur entra dans Syracuse. Alors Fimi s’embarqua avec ceux qui l’accompagnaient, et se rendit en Afrique auprès de Ziadet Allah ibn Ibrahim ibn al-Aglab,[15] pour lui demander du secours. Ziadet ayant fait assembler les principaux de Qairouan et les Fuqaha, les consulta sur le projet d’envoyer une flotte en Sicile. Quelques-uns étaient d’avis de piller seulement l’île sans s’y établir.

Sahioun ibn Cadem demanda à quelle distance elle était du continent qui appartenait aux Grecs? on lui répondit qu’on pouvait y aller et en revenir deux ou trois fois par jour. Il demanda ensuite à quelle distance elle était de l’Afrique? on lui répondit que le trajet était d’un jour et d’une nuit.

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Cavaliers Arabes nord-africains (libyens?) en armure épées droite

Alors, il s’écria : « Quand je serais oiseau je n’y volerais pas.[16] » Tous ceux qui restaient conseillèrent de faire seulement une descente. On s’y prépara avec ardeur, et chacun en attendait le moment avec impatience. Dans le même temps, Fimi reçut ordre du roi de se rendre au port de Sousa,[17] et d’y rester jusqu’à ce qu’on eut rassemblé des vaisseaux et des soldats. La flotte étant prête, le cadi Assad ibn Ferat en eut le commandement. Elle partit du port de Sousa, composée d’environ cent vaisseaux sans compter ceux de Fimi, la septième férie, dans le milieu du mois de rabi premier, l’an 212,[18] sous le califat d’al-Mamoun, et arriva à Mazara la troisième férie.

Le général fit aussitôt débarquer ses troupes qui montaient à dix mille hommes d’infanterie et sept cents chevaux. Trois jours se passèrent pendant lesquels on ne vit paraître qu’un petit corps de Grecs, qui fut pris d’abord et relâché ensuite, parce qu’il était composé des amis de Fimi.

Le Qadi Assad marcha vers Taabia, pour combattre Platha, campé dans une prairie qui porte son nom.[19] Il rangea son armée en bataille, et mit à part Fimi avec ses camarades dont il ne voulut pas emprunter le secours. Le combat s’étant engagé, l’armée de Platha fut mise en fuite : il perdit beaucoup de monde, et les Musulmans firent un grand butin. Après cet échec, Platha se retira dans Enna[20] ; mais craignant de n’y être pas en sûreté, il en sortit pour se rendre en Calabre, où il fut tué. Le cadi Assad marcha de là vers une église appelée Afimia, près de la mer, donna le gouvernement de Mazara à Abou Zaki al-Kenani, et s’avança vers l’église d’al-Meslakin.[21]

Pendant qu’il était en route, les principaux de Syracuse vinrent le trouver pour se soumettre à lui ; mais seulement dans l’intention de le tromper, car les habitants du pays se rassemblaient, pendant ce temps-là, dans la forteresse d’al-Kerat,[22] et y faisaient entrer toutes leurs richesses; tandis que ceux de Syracuse travaillaient à se fortifier. Fimi, voyant les choses dans cet état, commença à vouloir favoriser les infidèles, leur fit dire de se préparer à la guerre et de se défendre courageusement. Cependant le cadi Assad étant resté quelque temps où il était, s’aperçut que ceux de Syracuse l’avaient trompé pour avoir le temps de mettre leur château en état de défense, et d’y retirer toutes les richesses répandues dans les faubourgs et dans les églises. Alors il s’avança vers la ville, commença les hostilités et envoya de tous côtés des partis pour piller.

Bateau Islamique avec "grenade arabes"
Bateau Islamique avec « grenade arabes »

Dans le même temps il lui vint des secours de l’Afrique, et de l’Espagne, et le siège fut pressé si vivement que les habitants demandèrent à se rendre. Le cadi Assad était prêt à écouter leurs propositions, mais ses troupes s’y opposèrent et voulurent continuer la guerre. Sur ces entrefaites, il tomba malade et mourut dans le mois de shaaban, l’an de l’hégire 213 [828 — 829].

Le Qadi Assad al-Ferat étant mort, les Musulmans mirent à leur tête Mohammed ibn Abou al-Jouari. Les assiégés étaient tous les jours plus resserrés, quand il arriva de Constantinople une flotte et une armée considérable. Les Musulmans résolurent alors de retourner en Afrique, abandonnèrent le siège et se rembarquèrent ; mais les Grecs s’étant portés à l’entrée du grand port, les empêchèrent de sortir. Dans cette extrémité, ils mirent le feu à leurs vaisseaux, et se retirèrent accompagnés de Fimi, vers la forteresse de Mineo, dont ils se rendirent maîtres, ainsi que du château de Girgenti.

Calatafimi-Segesta - Wikipedia
Comune de Calatafimi-Segesta, de l’arabe Qalʿat Fīmī (قلعة فيمي),

Après cela, Fimi marcha lui-même vers Enna, dont les habitants offrirent d’abord de se soumettre et de se réunir à lui et aux Musulmans, pour secouer le joug de l’empereur. En même temps, ils demandèrent qu’on leur accordât ce jour là pour délibérer sur les conditions. Fimi y consentit ; et le lendemain matin se présenta devant la ville avec peu de monde. Ils en sortirent comme pour se prosterner devant lui ; mais quand il fut près d’eus, ils saisirent les armes qu’ils avaient cachées auparavant, se jetèrent sur lui et le tuèrent.[23] Dans le même temps, le patrice Toudath[24] arriva de Constantinople avec une armée nombreuse, composée d’Italiens et de soldats d’autres nations. Il se rendit d’abord à Enna, et étant ensuite sorti pour combattre les Musulmans, il fut mis en fuite, perdit un grand nombre de soldats, et quatre vingt-dix patriciens.

Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892

Peu de temps après, Mohammed ibn al-Jouari mourut, et les Musulmans mirent à leur tête Zahar ibn Bargout. Après plusieurs combats livrés aux infidèles, les Musulmans furent assiégés dans leur château, et tellement pressés que les vivres leur manquant absolument, ils furent obligés de manger leurs chevaux. Cet état dura jusqu’à l’arrivée d’Asbag ibn Ouakil al-Haouari, qui était parti d’Espagne avec un grand nombre de vaisseaux, dans le dessein de faire des prises, et de Soleïman ibn Afia al-Tartousi, qui avait aussi avec lui plusieurs vaisseaux. Aussitôt qu’ils parurent, les assiégés leur envoyèrent demander du secours. Ils marchèrent contre Toudath, qui était alors devant Mineo, et l’obligèrent à se retirer dans Enna. Cet événement arriva dans le mois de joumadi second, l’an de l’hégire 215 [26 juillet — 23 août 830].

Dans le même temps, on commença le siège de Palerme, qui dura jusqu’au mois de rajab de l’an 220 [1er — 30 juillet 835], où elle fut prise par composition, sous le gouvernement de Mohammed ibn al-Aglab.[25]

L’an 225 [829 — 830], plusieurs forteresses se rendirent. De ce nombre furent Gerace, Calat al-ballout,[26] Ablathanou,[27] Calat Caroun,[28] Mirta et plusieurs autres.

Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab mourut l’an de l’hégire 236, le 10 du mois de rajab, [17 janv. 851], après avoir gouverné l’espace de dix-neuf ans. Pendant tout ce temps là, il ne sortit point de Palerme 5 mais il faisait marcher les troupes sous la conduite de ses généraux. Al-Abbas ibn al-Fadl fut choisi par le peuple pour lui succéder, et son élection fut confirmée par l’émir Mohammed ibn al-Aglab, qui régnait à Cairouan. Le nouveau gouverneur faisait quelquefois des courses lui-même, et quelquefois envoyait ses partis désoler et ruiner le pays des ennemis, qui lui abandonnaient leurs biens pour obtenir de lui la paix.

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Araba italia

Avant la prise de Palerme, la ville de Syracuse était la capitale des Grecs ; mais depuis cet événement, ils s’étaient retirés à Enna, place très forte, et en avaient fait leur capitale.

L’an 244 [858—859], al-Abbas s’étant mis à la tête des troupes, fit des courses jusqu’aux portes d’Enna et de Syracuse. En même temps, il mit en mer plusieurs vaisseaux de guerre, commandés par son frère Ali. Celui-ci ayant été rencontré par un officier arabe, surnommé le Crétois,[29] qui avait avec lui quarante vaisseaux, il y eut entre eux un grand combat, dans lequel Ali remporta la victoire, et s’empara de dix vaisseaux avec les hommes qui les montaient. Lorsqu’il fut de retour de cette expédition, al-Abbas envoya secrètement un corps de troupes du côté d’Enna. Ses soldats y firent un grand butin, et se saisirent d’un infidèle qu’ils lui amenèrent. Al-Abbas avait déjà donné ordre de le faire mourir, lorsqu’il offrit de livrer Enna, si on voulait lui laisser la vie. Al-Abbas accepta la proposition, et ayant pris avec lui mille chevaux et sept cents fantassins, partit de nuit accompagné de l’infidèle, et s’avança à une certaine distance du mont Gadir.

 

Là, s’étant arrêté, il envoya en avant son oncle Rabbakh, avec les plus braves de ses soldats, et se tint lui-même caché avec le reste. Rabbakh et ses gens s’étant glissés sans être aperçus jusqu’au pied de la montagne, l’infidèle leur montra l’endroit où ils devaient appliquer leurs échelles pour monter. Le jour ne paraissait pas encore, et la garnison était endormie. Arrivés près des murs, ils trouvèrent une ouverture par où l’eau entrait dans la place, et s’en servirent pour y pénétrer.

Cependant, al-Abbas continuant son chemin, arriva à la porte de la ville vers la pointe du jour, la cinquième férie, 15 du mois de shoual.[30] Toute la garnison fut passée au fil de l’épée. On trouva dans la ville des richesses immenses, aussi bien que les enfants de plusieurs patriciens et de grands seigneurs qu’on y avait retirés. Al-Abbas fit construire le même jour une mosquée, et élever une tribune sur laquelle on fit la prière la sixième férie.[31] Il ne cessa de faire la guerre en personne aux ennemis, jusqu’à sa mort, qui arriva la sixième férie, 4 de joumadi second, de l’an 247,[32] après un gouvernement de deux ans.

Les Musulmans mirent d’abord à sa place Ahmed ibn Iacoub, et ensuite Abd Allah ibn al-Abbas. En même temps, ils écrivirent à l’émir de Cairouan, qui leur envoya Khafaja ibn Sofian, l’an 248. Celui-ci continua de faire des incursions dans le pays ennemi, jusqu’à ce qu’il fût tué par un de ses soldats, nommé Khalfoun ibn Abou Ziad al-Haouazi, la troisième férie, 1er de rajab, l’an 255.[33] Son fils Mohammed fut choisi pour lui succéder, et confirmé par l’émir de Qairouan.

Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya ,  de nos jours Erice,( Sicile).
Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya , de nos jours Erice,( Sicile).

Il fut tué pareillement par un de ses eunuques, le 4 de rajab, l’an 257.[34] Mohammed ibn Abou al-Hossaïn fut mis à sa place, en attendant les ordres de l’émir, qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh ibn Iacoub, et celui de la grande terre,[35] à Abd Allah ibn Iacoub. Rabbakh mourut dans le mois de moharram 258,[36] et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al-Abbas ibn Abd Allah, ibn Iacoub, qui mourut au bout d’un mois, et fut remplacé par son frère. Peu après, l’émir d’Afrique donna le gouvernement à Hossaïn ibn Rabbakh. Il le lui ôta ensuite, et en revêtit d’abord Abd Allah ibn Mohammed, ibn Ibrahim ibn al-Aglab, dans le mois de shoual 259,[37] et ensuite Abou Malik Ahmed ibn Omar, ibn Abd Allah, ibn Ibrahim, ibn al-Aglab, connu sous le nom de Habashi, qui occupa cette place pendant vingt-six ans.[38]

Abou al-Abbas ibn Ibrahim, ibn Ahmed, lui succéda en 287 [900—901] ; mais ayant été rappelé en Afrique, il eut pour successeur son père Ibrahim ibn Ahmed ibn al-Malik.

Ibrahim fit lui-même plusieurs expéditions contre les ennemis, et mourut les armes à la main. Il fut remplacé d’abord par Mohammed ibn al-Sarcousi, et ensuite l’an 290 [902—903], par Ali ibn Mohammed, ibn Abou al-Faouares. Celui fut déposé par Ziadet Allah, qui mit à sa place Ahmed ibn Abou al-Hossaïn ibn Rabbakh. Peu de temps après, les Siciliens ayant appris les conquêtes d’Abou Abd Allah al-Shii en Afrique, se révoltèrent contre Ahmed, pillèrent ses richesses, le renfermèrent en prison, et mirent à sa place Ali ibn Abou al-Faouares, le 11 de rajab 296.[39] En même temps, ils envoyèrent ibn Abou al-Hossaïn, vers Abou Abd Allah al-Shii, pour, lui demander la confirmation d’Ali. Abou Abd Allah, accorda ce qu’on lui demandait, et écrivit à Ali pour l’exhorter à attaquer les infidèles par terre et par mer.

Ahmed ibn Abou al-Hossaïn fut, comme on voit, le dernier des gouverneurs de la Sicile pour les Aghlabides. Parmi tous ceux dont nous avons fait mention, il n’y en a aucun qui ne se soit distingué par des expéditions contre les infidèles, et par une grande ardeur pour la guerre.

