AL-NUWAYRI HISTOIRE DE LA SICILE

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Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)

AL-NOWAÏRI HISTOIRE DE SICILE.
Contenant les expéditions des Musulmans dans cette île, les conquêtes qu’ils y ont faites, et la manière dont les Francs s’en sont rendus maîtres.

PAR AHMED, IBN ABD AL-WEHAB, IBN MOHAMMED, IBN ABD AL-DAYEM, AL-BAKRI, AL-TEÏMI.

Nous avons donné, dans le premier volume de cet ouvrage, en traitant des îles, une description exacte de la Sicile, des rivières et des fontaines qui l’arrosent, des fruits, des arbres, des plantes, des fourrages qu’on y trouve, et des villes les plus célèbres qu’elle renferme. Nous allons maintenant l’envisager sous un point de vue différent.[6]

Abd Allah ibn Qaïs al-Fezari fut le premier Musulman qui fit une descente en Sicile, où il fut envoyé de la province d’Afrique par Moawia ibn Khodaïj,[7] sous le califat de Muawiya ibn Abou Sufyan. Il s’empara de plusieurs villes, fit beaucoup de prisonniers et emporta un grand butin parmi lequel étaient des idoles[8] d’or et d’argent ornées de perles. Abd Allah les porta au calife Muawia qui les envoya dans l’Inde pour en tirer un plus grand prix, attendu l’aversion des Musulmans pour ces sortes d’images.

Mohammed ibn Abou Idris al-Ansari fit une seconde descente en Sicile, sous le califat de Yazid ibn Abd al-Malik.[9] Il en revint pareillement chargé de butin et emmenant avec lui beaucoup de prisonniers.

La troisième descente se fit sous le califat de Hisham ibn Abd al-Malik.[10] Bashar ibn Safwan al-Kalbi la commandait ; elle eut le même succès que les précédentes.

Habib ibn Abou Obéidah fit encore une descente en Sicile, l’an de l’hégire 122 [739—740 de l’ère ]. Son fils, Abd al-Rahman, qui commandait la cavalerie, mit en fuite tous ceux qui se présentèrent devant lui, et s’avança jusqu’à Syracuse, qui était la capitale. Les ennemis l’ayant attaqué en cet endroit, il les battit, les poursuivit jusqu’à la porte de la ville, et la frappa si rudement de son épée que les traces du coup y restèrent. Les Chrétiens, saisis de frayeur, consentirent à lui payer une contribution. Dès qu’il l’eût reçue, il s »en alla rejoindre son père, et ils retournèrent en Afrique.

Batiment byzantin en Sicile ver Taormina Castiglione di Sicilia
Batiment (Temple) byzantin en Sicile prés de Taormina Castiglione di Sicilia

Abd al-Rahman revint en Sicile, l’an de l’hégire 130 [747 — 748], et y remporta plusieurs victoires. Les gouverneurs de la province d’Afrique furent ensuite occupés à apaiser les séditions qui s’élevèrent dans leur pays, et la Sicile demeura tranquille. Pendant ce temps-là les Grecs la fortifièrent de tous côtés. Ils y bâtirent des forteresses; et il n’y eut point de montagne sur laquelle on ne construisit un château.

L’an de l’hégire 201 [816 — 817], l’empereur de Constantinople donna le gouvernement de la Sicile à un patrice,[11] surnommé Souda. Celui-ci ayant équipé une flotte l’envoya en Afrique, sous le commandement de Fimi,[12] un des principaux patrices, qui enleva les marchands qu’il trouva dans plusieurs parages. Quelque temps après, l’empereur de Constantinople écrivit au gouverneur de Sicile d’ôter à Fimi son commandement, et de le punir pour certaines choses qu’il avait apprises sur son compte.[13] Fimi en ayant eu avis, se rendit à Syracuse, s’empara de la ville et se révolta ouvertement.

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Carte de la Sicile : Livre 2, Chapitre 12: « Brève Description des grandes îles et de leurs mers  » (MS. Arab. c. 90, fols. 32b-33a). © Bodleian Library.

 

Le gouverneur marcha contre lui; on en vint aux mains : Fimi remporta la victoire, et le gouverneur fut tué sur le champ de bataille. Après cet avantage, Fimi se fit proclamer roi, et donna le gouvernement d’une partie de l’île à un nommé Platha,[14] du nombre de ceux qui avaient embrassé son parti : celui-ci s’étant ensuite révolté contre lui, il se donna une bataille dans laquelle l’armée de Fimi fut mis en fuite ; mille de ses gens périrent, et le vainqueur entra dans Syracuse. Alors Fimi s’embarqua avec ceux qui l’accompagnaient, et se rendit en Afrique auprès de Ziadet Allah ibn Ibrahim ibn al-Aglab,[15] pour lui demander du secours. Ziadet ayant fait assembler les principaux de Qairouan et les Fuqaha, les consulta sur le projet d’envoyer une flotte en Sicile. Quelques-uns étaient d’avis de piller seulement l’île sans s’y établir.

Sahioun ibn Cadem demanda à quelle distance elle était du continent qui appartenait aux Grecs? on lui répondit qu’on pouvait y aller et en revenir deux ou trois fois par jour. Il demanda ensuite à quelle distance elle était de l’Afrique? on lui répondit que le trajet était d’un jour et d’une nuit.

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Cavaliers Arabes nord-africains (libyens?) en armure épées droite

Alors, il s’écria : « Quand je serais oiseau je n’y volerais pas.[16] » Tous ceux qui restaient conseillèrent de faire seulement une descente. On s’y prépara avec ardeur, et chacun en attendait le moment avec impatience. Dans le même temps, Fimi reçut ordre du roi de se rendre au port de Sousa,[17] et d’y rester jusqu’à ce qu’on eut rassemblé des vaisseaux et des soldats. La flotte étant prête, le cadi Assad ibn Ferat en eut le commandement. Elle partit du port de Sousa, composée d’environ cent vaisseaux sans compter ceux de Fimi, la septième férie, dans le milieu du mois de rabi premier, l’an 212,[18] sous le califat d’al-Mamoun, et arriva à Mazara la troisième férie.

Le général fit aussitôt débarquer ses troupes qui montaient à dix mille hommes d’infanterie et sept cents chevaux. Trois jours se passèrent pendant lesquels on ne vit paraître qu’un petit corps de Grecs, qui fut pris d’abord et relâché ensuite, parce qu’il était composé des amis de Fimi.

Le Qadi Assad marcha vers Taabia, pour combattre Platha, campé dans une prairie qui porte son nom.[19] Il rangea son armée en bataille, et mit à part Fimi avec ses camarades dont il ne voulut pas emprunter le secours. Le combat s’étant engagé, l’armée de Platha fut mise en fuite : il perdit beaucoup de monde, et les Musulmans firent un grand butin. Après cet échec, Platha se retira dans Enna[20] ; mais craignant de n’y être pas en sûreté, il en sortit pour se rendre en Calabre, où il fut tué. Le cadi Assad marcha de là vers une église appelée Afimia, près de la mer, donna le gouvernement de Mazara à Abou Zaki al-Kenani, et s’avança vers l’église d’al-Meslakin.[21]

Pendant qu’il était en route, les principaux de Syracuse vinrent le trouver pour se soumettre à lui ; mais seulement dans l’intention de le tromper, car les habitants du pays se rassemblaient, pendant ce temps-là, dans la forteresse d’al-Kerat,[22] et y faisaient entrer toutes leurs richesses; tandis que ceux de Syracuse travaillaient à se fortifier. Fimi, voyant les choses dans cet état, commença à vouloir favoriser les infidèles, leur fit dire de se préparer à la guerre et de se défendre courageusement. Cependant le cadi Assad étant resté quelque temps où il était, s’aperçut que ceux de Syracuse l’avaient trompé pour avoir le temps de mettre leur château en état de défense, et d’y retirer toutes les richesses répandues dans les faubourgs et dans les églises. Alors il s’avança vers la ville, commença les hostilités et envoya de tous côtés des partis pour piller.

Bateau Islamique avec "grenade arabes"
Bateau Islamique avec « grenade arabes »

Dans le même temps il lui vint des secours de l’Afrique, et de l’Espagne, et le siège fut pressé si vivement que les habitants demandèrent à se rendre. Le cadi Assad était prêt à écouter leurs propositions, mais ses troupes s’y opposèrent et voulurent continuer la guerre. Sur ces entrefaites, il tomba malade et mourut dans le mois de shaaban, l’an de l’hégire 213 [828 — 829].

Le Qadi Assad al-Ferat étant mort, les Musulmans mirent à leur tête Mohammed ibn Abou al-Jouari. Les assiégés étaient tous les jours plus resserrés, quand il arriva de Constantinople une flotte et une armée considérable. Les Musulmans résolurent alors de retourner en Afrique, abandonnèrent le siège et se rembarquèrent ; mais les Grecs s’étant portés à l’entrée du grand port, les empêchèrent de sortir. Dans cette extrémité, ils mirent le feu à leurs vaisseaux, et se retirèrent accompagnés de Fimi, vers la forteresse de Mineo, dont ils se rendirent maîtres, ainsi que du château de Girgenti.

Calatafimi-Segesta - Wikipedia
Comune de Calatafimi-Segesta, de l’arabe Qalʿat Fīmī (قلعة فيمي),

Après cela, Fimi marcha lui-même vers Enna, dont les habitants offrirent d’abord de se soumettre et de se réunir à lui et aux Musulmans, pour secouer le joug de l’empereur. En même temps, ils demandèrent qu’on leur accordât ce jour là pour délibérer sur les conditions. Fimi y consentit ; et le lendemain matin se présenta devant la ville avec peu de monde. Ils en sortirent comme pour se prosterner devant lui ; mais quand il fut près d’eus, ils saisirent les armes qu’ils avaient cachées auparavant, se jetèrent sur lui et le tuèrent.[23] Dans le même temps, le patrice Toudath[24] arriva de Constantinople avec une armée nombreuse, composée d’Italiens et de soldats d’autres nations. Il se rendit d’abord à Enna, et étant ensuite sorti pour combattre les Musulmans, il fut mis en fuite, perdit un grand nombre de soldats, et quatre vingt-dix patriciens.

Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892

Peu de temps après, Mohammed ibn al-Jouari mourut, et les Musulmans mirent à leur tête Zahar ibn Bargout. Après plusieurs combats livrés aux infidèles, les Musulmans furent assiégés dans leur château, et tellement pressés que les vivres leur manquant absolument, ils furent obligés de manger leurs chevaux. Cet état dura jusqu’à l’arrivée d’Asbag ibn Ouakil al-Haouari, qui était parti d’Espagne avec un grand nombre de vaisseaux, dans le dessein de faire des prises, et de Soleïman ibn Afia al-Tartousi, qui avait aussi avec lui plusieurs vaisseaux. Aussitôt qu’ils parurent, les assiégés leur envoyèrent demander du secours. Ils marchèrent contre Toudath, qui était alors devant Mineo, et l’obligèrent à se retirer dans Enna. Cet événement arriva dans le mois de joumadi second, l’an de l’hégire 215 [26 juillet — 23 août 830].

Dans le même temps, on commença le siège de Palerme, qui dura jusqu’au mois de rajab de l’an 220 [1er — 30 juillet 835], où elle fut prise par composition, sous le gouvernement de Mohammed ibn al-Aglab.[25]

L’an 225 [829 — 830], plusieurs forteresses se rendirent. De ce nombre furent Gerace, Calat al-ballout,[26] Ablathanou,[27] Calat Caroun,[28] Mirta et plusieurs autres.

Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab mourut l’an de l’hégire 236, le 10 du mois de rajab, [17 janv. 851], après avoir gouverné l’espace de dix-neuf ans. Pendant tout ce temps là, il ne sortit point de Palerme 5 mais il faisait marcher les troupes sous la conduite de ses généraux. Al-Abbas ibn al-Fadl fut choisi par le peuple pour lui succéder, et son élection fut confirmée par l’émir Mohammed ibn al-Aglab, qui régnait à Cairouan. Le nouveau gouverneur faisait quelquefois des courses lui-même, et quelquefois envoyait ses partis désoler et ruiner le pays des ennemis, qui lui abandonnaient leurs biens pour obtenir de lui la paix.

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Araba italia

Avant la prise de Palerme, la ville de Syracuse était la capitale des Grecs ; mais depuis cet événement, ils s’étaient retirés à Enna, place très forte, et en avaient fait leur capitale.

L’an 244 [858—859], al-Abbas s’étant mis à la tête des troupes, fit des courses jusqu’aux portes d’Enna et de Syracuse. En même temps, il mit en mer plusieurs vaisseaux de guerre, commandés par son frère Ali. Celui-ci ayant été rencontré par un officier arabe, surnommé le Crétois,[29] qui avait avec lui quarante vaisseaux, il y eut entre eux un grand combat, dans lequel Ali remporta la victoire, et s’empara de dix vaisseaux avec les hommes qui les montaient. Lorsqu’il fut de retour de cette expédition, al-Abbas envoya secrètement un corps de troupes du côté d’Enna. Ses soldats y firent un grand butin, et se saisirent d’un infidèle qu’ils lui amenèrent. Al-Abbas avait déjà donné ordre de le faire mourir, lorsqu’il offrit de livrer Enna, si on voulait lui laisser la vie. Al-Abbas accepta la proposition, et ayant pris avec lui mille chevaux et sept cents fantassins, partit de nuit accompagné de l’infidèle, et s’avança à une certaine distance du mont Gadir.

 

Là, s’étant arrêté, il envoya en avant son oncle Rabbakh, avec les plus braves de ses soldats, et se tint lui-même caché avec le reste. Rabbakh et ses gens s’étant glissés sans être aperçus jusqu’au pied de la montagne, l’infidèle leur montra l’endroit où ils devaient appliquer leurs échelles pour monter. Le jour ne paraissait pas encore, et la garnison était endormie. Arrivés près des murs, ils trouvèrent une ouverture par où l’eau entrait dans la place, et s’en servirent pour y pénétrer.

Cependant, al-Abbas continuant son chemin, arriva à la porte de la ville vers la pointe du jour, la cinquième férie, 15 du mois de shoual.[30] Toute la garnison fut passée au fil de l’épée. On trouva dans la ville des richesses immenses, aussi bien que les enfants de plusieurs patriciens et de grands seigneurs qu’on y avait retirés. Al-Abbas fit construire le même jour une mosquée, et élever une tribune sur laquelle on fit la prière la sixième férie.[31] Il ne cessa de faire la guerre en personne aux ennemis, jusqu’à sa mort, qui arriva la sixième férie, 4 de joumadi second, de l’an 247,[32] après un gouvernement de deux ans.

Les Musulmans mirent d’abord à sa place Ahmed ibn Iacoub, et ensuite Abd Allah ibn al-Abbas. En même temps, ils écrivirent à l’émir de Cairouan, qui leur envoya Khafaja ibn Sofian, l’an 248. Celui-ci continua de faire des incursions dans le pays ennemi, jusqu’à ce qu’il fût tué par un de ses soldats, nommé Khalfoun ibn Abou Ziad al-Haouazi, la troisième férie, 1er de rajab, l’an 255.[33] Son fils Mohammed fut choisi pour lui succéder, et confirmé par l’émir de Qairouan.

Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya ,  de nos jours Erice,( Sicile).
Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya , de nos jours Erice,( Sicile).

Il fut tué pareillement par un de ses eunuques, le 4 de rajab, l’an 257.[34] Mohammed ibn Abou al-Hossaïn fut mis à sa place, en attendant les ordres de l’émir, qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh ibn Iacoub, et celui de la grande terre,[35] à Abd Allah ibn Iacoub. Rabbakh mourut dans le mois de moharram 258,[36] et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al-Abbas ibn Abd Allah, ibn Iacoub, qui mourut au bout d’un mois, et fut remplacé par son frère. Peu après, l’émir d’Afrique donna le gouvernement à Hossaïn ibn Rabbakh. Il le lui ôta ensuite, et en revêtit d’abord Abd Allah ibn Mohammed, ibn Ibrahim ibn al-Aglab, dans le mois de shoual 259,[37] et ensuite Abou Malik Ahmed ibn Omar, ibn Abd Allah, ibn Ibrahim, ibn al-Aglab, connu sous le nom de Habashi, qui occupa cette place pendant vingt-six ans.[38]

Abou al-Abbas ibn Ibrahim, ibn Ahmed, lui succéda en 287 [900—901] ; mais ayant été rappelé en Afrique, il eut pour successeur son père Ibrahim ibn Ahmed ibn al-Malik.

Ibrahim fit lui-même plusieurs expéditions contre les ennemis, et mourut les armes à la main. Il fut remplacé d’abord par Mohammed ibn al-Sarcousi, et ensuite l’an 290 [902—903], par Ali ibn Mohammed, ibn Abou al-Faouares. Celui fut déposé par Ziadet Allah, qui mit à sa place Ahmed ibn Abou al-Hossaïn ibn Rabbakh. Peu de temps après, les Siciliens ayant appris les conquêtes d’Abou Abd Allah al-Shii en Afrique, se révoltèrent contre Ahmed, pillèrent ses richesses, le renfermèrent en prison, et mirent à sa place Ali ibn Abou al-Faouares, le 11 de rajab 296.[39] En même temps, ils envoyèrent ibn Abou al-Hossaïn, vers Abou Abd Allah al-Shii, pour, lui demander la confirmation d’Ali. Abou Abd Allah, accorda ce qu’on lui demandait, et écrivit à Ali pour l’exhorter à attaquer les infidèles par terre et par mer.

Ahmed ibn Abou al-Hossaïn fut, comme on voit, le dernier des gouverneurs de la Sicile pour les Aghlabides. Parmi tous ceux dont nous avons fait mention, il n’y en a aucun qui ne se soit distingué par des expéditions contre les infidèles, et par une grande ardeur pour la guerre.

Al Mahadi ayant succédé aux Aghlabides, Ali lui demanda la permission de venir en Afrique. Al-Mahadi la lui accorda, et lorsqu’il fut arrivé, il le fit mettre en prison dans la ville de Racada. Le gouverneur[40] qu’il mit à sa place arriva en Sicile le 10 dhou al-haja l’an 297 [le 20 août 910]. L’année suivante, une révolte éclata contre lui, on se saisit de sa personne. Voici qu’elle fut la cause de cet événement. Ses officiers exerçaient centre le peuple toutes sortes d’injustices. Un jour qu’il avait invité à dîner les principaux de la ville, l’un d’eux crut voir ses esclaves s’armer d’épées nues Aussitôt tous prennent l’alarme, ouvrent les fenêtres de la salle, et se mettent à crier: aux armes! aux armes! Le peuple accourt à leur secours, environné le palais, et met le feu aux portes. Tandis que les principaux des habitants qui étaient dans le palais se sauvaient entre les bras de la multitude, le gouverneur protestait qu’il n’avait pas eu dessein de leur faire aucun mal. Comme on ne l’écoutait pas, et qu’on l’accablait de reproches, il voulut sauter dans la maison voisine, se laissa tomber, et se cassa la jambe. Le peuple se saisit de lui, et le mit en prison. Khalil, maître d’Alcamo,[41] prit en main le gouvernement de la ville. On écrivit en même temps à Mahadi, qui accorda le pardon de ce qui s’était passé, déposa le gouverneur, et mit à sa place Ali ibn Omar al-Balaoui, qui arriva à Palerme le 27 du mois dhou al-haja, l’an 299.[42]

C’était un vieillard doux et humain envers le peuple, mais qui ne put plaire aux Siciliens. Ahmed ibn Qorhub souleva les esprits contre lui, et les engagea à se soumettre à Moctader billah, Calife Abbaside. Plusieurs y consentirent, et choisirent Ahmed pour gouverneur. Moctader envoya l’an 300 [912] des ambassadeurs qui lui apportèrent les provisions de sa charge, les robes d’honneur, les étendards, le collier d’or et les bracelets[43] ; mais le peuple s’étant révolté, écrivit à Mahadi, et les mutins, ayant à, leur tête Abou al-Gaffar, s’avancèrent vers Ahmed ibn Corhab, et lui ordonnèrent de sortir de l’île, et de se retirer où il voudrait. Il refusa de le faire et se battit contre eux ; après leur avoir résisté quelque temps, il fut tué à la fin de l’an 300 [913]. Son gouvernement avait duré onze mois.

 

 

Après sa mort, al-Mahdi nomma pour gouverneur Moussa ibn Ahmed, et lui donna des troupes capables de résister aux Siciliens, s’ils voulaient entreprendre quelque chose contre lui. A son arrivée, il reçut les principaux de Girgenti, qu’il traita avec distinction, et leur fit des présents. Peu de temps après, s’étant saisi d’Abou al-Gaffar, il le fit charger de chaînes et conduire en prison. Son frère Ahmed se sauva à Girgenti, et fit soulever le peuple contre Moussa. Après une guerre opiniâtre, les habitants demandèrent la paix, Moussa la leur accorda, et en écrivit à Mahadi, qui, n’étant pas apparemment content de sa conduite, mit à sa place Salem ibn Assad[44] al-Kennai, l’an 305 [917 — 918].

Fatimid Caliphate 2

L’an 316 [928 — 929], Sareb al-Saclabi[45] se rendit en Afrique avec trente vaisseaux de guerre. Salem s’étant joint à lui, ils descendirent en Calabre, où ils prirent d’assaut la ville de Tarente. Ils marchèrent ensuite vers Otrante, où ils firent beaucoup de ravage ; mais la maladie qui se mit dans l’armée, les obligea de revenir à Palerme.

Ils en sortirent peu après, et imposèrent aux habitants de la Calabre un tribut qu’ils furent obligés de payer pendant tout le règne de Mahadi.

Son fils al-Caïm, qui lui succéda, envoya une flotte ravager le pays des Francs.[46] Iacoub ibn Ishak qui la commandait, prit la ville de Gênes, passa de là en Sardaigne, fit beaucoup de mal aux habitants, et brûla grand nombre de vaisseaux. La même année, il y eut en Sicile une inondation qui renversa plusieurs maisons.

L’an….., les habitants de Girgenti se révoltèrent contre Salem, et chassèrent son lieutenant ibn Abou Hamran.[47] Salem envoya d’abord contre eux une armée qui fut battue ; mais les ayant ensuite attaqués lui-même, il les mit en fuite. Peu de temps après, la ville de Palerme s’étant aussi révoltée, les habitants marchèrent contre lui avec Ishak al-Bostani et Mohammed ibn Hamou. Après plusieurs combats, Salem les obligea à prendre la fuite, et les assiégea dans la ville. Al-Caïm ayant appris ces nouvelles, envoya à son secours une armée commandée par Khalil ibn Ishak. Alors les Siciliens lui écrivirent pour lui protester de leur obéissance, et lui témoigner en même temps leur mécontentement de la conduite de Salem. Al-Caïm mit à sa place Khalil ibn Ishak, qui entra dans Palerme à la fin de l’an 325 [957].

Le nouveau gouverneur déposa les lieutenants de Salem, et traita fort bien le peuple, qui le récompensa par son obéissance. Au bout de quatre ans, il passa en Afrique, et eut pour successeur, an 334 [945 — 946], Mohammed ibn al-Ashat. Celui-ci se conduisit aussi avec beaucoup de douceur, jusqu’à l’an 336 [947 — 948], qu’il écrivit à al-Mansor pour l’informer de la peine que lui donnaient les habitants et du mauvais état des affaires. Al-Mansor mit à sa place al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossain al-Kalbi,[48] qu’il estimait beaucoup à cause de l’attachement qu’il avait pour sa personne, et des services qu’il avait rendus à ses prédécesseurs.

Al Hassan resta en Sicile deux ans et quelques mois, et revint en Afrique sous le règne de Moez ledin Allah ibn al-Mansor,[49] qui voulut bien, sur sa demande, accorder sa place à son fils Ahmed Abou al-Hossaïn l’an 345 [954 — 955].

Ce fut sous lui que les Musulmans se rendirent maîtres de Taormina[50] qui était la plus forte place des Grecs. Elle fut prise le 25 du mois de dhou al-caada l’an 351,[51] après sept mois et demi de siège. L’émir Ahmed envoya en Afrique les prisonniers qui étaient au nombre de quinze cent soixante-dix ; et al-Moez ordonna que la ville fut appelée de son nom al-Moezia.

Après que les Musulmans s’y furent établis, et qu’ils l’eurent fortifié, la ville de Rometta se révolta et appela le Domestec[52] à son secours. Aussitôt Ahmed envoya, par l’ordre d’al-Moez, al-Hassan ibn al-Ammar, pour l’assiéger et en faire sortir tous les habitants. Ibn al Ammar arriva devant la ville la cinquième férie dernier jour du mois de rajab, l’an 352.[53] Il dressa aussitôt ses machines et livra tous les jours des assauts. Il fit construire aussi un fort où il demeura, et ses gens, à son exemple, se bâtirent des maisons.

Le Domestec, ayant appris ces nouvelles, fit assembler les troupes et leur ordonna de se rendre en Sicile sous le commandement de Manuel. L’embarquement se fit la quatrième férie, 4 de shoual de l’an 353[54] : l’armée qui était très nombreuse fut neuf jours à faire le trajet. Les troupes à leur arrivée environnèrent la ville de Messine d’un fossé et élevèrent les murailles. L’émir Ahmed averti par al-Hassan se mit à la tête de ses troupes, en même temps les infidèles sortirent de Messine et marchèrent vers al-Hassan qui était à Rometta.

Ce fut dans le milieu de shoual 353 [25 octobre 964], que Manuel s’avança à la tête d’une armée composée principalement de Mages,[55] d’Arméniens et de Russes; et plus nombreuse que toutes celles qu’on avait vues jusque-là en Sicile. Al-Hassan ibn al-Ammar ayant appris qu’il s’avançait se prépara à marcher à sa rencontre, et posta d’abord un corps de troupes dans chacun des deux défilés[56] par lesquels on pouvait venir à lui. Manuel en ayant eu avis, détacha pareillement deux corps de troupes pour attaquer ceux d’al-Hassan, et en envoya un troisième du côté du chemin de Palerme, pour empêcher que l’ennemi ne fût secouru.

Al Hassan ayant laissé quelques troupes devant Rometta,[57] s’avança à la tête d’une armée déterminée à vaincre ou à périr. Les ennemis partagés en huit corps eurent bientôt enveloppé les Musulmans de toutes parts. En même temps, les habitants de Rometta fondirent sur ceux qu’ils avaient en tête, et l’attaque devint générale. Après un long combat, les Musulmans décourages et désespérant de la victoire, dont les ennemis se croyaient assurés, ne cherchaient plus qu’à mourir les armes à la main, regardant la mort comme ce qu’ils pouvaient obtenir de plus heureux.

Al-Hassan voyant l’action se ralentir,[58] s’écria de toutes ses forces: Grand Dieu ! si les hommes m’abandonnent, ne m’abandonne pas ! Al-Hassan et ceux qui étaient autour de lui, fondirent en même temps sur l’ennemi, avec l’impétuosité d’un seul homme. Manuel de son côté criant de toutes ses forces, demandait aux soldats où était la bravoure qu’ils faisaient paraître devant l’empereur, où étaient les promesses qu’ils lui avaient faites de tailler en pièces cette poignée d’hommes.

Le combat s’échauffe de part et d’autre, Manuel fondant sur les Musulmans, en tue un de sa main. Il reçut alors plusieurs coups de lance qui ne lui firent aucun mal, à cause de la bonté de sa cuirasse ; mais un soldat s’étant jeté sur lui, perça son cheval, lui coupa les jarrets, et le tua lui-même. Il survint ensuite un grand orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre, l’air s’obscurcit, le secours de Dieu se manifesta en faveur des Musulmans, et les infidèles prirent la fuite. Le carnage alors augmenta. Les ennemis en déroute s’étaient portés vers un endroit qu’ils croyaient uni; ils rencontrèrent des chemins difficiles; on les poussa jusque sur le bord d’un fossé large et profond, dans lequel ils tombèrent et se tuèrent les uns les autres. Le fossé fut tellement rempli de cadavres, que la cavalerie passant par dessus en courant, tailla en pièces tout ce qui se trouva dans ces lieux d’un accès difficile et dans ces retranchements épouvantables.

Le combat dura depuis le commencement du jour jusqu’après midi. On tua encore beaucoup de fuyards pendant la nuit, et il périt dans cette journée plus de dix mille hommes. Plusieurs des chefs furent faits prisonniers. Le butin fut immense, en chevaux,[59] armes et choses précieuses. On y trouva un sabre sur lequel étaient gravés ces mots : « Ce sabre est indien, son poids est de cent soixante dix mithcal. Il fit couler bien du sang sous les ordres de l’envoyé de Dieu.[60] » Al-Hassan ibn al-Ammar l’envoya à Moez, avec une grande quantité d’armes, de cuirasses, et deux cents prisonniers des plus distingués. Il ne se sauva qu’un petit nombre d’infidèles qui s’embarquèrent. L’émir Ahmed apprit la nouvelle de cette victoire, comme il était en marche pour joindre al-Hassan. Dans le même temps, il perdit son père Hassan ibn Ali, ibn Abou al-Hossaïn.

Le Domestec ayant appris cette défaite lorsqu’il assiégeait la ville de Mopsueste, s’en retourna aussitôt à Constantinople. Le siège de Rometta dura encore quelques mois. La famine ayant obligé mille des ennemis à sortir de la ville, al-Hassan les fit conduire à Palerme, et continua l’attaque de la place, qui se rendit peu de temps après. Il se donna encore plusieurs combats considérables, principalement celui du détroit, dans lequel il périt un si grand nombre d’infidèles, que la mer fut teinte de leur sang; enfin la paix se fit entre Moez et le Domestec, l’an 356 [966—967]. Moez ayant reçu ses présents, en donna avis à l’émir Ahmed, et lui ordonna en même temps de réparer les murs de la ville de Palerme, de la fortifier sans perdre de temps,[61] et de bâtir dans les différentes parties de l’ile une ville forte, avec une mosquée et une tribune, afin d’y rassembler les habitants, et de ne pas souffrir qu’ils demeurassent dispersés dans les campagnes. L’émir Ahmed se hâta de remplir ces ordres, et envoya dans Pile des cheikhs pour veiller à ces diverses constructions.

L’an 358 [968—969], al-Moez reçut des présents de l’empereur de Constantinople, et commanda qu’on détruisit les villes de Taormina et de Rometta. Ahmed chargea son frère Abou al-Cassem et son oncle Jaafar de se rendre sur les lieux pour l’exécution de cet ordre, qui fit beaucoup de peine aux Musulmans. Les deux villes furent détruites, et tout fut consumé par le feu. La même année, al-Moez ordonna à l’émir Ahmed de quitter la Sicile. Il s’embarqua donc et aborda en Afrique, suivi de trente vaisseaux, sur lesquels étaient toute sa famille, ses enfants, ses frères et toutes ses richesses. Son gouvernement avait duré seize ans ; il laissa en partant pour remplir sa place Iaïsh, affranchi de son père.

Au milieu de shaaban de l’an 359 [24 juin 970], l’émir Abou al-Cassem vint en Sicile en qualité de lieutenant de son frère Ahmed : celui-ci mourut la même année, et Abou al-Cassem reçut le diplôme d’al-Moez pour lui succéder. Il fit plusieurs expéditions contre les ennemis, la première répond à l’an 365 [975—976]. La même année, il fit rétablir la forteresse de Rometta, et en donna le commandement à un de ses esclaves.[62] Il mourut dans sa cinquième expédition, au mois de moharam 372.[63] L’émir Jaber ibn Abou al-Cassem lui succéda, et fut confirmé par le calife al-Aziz billah ibn al-Moez. Au bout d’un an, il fut déposé et remplacé par Jaafar ibn Mohammed ibn Hossaïn, qui vint en Sicile l’an 373 [983—984]. Celui-ci mourut en 375, [985—986]. Son frère Abd Allah ibn Mohammed lui succéda. Abd Allah mourut dans le mois de ramadhan 379,[64] et désigna pour lui succéder son fils Abou al-Fatha Ioussef.

 

Ioussef ayant été confirmé par al-Aziz, gouverna l’île avec sagesse, et se distingua par son amour pour le peuple, jusqu’à ce qu’ayant été attaqué d’une hémiplégie, en 388 [998—999], il perdit absolument l’usage du côté gauche, et resta fort incommodé du côté droit. Son fils Jaafar gouverna pour lui, ayant déjà le diplôme pour lui succéder. Al-Hakem lui envoya ensuite les marques d’honneur de sa place, avec l’étendard, et lui donna le surnom de Taj al-doulat, saif al-millat.[65] L’an 405, le dernier du mois de rajab,[66] son frère l’émir Ali ibn Abou al’fatha, voulant lui disputer l’empire, rassembla près de Palerme des Barbaresques et des esclaves qu’il avait engagés dans son parti. Jaafar marcha à sa rencontre. La bataille se donna la quatrième férie, 23 de shaaban [6 fév. 1015]. Les troupes d’Ali furent taillées en pièces. Il fut fait lui-même prisonnier, et conduit devant son frère, qui le fit mourir, et termina ainsi la guerre huit jours après s’être mis en campagne. La mort d’Ali fit beaucoup de peine à leur père Abou al-fatah. Jaafar ordonna ensuite qu’on chassât de l’ile les Barbaresques qui y étaient, et fit mourir tous les esclaves, sans en épargner un seul. Il voulut aussi que sa garde ne fût composée que de Siciliens, n’eut pas soin d’entretenir les troupes, et facilita par là le soulèvement qui se fit contre lui, pour les raisons que nous allons rapporter.

Hassan ibn Mohammed al-Bagaï, secrétaire de Jaafar, jouissait d’une très grande autorité. Cet homme, d’un caractère dur et avare, maltraitait le peuple, et commettait tous les jours des injustices. Il avait conseillé à Jaafar d’exiger des Siciliens le dixième des grains et des fruits, selon l’usage établi pour certains objets. Cela était contraire à la coutume de Sicile, où l’on payait seulement un droit pour chaque paire de bœufs, quelle que fut la récolte.[67] Outre cela, on reprochait au gouverneur de traiter la multitude avec mépris, et les grands avec hauteur. Le peuple irrité par tant de motifs, s’assembla enfouie autour du château, en détruisit une partie, assiégea le reste avec tant d’opiniâtreté, qu’il passa sous les armes la nuit de la seconde férie, 7 de moharram 410.[68] Le lendemain, comme ils étaient sur le point de s’en rendre maîtres, Ioussef, père de Jaafar, dont la personne imprimait le respect, se fit porter en litière au-devant des séditieux. Sa présence et ses discours arrêtèrent leur fureur. Il les flatta, promit de se conformer à leurs sentiments, écouta les plaintes qu’on lui fit sur les innovations de son fils, répondit de lui, s’engagea à le contenir, et permit de nommer un nouveau gouverneur. Le choix tomba sur son fils Ahmed al-Akhal.

Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio .  Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ]  Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment arabe à Palerme, l’architecture ne semble pas montrer influences normandes; à l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio il appartenait à l’emir  Jafar al-Kalbi II Xe siècle .
Ahmed commença à gouverner la seconde férie 6 de moharram 410.[69] Son premier soin fut de se saisir du secrétaire Hassan al-Bagaï, et de le livrer aux Siciliens, qui lui coupèrent la tête, la portèrent en triomphe, et brûlèrent son corps. Ioussef épouvanté par cette exécution, et craignant pour son fils Jaafar, s’embarqua avec lui sur un vaisseau qui faisait voile pour l’Egypte. Les richesses qu’ils emportaient avec eux se montaient à six cent soixante et dix mille pièces d’or. Malgré cela, lorsque Youssef mourut en Egypte, il était réduit à n’avoir qu’une seule bête de somme,[70] lui à qui l’on comptait autrefois treize mille chevaux, outre les mulets et les autres animaux.