Al Mahadi ayant succédé aux Aghlabides, Ali lui demanda la permission de venir en Afrique. Al-Mahadi la lui accorda, et lorsqu’il fut arrivé, il le fit mettre en prison dans la ville de Racada. Le gouverneur[40] qu’il mit à sa place arriva en Sicile le 10 dhou al-haja l’an 297 [le 20 août 910]. L’année suivante, une révolte éclata contre lui, on se saisit de sa personne. Voici qu’elle fut la cause de cet événement. Ses officiers exerçaient centre le peuple toutes sortes d’injustices. Un jour qu’il avait invité à dîner les principaux de la ville, l’un d’eux crut voir ses esclaves s’armer d’épées nues Aussitôt tous prennent l’alarme, ouvrent les fenêtres de la salle, et se mettent à crier: aux armes! aux armes! Le peuple accourt à leur secours, environné le palais, et met le feu aux portes. Tandis que les principaux des habitants qui étaient dans le palais se sauvaient entre les bras de la multitude, le gouverneur protestait qu’il n’avait pas eu dessein de leur faire aucun mal. Comme on ne l’écoutait pas, et qu’on l’accablait de reproches, il voulut sauter dans la maison voisine, se laissa tomber, et se cassa la jambe. Le peuple se saisit de lui, et le mit en prison. Khalil, maître d’Alcamo,[41] prit en main le gouvernement de la ville. On écrivit en même temps à Mahadi, qui accorda le pardon de ce qui s’était passé, déposa le gouverneur, et mit à sa place Ali ibn Omar al-Balaoui, qui arriva à Palerme le 27 du mois dhou al-haja, l’an 299.[42]

C’était un vieillard doux et humain envers le peuple, mais qui ne put plaire aux Siciliens. Ahmed ibn Qorhub souleva les esprits contre lui, et les engagea à se soumettre à Moctader billah, Calife Abbaside. Plusieurs y consentirent, et choisirent Ahmed pour gouverneur. Moctader envoya l’an 300 [912] des ambassadeurs qui lui apportèrent les provisions de sa charge, les robes d’honneur, les étendards, le collier d’or et les bracelets[43] ; mais le peuple s’étant révolté, écrivit à Mahadi, et les mutins, ayant à, leur tête Abou al-Gaffar, s’avancèrent vers Ahmed ibn Corhab, et lui ordonnèrent de sortir de l’île, et de se retirer où il voudrait. Il refusa de le faire et se battit contre eux ; après leur avoir résisté quelque temps, il fut tué à la fin de l’an 300 [913]. Son gouvernement avait duré onze mois.

 

 

Après sa mort, al-Mahdi nomma pour gouverneur Moussa ibn Ahmed, et lui donna des troupes capables de résister aux Siciliens, s’ils voulaient entreprendre quelque chose contre lui. A son arrivée, il reçut les principaux de Girgenti, qu’il traita avec distinction, et leur fit des présents. Peu de temps après, s’étant saisi d’Abou al-Gaffar, il le fit charger de chaînes et conduire en prison. Son frère Ahmed se sauva à Girgenti, et fit soulever le peuple contre Moussa. Après une guerre opiniâtre, les habitants demandèrent la paix, Moussa la leur accorda, et en écrivit à Mahadi, qui, n’étant pas apparemment content de sa conduite, mit à sa place Salem ibn Assad[44] al-Kennai, l’an 305 [917 — 918].

Fatimid Caliphate 2

L’an 316 [928 — 929], Sareb al-Saclabi[45] se rendit en Afrique avec trente vaisseaux de guerre. Salem s’étant joint à lui, ils descendirent en Calabre, où ils prirent d’assaut la ville de Tarente. Ils marchèrent ensuite vers Otrante, où ils firent beaucoup de ravage ; mais la maladie qui se mit dans l’armée, les obligea de revenir à Palerme.

Ils en sortirent peu après, et imposèrent aux habitants de la Calabre un tribut qu’ils furent obligés de payer pendant tout le règne de Mahadi.

Son fils al-Caïm, qui lui succéda, envoya une flotte ravager le pays des Francs.[46] Iacoub ibn Ishak qui la commandait, prit la ville de Gênes, passa de là en Sardaigne, fit beaucoup de mal aux habitants, et brûla grand nombre de vaisseaux. La même année, il y eut en Sicile une inondation qui renversa plusieurs maisons.

L’an….., les habitants de Girgenti se révoltèrent contre Salem, et chassèrent son lieutenant ibn Abou Hamran.[47] Salem envoya d’abord contre eux une armée qui fut battue ; mais les ayant ensuite attaqués lui-même, il les mit en fuite. Peu de temps après, la ville de Palerme s’étant aussi révoltée, les habitants marchèrent contre lui avec Ishak al-Bostani et Mohammed ibn Hamou. Après plusieurs combats, Salem les obligea à prendre la fuite, et les assiégea dans la ville. Al-Caïm ayant appris ces nouvelles, envoya à son secours une armée commandée par Khalil ibn Ishak. Alors les Siciliens lui écrivirent pour lui protester de leur obéissance, et lui témoigner en même temps leur mécontentement de la conduite de Salem. Al-Caïm mit à sa place Khalil ibn Ishak, qui entra dans Palerme à la fin de l’an 325 [957].

Le nouveau gouverneur déposa les lieutenants de Salem, et traita fort bien le peuple, qui le récompensa par son obéissance. Au bout de quatre ans, il passa en Afrique, et eut pour successeur, an 334 [945 — 946], Mohammed ibn al-Ashat. Celui-ci se conduisit aussi avec beaucoup de douceur, jusqu’à l’an 336 [947 — 948], qu’il écrivit à al-Mansor pour l’informer de la peine que lui donnaient les habitants et du mauvais état des affaires. Al-Mansor mit à sa place al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossain al-Kalbi,[48] qu’il estimait beaucoup à cause de l’attachement qu’il avait pour sa personne, et des services qu’il avait rendus à ses prédécesseurs.

Al Hassan resta en Sicile deux ans et quelques mois, et revint en Afrique sous le règne de Moez ledin Allah ibn al-Mansor,[49] qui voulut bien, sur sa demande, accorder sa place à son fils Ahmed Abou al-Hossaïn l’an 345 [954 — 955].

Ce fut sous lui que les Musulmans se rendirent maîtres de Taormina[50] qui était la plus forte place des Grecs. Elle fut prise le 25 du mois de dhou al-caada l’an 351,[51] après sept mois et demi de siège. L’émir Ahmed envoya en Afrique les prisonniers qui étaient au nombre de quinze cent soixante-dix ; et al-Moez ordonna que la ville fut appelée de son nom al-Moezia.

Après que les Musulmans s’y furent établis, et qu’ils l’eurent fortifié, la ville de Rometta se révolta et appela le Domestec[52] à son secours. Aussitôt Ahmed envoya, par l’ordre d’al-Moez, al-Hassan ibn al-Ammar, pour l’assiéger et en faire sortir tous les habitants. Ibn al Ammar arriva devant la ville la cinquième férie dernier jour du mois de rajab, l’an 352.[53] Il dressa aussitôt ses machines et livra tous les jours des assauts. Il fit construire aussi un fort où il demeura, et ses gens, à son exemple, se bâtirent des maisons.

Le Domestec, ayant appris ces nouvelles, fit assembler les troupes et leur ordonna de se rendre en Sicile sous le commandement de Manuel. L’embarquement se fit la quatrième férie, 4 de shoual de l’an 353[54] : l’armée qui était très nombreuse fut neuf jours à faire le trajet. Les troupes à leur arrivée environnèrent la ville de Messine d’un fossé et élevèrent les murailles. L’émir Ahmed averti par al-Hassan se mit à la tête de ses troupes, en même temps les infidèles sortirent de Messine et marchèrent vers al-Hassan qui était à Rometta.

Ce fut dans le milieu de shoual 353 [25 octobre 964], que Manuel s’avança à la tête d’une armée composée principalement de Mages,[55] d’Arméniens et de Russes; et plus nombreuse que toutes celles qu’on avait vues jusque-là en Sicile. Al-Hassan ibn al-Ammar ayant appris qu’il s’avançait se prépara à marcher à sa rencontre, et posta d’abord un corps de troupes dans chacun des deux défilés[56] par lesquels on pouvait venir à lui. Manuel en ayant eu avis, détacha pareillement deux corps de troupes pour attaquer ceux d’al-Hassan, et en envoya un troisième du côté du chemin de Palerme, pour empêcher que l’ennemi ne fût secouru.

Al Hassan ayant laissé quelques troupes devant Rometta,[57] s’avança à la tête d’une armée déterminée à vaincre ou à périr. Les ennemis partagés en huit corps eurent bientôt enveloppé les Musulmans de toutes parts. En même temps, les habitants de Rometta fondirent sur ceux qu’ils avaient en tête, et l’attaque devint générale. Après un long combat, les Musulmans décourages et désespérant de la victoire, dont les ennemis se croyaient assurés, ne cherchaient plus qu’à mourir les armes à la main, regardant la mort comme ce qu’ils pouvaient obtenir de plus heureux.

Al-Hassan voyant l’action se ralentir,[58] s’écria de toutes ses forces: Grand Dieu ! si les hommes m’abandonnent, ne m’abandonne pas ! Al-Hassan et ceux qui étaient autour de lui, fondirent en même temps sur l’ennemi, avec l’impétuosité d’un seul homme. Manuel de son côté criant de toutes ses forces, demandait aux soldats où était la bravoure qu’ils faisaient paraître devant l’empereur, où étaient les promesses qu’ils lui avaient faites de tailler en pièces cette poignée d’hommes.

Le combat s’échauffe de part et d’autre, Manuel fondant sur les Musulmans, en tue un de sa main. Il reçut alors plusieurs coups de lance qui ne lui firent aucun mal, à cause de la bonté de sa cuirasse ; mais un soldat s’étant jeté sur lui, perça son cheval, lui coupa les jarrets, et le tua lui-même. Il survint ensuite un grand orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre, l’air s’obscurcit, le secours de Dieu se manifesta en faveur des Musulmans, et les infidèles prirent la fuite. Le carnage alors augmenta. Les ennemis en déroute s’étaient portés vers un endroit qu’ils croyaient uni; ils rencontrèrent des chemins difficiles; on les poussa jusque sur le bord d’un fossé large et profond, dans lequel ils tombèrent et se tuèrent les uns les autres. Le fossé fut tellement rempli de cadavres, que la cavalerie passant par dessus en courant, tailla en pièces tout ce qui se trouva dans ces lieux d’un accès difficile et dans ces retranchements épouvantables.

Le combat dura depuis le commencement du jour jusqu’après midi. On tua encore beaucoup de fuyards pendant la nuit, et il périt dans cette journée plus de dix mille hommes. Plusieurs des chefs furent faits prisonniers. Le butin fut immense, en chevaux,[59] armes et choses précieuses. On y trouva un sabre sur lequel étaient gravés ces mots : « Ce sabre est indien, son poids est de cent soixante dix mithcal. Il fit couler bien du sang sous les ordres de l’envoyé de Dieu.[60] » Al-Hassan ibn al-Ammar l’envoya à Moez, avec une grande quantité d’armes, de cuirasses, et deux cents prisonniers des plus distingués. Il ne se sauva qu’un petit nombre d’infidèles qui s’embarquèrent. L’émir Ahmed apprit la nouvelle de cette victoire, comme il était en marche pour joindre al-Hassan. Dans le même temps, il perdit son père Hassan ibn Ali, ibn Abou al-Hossaïn.

Le Domestec ayant appris cette défaite lorsqu’il assiégeait la ville de Mopsueste, s’en retourna aussitôt à Constantinople. Le siège de Rometta dura encore quelques mois. La famine ayant obligé mille des ennemis à sortir de la ville, al-Hassan les fit conduire à Palerme, et continua l’attaque de la place, qui se rendit peu de temps après. Il se donna encore plusieurs combats considérables, principalement celui du détroit, dans lequel il périt un si grand nombre d’infidèles, que la mer fut teinte de leur sang; enfin la paix se fit entre Moez et le Domestec, l’an 356 [966—967]. Moez ayant reçu ses présents, en donna avis à l’émir Ahmed, et lui ordonna en même temps de réparer les murs de la ville de Palerme, de la fortifier sans perdre de temps,[61] et de bâtir dans les différentes parties de l’ile une ville forte, avec une mosquée et une tribune, afin d’y rassembler les habitants, et de ne pas souffrir qu’ils demeurassent dispersés dans les campagnes. L’émir Ahmed se hâta de remplir ces ordres, et envoya dans Pile des cheikhs pour veiller à ces diverses constructions.

L’an 358 [968—969], al-Moez reçut des présents de l’empereur de Constantinople, et commanda qu’on détruisit les villes de Taormina et de Rometta. Ahmed chargea son frère Abou al-Cassem et son oncle Jaafar de se rendre sur les lieux pour l’exécution de cet ordre, qui fit beaucoup de peine aux Musulmans. Les deux villes furent détruites, et tout fut consumé par le feu. La même année, al-Moez ordonna à l’émir Ahmed de quitter la Sicile. Il s’embarqua donc et aborda en Afrique, suivi de trente vaisseaux, sur lesquels étaient toute sa famille, ses enfants, ses frères et toutes ses richesses. Son gouvernement avait duré seize ans ; il laissa en partant pour remplir sa place Iaïsh, affranchi de son père.

Au milieu de shaaban de l’an 359 [24 juin 970], l’émir Abou al-Cassem vint en Sicile en qualité de lieutenant de son frère Ahmed : celui-ci mourut la même année, et Abou al-Cassem reçut le diplôme d’al-Moez pour lui succéder. Il fit plusieurs expéditions contre les ennemis, la première répond à l’an 365 [975—976]. La même année, il fit rétablir la forteresse de Rometta, et en donna le commandement à un de ses esclaves.[62] Il mourut dans sa cinquième expédition, au mois de moharam 372.[63] L’émir Jaber ibn Abou al-Cassem lui succéda, et fut confirmé par le calife al-Aziz billah ibn al-Moez. Au bout d’un an, il fut déposé et remplacé par Jaafar ibn Mohammed ibn Hossaïn, qui vint en Sicile l’an 373 [983—984]. Celui-ci mourut en 375, [985—986]. Son frère Abd Allah ibn Mohammed lui succéda. Abd Allah mourut dans le mois de ramadhan 379,[64] et désigna pour lui succéder son fils Abou al-Fatha Ioussef.

 

Ioussef ayant été confirmé par al-Aziz, gouverna l’île avec sagesse, et se distingua par son amour pour le peuple, jusqu’à ce qu’ayant été attaqué d’une hémiplégie, en 388 [998—999], il perdit absolument l’usage du côté gauche, et resta fort incommodé du côté droit. Son fils Jaafar gouverna pour lui, ayant déjà le diplôme pour lui succéder. Al-Hakem lui envoya ensuite les marques d’honneur de sa place, avec l’étendard, et lui donna le surnom de Taj al-doulat, saif al-millat.[65] L’an 405, le dernier du mois de rajab,[66] son frère l’émir Ali ibn Abou al’fatha, voulant lui disputer l’empire, rassembla près de Palerme des Barbaresques et des esclaves qu’il avait engagés dans son parti. Jaafar marcha à sa rencontre. La bataille se donna la quatrième férie, 23 de shaaban [6 fév. 1015]. Les troupes d’Ali furent taillées en pièces. Il fut fait lui-même prisonnier, et conduit devant son frère, qui le fit mourir, et termina ainsi la guerre huit jours après s’être mis en campagne. La mort d’Ali fit beaucoup de peine à leur père Abou al-fatah. Jaafar ordonna ensuite qu’on chassât de l’ile les Barbaresques qui y étaient, et fit mourir tous les esclaves, sans en épargner un seul. Il voulut aussi que sa garde ne fût composée que de Siciliens, n’eut pas soin d’entretenir les troupes, et facilita par là le soulèvement qui se fit contre lui, pour les raisons que nous allons rapporter.

Hassan ibn Mohammed al-Bagaï, secrétaire de Jaafar, jouissait d’une très grande autorité. Cet homme, d’un caractère dur et avare, maltraitait le peuple, et commettait tous les jours des injustices. Il avait conseillé à Jaafar d’exiger des Siciliens le dixième des grains et des fruits, selon l’usage établi pour certains objets. Cela était contraire à la coutume de Sicile, où l’on payait seulement un droit pour chaque paire de bœufs, quelle que fut la récolte.[67] Outre cela, on reprochait au gouverneur de traiter la multitude avec mépris, et les grands avec hauteur. Le peuple irrité par tant de motifs, s’assembla enfouie autour du château, en détruisit une partie, assiégea le reste avec tant d’opiniâtreté, qu’il passa sous les armes la nuit de la seconde férie, 7 de moharram 410.[68] Le lendemain, comme ils étaient sur le point de s’en rendre maîtres, Ioussef, père de Jaafar, dont la personne imprimait le respect, se fit porter en litière au-devant des séditieux. Sa présence et ses discours arrêtèrent leur fureur. Il les flatta, promit de se conformer à leurs sentiments, écouta les plaintes qu’on lui fit sur les innovations de son fils, répondit de lui, s’engagea à le contenir, et permit de nommer un nouveau gouverneur. Le choix tomba sur son fils Ahmed al-Akhal.

Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio .  Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ]  Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment arabe à Palerme, l’architecture ne semble pas montrer influences normandes; à l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio il appartenait à l’emir  Jafar al-Kalbi II Xe siècle .
Ahmed commença à gouverner la seconde férie 6 de moharram 410.[69] Son premier soin fut de se saisir du secrétaire Hassan al-Bagaï, et de le livrer aux Siciliens, qui lui coupèrent la tête, la portèrent en triomphe, et brûlèrent son corps. Ioussef épouvanté par cette exécution, et craignant pour son fils Jaafar, s’embarqua avec lui sur un vaisseau qui faisait voile pour l’Egypte. Les richesses qu’ils emportaient avec eux se montaient à six cent soixante et dix mille pièces d’or. Malgré cela, lorsque Youssef mourut en Egypte, il était réduit à n’avoir qu’une seule bête de somme,[70] lui à qui l’on comptait autrefois treize mille chevaux, outre les mulets et les autres animaux.

Al Akhal ayant pris en main le gouvernement, se conduisit avec la prudence que demandaient les circonstances, il apaisa les troubles, rétablit par tout le bon ordre, et mérita qu’al-Hakam lui donnât le surnom de Taïd al-doulat.[71]

Ses troupes firent des courses dans le pays ennemi, portèrent partout le fer et la flamme, et forcèrent toutes les forteresses à se rendre. Souvent il marchait lui-même à leur tête, et alors il remettait son autorité entre les mains de son fils, nommé Jaafar, qui n’imitait point la justice et la bonté de son père. Cependant al-Akhal assembla un jour les Siciliens, et leur dit qu’il allait faire sortir de l’île tous les Africains qui y étaient, et qui partageaient avec eux leur pays et leurs richesses. Les Siciliens lui représentèrent que la chose était impossible, que les deux peuples étaient unis par des mariages, et tellement confondus qu’ils ne faisaient plus qu’un. Al-Akhal, piqué de ce refus, les congédia, et envoya sur le champ faire les mêmes propositions aux Africains, par rapport aux Siciliens.

Les Ifriqiyiens les acceptèrent, et se rendirent auprès de lui. Alors al-Akhal commença à affranchir leurs biens et à lever des impositions sur ceux des Siciliens seulement. Plusieurs de ceux-ci mécontents, allèrent trouver en 427 [1035— 1036], al-Moez ibn Badis,[72] et lui dirent qu’ils étaient déterminés à se soumettre à lui, ou à livrer le pays entre les mains des Grecs.

Plate with Battle Scene. Fatimid-Zirid.
Scène de bataille représenté sur ce bol Fatimide – Ziride en Ifriqiya

Al-Moez envoya en Sicile son fils Abd Allah, avec une armée composée de trois mille hommes de cavalerie et autant d’infanterie. Après plusieurs combats, al-Akhal fut assiégé dans son château de Khalisa. Réduit à cette extrémité, quelques-uns des habitants étaient d’avis de le secourir ; mais ceux qui avaient fait venir les Africains lui tranchèrent la tête, et la portèrent à Abd Allah. Bientôt après la division éclata parmi les Siciliens, et plusieurs d’entre eux se repentirent d’avoir appelé Abdallah dans leur pays. S’étant donc rassemblés, ils lui livrèrent bataille. Son armée fut mise en fuite, il perdit environ trois cents hommes, et le reste s’étant rembarqué, repassa en Afrique.

Dans le même temps, al-Samsam, frère d’al-Akhal, fut élu gouverneur; mais les troubles subsistant toujours, les partis, se séparèrent et s’établirent de divers côtés.

Les principaux de Palerme s’emparèrent du gouvernement et chassèrent al-Samsam. L’alcaïde Abd Allah ibn Menkout se rendit maître de Mazara, de Trapani, de Xacca, de Marsala et des environs; Enna, Girgenti, Castronuovo et le pays d’alentour tombèrent sous la puissance de l’alcaïde Ali ibn Nimat, surnommé ibn al-Jaouas.

Syracuse fut soumise à ibn Thémama, qui marcha ensuite contre Catane, s’en rendit maître, et tua ibn Kelabi, qui avait épousé la sœur de l’alcaïde Ali ibn Nimat, appelée Meimouna.

Cette femme étant ainsi devenue veuve, ibn Thémama la demanda à son frère, et l’obtint. Ce mariage eut, comme on va voir, les suites les plus funestes. Meimouna, qui avait beaucoup d’esprit, eut un jour une dispute avec son mari. On en vint de part et d’autre aux injures. Ibn Thémama qui était ivre, entra dans une grande colère, et ordonna qu’on lui ouvrît les veines des deux bras, et qu’on la laissât mourir dans cet état. Son fils Ibrahim en ayant été informé, accourut à son secours, et fit venir des médecins qui la rappelèrent à la vie. Le lendemain ibn Thémama fut fâché de son action, et demanda pardon à sa femme, s’excusant sur son ivresse. Celle-ci fit semblant de lui pardonner, et quelque temps après, elle lui demanda la permission d’aller voir son frère.

Ibn Thémama le lui permit, et envoya avec elle toutes sortes de présents. Arrivée près de son frère, Meimouna lui raconta ce qui s’était passé, et sut si bien l’intéresser en sa faveur, qu’il jura de ne point la renvoyer à son mari. Ibn Thémama l’ayant donc redemandée, et n’ayant pu l’obtenir, assembla ses troupes qui étaient très nombreuses; car il était maître de la plus grande partie de l’île, et l’on faisait la prière en son nom dans Palerme. S’étant mis à leur tête, il s’avança vers Enna. Ibn al-Jaouas marcha à sa rencontre, le mit en fuite, et lui tua beaucoup de monde.

Représentation d'archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l'occupation Croisée Normande de l’île d'as-Siqiliya (Sicile)
Représentation d’archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l’occupation Croisée Normande de l’île d’as-Siqiliya (Sicile)

Ibn Thémama voyant son armée taillée en pièces, résolut d’implorer le secours des Chrétiens. Il alla donc à Balthia, dont les Francs s’étaient emparés l’an 372 [982 — 988]. Il y trouva Roger qui régnait alors, et lui promit de le rendre maître de toute l’île. Ils se mirent donc en campagne dans le mois de rajab de l’an 444, [27 novembre — 26 décembre 1052], et ne trouvant aucune résistance, ils s’emparèrent de tout ce qui se rencontra sur leur passage jusqu’à Enna, Ibn al-Jaouas en étant sorti pour les combattre, fut mis en fuite et obligé de rentrer dans sa forteresse.

Les Chrétiens passèrent outre, et se rendirent maîtres de plusieurs places. Alors les personnages les plus distingués d’entre les Musulmans par leurs vertus et leur savoir, abandonnèrent le pays, et beaucoup de Siciliens s’étant, retirés auprès d’al-Moez ibn Badis, lui rendirent compte du mauvais état des affaires, et des conquêtes des Francs. Sur ces nouvelles, al-Moez ayant fait équiper une flotte considérable, l’envoya en Sicile. On était alors dans l’hiver, et comme la flotte faisait voile vers Cossyre,[73] il s’éleva une tempête furieuse qui fit périr presque tous les vaisseaux. Ce malheur affaiblit beaucoup al-Moez, et fut cause que les Arabes remportèrent sur lui plusieurs avantages.

Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina
Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina

D’un autre côté, Roger, profitant de la circonstance, poursuivit sa conquête sans trouver de résistance, pendant qu’al-Moez était occupé de la guerre qui lui était survenue. L’an 453 [1061—1062], al-Moez mourut. Son fils Tamim lui ayant succédé, envoya une flotte et une armée en Sicile, sous le commandement de ses deux fils Ayoub et Ali. Ayoub débarqua d’abord avec l’armée à Palerme, et Ali descendit à Girgenti. Ayoub y vint aussi peu après, et s’attira l’affection des habitants. Ibn al-Jaouas en conçut de la jalousie, et leur écrivit de le renvoyer. Comme ils n’en voulurent rien faire, il marcha contre eux à la tête de son armée. La bataille s’étant donnée, il fut tué d’un coup de flèche, et Ayoub ibn Tamim fut proclamé roi. Peu après ses soldats prirent querelle avec le peuple ; on en vint aux mains, et comme la division allait toujours en augmentant, Ayoub et son frère retournèrent avec la flotte en Afrique, l’an 461 [1068—1069] accompagnés d’un grand nombre des principaux de l’île. Les Francs devinrent alors les maîtres de tout le pays. Il n’y eut qu’Enna et Girgenti qui tinrent contre eux. Les Musulmans qui les défendaient furent si pressés par les assiégeants qu’ils mangèrent les cadavres, jusqu’à ce qu’enfin cette nourriture leur manqua. Girgenti se rendit l’an 481 [1088—1089]. Enna tint encore trois ans, et ne se rendit qu’en 484 [1091 — 1092] L’île fut alors habitée par les Grecs, les Francs et les Musulmans. Roger, qui en était roi, ne laissa à personne ni bain, ni boutique, ni four, ni moulin. Sa mort arriva avant 490 [1096—1097]. Son fils Roger lui ayant succédé, ne suivit pas les coutumes des Francs ; mais imita celles des princes Musulmans.

Il établit un tribunal où les opprimés allaient porter leurs plaintes, et il leur faisait rendre justice même contre son fils. Cette conduite lui attira l’amour des Musulmans, qu’il traitait avec distinction et qu’il protégeait contre les Francs.

Ayant fait équiper une grande flotte, il se rendit maître d’abord des îles qui sont entre Mahadie et la Sicile, comme Malte, Cossyre et autres. Ensuite il porta ses armes en Afrique, et s’empara de Mahadie et de plusieurs autres villes, qui furent ensuite reprises par Abd al-Moumen ibn Aly, de la dynastie des almohades.


 


AL-NOWAYRI

HISTOIRE DE LA SICILE
TRADUIT DE L’ARABE PAR  J. J. A. CAUSSIN

 

[1] IJean Jacques Antoine Caussin de Perceval, orientaliste français, né à Montdidier en 1759 et mort en 1835.

[2] Ce texte, sa traduction et ses notes (non corrigées) sont un peu vieillots, mais les traductions de l’historien al-Nowaïri (orthographié En-Noweïri, Noveïri, Novaïri…) sont rares. Il en existe cependant une autre sur ce même site.