Al Akhal ayant pris en main le gouvernement, se conduisit avec la prudence que demandaient les circonstances, il apaisa les troubles, rétablit par tout le bon ordre, et mérita qu’al-Hakam lui donnât le surnom de Taïd al-doulat.[71]

Ses troupes firent des courses dans le pays ennemi, portèrent partout le fer et la flamme, et forcèrent toutes les forteresses à se rendre. Souvent il marchait lui-même à leur tête, et alors il remettait son autorité entre les mains de son fils, nommé Jaafar, qui n’imitait point la justice et la bonté de son père. Cependant al-Akhal assembla un jour les Siciliens, et leur dit qu’il allait faire sortir de l’île tous les Africains qui y étaient, et qui partageaient avec eux leur pays et leurs richesses. Les Siciliens lui représentèrent que la chose était impossible, que les deux peuples étaient unis par des mariages, et tellement confondus qu’ils ne faisaient plus qu’un. Al-Akhal, piqué de ce refus, les congédia, et envoya sur le champ faire les mêmes propositions aux Africains, par rapport aux Siciliens.

Les Ifriqiyiens les acceptèrent, et se rendirent auprès de lui. Alors al-Akhal commença à affranchir leurs biens et à lever des impositions sur ceux des Siciliens seulement. Plusieurs de ceux-ci mécontents, allèrent trouver en 427 [1035— 1036], al-Moez ibn Badis,[72] et lui dirent qu’ils étaient déterminés à se soumettre à lui, ou à livrer le pays entre les mains des Grecs.

Plate with Battle Scene. Fatimid-Zirid.
Scène de bataille représenté sur ce bol Fatimide – Ziride en Ifriqiya

Al-Moez envoya en Sicile son fils Abd Allah, avec une armée composée de trois mille hommes de cavalerie et autant d’infanterie. Après plusieurs combats, al-Akhal fut assiégé dans son château de Khalisa. Réduit à cette extrémité, quelques-uns des habitants étaient d’avis de le secourir ; mais ceux qui avaient fait venir les Africains lui tranchèrent la tête, et la portèrent à Abd Allah. Bientôt après la division éclata parmi les Siciliens, et plusieurs d’entre eux se repentirent d’avoir appelé Abdallah dans leur pays. S’étant donc rassemblés, ils lui livrèrent bataille. Son armée fut mise en fuite, il perdit environ trois cents hommes, et le reste s’étant rembarqué, repassa en Afrique.

Dans le même temps, al-Samsam, frère d’al-Akhal, fut élu gouverneur; mais les troubles subsistant toujours, les partis, se séparèrent et s’établirent de divers côtés.

Les principaux de Palerme s’emparèrent du gouvernement et chassèrent al-Samsam. L’alcaïde Abd Allah ibn Menkout se rendit maître de Mazara, de Trapani, de Xacca, de Marsala et des environs; Enna, Girgenti, Castronuovo et le pays d’alentour tombèrent sous la puissance de l’alcaïde Ali ibn Nimat, surnommé ibn al-Jaouas.

Syracuse fut soumise à ibn Thémama, qui marcha ensuite contre Catane, s’en rendit maître, et tua ibn Kelabi, qui avait épousé la sœur de l’alcaïde Ali ibn Nimat, appelée Meimouna.

Cette femme étant ainsi devenue veuve, ibn Thémama la demanda à son frère, et l’obtint. Ce mariage eut, comme on va voir, les suites les plus funestes. Meimouna, qui avait beaucoup d’esprit, eut un jour une dispute avec son mari. On en vint de part et d’autre aux injures. Ibn Thémama qui était ivre, entra dans une grande colère, et ordonna qu’on lui ouvrît les veines des deux bras, et qu’on la laissât mourir dans cet état. Son fils Ibrahim en ayant été informé, accourut à son secours, et fit venir des médecins qui la rappelèrent à la vie. Le lendemain ibn Thémama fut fâché de son action, et demanda pardon à sa femme, s’excusant sur son ivresse. Celle-ci fit semblant de lui pardonner, et quelque temps après, elle lui demanda la permission d’aller voir son frère.

Ibn Thémama le lui permit, et envoya avec elle toutes sortes de présents. Arrivée près de son frère, Meimouna lui raconta ce qui s’était passé, et sut si bien l’intéresser en sa faveur, qu’il jura de ne point la renvoyer à son mari. Ibn Thémama l’ayant donc redemandée, et n’ayant pu l’obtenir, assembla ses troupes qui étaient très nombreuses; car il était maître de la plus grande partie de l’île, et l’on faisait la prière en son nom dans Palerme. S’étant mis à leur tête, il s’avança vers Enna. Ibn al-Jaouas marcha à sa rencontre, le mit en fuite, et lui tua beaucoup de monde.

Représentation d'archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l'occupation Croisée Normande de l’île d'as-Siqiliya (Sicile)
Représentation d’archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l’occupation Croisée Normande de l’île d’as-Siqiliya (Sicile)

Ibn Thémama voyant son armée taillée en pièces, résolut d’implorer le secours des Chrétiens. Il alla donc à Balthia, dont les Francs s’étaient emparés l’an 372 [982 — 988]. Il y trouva Roger qui régnait alors, et lui promit de le rendre maître de toute l’île. Ils se mirent donc en campagne dans le mois de rajab de l’an 444, [27 novembre — 26 décembre 1052], et ne trouvant aucune résistance, ils s’emparèrent de tout ce qui se rencontra sur leur passage jusqu’à Enna, Ibn al-Jaouas en étant sorti pour les combattre, fut mis en fuite et obligé de rentrer dans sa forteresse.

Les Chrétiens passèrent outre, et se rendirent maîtres de plusieurs places. Alors les personnages les plus distingués d’entre les Musulmans par leurs vertus et leur savoir, abandonnèrent le pays, et beaucoup de Siciliens s’étant, retirés auprès d’al-Moez ibn Badis, lui rendirent compte du mauvais état des affaires, et des conquêtes des Francs. Sur ces nouvelles, al-Moez ayant fait équiper une flotte considérable, l’envoya en Sicile. On était alors dans l’hiver, et comme la flotte faisait voile vers Cossyre,[73] il s’éleva une tempête furieuse qui fit périr presque tous les vaisseaux. Ce malheur affaiblit beaucoup al-Moez, et fut cause que les Arabes remportèrent sur lui plusieurs avantages.

Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina
Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina

D’un autre côté, Roger, profitant de la circonstance, poursuivit sa conquête sans trouver de résistance, pendant qu’al-Moez était occupé de la guerre qui lui était survenue. L’an 453 [1061—1062], al-Moez mourut. Son fils Tamim lui ayant succédé, envoya une flotte et une armée en Sicile, sous le commandement de ses deux fils Ayoub et Ali. Ayoub débarqua d’abord avec l’armée à Palerme, et Ali descendit à Girgenti. Ayoub y vint aussi peu après, et s’attira l’affection des habitants. Ibn al-Jaouas en conçut de la jalousie, et leur écrivit de le renvoyer. Comme ils n’en voulurent rien faire, il marcha contre eux à la tête de son armée. La bataille s’étant donnée, il fut tué d’un coup de flèche, et Ayoub ibn Tamim fut proclamé roi. Peu après ses soldats prirent querelle avec le peuple ; on en vint aux mains, et comme la division allait toujours en augmentant, Ayoub et son frère retournèrent avec la flotte en Afrique, l’an 461 [1068—1069] accompagnés d’un grand nombre des principaux de l’île. Les Francs devinrent alors les maîtres de tout le pays. Il n’y eut qu’Enna et Girgenti qui tinrent contre eux. Les Musulmans qui les défendaient furent si pressés par les assiégeants qu’ils mangèrent les cadavres, jusqu’à ce qu’enfin cette nourriture leur manqua. Girgenti se rendit l’an 481 [1088—1089]. Enna tint encore trois ans, et ne se rendit qu’en 484 [1091 — 1092] L’île fut alors habitée par les Grecs, les Francs et les Musulmans. Roger, qui en était roi, ne laissa à personne ni bain, ni boutique, ni four, ni moulin. Sa mort arriva avant 490 [1096—1097]. Son fils Roger lui ayant succédé, ne suivit pas les coutumes des Francs ; mais imita celles des princes Musulmans.

Il établit un tribunal où les opprimés allaient porter leurs plaintes, et il leur faisait rendre justice même contre son fils. Cette conduite lui attira l’amour des Musulmans, qu’il traitait avec distinction et qu’il protégeait contre les Francs.

Ayant fait équiper une grande flotte, il se rendit maître d’abord des îles qui sont entre Mahadie et la Sicile, comme Malte, Cossyre et autres. Ensuite il porta ses armes en Afrique, et s’empara de Mahadie et de plusieurs autres villes, qui furent ensuite reprises par Abd al-Moumen ibn Aly, de la dynastie des almohades.


 


AL-NOWAYRI

HISTOIRE DE LA SICILE
TRADUIT DE L’ARABE PAR  J. J. A. CAUSSIN

 

[1] IJean Jacques Antoine Caussin de Perceval, orientaliste français, né à Montdidier en 1759 et mort en 1835.

[2] Ce texte, sa traduction et ses notes (non corrigées) sont un peu vieillots, mais les traductions de l’historien al-Nowaïri (orthographié En-Noweïri, Noveïri, Novaïri…) sont rares. Il en existe cependant une autre sur ce même site.

[3] L’expression du traducteur « le Nowaïri » vient de l’arabe al-Nowaïri. Caussin a traduit al par le. C’était usuel il y a deux siècles.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihayat al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquête de la ville de Marakech. (Wikipédia)

[4] Ce manuscrit est de la main même du Nowaïri, comme on le voit par une note à la fin. L’écriture qui est rapide, quoique belle et très correcte, les points diacritiques qui sont omis dans les mots, où l’on peut aisément les suppléer, et placés ailleurs avec une économie et une intelligence rares; enfin, l’âge du manuscrit résultant des caractères paléographiques, qui ne permettent pas de lui donner beaucoup moins de cinq cents ans d’antiquité, tout concourt à prouver que cet exemplaire est réellement autographe. En le comparant avec le ms. 702 A, on remarque entre eux des différences qui ne viennent que de mots mal lus, mal ponctués, ou d’expressions plus communes substituées à des expressions d’un usage plus rare. Je me suis attaché invariablement dans ma traduction à la leçon du manuscrit de l’auteur.

[5] J’ai fait remplir autrefois cette lacune au moyen du second manuscrit.

[6] Littéralement : « Nous rapporterons maintenant, dans cet endroit, les choses qui la concernent et qui sont d’un genre différent de celles que nous avons rapportées précédemment. » J’avais traduit, il y a quinze ans, en interprétant la pensée de l’auteur, et la rendant peut-être d’une manière plus claire et plus succincte: « Nous allons exposer maintenant les événements dont elle a été le théâtre. »

[7] Moavia ibn Khodaïj fut envoyé dans la province d’Afrique, nom que les Arabes donnent à la partie orientale de la côte de Barbarie, l’an de l’hégire 45 (665— 666), par le calife Moavia pour continuer la conquête de ce pays qui avait été commencée sous le calife Othman. Ce fut après sa victoire qu’il envoya Abd Allah en Sicile. Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, chap. I.

[8] Les Mahométans appellent idoles toutes les images religieuses.

[9] Le règne de ce prince s’étend depuis l’an 720 jusqu’à 724 de l’ère vulgaire.

[10] Depuis l’an 724 jusqu’en 745 de l’ère vulgaire.

[11] Ce patrice est appelle dans un manuscrit Casantin, et dans l’autre Phasantin, et même dans un endroit Phastin. Le premier nom pourrait être une corruption de Constantin, ou seulement une faute de copiste. Le second, surtout si l’on fait attention à la leçon qui porte Phastin, semblerait convenir au patrice Photin à qui le gouvernement de la Sicile fut donné par l’empereur Michel le Bègue vers l’an 824. (Cedrène, tome II, page 510, Histoire du Bas-Empire, par Le Beau, tome XIV.)

Si dans l’auteur arabe on lit l’an de l’hégire 201, qui répond à l’an 816, c’est probablement une faute de copiste, qui aura oublié le mot asher (dix), lequel donne l’année de l’hégire 211 (826). En effet, l’auteur fait mention immédiatement après, de l’an 212, et il est évident par son récit qu’il y a eu fort peu d’intervalle entre tous les faits qu’il rapporte. D’ailleurs, le gouverneur dont il ici question est le même, d’après l’auteur arabe, que celui sous lequel arriva la révolte d’Euphémius en 827. Or, un gouverneur établi en 816 ne pouvait plus être en place en 827, puisque le gouvernement fut donné à Photin en 824.

[12] C’est le même qu’Euphémius, dont il est parlé dans les historiens grecs. Le nom de Fimi se retrouve encore aujourd’hui dans celui de Calata Fimi, et l’île des Femmes (isola delle Femine) s’appelait autrefois Fimi.

[13] Euphémius avait enlevé une religieuse qu’il aimait. Le Beau, Hist. du Bas-Empire, tome XIV, page 403.

[14] Le texte ajoute eulej min Alamaniin. Le premier mot désigne, en général, tous ceux qui ne sont pas Arabes, et répond au Barbarus des Latins. Le second, dérivé d’Alamani, désigna quelquefois les Italiens, comme on le voit par ce passage d’Aboulfaradj, page 108. La ville de Rome fait partie de l’Alamanie.

[15] Troisième prince de la dynastie des Aghlabides, qui régna depuis 817 jusqu’en 858 de l’ère vulgaire. Deguignes, Hist. gén. des Huns, tome I, page 563.

[16] Ou « Je ne volerais pas au-dessus. » (Dans la crainte d’être surpris par les Grecs à portée d’y descendre en tous temps.)

[17] Et non Sous, comme on lit dans l’Histoire générale des Huns, tome I, page 363.

[18] 16 du mois de rabi premier, qui répond au 15 juin 827.

[19] Le nom propre Platha pourrait se lire aussi Balatha. Il y a en Sicile beaucoup d’endroits qui portent ce nom.

[20] Célèbre dans l’antiquité par la fable de l’enlèvement de Proserpine. Depuis Castro Janni, Janna ou Giovanni.

[21] Ne trouvant aucune trace de ce mot dans la topographie actuelle de la Sicile, j’avais conjecturé autrefois qu’il fallait peut-être lire al-Shakiin au lieu d’al-Meslakin, d’autant plus que dans le n° 702 A on lit al-Shalkin, et que le lam qui est dans ce mot aurait pu avoir été mis par erreur au lieu d’un alif. Le mot de Shakiin désignerait les habitants de Xacca ou Sciacca, ville peu éloignée de Mazara. Le mot al-Meslakin est écrit si distinctement, dans le manuscrit que je regarde comme l’autographe de l’auteur, qu’il y aurait de la témérité à le changer.

[22] M. Gregorio nous apprend que dans un diplôme du comte Roger, de l’an 1082, il est question d’un lieu nommé Castrum Alcharet in valle Dominae.

[23] Selon Cedrène, Euphémius fut tué près de Syracuse. Les circonstances sont à peu près les mêmes. Le Beau, Hist. du Bas Empire, tome XIV, page 404.

[24] C’est le même que Théodotos, donc il est parlé dans la Chron. Sicil. Cantab., an 831.

[25] Ce fut le premier gouverneur de la Sicile pour les Aghlabides, comme le rapporte le Nowaïri dans son Hist. d’Afrique. « Sous le règne de Ziadet Allah la Sicile fut soumise aux Musulmans. Assad ibn al-Ferat, qui y fut envoyé avec dix mille hommes, battit le général grec qui en avait cent cinquante mille, et se rendit maître du pays. Ziadet en donna le gouvernement à Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab. »

[26] La forteresse des chênes, aujourd’hui Calatabellota.

[27] Platanella ruinée, près du Platano ou Fiume di Platani.

[28] Coronia.

[29] C’est Abou Hafs Omar ibn Shoaïb al-Andoulousi qui acheva la conquête de l’île de Crète, sous le califat d’al-Mamoun, et fut surnommé à cause de cela le Crétois.

[30] Le 24 janvier 859; c’était une troisième et non une cinquième férie. Cet événement est rapporté par Aboulféda à l’an 237 de l’hégire; la férie ne s’accorde pas davantage.

[31] Qui était le lendemain de la prise de la ville, selon l’auteur.

[32] Le 15 août 861.

[33] Le 15 juin 869.

[34] Le 28 mai 871.

[35] Cette expression doit désigner ici principalement les côtes d’Italie que les Sarrasins infestaient à cette époque.

[36] Depuis le 18 novembre jusqu’au 17 décembre 871:

[37] Depuis le dernier juillet jusqu’au 28 août 873.

[38] « L’an de l’hégire 264, au mois de ramadhan (7 mai — 25 juin 878), la ville de Syracuse fut prise par Ahmed ibn al-Aglab, sous le règne d’Abou Ishak Ibrahim ibn Ahmed ibn Mohammed ibn al-Aglab, après un siège de neuf mois. On y tua plus de quatre mille hommes ; le reste des habitants fut fait prisonnier, et il ne s’en sauva aucun. Le butin fut immense et plus considérable que dans aucune ville des infidèles. Les Musulmans n’y restèrent deux mois, après lesquels ils détruisirent la ville, et s’en retournèrent. » Le Nowaïri, Hist. d’Afrique.

« L’an 284, Abou Ishak Ibrahim envoya son fils Abou al-Abbas en Sicile, pour faire la guerre aux habitants. Il partit dans le mois de joumadi second. » Idem, ibid. (La suite manque.)

[39] Le 5 avril 909.

[40] Son nom est omis dans le manuscrit; c’est peut-être le même qui est appelé Ibn Ziyaj dans la chronique de Sicile de l’université de Cambridge, an 909.

[41] Voyez la chronique de Sicile publiée d’après un manuscrit de la bibliothèque de Cambridge, an 913.

La ville d’Alcamo est située à l’occident de Palerme. Les mots saheb al-Khams ou Khoms que j’ai traduit, d’après la chronique, par maître d’Alcamo, pourraient signifier que Khalil était fermier, percepteur pour le domaine d’un droit de quint. Le nommé Amran appelé de même dans la chronique saheb al-Khams et qui fut tué à Palerme en 910, ne dut peut-être sa mort qu’à la charge qu’il exerçait.

[42] Le 15 août 912.

[43] C’étaient les marques de l’investiture. Voyez les annales d’Aboulféda, année 265.

[44] Il est appelé dans Aboulféda, Salem ibn al-Rashed.

[45] L’esclavon. Les écrivains occidentaux font mention de ravages exercés vers ce temps-là dans la Pouille par des corsaires esclavons, et de la prise de Tarente par les Sarrasins. L’un de ces écrivains parle d’un Michael Sclabus qui s’empara de Siponto en 926.

[46] La date de cette expédition manque dans le manuscrit. Elle est rapportée par Aboulféda à l’an 323 (934 — 935).

[47] La date et les suites de cet événement sont rapportées dans le passage suivant extrait des annales d’Aboulféda : « L’an de l’hégire 325 (936—937), Salem ibn al-Rashed, qui cornet mandait en Sicile au nom d’al-Caïra, irrita tellement le peuple « par ses injustices que la ville de Girgenti se révolta. Al-Caïm en ayant été instruit, envoya une armée pour en faire le siège. La place fut secourue par l’empereur de Constantinople, et se défendit jusqu’en 329 (940 — 941). Une partie des habitants sortit de la ville, le reste se rendit à condition d’avoir la vie sauve. Salem fit embarquer les principaux pour les présenter à al-Caïm ; mais le général de ce prince donna ordre en mer de percer le vaisseau qui les portait. Ils furent tous submergés. »

[48] C’est ainsi que ce surnom est écrit dans Aboulféda ; le manuscrit du Nowaïri, n° 702 A, porte al-Halebi.

[49] Moez ledin Allah monta sur le trône l’an 341 de l’hégire. Il y avait alors plus de deux ans et quelques mois qu’al-Hassan était gouverneur de Sicile, puisqu’il commença à l’être en 336. Cette erreur se trouve corrigée dans le passage suivant d’Aboulféda. « L’an de l’hégire 336 al-Mansor donna le gouvernement de la Sicile à al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossaïn al-Calbi. Pendant tout le règne d’al-Mansor, il fit la guerre avec succès contre les ennemis. Al-Mansor étant mort, et al-Moez lui ayant succédé, al-Hassan revint en Afrique l’an 342, après avoir gouverné la Sicile cinq ans et deux mois.»

[50] Autrefois Tauromenium.

[51] 25 décembre 962.

[52] Domesticus. Voyez sur cette dignité les écrivains de l’histoire Byzantine. Selon les auteurs arabes qui se servent souvent du mot al-domestec, c’était le lieutenant de l’empereur de Constantinople dans les provinces situées à l’orient du canal. Aboulféda, an 316.

[53] Le 24 août 963 ; c’était une seconde férie.

[54] Le 14 octobre 964 ; c’était une sixième férie.

[55] Persans, sectateurs de Zoroastre.

[56] Ces défilés sont nommés dans le texte ; mais on ne peut lire leurs noms que par conjecture, la plupart des lettres étant destituées des points d’où dépendent leurs valeurs.

[57] J’avais cru autrefois pouvoir resserrer un peu ce récit, élaguer quelques longueurs, d’autant plus qu’on ne demandait alors de Sicile qu’une traduction, et que j’ignorais qu’on voulut faire imprimer le texte. Comme c’est précisément ce morceau que M. Gregorio a choisi pour mettre en parallèle nos deux traductions, je suis obligé d’indiquer ici d’une manière plus suivie les contresens qui défigurent la sienne. M. Gregorio traduit dès le commencement: Nonnullis in castello (Romettae) relictis militibus. C’est, je crois, un contresens : al-Hassan n’était pas maître de Rometta, puisqu’il en faisait le siège. Il ne pouvait donc pas laisser du monde dans la place, mais bien devant, pour faire tête à la garnison, tandis qu’il combattrait lui-même l’ennemi qui s’avançait.

[58] Fekhamanat al-harb; c’est la leçon du manuscrit n° 702. L’autre manuscrit porte fehamiat al-harb ; (le combat s’échauffait.) J’avais d’abord suivi cette dernière leçon ; mais je remarque actuellement que cette circonstance est rapportée plus bas, et qu’elle serait ici en contradiction avec le découragement dont l’auteur vient de parler. Je reviens donc à la leçon du manuscrit autographe dont l’autorité est infiniment supérieure.

[59] Khaïl (chevaux), vexilla militaria, selon le dictionnaire arabe de M. Gregorio.

[60] Ce sabre était tombé autrefois au pouvoir des Grecs, et fut alors repris par les Arabes. Son poids, en évaluant le mithcal avec Golius à un et trois septièmes de la drachme, n’aurait été que d’une livre et demie environ, ancien poids de marc. M. Gregorio a suivi encore ici ma traduction plutôt que le mot à mot: multum it sanguinem fudit. Mais en voulant se rapprocher de la lettre dans les mots qui suivent immédiatement, in manibus apostoli dei, il s’est fort éloigné du sens. Beïn yédeï, littéralement in manibus, ne signifie cependant pas en arabe, dans les mains, mais en présence; coram, in conspectu. Voilà un exemple bien frappant de l’abus des traductions trop littérales.

[61] Mot à mot, lui faisant savoir qu’il vaut mieux bâtir le jour même que le lendemain.

[62] « L’an de l’hégire 561, ni Moez céda à Abou al-Foutouh, de la dynastie des Zeïrides, la province d’Afrique et le Maghreb avec leurs dépendances. Il en excepta seulement la Sicile qui était entre les mains d’Abou al-Cassem Ali ibn al-Hassan, et Tripoli qu’il avait donné à Abd Allah. » Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, C’est par erreur qu’il est dit, dans l’Histoire générale des Huns, tom. I, p. 570, que Moez donna la Sicile à Abou al-Foutouh.

[63] Depuis le 26 juin jusqu’au 25 juillet 982.

[64] Depuis le 5 décembre 989 jusqu’au premier janvier 990.

[65] La couronne de l’état, l’épée de la religion.

[66] Depuis le 26 décembre de l’an 1014 jusqu’au 24 janvier suivant.

[67] On pourrait peut-être donner à ces mots un autre sens.

[68] 15 mai 1019 ; c’était une sixième férie.

[69] 13 mai 1019.

[70] Ou mauvaise monture.

[71] Le soutien de l’état.

[72] De la dynastie des Zeïrides.

[73] Cossyre aujourd’hui Pantalaria. L’auteur de l’Hist. génér. des Huns, tome I, page 372, s’est trompé en traduisant Cousira par la Corse.

 

Quelques passages sur les arabes et ajam

Publié le Mis à jour le

Sur le mélange tribal entre arabes était recommander mais pas avec les non-arabes , le polymathe arabe al-Masu’di disais :

« En principe, un homme ne se marie pas dans sa tribu ; c’est comme lorsque, chez les Arabes, un homme de la tribu de Tamim ne se marie pas dans la tribu de Tamim, ni un homme de la tribu de Rebi’a dans la tribu de Rebi’a, mais que les hommes de Rabi’a se marient dans la tribu de Modhar, et les hommes de Modhar dans la tribu de Rabi’a. »

lion mchatta

al-Masu’di (né en 896-956)

« Les Arabes exercent un grand ascendant sur ce peuple (noirs/zunuj); quand un homme de cette nation aperçoit un Arabe, il se prosterne devant lui . »

Arabe à la chasse, Egypte XIe siècle (Califat fatimide)
Ibn Abd Rabbihi (né en 860) de souche arabe andalouse raconte que les mawali (noveaux convertis non-arabes), lors des funérailles d’un défunt,  leur est formellement interdit de prier avec les Arabes. Lorsque que l’un des mawali était présent à un repas « il était debout quand les autres étaient assis » et lorsque l’on faisait preuve d’une extrême gentillesse  « on l’asseyait à l’autre bout de la table afin que nul n’ignorât qu’il n’était pas arabe »
Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892 source cliquez pour zoomé  

Selon al-Masu’di (896-956) tout les roi des  empires du monde s’accordait à reconnaître la suprématie du « roi des arabes » le calife Abbasside de Baghdad :

« Les habitants de l’Inde et de la Chine s’accordent à dire que les rois du monde qui sont hors de ligne sont au nombre de quatre.

Celui qu’ils placent à la tête des quatre est le roi des Arabes (le khalife Abbasside de Bagdad).

C’est une chose admise parmi eux sans contradiction, que le roi des Arabes est le plus grand des rois, celui qui possède le plus de richesses et dont la cour a le plus d’éclat, et, de plus, qu’il est le chef de la religion sublime au-dessus de laquelle il n’existe rien.

Le roi de la Chine se place lui-même après le roi des Arabes. Vient ensuite le roi des Romains. Le quatrième est le Balhara, prince des hommes qui ont l’oreille percée »

Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar

 

guerriers cavaliers arabes nasrides dans cette peinture mural du 14e siècle  à Casas del Partal
Guerriers et cavaliers arabes Nasrides dans une peinture murale du 14e siècle à Casas del Partal,

« Et lorsque ‘Umar rédigea le code définissant les modalités du partage du butin, il classa les gens en fonction de leurs origines. Il commença par ceux qui étaient les plus proches du Messager d’Allah, et ce n’est qu’après les Arabes que les non-Arabes ont été évoqués. Tel était ce code à l’époque des Califes bien guidés (Al Khulafa Ar-Rashidun), des Califes des Banu Umayya (les Ommeyyades) et des Califes de Banu Al ‘Abbass (les Abbassides), jusqu’à ce que les choses aient été modifiées. « 

 Ibn Taymiyyah, Jami’ Ar-Rassa’il – Kitab Fasl fi Ad-Dalil ‘ala Fadl Al ‘Arab (Tome 1, pages 287 à 290)

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier ‘705-715)

 

L’état d’esprit d’un arabe venu en Espagne, relaté  dans « Les généalogies du pouvoir en al-Andalus : politique, religion et ethnicité aux iie/viiie-ve/xie siècles »  de Maribel Fierro

« Lorsque le Syrien al-Ṣumayl b. Ḥātim (iie/viiie siècle) (2) entendit la récitation du verset coranique 3-140(3), il se déclara convaincu du fait que le terme al-nās (« les hommes ») dans ce verset ne pouvait avoir d’autre sens que al-‘arab, c’est-à-dire « les Arabes ». On lui fit alors savoir qu’il n’en était rien, et il se plaignit que, dans ce cas, cela signifiait que les Arabes devaient partager l’autorité avec les esclaves et la masse de la population 4. »

 (2)Membre des contingents (shamiyun) syriens installés en al-Andalus, il était aussi le descendant de l’assassin d’al-Ḥusayn à Kerbala.

(3) « Si une blessure vous atteint, une même blessure atteint le peuple incrédule. Nous faisons alterner ces journées-là pour les hommes – al-nās – afin que Dieu reconnaisse ceux qui croient et qu’il prenne des témoins parmi vous ; Dieu n’aime pas les injustes » (trad. D. Masson, revue par S. El-Sāliḥ).

(4)Ibn al-Qūṭiyya, Ta’rīḫ iftitāḥ al-Andalus, éd. et trad. P. de Gayangos, J. Ribera, Madrid, 1926, p. 40-41/31-32.

 

Un juriste tunisois du 15e siècle peut disserter des heures  sur les origines qaḥṭanides ou ʿadnanides de justiciables , mais serais incapable de parlé des origines des tribus berbères  Al-Burzulī, Ğāmiʿ, vol. 6, p. 120.

Les Terres d’al-Arab wa al-Ajam

Publié le Mis à jour le

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La carte du monde par al-Idrissi

10eme siecle

L’idée moderne du monde arabe correspond à celui du moyen-age, voici une mini série de témoignages anciens sur la répartition du monde arabe (al-arab) et non-arabe (al-ajam)

Il y a 1000 ans:

Al-Muqaddasi  un voyageur et géographe arabe, né à Jérusalem en 945 mort en  991 sur la patrie des arabes (de l’Irak au Maghreb) :EWorEqmWsAEbSZlLe royaume de l’islam de divise en 14 provinces soit 1 année de marche sur 100 années pour parcourir le monde, les provinces des Arabes sont,:

  1. al-Jazirat al-Arab (Péninsule Arabique)
  2. al-Iraq (Irak)
  3. al-Aqur (Mésopotamie)
  4. al-Sham (Levant)
  5. al-Misr (Egypte)
  6. al-Maghreb (Afrique du nord et al-Andalus).

Sur les 14 provinces de l’empire de l’islam , 6 étais arabes.

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Le monde de l’islam selon Al-Muqaddasi cliquez sur le lien pour un zoom , zoomez une foi sur la page, sur les provinces et villes

Les provinces musulmanes  des non-arabes : al-ajam:

  1. al-Mashriq
  2. al-Sindh
  3. al-Daylam
  4. al-Rihab
  5. al-Kirman
  6. al-Jibal
  7. al-Khuzistan
  8. al-Khurasan

 

al-Muqaddasi donnait aussi 1000 « parasanges aux Arabes' »

Géographie arabe et représentation du monde: La terre et l’étranger,  A.Miquel  p.62

Deux  constatations par rapport aux écris d’al-Muqaddasi   ;

  1. Les arabes ont perdu le nord de la province d’al-Aqur ( nord-Mésopotamie) aux profits des peuplades Kurdes et Turques, dont il ne reste que des minorités arabes.
  2. Les arabes ont gagnés la province du Khouzistan (al-Ahwaz) qui n’était pas en majorité arabe avant, donc mais en minorités, contrairement à nos jours .
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Monde Islamique moderne ce divise en 8 espaces

 

tamim 4

voisinage immédiat de la vision du monde au 10eme siecle  :

Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī.(vers 902) le monde ce partageait principalement en 4 parties  ;

 » Au dire d’Abū Ḫalaf, la terre est de 24 000 parasanges : les Noirs en occupent 12 000, les Rūm 8 000, les Arabes, 1 000, les Persans, 3 000. « 

« Mukhtasar Kitab al-Buldan « Abrégé du Livre des Pays ». De Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī p.9

Les paroles de nos anciens savants , sont confirmées par la science moderne   

Haplogroup-J1 Eupédia, moins les zones non-habités
Haplogroup-J1 d’Eupédia, moins les zones non-habités

J1 est l’haplogroupe le plus fréquent  de la péninsule arabique. La conquête musulmane du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord propagèrent le J1 bien au delà de l’Arabie , créant ainsi un nouveau monde arabe.

« Dans les pays arabes J1 culmine, chez les Arabes des Marais du sud de l’Irak (81%), des arabes soudanais (73%), des Yemenites (72%), des Bedouins (63%), des Qatari (58%), des Saoudiens (40%), des  Omanais (38%) et des  Arabes Palestiniens (38%). Des pourcentage élevés sont observés dans les Emirats arabes unis (35%), Algerie côtière (35%), Jordanie (31%), Syrie (30%), Tunisie (30%), Egypte (21%) et Liban 20%. La plupart du J1 Arabe appartient à la Variété J1c3 »  source Eupedia 2020

Al-Alim-Al-Islami
le monde de l’islam au 10eme siecle cliquez pour une haute définition 

Genetic Evidence for the Expansion of Arabian Tribes into the Southern Levant and North Africa » 

« Fait intéressant, cet haplotype modal est également l’haplotype le plus fréquent (11 [~ 41%] de 27 personnes) de la population de la ville de Sena, au Yémen (Thomas et al. Thomas et al., 2000 ). Sa seule étape voisine est l’haplotype le plus commun de l’échantillon yéménite de Hadramaout (5 [~ 10%] des 49 chromosomes;. Thomas et al Thomas et al, 2000. ). La présence de cet haplotype modal particulier à une fréquence significative dans trois lieux géographiques distincts (Afrique du nord-ouest, le sud du Levant, et Yémen) » »

Peuplement Andalous en Afrique du nord du 8 au 13e siècle

Publié le

Selon al-Bakri toutes les villes du littoral  du Maghreb comprise entre Tabarka (Tunisie) et Sebta (Nord du Maroc) était peuplées d’andalous en majorité ou en partie. Cet article reviens sur  les colonies andalouses du temps de l’émirat et du califat Omeyyade  de Cordoue et des conquêtes  et non sur les réfugiés de la Reconquista , qui sera l’objet d’un autre article.