[3] L’expression du traducteur « le Nowaïri » vient de l’arabe al-Nowaïri. Caussin a traduit al par le. C’était usuel il y a deux siècles.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihayat al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquête de la ville de Marakech. (Wikipédia)

[4] Ce manuscrit est de la main même du Nowaïri, comme on le voit par une note à la fin. L’écriture qui est rapide, quoique belle et très correcte, les points diacritiques qui sont omis dans les mots, où l’on peut aisément les suppléer, et placés ailleurs avec une économie et une intelligence rares; enfin, l’âge du manuscrit résultant des caractères paléographiques, qui ne permettent pas de lui donner beaucoup moins de cinq cents ans d’antiquité, tout concourt à prouver que cet exemplaire est réellement autographe. En le comparant avec le ms. 702 A, on remarque entre eux des différences qui ne viennent que de mots mal lus, mal ponctués, ou d’expressions plus communes substituées à des expressions d’un usage plus rare. Je me suis attaché invariablement dans ma traduction à la leçon du manuscrit de l’auteur.

[5] J’ai fait remplir autrefois cette lacune au moyen du second manuscrit.

[6] Littéralement : « Nous rapporterons maintenant, dans cet endroit, les choses qui la concernent et qui sont d’un genre différent de celles que nous avons rapportées précédemment. » J’avais traduit, il y a quinze ans, en interprétant la pensée de l’auteur, et la rendant peut-être d’une manière plus claire et plus succincte: « Nous allons exposer maintenant les événements dont elle a été le théâtre. »

[7] Moavia ibn Khodaïj fut envoyé dans la province d’Afrique, nom que les Arabes donnent à la partie orientale de la côte de Barbarie, l’an de l’hégire 45 (665— 666), par le calife Moavia pour continuer la conquête de ce pays qui avait été commencée sous le calife Othman. Ce fut après sa victoire qu’il envoya Abd Allah en Sicile. Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, chap. I.

[8] Les Mahométans appellent idoles toutes les images religieuses.

[9] Le règne de ce prince s’étend depuis l’an 720 jusqu’à 724 de l’ère vulgaire.

[10] Depuis l’an 724 jusqu’en 745 de l’ère vulgaire.

[11] Ce patrice est appelle dans un manuscrit Casantin, et dans l’autre Phasantin, et même dans un endroit Phastin. Le premier nom pourrait être une corruption de Constantin, ou seulement une faute de copiste. Le second, surtout si l’on fait attention à la leçon qui porte Phastin, semblerait convenir au patrice Photin à qui le gouvernement de la Sicile fut donné par l’empereur Michel le Bègue vers l’an 824. (Cedrène, tome II, page 510, Histoire du Bas-Empire, par Le Beau, tome XIV.)

Si dans l’auteur arabe on lit l’an de l’hégire 201, qui répond à l’an 816, c’est probablement une faute de copiste, qui aura oublié le mot asher (dix), lequel donne l’année de l’hégire 211 (826). En effet, l’auteur fait mention immédiatement après, de l’an 212, et il est évident par son récit qu’il y a eu fort peu d’intervalle entre tous les faits qu’il rapporte. D’ailleurs, le gouverneur dont il ici question est le même, d’après l’auteur arabe, que celui sous lequel arriva la révolte d’Euphémius en 827. Or, un gouverneur établi en 816 ne pouvait plus être en place en 827, puisque le gouvernement fut donné à Photin en 824.

[12] C’est le même qu’Euphémius, dont il est parlé dans les historiens grecs. Le nom de Fimi se retrouve encore aujourd’hui dans celui de Calata Fimi, et l’île des Femmes (isola delle Femine) s’appelait autrefois Fimi.

[13] Euphémius avait enlevé une religieuse qu’il aimait. Le Beau, Hist. du Bas-Empire, tome XIV, page 403.

[14] Le texte ajoute eulej min Alamaniin. Le premier mot désigne, en général, tous ceux qui ne sont pas Arabes, et répond au Barbarus des Latins. Le second, dérivé d’Alamani, désigna quelquefois les Italiens, comme on le voit par ce passage d’Aboulfaradj, page 108. La ville de Rome fait partie de l’Alamanie.

[15] Troisième prince de la dynastie des Aghlabides, qui régna depuis 817 jusqu’en 858 de l’ère vulgaire. Deguignes, Hist. gén. des Huns, tome I, page 563.

[16] Ou « Je ne volerais pas au-dessus. » (Dans la crainte d’être surpris par les Grecs à portée d’y descendre en tous temps.)

[17] Et non Sous, comme on lit dans l’Histoire générale des Huns, tome I, page 363.

[18] 16 du mois de rabi premier, qui répond au 15 juin 827.

[19] Le nom propre Platha pourrait se lire aussi Balatha. Il y a en Sicile beaucoup d’endroits qui portent ce nom.

[20] Célèbre dans l’antiquité par la fable de l’enlèvement de Proserpine. Depuis Castro Janni, Janna ou Giovanni.

[21] Ne trouvant aucune trace de ce mot dans la topographie actuelle de la Sicile, j’avais conjecturé autrefois qu’il fallait peut-être lire al-Shakiin au lieu d’al-Meslakin, d’autant plus que dans le n° 702 A on lit al-Shalkin, et que le lam qui est dans ce mot aurait pu avoir été mis par erreur au lieu d’un alif. Le mot de Shakiin désignerait les habitants de Xacca ou Sciacca, ville peu éloignée de Mazara. Le mot al-Meslakin est écrit si distinctement, dans le manuscrit que je regarde comme l’autographe de l’auteur, qu’il y aurait de la témérité à le changer.

[22] M. Gregorio nous apprend que dans un diplôme du comte Roger, de l’an 1082, il est question d’un lieu nommé Castrum Alcharet in valle Dominae.

[23] Selon Cedrène, Euphémius fut tué près de Syracuse. Les circonstances sont à peu près les mêmes. Le Beau, Hist. du Bas Empire, tome XIV, page 404.

[24] C’est le même que Théodotos, donc il est parlé dans la Chron. Sicil. Cantab., an 831.

[25] Ce fut le premier gouverneur de la Sicile pour les Aghlabides, comme le rapporte le Nowaïri dans son Hist. d’Afrique. « Sous le règne de Ziadet Allah la Sicile fut soumise aux Musulmans. Assad ibn al-Ferat, qui y fut envoyé avec dix mille hommes, battit le général grec qui en avait cent cinquante mille, et se rendit maître du pays. Ziadet en donna le gouvernement à Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab. »

[26] La forteresse des chênes, aujourd’hui Calatabellota.

[27] Platanella ruinée, près du Platano ou Fiume di Platani.

[28] Coronia.

[29] C’est Abou Hafs Omar ibn Shoaïb al-Andoulousi qui acheva la conquête de l’île de Crète, sous le califat d’al-Mamoun, et fut surnommé à cause de cela le Crétois.

[30] Le 24 janvier 859; c’était une troisième et non une cinquième férie. Cet événement est rapporté par Aboulféda à l’an 237 de l’hégire; la férie ne s’accorde pas davantage.

[31] Qui était le lendemain de la prise de la ville, selon l’auteur.

[32] Le 15 août 861.

[33] Le 15 juin 869.

[34] Le 28 mai 871.

[35] Cette expression doit désigner ici principalement les côtes d’Italie que les Sarrasins infestaient à cette époque.

[36] Depuis le 18 novembre jusqu’au 17 décembre 871:

[37] Depuis le dernier juillet jusqu’au 28 août 873.

[38] « L’an de l’hégire 264, au mois de ramadhan (7 mai — 25 juin 878), la ville de Syracuse fut prise par Ahmed ibn al-Aglab, sous le règne d’Abou Ishak Ibrahim ibn Ahmed ibn Mohammed ibn al-Aglab, après un siège de neuf mois. On y tua plus de quatre mille hommes ; le reste des habitants fut fait prisonnier, et il ne s’en sauva aucun. Le butin fut immense et plus considérable que dans aucune ville des infidèles. Les Musulmans n’y restèrent deux mois, après lesquels ils détruisirent la ville, et s’en retournèrent. » Le Nowaïri, Hist. d’Afrique.

« L’an 284, Abou Ishak Ibrahim envoya son fils Abou al-Abbas en Sicile, pour faire la guerre aux habitants. Il partit dans le mois de joumadi second. » Idem, ibid. (La suite manque.)

[39] Le 5 avril 909.

[40] Son nom est omis dans le manuscrit; c’est peut-être le même qui est appelé Ibn Ziyaj dans la chronique de Sicile de l’université de Cambridge, an 909.

[41] Voyez la chronique de Sicile publiée d’après un manuscrit de la bibliothèque de Cambridge, an 913.

La ville d’Alcamo est située à l’occident de Palerme. Les mots saheb al-Khams ou Khoms que j’ai traduit, d’après la chronique, par maître d’Alcamo, pourraient signifier que Khalil était fermier, percepteur pour le domaine d’un droit de quint. Le nommé Amran appelé de même dans la chronique saheb al-Khams et qui fut tué à Palerme en 910, ne dut peut-être sa mort qu’à la charge qu’il exerçait.

[42] Le 15 août 912.

[43] C’étaient les marques de l’investiture. Voyez les annales d’Aboulféda, année 265.

[44] Il est appelé dans Aboulféda, Salem ibn al-Rashed.

[45] L’esclavon. Les écrivains occidentaux font mention de ravages exercés vers ce temps-là dans la Pouille par des corsaires esclavons, et de la prise de Tarente par les Sarrasins. L’un de ces écrivains parle d’un Michael Sclabus qui s’empara de Siponto en 926.

[46] La date de cette expédition manque dans le manuscrit. Elle est rapportée par Aboulféda à l’an 323 (934 — 935).

[47] La date et les suites de cet événement sont rapportées dans le passage suivant extrait des annales d’Aboulféda : « L’an de l’hégire 325 (936—937), Salem ibn al-Rashed, qui cornet mandait en Sicile au nom d’al-Caïra, irrita tellement le peuple « par ses injustices que la ville de Girgenti se révolta. Al-Caïm en ayant été instruit, envoya une armée pour en faire le siège. La place fut secourue par l’empereur de Constantinople, et se défendit jusqu’en 329 (940 — 941). Une partie des habitants sortit de la ville, le reste se rendit à condition d’avoir la vie sauve. Salem fit embarquer les principaux pour les présenter à al-Caïm ; mais le général de ce prince donna ordre en mer de percer le vaisseau qui les portait. Ils furent tous submergés. »

[48] C’est ainsi que ce surnom est écrit dans Aboulféda ; le manuscrit du Nowaïri, n° 702 A, porte al-Halebi.

[49] Moez ledin Allah monta sur le trône l’an 341 de l’hégire. Il y avait alors plus de deux ans et quelques mois qu’al-Hassan était gouverneur de Sicile, puisqu’il commença à l’être en 336. Cette erreur se trouve corrigée dans le passage suivant d’Aboulféda. « L’an de l’hégire 336 al-Mansor donna le gouvernement de la Sicile à al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossaïn al-Calbi. Pendant tout le règne d’al-Mansor, il fit la guerre avec succès contre les ennemis. Al-Mansor étant mort, et al-Moez lui ayant succédé, al-Hassan revint en Afrique l’an 342, après avoir gouverné la Sicile cinq ans et deux mois.»

[50] Autrefois Tauromenium.

[51] 25 décembre 962.

[52] Domesticus. Voyez sur cette dignité les écrivains de l’histoire Byzantine. Selon les auteurs arabes qui se servent souvent du mot al-domestec, c’était le lieutenant de l’empereur de Constantinople dans les provinces situées à l’orient du canal. Aboulféda, an 316.

[53] Le 24 août 963 ; c’était une seconde férie.

[54] Le 14 octobre 964 ; c’était une sixième férie.

[55] Persans, sectateurs de Zoroastre.

[56] Ces défilés sont nommés dans le texte ; mais on ne peut lire leurs noms que par conjecture, la plupart des lettres étant destituées des points d’où dépendent leurs valeurs.

[57] J’avais cru autrefois pouvoir resserrer un peu ce récit, élaguer quelques longueurs, d’autant plus qu’on ne demandait alors de Sicile qu’une traduction, et que j’ignorais qu’on voulut faire imprimer le texte. Comme c’est précisément ce morceau que M. Gregorio a choisi pour mettre en parallèle nos deux traductions, je suis obligé d’indiquer ici d’une manière plus suivie les contresens qui défigurent la sienne. M. Gregorio traduit dès le commencement: Nonnullis in castello (Romettae) relictis militibus. C’est, je crois, un contresens : al-Hassan n’était pas maître de Rometta, puisqu’il en faisait le siège. Il ne pouvait donc pas laisser du monde dans la place, mais bien devant, pour faire tête à la garnison, tandis qu’il combattrait lui-même l’ennemi qui s’avançait.

[58] Fekhamanat al-harb; c’est la leçon du manuscrit n° 702. L’autre manuscrit porte fehamiat al-harb ; (le combat s’échauffait.) J’avais d’abord suivi cette dernière leçon ; mais je remarque actuellement que cette circonstance est rapportée plus bas, et qu’elle serait ici en contradiction avec le découragement dont l’auteur vient de parler. Je reviens donc à la leçon du manuscrit autographe dont l’autorité est infiniment supérieure.

[59] Khaïl (chevaux), vexilla militaria, selon le dictionnaire arabe de M. Gregorio.

[60] Ce sabre était tombé autrefois au pouvoir des Grecs, et fut alors repris par les Arabes. Son poids, en évaluant le mithcal avec Golius à un et trois septièmes de la drachme, n’aurait été que d’une livre et demie environ, ancien poids de marc. M. Gregorio a suivi encore ici ma traduction plutôt que le mot à mot: multum it sanguinem fudit. Mais en voulant se rapprocher de la lettre dans les mots qui suivent immédiatement, in manibus apostoli dei, il s’est fort éloigné du sens. Beïn yédeï, littéralement in manibus, ne signifie cependant pas en arabe, dans les mains, mais en présence; coram, in conspectu. Voilà un exemple bien frappant de l’abus des traductions trop littérales.

[61] Mot à mot, lui faisant savoir qu’il vaut mieux bâtir le jour même que le lendemain.