Article susceptible d’etre mis à jour

Prise de la Qasabah d’Annaba par l’invasion française, le 27 mars 1832

Annaba Algerie 

« Cette ville (Annaba) est fréquentée par des négociants la plupart sont des Andalous  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p134

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Tabarka Tunisie 

Fort de Tabarka

« Elle est fréquentée par les négociants étrangers (à entendre andalous) aussi jouit-elle d une certaine prospérité »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p139

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Tenes Algerie 

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Tènes en Algerie fut construit sous la dynastie arabe Sulaymainide  des en 876 

Ténès la Neuve. (..)   Celle ci fut bâtie en l’an 262 (875 876)  par les marins de l’Andalousie bande d’aventuriers au nombre desquels se trouvaient El Kerkerni, Abu Aïcha, Es-Saccar et Soheib/ Elle fut par deux colonies andalousiennes dont l’une venue madinat Ilbira et   l Madinat  Todmîr.  Les seigneurs de Ténès sont d’origine noble ancêtre Ibrahim ayant eu pour père Mohammed fils de Soleiman fils d Abd Allah fils de Ha fils de Hacen fils d Ali (..) les colons qui restèrent à Ténès virent leur nombre augmenter leurs richesses  accroître et quelque temps après ils accueillirent chez eux quatre cents familles de Souq Ibrahim habituées à vivre sous la tente et partagèrent avec elles leurs logements et leurs biens Tous s entraidèrent alors dans les travaux de construction et ils élevèrent à Ténès le château que l on y remarque encore « 

 

al-bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p148

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Delys Algérie

Moaz Edawla Ibn Samadah d’Alméria 1068 alger delys
Qassaba de Delys construit par Muiz al-Dawla Ibn Samadah de la tribu yéménite de Tudjib d’Alméria en 1068 jc Algerie
Ibn Khaldun nous dit que la région de Dellys fut concédée par Mansur ibn Nasir (m. 1104) émir berbère Hammadide à Muizz al-Dawla ibn Samadah émir arabe Toudjibide d’Almeria qui vint chercher asile quand l’Espagne fut prise par les Almoravides il fonda la Qasaba de Dellys
ibn Khaldoun dans « Histoires des dynastie musulmanes » p55

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Msila Algérie

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Msila Algérie orientale 
« Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd-Allah al-Fatimi qui en posa les fondements en 925 Ali ibn Hamdoun Ibn al-Andalusi fut la personne chargée de faire construire cette ville et appartenait à la tribu arabe de Djudham » 
Les Hamdounides ou banu Hamdoun al-Judhami fonderent une dynastie arabe tantôt sous allégeance fatimide tantôt omeyyade: Émirs de Masila-Muhamadiya Alí ibn Hamdun al-Judhami al-Andalussí 927–945 Jàfar ibn Alí ibn Hamdun al-Judhami al-Andalussí, 945–979

Dans la ville de Masila-Muhamadiya ce trouvais des Arabes de la tribu de Judham les Banu Hamdoun et des Azd et leurs client comme le célèbre Abū ʿalī ḥasan b. ras̲h̲īḳ al-ḳayrawānī al-azdī al-masīlī l’un des plus prestigieux hommes de lettres de l’Ifrīḳiya né en l’an 1000 ici

Al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik

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Alger  Algerie 

La grande mosquée d'Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides
La grande mosquée d’Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides

 » le port d’Alger possède une source d’eau douce,  il est très fréquenté par les marins de l’Ifrîkiya de l’Andalousie et d’autres pays »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p157

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Wadi Chelif Algérie

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Vue aérienne sur oued chelif

 » Beni Guellîdacen jolie petite ville appartenant aux Matghara et renfermant une population composée d Andalous et de Cairouanites.  Elle possède plusieurs sources de bonne eau et domine la plaine de Chelif. La ville de Chelif située dans cette localité s élève sur le bord d une rivière et renferme dans son enceinte un bazar bien monté « 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p163

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Oran Algerie 

Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie
Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie

« Oran (..) possède des eaux courantes des moulins à eau des jardins et une mosquée. Elle eut pour fondateurs Mohammed ibn Abi Aoun,  Mohammed ibn Abdoun et une bande de marins andalous . (..) Ces Andalous qui avaient été les compagnons d El Corachi fondèrent Oran en l’an 290 » (903) (al-Quraychi general omeyyade)

 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.166

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Archgoul ‘Algérie  

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Selon al-Bakri 1014-94 la ville de Rachghoun Drapeau de l’Algérie « possède une belle mosquée dans la cour une grande citerne et un minaret bien bâti aussi deux bains dont un est antique » Les portes : « Bab al-Futuh “la porte des conquêtes” à l’ouest Bab al-Amîr au sud Bab Mernîssa à l’orient »

« Cette ville était habitée par des négociants quand Issa fils de Mohammed ibn Soleiman prince dont nous avons déjà parlé vint s y installer et prendre le commandement Il y mourut en l an 295 907 908 de JC Son fils Ibrahim ibn Issa el Archgouli naquit dans Archgoul Yahya  »

Conquête d’Abd Al-Rahman an-Nassir de l’île Archgoul 

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L’île de Rachgoun est une île située à 2 km au large du littoral oranais, en Algérie,

« Abd er Rahman envoya aux habitants d ‘Alméria et d’autres lieux de la côte l’ordre d’équiper quinze navires de guerre et il y fit embarquer des troupes des armes des munitions et de l’argent. Cette flotte alla bloquer l île d’Archgoul . On tua un grand nombre de ceux qui s étaient réfugies dans l île »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p. 182


Alsen Tafna Algerie

Tafna
Embouchure de la Tafna à Rachgoun.

 » La muraille d’Aslen est dégradée et ruinée (..) Abd er Rahman le souverain Omeyyade s’en rendit maître et son ministre Mohammed ibn Abi Amer el Mansour y envoya Homeid ibn Yezel  qui la rebâtit de nouveau  » (située à huit milles est de l embouchure de la Tafna sur une hauteur désignée par le nom Oussa  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamāli

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Bejaia Algerie

Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d'époque Hammadide
Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d’époque Hammadide 

 »Au delà de Merça d Daddjadj on trouve le port de Bougie Merça Bedaya ville très ancienne qui a pour habitants des Andalous »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.192

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Melila nord-Maroc Espagne

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ancienne murailles de Melila

« Selon Mohammed ibn Yousuf et d’autres écrivains cette place fut conquise en l’an 314 926-927 de J C par Abd er Rahman en Nacer li dîn Illah le souverain Omeyyade de l’Andalousie lequel bâtit alors la muraille de la ville »

En 926 Melila fait partie du califat Omeyyade de Cordoue, Abd al-Rahman 3 nomma comme cadi malikite dans ka ville Abu Ja’far Ibn al-Fath al-Malili les Omeyyades ont bâtis les murs et la citadelle
Les princes les plus connus de la taifa de Melila 1030 petit fils de l’émir omeyade Al-Hákam I:
Abd alAziz Ibn Ahmad Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Al-Asbag Ibn Al-Hákam Al-Rabadi 1063-1064
Yahya III
En 1064-68 le dernier prince hammudíde de Malaga Muhammad 2 régna à Melilla

 

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.206

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Ceuta nord-Maroc Espagne

 

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Ceuta au nord du Maroc (Espagne)

La muraille de Sebta selon al-Bakri 1014-94: «fut construite par Abd al-Rahman 3 an-Nasir l’Omeyyade» et ca population « se compose d’Arabes, appartenant à la tribu de Sidf ( tribu du Hadramawt ) et de Berberes provenant des cantons d’Asîla et d’El-Basra. »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik

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Asilah, Maroc

Remparts d’Asilah

« un édifice pour leur servir de djamé.  Des habitants de l’Andalousie et d’ autres contrées ayant entendu parler de cet établissement y apportèrent aux époques déjà indiquées diverses espèces de marchandises et y dressèrent leurs tentes Alors on commença y fondée une ville  »

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik p.255

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Fes Maroc

La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin (des andalous) fut érigée en 859-860 sous le règne de la Dynastie Idrisside par une femme appelée Mariyam el Fihriya, sœur de Fatima el Fihriya, fondatrice de la Mosquée El-Qaraouiyyîn, l'autre grande mosquée historique de Fès.
La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin 859-860 sous le règne de la Dynastie arabe Idrisside Fes

« Le quartier des Andalous (de Fes) fut fondé en l’an 807 808 de J C et celui des Kairouanais l’année suivante »

En 818 JC,  8 000 ribadi chassés de Cordoue par al-Hakam s’installe à Fes

al-Bakri al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik 


 

Exemple de l’influence de ces arabes andalous ce trouve aussi, dans la construction de mosquée en dehors de l’Andalousie.

La mosquée des Trois Portes, dite mosquée Ibn Khayrun de Kairouan Tunisie 

3 porte mosquéée andalous karoua
Elle fut  édifiée vers 252 de l’hégire (soit en 866 sous les Aghlabides) par le commerçant arabe andalou installé à Kairouan, issu de la tribu yéménite Banu Maa’fir Muhammed ibn Khairūn al-Ma’āfirī al-Andalusī. Ceci est confirmé par l’historien andalou Ibn Idhari (xive siècle) ainsi que par l’inscription de la façade.

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La Mosquée de Bou Merouane ou Sayidi Abu Marwan de Annaba Algérie 

al-Masjid Sayidi Abu Marwan al-Assadi de Annaba, serai du 9eme siecle (G.Marçais), donc de l’époque Abbasside Aghlabide, et était à l’origine le ribat al-Fusala, devenu simplement une mosquée en 1033 sous le Ziride al-Muizz ibn Badis elle porte le nom de son premier imam un arabe de Seville issu des Banu Asad, Abu Marwan al-Assadi, 1037-1111  

La mosquée Abul al-Abbas al-Mursi  d’Alexandrie Egypte 

La mosquée Abul al-Abbas al-Mursi  d’Alexandrie, construite vers 1306 en Égypte. Elle est consacrée à l’Andalous,  de son nom complet  Shahab al-Din Abu’l-‘Abbas Ahmad ibn ‘Umar ibn Mohammad al-Ansari al-Mursi, issu des Ansar. né à 1219 à  Murcie – et mort 1287 à Alexandrie en Egypte  la famille d’Abu al-Abbas avais pris la décision d’allées vivre en ifriqiya (probablement Tunis), mais sa famille est morte sur la route.  A Tunisie, Shahab a entendu parler de Shaykh Abu’l-Hassan ash-Shadhili, fondateur de la confrérie  Shadhiliyya, et a choisi de vivre à Alexandrie, il y vécu comme   professeur jusqu’à sa mort en 686 H (1287 après JC).

 

Medina d’Oujda Maroc 
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Medina de Oujda, Maroc
Oujda  est fondée en 994 sous l’autorité d’ibn Abi Amir al-Mansur « Almanzor » vizir omeyyade de Cordoue, par le berbère (chef en 989 des Maghrawa) Ziri Ibn Attia investi par le wali arabe Hassan ibn Ahmad ibn Abd al-Wadud as-Salmi (wali omeyyade du Maghreb en 987).
Ibn Khaldun p238-46
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Ribadi de Cordoue :

les Ribadi à  Alexandrie , Egypte 

La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte
La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte

 

 Campagne du général Abbasside ‘Abd Allah ben Tahir en Egypte et les Ribadi [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 279]  (Ibn al-Athir) :

(Entre  10 et 15 000 andalous d’origine arabes les exilés du Ribad de Cordoue (818 jc) avais pris possession d’Alexandrie en Egypte  leurs chef était un Kinanite et il trouva naturellement un soutien avec les Banu Mudlej al-Kinani de la région, pour ensuite  conquérir l’île de Crête.   )

« En effet, ‘Obeyd Allah [P. 280] s’était rendu maître de l’Egypte et y agissait en rebelle, tandis qu’une troupe partie d’al-Andalus s’emparait d’Alexandrie.

‘Abd Allah ben Tahir, occupé à combattre Nasr ben Chabath, dut tout d’abord négliger ces faits, mais dès qu’il le put il marcha contre l’Egypte……. »

Le port d’al-khandaq , qui est de nos jours Héraklion, fondée en 824 par les ribadi de Cordoue

Conquête d’Alexandrie par ‘Abd Allah [P. 281] (Ibn al-Athir) et départ des Ribadi pour la Crête

En 210 (23 avril 825), ‘Abd Allah chassa d’Alexandrie les andalous qui s’étaient emparés de cette ville en lui accordant quartier.

Ces gens étaient arrivés en grand nombre à Alexandrie par mer pendant les troubles occasionnés par Ibn Es-Serî et par d’autres, et y avaient débarqué sous la conduite d’un chef nommé ‘Abou H’afs. Cette situation dura jusqu’à l’arrivée d’Ibn Tahir, qui leur fit déclarer que, faute par eux de faire acte d’obéissance, il allait les combattre.

Ils se soumirent et demandèrent l’aman, [P. 282] sous la condition qu’ils quitteraient cette ville et gagneraient quelque localité de Roum en dehors des pays musulmans.

Ils obtinrent l’aman sous cette condition et allèrent s’établir dans l’île de Crète, où ils firent souche. (1)

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
La flotte arabe andalouse fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

 

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les Ribadi de Wallila –  Oulili Volubilis, Maroc 

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En 681, la conquête islamique se répandit dans tout le Maghreb, mais Volubilis va cependant obtenir une certaine indépendance au viiie siècle à en juger d’après les monnaies préidrissides. Un quartier est occupé par les arabes au bord de l’oued.; une monnaie arabe est frappée ici de 722 à 789. L’époque islamique a livré des thermes et également des cimetières

Les Ribadi de Cordoue a Walili ;

« De là on met une journée pour se rendre à Aghîgh  c est à dire pierres sèches elle fut ainsi nommée parce qu elle est bâtie de pierres sans ciment. Cette ville est maintenant déserte elle devait sa fondation aux Rabedis andalous dont une partie s’ y fixa forcés par les Berberes de l ‘abandonner ils allèrent s ‘établir à Oulîli où il en reste encore un petit nombre jusqu’à nos jours « 

al-Bakri, al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik  p343

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les Ribadi à Aouzeccour pres de Khenifra Maroc 


La casbah de Khenifra sur la rive gauche de l’Oum Errabiaa

Les Ribadi de Cordoue à Aouzeccour pres de  Khenifra 

Selon al-Bakri cette localité localisé dans « Itineraire Culturel des Almoravides et des Almohades: Legado Andalusí – 1999  sur la route du Tadla, près de Khénifra était peuplé de Ribadi venu de Cordoue ;  » Aouzeccour située à une journée plus loin était habitée par les Beni Moussa famille qui avait fait des Rabadis d’al- Andalus.  Ces gens portèrent  le ravage chez leurs voisins et se rendirent tellement qu’ ils eurent à soutenir une guerre contre ceux qu’ ils avaient outragés Vaincus dans une bataille qui leur coûta beaucoup de monde ils se dispersèrent dans le territoire d ‘Aghmat un très  petit nombre ayant obtenu une amnistie eurent permission de rester à Aouzeccour où ils sont encore aujourd hui « 

 

al-Bakri, al-Maghrib fī dhikr bilād Ifrīqīyah wa-al-Maghrib : wa-huwa juzʼ min kitāb al-Masālik wa-al-mamālik  p.342-343

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Les Banu Tamim, une tribu arabe au Maghreb

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𝐋𝐞 𝐟𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐨𝐝𝐚𝐫: 𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮 𝐝𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐧𝐮 𝐓𝐚𝐦𝐢𝐦

tamim 1

Nous allons aborder l’histoire de cette tribu avec trois angles :

  • Sous l’ère anté-islamique –
  • Après la Révélation –
  • Les Banū Tamīm au Magheb
Un membre des Banu Kilab tue le roi Zuhayr al-‘Absi. Le tueur s’enfuit se refugier chez le Roi des Manādhira d’Al-Hira : al Nu’man ibn al-Mudhir, vassal des perses et l’un des plus puissants arabes de l’époque.
Un homme de Dhubiyān venge le Roi Zuhayr al-‘Absi en tuant son assassin. (Dhūbiyān et ‘Abs étant issus tout deux de Ghatafān)
Les tribus Ghatafān ne voulant pas protéger cet homme des leur par crainte du Roi d’Al-Hira, il se voit contraint de demander protection chez la seule tribu assez puissante pour oser défier le Roi: les Banū Tamīm.
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emplacement des  tribu arabes de la jahiliya
Un grande coalition se forme alors contre les Banu Tamim avec des tribus comme les Hawazin (les Banū Hilāl viennent de celle-ci), les Assad ou encore les Taghlīb.
Les Tamīm finiront par être défaits seul face ces tribus, ils ont combattu uniquement car un étranger leur avait demandé protection.
D’autre faits notables de l’époque de Jahiliya pour les Banu Tamim : youtu.be/TfRlQxgpI_Y -Ils étaient au coté des Banū Shaybān dans la bataille de Dhi-Qar où les arabes ont vaincus l’Empire Perse.
-Ils étaient parmis les tribus de Modar venues soutenir le (futur) roi des Taghlīb: Kulayb Ibn Wa’il, dans la bataille de Khazāz où les Adnanites ont vaincus les Qahtanites et inversé la balance dans le rapport de force.
-Ils etaient les principaux acteurs de la troisième plus grande bataille de l’époque de Jahiliya. Celle de Sha’b Jabalah qui a opposé les Banū Tamīm alliés a Dhubiyān aux Banū Amer alliés des ‘Abs.

Ils vivent principalement au Nejd (Arabie centrale), l’Irak central et méridional (Bassorah et Diyala), ainsi que dans les provinces iranienne du Khouzestan et du Khorassan.

La tribu est apparue au ier siècle. L’ancêtre de la tribu, Tamīm ibn Murr, aurait rencontré un des disciples de Jésus-Christ. Par leur ancêtre, les membres de la tribu considèrent qu’ils sont les descendants d’Adnan. Elle eut une longue guerre tribale avec les Banu Taghlib, la guerre d’El Basous (ou Basûs), de 494 à 534 environ.

La tribu, occupait au vie siècle la partie orientale de la péninsule avant de jouer un rôle important avec l’apparition de l’Islam.

Un hadith Sahih al-Bukhari rapporte que pour Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui, les Tamim combattront l’antéchrist à la fin du monde : « J’aime les gens de la tribu des Bani Tamim depuis que j’ai entendu trois choses de la part du Messager de Dieu à leurs propos. Je l’ai entendu dire : Ces gens résisteront contre le Dajjal, ou encore, Ne dites rien sur les Bani Tamim sauf de bonnes choses, car ce sont ceux qui combattront le plus rigoureusement le Dajjal.

 Ils ont participé à la révolution des Abbassides

Le fondateur de la dynastie des Aghlabides en Afrique du Nord, appartient aux Tamim du Khorasan, (notice wiki)

Emirs Abbasside de l’ifriqiya issus des Banu Tamim ; 

  • al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi 765–766
  • Tammam ibn Tamim al-Tamimi 799–800
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d'Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d’Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun

liste des émirs d’ifriqiya Aghlabide Banu Tamim

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812)
  • Abdallah I ibn Ibrahim (812–817)
  • Ziyadat Allah I ibn Ibrahim(817–838)
  • al-Aghlab Abu Iqal ibn Ibrahim (838–841)
  • Abu ‘l-Abbas Muhammad I ibn al-Aghlab Abi Affan (841–856)
  • Ahmad ibn Muhammad of Ifriqiya (856–863)
  • Ziyadat Allah II ibn Abul-Abbas (863)
  • Abu ‘l-Gharaniq Muhammad II ibn Ahmad (863–875)
  • Abu Ishaq Ibrahim II ibn Ahmad (875–902)
  • Abu ‘l-Abbas Abdallah II ibn Ibrahim (902–903)
  • Abu Mudhar Ziyadat Allah III ibn Abdallah (903–909)
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l’Ifriqiya des Banu Tamim

Sheikh As’ad Bayoud al-Tamimi chef du J.I en Palestine :

« Au cours de mes nombreux voyages, j’ai rencontré des Tamîmî partout, en Libye, en Tunisie, en Algérie »

Retours en Palestine: trajectoires, rôles et expériences des ((..) publié par N. Picaudou p183

 « Tunis et dans le Zâb (Algérie), se concentrèrent surtout des groupements arabes de la deuxième vague (abbasside), dominés, par l’apport des Banu Tamim. »  Hichem Djait, « l’Afrique arabe »

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Tadjourah (arabe : تاجوراء), parfois aussi orthographiée Tajoura, est une ville libyenne dans le district de Tripoli. Située à 14 km de Tripoli

al-Tijani (1306-1309) des Banu Tamim de Tadjoura en Libye,  à l’époque Hafside, et que, le chateau de Tadjoura en Libye (14 km de Tripoli), fut construit « par Hamid ibn Djaria père des Djouari » (fractions Dabbab des Banu Sulaym) et qu’il peupla la zone avec une peuplade venu de « Ardh Abd Rab ». « Cette population dit-il  » qui s’attribue une origine arabe, prétend descendre de Tamim (Banu Tamim), et s’etre établis sur ce territoire de « Abd Rab » dès les premières années de la conquête de l’afrique par les arabes, et y avoir été fixé jusqu’à l’époque ou Hamid Ibn Jaria al-Sulami la déplaça et la transporta sur le pays de Tadjoura«  (Page 212 Rihla ou voyage dans la régence de Tunisie d’al-Tijani)

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Le ribat Omeyyade de Belezma (algerie) devenue Abbasside, mais qui fut a l'origine un fort Byzantin
Ruines de la Qal’at de Bilizma (algerie) époque Abbasside , fondée selon Ibn Hawqal par des Tamimites

Belezma Algerie 

 al-Yaqubi dit que Belezma est peuplé des  Banu Malik issu « des Banu Tamim et de leurs client » (The Historical Formation of the Arab Nation (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

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Ma’din Algerie

 Ma’din dans le zab Algérien était peuplé selon al-Yaqubi par  des  arabes issus de Sadd ibn Tamim (Banu tamim) ( repris dans « The Historical Formation of the Arab Nation » (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

Syracuse et Palerme,  Sicile 

Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)
Carte de la Sicile faite par le savant arabe al-idrissi ,. réalisé par Konrad Miller (Allemagne) en 1926 en arabe mais avec des caractères latins (sud en haut)

Dans la ville de Palerme il y avais entre autres les Banu Tamim.

Les Banu Qurhub de Syracuse issus des banu Tamim   ‘The Muslims of Medieval Italy’ p47. Par Alex Metcalfe.

SidiBou said tamim 5
Sidi Bou Saïd est un village de Tunisie situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis. qui doit son nom au Tamimite : 
Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamimi el-Baji
Ibn_Umayl_The_Silvery_Water tamim 7
Extrait tirée d’une copie du kitab al-Mā’ al-Waraqī de l’an 1211 de The Silvery Water. Ibn Umayl al-Tamimi al-Andalusi

Quelques personnages issus des Banu Tamim du Maghreb :

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812) wali de Tubna en Algerie et fondateur des Aghlabides
  • Umar al-Tamimi (m. 1355) imam et wazir de Bejaia en Algerie sous l’émir Abu Inan (mort en 1348)
  • Qāsim al-Sāsī al-Buni al-Tamimi (13e siecle) d’Annaba en Algerie polymathe, scientifique, il écrit yaqutat al-Khaqan, il étudia dans l’école de l’imam Abu Marwan al-Assadi
  • Muhammad Ibn Ja‘far Al-Kazzaz al-Tamîmî,(m.956) poète ifriqiyien fatimide ;
  • Ibrahim Al-Qadi al-Nu’man  al-Tamimi (m.974) historien arabe ifriqiyien fatimide
  • AbdAllah b. Qassim al-Tamīmi al Fāsi (né en 1140) Il a écrit, sous les Almohades, un des plus anciens livres de compilation des biographies de « saint » de Fès et du Maghreb.
  • Abū Sa’id Khālaf Ibn Yahyā al-Tamīmi al-Bāji Érudit originaire de Béja, proche de Tunis. Il était célèbre pour sa piété, il voyagea jusqu’au Levant pour acquérir la science.
  • Abū al-‘Arab Mūhammed b. Ahmed al-Tamīmi al-Qayrawāni (10e siècle) Historien sous les Aghlabides, Mūhhadith, originaire de Kairouan en Ifriqya (Tunisie). Il a lutté contre l’invasion des Fatimides pour la dynastie des Aghlabides
  • Muhyī ad-Dīn ‘Abd al-Wāhid b. ‘Alī al-Tamīmī al-Marrākshi. Historien sous les Almohades, originaire de Marrakech,au Maroc il partit à Fès et en Andalousie pour étudier.
  • Abd al-Karīm al-Fakūn b. Mūhammed al-Tamīmi al-Qūsantīni. Savant pendant la Régence d’Alger, issu d’une noble famille de savant de Constantine,en Algerie il était connu comme érudit, traditionaliste māliki.
  • Khalil ibn Ishaq al-Tamimi (10e siecle) était un commandant arabe ifriqiyien au service des fatimides, chef du jund arabe d’Ifriqiya il le fut dès 913. De 937 à 941, il fut le gouverneur de Sicile il était Arabe sunnite les Kutama ont été remplacés par le jund arabe ifriqiyien sous Khalil
  • Abdeljelil Temimi, né le 21 juillet 1938 à Kairouan, en Tunisie est un historien et universitaire tunisien spécialiste de l’époque moderne et contemporaine.
  • Muhammad ibn Mukhtar al- Tamimi,(19-20e siècle) en Algerie imam et membre du majlis à Mascara au temps de l’arrivée de la France, la famille maraboutique de Mascara n’était pas alide comme souvent mais issus des Banu Tamim
  • Muhammed ibn Umail al-Tamîmî 900–960 alchimiste arabe andalous
  • Abū al‐Abbās ibn Isḥāq al‐Tamīmī al‐Tūnisī 1193–1222 astronome arabe né a Tunis
  • Al-Maziri at-Tamimi (1061 – 1141) (453 AH – 536 AH ), Imam et cadi important de l’epoque fatimide et ziride, mort à Mahdia en Tunisie

Galeries :  

Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d'Afrique du Nord
Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d’Afrique du Nord
Tombe de l’ Imam al-Maziri at-Tamimi,  Monastir, Tunisia.

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plaque commémorative d’un square de l’imam al-Mazari at-Tamimi dans sont village d’origine Mazara del Vallo,
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Ḥarrānī
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Harrani»

Nom : La qasaba et les remparts de Sousse Lieu : Tunisie, Sousse Date/période de construction : Remparts : 244 H / 859 J.C -qasaba : 236 H / 851 J.C ; transformations : XIIIe-XVIIIe et XIXe siècles Matériaux de construction : Pierre en grès coquillier Décor architectural : Pierre sculptée Destinataire/mandataire : Remparts sous le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (r. 856-863), qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier (r. 841-856), Conducteur des travaux de la tour : Khalaf el-Fata Dimensions : 2,2 km de remparts, tout autour de la médina, englobant une superficie de 32 ha Inscriptions : Sur le rempart sud, en écriture kufique : « par les mains du gouverneur Fatâta, en l’année 245 H. »La qasaba et les remparts de Sousse en Tunisie construite par l’  aghlabide Abou Ibrahim Ahmed al-Tamimi),  et la qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier at-tamimi  (r. 841-856)

« Les Aghlabides bouclier du califat Abbasside  »

Vue sur les remparts de la Medina de Sfax , de fondation Abbasside Aghlabide.
la médina de Sfax en Tunisie est fondée en 849, selon les ordres de l’émir aghlabide de Kairouan, Aboul Abbas Ier al-Tamimi par Ali Ibn Salem, nommé cadi de Sfax par l’imam Sahnoun
Ibn Umayl at-Tamimi dans un livre européen  In Aurora consurgens, c.1400,
Raqqâda (arabe : رقادة) la seconde capitale de la dynastie Aghlabide  au sud-ouest de Kairouan (Tunisie)
elle date de l’an 876, l’émir aghlabide Ibrahim II at-tamimi

Toponyme :

Ksar Maadid - Erfoud : Ville - Maroc Trip, voyage et vacance
crédit photo ; « Maroc Trip, voyage et vacance »

Qsar al-Maadid  est un village fortifié dans la province d’Errachidia, région Draa-Tafilalet au sud-est du Maroc, al-Maadid est le nom d’une tribu Tamamite presente au Qatar, arabe saoudite, et Koweit .

File:Vue aérienne Menzel Temime, 2013.JPG
Menzel Temime (arabe : منزل تميم) est une ville du nord-est de la Tunisie située au sud-est de la péninsule du cap Bon. Porte bien le nom de la tribu arabe eponyme.  Yazid ibn Hàtim, gouverneur Abbasside de Kairouan entre 155 et 170 de l’hégire, après avoir démobilisé une partie de l’armée arabe omeyyade (de Kairouan), nous dit Hichem Djait, « la fixa en contingents tribaux dans la vallée de la Medjerda et dans le Cap Bon (nord tunisien), ce dont témoignent les toponymes conservés jusqu’à ce jour de Lezdine (tribu arabe des Azd), de Mahrine ( tribu arabe de Mahra), de Kalbine (tribu arabe de Kalb) etc. ». Menzel Temime (Tribu arabe de Tamim)» source : »L’Afrique arabe » Hichem Djait et « Histoire Generale de La Tunisie Tome 2 »
al-Qala’at Banu Hamad (dynastie berbere hammadide), dans la ville de Maadid, en Algerie, al-Idrissi nous dis que la ville etait peuplé des gens de Massila-Muhammadiya et celle de Souq Hamza , deux avec un grande poplation arabe, azdite, alide et judhamite

Organisation sociale arabe et berbère & décadence Andalouse:

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Magnifique reproduction de la capitale du califat Omeyyade de Cordoue al-Andalus
« En premier lieu il y a les arabes Banu Hashim (clan du prophet paix et bénédiction sur lui) venant d’Arabie, de Syrie, d’Irak d’Égypte et Ifriqiya, en second lieu, les nobles arabes et leurs client, (mawali), en troisième lieu vient les berbères venu d’Afrique du nord, en grand nombre, en quatrième lieu les locaux du pays, nombre d’entre eux ce sont convertis  à l’islam mais d’autre on gardé leurs religion,  et on vécu comme des soumis, à cette race appartienne les romains; les francs; galiciens, castillans, aragonais, goths etc.. les juifs étais là aussi mais eux était déjà là avant l’invasion musulmane mais autres sont venu ensuite, les banu hashim et les autres tribus arabes de la noblesse n’exerçaient pas de métiers jugés ignoble.
Ils ce consacraient à l’enseignement de la science, à écrire des livres religieux, enseigner aux enfants, diriger la prière, à la mosquée, et occuper les postes administratifs comme secrétaires des rois, gouverneurs et vizir, certains exerçaient l’agriculture, le filage et la vente de soie, la vente de parfum, la fabrication de tissus en lin, et la vente de lait de vache pour ceux qui voulait l’écrémer et faire du beurre.
Ceux qui étaient au bord de la misère,  se livraient à la vente de fruits et légumes, si ils voulais vivre honnêtement.  D’Autres préféraient à la place rejoindre l’armée.
Les berbères préféraient diriger les troupeaux de bétail, et transporter du blé, du beur, de l’huile, du miel, des poulets, du sel  et du bois ils étaient aussi charbonniers et bûcherons. Les berbères qui vivaient dans la capitale exerçaient les fonctions de vendeur d’objets en sparte, vendeurs de pots, boisseliers et porteur de panier dans les marchés, ils fabriquaient toutes sortes de paniers pour transporter des graines, des charrues, des bats, des cordes, des balais, et tressaient le chanvre.
Ils chassaient aussi les oiseaux pour les mangers et travaillent comme cordistes dans les marchés ou apportaient du blé ou autre céréales de maison privées; pour les vendre dans les souks, ils étaient cuviers, porteurs d’eau, maçons, chaufourniers, plâtriers  et d’autre métiers similaires.
Ceux qui vivaient a la campagne étaient berger, éleveurs, agriculteur, apiculteur, il s’occupaient de leurs terres et leurs vergers, coupaient du bois, fabriquait du charbon, ceux qui vivaient sur la cote était pécheur et bateliers
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Reproduction de la ville arabe médiéval de Malaga (al-Malaqa) ; Al-Istakhri signalait que « Malaga est habité par des Arabes »
Les arabes ce sont installés principalement dans les villes, mais les berbères pour certains ce sont aussi installer dans les villes et les autres dans les zones rurales. Les militaires étaient majoritairement des arabes .
Dans cette  situation, ils ont continués avec les almoravides, mais cela changea  avec les almohades, qui obligèrent les habitants d’Al-Andalus à payer l’impôt alternatif de  na’iba (à la place du service militaire).

C’est pour cette raison que leurs forces s’affaiblirent » 

Abu al-Walid al-Nasr al-Gharnati (IV/XIVe siecle), L’histoire des illustres familles de Fès,
Joaquin Vallvé; El Califato de Cordoba, pp.54-56

La peste noire, cause du déclin du monde arabo-Islamique?

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Les causes du déclin du monde de l’Islam;

  1. La mollesse à cause des richesses
  2. Les invasions mongoles 13e-14eme siècle
  3. La Reconquista (qui fini en 1492)
  4. La peste noire 14eme siècle

Les conséquences de la grande peste noire du moyen-âge dans l’actuel monde Arabe eurent de plus graves retombées que sur l’Europe ultra peuplée.  Selon les termes de Jean-Noël Biraben « un fléau qui eut pour les pays musulmans, nous le savons aujourd’hui, des conséquences plus considérables encore que pour les pays européens. »

Ibn Khaldoun (né à Tunis en 1332- mort au Caire en 1406) auteur de la célèbre Muqadima, perdis nombres des siens dont ça mère la première touchée meurt dans d’atroces douleurs ainsi que sont père, et quasiment tout les membre de ça famille et amis,  il reviens sur l’état des empires musulmans d’orient et occident :

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Ibn Khaldun dans la Qassabah de de Bejaia Algerie
« Une peste terrible vint fondre sur les peuples de l’Orient et de l’Occident ; elle maltraita cruellement les nations, emporta une grande partie de cette génération, entraîna et détruisit les plus beaux résultats de la civilisation.
Elle se montra lorsque les empires étaient dans une époque de décadence et approchaient du terme de leur existence ; elle brisa leurs forces, amortit leur vigueur, affaiblit leur puissance, au point qu’ils étaient menacés d’une destruction complète.
La culture des terres s’arrêta, faute d’hommes ; les villes furent dépeuplées, les édifices tombèrent en ruine, les chemins s’effacèrent, les monuments disparurent ; les maisons, les villages, restèrent sans habitants ; les nations et les tribus perdirent leurs forces, et tout le pays cultivé changea d’aspect »

Depuis l’Asie jusqu’à l’Europe, la mort noire frappe la région de Tunis en 1348

Certains de ses professeurs comptes parmis les victimes ; beaucoup d’intellectuels mérinides sont aussi morts,  Al Ansari, spécialiste des lectures du Coran, Al Hassayri, grammairien, Ibn Bahr, spécialiste en langue arabe et littérature, Al Jayani, grand juriste, Al Najar, mathématicien, et d’autres médecins, philosophes, astronomes.

 

World Map Before Columbus, 1490s
Ibn al-Labbād al-Baghdadi (1231) dans « Taba’i’ al-Buldān » disait : « La Chine est le lieu le plus épidémique sur terre, centre de la peste et des maladies mortelles, et ses habitants prennent beaucoup de précautions vis à vis de cela.»

Selon des estimations 50% de la population du Maghreb et Mashreq étaient éradiquées.  On cite quelques données significatives : la plus grande ville de l’islam à cette époque était al-Qahira (Le Caire) avec  plus d’un demi-million d’habitants, sa population chute en quelques années à moins de 300 000. Alexandrie qui comptait encore 13 000 tisserands en 1394, n’en compte plus que 800 en 1434. Ce qui favorisera le mode de vie bédouin au dépend de la citadinité, notamment au Maghreb plusieurs tribus berbères exterminées par la peste laisseront leurs place aux tribus bédouines arabes ; il faudra attendre l’arrivée des andalous et morisques pour repeupler les villes et les sortir des ruines . 

Ibn al-Khatib  (né à Loja en 1313 – mort à Fès en 1374) en 1348, expose pour la première fois la notion de contagiosité en recommandant d’isoler les malades et de détruire leur linge. Il a décrit avec rigueur le développement et la propagation de l’épidémie de  peste.

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Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa. Tableau d’Antoine-Jean Gros, 1804

Dans un excellent article rédigé par  Jean-Noël Biraben dans « mensuel 11, d’avril 1979 -l’histoire »; voici un  extrait sur la route et la diffusion de cette peste:

Ibn al-Wardi (né à Ma’arrat al-Nuʿmàn en 1290 – mort à Alep en 1349) mort de la peste à Alep le 27 dhū l-ḥid̲j̲d̲j̲a 749/18 mars 1349 :

»La peste sème l’effroi et la mort. Elle commença dans le pays de l’obscurité. Oh, quelle visiteuse ! Elle courut pendant quinze ans. La Chine ne fut pas épargnée et ne put empêcher qu’elle pénètre dans ses forteresses les plus puissantes. La peste affligea les Indes, elle ravagea le Sind. Elle saisit dans ses mains, qu’elle referma comme un piège, le pays des Uzbeks. La peste augmenta et s’étendit plus loin, elle attaqua les Persans, bondit sur le pays des Khitaï et gagna au loin la Crimée. Elle affligea le Roum de ses charbons ardents et ravagea Chypre et les îles de l’archipel. La peste détruisit tout ce qui relevait du genre humain au Caire. Elle jeta les yeux sur l’Égypte et, à sa vue, le peuple s’éveilla soudain. Elle anéantit tout mouvement à Alexandrie. Elle s’abattit sur les belles manufactures de tapis et en exécuta les travailleurs selon les décrets du destin.
» Ô Alexandrie, cette peste est comme un lion qui étend ses griffes vers toi. Prends patience de cette peste fatale qui de septante vivants en laisse seulement sept.
» Puis elle se tourna vers la Haute-Égypte. Elle dirigea aussi ses orages sur Barqa. La peste attaqua Ghaza, elle secoua sévèrement Ascalon. La peste opprima Acre. Le fléau arriva à al-Quds qui paya l’impôt en âmes humaines. Elle saisit le peuple qui cherchait refuge dans la mosquée al-Aqsa près du Dôme du Rocher. Si la porte de la miséricorde ne s’était pas ouverte alors, la fin du monde serait survenue à ce moment. »

Ahmad al-Maqrizi, l'historien arabe d'Egypte de l'époque Mamlouk
Ahmad al-Maqrizi, l’historien arabe d’Egypte de l’époque Mamlouk

Al-Maqrizi  (né au Caire en 1364 – mort au Caire 1442 ): « C’est alors qu’éclata une épidémie de peste comme on n’en avait encore jamais vu depuis l’Islam […].
» Cette épidémie était sans précédent, en ce sens qu’elle n’affecta pas une région à l’exclusion d’une autre, mais qu’elle s’étendit à toutes les parties de la terre, à l’Orient comme à l’Occident, au nord comme au sud ; en outre, elle engloba non seulement toute l’espèce humaine, mais aussi les poissons dans la mer, les oiseaux du ciel et les bêtes sauvages.
» Elle prit naissance au pays du Grand Qan, dans le premier climat, à six mois de marche de Tabriz, contrée habitée par les Hitaï et les Mongols, qui adorent le Feu, le Soleil et la Lune et qui sont subdivisés en plus de 300 tribus. Tous périrent sans raison apparente, dans leurs campements d’hiver ou d’été, dans leurs pâturages ou au cours de leurs randonnées à cheval ; leurs montures périrent aussi et les cadavres des bêtes et des gens étaient abandonnés sur place. Cette catastrophe s’était produite en l’année 742 (1341), selon les informations en provenance du pays d’Uzbek. Le vent transmit la puanteur de ces cadavres à travers le monde ; lorsque ce souffle empoisonné s’appesantissait sur une cité, un campement, une région quelconque, il frappait de mort à l’instant même hommes et bêtes […]. »

 

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scène de massacre tiré du film « Mongol »

Ibn Khatimah (né en 1323 à Almeria mort de la peste en 1368 à Almeria)  ; en 1349  : « J’ai observé que parmi les habitants du Souk el Halk, à Almeria, où l’on revend les vêtements et la literie des malades morts, rares sont ceux qui ont échappé à la maladie. » « Lorsque la chaleur et l’humidité prédominent dans le tempérament de l’être humain, lorsqu’il est corpulent, surtout les jeunes femmes sensuelles et passionnées, il est plus prédisposé à prendre la maladie », (..) : « C’est une fièvre maligne qui tient à la corruption du tempérament du cœur […] Cette fièvre est plus souvent mortelle et s’accompagne d’une sensation de lassitude et de sueurs qui survient par accès, suivis d’angoisse […] L’épuisement apparaît le deuxième jour, la fièvre monte, les bubons sont souvent accompagnés de frissons. La fièvre peut être accompagnée de crachements de sang, et l’urine, normale au début, devient pourpre au deuxième ou troisième jour. On peut aussi voir survenir des étourdissements, des syncopes, des vomissements de bile qui se répètent continuellement. Il y a souvent, au début, des crampes, des sensations de froid dans les extrémités, des douleurs atroces sous les omoplates, puis la langue noircit et les gencives gonflent. »

(….)

ppeste noire

 

D’après Al-Maqrizi, à Alexandrie, où la peste débarque  fin 1347, les décès aurait compté en un jour jusqu’à 700 morts dans la seule Grande Mosquée. Au Caire, et au Vieux Caire, le nombre de décès quotidiens se serait élevé à 10 000 puis 15 000, enfin à 20 000, et Ibn Iyas, comme al-Maqrizi, avance que « le décompte des morts au cours des mois de sa’ban et de ramadan (novembre-décembre 1348) fut d’environ 900 000 individus ».
Du coté de Damas, les nombres quotidiens de morts aurais dépassés les 1 200.

Bibliographie sélective :

  •  La Peste Noire en terre d’Islam Jean-Noël Biraben dans mensuel 11
  • Ibn Khaldoun, trad. William Mac Guckin de Slane, Les Prolégomènes (première partie), éd. Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1863, p. 133 
  • Ben Cheneb, Moh., “Ibn al-Wardī”, in: Encyclopédie de l’Islam. Consulted online on 16 April 2020 <http://dx.doi.org/10.1163/9789004206106_eifo_SIM_3407&gt;
    First published online: 2010
  • .  « The Comparative Communal Responses to the Black Death in Muslim and Christian Societies »Viator-Medieval and Renaissance Studies, University of California, Los Angeles, 1974 ; vol. 5.
  • The Black Death in the Middle East, Princeton University Press, 1975 (ouvrage fondamental).
  •  Jacqueline Sublet, « La peste prise aux rets de la jurisprudence », Studia Islamica, fascicule XXXIII, Paris, Maisonneuve-Larose, 1971 (commentaires et traduction du traité d’Ibn Hagar al-Asqualani sur la peste).
  • G. Wiet, « La grande Peste Noire en Syrie et en Égypte », Études documentaires dédiées à la mémoire de Lévi-Provençal, tome I, Paris, CNRS, 1962 (traduction en français du texte de Ibn Tagribirdi et al-Maqrizi).
  • Joseph P. Byrne 2012, p. 106-107.
  • IBN ḪĀTIMA[ABŪ ǦA‘FAR IBN ḪĀTIMA AL-ANṢĀRĪ], Aḥmad bin ‘Alī bin Muḥammad. La grande peste en Espagne musulmane au XIVe siècle : Le récit d’un contemporain de la pandémie du XIVe siècle. Nouvelle édition [en ligne]. Damas : Presses de l’Ifpo, 2010
  • Congourdeau Marie-Hélène, Melhaoui Mohammed. La perception de la peste en pays chrétien byzantin et musulman. In: Revue des études byzantines, tome 59, 2001. pp. 95-124.

L’Émirat Andalous de Crête 824-961

Publié le Mis à jour le

File:Crete Iraklio1 tango7174.jpg
Le port d’al-khandaq , qui est de nos jours Héraklion, fondée en 824 par les ribadi de Cordoue

L’émirat de Crète est un État arabe musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de  820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, les ribadi qui conquirent la Crète vers 824 ou en 827/828 et y édifièrent une nouvelle capitale, la ville de al Khandak (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité. (Chandax, actuelle Héraklion.)

L’arrivée des arabes andalous est estimé selon  l‘historien Warren Treadgold  à quelque 12 000 personnes, dont environ 3 000 combattants (Treadgold 1988p. 251, 253) 

De Slane traducteur français de Ibn Khaldun et al-Bakri parle de 15 000 hommes.

La Crète subit un premier raid en 654, lors du règne de l’empereur Constant II (641-668). En 674-675, sous Constantin IV (668-685), alors que les armées omeyyades, installées à Cyzique, menaçaient Constantinople, une flotte arabe attaqua la Crète et y hiverna, elle fut diriger par Junadah ibn Abi Umayah al-Azdi sous le califat de Muawiya (radi Allah anhu) , Junadah en conquit une partie avant de revenir en Syrie, suite au siège infructueux de Constantinople par les Musulmans, en l’an 679.

Jumadah mourra en 699.et certaines régions de l’île connurent une occupation temporaire sous le règne du calife omeyyade Al-Walīd Ier, qui régna de 705 à 715 (Canard 1986, p. 1082). À cette époque, la Crète ne fut cependant jamais conquise et resta fermement aux mains de Byzance, en dépit de quelques razzias menées au 8e siècle, car elle se trouvait trop éloignée des bases navales arabes du Proche-Orient pour qu’une expédition efficace pût être lancée contre elle.  L’île fut de nouveau attaqué par Humayd Ibn Ma’yun, qui fut chargé de la sécurité des côtes méditerranéennes de la Syrie par le calife abbasside Harun al-Rashid, avant de la conquérir en l’an 190 de l’Hégire (805). Mais , les Musulmans ne restèrent pas dans l’île et la quittèrent. (al-Futuhat)

Durant les 135 années d’existence de l’émirat de Crète (appelé al-Iqritich ou al-Iqritiya), qui fut l’un des adversaires les plus redoutables des Romains de Byzance, barrant l’accès de Constantinople à la Méditerranée et servant de relais et de base arrière aux flottes musulmanes  qui ravageaient les côtes égéennes.

Selon les archéologues, le Koules a été bâti sur un ancien emplacement fortifié, arabe, entre le ixe et le xe siècle. après 825, date de leur conquête de la Crète.  Ils fondèrent alors la cité de El Khandak (l’actuelle Héraklion) et la fortifièrent, creusant un fossé le long de la ville, lui donnant son nom, et érigeant deux tours de défenses à l’entrée de la cité portuaire. (Guide Michelin Crète, p.99) (4)

Entre  10 et 15 000 andalous d’origine arabes, les exilés du Ribad de Cordoue avais pris possession d’Alexandrie en Egypte,  leurs chef était un Kinanite (Banu Kinanah)et il trouva naturellement un soutien avec les Banu Mudlej al-Kinani (aussi issus des Kinanah) de la région d’Alexandrie, pour ensuite  conquérir l’île de Crête.

La forteresse, sur ses hauteurs. Le minaret en restauration est visible.

Le chef des Arabes d’andalousie d’Alexandrie, les  ribadi était Abu Ḥafṣ ʿUmar al-Ballūṭī, dans le livre « Wulāt Miṣr » écrit par al-Kindī (mort en. 961) (5), le chef des Andalous ce nomme al-Kinānī, ce qui explique aisément l’alliance entre les  Andalous et les Banu Mudlij.

Ces aventuriers Andalous ont gouverné Alexandrie entre~ 820 à 824 JC, ils furent évincés et exilés par le général arabe ʿAbbasid Abdullah ibn  Ṭāhir al-Khuzā’ī du Khurasan.

Sur le plan politique, l’émirat a officiellement reconnu le calife Abbasside de Baghdad et  mis en place des liens avec les autres arabes d’autres régions tels que les arabes d’al-ifriqiya d’al-Andalus, du Sham, d’Egypte et Irak, l’émirat de Crête est contemporain des Aghlabides et Fatimides d’Ifriqiya, des Omeyyades andalous, des Ṭūlūnides et Ikhshidide d’Egypte et du Sham, idrisside de Fes, et bien entendu Abbasside de Baghdad. 

Retour en arrière :

Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d'al-andalus en l'an 1000 , source : Arthur Redondo.
Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d’al-andalus en l’an 1000 , source : Arthur Redondo.

Les Ribadi ou les révoltés du Faubourg de Cordoue 

 L’Affaire du faubourg de Cordoue, récit d’Ibn al-Athir [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 209] : 

« En 198 (31 août 813) eut lieu à Cordoue l’affaire dite du faubourg, voici à la suite de quels événements. Le prince régnant en cette ville, Al-H’akam ibn Hichâm l’Omeyyade, ne s’occupait guère qu’à jouer, à chasser, à boire et à d’autres plaisirs de ce genre, et d’autre part la mise à mort de plusieurs des principaux habitants l’avait fait détester de la population, qui maltraitait et injuriait les hommes du djond. Les choses en vinrent à ce point de désordre que, quand on faisait l’appel à la prière, la populace criait : « Viens prier, ivrogne, viens donc prier ! » et pendant que quelques-uns criaient cette injure, les autres applaudissaient, Alors El-H’akam commença à entourer Cordoue d’une enceinte fortifiée et garnie de fossés ; il caserna de la cavalerie à la porte de son palais, où une troupe armée avait mission de toujours se tenir, et augmenta le nombre de ses mamlouks. Toutes ces précautions ne purent qu’augmenter la haine de la population, qui était persuadée qu’il voulait tirer vengeance de toutes ces avanies. Ensuite il établit l’impôt, à prélever chaque année et sans rémission, de la dîme sur les denrées, ce qui fut mal vu du peuple ; il s’empara de dix des principaux exaltés, qu’il fit exécuter et crucifier, nouvelle cause de colère pour les gens du faubourg. Ajoutez enfin qu’un mamlouk du prince, ayant porté son épée  chez un fourbisseur pour la faire nettoyer, et celui-ci l’ayant remis à plus tard, le mamlouk saisit son épée dont il frappa l’ouvrier jusqu’à ce que mort s’ensuivît. Cela arriva en ramadan (avril-mai 814) de cette année. Les gens du faubourg méridional coururent les premiers aux armes, et tous les autres faubourgs les suivirent. Le djond, les Omeyyades et les esclaves noirs se concentrèrent dans le palais, et El-H’akam procéda à la répartition des chevaux et des armes, ainsi qu’au groupement de ses compagnons. La lutte s’engagea et fut favorable aux gens du faubourg, qui cernèrent le palais. Alors El-H’akam descendit de la terrasse où il se tenait et vint, à cheval et armé, relever le courage des siens, qui se battirent sous ses yeux avec acharnement. Par son ordre, son cousin paternel ‘Obeyd Allah fit une sortie par une brèche ouverte dans la muraille et prit avec son corps de troupes les gens des faubourgs à revers, tandis qu’ils ne s’attendaient à rien ; il mit le feu aux maisons, et alors ces gens s’enfuirent après un violent combat. On tira de toutes les demeures ceux.qui y habitaient et on les fit prisonniers, puis on en prit trois cents des plus considérables, que l’on exécuta et que l’on crucifia la tête en bas. Pendant trois jours, les faubourgs de Cordoue furent livrés au meurtre, à l’incendie, au pillage et à la destruction.

El-H’akam prit alors l’avis d’’Abd el-Kerîm ben ‘Abd el-Wâh’id ben ‘Abd el-Moghîth, son plus intime confident, qui lui conseilla la clémence. Ce fut le parti qu’embrassa le prince, malgré l’avis contraire émis par un autre, et il fit proclamer l’amân, mais avec menace de tuer et de crucifier tous ceux des habitants du faubourg qui ne seraient pas partis dans les trois jours. Les survivants sortirent en cachette, exposés à toute espèce de peines et d’humiliations, et emmenant loin de Cordoue leurs femmes, leurs enfants et leurs richesses les moins lourdes. Les soldats et les malfaiteurs étaient aux aguets pour les piller et tuaient ceux qui osaient leur résister. A la fin du délai de trois jours, El-H’akam donna ordre de respecter les femmes, qu’on réunit dans un même endroit, et fit détruire le faubourg méridional.

Bezî’, affranchi d’Omeyya, fils de l’émir ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya ben Hichâm, était alors emprisonné à Cordoue dans le H’abs ed-dem, et chacun de ses pieds était chargé d’une lourde chaîne. En voyant que le peuple l’emportait sur le djond, il demanda à ses geôliers de le relâcher, à quoi ceux-ci consentirent après lui avoir fait promettre de rentrer en prison s’il sortait sain et sauf du combat. Il s’élança dans la mêlée et se battit plus bravement que n’importe quel soldat, puis retourna à la prison après la défaite des gens du faubourg. El-H’akam, qui fut informé de la chose, le fit mettre en liberté et le traita généreusement.

Il y en a qui mettent cette affaire du faubourg en l’année 202 (19 juillet 817). »

File:Abu el-Abbas el-Mursi Mosque in Alexandria.jpg
la mosquée Abul Al-Abbas El-Mursi d’Alexandrie, Égypte du 13ème siècle dédié à l’andalous Sufi el-Mursi Abul Abbas dont le tombeau  est situé dedans, situé dans  quartier d’Anfoushi  à proximité de la citadelle de Qaitbay.

 Campagne du général Abbasside ‘Abd Allah ben Tahir en Egypte et les Ribadi [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 279]  (Ibn al-Athir) :

En 210 (23 avril 825), ‘Abd Allah ben Tahir al-Khorassani marcha contre l’Egypte qu’il conquit, et ‘Obeyd Allah ben es-Seri dut lui demander grâce.

En effet, ‘Obeyd Allah [P. 280] s’était rendu maître de l’Egypte et y agissait en rebelle, tandis qu’une troupe partie d’al-Andalus s’emparait d’Alexandrie.

‘Abd Allah ben Tahir, occupé à combattre Nasr ben Chabath, dut tout d’abord négliger ces faits, mais dès qu’il le put il marcha contre l’Egypte…….

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
La flotte des ribadi de Cordoue  fait route vers la Crète depuis Alexandrie alors Abbasside. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

Conquête d’Alexandrie par ‘Abd Allah [P. 281] (Ibn al-Athir) et départ des Ribadi pour la Crête

En 210 (23 avril 1825), ‘Abd Allah chassa d’Alexandrie les Espagnols qui s’étaient emparés de cette ville en lui accordant quartier.

Ces gens étaient arrivés en grand nombre à Alexandrie par mer pendant les troubles occasionnés par Ibn Es-Serî et par d’autres, et y avaient débarqué sous la conduite d’un chef nommé ‘Abou H’afç. Cette situation dura jusqu’à l’arrivée d’Ibn Tahir, qui leur fit déclarer que, faute par eux de faire acte d’obéissance, il allait les combattre.

Ils se soumirent et demandèrent l’aman, [P. 282] sous la condition qu’ils quitteraient cette ville et gagneraient quelque localité de Roum en dehors des pays musulmans.

Ils obtinrent l’aman sous cette condition et allèrent s’établir dans l’île de Crète, où ils firent souche.

Voici dans quels termes s’exprime Yoûnos ben ‘Abd el-A’la :

« Un jeune héros — c’est-à-dire Ibn Tahir — arriva d’Orient chez nous, alors que toutes nos affaires étaient dans la confusion, que toutes les régions de notre pays étaient tombées entre les mains de l’un ou l’autre conquérant, et que les habitants étaient livrés au malheur. Il remit tout en ordre, rendit la confiance à l’homme sain, fit trembler le malade, et tous les sujets s’unirent dans un même sentiment d’obéissance». (1)

Les Arabes massacrent des Byzantins endormis lors d’un raid nocturne.
Abu Hafs ordonne l'incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid
Abu Hafs al-Andalusi ordonne l’incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid

Il y  deux lettres du calife fâtimide  al-Muizz (932-975),au sujet de l’expédition romaine byzantine contre la Crète Islamique en 960.

Relaté par Marius Canard (1961), qui explique :  « Elles nous ont été conservées dans un ouvrage d’un des familiers de ce calife, le cadi, juriste et historien Abu Hanîfa an-No’mân, intitulé al-Madjâlis wa’l-Musâyarât (Réunions et Causeries), où il rapporte les entretiens qu’il a eus avec ce calife et cite des documents administratifs. Ces lettres ont été publiées dans un travail consacré au calife al-Mu’izz par deux auteurs égyptiens modernes (2).

Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siege par les Byzantins de Chandax, la principale place-forte de l'émirat arabo-Islamiqe vassal des Abbasside de Crète.
Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siège par les Byzantins de Chandax  (al-Khandaq)

En voici la traduction :

Lettre du calife Fatimide al-Mu’izz (Mahdia)  à Abû’I-Hasan Alî al-Ikhshîd (Il règne sur l’Egypte à partir du 12 janvier 961) pour lui demander de porter secours aux Musulmans de Crète.

« Dieu-gloire à Lui! -nous a comblés de Sa générosité et nous a donné le secours de Son aide et de Son soutien, comme nous le voyons, par Sa force et Sa puissance, par Son appui et l’octroi du triomphe sur nos ennemis. Il nous a permis d’éloigner les mains des Infidèles du but vers lequel elles s’allongeaient, c’est-à-dire porter la guerre vers nos régions et en attaquer les habitants. Nous avons appris que tu as manifesté l’intention de partir pour la guerre sainte et de porter secours à ces gens au moyen de navires venant de chez toi. Par ma vie, c’est toi qui es le plus apte à accomplir cette œuvre parce qu’ils sont proches de toi, qu’ils ont des liens avec toi, qu’ils fournissent des vivres à ton pays et qu’ils sont comme toi soumis à une même obédience. Si nous te les avions confiés et si nous les avions négligés, ni eux, ni toi n’auriez eu le moindre argument à faire valoir contre nous. Mais nous avons choisi d’aider la nation de notre ancêtre Mohammed et nous ne pensons pas que nous devons nous en abstenir alors que nous avons mis notre espoir en lui et qu’eux, dans le même espoir, s’en sont remis à nous. Nous ne mettrons pas d’obstacles entre (le devoir) de la guerre sainte dans la voie de Dieu et toi et nous ne t’empêcherons pas de réaliser les espoirs que tu as formés. Que la nouvelle qui t’est parvenue de l’envoi de nos vaisseaux ne te détourne pas de la résolution que tu as prise, qu’elle ne te fasse pas redouter quelque chose de notre part pour ceux que tu enverras et pour tes vaisseaux. Car nous sommes lié envers toi par le pacte d’Allah et Sa promesse, qui garantissent que nous nous tiendrons toujours avec les tiens sur le chemin du bien, que nous les considérerons de la même façon que nos propres hommes, que nous les ferons participer aux prises que Dieu nous accordera, que nous les traiterons en cela comme en d’autres choses de la même façon que nos hommes et que vos bateaux seront sur le même pied que les nôtres jusqu’à ce que nous ayons la victoire, s’il plaît à Dieu, et qu’ils s’en retournent auprès de toi victorieux ou bien qu’il en soit de l’ordre de Dieu et de notre destinée comme II le voudra. Sache cela et fais-nous confiance. C’est en cela que réside la victoire mutuelle des Musulmans sur leur ennemi, leur unanimité dans leur foi, l’Exaltation la religion de Dieu et l’humiliation de Ses ennemis. Nous t’avons aplani le chemin. Dieu nous est garant de notre parole. Si tu es d’avis de choisir (la voie) de la guerre sainte, agis de façon à envoyer tes navires jusqu’au port de Tobna* de la région de Barqa, car ce port est proche de l’île de Crète. Le rassemblement de tes troupes avec nos vaisseaux aura lieu dans ce port au premier jour de Rabf second (de l’année 350) avec l’assistance de Dieu, par Sa puissance, Son appui, Son secours et Son aide. Si tel n’est pas ton avis, nous t’aurons fait parvenir une mise en demeure et un bon conseil et nous serons libéré de l’obligation que nous avions à ton égard.

Pour nous, grâce à la puissance de Dieu et à Sa force, à Son appui, Son assistance et Son aide, nous pourrons nous passer de toi et d’autres. Nous sommes fermement résolu à envoyer nos vaisseaux, nos hommes et notre armement ainsi que tous les moyens que Dieu nous a donnés et qu’il a mis en notre pouvoir, grâce à quoi nous pensons que Sa puissance et Sa force nous aideront à parvenir aux buts que nous nous proposons et vers lesquels nous nous dirigeons. Nous demandons l’aide de Dieu et c’est en Lui que nous nous confions, sur Son aide que nous comptons. Il nous suffît et c’est un excellent garant. »

* Les géographes arabes ne relatent pas de Tobna en Cyrénaïque. Il ne peut s’agir de Tobna d’Ifrîqiya (actuel Algérie)

Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l'amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.
Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l’amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.

Menace d’al-Mu’izz (953-975) le calife fatimide à l’empereur byzantin au sujet de sa prise de possession de la Crète Islamique.

« An-No’mân a dit : L’imâm al-Mu’izz donna l’ordre d’écrire à ce sujet à l’empereur et dicta la lettre au secrétaire en présence de ceux qui étaient devant lui. Il le fit avec des phrases comme je n’en ai jamais entendu de plus énergiques et de plus éloquentes. Après lui avoir laissé le choix de l’alternative suivante : ou qu’il renonçât à la guerre contre les habitants de la Crète ou que le calife dénonçât le pacte conclu avec lui, comme le Prophète avait dénoncé le pacte conclu avec les Arabes infidèles et avait envoyé ‘Alî avec une lettre qu’il leur lut dans leur foire solennelle, en raison de la parole d’Allah, le plus véridique de ceux qui parlent : « Si tu crains une trahison de la part d’un peuple, dénonce le pacte conclu avec eux. » (Coran 8, 58 : Le Butin), après cette introduction, il dit dans sa lettre :

« Il n’apparaît pas que les habitants de la Crète, avant ce jour, aient fait appel à un autre souverain que nous. Aujourd’hui, en tout cas, ils se sont tournés vers nous et nous ont appelé à leur secours. C’est une situation qui te fait une obligation vis-à-vis de nous d’observer parfaitement le pacte de paix en t’empressant de les laisser tranquilles et en t’abstenant de te mettre en travers de leur- route. Les obstacles qu’opposent les injustes aux justes ne font pas cesser le bon droit de ceux-ci, quand bien même les injustes remporteraient la victoire sur leur juste cause; bien plus, Dieu leur fait comprendre ainsi que le bon droit est de leur côté.

La Crète et les autres pays du monde sont à nous, en vertu du don que Dieu nous en a fait et parce qu’il nous a mis à la tête du monde. Nous obéissent sur terre tous ceux qui nous obéissent, sont rebelles à nos ordres ceux qui nous sont rebelles. Leur obéissance n’entraîne pas pour nous l’obligation de régner (effectivement) sur eux, et leur rébellion ne nous crée pas un droit de les abandonner. S’il en était ainsi, le pouvoir serait à eux et non à Dieu qui nous en a gratifié, ni à nous. S’ils le veulent, ils nous obéissent, et, s’ils le préfèrent, ils nous refusent l’obéissance. Dans les deux cas, cela appartient à Dieu à qui est tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. C’est Lui qui nous a élu, nous a mis en possession de cela et nous l’a donné. Si cela appartenait aux créatures, Il ne nous aurait pas donné la faculté de combattre ceux d’entre eux qui refusent de nous obéir, ni de recouvrer ce qu’ils ont arraché de nos mains par la force, lorsque Dieu nous en accorde le pouvoir et la force de le faire.

Si tu prétends autre chose que cela et juges que ce qui est entre tes mains est à toi (sache que) Romain a usurpé tes pouvoirs et ceux de ton père avant toi, puis, un revirement de la fortune s’est produit en votre faveur à tous les deux contre lui. Si tu considères que celui qui s’est approprié quelque chose et s’en est rendu maître en a la propriété à l’exclusion du détenteur du droit légitime qui le possédait, il ne convenait ni à toi ni à ton père de se révolter contre Romain (Lécapène) et d’arracher de ses mains le pouvoir qui lui était échu. Telle est la voie des justes à notre avis. Si tu professes la même doctrine, tu agiras avec équité, mais si tu l’ignores, ton ignorance n’est pas un argument contre ceux qui la reconnaissent.

Si tu continues à faire la guerre à ceux qui ont fait appel à nous, le pacte  que nous avons conclu avec toi est dénoncé. Et fais attention à toi et à ceux de ta religion, car nous engagerons la lutte contre toi et contre eux, avec l’aide et le soutien de Dieu. Il n’y a de puissance et de force qu’en Lui. » (3)

Le 20 février 961, le général byzantin Nicéphore Phokas, à la tête d’une gigantesque flotte de 2600  navires de guerre et 1360 navires de réserves assiégea l’île par surprise.

Certains vaisseaux aurait eu 250  rames réparties le long de 4 ponts.

La flotte encercla toutes les côtes de l’île et les musulmans montrèrent une résistance héroïque avant qu’al-Khandaq ne capitule le 7 mars 961. de cette manière les Rum recapturèrent la Crète, après qu’elle fut gouvernée par les Musulmans pendant 140 ans .

Arianus fils de Constantin, l’Empereur de Constantinople, devint alors le premier gouverneur après ‘Abd al-Aziz Ibn ‘Abd al-Aziz Ibn Chou’ayb.

 » rabad al-khandaq. »

Ibn Ḥazm, sur les Crétois andalous «le peuple le plus fidèle et le plus capable de vaincre ses ennemis».

Ibn al-Abbār,  déclare qu ‘«il n’y avait pas un seul groupe dans aucun coin du monde contre lequel ces Andalous se soient battus qu’ils n’avaient pas vaincu et conquis»   (7)

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La carte de Crète par l’amiral Ottoman Piri Reis

Liste des émirs de Crète

La succession des émirs de Crète a pu être établie grâce aux sources arabes et byzantines mais aussi et surtout au moyen de leur monnayage. Les dates de règne indiquées ci-après sont donc fort approximatives :(selon Miles 1964, p. 11–15 et Canard 1986, p. 1085)

Nom arabe Nom dans les sources grecques Règne
Abou Hafs (Omar Ier ibn Chouayb ibn Isa al-Ghaliz al-Iqritich) Apohapsis 827/828 – env. 855
Chouayb I ibn Omar Saipès ou Saet env. 855–880
Abou Abdallah Omar II ibn Chouayb Babdel env. 880–895
Mouhammad ibn Chouayb al-Zarkoun Zerkounès env. 895–910
Yousouf ibn Omar II env. 910–915
Ali ibn Yousouf env. 915–925
Ahmad ibn Omar II env. 925–940
Chouayb II ibn Ahmad env. 940–943
Ali ibn Ahmad env. 943–949
Abd al-Aziz ibn Chouayb II Kouroupas 949–961 mort à Constantinople
(Al-Nouman ibn Abd al-Aziz) Anémas N’a pas régné servi l’Empereur
File:Vue du siege de Candie en 1669.jpg
Vue d’Héraklion, alors appelée Candie, en 1669 peu avant que les Vénitiens ne rendent la ville aux Turcs Ottomans.

Après la fin de l’émirat de Crète, il faudra attendre la période ottomane (1645/48-1913) pour revoir des musulmans dans l’île.

Quelques toponymes de villages et de villes sont issus de la période arabe  (6) (The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123)

  • Chandax = al-Khandaq
  • Sarkenos = Sarrasin
  • Souda =  Sawda
  • Choudetsy = Quds
  • Zoophori =  Zafaran
  • Choumeri = ?
  • Aposelemis = Abu Salim
  • Kamilári = celui qui conduit le chameau
File:Tholos-Kamilari 1.JPG
Kamilári ,  Crète, en Grèce. Elle est située dans le nome d’Héraklion, Elle comptait 289 habitants en 2001
Lac artificiel d'Aposelémis.
Lac artificiel d’Aposelémis.

Notes :

  1. Ibn al-Athir, tiré du kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh ».
  2.  Hassan Ibrahim Hassan et Taha Ahmed Sharaf, Al-Mu’izz li-dîn-illâh, Le Caire, 1948, p. 303-304 et 321-322. Selon Canard Marius l’ouvrage d’an-No’mân est encore en grande partie manuscrit.
  3.  Canard Marius, « Les sources arabes de l’histoire byzantine aux confins des Xe et XIe siècles ». In: Revue des études byzantines, tome 19, 1961. pp. 284-314.
  4. Guide Michelin Crète, p.99
  5.  kitab Akhbār quḍāt wulat Miṣr , al-Kindī
  6. The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123
  7. balladalus (Andalusi Crete (827-961) and the Arab-Byzantine Frontier in the Early Medieval Mediterranean

Quelques Amsar, Villes, Medinat créées entre 650 et 950

Publié le Mis à jour le

Villes, Medinat, Amsar de fondation musulmane

Il existait trois types de villes au début de l’expansion de l’Islam (Rashidun et Omeyyade):

  • les ʾamṣār ;
  • les villes hellénistiques, romaines, wisigoth  et sassanide transformées ou détruites et reconstruites en « Madina » ;
  • les villes nouvelles.

ʾAmṣār est le pluriel de miṣr, qui signifie « ville de conquête ». Ces centres urbains, au nombre desquels on compte Fostat, Bassorah, Koufa et Kairouan, sont créés comme quartiers d’hiver et lieux de repli pour l’armée des conquérants musulmans. Ils suivent un schéma simple : la grande mosquée et dār al-ʾimārah, le palais, occupent le centre, et sont entourés de quartiers d’habitations.

Le Sham (Palestine, Syrie, Liban et Jordanie), l’Egypte et l’Afrique (Est-algérien, Tunisie (sans le sud), et Ouest-Libyen), était sous la domination de l’Empire byzantin jusqu’à la conquête, une région comme le Sham est déjà fortement urbanisé. C’est pourquoi moins de cités sont construites dans celle-ci, les nouveaux arrivants arabo-musulmans s’installant dans les villes déjà bâties, comme Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Apamée ou encore Jérusalem. Une grande mosquée y est édifiée, soit à la place de l’église, comme à Damas et Jérusalem, soit sur un lieu laissé vide, comme à Alep. L’église peut aussi parfois être coupée en deux, une partie étant réservée au culte chrétien, l’autre au culte musulman. Il en est de même pour les terres de l’ancien empire Sassanide, hormis l’Irak.

D’autres villes sont créées, sans être pour autant des ʾamṣār, mais juste de nouveaux centres urbains. C’est par exemple le cas à Wasit, en Irak ou à Chiraz, en Iran, où il est impossible de distinguer actuellement des éléments omeyyades. Celle de Ramla ou Anjar, (Palestine et Liban) en ruines toutes deux.

Sous les Abbassides, deux villes sont mises en avant : Baghdad et Samarra, en Irak, et aussi des plus petites villes des provinces à travers l’empire.



8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

Iraq, Basra 638 (Califat rashidun)

Bassora (ou Bassorah ou Basra, en arabe : al-Baṣra, البصرة) est la seconde ville d’Irak, après Bagdad, la capitale, avec une population estimée en 2008 à environ 2 300 000 habitants. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad.

Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » ( au pluriel « amsar » : ville-camp ), bâtie en 638 par Omar ibn Al-Khattab radi Allah anhu, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane .

Pole majeur de migration arabe en Mésopotamie.

Récit de la fondation de la ville de Basra par l’Imam at-Tabari : 

« Du temps du calife Omar Baçra n était pas une ville.  C’était une plaine pierreuse au bord du Tigre et une contrée couverte de pierres blanches telles qu il y en avait là est appelée par les Arabes :  Baçra.

A l’endroit où s’étend aujourd’hui la ville de ce nom il y avait au bord d’une petite rivière près d’Obolla sept villages gouvernés par un dihqàn dont l’autorité était reconnue par les habitants de Baçra d’Obolla et des riverains de l’Euphrate.

Toutes ces populations étaient soumises au roi de l’Omàn contrée qui d’après les Arabes fait partie de l’Indostan.