[62] « L’an de l’hégire 561, ni Moez céda à Abou al-Foutouh, de la dynastie des Zeïrides, la province d’Afrique et le Maghreb avec leurs dépendances. Il en excepta seulement la Sicile qui était entre les mains d’Abou al-Cassem Ali ibn al-Hassan, et Tripoli qu’il avait donné à Abd Allah. » Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, C’est par erreur qu’il est dit, dans l’Histoire générale des Huns, tom. I, p. 570, que Moez donna la Sicile à Abou al-Foutouh.

[63] Depuis le 26 juin jusqu’au 25 juillet 982.

[64] Depuis le 5 décembre 989 jusqu’au premier janvier 990.

[65] La couronne de l’état, l’épée de la religion.

[66] Depuis le 26 décembre de l’an 1014 jusqu’au 24 janvier suivant.

[67] On pourrait peut-être donner à ces mots un autre sens.

[68] 15 mai 1019 ; c’était une sixième férie.

[69] 13 mai 1019.

[70] Ou mauvaise monture.

[71] Le soutien de l’état.

[72] De la dynastie des Zeïrides.

[73] Cossyre aujourd’hui Pantalaria. L’auteur de l’Hist. génér. des Huns, tome I, page 372, s’est trompé en traduisant Cousira par la Corse.

 

Quelques passages sur les arabes et ajam

Publié le Mis à jour le

Sur le mélange tribal entre arabes était recommander mais pas avec les non-arabes , le polymathe arabe al-Masu’di disais :

« En principe, un homme ne se marie pas dans sa tribu ; c’est comme lorsque, chez les Arabes, un homme de la tribu de Tamim ne se marie pas dans la tribu de Tamim, ni un homme de la tribu de Rebi’a dans la tribu de Rebi’a, mais que les hommes de Rabi’a se marient dans la tribu de Modhar, et les hommes de Modhar dans la tribu de Rabi’a. »

lion mchatta

al-Masu’di (né en 896-956)

« Les Arabes exercent un grand ascendant sur ce peuple (noirs/zunuj); quand un homme de cette nation aperçoit un Arabe, il se prosterne devant lui . »

Arabe à la chasse, Egypte XIe siècle (Califat fatimide)
Ibn Abd Rabbihi (né en 860) de souche arabe andalouse raconte que les mawali (noveaux convertis non-arabes), lors des funérailles d’un défunt,  leur est formellement interdit de prier avec les Arabes. Lorsque que l’un des mawali était présent à un repas « il était debout quand les autres étaient assis » et lorsque l’on faisait preuve d’une extrême gentillesse  « on l’asseyait à l’autre bout de la table afin que nul n’ignorât qu’il n’était pas arabe »
Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892 source cliquez pour zoomé  

Selon al-Masu’di (896-956) tout les roi des  empires du monde s’accordait à reconnaître la suprématie du « roi des arabes » le calife Abbasside de Baghdad :

« Les habitants de l’Inde et de la Chine s’accordent à dire que les rois du monde qui sont hors de ligne sont au nombre de quatre.

Celui qu’ils placent à la tête des quatre est le roi des Arabes (le khalife Abbasside de Bagdad).

C’est une chose admise parmi eux sans contradiction, que le roi des Arabes est le plus grand des rois, celui qui possède le plus de richesses et dont la cour a le plus d’éclat, et, de plus, qu’il est le chef de la religion sublime au-dessus de laquelle il n’existe rien.

Le roi de la Chine se place lui-même après le roi des Arabes. Vient ensuite le roi des Romains. Le quatrième est le Balhara, prince des hommes qui ont l’oreille percée »

Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar

 

guerriers cavaliers arabes nasrides dans cette peinture mural du 14e siècle  à Casas del Partal
Guerriers et cavaliers arabes Nasrides dans une peinture murale du 14e siècle à Casas del Partal,

« Et lorsque ‘Umar rédigea le code définissant les modalités du partage du butin, il classa les gens en fonction de leurs origines. Il commença par ceux qui étaient les plus proches du Messager d’Allah, et ce n’est qu’après les Arabes que les non-Arabes ont été évoqués. Tel était ce code à l’époque des Califes bien guidés (Al Khulafa Ar-Rashidun), des Califes des Banu Umayya (les Ommeyyades) et des Califes de Banu Al ‘Abbass (les Abbassides), jusqu’à ce que les choses aient été modifiées. « 

 Ibn Taymiyyah, Jami’ Ar-Rassa’il – Kitab Fasl fi Ad-Dalil ‘ala Fadl Al ‘Arab (Tome 1, pages 287 à 290)

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier ‘705-715)

 

L’état d’esprit d’un arabe venu en Espagne, relaté  dans « Les généalogies du pouvoir en al-Andalus : politique, religion et ethnicité aux iie/viiie-ve/xie siècles »  de Maribel Fierro

« Lorsque le Syrien al-Ṣumayl b. Ḥātim (iie/viiie siècle) (2) entendit la récitation du verset coranique 3-140(3), il se déclara convaincu du fait que le terme al-nās (« les hommes ») dans ce verset ne pouvait avoir d’autre sens que al-‘arab, c’est-à-dire « les Arabes ». On lui fit alors savoir qu’il n’en était rien, et il se plaignit que, dans ce cas, cela signifiait que les Arabes devaient partager l’autorité avec les esclaves et la masse de la population 4. »

 (2)Membre des contingents (shamiyun) syriens installés en al-Andalus, il était aussi le descendant de l’assassin d’al-Ḥusayn à Kerbala.

(3) « Si une blessure vous atteint, une même blessure atteint le peuple incrédule. Nous faisons alterner ces journées-là pour les hommes – al-nās – afin que Dieu reconnaisse ceux qui croient et qu’il prenne des témoins parmi vous ; Dieu n’aime pas les injustes » (trad. D. Masson, revue par S. El-Sāliḥ).

(4)Ibn al-Qūṭiyya, Ta’rīḫ iftitāḥ al-Andalus, éd. et trad. P. de Gayangos, J. Ribera, Madrid, 1926, p. 40-41/31-32.

 

Un juriste tunisois du 15e siècle peut disserter des heures  sur les origines qaḥṭanides ou ʿadnanides de justiciables , mais serais incapable de parlé des origines des tribus berbères  Al-Burzulī, Ğāmiʿ, vol. 6, p. 120.

Les Terres d’al-Arab wa al-Ajam

Publié le

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La carte du monde par al-Idrissi

10eme siecle

L’idée moderne du monde arabe correspond à celui du moyen-age, voici une mini série de témoignages anciens sur la répartition du monde arabe (al-arab) et non-arabe (al-ajam)

Il y a 1000 ans:

Al-Muqaddasi  un voyageur et géographe arabe, né à Jérusalem en 945 mort en  991 sur la patrie des arabes (de l’Irak au Maghreb) :EWorEqmWsAEbSZlLe royaume de l’islam de divise en 14 provinces soit 1 année de marche sur 100 années pour parcourir le monde, les provinces des Arabes sont,:

  1. al-Jazirat al-Arab (Péninsule Arabique)
  2. al-Iraq (Irak)
  3. al-Aqur (Mésopotamie)
  4. al-Sham (Levant)
  5. al-Misr (Egypte)
  6. al-Maghreb (Afrique du nord et al-Andalus).

Sur les 14 provinces de l’empire de l’islam , 6 étais arabes.

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Le monde de l’islam selon Al-Muqaddasi cliquez sur le lien pour un zoom , zoomez une foi sur la page, sur les provinces et villes

Les provinces musulmanes  des non-arabes : al-ajam:

  1. al-Mashriq
  2. al-Sindh
  3. al-Daylam
  4. al-Rihab
  5. al-Kirman
  6. al-Jibal
  7. al-Khuzistan
  8. al-Khurasan

 

al-Muqaddasi donnait aussi 1000 « parasanges aux Arabes' »

Géographie arabe et représentation du monde: La terre et l’étranger,  A.Miquel  p.62

Deux  constatations par rapport aux écris d’al-Muqaddasi   ;

  1. Les arabes ont perdu le nord de la province d’al-Aqur ( nord-Mésopotamie) aux profits des peuplades Kurdes et Turques, dont il ne reste que des minorités arabes.
  2. Les arabes ont gagnés la province du Khouzistan (al-Ahwaz) qui n’était pas en majorité arabe avant, donc mais en minorités, contrairement à nos jours .
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Monde Islamique moderne ce divise en 8 espaces 

 

tamim 4

voisinage immédiat de la vision du monde au 10eme siecle  :

Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī.(vers 902) le monde ce partageait principalement en 4 parties  ;

 » Au dire d’Abū Ḫalaf, la terre est de 24 000 parasanges : les Noirs en occupent 12 000, les Rūm 8 000, les Arabes, 1 000, les Persans, 3 000. « 

« Mukhtasar Kitab al-Buldan « Abrégé du Livre des Pays ». De Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī p.9

Les paroles de nos anciens savants , sont confirmées par la science moderne   

Haplogroup-J1 Eupédia, moins les zones non-habités
Haplogroup-J1 d’Eupédia, moins les zones non-habités  

J1 est l’haplogroupe le plus fréquent  de la péninsule arabique. La conquête musulmane du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord propagèrent le J1 bien au delà de l’Arabie , créant ainsi un nouveau monde arabe.

« Dans les pays arabes J1 culmine, chez les Arabes des Marais du sud de l’Irak (81%), des arabes soudanais (73%), des Yemenites (72%), des Bedouins (63%), des Qatari (58%), des Saoudiens (40%), des  Omanais (38%) et des  Arabes Palestiniens (38%). Des pourcentage élevés sont observés dans les Emirats arabes unis (35%), Algerie côtière (35%), Jordanie (31%), Syrie (30%), Tunisie (30%), Egypte (21%) et Liban 20%. La plupart du J1 Arabe appartient à la Variété J1c3 »  source Eupedia 2020

Genetic Evidence for the Expansion of Arabian Tribes into the Southern Levant and North Africa » 

« Fait intéressant, cet haplotype modal est également l’haplotype le plus fréquent (11 [~ 41%] de 27 personnes) de la population de la ville de Sena, au Yémen (Thomas et al. Thomas et al., 2000 ). Sa seule étape voisine est l’haplotype le plus commun de l’échantillon yéménite de Hadramaout (5 [~ 10%] des 49 chromosomes;. Thomas et al Thomas et al, 2000. ). La présence de cet haplotype modal particulier à une fréquence significative dans trois lieux géographiques distincts (Afrique du nord-ouest, le sud du Levant, et Yémen) » »

Peuplement Andalous en Afrique du nord du 8 au 13e siècle

Publié le

Selon al-Bakri toutes les villes du littoral  du Maghreb comprise entre Tabarka (Tunisie) et Sebta (Nord du Maroc) était peuplées d’andalous en majorité ou en partie. Cet article reviens sur  les colonies andalouses du temps de l’émirat et du califat Omeyyade  de Cordoue et des conquêtes  et non sur les réfugiés de la Reconquista , qui sera l’objet d’un autre article.

Article susceptible d’etre mis à jour

Prise de la Qasabah d’Annaba par l’invasion française, le 27 mars 1832

Annaba Algerie 

« Cette ville (Annaba) est fréquentée par des négociants la plupart sont des Andalous  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p134

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Tabarka Tunisie 

Fort de Tabarka

« Elle est fréquentée par les négociants étrangers (à entendre andalous) aussi jouit-elle d une certaine prospérité »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p139

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Tenes Algerie 

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Tènes en Algerie fut construit sous la dynastie arabe Sulaymainide  des en 876 

Ténès la Neuve. (..)   Celle ci fut bâtie en l’an 262 (875 876)  par les marins de l’Andalousie bande d’aventuriers au nombre desquels se trouvaient El Kerkerni, Abu Aïcha, Es-Saccar et Soheib/ Elle fut par deux colonies andalousiennes dont l’une venue madinat Ilbira et   l Madinat  Todmîr.  Les seigneurs de Ténès sont d’origine noble ancêtre Ibrahim ayant eu pour père Mohammed fils de Soleiman fils d Abd Allah fils de Ha fils de Hacen fils d Ali (..) les colons qui restèrent à Ténès virent leur nombre augmenter leurs richesses  accroître et quelque temps après ils accueillirent chez eux quatre cents familles de Souq Ibrahim habituées à vivre sous la tente et partagèrent avec elles leurs logements et leurs biens Tous s entraidèrent alors dans les travaux de construction et ils élevèrent à Ténès le château que l on y remarque encore « 

 

al-bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p148

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Delys Algérie

Moaz Edawla Ibn Samadah d’Alméria 1068 alger delys
Qassaba de Delys construit par Muiz al-Dawla Ibn Samadah de la tribu yéménite de Tudjib d’Alméria en 1068 jc Algerie
Ibn Khaldun nous dit que la région de Dellys fut concédée par Mansur ibn Nasir (m. 1104) émir berbère Hammadide à Muizz al-Dawla ibn Samadah émir arabe Toudjibide d’Almeria qui vint chercher asile quand l’Espagne fut prise par les Almoravides il fonda la Qasaba de Dellys
ibn Khaldoun dans « Histoires des dynastie musulmanes » p55

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Msila Algérie

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Msila Algérie orientale 
« Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd-Allah al-Fatimi qui en posa les fondements en 925 Ali ibn Hamdoun Ibn al-Andalusi fut la personne chargée de faire construire cette ville et appartenait à la tribu arabe de Djudham » 
Les Hamdounides ou banu Hamdoun al-Judhami fonderent une dynastie arabe tantôt sous allégeance fatimide tantôt omeyyade: Émirs de Masila-Muhamadiya Alí ibn Hamdun al-Judhami al-Andalussí 927–945 Jàfar ibn Alí ibn Hamdun al-Judhami al-Andalussí, 945–979