Or après la bataille de Qàdesiyya et la destruction de l’armée perse Omar craignant que le roi de Perse ne demandât du secours au roi d’Omàn et au roi de l’Indostan et que ceux ci ne le lui accordassent jugea à propos de faire occuper la contrée des embouchures du Tigre par un corps de troupes et d y faire construire une ville peuplée d Arabes afin d empêcher les Perses d’amener par cette voie des auxiliaires.

En conséquence il fit venir Otba fils de Ghazwân le Mâzinite qui était seigneur des Beni Màzin et qui avait été compagnon du Prophète et lui parla ainsi  : « Dieu a fait triompher l’islam par ma main et il a brisé les Perses.  Maintenant je veux faire garder la route entre l’Indostan et l’Omàn afin qu’il n arrive pas aux Perses des secours de ce côté . Il faut donc que tu y conduises ton corps de troupes et que tu y construises une ville dans laquelle vous puissiez être à votre aise toi et les soldats musulmans.  »

Otba se mit en route avec cent seize hommes et en traversant le désert il en réunit encore trois cents autres autour du drapeau qu’Omar lui avait remis.

Arrivé au lieu de sa destination il fut averti qu’il y avait dans les bourgs de cette contrée une nombreuse population et plusieurs dihqàns,  Otba fit partir un messager pour inviter ces dihqàns à se présenter devant lui.

Le messager parla ainsi aux dihqàns :  » Un homme accompagné d’une nombreuse armée est arrivé de l’Arabie.  Il vous fait inviter à venir le trouver. »

En recevant ce message l’un de ces dihqàns qui était très puissant partit avec quatre mille cavaliers . Voyant le petit nombre de musulmans qui étaient avec Otba il manifesta son étonnement et son mépris pour ce petit corps de troupes et dit  :  » Quel mal peut faire cette poignée d’hommes ?  Et qui est donc celui qui les commande pour oser m’appeler devant lui. ‘  Ensuite il chargea un corps de deux cents soldats d’aborder les musulmans de les enchaîner et de les lui amener Otba les voyant approcher leva son camp et les attaqua.

Le combat s étant engagé les musulmans tuèrent la plupart des ennemis puis ils s avancèrent jusqu à l’endroit où se trouvait le dihqân tombèrent à l’improviste sur son armée et tuèrent un nombre considérable d’hommes. Le dihqân fut fait prisonnier et amené devant Otba.

Il y avait en cet endroit une population d’Arabes de l’Omàn qui avait construit au bord de la rivière des habitations faites de paille et d’herbes sèches à la manière arabe. Invités par Otba à accepter sa religion ces hommes dont le nombre était considérable embrassèrent tous l’islam Otba les interrogea ensuite pour savoir où était le meilleur climat dans cette contrée.  Ils lui indiquèrent l’endroit couvert de pierres celui là même où il avait établi son camp,  Otba ayant requis leur aide fonda alors la ville de Baçra.

Sa’d fils d Abou Waqqàç avait construit près du Tigre la ville de Koufa la ville de Madàïn se trouvait ainsi située entre Koufa et Baçra mais plus près de cette dernière Otba adressa à Omar une lettre conçue en ces termes :  » Je me suis rendu à l’endroit que tu m as désigné et j’y ai construit la ville de Baçra. Je me trouve plus rapproché des Perses que la garnison de Koufa. Je fais journellement des courses contre eux et je leur ai inspiré une grande terreur.  Si j’avais à ma disposition une armée je m’emparerais de Madàïn . »



Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..
Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par Utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..Ruines du Dar al Imara de Kufa (Rashidun et Omeyyade),  Kufa ville fondé par Sa’d ibn Waqqas  par Ordre d’Omar ibn al-Khatab  radi Allah anhum en 639

Iraq, Kufa 639 (Califat Rashidun)

Kûfa (الكوفة [al-kūfa]) est une ville d’Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf. Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate. La population en 2003 était estimée à 110 000 habitants. C’est la deuxième ville de la province de Nadjaf.

Sur une décision du calife `Omar  ibn al-Khatab radi Allah anhu, Koufa a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l’emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide qui faisait partie d’une province perse.

Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu’à Bassora, quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l’Euphrate. On creusa un réservoir d’eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d’immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l’Arabie, Yémen et Hadramaout, certains d’entre eux étaient chrétiens ou juifs.

En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman (Radi Allah anhum).

Lorsque `Alî est devenu calife, il a déplacé son quartier général à Koufa pendant qu’il se préparait à la bataille avec Mu`âwîya qui menait une révolte à partir de la Syrie. `Alî fit creuser un puits dans la ville (656).

`Alî a été tué à Koufa (661), et enterré dans la ville voisine de Nadjaf. Après l’accession de Mu`âwîya au califat, Koufa est devenue la base des partisans (chiites) d’`Alî et des kharijites. Plus tard ses habitants abritèrent son fils Husayn.

Vers 670, une digue fut construite pour protéger la ville des crues du fleuve.

En 685, Koufa fut le théâtre de la révolte Kharijite de al-Mukhtâr.

C’est de Koufa que partit la révolution abbasside qui allait renverser les Omeyyades (750).

récit de la Fondation de Kufa  par l’Imam at-Tabari : 

 « Omar répondit qu’elle devait conserver son campement actuel.

 Or les soldats tombèrent tous malades.  Alors Omar écrivit à Sa’d une lettre en ces termes :

»Il faut aux Arabes l’air d ‘une contrée dans laquelle se trouvent des chameaux des moutons et des pàturages voilà l’air qui leur convient.  Maintenant cherche à savoir des habitants du Sawàd où il ya des prairies et des moutons et établis ton camp à cet endroit » . Sa’d ayant parcouru toute la contrée trouva le climat de Koufa le plus convenable car l’air de Koufa est aussi sain que celui du désert et le pays n’était cultivé qu’en partie.

 En conséquence Sa’d y établit son camp. La mosquée du vendredi que l’on voit encore aujourd hui à Koufa fut construite alors Sa d jeta aussi les fondements de la ville . » 



Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l'Egypte
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l’Egypte

Egypte, Fostat 641 (Califat Rashidun)

Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641.

Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié.

La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d’environ 200 000 habitants.

La ville était le centre du pouvoir administratif de l’Égypte jusqu’en 1168, lorsqu’elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses.

Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin.

Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l’endroit une simple décharge, bien qu’une population de quelques milliers d’habitants continuât d’y vivre par le commerce de poteries.

Amr établit un camp quasi permanent au nord de la forteresse de Babylone d’Egypte. Puis ‘Amr y fonde à la suite de la chute d’Alexandrie en 642 la nouvelle capitale de l’Égypte : Fostat. Le nom aurait pour origine le mot grec fossaton (fossé). À proximité de l’ancienne la forteresse de Babylone, sur la rive orientale du Nil, le site de Fustât permet de contrôler le delta tout en étant situé au point de passage le plus commode pour traverser le fleuve, à la jonction entre la Haute et Basse-Égypte. La ville nouvelle, qui se construit autour de la forteresse de Babylone, occupe environ de 600 à 800 hectares en forme un conglomérat assez lâche augrès des concessions tribales (khitta) qui forment les premiers quartiers (hâra). ‘Amr construit une modeste mosquée en brique, un bain public et une forteresse au centre de la ville où un port prend forme et avec lui des quartiers commerçants. Un pont de bateaux est jeté en direction de Gîza. L’un des objectifs de la conquête égyptienne étant de fournir en céréales l’Arabie, ‘Amr commence la construction d’un canal entre le Nil et la mer Rouge qui commence à la limite nord de sa fondation. La construction de ce canal fut abandonné un siècle plus tard sous le califat d’Al-Mansûr l’Abbasside. En 644’Amr est rappelé par le nouveau calife ‘Uthmân. Il laisse derrière lui une capitale organisée qui compte déjà une dizaine de milliers de combattants arabes dans un pays soumis mais encore entièrement chrétien.

Durant son premier siècle au sein du califat, Fustât se transforme en véritable ville et profite du déclin d’Alexandrie. Tandis que la forteresse de Babylone conserve, au cœur de la ville nouvelle, son autonomie politique et ethnique (elle est peuplée par les indigènes coptes), Fustât reçoit l’apport de nombreuses populations arabes et non arabes (militaires, ruraux, serviteurs, artisans) qui s’installent au nord de la ville. Fustât devient une ville cosmopolite (mêlant des populations arabes, grecs, coptes, juives…) et devient, autour de son port et de son chantier naval, le centre politique et économique de la nouvelle province et le siège d’une cour provinciale qui rayonne sous l’autorité d’un préfet nommé par le calife. Il s’entoure de poètes et se fait construire une résidence somptueuse (La Maison dorée). La mosquée de ‘Amr est régulièrement agrandie et sa surface décuple jusqu’en 711. L’urbanisation, assez simple lors de la fondation, se densifie et s’étend principalement vers l’est et le sud. Les rues sont étroites, irrégulières, rarement pavées et forment un maillage complexe et anarchique (on a retrouvé un carrefour de sept rues près de la mosquée Abû al-Su’ûd). La population de la ville dépasse les 100 000 habitants.



Djeddah en 1938, en Arabie ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l'an 26 de l'hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.
Djeddah en 1938, en Arabie Saoudite ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l’an 26 de l’hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.

Arabie-Saoudite, Jeddah 647 (Califat Rashidun)

Ibn Battuta, le voyageur berbère du Moyen Âge, visita Djedda durant son périple à travers le monde. Il écrivit le nom de la ville dans son journal de bord « Juddah »

Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu Yéménite des Banu Quda’a (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs (522 avant JC) après avoir quitté le Yémen central pour se rendre à La Mecque après la rupture du barrage de Marib au Yémen

Le troisième Calife Rashidun,  ‘Othmân ibn ‘Affân (radiAllah anhu) changea en 647 apr. J.-C. le port petit de pécheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj.

Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hijaz.

Il existe au moins deux explications à l’origine du nom de “Djedda” :

  • La première viendrait du nom du chef du clan Quda’a : Jeddah Ibn Helwaan Al-Qudaa’iy.
  • La seconde thèse, la plus commune, est que ce nom est dérivé de “Jaddah” c’est-à-dire « grand-mère » en arabe, le tombeau d’Ève, est situé à Djedda  (Jayussi, Salma; Manṣūr Ibrāhīm Ḥāzimī; ʻIzzat ibn ʻAbd al-Majīd Khaṭṭāb Beyond the Dunes I B Tauris & Co Ltd, p. 295.)


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Arabie Saoudite, Hafar Al-Batin, 644-656 (Califat Rashidun)

Hafar Al-Batin (ar:حفر الباطن) est une ville du nord de la province orientale d’ach-Charqiya en Arabie saoudite, située à 90 km de la frontière du Koweït et à environ 70 de celle de l’Irak. La ville est située dans la vallée de l’oued Al-Batin, faisant partie du Wadi Al-Rummah (en), qui relie Médine au golfe Persique. Le mot batn qui se trouve en tête de plusieurs dénominations locales en Arabie signifie un creux et se dit particulièrement du ventre. Le mot batn indique un lieu moins profond que le terme wadi

Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d'Al-Batin
Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d’Al-Batin ».

Au premier siècle de l’hégire, en 638 Jc , Hafar Al-Batin était juste une route dans le désert, traversée par les pèlerins musulmans, sans aucun approvisionnement possible en eau. Durant le règne du calife Uthman ibn Affan (644 AD – 656 JC), les plaintes des pèlerins ont été entendues par Abou Moussa al-Asha’ari, un compagnon du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : on a creusé de nouveaux puits le long de cette route dans la vallée d’Al-Batin.



Ruines de la cité musulmane d'Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650
Ruines de la cité musulmane d’Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650 JC par le calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu

Jordanie, Ayla 650 (Califat Rashidun)

Ayla (arabe : آيلة) est une ancienne cité musulmane qui fut établie sur le site de l’actuelle Aqaba en Jordanie. Elle fut l’une des premières ville islamique fondée en dehors de la péninsule d’Arabie. Ses ruines se trouvent au nord-ouest de l’actuel centre de la ville.

La cité fut initiée vers l’année 650 par le calife Othman Ben Afan. La ville a prospéré de 661 à 750 sous les Omeyyades puis au-delà sous les Abbassides (750-970) puis les Fatimides (970-1116). La ville a décliné vers la fin du xiie siècle suite à des tremblements de terre, et les attaques de Bédouins et de Croisés. Baudouin Ier de Jérusalem prend la ville en 1116 sans grande résistance.

Ayla profita de sa position-clef en tant qu’étape importante sur la route vers l’Inde et des épices arabes (encens, myrrhe), entre la mer Méditerranée et la péninsule Arabique. La ville est par ailleurs évoquée dans plusieurs récits des Mille et Une Nuits.



Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri 670
Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri en 670

Tunisie, Kairouan 670 (Les Omeyyades)

C’est vers 670 que les Arabes musulmans, sous la conduite de Oqba Ibn Nafi Al Fihri, fondent la ville dans le but d’en faire un point d’appui dans leur campagne de conquête de l’Afrique du Nord.  Elle serrai situé a 12 km de la ville d’Al-Qarn fondé par Muawiya ibn Hudayj al-Kindi en 654-5 dont l’emplacement est pas vraiment localisé.  Pour résumer :
1) Al-Qarn daterait de l’an 665 J.-C, lorsque le dirigeant Mu’awiya ibn Hudaij (665-666) campe à al-Qarn situé 10 km au nord de l’actuelle Kairouan, le site est placé dans les montagnes d’al-Bâten.
2) La seconde tentative est attribuée à ‘Uqba (666-674), qui érigea en 670 Kairouan. Il bâtit, la mosquée, le palais de l’émir et les maisons.
-3) En 675 ‘Uqba est destitué, Abû al-Muhâjir Dinâr, est nommé. Il démolit Kairouan et s’installe à quatre milles au nord de la ville, peut-être dans la région actuelle de Drâa al-Tammâr. Il baptisa sa nouvelle cité : Tikrawân.
4) En 681, ‘Uqba ( 681-683) est reconduit dans ses fonctions, il réinstalle son camp de nouveau à Kairouan.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qarn :  » Muawiya Ibn Khodeidj  al-Kindi (665-666) campa au pied d’une colline située à dix parasanges à l’occident de Kamounia (al-Mâlikî relate l’existence d’une forteresse byzantine nommée Qamûniya à l’intérieur même de Kairouan) .Il y essuya un tel temps de pluie qu’il disait : Notre montagne est la bien arrosée ; et ce nom est resté à la montagne jusqu’à ce jour. Il dit ensuite : Marchons à ce pic de montagne (karn) ; et ce lieu fut appelé Karn dans la suite.  (..) « Chaque matin il livrait combat aux habitants, mais, aussitôt passé midi,[29] il se retirait dans son camp à Karn. »

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qayrawan « Quand Okba et les musulmans se furent accordés sur la nécessité de fonder la ville de Kairewan, il les mena à l’emplacement qu’elle devait occuper, et qui était alors couvert d’un fourré impénétrable. »

Selon Ibn Khallikan, Kairouan fut ainsi nommé parce qu’une caravane, kirwân, avait fait halte sur le lieu où la ville fut bâtie plus tard.— Voyez l’édition fr d’Ibn Khallikan, t. I, p. 19 du texte arabe, et t. I, p. 35 de la traduction.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de Tikarwan par Abu Mhajir Dinar (674-681) « Ceci eut lieu en l’an 55 (675 de J. C). Le nouveau gouverneur se rendit à sa destination ; mais, ayant de la répugnance à se fixer dans la ville fondée par Okba, il alla camper à deux milles de là, et y traça les fondations d’une autre ville, afin de perpétuer le souvenir de son nom et de rendre inutile l’ouvrage de son prédécesseur. Cette nouvelle ville fut nommée par les Berbers Bi-Geirewan. Quand la construction en fut commencée, il ordonna qu’on détruisît la ville d’Okba, et celui-ci en fut tellement indigné, qu’il se rendit auprès du khalife Moawia, et lui adressa ces paroles : C’est pour toi que j’avais attaqué et subjugué cette province ; j’y ai bâti des mosquées, établi des lieux de halte (pour les voyageurs), et donné au peuple (musulman) des domiciles fixes ; et tu viens d’y envoyer un esclave des Ansars[38] qui m’a remplacé en m’insultant ! « 

Destruction de Tikarwan et retour a Kairouan par al-Nuwayri : « son arrivée (Okba ibn nafi) il mit Abou’l-Mohadjir aux fers, ordonna la destruction de la ville que celui-ci avait commencée, et ramena le peuple à Kairewan. »

L’emplacement choisi pour la fondation de Kairouan, à l’intérieur des terres, semble particulièrement inhospitalier mais se situe suffisamment loin de la côte pour éviter les assauts de la flotte byzantine contrôlant alors la mer Méditerranée. Il fait aussi face aux montagnes qui sont le refuge des Berbères. De plus, les conquérants de la première génération ne tiennent compte que des lieux propres à la nourriture de leurs montures. Kairouan possède alors une double fonction militaire et religieuse, assurant à la fois la guerre sainte et la défense des terres nouvellement conquises.

Selon Ibn al-Athir : « En 55 (5 décembre 674), toutes les constructions (de la ville de Kairouan) étaient achevées et habitées, sans que, pendant le cours de la construction, on cessât de faire des expéditions et de recueillir du butin. »

Selon Hicham Djait « Les rues (de Kairouan) convergeaient vers des places appelées Rahba, telles celles des Qurayshites et des Ansâr. Un peu partout, disséminés à l’intérieur de la ville, se trouvaient des marchés et des mosquées de quartier. Les sources nous citent le souk des Banû Hâshim, celui d’al-Ahad, le souk des Juifs, de Dâr al- Imâra et le souk al-dharb. Les mosquées de quartier sont soit des mosquées de clan, soit des mosquées privées prolongeant la demeure (dâr) de tel ou tel personnage. Les chroniqueurs en comptent sept de ce dernier type, datant du Ier siècle : mosquée des Ansâr, mosquée de la Zitûna fondée par Ismâ’il ibn {Obayd al-Ansârî surnommé le « commerçant de Dieu » pour ses actions pieuses (93 H.), mosquée de Abu Maysara, mosquée de Abu cAbd-ar-Rahmân al-Hablî dans le quartier de Azhar (100 H.), la mosquée de Hanash as-Saneânî (à Bâb al-Rîh ou porte du Vent) , celle de ‘ АИ ibn Riyâh al-Lakhmî, mosquée du Samedi. »

source: Djait Hichem. L’Afrique arabe au VIIIe siècle (86-184 H./705-800). In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 28e année, N. 3, 1973. pp. 601-621



La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l'émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)
La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l’émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)

Iran, Shiraz, 684 (Les Omeyyades)

Shiraz ou Chiraz (en persan : شیراز) est une ville du sud-ouest de l’Iran. C’est la capitale de la province du Fars.

 La ville musulmane de Shiraz (Fars, Iran) fut fondée en 684 sous les Omeyyades sur le site d’une antique cité « Pishdadhide » ( dans région de Persepolis) conquise par les armées du califat Rashidun en 641, elle servie au arabes lors du siège d’Istakhr capitale sassanide de la province du Fars., elle est devenu capitale Omeyyade du Fars en  693 (Ian Richard Netton – 2013 Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion p.597-9)

Description de Shiraz en Iran et sa fondation Omeyyade  par Abu al-Feda  :

« Shîràz dit Ibn Hauqal est une ville moderne qu’ont fondée les Musulmans. Elle a été construite ou plutôt rebâtie par Mohammad ibn al Qâsim ibn Abi Aqîl cousin de Haddjâdj ibn Yoûsof ath Thaqafï. Schîrâz continue t il a été ainsi nommée par comparaison avec le ventre du lion qui engloutit tout. En effet toutes les denrées des environs sont apportées à Schiràz et rien n’est exporté de cette ville en aucun autre endroit. C’est à Shîrâz que se trouve le tombeau du fameux grammairien Sîbawaïhi. Shîrâz dit l’auteur de l’Azizi est une grande et spacieuse ville où les maisons sont larges luxueuses et abondamment pourvues d’eau. Ses habitants boivent l’eau de sources dont les ruisseaux parcourent la ville et pénètrent dans les maisons. Il n’est guère de maison à Shîrâz qui n’ait un beau verger et des eaux courantes. Les marchés de Shirâz sont en bon état et importants » (p.97, Géographie d’Abulfeda)

Shiraz aurait été un simple campement musulman jusqu’à ce qu’un cousin, du célèbre Hajjaj ibn. Yusuf At-Taqafi l’aurai développé en une ville en 693 (Eṣṭaḵri, pp 124-25;. Ebn Hawqal, p 279;. Ḥodudal-Alam, éd Sotuda, p 130, tr Minorsky, p 126;…. Schwartz,l’Iran II, pp . 43-44;. Le Strange, Lands, pp 249-50)

File:Sibuye1.jpg
Le tombeau de Sibawayhi (760-796) , plus vieux monument de Shiraz

Pendant 2 siècles, la ville fut la résidence des gouverneurs arabes du Fars. Le seul monument de cette période arabe est le tombeau du grammairien de langue arabe,  d’origine persane Abū Bishr ibn Amr ibn’Uthmān Qanbar Al-Basri  ( dit al-Sibawayhi; 760- 796) dans le quartier Bāheliya (IranicaEncyclopedia) .



Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698
Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698

Tunisie, Tunis 698 (Les Omeyyades)

Fondée en 698 par les Omeyyades autour du noyau initial de la mosquée Zitouna, elle développe son tissu urbain tout au long du Moyen Âge, vers le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une médina principale et en deux faubourgs au nord (Bab Souika) et au sud (Bab El Jazira).

Devenue capitale d’un puissant royaume à l’époque hafside, foyer religieux et intellectuel et grand centre économique ouvert sur le Proche-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Europe, elle se dote de nombreux monuments où se mêlent les styles de l’Ifriqiya aux influences andalouses et orientales mais qui empruntent également certaines de leurs colonnes ou leurs chapiteaux aux monuments romains ou byzantins.



Ruines de Rustam-Gavadh (ville sassanide) détruite par les Arabes sur le site de Askar Makram

Iran, Askar Mukram, 690-700 (Les Omeyyades) 

Askar Mukram.(«le Camp de Mukram»), anciennement, ville bâtie sur le site d’un camp dressé par un chef arabe, nommé Mukram, qu’al-Ḥaj̲j̲āj̲ ibn Yusuf émir Omeyyade d’Irak (661-714) avait envoyé au Ḵh̲ūzistān pour y réprimer une révolte qui avait éclaté près d’al-Ahwāz.

Ce camp ou ce cantonnement se trouvait à côté des ruines de Rustam Ḳawād̲h̲ (déformé par les Arabes en Rustaḳubād̲h̲), ville sāsānide que les Arabes musulmans avaient détruite. ʿAskar Mukram était située sur les deux rives du canal Masruḳān (moderne Āb i-Gargar) Par contre  sa fondation est attribuée selon al-Baladhuri à Mohammad ibn Moṭarref (al-Bāhelī?)  ordonner par le général Moussab ibn Zobayr lors de la répression de la révolte d’Ibn Zubayr, vers 690, et selon Yakut elle le fut par Mohammad Haret al-ibn Muza, général d’Al-Hajjaj ibn Yussuf gouverneur d’Irak.

Enfin selon Ibn Khalikan, elle fut fondé par Mokram al-Bahili.

source : al-Baladhuri  al-Futuh Buldan,  p. 383. Streck, M.; Lockhart, L. »ʿAskar Mukram. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, et Ibn Khallikan dictionnaire biographique p383


Ruines de la ville Omeyyade d'al-Wasit fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702
Ruines de la ville Omeyyade d’al-Wasit en Irak fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702

Iraq, al-Wasit, 702 (Les Omeyyades) 

La ville de Wâsit a été fondée  par le général Omeyyade Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi en 702 pour être sa résidence lui permettant de contrôler la frontière avec la Perse.

Elle a été nommée Wasit par son fondateur Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi car elle est à mi-chemin de Bassora et Bagdad sur la rive gauche du Tigre.

Elle était destinée à être un centre administratif pour l’Irak. La circonférence de la ville ancienne est de 16 km. Elle a été abandonnée au xviie siècle3 après un changement dans le tracé du lit du Tigre.

La plus grande partie des bâtiments de Wâsit sont en briques. Des fouilles ont été effectuées entre 1936 et 1942 et reprises seulement en 1985. La grande mosquée laisse entrevoir quatre couches successives de constructions du xive au viiie siècle4. On a retrouvé une partie du palais de l’émir contre la mosquée du côté de la qibla. Un bâtiment nommé le « minaret » a été dégagé avec un mausolée et une école datant d’avant le xive siècle.



La ville de Anjar fondé par le calife Omeyyade al-Walid Ibn Abd Al-Malik (705-715), Liban

Liban, al-Anjar 705-715  (Les Omeyyades)

`Anjar est l’unique site du Liban datant de l’époque omeyyade. `Anjar n’a été découverte par les archéologues qu’à la fin des années 1940.`Anjar diffère des autres sites archéologiques du Liban qui peuvent parfois se prévaloir d’une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos jours. `Anjar paraît n’avoir vécu que quelques décennies au début du VIIe siècle de notre ère. `Anjar conserve toutefois son mystère : est-elle construite sur l’emplacement de la ville antique Chalcis ?

De plan rectangulaire, sur le modèle de la ville ou du camp romain sur un rectangle de 370 m sur 310 m. La ville est entourée d’un mur de sept mètres de hauteur et de deux mètres d’épaisseur, cantonné de trente-six tours et de quatre tours d’angle circulaires. Cette enceinte est construite de pierres calcaires formant les parements intérieur et extérieur, comblés d’un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier.

Les deux voies principales, ornées de colonnades, se coupent sous un tétrapyle comme à Palmyre ou à Apamée. La ville a toutes les apparences d’une ville romaine et cela bien qu’elle soit l’œuvre du calife Omeyyade Al-Walid Ier. Le mystère de cette cité est qu’elle n’a vécu que quelques décennies. Les archéologues ont réussi à redonner vie à cette belle résidence dans les années 1950.

En 744, le calife Omeyyade Ibrahim, fils de Walid, fut défait et dès lors la ville partiellement détruite fut abandonnée.



Reconstitution d’al-Jazira al-Khadra au 14eme siècle Espagne.

Espagne, Al-Jazira al-Khadra 711 (Les Omeyyades) 

Al-Jazira al-Khadra a été fondée par les Omeyyades en 711 sur les ruines de l’ancienne ville romaine de Iulia Traducta . Les Omeyyades après avoir atterri à Gibraltar et fini sur une petite île à l’ouest de la baie d’Algésiras, ils ont établi une base provisoire.

Ils ont du la quitté pour faire face aux troupes wisigothiques de roi Roderik, sur l’île il ne restais donc qu’ un petit détachement avec la femme de Tarik ibn Ziyad, Umm Hakim, Tarik nomma l’endroit Jazirat Umm Hakim, ou l’île de Umm Hakim. Après la bataille de Guadalete les troupes arabes ont poursuivi la conquête de la péninsule et la petite base temporaire sur l’île a déménagé ver la côte, là une vraie ville appelée Al-Jazira Al-Khadra (الجزيرة الخضراء) fut créé.

La médina est construite rapidement une mosquée et un palais; et un port qui a servi de tête de pont dans l’arrivée des nouvelles troupes omeyyades stationné en Ifriqiya et à Ceuta, il y avais un mur avec des tours qui encerclais le vieux bourg, qui a du être reconstruit entre 852 et 886 JC pour éviter les attaques des Vikings comme celle de 859 ou 62 navires au large de la ville, ont attaqué et détruit la mosquée fondé en 711 (donc aucun vestige).

Comme on le sait dans le Vieux Village, il y avait au moins deux mosquées, la Grande Mosquée et la Mosquée à au  bannières, une citadelle fortifiée et un chantier naval ou arsenal.

Selon les sources médiévales la mosquée Al-Jama d’Algésiras à été construit par Abd ar-Rahman I l’Omeyyade lors de son arrivée en Andalousie après la révolution Abbasside (756) et l’architecte étais Abd-Allah ibn Khalid.



Ramla, Palestine occupée par Israel

Palestine, Ramla 716 (Les Omeyyades) 

Selon le géographe arabe 9ème siècle Ya’qubi, ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le gouverneur du district Filastin (Jund Filastin), Sulayman ibn Abd al-Malik, le frère et successeur de calife Walid Ier. Son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل), ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus de proximité Ludd (Lydda, Lod). Ramla a prospéré comme la capitale de Jund Filastin, qui était l’un des cinq districts de la province ash-Sham (Syrie) duomeyyade et abbasside empire.

Selon le géographe arabe du 9ème siècle al-Ya’qubi , ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le calife Omeyyade Sulayman ibn Abd al-Malik , et son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل) – ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus proximité de Ludd (Lydda, Lod ). Ramla a prospéré comme capitale du Jund Filastin , qui était l’un des cinq districts de la province de bilad al-Sham (Syrie) des Empires Omeyyade et Abbasside . Au 8ème siècle, les Omeyyades ont construit la Mosquée blanche . Ramla étais la principale ville et capitale du district jusqu’à l’arrivée des Croisés au 11ème siècle. La Mosquée Blanche de Ramla a été salué comme la plus belle du pays, en dehors de Jérusalem. Les vestiges de cette mosquée, flanqué d’un minaret ajoutée à une date ultérieure, sont encore visibles aujourd’hui. Dans la cour sont des citernes d’eau souterraines de cette période.



Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud s'étend au pied d'un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 9e siècle. Il s'y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayub à l'image , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts. Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l'ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at 'ayyûb : forteresse d'Ayyoub) est une commune espagnole de la province de Saragosse
Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud  une commune espagnole de la province de Saragosse

Espagne, al-Qalat-Ayyoub, Calatayud , 716 (Les Omeyyades)

Le fondateur de Calatayud est Ayyŭb ibn Habib al-Lakhmi en 716 voici le récit de sa fondation :

« An 96 de l’hégire 715 de J C. Afin d’empêcher que la mort d’Abdel Aziz al-Lakhmi, n’entraînât l’Espagne dans l’anarchie les généraux et les autres principaux Musulmans élurent pour wali ou gouverneur Ayoub cousin germain de cet émir et fils d’une sœur de Mousa ibn Nusayr. Ayoub par ses talents supérieurs non moins que par sa naissance avait la plus grande influence dans les affaires. Il transféra le siège du gouvernement de Séville à Cordoue afin d’être plus au centre pour surveiller les provinces du Nord qu’il voulait visiter. Il vint en effet à Tolède puis à Saragosse écoutant les plaintes et redressant les torts. Il fit relever plusieurs villes et places fortes ruinées entre autres celle qui porte encore son nom Calatayud par corruption de Calât Ayoub forteresse d’Ayoub . Il visita les places frontières vers les Pyrénées Orientales et pourvut à leur sûreté. Il gouvernait l’Espagne depuis près de deux ans 3 avec autant de prudence que d’intégrité lors que Yezid ben Abon Moslema wali d’Afrique chargé en cas de vacance de pourvoir au gouvernement de l’Espagne à cause de la distance qui la séparait de Damas connaissant la haine du khalife contre les parents de Mousa ibn Nusayr et ayant découvert qu’Ayoub appartenait à cette famille annula son élection et le remplaça par Al Hurr Ibn Abd al-Rahman al-Taqhafy ( 716 et 719) » (source : « L’art de vérifier les dates.. ».éd. in-8°, t. n, p. 311 )

Al-Qalat Ayyoub s’étend au pied d’un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 8 et 9e siècle. Il s’y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayyub à l’image (716 jc) , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts.

Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l’ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at ‘ayyûb : forteresse d’Ayyoub)



Site archéologique de Madinat Ilbira

Espagne, Madinat Ilbira (718-60 jc) (Les Omeyyades) 

Madinat Ilbira (718 jc) en Espagne (al-andalus) aurait été construite en 718 par le tabi3i Hanas ibn Abd Allah al-San’ani mais ce fut Abd al-Rahman (756-788) qui lui donnera sa forme finale.

Selon « Studia Islamica », 109 (2014/1), pp. 62-116, et « Toponimia, Historia y Arqueología del Reino de Granada » de l’Université de Grenade, et les sources comme le géographe arabe al-Himyari ce fut «‘Abd al-Raḥmān ibn . Mu’āwiyya ad-Dakhil (756-788) qui  fonda Madīnat Ilbīra,  al-Ḥimyarī, signalât la construction de sa grande mosquée par Ad-Dakhil, elle périclita suite aux crises internes lors de la 1er fitna Omeyyade de  Cordoue  (vers la fin du 9e siècle) et son abandon en 1013 au profit de la construction de la ville de Gharnata (Grenade). De même, selon toujours l’université de Grenade : « certains aspects urbanistiques et concernant la composition ethnique et sociale de la ville sont retracés. A travers les statistiques élaborées à partir des données des savants, nous avons de même essayé rendre compte de la relation entre le nombre de savants et l’évolution de la ville. Compte tenu de ces données, Ilbīra aurait vécu ses années d’or entre 850 et 950. » 



Fichier: CairoFustatLandscape.jpg
Il ne reste que des ruines, d’al-Askari

Egypte, Al-Askar, 750-1  (Les Abbassides)

La ville d’al-Askar  est une ville (résidence, camp militaire etc) qui a été fondée par Saleh ibn Ali émir des Abbassides en Egypte dans l’année (133 AH – 750 m) au nord de Fostat et elle fut fini en 135 h (752)

Salih ibn Ali ibn Abdallah ibn al-Abbas (711-769 CE) a été nommé comme le premier gouverneur abbasside de l’Egypte le 9 Août 750. Il a gardé le poste pendant moins d’un an, avant d’être nommé gouverneur du Jund Filastin (Palestine) en Mars 751. À ce titre, il a envoyé Sa’id ibn Abdallah dans la première expédition de pillage de l’ère abbasside contre l’anatolie byzantine.

En 136 de l’hégire, le calife Abbasside  Abu al-Abbàs as-Safah nommait son oncle Sàlih ibn ‘Alï gouverneur d’Egypte, de Palestine et d’Ifrîqiya et une armée était rassemblée à Fustàt pour envahir le Maghreb et y imposer l’étendard abbasside sur les Khawarij.

Le 8 Octobre 753 il a été nommé à nouveau en tant que gouverneur de l’Egypte, un poste qu’il a occupé jusqu’au 21 Février 755.  À la mort du calife al-Saffah – le neveu de Saleh – en 754, le frère de Salih du nom d’Abdallah a lancé une révolte en Syrie contre le nouveau calife al-Mansour, affirmant avoir été nommé par al-Saffah avant de mourir comme son successeur.  Il refusera de suivre son frère.

Malgré la rébellion d’Abdallah,  Salih et sa famille été établis comme des potentats abbassides avec en Syrie, une position de force qu’ils détenaient pour le prochain demi-siècle, comme les fils de Saleh  :al-Fadl, Ibrahim et Abd al-Malik chacun reçu les gouvernorats de Syrie et d’Egypte . 

. Son nom complet était مدينة العسكري Madinatu l-Askari « Ville de (Cantonnements) militaire» ou «Ville de (Sections) militaire »

Al-‘Askar devient le centre administratif et militaire de la province jusqu’à l’arrivée des Toulounides avec le préfet Ahmad ibn Tûlûn.

Celui-ci, nommé préfet en 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside.



Salamyeh1 est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs. Elle est surnommée
Salamyeh est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs.

Syrie, Al-Salamiyya, 754 ( Les Abbassides)

La ville de Salamiyya est reconstruite par Abdullah bin Saleh bin Ali al-Abbassi en 754 de l’ère chrétienne (an 136 de l’Hégire). Elle retrouve alors ses activités et relations commerciales et évolue considérablement au cours du iie siècle et iiie siècle de l’Hégire (viiie et ixe siècles ap. J.-C.). C’est à cette époque que Salamyeh est occupée par un groupe d’Ismaéliens, dirigé par Abdallah bin Mohammad bin Ismail bin Jafar al-Sadeq (l’un des auteurs de l’ouvrage «Les Frères de la Pureté et les amis fidèles»).

Elle est surnommée « La mère du Caire » car, en 894, y est né le second calife fatimide Abû al-Qâsim al-Qâ’im bi-Amr Allah, fils de `Ubayd Allah al-Mahdi.

La ville est également connue pour être un des principaux berceaux de l’Ismaélisme



Ruines de Sijilmassa, Maroc.
Ruines de Sijilmassa, Maroc.

Maroc, Sijilmassa, 757 (Les Midrarides)

Sijilmassa ou Sidjilmassa  était une ancienne ville importante du point vue commercial au Moyen Âge, la ville se trouvait à l’emplacement actuel de la ville de Rissani au sud d’Errachidia, à 40 km au nord des célèbres dunes de Merzouga, dans la région de Tafilalet au Maroc. Actuellement, des ruines attestent de son existence.

Ibn Khaldoun nous raconte la fondation Midraride kharijite  de Sijilmassa :

« Dans les premiers temps de la domination islamique, les Miknasa qui habitaient le territoire de Sijilmasa professaient la religion des Kharijites-sofrites, doctrine qu’ils avaient apprise de certains Arabes qui, s’étant réfugiés dans le Maghreb, devinrent leurs directeurs spirituels et temporels. Les néophytes berbères se précipitèrent alors sur les contrées voisines et secondèrent Maysira dans la révolte qui bouleversa le Maghreb. Une quarantaine de leurs chefs qui venaient d’embrasser le sofrisme, s’accordèrent à répudier l’autorité du khalife légitime, se placèrent aux ordres de ‘Aysa b. Yazîd al-Aswad, personnage très considéré parmi les Kharijites, et fondèrent la ville de Sijilmasa, vers l’an 140/757. Le père de ‘Aysa avait été converti à l’Islam par les Arabes. Tous les Miknasa de cette contrée s’empressèrent d’adopter les croyances de leurs chefs. » 



La cité portuaire d'Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l'émirat de Nekor (9 -11e siècle) dont la capitale se situait à 12 km au sud d'Al-Hoceima. Devenu plus grand sur le site en face de l'île, donc plus important pour l'émirat, il est qualifié de port de Nekor
La cité portuaire d’Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l’émirat de Nekor

Maroc, Nekkor, 760 (Les Salihides)

Récit de la fondation arabe de Nekor au Maroc par la dynastie arabe des Salihides :

Ibn Khaldoun nous dit que la ville de Mezemma (al-Mazama) est en fait celle de Nokour : « Saleh (710-749) ayant reçu ce territoire comme ictâ, y fixa son séjour et eut une nombreuse postérité. Il commença  par rassembler au tour de lui les tribus ghomarites et sanhadjiennes ; et, après les avoir converties à l’islamisme, il maintint son autorité avec leur appui.

Ayant alors pris possession de Temçaman, il propagea rapidement la vraie religion parmi ces populations.

Les devoirs et obligations de la loi leur étant ensuite devenus à charge, elles retombèrent dans l’infidélité, forcèrent Saleh à quitter le pays et prirent pour chef un homme de la tribu de Nefza, surnommé Er-Rondi. Peu de temps après, elles revinrent à la foi et rappe lèrent Saleh au commandement.

Depuis lors, cechef régna sur elles jusqu’à sa mort, événement qui eut lieu à Temçaman, en l’an 132 (749-50).

Son fils et successeur, El-Motacem (749-?), prince rempli d’intelligence et de générosité, se distingua aussi par sa piété . pendant son règne, malheureusement bien court, il présida en personne à la prière publique et fit le prône (khotba) lui-même.

Son frère Idrîs (? -760), qui lui succéda, posa les fondements de la ville de Nokour sur le bord de la rivière [ainsi nommée] ; mais il laissa son ouvrage inachevé et mourut en 143 (760-1). Son fils Saîd (760-803) hérita de l’autorité souveraine et atteignit à une grande puissance.

Il habita d’abord à Temçaman ; mais, bientôt après son avènement (en 760), il termina la construction de Nokour et alla s’y établir. Nokour est la même ville qui porte, de nos jours, le nom d’El- Mezemma. Elle est située entre deux rivières dont l’une, le Nokour, descend du pays des Gueznaïa où il prend sa source dans la même montagne qui donne naissance à l’Ouergha. »



Ruines d'al-Mansurah au Sindh( Pakistan) fondé par les Abbassides 17 ans après la fondation de Baghdad , Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique de l' arabe empire Sindh .
Ruines d’al-Mansurah au Sindh (Pakistan) fondé par les Omeyyades au début vers 730-732 comme simple campement ur l’antque ville hindou de Brahmunabad pour finir sous les Abbassides en véritable métropole au règne du calife Abu Jafar al-Mansur 760-768 , al-Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique du sindh sous la domination arabe .

Pakistan, al-Mansurah, 760 (Les Abbassides)

Selon le geographe abbasside al-Massudi 893-956 le nom de Mansourah lui vient de « Mansour, fils de Djemhour, que les Omeyyades y avaient placé comme gouverneur ».

Fondation de Mansurah par Omar ibn Hafs al-Muhalabi 760-768, récit d’Abul al-Fida (1273 – 1331) :

« On lit dans le Qânoûn Mansoûrah est dans le Sind son ancien nom est Yamanhou (Brahmunabad).

Le nom de Mansoûrah Victorieuse lui a été donné parce que celui des Musulmans qui la conquit dit alors Dieu nous adonné la victoire.

Mansoûrah dit Ibn Hauqal est une grande ville qu entouré un canal dérivé de l’Indus en sorte qu elle forme comme une île. Ses habitants sont musulmans.

Le climat y est chaud et on n y voit guère que des palmiers.

La canne à sucre y croît ainsi qu un fruit gros comme une pomme et très acide auquel on donne le nom de limounah.. Mohallahî dit dans son Azîzi « Mansoûrah est une grande ville qu entouré un bras de l’Indus. Or l’Indus vient du Moltàn.’ Il ajoute que les palmiers et la canne à sucre abondent à Mansoûrah et que celte ville a été ainsi appelée par Omar ben Hafs surnommé Hèzàrmard al Mohallabî par allusion au surnom d’al-Mansoûr d’Aboû Djafar al Mansoûr le second khalife Abbâside sous le règne duquel ce général la construisit (760-768)  » 

Géographie d’Aboulféda (1273 – 1331) , Volume 2 Par Abū al-Fidāʼp15

Selon le « Le grand dictionnaire historique ou Le melange curieux de l’Histoire sacrée » p180 …de Louis Moreri la ville de Mansurah du Sindh fut construite par Abu Jafar al-Mansur le deuxième calife Abbasside. L’emplacement de Mansura a été redécouverte au début du 20e siècle par Henry Cousens sur le site de l’antique Brahmanabad.

La plus vieille source qui fait office de seule autorité sur la fondation de al-Mansura est l’historien al-Biladhuri, (Histoire des conquêtes des arabes p. 242) se basant sur al-Madaini, qui a vécu entre 752 -839.



Le vieux Baghdad, Iraq
Le vieux Baghdad, Iraq, source ; « archnet« 

Irak, Baghdad / Madinat al-Salam 762 (Les Abbassides) 

Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au viiie siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers8. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad. Ce nom est cité dans le Talmud, de deux siècles antérieur10. Mais selon l’historien Thierry Murcia, l’édition du Talmud de Babylone serait plus tardive que ce que l’on envisage actuellement. Elle remonterait seulement à la deuxième moitié du viiie siècle voire au début du ixe siècle de notre ère. Murcia estime d’ailleurs que « ce travail éditorial aurait même pu avoir été achevé dans la ville même de Bagdad »11, ce qui pourrait expliquer les mentions répétées de cette métropole dans le corpus de textes rabbiniques. Après la prise du pouvoir par les Abbassides au détriment des Omeyyades de Damas en 750, l’emplacement est choisi comme capitale du califat. Même si, à partir du xe siècle, elle a pour rivales dans cette fonction, d’abord Le Caire (avec la dynastie des Fatimides), puis Cordoue avec le nouveau califat des Omeyyades, elle joue le rôle d’une des capitales de l’islam et le restera jusqu’au milieu du xiiie siècle.

Le Bagdad des Abbassides est une ville ronde dont les dimensions ont fait l’objet de la part des auteurs arabes de nombreuses estimations différentes. Son diamètre était probablement de 2 534 m12. Elle possédait quatre portes : la porte de Syrie au N.-O., la porte de Bassora au S.-O., la porte de Koufa au S.-E. et la porte du Khorasan au N.-E.13. Elle est protégée par un fossé de vingt mètres de large et une double enceinte circulaire qui, en plus des quatre portes, comportait 112 tours. Le palais, la mosquée et les casernes se trouvent au centre, tandis que la ville constitue un anneau entre les deux remparts. La ville est dominée par le dôme vert du palais, de48,36 mètres de haut. Ce dôme qui fit la gloire de Bagdad se serait effondré en 941 à cause de la foudre. La ville ne tarda pas à s’agrandir et donc à perdre sa forme ronde originelle. Dès 773, Al-Mansur construisit au N.-E. De cette dernière, un nouveau palais, Al-Khuld, dont le nom rappelait le paradis.

Comme la ville devenait une énorme agglomération, dont la populace remuante inspirait la méfiance du calife, en 774, Al-Mansur transféra les marchés vers un nouveau quartier au sud de la Ville Ronde, qui fut appelé Al-Khark, entre les canaux Sarat et Isa. Sous son règne également, on construisit sur la rive orientale du Tigre un camp militaire pour son fils, auquel il emprunta son, Askr Al-Mahdi ou « le camp d’Al-Mahdi », que l’on appela plus tard Al-Rusafa14.

Sous Harun al-Rashid, les membres de la famille des Barmakides occupaient le poste de vizir. Jafar fit bâtir sur la rive orientale du Tigre au sud-est de Bagdad un palais qui devait jouer un rôle important dans le développement ultérieur de la ville.

En 813, le califat était déchiré par une guerre civile entre les deux fils d’Hâroun ar-Rachîd, Al-Amin et Al-Ma’mūn. Elle se termina par le siège de Bagdad par les forces d’Al-Ma’mūn. Il dura quatorze mois. Face à la défense acharnée de la population, les assiégeants détruisirent une grande partie de la ville ronde, qui ne s’en releva jamais.

À partir de Al-Mutasim (833-842), les califes abbassides achetèrent des esclaves turcs, appelés ghulams, pour se constituer une armée dont il attendaient plus de loyauté que de leurs partisans khorassaniens. Entre ces troupes turbulentes et la population de Bagdad les heurts étaient fréquents. Ce calife décida donc de déplacer sa capitale vers Samarra. En 865, le calife d’Al-Musta`in, qui se trouvait de plus en plus sous la tutelle des Turcs, quitta Samarra et retourna à Bagdad. Les Turcs ne l’entendirent pas de cette oreille et choisirent al-Mutazz comme nouveau calife. Bagdad fut à nouveau assiégée. Le gouverneur de la ville, Mohammed ibn Abadalla ibn Tahir, fit fortifier la ville et enrôla tous les habitants dans sa défense. Affamée et excédée par la durée du siège, la population manifesta son mécontentement et des émeutes éclatèrent. Le gouverneur Tahir, tout en protestant de sa fidélité à Al-Musta`in, entama des négociations avec les Turcs. En 866, ‘Al-Musta`in fut destitué puis exécuté.

Le départ du calife n’avait pas entamé la vitalité commerciale et l’éclat intellectuel de Bagdad, où, le calife Al-Mutamid revint définitivement en 892. Il s’installa dans l’ancien palais de Jafar le Barmakide. Après sa construction, il avait été cédé à Al-Manum, qui le donna à son tour à un de ses principaux serviteurs, al-Hasan b. Sahl. Il prit alors le nom de palais Hasani. Il fut ensuite occupé par sa fille Buran, veuve de al-Mamun, jusqu’au retour à Bagdad d’al-Mutamid. À ce palais vinrent s’en ajouter d’autres : al-Firdus (le paradis), al-Taj (la couronne) ainsi que al-Thuraya (les Pléiades), relié au palais al-Hasani par un couloir souterrain. Cet ensemble devint au fil du temps le Dar al-Khalifa (la demeure du Califat).

C’est à Bagdad qu’est fondée en 832 la plus ancienne Maison de la sagesse (Bayt al-hikma), sous le règne d’Al-Mamun. C’est un établissement particulièrement actif, spécialisé dans la traduction d’ouvrages en grec, pehlevi et syriaque. Des savants y viennent de tout l’empire abbasside, facilitant l’introduction de la science perse, grecque et indienne dans le monde arabo-musulman de cette époque. Astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés, traducteurs, la fréquentent, et parmi eux, al-Khwarizmi, Al Jahiz, al Kindi, Al-Hajjaj ibn Yusuf ibn Matar et Thābit ibn Qurra15.

La ville fut officiellement nommée Madīnat as-Salām (la cité de la paix) par son fondateur, le calife Al Mansur. Elle était également connue sous les noms de Madīnat al-Anwār (la cité des Lumières), ʿĀsimat ad-Dunyā (la capitale ou centre du monde) la ville ronde et la ville d’Al Mansour



Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l'ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri), et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi
Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l’ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri) dans ce qui n’était qu’un camps dans la forteresse byzantine, et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam etc) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi (768-771)

Algerie, at-Tubnah (768) (Les Abbassides) 

Tobna avait une importance tel au temps de la domination Arabe en Ifriqiya, que son gouverneur, Ibrahim al-Aghlab s’imposera à Kairouan capitale de province, et fondera ainsi la première dynastie arabe indépendante d’Afrique du Nord.

Le géographe et Historien andalous al-Bakri (1014- 1094) reviens sur  la ville de Tobna  et sa fondation Abbasside :

« Tobna, grande ville dont le mur actuel a été construit par l’ordre d’Abu Jafar al-Mansur (le deuxième calife Abbasside). Moussa ibn Nucayr al-Lakhmi ( général Omeyyade) qui s’empara de cette place et de tant d’autres, y fit vingt mille captifs; mais leur roi, Koceila, lui échappa. Tobna est entourée d’une muraille en briques, et possède quelques faubourg et un château. Dans l’intérieur du château ce vois un djama et un grand réservoir qui reçoit les eaux des jardins apparentent à la ville. Quelques personne disent que Tobna fut Bâtie par Abou Djafar Omar ibn Hafs al-Muhalabi, surnomé Hezarmerd.La Population, dont une partie seulement est arabe, est partagée en deux fractions qui sont toujours à ce quereller et à ce battre l’une avec l’autre.Une tribu, appelé, les Beni Zekrah, habite dans le voisinage de la ville.

Voici ce que dit Muhammad ibn Yussuf :  « Le château de Tobna, énorme construction ancienne, est bâti en pierre et couronné par un grand nombre de chambres voûtées, il sert de logement aux officier qui administres la province, et touche au coté méridional du mur de la ville, il ce ferme par une porte de pierre (..) Muhammad ibn Yussuf poursuivant :  “(..) Au-dehors de Bab El Feth se trouve un vaste champ, grand comme les deux tiers de la ville et entouré d’un mur construit grâce à Omar Ibn Hafs al-Muhallabi (de la dynastie arabe des Muhalabides). »

Ibn Al-Athir  nous parle de la fondation Abbasside de Tobna dans son Kamil tarikh , histoire du Maghreb et de l’Espagne:

« En 151 (25 janvier 768), El-Mançoûr (le deuxième  calife Abbasside) nomma au gouvernement de l’Ifrîkiyya Abou Dja’far ‘Omar ben Hafç, descendant du frère d’El-Mohalleb, c’est-à-dire de K’abîça ben Abou Çofra ; nous rapportons cette généalogie à cause de la notoriété d’El-Mohalleb.

La nomination d’Omar eut pour cause les craintes conçues par El-Mançoûr au sujet de cette province, à la suite de la mort violente d’El-Aghlab ben Sâlim. Il gagna Kayrawân en çafar 151 (24 février 768), à la tête de cinq cents cavaliers, et les principaux de la ville, s’étant réunis autour de lui, furent traités par lui avec honneur et générosité. Il s’installa dans cet endroit, et pendant trois ans tout marcha bien.Il se rendit alors dans le Zâb, d’après l’ordre d’El-Mançoûr , pour y reconstruire la ville de Tobna, et laissa à Kayrawân H’abîb ben H’abîb al-Mohallebi.L’Ifrîkiyya se trouvant ainsi dépourvue de djond, les Berbères en profitèrent pour se révolter, et H’abîb, en voulant les combattre, fut tué.Les Berbères se concentrèrent à Tripoli et choisirent pour chef Abou H’âtim l’Ibâd’ite, qui était un client de Kinda et s’appelait Ya’koûb ben H’abîb.El-Djoneyd ben Bechchâr al-Asadi,[162] lieutenant d’’Omar ben H’afç à Tripoli, demanda à son chef des secours avec lesquels il pût combattre Abou H’âtim ; il en obtint, mais il fut battu et se réfugia à Gabès, où son vainqueur l’assiégea, tandis qu’’Omar, toujours au Zâb, s’occupait de reconstruire T’obna.



Site de la Tahert rustumide, près de l'actuel Tiaret, dans la partie ouest de l'Algérie La ville semble avoir été fondée par Ibn Rustum comme une cité kharijite par excellence, visant à rivaliser avec la Kairouan malékite. Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle, parle d’une certaine vie agréable dans la Tâhirt de l’époque [2] : « Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »
Site de la Tahert rustumide, près de l’actuel Tiaret, dans la partie ouest de l’Algérie
Algerie, Tahert al-Jadida 761-71 (Les Rustumides) 

La localité romaine est détruite en 681 lors de l’invasion musulmane de l’Afrique du Nord par Okba ben Nafi et les nouveaux arrivants arabes investissent les lieux ,  plus tard les rustumides d’origine persane et les Berbères kharijites comme les précédents habitants, auraient rebâti sur ses ruines une ville nommée Tahert (la neuve) al Jadida.

L’ancienne ville de Tahert al-Qadima existait avant les Rustumides (dynastie kharijite persane) les Rustumides ont fait la Tahert al-Jadida mais  pas la Qadima, car elle fut conquise par Okba ibn Nafi al-Fihri général Omeyyade en battant les berbères et les byzantins qui s’y trouvait. (Ibn Khaldoun, Ibn ab al-Hakam, al-Nuwayri)

Un atelier de frappes monétaires « abbasside ce trouvais a Tahert. En effet Tahert al-Qadima existait encore au moment où Ibn Rustum al-Farisi al-Khariji s’installa dans la région car des pièces de bronze,(fulus), furent retrouvées à Volubilis (Maroc) mais frappées dans la ville de Tahert (Madinat al-Tahart), mentionnent le nom d’un gouverneur arabe de la ville, dépendant des Abbassides de  Baghdad  source: (L’urbanisation dans l’Algérie médiévale de A Khelifa – ‎2004 et Colin G. S., Monnaies, 1936, p. 118 et 123-124 Eustache D., Monnaies de Tahert, 1962, p. 75.

Puis, entre 761 et 771, le gouverneur de Kairouan, le kharidjite  persan Abd al-Rahman ibn Rustum, chassé par les Abbassides, se réfugie dans la région avec ses fidèles, et ayant obtenu le soutien des habitants y fonde « Tahert la Neuve » (Tahert al-Gadida), la première Tahert devenant alors « Tahert la Vieille » (Tahert al-Qadima).

Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle décris la ville de Tahert al-Jadida :
« Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »



Image satellite de la ville de Raqqa construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur Syrie.
Image satellite de la ville de Raqqa en Syrie, avec la muraille en forme de fer à cheval construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur, Syrie, c’est vraiment le dernier rescapé type de l’architecture urbain de la baghdad abbasside

Syrie, ar-Raqqah / ar-Rafiqah (771) (Les Abbassides)

L’antique site fut fondée par le grec Séleucos II, sous le nom de Callinicum sur le site de l’antique Nicephorium, et fit partie de l’Osroène.

Elle deviens musulmane en 639 ap. J.-C. au main  du conquérant arabe musulman Iyad ibn Ghanem radi Allah anhu.

Depuis, elle a figuré dans les sources arabes  sous le nom d’ar-Raqqah.  À la reddition de la ville, les habitants chrétiens ont conclu un traité avec Ibn Ghanem radi Allah anhu, cité par al-Baladhuri . Cela leur a permis la liberté de culte dans leurs églises existantes, (avec l’interdiction d’en construire des nouvelles).

Le successeur d’Ibn Ghanem comme gouverneur du califat Rashidun d’ar-Raqqah et de la Jazira , Sa’id ibn Amir ibn Hidhyam radi Allah anhu, avait  construit la première mosquée de la ville.

Ce bâtiment a ensuite été élargie à des proportions monumentales, mesurant environ 73 × 108 mètres, avec un minaret carré en brique ajouté plus tard, dans le milieu du 10ème siècle.

La mosquée a survécu jusqu’au début du 20ème siècle, est décrit par l’archéologue allemand Ernst Herzfeld en 1907, mais a depuis disparu.

En 656, au cours de la Première Fitna , le bataille de Siffin , l’affrontement décisif entre Ali et l’ omeyyade Mu’awiya radi Allah’anhum  a eu lieu. à 45 km  à l’ouest de Raqqah, et les tombes de plusieurs des partisans d’Ali (comme Ammar ibn Yasir et Uwais al-Qarni ) sont situés dans ar-Raqqah.

La ville contenait également une colonne avec l’autographe d’Ali radi Allah anhu mais cela a été enlevé dans le 12ème siècle et emmené à  Alep dans la mosquée Mosquée de Ghawth.

L’importance stratégique d’ar-Raqqah a grandi pendant les guerres à la fin de la période omeyyade et le début du régime abbasside, et gagna en splendeur : le calife Omyyade Hisham ‘y fit construire deux palais.

Ar Raqqah-était situé sur le carrefour entre la Syrie et l’Irak et de la route entre Damas , Palmyre , et le siège temporaire du califat Resafa , ar-Ruha ‘ .

Entre 771 et 772,  le calife abbasside Abu Jafar al-Mansour à construit une ville de garnison à environ 200 mètres à l’ouest d’ar-Raqqah pour un détachement de son armée Khorassanienne. Elle a été nommé ar-Rāfiqah.

La force de l’armée impériale abbasside est encore visible dans le mur de la ville impressionnante de ar-Rāfiqah.

Ar Raqqah et-ar-Rāfiqah ont  fusionnés en un seul complexe urbain, devenu que plus grande que l’ancienne capitale des Omeyyades de Damas.

En 796, le calife abbasside Harun al-Rashid  choisi ar-Raqqah / ar-Rafiqah comme sa résidence impériale.

Pour environ treize années ar-Raqqah était la capitale de l’empire abbasside étendant de l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, tandis que l’organe administratif principal est resté dans Bagdad .

La zone du palais d’ar-Raqqah couvrait une superficie d’environ 10 kilomètres carrés (3,9 km ²) au nord des villes jumelles.

L’un des pères fondateurs de l’école Hanafite, Muḥammad ash-Shaibani , qui était chef cadi (juge) d’ar-Raqqah.

La splendeur d’ar-Raqqah est relaté dans plusieurs poèmes, recueillis par Abu al-Faraj al-Isfahani dans son « Livre des Chants » ( Livre des Chansons ). Seule la petite, restauré Palais dit de l’Est sur les franges du quartier du palais donne une impression de l’architecture abbasside .

Environ 8 km à l’ouest de ar-Raqqah il y a un monument appelé Heraqla de la période du calife Abbasside Harun al-Rashid, ont  dit qu’il commémore la conquête de la ville byzantine de Herakleia en Asie Mineure en 806.

Après le retour de la capitale abbasside à Bagdad en 809, ar-Raqqah est restée la capitale de la partie occidentale de l’empire, y compris l’Egypte .



File:Sousse Kasbah.JPG
La Medina de Sousse

Tunisie, Sousse 787 (Les Abbassides) 

Le début de la période arabo-musulmane de Souss peut être fixé à 670, lorsqu’Oqba Ibn Nafi Al Fihri assiège l’antique ville de Hadrumete qui prend le nom de Sousse.

Elle est d’abord une petite agglomération pourvue en 787 d’un ribat et habitée essentiellement par des ascètes  et soldats chargés de la défense des côtes. De la elle deviens une véritable ville musulmane.

Le nouvel essor de Sousse vient du second prince aghlabide Ziadet-Allah Ier qui dote la ville d’un chantier naval (821) d’où partent les navires à la conquête de la Sardaigne (821), de Malte, de la Sicile (827) ou de Rome (846).


Le vieux Najjaf
Le vieux Najjaf

Iraq, Najjaf, 791 (Les Abbassides)

La ville elle-même a été fondée en 791 (178 AH) par le calife abbasside Haroun al-Rashid.

source : Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion publié par Ian Richard Netton p478-9



Monastir en 1956
al-Monastir en 1956

Tunisie, Monastir 796 (Les Abbassides)

Selon le Dr Mohamed Salah Sayadi, la ville de Monastir serrai le premier « Kairouan » du nom d’Al-Qarn (non localisé, comme le Tikarwan d’Abu al-Muhajir Dinar) fondé par Mu’awiya Ibn Hudayj al-Kindi en 45 de l’Hégire (655 après jc). « Le premier, près de Qammouniya à al-Qarn et le second celui qui existe aujourd’hui ». Le deuxième Kairouan fondé par Okba Ibn Nafaa en 58 de l’Hégire (678 après Jésus Christ) actuellement Al-Baten (Baten al Qarn) se trouve au Nord-Ouest de la ville de Kairouan.

Le calife Abbasside Hârûn al-Rashîd aurait demandé au gouverneur d’Ifrîqiya, Harthama ibn  A‘yân, d’y édifier, en 180/796, le premier ribâṭ.

Les châteaux de Monastir selon al-Idrissi vol I p 258 « sont au nombre de trois ils sont habités par des religieux auxquels les Arabes ne font aucun mal et dont ils respectent les habitations et les vergers ». C’est à Monastir dit toujours al-Idrissi que les « habitants de la ville de Mahdia située à 3o milles vont par mer ensevelir leurs morts ». On lit aussi dans al-Bakri  notice de ME Quatremère que le grand palais de Monastir fut bâti par les ordres de Harthama ibn  A‘yân (émir Abbasside) l’an 18o de l’hégire et qu il s’y tient chaque année le 1o de Moharrem une foire importante qui attire une foule immense. Not et Ert t XII p 488 6



Ruines du bassin d'al-Abbâssiya, ville crée en l'an 800 par Ibrahim al-Aghlab
Ruines du bassin d’al-Abbâssiya, ville crée en l’an 800 par Ibrahim al-Aghlab

Tunisie, Al-Abbassiya, 800 (Les Abbassides -Aghlabides)

Description d’al-Abbasiya dans ‘ »l’Histoire de la Tunisie » : « Al-Abbàsiya est une ville princière fondée en 184/800 par Ibrahim Ibn al-Aghlab, quelques mois après son accession au trône, sur un ancien site romain dénommé Qasr al-Mâ. La ville, qui montre à travers son toponyme les liens très étroits entre les Aghlabides et les Abbassides, était nommée aussi al-Qasr al-Qadîm. Elle se trouvait à 3 km.au sud de Kairouan. Les sources, qui la présentent comme un lieu de villégiature et un camp imprenable, signalent plusieurs palais, un hôtel de la monnaie et une mosquée célèbre par son minaret rond à sept étages. De ces vestiges, rien ne subsiste. Seul un réservoir de petites dimensions est, de nos jours, reconnu. Il adopte le même parti technique que les bassins de Raqqâda à savoir : un réservoir sub-aérien consolidé par des contre forts arrondis et revêtu d’un solide mortier à tuileaux »   



Fès 801-17 (régent rachid idrisside) Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès
Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès

Maroc, Fès 801-17 (Les Idrissides) 

La ville « Médina Fès » a été fondée par le chérif alide Idris Ier en 789 à l’emplacement de l’actuel quartier des Andalous, mais la trace la plus lointaine de Fès est au niveau de la numismatique avec une pièce frappée en 801 et Idris Ier étant déjà mort, ce fut sous la régence de Rashid . En 808, le régent Rashid ibn Morshid fonde « al-Aliya » sur l’autre rive de l’oued de Fès. Al Aliya se développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kissariya (halle, marché).

Les sources d’eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l’emplacement pour la future métropole.

Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d’émigration : à partir de 817–818 s’installent dans la ville fondée par Idrîs Ier près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades des faubourgs de Cordoue. Peu de temps après environ 200 familles bannies de Kairouan en Ifriqiya (fuyant les persécutions des Aghlabides) s’installent sur la rive d’al-Aliya. La mosquée universitaire Quaraouiyine fondée par l’aristocrate d’origine kairouanaise Fatima el Fihriya au ixe siècle devient l’un des centres spirituels et culturels les plus importants de l’époque et participe à l’âge d’or intellectuel de la civilisation islamique. Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles d’Al-Andalus, et au-delà vers l’Europe d’où elle attire un grand nombre de savants et de mystiques y compris chrétiens comme Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu’une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et après la fondation de la mosquée universitaire Quaraouiyine le cœur religieux du Maghreb.

Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d’une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l’artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de développer une riche culture esthétique issue de la grande tradition de l’art arabo-andalou. Fès se trouve sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l’Afrique subsaharienne en passant par la grande cité commerciale de Sijilmassa (disparue au xviie siècle) dans la région de Tafilalet, ce qui augmente également son attrait économique.

Selon al-Qantara : « Le fait historique majeur du règne d’Idrîs II est sans doute l’achèvement de la fondation de Fès. Une tradition historiographique, véhiculée depuis le Moyen Âge, lui attribue à lui seul la fondation de la ville, mais les recherches historiques et numismatiques, ont prouvé que Fès a été fondée en deux étapes. D’abord, sous Idrîs Ier, un premier noyau est établi dès 789 sur la rive est de l’oued Fès ; il est appelé Madinat Fas, nom qui apparaît sur des monnaies frappées en 801 et 805. En 808, Idrîs II fonde sur la rive opposée un second centre, qui porta jusqu’au milieu du IXe siècle, le nom d’al-‘Aliyya. Le peuplement des deux noyaux est renforcé par l’arrivée en 814 de réfugiés andalous fuyant la répression qui suit la révolte du Faubourg (Rabad) de Cordoue, ainsi que par des populations originaires de Kairouan. Cet apport démographique donnera aux deux rives leurs toponymes : al-Andalus (rive des Andalous) et al-Qarawiyyîn (rive des Kairouanais). Fès restera une ville double, avec deux noyaux séparés dotés chacun d’une enceinte, jusqu’à son unification par les Almoravides au XIe siècle.

À la mort d’Idrîs II en 828, ses fils se partagent le territoire de la dynastie, et l’aîné Muhammad hérite de Fès. Le pouvoir idrisside désormais morcelé ne sera plus jamais réunifié. Les territoires gouvernés par les descendants d’Idrîs II sont essentiellement concentrés dans le nord du Maroc, avec quelques possessions dans le Tadla ou dans l’extrême sud du pays. Les Idrissides continuent à cohabiter avec d’autres dynasties locales : les Salihides de Nakkur, les Barghwatas des plaines atlantiques et les Midrarides de Sijilmasa. D’autres pouvoirs éphémères, mu`tazilites ou kharijites, sont également connus grâce à leur frappe monétaire »



basra maroc 796-803 Ruines de Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides.
Basra al-Hamra  ville des Idrissides

Maroc, Basra 796-803 (Les idrissides) 

Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides

La ville de Basra est fondée par les Idrissides et nommée d’après la ville de Bassora, en Irak. Elle apparaît en tant qu’atelier de frappe monétaire dès le début du ixe siècle.

Au xe siècle, le Maroc est la scène des confrontations, directes ou par alliés interposés, entre Omeyyades de Cordoue et Fatimides. En 926, les Idrissides sont chassés de Fèsmais conservent leur pouvoir sur certaines régions, principalement au nord-ouest du Maroc, dont la ville de Basra.

Le géographe arabe Ibn Hawqal, dont les voyages se déroulent de 943 à 969, décrit la ville desservie par deux ports fluviaux comme un centre de commerce florissant et une importante zone de production de coton et de céréales.

En 988, la ville est détruite par l’armée fatimide commandée par Bologhine ibn Ziri. Lorsque Léon l’Africain (1488-1548), découvre la ville, elle est intégralement en ruines. (D. Eustache, Al-Basra, capitale idrisside et son port. Hespéris, 1956, 133-195.=



Vue sur des ancienne maisons de Zabid
Vue sur des ancienne maisons de Zabid

Yemen, Zabid, 819 (Les Abbassides – Ziyyadides)

Zabid a  été fondée par Mohammed Ibn Ziyad en 819. C’est aussi la date de fondation de l’université, et le début de remarquables réalisations académiques en algèbre dans le monde arabe.

Zabid est l’une des villes côtières de la région de Tihama, dans l’ouest du Yémen, fondé par Muhamad Ibn Ziyad al-Umawi en 819 membre de la famille Omeyyade épargné par le calife abbasside al-Mamun, fondateur de la dynastie Ziyyadites.

La dynastie Ziyadide était une dynastie arabe Sunnite de souche Qurayshite par les Banu Umayyah (Omeyyades) qui régna sur l’ouest du Yémen de 819 jusqu’à 1018 à partir de la capitale de Zabid .

C’était le premier régime dynastique à exercer le pouvoir sur la plaine yéménite après l’introduction de l’islam depuis l’an 630 Jc.Zabid a rapidement acquis une réputation de ville de chercheurs.

À son apogée, sous les Rassoulides, elle offrait 5 000 places d’étudiants

Al-Khandaq, dit Candia, Chandax, actuellement Héraklion. en Crète

Crête, Al-Khandaq , 824-827 (Ribadi de Cordoue)

L’émirat de Crète est un État musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de la décennie 820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, qui conquirent la Crète.

Al Khandaq (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité.

Jusqu’en 961, la ville se développa grâce à la piraterie contre l’empire byzantin, car les Arabes qui l’occupaient ne dépendaient d’aucune autre faction du monde musulman (Tantôt fatimide de Mahdia, tantôt Abbasside de Baghdad, avec des renforts venant d’Afrique du nord (Alexandrie, Barqa)  ou du Moyen orient (Syrie-Palestine) étant eux-mêmes andalous) et par conséquent ne se souciaient pas de diplomatie.

Cette activité leur coûta néanmoins l’indépendance et bien plus, puisqu’après onze mois de siège, en 961, le général byzantin Nicéphore Phocas, futur empereur, reconquit la ville, la pilla, massacra l’ensemble des Arabes, et la réduisit en cendres.



Samarra 833 (calife abbasside mutasim) Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.
Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.

Iraq, Samarra 833 (Les Abbassides) 

Samarra , fondée en 833 par le calife abbasside Al-Mutasim, afin d’y installer ses mercenaires turcs recrutés la même année lors de son accession au califat. Écartée de Bagdad où elle molestait la population locale, la nouvelle garde du calife y vécut en véritable micro-société et Samarra devint alors la nouvelle capitale du monde musulman.

Lors de l’époque appelée « l’Anarchie de Samarra », les troupes abbassides maghrebine, turques et du Ferghana ce sont affronté pour imposés chacune  un calife.