Dans la ville de Masila-Muhamadiya ce trouvais des Arabes de la tribu de Judham les Banu Hamdoun et des Azd et leurs client comme le célèbre Abū ʿalī ḥasan b. ras̲h̲īḳ al-ḳayrawānī al-azdī al-masīlī l’un des plus prestigieux hommes de lettres de l’Ifrīḳiya né en l’an 1000 ici

Al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik

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Alger  Algerie 

La grande mosquée d'Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides
La grande mosquée d’Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides

 » le port d’Alger possède une source d’eau douce,  il est très fréquenté par les marins de l’Ifrîkiya de l’Andalousie et d’autres pays »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p157

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Wadi Chelif Algérie

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Vue aérienne sur oued chelif

 » Beni Guellîdacen jolie petite ville appartenant aux Matghara et renfermant une population composée d Andalous et de Cairouanites.  Elle possède plusieurs sources de bonne eau et domine la plaine de Chelif. La ville de Chelif située dans cette localité s élève sur le bord d une rivière et renferme dans son enceinte un bazar bien monté « 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p163

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Oran Algerie 

Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie
Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie

« Oran (..) possède des eaux courantes des moulins à eau des jardins et une mosquée. Elle eut pour fondateurs Mohammed ibn Abi Aoun,  Mohammed ibn Abdoun et une bande de marins andalous . (..) Ces Andalous qui avaient été les compagnons d El Corachi fondèrent Oran en l’an 290 » (903) (al-Quraychi general omeyyade)

 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.166

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Archgoul ‘Algérie  

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Selon al-Bakri 1014-94 la ville de Rachghoun Drapeau de l’Algérie « possède une belle mosquée dans la cour une grande citerne et un minaret bien bâti aussi deux bains dont un est antique » Les portes : « Bab al-Futuh “la porte des conquêtes” à l’ouest Bab al-Amîr au sud Bab Mernîssa à l’orient »

« Cette ville était habitée par des négociants quand Issa fils de Mohammed ibn Soleiman prince dont nous avons déjà parlé vint s y installer et prendre le commandement Il y mourut en l an 295 907 908 de JC Son fils Ibrahim ibn Issa el Archgouli naquit dans Archgoul Yahya  »

Conquête d’Abd Al-Rahman an-Nassir de l’île Archgoul 

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L’île de Rachgoun est une île située à 2 km au large du littoral oranais, en Algérie,

« Abd er Rahman envoya aux habitants d ‘Alméria et d’autres lieux de la côte l’ordre d’équiper quinze navires de guerre et il y fit embarquer des troupes des armes des munitions et de l’argent. Cette flotte alla bloquer l île d’Archgoul . On tua un grand nombre de ceux qui s étaient réfugies dans l île »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p. 182


Alsen Tafna Algerie

Tafna
Embouchure de la Tafna à Rachgoun.

 » La muraille d’Aslen est dégradée et ruinée (..) Abd er Rahman le souverain Omeyyade s’en rendit maître et son ministre Mohammed ibn Abi Amer el Mansour y envoya Homeid ibn Yezel  qui la rebâtit de nouveau  » (située à huit milles est de l embouchure de la Tafna sur une hauteur désignée par le nom Oussa  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamāli

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Bejaia Algerie

Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d'époque Hammadide
Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d’époque Hammadide 

 »Au delà de Merça d Daddjadj on trouve le port de Bougie Merça Bedaya ville très ancienne qui a pour habitants des Andalous »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.192

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Melila nord-Maroc Espagne

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ancienne murailles de Melila

« Selon Mohammed ibn Yousuf et d’autres écrivains cette place fut conquise en l’an 314 926-927 de J C par Abd er Rahman en Nacer li dîn Illah le souverain Omeyyade de l’Andalousie lequel bâtit alors la muraille de la ville »

En 926 Melila fait partie du califat Omeyyade de Cordoue, Abd al-Rahman 3 nomma comme cadi malikite dans ka ville Abu Ja’far Ibn al-Fath al-Malili les Omeyyades ont bâtis les murs et la citadelle
Les princes les plus connus de la taifa de Melila 1030 petit fils de l’émir omeyade Al-Hákam I:
Abd alAziz Ibn Ahmad Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Al-Asbag Ibn Al-Hákam Al-Rabadi 1063-1064
Yahya III
En 1064-68 le dernier prince hammudíde de Malaga Muhammad 2 régna à Melilla

 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.206

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Ceuta nord-Maroc Espagne

 

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Ceuta au nord du Maroc (Espagne)

La muraille de Sebta selon al-Bakri 1014-94: «fut construite par Abd al-Rahman 3 an-Nasir l’Omeyyade» et ca population « se compose d’Arabes, appartenant à la tribu de Sidf ( tribu du Hadramawt ) et de Berberes provenant des cantons d’Asîla et d’El-Basra. »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik

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Asilah, Maroc

Remparts d’Asilah

« un édifice pour leur servir de djamé.  Des habitants de l’Andalousie et d’ autres contrées ayant entendu parler de cet établissement y apportèrent aux époques déjà indiquées diverses espèces de marchandises et y dressèrent leurs tentes Alors on commença y fondée une ville  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.255

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Fes Maroc

La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin (des andalous) fut érigée en 859-860 sous le règne de la Dynastie Idrisside par une femme appelée Mariyam el Fihriya, sœur de Fatima el Fihriya, fondatrice de la Mosquée El-Qaraouiyyîn, l'autre grande mosquée historique de Fès.
La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin 859-860 sous le règne de la Dynastie arabe Idrisside Fes

« Le quartier des Andalous (de Fes) fut fondé en l’an 807 808 de J C et celui des Kairouanais l’année suivante »

En 818 JC,  8 000 ribadi chassés de Cordoue par al-Hakam s’installe à Fes

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik 


 

Exemple de l’influence de ces arabes andalous ce trouve aussi, dans la construction de mosquée en dehors de l’Andalousie.

La mosquée des Trois Portes, dite mosquée Ibn Khayrun de Kairouan Tunisie 

3 porte mosquéée andalous karoua
Elle fut  édifiée vers 252 de l’hégire (soit en 866 sous les Aghlabides) par le commerçant arabe andalou installé à Kairouan, issu de la tribu yéménite Banu Maa’fir Muhammed ibn Khairūn al-Ma’āfirī al-Andalusī. Ceci est confirmé par l’historien andalou Ibn Idhari (xive siècle) ainsi que par l’inscription de la façade.

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La Mosquée de Bou Merouane ou Sayidi Abu Marwan de Annaba Algérie 

al-Masjid Sayidi Abu Marwan al-Assadi de Annaba, serai du 9eme siecle (G.Marçais), donc de l’époque Abbasside Aghlabide, et était à l’origine le ribat al-Fusala, devenu simplement une mosquée en 1033 sous le Ziride al-Muizz ibn Badis elle porte le nom de son premier imam un arabe de Seville issu des Banu Asad, Abu Marwan al-Assadi, 1037-1111  

La mosquée Abul al-Abbas al-Mursi  d’Alexandrie Egypte 

La mosquée Abul al-Abbas al-Mursi  d’Alexandrie, construite vers 1306 en Égypte. Elle est consacrée à l’Andalous,  de son nom complet  Shahab al-Din Abu’l-‘Abbas Ahmad ibn ‘Umar ibn Mohammad al-Ansari al-Mursi, issu des Ansar. né à 1219 à  Murcie – et mort 1287 à Alexandrie en Egypte  la famille d’Abu al-Abbas avais pris la décision d’allées vivre en ifriqiya (probablement Tunis), mais sa famille est morte sur la route.  A Tunisie, Shahab a entendu parler de Shaykh Abu’l-Hassan ash-Shadhili, fondateur de la confrérie  Shadhiliyya, et a choisi de vivre à Alexandrie, il y vécu comme   professeur jusqu’à sa mort en 686 H (1287 après JC).

 

Medina d’Oujda Maroc 
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Medina de Oujda, Maroc
Oujda  est fondée en 994 sous l’autorité d’ibn Abi Amir al-Mansur « Almanzor » vizir omeyyade de Cordoue, par le berbère (chef en 989 des Maghrawa) Ziri Ibn Attia investi par le wali arabe Hassan ibn Ahmad ibn Abd al-Wadud as-Salmi (wali omeyyade du Maghreb en 987).
Ibn Khaldun p238-46
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Ribadi de Cordoue :

les Ribadi à  Alexandrie , Egypte 

La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte
La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte

 

 Campagne du général Abbasside ‘Abd Allah ben Tahir en Egypte et les Ribadi [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 279]  (Ibn al-Athir) :

(Entre  10 et 15 000 andalous d’origine arabes les exilés du Ribad de Cordoue (818 jc) avais pris possession d’Alexandrie en Egypte  leurs chef était un Kinanite et il trouva naturellement un soutien avec les Banu Mudlej al-Kinani de la région, pour ensuite  conquérir l’île de Crête.   )

« En effet, ‘Obeyd Allah [P. 280] s’était rendu maître de l’Egypte et y agissait en rebelle, tandis qu’une troupe partie d’al-Andalus s’emparait d’Alexandrie.

‘Abd Allah ben Tahir, occupé à combattre Nasr ben Chabath, dut tout d’abord négliger ces faits, mais dès qu’il le put il marcha contre l’Egypte……. »

Le port d’al-khandaq , qui est de nos jours Héraklion, fondée en 824 par les ribadi de Cordoue

Conquête d’Alexandrie par ‘Abd Allah [P. 281] (Ibn al-Athir) et départ des Ribadi pour la Crête

En 210 (23 avril 825), ‘Abd Allah chassa d’Alexandrie les andalous qui s’étaient emparés de cette ville en lui accordant quartier.

Ces gens étaient arrivés en grand nombre à Alexandrie par mer pendant les troubles occasionnés par Ibn Es-Serî et par d’autres, et y avaient débarqué sous la conduite d’un chef nommé ‘Abou H’afs. Cette situation dura jusqu’à l’arrivée d’Ibn Tahir, qui leur fit déclarer que, faute par eux de faire acte d’obéissance, il allait les combattre.

Ils se soumirent et demandèrent l’aman, [P. 282] sous la condition qu’ils quitteraient cette ville et gagneraient quelque localité de Roum en dehors des pays musulmans.

Ils obtinrent l’aman sous cette condition et allèrent s’établir dans l’île de Crète, où ils firent souche. (1)

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
La flotte arabe andalouse fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

 

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les Ribadi de Wallila –  Oulili Volubilis, Maroc 

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En 681, la conquête islamique se répandit dans tout le Maghreb, mais Volubilis va cependant obtenir une certaine indépendance au viiie siècle à en juger d’après les monnaies préidrissides. Un quartier est occupé par les arabes au bord de l’oued.; une monnaie arabe est frappée ici de 722 à 789. L’époque islamique a livré des thermes et également des cimetières

Les Ribadi de Cordoue a Walili ;

« De là on met une journée pour se rendre à Aghîgh  c est à dire pierres sèches elle fut ainsi nommée parce qu elle est bâtie de pierres sans ciment. Cette ville est maintenant déserte elle devait sa fondation aux Rabedis andalous dont une partie s’ y fixa forcés par les Berberes de l ‘abandonner ils allèrent s ‘établir à Oulîli où il en reste encore un petit nombre jusqu’à nos jours « 

al-Bakri, al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik  p343

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les Ribadi à Aouzeccour pres de Khenifra Maroc 


La casbah de Khenifra sur la rive gauche de l’Oum Errabiaa

Les Ribadi de Cordoue à Aouzeccour pres de  Khenifra 

Selon al-Bakri cette localité localisé dans « Itineraire Culturel des Almoravides et des Almohades: Legado Andalusí – 1999  sur la route du Tadla, près de Khénifra était peuplé de Ribadi venu de Cordoue ;  » Aouzeccour située à une journée plus loin était habitée par les Beni Moussa famille qui avait fait des Rabadis d’al- Andalus.  Ces gens portèrent  le ravage chez leurs voisins et se rendirent tellement qu’ ils eurent à soutenir une guerre contre ceux qu’ ils avaient outragés Vaincus dans une bataille qui leur coûta beaucoup de monde ils se dispersèrent dans le territoire d ‘Aghmat un très  petit nombre ayant obtenu une amnistie eurent permission de rester à Aouzeccour où ils sont encore aujourd hui « 

 

al-Bakri, al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik  p.342-343

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Les Banu Tamim, une tribu arabe au Maghreb

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𝐋𝐞 𝐟𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐨𝐝𝐚𝐫: 𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮 𝐝𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐧𝐮 𝐓𝐚𝐦𝐢𝐦

tamim 1

Nous allons aborder l’histoire de cette tribu avec trois angles :

  • Sous l’ère anté-islamique –
  • Après la Révélation –
  • Les Banū Tamīm au Magheb
Un membre des Banu Kilab tue le roi Zuhayr al-‘Absi. Le tueur s’enfuit se refugier chez le Roi des Manādhira d’Al-Hira : al Nu’man ibn al-Mudhir, vassal des perses et l’un des plus puissants arabes de l’époque.
Un homme de Dhubiyān venge le Roi Zuhayr al-‘Absi en tuant son assassin. (Dhūbiyān et ‘Abs étant issus tout deux de Ghatafān)
Les tribus Ghatafān ne voulant pas protéger cet homme des leur par crainte du Roi d’Al-Hira, il se voit contraint de demander protection chez la seule tribu assez puissante pour oser défier le Roi: les Banū Tamīm.
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emplacement des  tribu arabes de la jahiliya
Un grande coalition se forme alors contre les Banu Tamim avec des tribus comme les Hawazin (les Banū Hilāl viennent de celle-ci), les Assad ou encore les Taghlīb.
Les Tamīm finiront par être défaits seul face ces tribus, ils ont combattu uniquement car un étranger leur avait demandé protection.
D’autre faits notables de l’époque de Jahiliya pour les Banu Tamim : youtu.be/TfRlQxgpI_Y -Ils étaient au coté des Banū Shaybān dans la bataille de Dhi-Qar où les arabes ont vaincus l’Empire Perse.
-Ils étaient parmis les tribus de Modar venues soutenir le (futur) roi des Taghlīb: Kulayb Ibn Wa’il, dans la bataille de Khazāz où les Adnanites ont vaincus les Qahtanites et inversé la balance dans le rapport de force.
-Ils etaient les principaux acteurs de la troisième plus grande bataille de l’époque de Jahiliya. Celle de Sha’b Jabalah qui a opposé les Banū Tamīm alliés a Dhubiyān aux Banū Amer alliés des ‘Abs.