Durant le règne de son successeur Al-Wathiq et davantage sous celui du calife Al-Mutawakkil, Sāmarrā se transforme en une ville commerciale. Ce dernier a été le garant de la construction de la Grande Mosquée de Sāmarrā en 847 avec son célèbre minaret en spirale.

Il conçoit également des parcs et un palais pour son fils Al-Mu`tazz.

Sous le règne d’Al-Mutamid, le califat retourne à Bagdad afin de fuir les exactions de la garde turque ayant assassiné Al-Mutawakkil en 861. Sāmarrā connaît alors un déclin prolongé, qui s’accélère après le xiiie siècle quand le cours du Tigre change.



Madrid Muhammad 860 et 880 C'est durant le règne de Muhammad Ier qu'est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane
C’est durant le règne de Muhammad Ier qu’est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane

Espagne, Madrid 860-880 (Les Omeyyades de Cordoue) 

La première trace historique de ce qu’est aujourd’hui la cité de Madrid, date de l’époque de la domination musulmane, concrètement à la fin du ixe siècle, quand l’émir cordouan Muhammad Ier (852-886) dresse une forteresse sur un promontoire près de la rivière du Manzanares, dans un lieu occupé actuellement par le palais royal. La fonction de cette forteresse est de surveiller les cols de la sierra de Guadarrama pour protéger Tolède, l’antique capitale wisigothe. Également celle de Ribat, c’est-à-dire, le point de rassemblement et de départ des campagnes contre les royaumes chrétiens du nord. Par exemple, en 977, Almanzor commence sa campagne à Madrid. Quand le califat de Cordoue se désintègre, Madrid fait partie du royaume taifa de Tolède.

À proximité de cette fortification, fut créée une petite enclave connue sous le nom de Mayrit (pour les chrétiens Magerit) laquelle fut l’objet de plusieurs attaques des rois chrétiens durant la Reconquête, par exemple, Ramiro II de León essaie de l’occuper en 932.

Lorsque Alphonse VI de León se rend à Tolède entre 1083 et 1085, la cité passe aux mains des chrétiens sans lutte, comme divers autres villages du royaume de Tolède.



La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte
La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte

Egypte,  al-Qata’i 868 (Les Abbassides – Tulunides)

Le turc Ibn Tulun, 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside. Les Touloumides voulurent créer leur résidence et choisirent au nord est d’Al-‘Askar, sur les pentes ouest de la colline qui allait accueillir ce qui deviendra la future citadelle, un espace d’un peu moins de 300 hectares pour implanter leur nouvelle fondation, al-Qatâ’i’. Celle-ci connut un développement similaire à celui d’Al-‘Askar un siècle plus tôt autour du palais d’Ahmad ibn Tûlûn et de la mosquée Ibn Tûlûn dont la construction commencée en 876 fut achevée en 879. Ahmad ibn Tûlûn fit également construire un hôpital et un aqueduc. Al-Qatâ’i’ est embellie par les descendants d’Ahmad ibn Tûlûn avant d’être détruite lors du retour des abbassides en 905. Il n’en reste que la mosquée.



Raqqada 876 (aghlabide abbasside) Le musée de Raqqada
Le musée national d’art islamique de Raqqada est un musée spécialisé dans les arts de l’Islam et situé sur le site archéologique de Raqqada près de Kairouan.

Tunisie, Raqqada 876 (Les Abbassides -Aghlabides)

Raqqada ou Raqqâda (رقادة) est le site de la seconde capitale de la dynastie des Aghlabides (ixe siècle) située à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Kairouan (Tunisie). Le site abrite maintenant le musée national d’art islamique.

En 876, le neuvième émir aghlabide Ibrahim II éprouve le besoin de changer de résidence pour trouver un endroit calme à l’abri du bruit de la ville. La nouvelle cité est pourvue de plusieurs palais et d’une mosquée. Les Aghlabides y fondent une fabrique de textiles et de papiers pour alimenter la Maison de la sagesse et des sciences (bayt al-ḥikma). À certains moments, Raqqada devient même plus grande que Kairouan.

En 909, Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie des Fatimides qui s’était installé à Kairouan, s’installe finalement à Raqqada. Il choisit une autre capitale et fonde la ville de Mahdia. Il se proclame lui-même calife en 909.

Le 7 juillet 969, les troupes du quatrième calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah entrent à Fostat en Égypte. Le calife fonde près de cette ville une nouvelle capitale qu’il nomment Le Caire. Al-Mu‘izz aurait fait raser Raqqada après la construction du Caire.

Après 1960, on construit sur le site d’une vingtaine d’hectares un palais présidentiel au milieu des quelques vestiges encore visibles ; il abrite depuis 1986 le musée national d’art islamique de Raqqada.

Des campagnes de fouilles engagées au début des années 1960 sur le site des anciens palais ont livré d’abondants fragments de céramiques à glaçure, dont des tessons et des carreaux à reflets métalliques ornés de motifs floraux et végétaux (feuille de vigne stylisée) ainsi que des coupes soigneusement décorées (coupe à l’oiseau datée de la seconde moitié du IXe siècle)


Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte 

Malte, Mdina, 869, (Les Aghlabides-Abbassides)

Mdina (Mdina vient de l’arabe médina qui signifie « ville »), Malte est une ville reconstruite et fortifié par les Aghlabides sur un ancien site antique du nom de Città Notabil. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »  

Fondée par les Phéniciens comme centre de commerce, au centre de l’île le plus loin de la mer, Mdina a été occupée par les Arabes qui ont divisé l’ancienne cité, qu’ils trouvaient trop grande pour être fortifiée, en deux villes distinctes : fondant ainsi  Mdina « la ville » et Rabat, de Rabat qui signifie « faubourg ».

Les différents noms de Mdina ont été Malet, Melita, Rabbat, Mdina et L-Imdina.

Sur le principal fort de Mdina:

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses « 

Miege, Histoire de Malte, p88


Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie
Derb, Medina Djdida, Oran,

Algérie, Oran 902 (Les Omeyyades de Cordoue)

Oran en Algerie fut fondé par l’émir Omeyyade Abd Allah en 902

Les émirs Omeyyades de Cordoue souhaitaient s’installer sur les côtes africaines.

Aux premiers signes de dislocation de l’empire abbasside, les Arabes d’Andalousie, au faîte de leur puissance, choisirent de développer des comptoirs commerciaux sur la côte nord-africaine.

Ainsi Oran fut fondée en 902  par les marins Omeyyade: Muhammad Ibn Abu Aoun et Muhammad Ibn Abdoun et un groupe de marins, envoyés par l’ émir Omeyyades de Cordoue Abd Allah ibn Muhammad al-Umawi  qui est le fils de Muhammad Ier, il est né le 11 janvier 844. Il succède à son frère Al-Mundhir comme émir omeyyade de Cordoue en 888 jusqu’en 912. Il laisse le pouvoir à son petit-fils `Abd ar-Rahmân III an-Nâsir. Il meurt le 15 octobre 912.

Emir à 44 ans, sa piété est appréciée de ses sujets. Il a cependant une réputation très dure, car les troubles durant son règne l’obligent à répandre souvent le sang : un de ses fils, soupçonné de trahison, et de nombreux rebelles. En effet, son accession au trône est le signal de plusieurs révoltes en Al-Andalus. Il bat définitivement l’ennemie  Omar Ben Hafsun (un goth de la shuhbiya anti-arabe), qui s’était rendu indépendant à Malaga et que son père et son frère avaient combattu en vain. De nombreuses autres révoltes éclatent, à cause de l’antagonisme entre les différentes composantes de la population : Arabes, Berbères, Muladi ou Mozarabes et Chrétiens.

Ce fut sous sont règne que la ville d’Oran dans l’actuel Algérie fut construite et qui servira a ses successeurs de base de lute contre les Ismaéliens Fatimides.

Ibrahim des Banu Hadjabj, gouverneur de Séville, prend même le titre de roi et son indépendance, qu’Abd-Allah est contraint de reconnaître. Il meurt en 912, laissant à son petit-fils `Abd ar-Rahmān III an-Nāsir un royaume agité, que ce dernier parviendra à pacifier et à soumettre.

Il épouse entre autres Oneca Fortúnez, fille du roi de Navarre Fortún Garcés et grand-mère d’Abd al-Rahman III.

Ils fondèrent la ville d’Oran pour commercer avec Tlemcen en développant l’occupation de la baie abritée de Mers el-Kébir.

Peu après sa fondation, Oran devient un objet de conflit entre Omeyyades sunnites et Fatimides chiites.

Le conflit entre des fractions des berbère des Ifrenides et les Fatimides et berbère kutamas s’amplifie.

En 954 la ville d’Oran est prise par les berbères Ifrenides commandés par Yala Ibn Mohamed. Sous ses ordres Oran fut détruite et sa population déplacée dans la nouvelle ville qu’il avait bâtie, Fekkan.

Les Fatimides prennent Oran grâce aux vassaux berbères Zirides, ces derniers reconstruisirent la ville d’Oran sur le site actuel.

Alors Ziri b. Ataya des Maghraouas et gouverneur du Maghreb reprend Oran et plusieurs villes des Sanhadjas.

Son fils Al Moez ibn Ziri b Ataya lui succède en 1005 et est gouverneur Omeyades au Maghreb. Son père lui lègue Oran, Tlemcen, Achir, M’Sila, etc

Al-Bakri le célèbre géographe arabe reviens sur la fondation Omeyyade  d’Oran :

« Oran, située à quarante milles d’Arzao , est une place très-forte ; elle possède des eaux courantes, des moulins à eau , des jardins et une mosquée djamê. Elle eut pour fondateurs Mohammed ibn Abi Aoun, Mohammed ibn Abdoun et une bande de marins andalous qui fréquentaient le port de cet endroit. Ils accomplirent leur entreprise après avoir obtenu le consentement des Nefza et des Mosguen [tribus qui occupaient cette localité]. Les Mosguen faisaient partie [de la grande tribu berbère] Azdadja.

[Ces Andalous] qui avaient été les compagnons d’El-Corachi, ( El-Corachi, c’est-à-dire membre de la tribu de Coreich. Il s’agit probablement du général Omeyyades Andalous Abd el-Mclek ibn Omaîa, qui fut mis à mort l’an 282 (8g5-6 de J. C). Voyez l’extrait du grand ouvrage bistorique d’Ibn Haiyan, que M. de Gayangosa inséré dans sa traduction d’ Ël-Maccari , vol. II, p. 454.) fondèrent Oran en l’an 290 (902-903 de J. C). Ils y séjournèrent jusqu’à l’an 297, quand une foule de tribus se présentèrent devant la ville et demandèrent l’extradition des Beni Mosguen , afin d’exercer contre eux une vengeance de sang. Les Andalous ayant refusé de les livrer, ces tribus commencèrent des hostilités contre la ville, la blo quèrent étroitement et empêchèrent la garnison [de sortir pour puiser] de l’eau. Les Beni Mesguen pro fitèrent enfin d’une nuit obscure pour s’enfuir de la place et se mettre sous la protection des Azdadja. Les habitants, se voyant sur le point de succomber, consentirent à livrer leur ville, leurs trésors et leurs approvisionnements, à la condition de pouvoir se retirer la vie sauve. Oran fut saccagée et brûlée par les vainqueurs ; ce qui eut lieu dans le mois de dou-‘l-càda 297 (juillet-août 910 de J. C). Une an née plus tard, les habitants y revinrent avec l’au torisation d’Abou Homeid Doouas, ou Dawoud ibn Soulat, gouverneur de Tîhert. Au mois de châban de l’année suivante (avril-mai 911), la ville com mença à se relever et elle devint plus belle qu’au paravant. Dawoud ibn Soulat el-Lahîci leur donna pour gouverneur Mohammed ibn Abi Aoun. La  ville ne cessa de s’agrandir et de prospérer jusqu’à l’an 3 43 .quand Yâlaibn Mohammed ibn Saleh l’ilrc- nide s’en empara , après avoir attaqué et mis en dé route les Azdadja du mont Guèdera1. Cette bataille eut lieu le samedi 1 5 djomada de l’année susdite (septembre-octobre o5/i de J. C).

Dans le mois de dou-‘l-câda de la même année (mars 955), Yàla transporta les habitants d’Oran à la ville qu’il venait de fonder et qui est connue [par le nom d’IJtjan ou Fekkan]. Oran fut alors dévastée et brûlée pour la seconde fois, et elle resta dans un état d’abandon pendant quelques années. Les habitants ayant alors commencé à y rentrer, la ville se releva de nouveau.  » al-Bakri op cit. p.165 166 167



Msila muhamadiya 925 (bani hamdoun et fatimide) Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie
Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie

Tunisie, Mahdia 916  (Les Fatimides)

L’année 916 voit l’arrivée du premier calife fatimide Ubayd Allah al-Mahdi qui ordonne la fondation de Mahdia, dont la construction s’étale sur cinq ans, et qui lui donne son nom actuel. La ville devient ainsi la capitale des Fatimides en 9216 et le reste jusqu’en 973, date à laquelle Mahdia est remplacée par Le Caire. Assiégée durant huit mois (944-945) par les kharidjites sous la conduite de leur chef Abu Yazid, la ville résiste victorieusement. En 1057, les Zirides s’y réfugient face à la menace des Hilaliens.

Ibn al-Athir relate la fondation d’al-Mahdia par le calife Ubayd Allah al-Mahdi :

 « En 303 (16 juillet 915), le Mahdi se rendit en personne à Tunis, à Carthage et ailleurs pour rechercher sur le littoral un emplacement convenable pour y fonder une ville, car il avait trouvé dans les livres l’annonce du soulèvement que fomenterait Abou Yézid contre lui. C’est ainsi qu’il bâtit Mehdiyya, pour laquelle il ne trouva aucun emplacement ni plus convenable, ni plus sûr, car c’est une presqu’île jointe à la terre (par un isthme), ce qui la fait ressembler à la paume de la main se rattachant au poignet. Il l’édifia pour en faire sa capitale et l’entoura de murailles solides garnies de portes imposantes, dont chaque battant pesait cent quintaux. Les travaux de construction commencèrent le samedi 5 dhoû’ l-k’a’da 303 (10 mai 916). Quand les murailles furent montées, il fit lancer par un archer une flèche dans la direction-du Maghreb, et le projectile arriva jusqu’au Moçalla : « C’est jusque-là, » dit-il, « qu’arrivera le maître de l’âne, » désignant ainsi l’hérétique Abou Yézid, à cause de l’animal qui lui servait de monture. Il donnait lui-même aux ouvriers les ordres nécessaires pour les travaux. Il fit ensuite creuser dans la montagne un arsenal (dâr çinâ’a) pouvant renfermer cent galères[291] et qui était fermé par une porte ; le sol fut creusé pour y installer des magasins à vivres et des citernes. On éleva aussi des habitations et des palais. Quand tout fut fini : « Je suis maintenant », dit-il, « tranquille quant au sort des filles fatimides, » désignant ainsi ses propres filles.[292] Ensuite il s’éloigna. Il disait, en contemplant les merveilleux travaux accomplis tant pour la ville même que pour ses fortifications, que tout cela n’était que pour une heure. Son dire se réalisa, car Abou Yézid arriva jusqu’à l’endroit où était tombée la flèche de l’archer, y séjourna une heure, puis se retira sans avoir obtenu aucun succès. »



Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila-Muhammadiya en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Algerie, Msila Muhamadiya 925 (Les Fatimides) 

Fondation de la ville de Msila Muhammadiya, , par Ibn al-Athir revient sur la fondation  d’origine arabe de la ville de Msilla i :

« En 315, au mois de çafar (avril 927), le Mahdi fatimide envoya de Mehdiyya au Maghreb une armée considérable sous les ordres de son fils Abou’ l-K’âsim, ce qui était motivé par la victoire remportée par Mohammed ben Khazer Zenâti sur uns armée de Ketâma et le grand massacre qu’il avait fait de ceux-ci.  L’importance attribuée par le Mahdi à cette affaire lui fit décider l’envoi de ces troupes, dont la mise en marche provoqua là dispersion des rebelles. Après avoir poussé jusqu’au delà de Tahert, Abou l-Kasim revint sur ses pas et traça avec sa lance, sur le sol même, le plan d’une ville qu’il fonda, et à laquelle il donna le nom de Mohammediyya, laquelle n’est autre que Mesîla. »

— Traduction française de ibn al-Athir du kitab (livre) Al-Kamil fi al-Tarikh, p. 116.

Le géographe et historien arabo-andalou al-Bakri (1014-1094), dans sa Description de l’Afrique septentrionale revient sur la fondation par les Banu Hamdun al-Judhami sous suzeraineté fatimide:

« De cala-t-Abi Tawil on ce rend à El-Msila (ou El-Mecila) grande ville située sur une rivière appelé le Seher. Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd’Allah (le calife fatimide), qui en posa les fondements en l’an 313 (925-926 de notre ère). Ali ibn Hamdoun al-Judhami, mieux connu sous le nom d’Ibn al-Andalusi, fut la personne chargée de faire construire cette ville. Simak ibn Messaud ibn Mansour, l’aïeul d’Ali ibn Hamdoun appartenait à la famille arabe de Djudham (ancêtre de la grande tribus yéménite qahtanite dite « arabe pure »). Nommé par Ismail (fatimide) au gouvernement d’El-Mecila (M’Sila), Ali ibn Hamdoun y passa le reste de sa vie, il fut tué pendent les troubles suscitées par Abou Yezid (le kharijite). Son fils Djafar, qui n’avait pas quitté la ville obtient le commadement du Zab entier (…) »

— Traduction française de Mac Guckin de Slane, de la Description de l’Afrique septentrionale par al-Bakri, pp. 141 et 142.



Madinat az-Zahra la ville arabe construite par les Omeyyades d'Occident
Madinat zahra 936 (omeyyade andalous)

Espagne, Madinat zahra 936 (Les Omeyyades de Cordoue)

Madinat al-Zahra ou medina Azahara (Arabe: مدينة الزهراء) était une cité califale Omeyyade  construite à partir de 936 par les Omeyyades d’Espagne sous le règne de Abd al-Rahman III en l’honneur de sa favorite prénommée al-Zahra (الزهراء, resplendissante).

Des trois terrasses s’étendant au pied de la sierra Morena, des fontaines de mercure et des marbres sertis de rubis et de perles, il ne reste aujourd’hui qu’un vaste espace de ruines. Entièrement détruite et pillée lors d’une invasion de Berbères en 1010 due à une fitna, cette ancienne ville-palais est aujourd’hui un site archéologique en cours de restauration.

La ville nouvelle d’une surface d’environ de 112 ha, avec sa mosquée, ses bains, et ses souks, avait pour fonction la protection des représentants du pouvoir, compte tenu de l’agitation perpétuelle de la cité deCordoue, toute proche (8 km).

Les trois terrasses marquent l’organisation du palais : la terrasse la plus élevée est réservée au palais califal et les deux autres accueillent les bâtiments administratifs, la mosquée, le souk, les habitations des commerçants et fonctionnaires…

La Madinat al-Zahra était embellie par un immense jardin et vergers, fruit des connaissances en botanique et systèmes d’irrigation des arabes à cette époque.

Elle présente une grande enceinte rectangulaire 1 500 × 750 m) enserrant un ensemble d’éléments juxtaposés conçus comme des structures indépendantes. Chaque élément regroupe une série de pièces situées autour d’un patio central, dont une généralement se démarque par sa taille et l’exubérance de la décoration.



Achir 935 (fatimide et ziride)
Achir 935 (fatimide) Selon Lucien Golvin, qui a entrepris des fouilles sur le site en 1954, Achir est composée de deux cités distinctes. Achir, la capitale de Ziri et Benia, construite postérieurement par son fils Bologhine, 2 km plus au sud.

Algerie, Achir 935 (Les Fatimides)

Achir est une ancienne ville Fatimide d’Algérie, lieu d’établissement » des gouverneur Zirides ( la dynastie ziride débute en seulement en 972 elle est donc ville fatimide.) , sous suzerainté Fatimide située à une altitude de 1 280 m  dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (Wilaya de Médéa). La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir. Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur.

L’éponyme de la dynastie berbère Sanhadja, Ziri ibn Menad, qui héritait de la domination sur l’Ifriqiya, avait été le lieutenant fidèle et actif des Arabes Fatimides. Dans leurs luttes contre les soldats d’Abou Yazid et contre les Zénètes, qui dominaient à l’ouest de Tiaret, ses interventions avaient joué un rôle décisif.

Aussi, le Calife Fatimide al-Qaim l’avait-il autorisé à affirmer sa jeune puissance par la construction, en 935-936, d’une capitale qui lui servit de place forte .

Georges Marçais, qui a recherché sur place les vestiges des constructions zirides, a montré qu’ils révèlent les progrès du fondateur de la dynastie.

Au début du xie siècle, Al Bakri rapporte que « l’on assure que, dans toute la région, il n’y a pas de place qui soit plus forte, plus difficile à prendre et plus propre à décourager l’ennemi », car dix hommes suffisent à défendre.

Quand, en 972, le calife fatimide Al-Mu’izz quitte le Maghreb pour l’Égypte, il confie l’administration de l’Ifriqya à Bologhine, le fils de Ziri. Celui-ci quitte Achir pour s’installer à Kairouan, mais il va garder des liens étroits avec Achir où sa famille va demeurer.

En 1048, Yusuf Ibn Hammad la prend et la pille ; en 1076, les Zenata l’occupent. Reprise par les Hammadites, elle est dévastée, en 1101, par Tachfine ben Tinamer, le maître de Tlemcen.



File:Palais ElMansour 5.JPG
Ruines du palais fatimide d’Al-Mansur

Tunisie, Sabra al-Mansuriyya 946 (Les Fatimides) 

Al-Mansuriya ou Mansuriyya (arabe : المنصوريه) est une ancienne cité située près de Kairouan en Tunisie. Elle est pendant un siècle la capitale du califat des Fatimides durant le règne des califes Al-Mansur(946-953) et Al-Muizz li-Dîn Allah (953-975).

Bâtie entre 946 et 972, al-Mansuriya est une cité fortifiée abritant des palais entourés de jardins, de bassins artificiels et de canaux. Pour une courte période, elle est le centre d’un État puissant s’étendant sur la plus grande partie de l’Afrique du Nord et la Sicile. Elle continue de servir de capitale provinciale aux Zirides jusqu’en 1057, date à laquelle elle est détruite par l’invasion des tribus hilaliennes.

Tout objet utile ou relique y est pillé durant les siècles qui suivent. De nos jours ne subsistent que de faibles traces.


File:Calascibettadepuisenna.JPG
Calascibetta

Sicile, Calascibetta 951, (Les Kalbides -Fatimides) 

Calascibetta sicile 2km de l’Enna en Sicile, fut construite par les Kalbides en 951 , et elle fut prise par Roger en 1087,  Calascibetta tient son nom de l’arabe Qalat-Scibet fondée lors du siège d’Enna par les Kalbides en 951. Selon Joseph-Antoine de Gourbillon  dans son livre  « Voyage critique à l’Etna » (p208) en 1819, disait sur Calascibetta « petite ville dépendante encore du val Nôto. Cette ville comme son nom l’indique  fut fondée par les Sarrasins qui en firent d’abord une place forte » 

« Presque tous les lieux dont le nom commençait par Rahal et Menzil n’existent plus ceux qui sont encore debout tels que Misilmeri Realbutô et quelques autres sont de simples villages les lieux au contraire dont le nom commence par Calaat et Cassar quoique bien moins nombreux que les précédents si à l aide des anciens documents on en dresse une liste comparative se trouvent en bien plus grand nombre encore existant sur le sol Ils indiquent en général des villes de troisième ordre bâties sur des hauteurs telles sont Galtanissetta Caltagirone Calascibetta Caltabelotta et bien d’autres » introduction  « Histoire de l’Afrique sous la dynastie des Aghlabites et de la Sicile »



(fatimide), photo du Caire fatimide

Egype, Le Caire 969 (Les Fatimides) 

Conquérant de l’Égypte à la tête des troupes fatimides, Jawhar al-Siqilli ou al-Siqilli installe en 969 sa fondation sur 136 hectares, Qâhira, au nord des anciennes fondations. Le site offre l’avantage d’être à l’abri des crues du Nil et à l’écart de Fustât et de ses populations chrétiennes et sunnites. Jawhar fait construire un palais (le palais de l’Est) pour accueillir le calife et la Mosquée al-Azhar, centre de la propagande chiite sur l’Égypte. Les contingents de l’armée, d’origine tribale, furent installés par cantonnements, qui devinrent rapidement des quartiers. Le 10 juin 973, tout était prêt pour accueillir le calife Al-Muizz li-Dîn Allah qui y transféra sa capitale. Qâhira s’affirma alors comme la capitale administrative, culturelle et religieuse de la dynastie fatimide, tandis que Fustât demeurait le cœur économique et concentrait l’essentiel de la population.

Le calife Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah, qui succède à al-Mu’izz fait construire à Qâhira pour sa fille aînée un second palais, en face du palais de l’est ou Grand Palais qui s’étend sur 9 hectares, le petit palais de l’Ouest qui s’étend sur 4,5 hectares. Les deux palais s’étendent de part et d’autre de la rue principale de Qâhira. Tracée par al-Mu’izz elle traverse la ville du nord au sud, de la porte, en son milieu elle forme une grande place appeléeentre-les -deux-palais. Le palais du vizirat (Dâr al-Vizâra), résidence des vizirs est construit à partir de 1094. Les palais de Qâhira, et particulièrement le Grand Palais, font l’admiration des voyageurs. Les palais ne forment pas une structure compacte, mais sont constitués de multiples pavillons, de places, de jardins. Le quartier des palais de Qâhira est le cadre des cérémonies et processions de cour. Son accès est strictement réglementé. Autour de celui-ci les zones d’implantations des contingents militaires évoluent rapidement. De nouvelles populations occupent les espaces laissés libres entre les implantations. Qâhira se transforme en véritable ville. Réservée au départ au calife, à sa cour et à son armée, Qâhira attire cependant une population nombreuse pour servir aux palais ou les construire. Du fait de l’éloignement avec Fustât les activités commerciales et artisanales se développent à Qâhira qui commence à s’entendre hors des limites fixées par Gawhar. Au Nord, ‘Azîz puis Al-Hakim bi-Amr Allah font construire la grande mosquée al-Hâkim, à l’ouest, des jardins et des pavillons forment une zone de promenade appréciée, au sud, des quartiers apparaissent sur la route menant à Fustât. Ces extensions, encore modestes, amènent le grand vizir Badr al-Gamâlî, à construire entre 1087 et 1092 une nouvelle enceinte qui porte la superficie de Qâhira à 160 hectares. (images portes Bâh al-Futûh 1087 et Bâh al-Nasr)



Bust, Afganistan, était la capitale militaire d'hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement
Bust, Afghanistan,source 

Afghanistan, Bust, 976 (Les Ghaznévides)

Bust, Afghanistan, était la capitale militaire d’hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement au tout début de la dynastie. (Stéles arabes de Bust (Afghanistan) Janine Sourdel-Thomine -« Arabica », III, 1956, 285-306.)

La ville antique de Bust sur la rive est de la rivière Helmand, dans le sud de l’Afghanistan a été peuplé dès le septième siècle avant JC mais n’ a vécu son âge d’or que sous les Ghaznévides, qui y ont établi leur capitale d’hiver en 976. Un camping militaire, situé à six kilomètres au nord de la capitale, sur la rive orientale de la rivière Helmand, est devenu leur site de prédilection pour y  installer les palais et a grandi jusqu’au XIe siècle, dans une banlieue royale fortifiée. Son nom arabe, Lashkari Bazar, rejoint le mot militaire « Al-‘Askar » avec « Bazaar », en référence à la rue du marché sur le long menant à la porte sud de la banlieue. (L’équivalent persan est « Lashkargah, ou la place du soldat.) Lashkari Bazar a été brûlé en 1150-1151 lors de la conquête du ghouride ‘Ala al-Din Jahansuz (ou Husayn II, reg. 1149-1161) et a été restauré dans le cadre de la dynastie ghoride

Bazar et de la Mosquée

Le Palais du Sud a été précédée au sud par une vaste court fortifiée, dont la grille se trouvait à l’extrémité sud d’une rue d’un  bazar – avec quatre cent cinquante mètres de long avec plus d’une centaine de stands – qui a donné son nom à la royale banlieue. Les fondements d’une mosquée publique ont été excavées le long du bord ouest de l’esplanade du palais. Archnet source

Subuktugîn — transcrit aussi par Sabuktagin ou Sebük Tigin — (né vers 942 et mort en août 997) est le fondateur de l’empire et de la dynastie des Ghaznévides dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui.

Subuktugîn naquît à Barskhan. Esclave, il épousa la fille de son maître Alptegîn, le gouverneur des Samanides de Ghaznî, lui succéda comme gouverneur en 977 et se libéra bientôt de la suzeraineté des Samanides en décadence. En 986, il défît le râja Jayapâlaqui régna sur Kaboul, Lâhore et Bathinda.

Le reste de sa vie fut occupé à la conquête d’un territoire correspondant à la majeure partie de l’Afghanistan moderne. Subuktugîn mourut à Balkh pendant une campagne, après avoir désigné son deuxième fils Ismail comme successeur. Ce dernier fut rapidement renversé par son frère ainé Mahmoud qui s’empara du pouvoir.

Articles connexes :



Le Mahdisme dans l’histoire :

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Minaret Almohade de Safi, capitale de la région Dukala-Abda.  Afin de lutter contre les païens berghwata, les Almoravides et ensuite leurs successeurs les Almohades menèrent une guerre incessante et édifièrent plusieurs forts  et ribat pour défendre les cités musulmanes et mener le jihad contre ces infidèles

Salih ibn tarif le Berghwata

Salih ibn tarif, le deuxième roi païen berbère des  Berghwata état s’étendant sur la région de la Tamesna dans l’actuel Maroc au niveau de l’actuel Rabat qui dura entre 744 et 1058, il ce proclamait prophète d’une « religion » satanique au cours du  8ème siècle. Il est apparu au cours du califat d’Hisham ibn Abd al-Malik l’Omeyyade en 744 JC. Selon les sources comme Ibn Khaldoun ou Al Bakri  , Salih affirma avoir reçu une nouvelle révélation , en langue berbère, avec un livre en 80 chapitres

Certains militants berbéristes modernes le considèrent comme un héros pour sa résistance à la conquête arabe et sa fondation de l’Etat Berghwata.

Il aurait aussi déclaré être le dernier Mahdi, et que Issa (Jésus) aleyhi salam, serait son compagnon. Il proclama que son nom en arabe était Sālih, en syriaque « Mālik », en hébreu « Rūbyā », et en berbère « Ouryaora » et  en persan « danichmend » et que après lui il n’y aurait pas d’autre prophète. (sic)

Après avoir atteint l’âge de 47 ans, il se dirigea vers l’est du royaume, et promis de revenir au cours du règne du septième roi Barghwata. Il conseilla à son fils Ilyās de soutenir les Omeyyades de l’Andalousie afin de contrecarrer les Idrissides de Fès, mais de ne révéler sa religion, qu’une fois devenu assez puissant. Ce qui advint lors du règne de son petit-fils Yūnus. Sälih ben Tarīf se considérant lui-même comme le successeur du Messager d’Allah Mohammed  (paix et bénédiction d’Allah sur lui), et affirmait être en mesure de parler avec les morts et de soigner les malades.  Il leurs disait de lécher la salive de leurs gouverneur pour acquérir le savoir..

Les princes et califes d’Espagne et d’Afrique, des Idrissides,  des Omeyyades, et des Fatimides faisaient pendant ce temps et plus tard des  expéditions et des « guerres » contre ses mécréants de berghwata, ces guerres  ont laissé grands souvenirs chez les Musulmans du Maghreb.

La religion promu par le kafir Sälih fût détruite au XIe siècle par les Almoravides et ne survivra qu’en îlots isolés, que les Almohades réduisirent,dans leurs régions en y installant des arabes hillaliens.


Kufa, Iraq 1932
Kufa, Iraq 1932

Abdallah ibn Mu’awiya 

Abdallah ibn Mu’awiya était un descendant de Ja’far ibn Abi Talib (Radi Allah anhu). À la fin de l’année 127 AH / 744 JC, les  chiites de Koufa en Irak l’ont mis en place comme imam. Il se révolta contre le calife Omeyyade Yazid III, avec le soutien des chiites de Koufa et de Ctésiphon. Il a déménagé à l’ouest de l’Iran entre Ispahan et Istakhr et a réussi à contrôler tout l’ouest de l’Iran pendant deux ans.

Enfin, il a été vaincu par les armées du calife  Omeyyade Yazid III en 746-7 jc et a fuit à Harat dans le Khorassan. Il serait mort emprisonné par le général Abbasside Abu Muslim al-Khurasani.

Ses disciples ne croyaient pas sa à mort et ils disent qu’il est en occultation et qu’il reviendrait comme Mahdi.  

Voici le récit par l’historien Ibn al-Tiqtaqa :

« Ce fut sous son règne ( le calife Omeyyade MARVÂN II (744 -750)que se révolta Abd-Allah,  fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, fils d’Abou Thâlib.

Voici en résumé ce qui se passa : lorsque l’autorité des Omeyyades fut ébranlée, et que Marwân fut proclamé khalife, les guerres civiles éclatèrent entre les hommes. La discorde se mit entre eux, chacun ayant une opinion différente et une manière de voir personnelle. Il y avait alors à Koûfa un descendant de Djafar al-Tayyar, nommé ‘Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, fils d’Abou Thâlib. C’était un homme éminent, un poète ; son ambition lui dicta le désir de l’autorité. Les gens de Koûfa étaient témoins du désarroi qui régnait à Damas et de l’ébranlement de la puissance des Omeyyades. Ils se présentèrent chez cet ‘Abd-Allah, le proclamèrent khalife et se groupèrent autour de lui en nombre. L’émir,  alors préposé à Koûfa, sortit avec ses partisans et livra bataille aux révoltés. Les deux partis résistèrent quelque temps l’un à l’autre, mais à la fin les gens de Koûfa demandèrent à l’émir quartier pour eux-mêmes et pour ‘Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, et la liberté de se rendre où ils voudraient dans les contrées d’Allah. L’émir de Koûfa et ses partisans étaient lassés de combattre : il leur accorda donc le sauf-conduit. ‘Abd-Allah se dirigea vers Madâ’in (Ctésiphon), traversa le Tigre, s’empara de Houhvân et de ses environs, puis il se dirigea vers les pays de la Perse et y conquit les hauts plateaux, Hamadhan, Ispahan et Rey. Quelques Hachémites s’y joignirent à lui et il se maintint dans cette situation pendant un bon laps de temps.

Or Abou Mouslim du Khorasan avait acquis une puissance redoutable. Il marcha contre cet ‘Abd-Allah et le tua. Puis il fit apparaître la dynastie ‘abbâsside. »  (ibn al-Tiqtaqa, Kitab al-Fakhri)


Temple de Sahlah où est attendu le Qaïm chiite
Temple de Sahlah où est attendu le Qaïm chiite (Dajjal)

Muhammad ibn al-Hasan al-Mahdi

Muhammad ibn Ali ibn Hasan (29 Juillet CE 869/15 Sha’ban 255 AH -?), Plus communément appelé Muhammad al-Mahdi, est le douzième imam des chiites duodécimains. Il est considéré par les chiites duodécimains comme étant le Mahdi, le « sauveur ultime de l’humanité et l’Imam finale des Douze Imams », les chiites croient qu’il est né en 869 à Samarra (actuel Irak). Pour les chiites duodécimains, il est le dernier imâm, il succéda à son père Hasan al-Askarî en 874. Selon la croyance chiite rafida , il n’est pas mort et restera caché (occulté) jusqu’aux derniers jours. Il reviendra alors sous les traits du Mahdi….