Ils vivent principalement au Nejd (Arabie centrale), l’Irak central et méridional (Bassorah et Diyala), ainsi que dans les provinces iranienne du Khouzestan et du Khorassan.

La tribu est apparue au ier siècle. L’ancêtre de la tribu, Tamīm ibn Murr, aurait rencontré un des disciples de Jésus-Christ. Par leur ancêtre, les membres de la tribu considèrent qu’ils sont les descendants d’Adnan. Elle eut une longue guerre tribale avec les Banu Taghlib, la guerre d’El Basous (ou Basûs), de 494 à 534 environ.

La tribu, occupait au vie siècle la partie orientale de la péninsule avant de jouer un rôle important avec l’apparition de l’Islam.

Un hadith Sahih al-Bukhari rapporte que pour Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui, les Tamim combattront l’antéchrist à la fin du monde : « J’aime les gens de la tribu des Bani Tamim depuis que j’ai entendu trois choses de la part du Messager de Dieu à leurs propos. Je l’ai entendu dire : Ces gens résisteront contre le Dajjal, ou encore, Ne dites rien sur les Bani Tamim sauf de bonnes choses, car ce sont ceux qui combattront le plus rigoureusement le Dajjal.

 Ils ont participé à la révolution des Abbassides

Le fondateur de la dynastie des Aghlabides en Afrique du Nord, appartient aux Tamim du Khorasan, (notice wiki)

Emirs Abbasside de l’ifriqiya issus des Banu Tamim ; 

  • al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi 765–766
  • Tammam ibn Tamim al-Tamimi 799–800
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d'Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d’Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun

liste des émirs d’ifriqiya Aghlabide Banu Tamim

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812)
  • Abdallah I ibn Ibrahim (812–817)
  • Ziyadat Allah I ibn Ibrahim(817–838)
  • al-Aghlab Abu Iqal ibn Ibrahim (838–841)
  • Abu ‘l-Abbas Muhammad I ibn al-Aghlab Abi Affan (841–856)
  • Ahmad ibn Muhammad of Ifriqiya (856–863)
  • Ziyadat Allah II ibn Abul-Abbas (863)
  • Abu ‘l-Gharaniq Muhammad II ibn Ahmad (863–875)
  • Abu Ishaq Ibrahim II ibn Ahmad (875–902)
  • Abu ‘l-Abbas Abdallah II ibn Ibrahim (902–903)
  • Abu Mudhar Ziyadat Allah III ibn Abdallah (903–909)
tamim 3
l’Ifriqiya des Banu Tamim

Sheikh As’ad Bayoud al-Tamimi chef du J.I en Palestine :

« Au cours de mes nombreux voyages, j’ai rencontré des Tamîmî partout, en Libye, en Tunisie, en Algérie »

Retours en Palestine: trajectoires, rôles et expériences des ((..) publié par N. Picaudou p183

 « Tunis et dans le Zâb (Algérie), se concentrèrent surtout des groupements arabes de la deuxième vague (abbasside), dominés, par l’apport des Banu Tamim. »  Hichem Djait, « l’Afrique arabe »

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Tadjourah (arabe : تاجوراء), parfois aussi orthographiée Tajoura, est une ville libyenne dans le district de Tripoli. Située à 14 km de Tripoli

al-Tijani (1306-1309) des Banu Tamim de Tadjoura en Libye,  à l’époque Hafside, et que, le chateau de Tadjoura en Libye (14 km de Tripoli), fut construit « par Hamid ibn Djaria père des Djouari » (fractions Dabbab des Banu Sulaym) et qu’il peupla la zone avec une peuplade venu de « Ardh Abd Rab ». « Cette population dit-il  » qui s’attribue une origine arabe, prétend descendre de Tamim (Banu Tamim), et s’etre établis sur ce territoire de « Abd Rab » dès les premières années de la conquête de l’afrique par les arabes, et y avoir été fixé jusqu’à l’époque ou Hamid Ibn Jaria al-Sulami la déplaça et la transporta sur le pays de Tadjoura«  (Page 212 Rihla ou voyage dans la régence de Tunisie d’al-Tijani)

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Le ribat Omeyyade de Belezma (algerie) devenue Abbasside, mais qui fut a l'origine un fort Byzantin
Ruines de la Qal’at de Bilizma (algerie) époque Abbasside , fondée selon Ibn Hawqal par des Tamimites

Belezma Algerie 

 al-Yaqubi dit que Belezma est peuplé des  Banu Malik issu « des Banu Tamim et de leurs client » (The Historical Formation of the Arab Nation (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

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Ma’din Algerie

 Ma’din dans le zab Algérien était peuplé selon al-Yaqubi par  des  arabes issus de Sadd ibn Tamim (Banu tamim) ( repris dans « The Historical Formation of the Arab Nation » (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

Syracuse et Palerme,  Sicile 

Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)
Carte de la Sicile faite par le savant arabe al-idrissi ,. réalisé par Konrad Miller (Allemagne) en 1926 en arabe mais avec des caractères latins (sud en haut)

Dans la ville de Palerme il y avais entre autres les Banu Tamim.

Les Banu Qurhub de Syracuse issus des banu Tamim   ‘The Muslims of Medieval Italy’ p47. Par Alex Metcalfe.

SidiBou said tamim 5
Sidi Bou Saïd est un village de Tunisie situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis. qui doit son nom au Tamimite : 
Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamimi el-Baji
Ibn_Umayl_The_Silvery_Water tamim 7
Extrait tirée d’une copie du kitab al-Mā’ al-Waraqī de l’an 1211 de The Silvery Water. Ibn Umayl al-Tamimi al-Andalusi

Quelques personnages issus des Banu Tamim du Maghreb :

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812) wali de Tubna en Algerie et fondateur des Aghlabides
  • Umar al-Tamimi (m. 1355) imam et wazir de Bejaia en Algerie sous l’émir Abu Inan (mort en 1348)
  • Qāsim al-Sāsī al-Buni al-Tamimi (13e siecle) d’Annaba en Algerie polymathe, scientifique, il écrit yaqutat al-Khaqan, il étudia dans l’école de l’imam Abu Marwan al-Assadi
  • Muhammad Ibn Ja‘far Al-Kazzaz al-Tamîmî,(m.956) poète ifriqiyien fatimide ;
  • Ibrahim Al-Qadi al-Nu’man  al-Tamimi (m.974) historien arabe ifriqiyien fatimide
  • AbdAllah b. Qassim al-Tamīmi al Fāsi (né en 1140) Il a écrit, sous les Almohades, un des plus anciens livres de compilation des biographies de « saint » de Fès et du Maghreb.
  • Abū Sa’id Khālaf Ibn Yahyā al-Tamīmi al-Bāji Érudit originaire de Béja, proche de Tunis. Il était célèbre pour sa piété, il voyagea jusqu’au Levant pour acquérir la science.
  • Abū al-‘Arab Mūhammed b. Ahmed al-Tamīmi al-Qayrawāni (10e siècle) Historien sous les Aghlabides, Mūhhadith, originaire de Kairouan en Ifriqya (Tunisie). Il a lutté contre l’invasion des Fatimides pour la dynastie des Aghlabides
  • Muhyī ad-Dīn ‘Abd al-Wāhid b. ‘Alī al-Tamīmī al-Marrākshi. Historien sous les Almohades, originaire de Marrakech,au Maroc il partit à Fès et en Andalousie pour étudier.
  • Abd al-Karīm al-Fakūn b. Mūhammed al-Tamīmi al-Qūsantīni. Savant pendant la Régence d’Alger, issu d’une noble famille de savant de Constantine,en Algerie il était connu comme érudit, traditionaliste māliki.
  • Khalil ibn Ishaq al-Tamimi (10e siecle) était un commandant arabe ifriqiyien au service des fatimides, chef du jund arabe d’Ifriqiya il le fut dès 913. De 937 à 941, il fut le gouverneur de Sicile il était Arabe sunnite les Kutama ont été remplacés par le jund arabe ifriqiyien sous Khalil
  • Abdeljelil Temimi, né le 21 juillet 1938 à Kairouan, en Tunisie est un historien et universitaire tunisien spécialiste de l’époque moderne et contemporaine.
  • Muhammad ibn Mukhtar al- Tamimi,(19-20e siècle) en Algerie imam et membre du majlis à Mascara au temps de l’arrivée de la France, la famille maraboutique de Mascara n’était pas alide comme souvent mais issus des Banu Tamim
  • Muhammed ibn Umail al-Tamîmî 900–960 alchimiste arabe andalous
  • Abū al‐Abbās ibn Isḥāq al‐Tamīmī al‐Tūnisī 1193–1222 astronome arabe né a Tunis
  • Al-Maziri at-Tamimi (1061 – 1141) (453 AH – 536 AH ), Imam et cadi important de l’epoque fatimide et ziride, mort à Mahdia en Tunisie

Galeries :  

Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d'Afrique du Nord
Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d’Afrique du Nord
Tombe de l’ Imam al-Maziri at-Tamimi,  Monastir, Tunisia.

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plaque commémorative d’un square de l’imam al-Mazari at-Tamimi dans sont village d’origine Mazara del Vallo,
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Ḥarrānī
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Harrani»

Nom : La qasaba et les remparts de Sousse Lieu : Tunisie, Sousse Date/période de construction : Remparts : 244 H / 859 J.C -qasaba : 236 H / 851 J.C ; transformations : XIIIe-XVIIIe et XIXe siècles Matériaux de construction : Pierre en grès coquillier Décor architectural : Pierre sculptée Destinataire/mandataire : Remparts sous le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (r. 856-863), qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier (r. 841-856), Conducteur des travaux de la tour : Khalaf el-Fata Dimensions : 2,2 km de remparts, tout autour de la médina, englobant une superficie de 32 ha Inscriptions : Sur le rempart sud, en écriture kufique : « par les mains du gouverneur Fatâta, en l’année 245 H. »La qasaba et les remparts de Sousse en Tunisie construite par l’  aghlabide Abou Ibrahim Ahmed al-Tamimi),  et la qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier at-tamimi  (r. 841-856)

« Les Aghlabides bouclier du califat Abbasside  »

Vue sur les remparts de la Medina de Sfax , de fondation Abbasside Aghlabide.
la médina de Sfax en Tunisie est fondée en 849, selon les ordres de l’émir aghlabide de Kairouan, Aboul Abbas Ier al-Tamimi par Ali Ibn Salem, nommé cadi de Sfax par l’imam Sahnoun
Ibn Umayl at-Tamimi dans un livre européen  In Aurora consurgens, c.1400,
Raqqâda (arabe : رقادة) la seconde capitale de la dynastie Aghlabide  au sud-ouest de Kairouan (Tunisie)
elle date de l’an 876, l’émir aghlabide Ibrahim II at-tamimi

Toponyme :

Ksar Maadid - Erfoud : Ville - Maroc Trip, voyage et vacance
crédit photo ; « Maroc Trip, voyage et vacance »

Qsar al-Maadid  est un village fortifié dans la province d’Errachidia, région Draa-Tafilalet au sud-est du Maroc, al-Maadid est le nom d’une tribu Tamamite presente au Qatar, arabe saoudite, et Koweit .

File:Vue aérienne Menzel Temime, 2013.JPG
Menzel Temime (arabe : منزل تميم) est une ville du nord-est de la Tunisie située au sud-est de la péninsule du cap Bon. Porte bien le nom de la tribu arabe eponyme.  Yazid ibn Hàtim, gouverneur Abbasside de Kairouan entre 155 et 170 de l’hégire, après avoir démobilisé une partie de l’armée arabe omeyyade (de Kairouan), nous dit Hichem Djait, « la fixa en contingents tribaux dans la vallée de la Medjerda et dans le Cap Bon (nord tunisien), ce dont témoignent les toponymes conservés jusqu’à ce jour de Lezdine (tribu arabe des Azd), de Mahrine ( tribu arabe de Mahra), de Kalbine (tribu arabe de Kalb) etc. ». Menzel Temime (Tribu arabe de Tamim)» source : »L’Afrique arabe » Hichem Djait et « Histoire Generale de La Tunisie Tome 2 »
al-Qala’at Banu Hamad (dynastie berbere hammadide), dans la ville de Maadid, en Algerie, al-Idrissi nous dis que la ville etait peuplé des gens de Massila-Muhammadiya et celle de Souq Hamza , deux avec un grande poplation arabe, azdite, alide et judhamite

Organisation sociale arabe et berbère & décadence Andalouse:

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Magnifique reproduction de la capitale du califat Omeyyade de Cordoue al-Andalus
« En premier lieu il y a les arabes Banu Hashim (clan du prophet paix et bénédiction sur lui) venant d’Arabie, de Syrie, d’Irak d’Égypte et Ifriqiya, en second lieu, les nobles arabes et leurs client, (mawali), en troisième lieu vient les berbères venu d’Afrique du nord, en grand nombre, en quatrième lieu les locaux du pays, nombre d’entre eux ce sont convertis  à l’islam mais d’autre on gardé leurs religion,  et on vécu comme des soumis, à cette race appartienne les romains; les francs; galiciens, castillans, aragonais, goths etc.. les juifs étais là aussi mais eux était déjà là avant l’invasion musulmane mais autres sont venu ensuite, les banu hashim et les autres tribus arabes de la noblesse n’exerçaient pas de métiers jugés ignoble.
Ils ce consacraient à l’enseignement de la science, à écrire des livres religieux, enseigner aux enfants, diriger la prière, à la mosquée, et occuper les postes administratifs comme secrétaires des rois, gouverneurs et vizir, certains exerçaient l’agriculture, le filage et la vente de soie, la vente de parfum, la fabrication de tissus en lin, et la vente de lait de vache pour ceux qui voulait l’écrémer et faire du beurre.
Ceux qui étaient au bord de la misère,  se livraient à la vente de fruits et légumes, si ils voulais vivre honnêtement.  D’Autres préféraient à la place rejoindre l’armée.
Les berbères préféraient diriger les troupeaux de bétail, et transporter du blé, du beur, de l’huile, du miel, des poulets, du sel  et du bois ils étaient aussi charbonniers et bûcherons. Les berbères qui vivaient dans la capitale exerçaient les fonctions de vendeur d’objets en sparte, vendeurs de pots, boisseliers et porteur de panier dans les marchés, ils fabriquaient toutes sortes de paniers pour transporter des graines, des charrues, des bats, des cordes, des balais, et tressaient le chanvre.
Ils chassaient aussi les oiseaux pour les mangers et travaillent comme cordistes dans les marchés ou apportaient du blé ou autre céréales de maison privées; pour les vendre dans les souks, ils étaient cuviers, porteurs d’eau, maçons, chaufourniers, plâtriers  et d’autre métiers similaires.
Ceux qui vivaient a la campagne étaient berger, éleveurs, agriculteur, apiculteur, il s’occupaient de leurs terres et leurs vergers, coupaient du bois, fabriquait du charbon, ceux qui vivaient sur la cote était pécheur et bateliers
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Reproduction de la ville arabe médiéval de Malaga (al-Malaqa) ; Al-Istakhri signalait que « Malaga est habité par des Arabes »
Les arabes ce sont installés principalement dans les villes, mais les berbères pour certains ce sont aussi installer dans les villes et les autres dans les zones rurales. Les militaires étaient majoritairement des arabes .
Dans cette  situation, ils ont continués avec les almoravides, mais cela changea  avec les almohades, qui obligèrent les habitants d’Al-Andalus à payer l’impôt alternatif de  na’iba (à la place du service militaire).

C’est pour cette raison que leurs forces s’affaiblirent » 

Abu al-Walid al-Nasr al-Gharnati (IV/XIVe siecle), L’histoire des illustres familles de Fès,
Joaquin Vallvé; El Califato de Cordoba, pp.54-56

La peste noire, cause du déclin du monde arabo-Islamique?

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Les causes du déclin du monde de l’Islam;

  1. La mollesse à cause des richesses
  2. Les invasions mongoles 13e-14eme siècle
  3. La Reconquista (qui fini en 1492)
  4. La peste noire 14eme siècle

Les conséquences de la grande peste noire du moyen-âge dans l’actuel monde Arabe eurent de plus graves retombées que sur l’Europe ultra peuplée.  Selon les termes de Jean-Noël Biraben « un fléau qui eut pour les pays musulmans, nous le savons aujourd’hui, des conséquences plus considérables encore que pour les pays européens. »

Ibn Khaldoun (né à Tunis en 1332- mort au Caire en 1406) auteur de la célèbre Muqadima, perdis nombres des siens dont ça mère la première touchée meurt dans d’atroces douleurs ainsi que sont père, et quasiment tout les membre de ça famille et amis,  il reviens sur l’état des empires musulmans d’orient et occident :

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Ibn Khaldun dans la Qassabah de de Bejaia Algerie
« Une peste terrible vint fondre sur les peuples de l’Orient et de l’Occident ; elle maltraita cruellement les nations, emporta une grande partie de cette génération, entraîna et détruisit les plus beaux résultats de la civilisation.
Elle se montra lorsque les empires étaient dans une époque de décadence et approchaient du terme de leur existence ; elle brisa leurs forces, amortit leur vigueur, affaiblit leur puissance, au point qu’ils étaient menacés d’une destruction complète.
La culture des terres s’arrêta, faute d’hommes ; les villes furent dépeuplées, les édifices tombèrent en ruine, les chemins s’effacèrent, les monuments disparurent ; les maisons, les villages, restèrent sans habitants ; les nations et les tribus perdirent leurs forces, et tout le pays cultivé changea d’aspect »

Depuis l’Asie jusqu’à l’Europe, la mort noire frappe la région de Tunis en 1348

Certains de ses professeurs comptes parmis les victimes ; beaucoup d’intellectuels mérinides sont aussi morts,  Al Ansari, spécialiste des lectures du Coran, Al Hassayri, grammairien, Ibn Bahr, spécialiste en langue arabe et littérature, Al Jayani, grand juriste, Al Najar, mathématicien, et d’autres médecins, philosophes, astronomes.

 

World Map Before Columbus, 1490s
Ibn al-Labbād al-Baghdadi (1231) dans « Taba’i’ al-Buldān » disait : « La Chine est le lieu le plus épidémique sur terre, centre de la peste et des maladies mortelles, et ses habitants prennent beaucoup de précautions vis à vis de cela.»

Selon des estimations 50% de la population du Maghreb et Mashreq étaient éradiquées.  On cite quelques données significatives : la plus grande ville de l’islam à cette époque était al-Qahira (Le Caire) avec  plus d’un demi-million d’habitants, sa population chute en quelques années à moins de 300 000. Alexandrie qui comptait encore 13 000 tisserands en 1394, n’en compte plus que 800 en 1434. Ce qui favorisera le mode de vie bédouin au dépend de la citadinité, notamment au Maghreb plusieurs tribus berbères exterminées par la peste laisseront leurs place aux tribus bédouines arabes ; il faudra attendre l’arrivée des andalous et morisques pour repeupler les villes et les sortir des ruines . 

Ibn al-Khatib  (né à Loja en 1313 – mort à Fès en 1374) en 1348, expose pour la première fois la notion de contagiosité en recommandant d’isoler les malades et de détruire leur linge. Il a décrit avec rigueur le développement et la propagation de l’épidémie de  peste.

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Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa. Tableau d’Antoine-Jean Gros, 1804

Dans un excellent article rédigé par  Jean-Noël Biraben dans « mensuel 11, d’avril 1979 -l’histoire »; voici un  extrait sur la route et la diffusion de cette peste:

Ibn al-Wardi (né à Ma’arrat al-Nuʿmàn en 1290 – mort à Alep en 1349) mort de la peste à Alep le 27 dhū l-ḥid̲j̲d̲j̲a 749/18 mars 1349 :

»La peste sème l’effroi et la mort. Elle commença dans le pays de l’obscurité. Oh, quelle visiteuse ! Elle courut pendant quinze ans. La Chine ne fut pas épargnée et ne put empêcher qu’elle pénètre dans ses forteresses les plus puissantes. La peste affligea les Indes, elle ravagea le Sind. Elle saisit dans ses mains, qu’elle referma comme un piège, le pays des Uzbeks. La peste augmenta et s’étendit plus loin, elle attaqua les Persans, bondit sur le pays des Khitaï et gagna au loin la Crimée. Elle affligea le Roum de ses charbons ardents et ravagea Chypre et les îles de l’archipel. La peste détruisit tout ce qui relevait du genre humain au Caire. Elle jeta les yeux sur l’Égypte et, à sa vue, le peuple s’éveilla soudain. Elle anéantit tout mouvement à Alexandrie. Elle s’abattit sur les belles manufactures de tapis et en exécuta les travailleurs selon les décrets du destin.
» Ô Alexandrie, cette peste est comme un lion qui étend ses griffes vers toi. Prends patience de cette peste fatale qui de septante vivants en laisse seulement sept.
» Puis elle se tourna vers la Haute-Égypte. Elle dirigea aussi ses orages sur Barqa. La peste attaqua Ghaza, elle secoua sévèrement Ascalon. La peste opprima Acre. Le fléau arriva à al-Quds qui paya l’impôt en âmes humaines. Elle saisit le peuple qui cherchait refuge dans la mosquée al-Aqsa près du Dôme du Rocher. Si la porte de la miséricorde ne s’était pas ouverte alors, la fin du monde serait survenue à ce moment. »

Ahmad al-Maqrizi, l'historien arabe d'Egypte de l'époque Mamlouk
Ahmad al-Maqrizi, l’historien arabe d’Egypte de l’époque Mamlouk

Al-Maqrizi  (né au Caire en 1364 – mort au Caire 1442 ): « C’est alors qu’éclata une épidémie de peste comme on n’en avait encore jamais vu depuis l’Islam […].
» Cette épidémie était sans précédent, en ce sens qu’elle n’affecta pas une région à l’exclusion d’une autre, mais qu’elle s’étendit à toutes les parties de la terre, à l’Orient comme à l’Occident, au nord comme au sud ; en outre, elle engloba non seulement toute l’espèce humaine, mais aussi les poissons dans la mer, les oiseaux du ciel et les bêtes sauvages.
» Elle prit naissance au pays du Grand Qan, dans le premier climat, à six mois de marche de Tabriz, contrée habitée par les Hitaï et les Mongols, qui adorent le Feu, le Soleil et la Lune et qui sont subdivisés en plus de 300 tribus. Tous périrent sans raison apparente, dans leurs campements d’hiver ou d’été, dans leurs pâturages ou au cours de leurs randonnées à cheval ; leurs montures périrent aussi et les cadavres des bêtes et des gens étaient abandonnés sur place. Cette catastrophe s’était produite en l’année 742 (1341), selon les informations en provenance du pays d’Uzbek. Le vent transmit la puanteur de ces cadavres à travers le monde ; lorsque ce souffle empoisonné s’appesantissait sur une cité, un campement, une région quelconque, il frappait de mort à l’instant même hommes et bêtes […]. »

 

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scène de massacre tiré du film « Mongol »

Ibn Khatimah (né en 1323 à Almeria mort de la peste en 1368 à Almeria)  ; en 1349  : « J’ai observé que parmi les habitants du Souk el Halk, à Almeria, où l’on revend les vêtements et la literie des malades morts, rares sont ceux qui ont échappé à la maladie. » « Lorsque la chaleur et l’humidité prédominent dans le tempérament de l’être humain, lorsqu’il est corpulent, surtout les jeunes femmes sensuelles et passionnées, il est plus prédisposé à prendre la maladie », (..) : « C’est une fièvre maligne qui tient à la corruption du tempérament du cœur […] Cette fièvre est plus souvent mortelle et s’accompagne d’une sensation de lassitude et de sueurs qui survient par accès, suivis d’angoisse […] L’épuisement apparaît le deuxième jour, la fièvre monte, les bubons sont souvent accompagnés de frissons. La fièvre peut être accompagnée de crachements de sang, et l’urine, normale au début, devient pourpre au deuxième ou troisième jour. On peut aussi voir survenir des étourdissements, des syncopes, des vomissements de bile qui se répètent continuellement. Il y a souvent, au début, des crampes, des sensations de froid dans les extrémités, des douleurs atroces sous les omoplates, puis la langue noircit et les gencives gonflent. »

(….)

ppeste noire

 

D’après Al-Maqrizi, à Alexandrie, où la peste débarque  fin 1347, les décès aurait compté en un jour jusqu’à 700 morts dans la seule Grande Mosquée. Au Caire, et au Vieux Caire, le nombre de décès quotidiens se serait élevé à 10 000 puis 15 000, enfin à 20 000, et Ibn Iyas, comme al-Maqrizi, avance que « le décompte des morts au cours des mois de sa’ban et de ramadan (novembre-décembre 1348) fut d’environ 900 000 individus ».
Du coté de Damas, les nombres quotidiens de morts aurais dépassés les 1 200.

Bibliographie sélective :

  •  La Peste Noire en terre d’Islam Jean-Noël Biraben dans mensuel 11
  • Ibn Khaldoun, trad. William Mac Guckin de Slane, Les Prolégomènes (première partie), éd. Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1863, p. 133 
  • Ben Cheneb, Moh., “Ibn al-Wardī”, in: Encyclopédie de l’Islam. Consulted online on 16 April 2020 <http://dx.doi.org/10.1163/9789004206106_eifo_SIM_3407&gt;
    First published online: 2010
  • .  « The Comparative Communal Responses to the Black Death in Muslim and Christian Societies »Viator-Medieval and Renaissance Studies, University of California, Los Angeles, 1974 ; vol. 5.
  • The Black Death in the Middle East, Princeton University Press, 1975 (ouvrage fondamental).
  •  Jacqueline Sublet, « La peste prise aux rets de la jurisprudence », Studia Islamica, fascicule XXXIII, Paris, Maisonneuve-Larose, 1971 (commentaires et traduction du traité d’Ibn Hagar al-Asqualani sur la peste).
  • G. Wiet, « La grande Peste Noire en Syrie et en Égypte », Études documentaires dédiées à la mémoire de Lévi-Provençal, tome I, Paris, CNRS, 1962 (traduction en français du texte de Ibn Tagribirdi et al-Maqrizi).
  • Joseph P. Byrne 2012, p. 106-107.
  • IBN ḪĀTIMA[ABŪ ǦA‘FAR IBN ḪĀTIMA AL-ANṢĀRĪ], Aḥmad bin ‘Alī bin Muḥammad. La grande peste en Espagne musulmane au XIVe siècle : Le récit d’un contemporain de la pandémie du XIVe siècle. Nouvelle édition [en ligne]. Damas : Presses de l’Ifpo, 2010
  • Congourdeau Marie-Hélène, Melhaoui Mohammed. La perception de la peste en pays chrétien byzantin et musulman. In: Revue des études byzantines, tome 59, 2001. pp. 95-124.