Le fondateur de la dynastie des fatimides Ubayd Allah al-Mahdi , ces proches et son armée en Ifriqiya (Peinture Tunisienne)
Le fondateur de la dynastie des fatimides Ubayd Allah al-Mahdi , ces proches et l’armée  fatimide en Ifriqiya (Peinture Tunisienne)

Ubayd Allah al-Mahdi 

‘Ubayd Allah al-Mahdî est né Khouzistan  873. Il a pris la succession de Radi ‘Abd Allah az-Zaki comme imâm des ismaéliens en 881. Il est mort en Ifriqiya le 3 mars 934. Les Ismaéliens prétendaient descendre de l’Imâm Ismâ`îl Ibn Ja`far As–Sâdiq (7e imâm), un descendant direct de l’Imâm `Alî et de la fille du prophète – paix et bénédictions sur lui-, As-Sayyidah Fatimah Az-Zahrâ’. Il mena sa propagande en Ifriqiya chez les Kutama dans l’actuelle Algerie 

Les ‘Ubaydiyīn nuisaient plus à la Religion de l’Islām que les Tattār eux-mêmes, comme l’a  mentionné Adh-Dhahabī. Parmi eux il y avait ceux qui maudissaient ouvertement les Prophètes. Quant au fait de maudire les Sahābah, c’était sans limite. As-Suyūtī a mentionné Abī Al-Hasan Al-Qābisī, « Ceux qui ont été tué par ‘Ubayd Allāh et ses fils parmi les savants et  serviteurs se comptent au nombre de quatre mille hommes, [lors d’une tentative] de les détourner de leur satisfaction envers les Sahābah, mais ils ont choisi la mort [au lieu de cet égarement]. Il a dit, ‘Si seulement [Ubaydullāh] était un Rāfidī uniquement. Mais il était un Zindīq.’ » (Tārīkh Al-Khulafā’ p.13).

L’imam Ibn al-Qayyim al-Jawziya sur le « Mahdi » Ubayd Allah :

« Ubaïd Allah ibn Maïmûn el Qaddâh s’est fait passé également pour le Mahdî. Son grand-père était juif. Issu d’une famille mazdéenne, il revendiquait mensongèrement qu’il était affilié à Ahl el Baït (la famille prophétique). Selon lui, le Prophète (Salla L-ALLAHU `aleyhi wa salam) aurait annoncé sa venue prochaine. Il  a réussi à prendre de l’ampleur et fonda une dynastie formée d’athées et d’hypocrites, qui installèrent leur pouvoir dans le Maghreb, en Égypte, dans le Hijâz et le Shâm. Durant leur règne tyrannique, l’Islam se sentait étranger. Chaque héritier revendiquait la divinité. Les rois Qarmates étaient Bâtinites ; ils assumaient notamment qu’il existe une lecture ésotérique allant à l’encontre des textes exotériques ou littéralistes. Ils se cachaient derrière le Râfidhisme pour mieux répandre leur athéisme. Leur règne perdura jusqu’au jour où Allah délivra les musulmans de leur joug par les mains de Salâh ed-Dîn, Yûsuf ibn Ayyûb. »

Extrait du livre : el Manâr el Munîf d’un grand savant ibn el Qayyim el Jawziya (p. 141-154).


La mosquée du premier sultan Almohade Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali (524–58 1130–63) Elle fut construite en 1153 par Abd el-Moumen en hommage au mahdi Ibn Toumert a Timnel haut atlas au Maroc
La mosquée du premier sultan Almohade Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali (524–58 1130–63) Elle fut construite en 1153 par Abd el-Moumen en hommage au mahdi Ibn Toumert a Timnel haut atlas au Maroc

Ibn Toumert 

Le berbère  Ibn Toumert (c 1080 -.. C 1130), est un tyran qui à cherché à réformer le mouvement  islamique almoravide alors en décadence au début du 12ème siècle. Il est rejeté à Marrakech et d’autres villes, il se tourna vers les Masmuda (tribu berbère) dans les montagnes de l’Atlas (Maroc) pour leurs soutien.

Bien que se déclarant Muwahid, et aussi le Mahdi, imam et masum (littéralement en arabe: innocent ou libre du péché), Muhammad ibn Abdallah ibn Toumert à consulté un conseil de dix de ses anciens disciples, ce conformant au gouvernement traditionnel représentative berbère datant du paganisme. 

L’imam ibn al Qayyim al Jawziya sur Muhammad ibn Tumart le fondateur des Almohades :

« Quant au Mahdî du Maghreb, il s’incarne en la personne de Mohammed ibn Tûmart qui était un grand menteur et un tyran. Il a rendu licite de verser le sang des musulmans, de prendre leurs femmes, de capturer leurs enfants, et de s’emparer de leurs biens. Il était largement plus mauvais qu’el Hajjâj ibn Yûsuf. Il dissimulait ses complices dans des tombes afin de dire aux visiteurs que leur maître était le Mahdî annoncé par le Prophète صلى الله عليه وسلم. Le soir, il faisait enfouir sous la terre ses propres complices devenus les témoins embarrassants de sa supercherie. Il donna à ses adeptes le nom de Jahmiya Muwahhidûn. Ils reniaient en effet les Attributs divins tels que la Parole, l’élévation au-dessus de la création, l’établissement sur le Trône. Ils s’opposaient également à ce que les croyants puissent voir le Seigneur de leurs yeux, le Jour de la Résurrection. Il a rendu licite le sang de tous ses opposants parmi les savants et les croyants. » Il se faisait appeler le « Mahdî parfait ».

Extrait du livre : el Manâr el Munîf d’un grand savant ibn el Qayyim el Jawziya (p. 141-154).


Tombeau de Muhammad Jaunpuri
Tombeau de Muhammad Jaunpuri, Farah, Afghanistan.

Muhammad Jaunpuri 

Muhammad Jaunpuri (9 Septembre 1443-1423 Avril 1505) est un charlatan né dans le nord de l’Inde dans Jaunpur (aujourd’hui Uttar Pradesh). Muhammad Jaunuri ce disait être un descendant de Musa al-Kadhim ibn Ja’far as-Sâdiq .

Il à prétendu être le Mahdi à trois reprises, d’abord dans  la ville sainte de La Mecque, juste en face de la Kaaba (entre rukn et maqam) dans l’année 901 de l’hégire, et plus tard deux fois en Inde, attirant un grand nombre de disciples, et l’opposition des oulémas.

Ses cinq députés étaient Sani e Mahdi, Shah Khundmir, Shah Neymath, Shah Nizam et Shah Dilawar.

Muhammad Jaunpuri est mort en 1505, âgé de 63 ans, à Farah, Afghanistan. Ses disciples, appelés les Mahdavis, continuent d’exister et sont centrées autour de la ville indienne de Hyderabad, bien qu’il y  des communautés Mahdavites dans le Gujarat, le Karnataka, le Madhya Pradesh et le Maharashtra, ainsi que dans le Pakistan et à l’étranger aux États-Unis, Canada, Australie, Afrique et le Royaume-Uni. 


Ahmed ibn Abi Mahalli 

Ahmed ibn Abi Mahalli al-Abbasi as-Sijilmassi al-Filali,(1559-1613), originaire du du sud du Maroc né a Sijilmassa , il  était Qadi et savant qui se proclama Mahdi et conduit une révolution (1610-1613) contre les saadiens, il ce revendiqua de la tribu des Abbassides 

« Quand, en effet, dans le portrait-robot qu’il dresse du Mahdi canonique, Ibn Abî Mahallî dit que celui-ci s’appelle Ahmad (ou Muhammad, c’est la même chose) et qu’il descend de la Maison du Prophète par la lignée de son oncle al-‘Abbâs b. ‘Abd al-Muttalib, c’est en fait de lui qu’il parle. » (Houari Touati p. 137-156)

.« On raconte qu’à ses débuts Ibn Abî Mahallî fréquentait Ibn Abî Bakr al-Dilâ’î. Le pays était alors infecté d’abominations (manâkir). Un soir, il dit à son compagnon : « Que dis-tu si demain nous sortions voir les gens pour leur recommander le bien et leur interdire le mal ? ». Ibn Abî Bakr, qui ne l’approuva pas, descendit le lendemain à la rivière, fit ses ablutions et retourna s’acquitter de sa prière et de la récitation de sa litanie quotidienne (wird). Quant à Ibn Abî Mahallî, il alla voir les gens, leur reprocha leur conduite et se disputa si longtemps avec eux qu’il en oublia de faire sa prière. A la fin de journée, il n’avait encore atteint aucun des résultats qu’il escomptait. Aussi Ibn Abî Bakr lui dit : « J’ai vaqué à mes occupations et j’ai préservé ma religion. Regarde, toi, dans quelle situation tu t’es empêtré ! Tu devrais savoir que Dieu est témoin des actes des pécheurs ». Ibn Abî Mahallî ne tarda pas à partir ensuite au Sahara où il fit propagande pour lui-même en prétendant être le mahdî avéré venu conduire la guerre sainte… » (Al-Yûsî, éd. 1313 : 90).

« L’Arbre du Prophète. Prophétisme, ancestralité et politique au Maghreb » Houari Touati p. 137-156


prannath

Mahâmati Prannath 

Mahâmati Prannath (1618-1694), du Gujarat, en Inde, était un indien qui se proclama Imam Mahdi.


Diponegoro.jpg

Diponegoro 

Prince-Diponegoro (11 Novembre 1785 au 8 Janvier 1855), prince de Yogyakarta, Java. Il se voyait comme un Mahdi javanais, ou appelé Ratu Adil (« prophétisée » par le roi Joyoboyo), contre le colonialisme néerlandais. Maintenant, c’est un héros national de l’Indonésie.


Muhammad Ali Shirazi (Bab) 

Muhammad Ali Shirazi (20 Octobre 1819 au 9 Juillet 1850), prétendait être le Mahdi, le 24 mai 1844, prenant le nom de Bab  et fondant ainsi le « culte » du babisme.

En 1850, un nouveau premier ministre iranien ordonna l’exécution du Báb : il fut amené à Tabriz, où il était censé être fusillé. La nuit précédant l’exécution, alors qu’on l’amenait à sa cellule, un jeune homme prénommé Anis se jeta à ses pieds et demanda à mourir avec lui. L’homme fut immédiatement arrêté et emprisonné avec le Báb.

Le matin du 9 juillet 1850, le Báb et Anis furent suspendus aux murs de la forteresse, devant une foule de curieux et le peloton d’exécution fit feu : les deux hommes s’en sortirent indemnes, les balles ayant apparemment sectionné la corde qui les tenait. Criant au miracle, le régiment composé de chrétiens arméniens se débanda. Peu après, le Báb, retrouvé dans sa cellule en train de dicter une lettre à son secrétaire, fut suspendu à nouveau avec Anis et déchiqueté par la seconde salve tirée par un autre régiment composé de musulmans azéris. Le Báb avait 30 ans.

Les évènements qui entourent l’exécution du Báb font l’objet de nombreuses interprétations : pour les Bahá’is, le fait que la première volée de balles l’aient manqué pour aller couper la corde qui le suspendait est clairement un signe divin. D’autres sources, perses et européennes, font parfois état de la version miraculeuse bahá’ie, ou confirment qu’il a bien été tué dès les premiers tirs. Tous s’accordent cependant pour dire que le Báb finit par mourir.

Les dépouilles des deux suppliciés furent jetées dans un fossé à l’extérieur de la ville pour être livrées aux chiens, mais des babis réussirent à les subtiliser de nuit malgré les gardes.

Les restes du Báb furent secrètement transférés de cache en cache pendant plusieurs années, jusqu’à leur inhumation le 21 mars 1909 dans un mausolée situé dans les jardins bahá’is sur les pentes du Mont Carmel, à Haïfa, où est aussi enterré ‘Abdu’l-Baha.


File:Yoff-Mausolée de Limamou Laye.jpg
Mausolée Limamou Laye à Yoff

Limamou Laye

(1843-1909) est un charlatan du Sénégal, qui s’est déclaré mahdi. Il est le fondateur de la confrérie layène (Ahlou Lahi) les gens de Dieu….

Limamou Laye Al Mahdi naquit en 1843 dans la région de Dakar, plus précisément à Yoff. Il commence sa prédication le 24 mai 1883, à l’âge de 40 ans, se présentant comme l’imam des « Bien Guidés » ou « Imam al Mahdi » .

En 1883, Limamou Laye perd sa mère et s’enferme trois jours sans boire ni manger. Au terme de ces trois jours, il dit être l’envoyé de Dieu, disant : Adjibo dahiya laye ya marsaral ins wal djin ini raasouloulahi ileykoum (« Venez à l’appel de Dieu vous, hommes et djinns, je suis l’envoyé de Dieu. L’arabe blanc s’est noirci »). Limamoulaye qu’Allah le maudit avait dit qu’il était la réincarnation du prophète Muhammad (paix sur lui).


File:Muhammad Ahmad al-Mahdi.jpg

Muhammad Ahmad 

Muhammad Ahmad (12 Août 1844 à 1822 Juin 1885), un Soudanais cheikh soufi de l’ordre Samaniyya, il se déclara Mahdi en Juin 1881 et a mener une campagne militaire réussie contre le gouvernement turco anglo-égyptien. Bien qu’il soit mort peu de temps après la capture de la capitale soudanaise, Khartoum (1885), l’Etat mahdiste continué sous son successeur, Abdallahi ibn Muhammad, jusqu’en 1898, quand il est tombé devant l’armée britannique après la bataille d’Omdurman. Les Oulama soudanais s’opposait a ses prétention d’etre le Mahdi, avec comme argument; qu’il ne le ressemblait pas selon les description des Ahadith, et qu’il était de Dongola et n’avais aucune preuve d’etre rattacher à  Ahl al-Bayt. 

L’État madhiste survivra à son fondateur, jusqu’à sa destruction en 1898 par l’armée britannique sous le commandement de Lord Horatio Herbert Kitchener.



File:Mirza Ghulam Ahmad (c. 1897).jpg

Mirza Ghulam Ahmad 

Mirza Ghulam Ahmad (13 Février 1835 à 1826 mai 1908), prétendait à la fois le Mahdi et Jésus à la fin du 19ème siècle dans l’Inde britannique. Il a fondé l’Ahmadiyya, un mouvement sectaire en 1889 . En 1974, le Parlement pakistanais a adopté une loi déclarant les ahmadis comme des non-musulmans.


Muhammad bin Abd Allah al-Qahtani 

Muhammad bin Abd Allah al-Qahtani (28 Septembre 1935 au 9 Janvier 1980), membres des Ikhwan, a été proclamé Mahdi par son beau-frère, Juhayman al-Otaibi, qui a dirigé plus de 200 militants pour prendre la Grande Mosquée de La Mecque, le 20 Novembre 1979. Le soulèvement a été défait après un siège de deux semaines dans lequel au moins 300 personnes ont été tuées.  Otaibi et à 62 autres  membre du groupe furent décapités dans différentes villes de l’Arabie-Saoudite le 9 janvier 1980 soit, 39 Saoudiens, 10 Egyptiens, 6 Yéménites et quelques Koweïtiens, Irakiens et Soudanais. Plusieurs autres prisonniers furent exécutés secrètement au cours des mois suivants. Ceux qui n’avaient pas encore atteint l’âge adulte ou n’avaient pas participé aux combats passèrent des années en prison. Un Afro-Américain qui appartenait au groupe perdit la vie lors des événements, un autre fut libéré et rapatrié aux USA.


File:Sarkar (608).jpgRiaz Ahmed Gohar Shahi 

Riaz Ahmed Gohar Shahi (né le 25 Novembre 1941) est le fondateur des mouvements Messie International Foundation (IMF) et Anjuman Serfaroshan-e-Islam.  Il c »est dit etre al-Mahdi, le Messie et Kalki Avatara.

Une agence de nouvelles pakistanaise dit qu’il est mort en 2003 et certains disent qu’il purge une prison à vie au Pakistan, tandis que d’autres disent qu’il est dans le Royaume-Uni.


Ariffin Mohamed 

Ariffin Mohammed (né en 1943), aussi connu comme « Ayah Pin », le leader et fondateur du Sky-Kingdom (royaume du ciel), il est né en 1943 à Beris, Kampung Besar Bachok, Kelantan Malaysie. En 1975, un groupe sectaire formé à Bagan Lebai Tahir, Butterworth, Penang. Il prétendait être l’incarnation de Jésus (psl), ainsi que Muhammad (psl), Shiva et Bouddha. Les adeptes du « royaume du ciel » estiment que, un jour, Ayah Pin sera de retour comme le Mahdi.


Dia Abdul Zahra Kadim 

Dia Abdul Zahra Kadim (1970 – Janvier 2007), un chiite irakien ancien chef des « Soldats du Ciel », et prétendait être le Mahdi.


L’obsession messianistes  Mahdistes des Chiites iraniens, est tellement forte que selon l’expert séminariste, Mehdi Ghafari, plus de 3.000 faux Mahdi étaient en prison en Iran en 2012. 


Ibn el Qayyim el Jawziya sur le faux Mahdi:

« Les partisans d’ibn Tûmart ont leur Mahdî, les Rafidhites Imamites attendent leur propre Mahdî, les qarmates ont le leur. Chacune de ses sectes espère que son faux Mahdî soit le vrai Mahdî annoncé par le Prophète (`aleyhi salatu wa salam). Les juifs attendent également un « sauveur » qui viendra à la fin des temps pour faire régner leur religion sur toutes les autres nations et pour leur rendre leur puissance. Les chrétiens attendent également le Messie qui devrait venir le Jour de la Résurrection afin de faire régner la loi chrétienne et d’abolir les autres religions. Leur symbole proclame en effet qu’il est le : « Dieu venu de Dieu, engendré et non créé, d’une même substance que le Père,… il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. »

 Ainsi, les trois grandes religions attendent un Mahdî. Soixante-dix mille juifs suivront l’Antéchrist à la fin des temps. D’après le Musnad de l’Imam Ahmed en effet :« Les juifs et les femmes seront les plus nombreux adeptes du Faux Messie. » Quant aux Messie que les chrétiens attendent, il va certes redescendre, mais uniquement pour casser la croix, tuer le porc, et faire disparaître toutes les confessions en dehors de l’Islam. C’est dans ce sens qu’il faut prendre le hadith : « Il n’y a pas d’autre Mahdî qu’‘Îsâ ibn Mariam. »

Extrait du livre : al Manâr al Munîf du grand savant ibn al Qayyim al Jawziya (p. 141-154).


Personnages qualifiés de Mahdi par leurs partisans ou sympathisants  

  • Wallace Fard Muhammad (Nation de « l’Islam »)
  • Muhammad ibn Abdallah An-Nafs Az-Zakiyya
  • Muhammad ibn Abdullah ibn al-Aftah Ja’far al-Sadiq
  • Ja’far al-Sadiq (selon les chiites Tawussites)
  • Musa al-Kazim (selon les chiites Waqifites)
  • Muhammad ibn Qasim al-Alawi Il a dirigé une rébellion à Taloqan afghanistan en 834, pendant le califat d’Al-Mu’tasim.
  • Yahya ibn Umar (auteur d’un soulèvement avorté à Koufa en 864-65 )
  • Muhammad ibn Ali al-Hadi ( frère de Hassan al-Askari)
  • Al-Hakim bi-Amr Allah, calife Ubaydite dit Fatimide, attendu et adorés comme divinité par les Druzes du Sham 
  • Bashshâr ibn  Burd donna le nom d’Al-Mahdî au fils du calife ‘abbâside al-Mansûr car il corrigeait les corrompus et faisait couler le sang des débauchés (Chokr, 1993 : 252).
  • al-Hakam II, le calife Omeyyade, qui pendent la fête organisée dans le palais califal de Cordoue en 363/974 à l’occasion de la fin du jeûne (‘îd al-fitr) pour commémorer son triomphe sur le gouvernant idrisside zaydite nord-africain de Hassan ibn Qannûn al-Hasanî. Dans l’un des poèmes récités au cours de cette fête, qui fait référence au calife omeyyade, celui-ci est appelé « al-mahdî » et « mahdî l-wulât » (Pinckney Stetkevych, 1997)  Voir aussi Ibn Hayyân, 1965 : 196-202, poème de Muhammad ibn. Shukhays. Ce poème affirme que le sang du calife peut soigner la rage.
  • Idrîs II, de Fès sur un dirham frappé en 197 de l’hégire (812/13 J.-C), Idrîs II y est qualifié de Mahdi, :  « wa-l-Mahdi; Idris bnu Idris » « Mohammed est l’Envoyé de Dieu et le Mahdi c’est Idris ibn Idris »  Cependant les différentes sources historique sur, l’histoire des Idrissides ne nous disent pas si Idris I ou Idris II ont porté le titre de Mahdi lors de leurs règne. source : (Abd al-Majīd Qaddūrī, « Mahdisme » p16&17) : « L’image d’Idrīs II … » Par Herman L. Beck p48,« Nation et nationalisme au Maroc.. » Par Jacques Cagne. p104, « Corpus des dirhams idrīsites  » par  Daniel Eustache p142

Monarques musulmans avec le titre honorifique de Mahdi: 


Les caractéristiques du Mahdi al-Qa’im des chiites  (al-Muntadhar):

  1. Il régnera selon les lois de la lignée du prophète David, en utilisant le Talmud.
  2. Sa langue est l’hébreu.
  3. Ses partisans seront des Juifs et Israël, car il est le Roi des Juifs.
  4. L’Imam caché apprend du Talmud qui est contenu dans le « Jafr ».
L'avènement du Massih ad-Dajjal et allégeance de tout les uduw Allah
L’avènement du Massih ad-Dajjal et l’allégeance suivie de l’adoration  de tout les 3uduw Allah de l’histoire.

Comparatif entre le Mashia’h  Roi des juifs et le Mahdi al-Qa’im des chiites 

1) Quand le Roi des juifs apparaîtra, les Juifs de la diaspora vont se masser et se regrouper dans la ville sainte de Jérusalem.
De même, lorsque le Mahdi des chiites apparaîtra, tous les chiites de n’importe quel lieu s’amasseront vers lui et se rassembleront dans
la ville sainte chiite de Kufa.

2) Quand le Roi des juifs ‘Mashi’ah apparaîtra, les juifs morts seront ressuscités de leurs tombes par lui et ils joindront les rangs de ce Roi.
De même, lorsque le Mahdi al-Qaim des chiites apparaîtra, il ressuscitera les morts des chiites et ils rejoindront leurs rangs.

« D’après leurs lois ». Celle des juifs bien évidement.
Leur prétendu sauveur aura le pouvoir de « ressusciter » les mort comme le Dajjal et la fausse vision de Issa aleyhi salam des chrétiens.

3) Quand le Roi des juifs apparaîtra, il ressuscitera les ennemis des Juifs pour les punir.
Lorsque le Mahdi des chiites apparaîtra, il ressuscitera les compagnons du prophète Muhammad et les punira.

4) Le Roi des juifs fera le procès de tous ceux qui opprimaient les juifs.
Le Mahdi des chiites se mettra à juger tous ceux qui opprimaient les chiites.

5) Le Roi des juifs tuera 1 / 3 de la population mondiale.                                                                                                                                                                                        De même, le Mahdi des chiites tuera 1 / 3 de la population mondiale.

6) Au temps du Roi des juifs la terre sera remplie de primes pour les Juifs, les montagnes se transformeront en lait et de miel pour les Juifs.
Lorsque le Mahdi des chiites Rafidhites (al-Rawafidh) apparaîtra un fleuve de lait et une rivière d’eau éclatera pour les chiites.

L'avènement du porteur de lumière (Lucifer ) , représentation chiite de l'arrivée du sois-disant Mahdi
L’avènement du porteur de lumière (Lucifer ) , représentation chiite de l’arrivée du sois-disant « Mahdi »

Ahadith chittes sur l’avènement ‘al -Qa’im»  dit l’Imam Mahdi de Bihaarul Anwar Al-Majlis, aHadith (livres chiite) largement diffusés à des adeptes.

Il  a été signalé dans Bihaarul Anwar que l’un des Muwali d’Abul Hassan [comme] a déclaré:

« J’ai demandé Abul Hassan à propos du verset:

« Ayna ma takunu Ya’ti bikumullahu Jamee’aan. »
– Il a dit:

« Ceci est le verset qui indique notre Qa’im quand il apparaîtra, Dieu va rassembler nos chiites de différents coins du monde. »

– Al-Amaali a rapporté d’après Abou Abdallah qu’on lui a demandé pendant combien de temps le Qa’im gouvernera?

Il a répondu:

« Sept ans .. des jour qui seront étendus…pendant cette période, Dieu dressera la chair et le corps des croyants (les chiites) de la tombe ».

–  Ibnu almufadhaal Umar a rapporté:

« nous avons discuté à propos  du Qa’im, et quiconque meurt, il est attendu par nos semblables. »

• Abu Abdullah [que] nous a dit:

« Quand il (Qa’im) apparaît un croyant sera abordé dans sa tombe et sera dit:

ô telle et telle chose, votre semblable (al-Qai’m) est apparu, si vous souhaitez rejoindre ses rangs alors faites, et si vous le désirez vous pouvez rester dans la miséricorde de votre Seigneur. » (rester dans votre tombe)

-Al-Majlis a rapporté d’après Abou Abdallah [que] qui a déclaré:

« Savez-vous avec qui le al-Qai’m débutera? »

La réponse a été négative.

Puis il a répondu:

« Il va déterrer les deux coupables (Abu Bakr et Omar) brûler leurs corps et alors laissez le vent souffler leurs cendres. »
– Al-Mufeed rapporte d’Abou Abdallah [que] ce qu’il a dit: 

« Quand le al-Qai’m de la famille du Prophète apparaît qu’il va s’emparer de 500 membres des Quraysh (sous entend sunnites) et hachera leurs cous.
Il fera la même procédure avec 500 autres.
Cette action sera répétée 7 fois. »

– Al-Majlis a déclaré un récit rapporté par Ibn Jaffar Muhammad qui ont déclaré de son père qui a entendu de son grand-père que:
« lorsque le Mahdi apparaît à La Mecque et a l’intention d’aller à Kufa, un annonceur criera:

Qu’aucun d’entre vous devrait transporter avec lui-même la nourriture ou la boisson et doit transporter que la pierre de Moïse … quand ils mettent la face avant de la pierre sur le sol, il lâchera un fleuve s’écoulant du lait et l’eau, qui refroidira de la soif et la faim. »

– Al-Ihsaaii a rapporté que Abou Abdallah [comme] a dit:

« L’affaire ne se fera pas (victoire d’al-Qai’m) jusqu’à ce que un tiers des gens disparaissent. »

On lui a demandé:

« quand un tiers de l’humanité disparaitra, alors qui sera à gauche? »

Abou Abdallah répondit:

« N’êtes-vous pas heureux que le reste soit vous? »

Le Prophète Muhammad sallallahu alayhi wa sallam a dit :

« Soixante-dix mille juifs d’Ispahan (l’actuelle Iran chiite), portant al-Thayaalisân (châles porté par les juifs), suivront al-Massih al-Dajjal l’Antéchrist »
[ muslim, Hadith fiable 5237 ]
« La bannière (chiite) du Qa’im al-Mahdi des chiites »… Typique des kabbalistes juifs


Le Prophète Muhammad sallallahu alayhi wa sallam a dit :

« A chaque Umma il y a un majous  et les majous de ces Ummas sont ceux qui rejettent al-Qadr (ou la prédestination)
de ceux qui meurent d’entre eux. Si quelqu’un meurt parmi eux, n’assistez pas à ses funérailles, et si quelqu’un d’entre eux tombe malade, ne le visitez pas. Ils sont « CHIA » (les partisans) de
l’Antéchrist
(Dajjal). Et par la Loi de Dieu, Dieu les joindra à l’Antéchrist. »
[ Sunan d’Abou Dawoud, hadith faible 4072 ]

Selon les chiites le prophète Issa'(jesus) Aleyhi salam doit prêter allégeance au Qa’im  des chiites  … source

« Histoire de la prise de Constantine par les Arabes d’Orient en l’année 654 jc », G. Niculy Limbery

Publié le Mis à jour le

Al-Qustantiniya – Constantine Algérie

« Histoire de la prise de Constantine par les Arabes d’Orient en l’année 654 de J-C », par G. Niculy Limbery,…

Cet  extrait de l’histoire d’Ifriqiya  est puisé des textes de :  » Mohamed ben Farhoun el-Kairouani. —Mohamed ben Youssef el- Ouarrak -el-Kairouani.— El-Wakadi.—Aboubéker al-Maliki.—Essema ben Zéid al-Laythi. — Aissa ibn Messkin.El-Kilay.—Ibn Schabat  .—Ibn Nébéta.—Ibn Rakik el-Kairouani, et Ibn Négi. » ( G.Niculy Liberly)

Date de l’édition originale : 1870. , texte  adapté par Histoire islamique.

CHAPITRE Ier.

La domination dès empereurs de Byzance en  Afrique ne fut pas longtemps sans être troublée.  L’Arianisme avait reçu un coup mortel dont il lui était difficile de se relever. Les Catholiques triomphèrent ; mais ils avaient d’autres ennemis. Les Mauritaniens opprimés par les Vandales, qui l’avaient été à leur tour, crurent voir une circonstance favorable pour sortir de leur abaissement,  ils se révoltèrent, et forcèrent l’empereur Constant II à envoyer un nouveau général pour les soumettre. Salomon parvint à les ramener à la soumission.  Ce général avait plutôt assoupi les haines qu’il  ne les avaient éteintes, sa modération aurait pu consolider cet ouvrage avec le temps, mais les Préfets grecs ne l’imitèrent pas; ils se conduisirent  dans ces pays, ainsi que ces esclaves titrés qui regardent les places qui les éloignent de la cour  comme des exils, et qui faisant passer leur humeur  sur le peuple qu’ils gouvernent, les dépouillent de leurs richesses pour, se mettre en état de reparaître avec plus de luxe auprès de leur maître.

Les Africains exaspérés, se révoltèrent encore; leur mouvement fut prompt et rapide; ils’marchèrent au palais de Salomon et l’assassinèrent. Il fut remplacé par Ariobonde que l’empereur envoya avec le titre de Proconsul. On crut à la cour de Byzance que ce titre pompeux pourrait faire respecter davantage le représentant de l’Empire  dans la province africaine: mais les coeurs étaient  trop ulcérés, les haines trop déchaînées; et l’esprit de  vengeance ne pouvait être réprimé par la rigueur,  des lois, dans un pays où les lois étaient devenues le jouet d’une multitude de petits usurpateurs et d’une foule de partis politiques et religieux. Un des capitaines de Salomon appelé Gondibond le massacra, et fut puni lui-même par un assassinat. Artaban, Persan d’origine, qui succéda à Ariobonde, mit fin à la révolte.

Les Africains alors restèrent soumis; toute cette partie de l’Afrique jouit d’une sorte de tranquillité pendant plus de cent ans, et on ne voit pendant cette période, aucun événement qui mérite d’être cité.

Mais pendant cet intervalle, tandis que le colosse de Byzance dormait dans la mollesse et semblait oublier sa faiblesse au milieu de ses fêtes pompeuses il se formait à l’Orient une puissance qui devait le remuer profondément, et faire passer l’Afrique sous de nouvelles lois, et sous une nouvelle croyance.

Le califat Rashidun dès Omar ibn al-Khatab et Uthman ibn Affan qu'Allah sois satisfait d'eux
Le califat Rashidun sous Uthman ibn Affan qu’Allah sois satisfait de lui

Le démembrement de l’empire d’Orient commença sous le califat d’Othman-ibn -Affan (radi Allahanhu) troisième successeur de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui), et sous celui de l’empereur Constantin IV, dit Pogonat. L’Afrique avait déjà été convoitée par les Arabes depuis l’année 644, époque à laquelle ou Othman envoya Abd-Allah-ibn-Abi-Sarkh et après lui Okba-ibn-Amar; mais elle ne fut totalement conquise que sous Justinien II et Léonce, en l’année 698 à 700, par le général Hassan-ibn -al-Nu’man le ghassanide, envoyé par le calife Omeyyade Abd al-Malik-ibn-Marwan.

Ainsi la puissance des Arabes musulmans allait tous les jours en s’augmentant. L’état de faiblesse dans laquelle était tombé l’Empire favorisait leur passion de prosélytisme et de conquête. C’était une jeunesse robuste et ardente qui attaquait un corps consumé par la vieillesse et les maladies et privé d’une grande partie de ses membres .

Othman préoccupé de ses projets, toujours actif, portait déjà son regard au-delà des limites de ses états; de Médine qui était devenue siège d’un nouvel empire il dirigeait la marche de ses généraux, assurait le succès de leurs entreprises;tandis que par. ses ordres El-Fadal et Abouthor dévastaient l’Asie-Mineure, portant le pillage et la terreur jusqu’aux portes de Cyzique (cité grecque de Mysie), Othman faisait partir pour la seconde fois un général qui avait été un des compagnon de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Ce général quoique âgé de 60 ans, était encore rempli de courage et d’énergie. Il avait pour mission de compléter la conquête d’Afrique, recommandée par le Prophète qui a dit: «Vous vous emparerez après moi delà terre où le froid est extrême, et la chaleur excessive» de prêcher et planter l’islam au milieu d’un peuple divisé par tant de croyances (1), bouleversé par tant de dissensions intestines. Ce guerrier – missionnaire était Okba ibn Nafi al-Fihri; il reçut 40,000 hommes des meilleures troupes de Syrie (al-Sham), composées en grande partie de cavaliers. Okba ibn Nafi ayant augmenté son armée d’un grand nombre de Coptes et de Berbères arriva bientôt dans la Byzacène. Tout ce pays fut inondé de sang chrétien au cri de l’islam ou la mort.  Pendant que le sabre et le Coran à la main le farouche guerrier frappait impitoyablement les hommes qui ne se soumettaient pas assez rapidement (..), il faisait respecter les vieillards, les femmes et les enfants dont le Livre saint avait recommandé de préserver la vie. Ce scrupuleux exécuteur des ordres du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et du Calife renversant tout sur son passage sema partout l’épouvante (« dans le coeur des infidèles« ).

La statue d'Okba ibn Nafi à Sidi Okba, Biskra Algerie
La statue d’Okba ibn Nafi à Sidi Okba, Biskra Algerie

Les Chrétiens d’Afrique furent atterrés par cet orage effroyable qui fondait sur leurs têtes : rapide comme la foudre, Okba ibn Nafi s’empare de Méhédie, de Souse , de Sébiba .remporte la bataille d’Oued el-Klakh, prend la ville du Kef, se rend maître de celle de Khidra  qui lui coûte de longs efforts et de grandes fatigues.

Là son élan vient s’arrêter : des discussions s’élevèrent parmi les chefs arabes, enivrés de leurs succès :chacun prétendit diriger la marche de l’expédition et désigner la nouvelle ville qu’on devait attaquer. Okba ibn Nafi s’apercevant des conséquences fâcheuses qui pouvaient résulter d’une semblable dissension, il en imposa d’abord aux turbulents en invoquant le nom et l’autorité du Prince des croyants et il leur déclara que se dessaisissant momentanément de la direction de l’armée il allait écrire au Calife et lui demander de leur tracer lui-même la marche qu’ils avaient à suivre. Le séjour de l’armée se prolongea dans les plaines de Khidra pendant 40 jours.

Okba ibn Nafi assemble dans sa tente tous les capitaines de l’armée et après leur avoir fait connaître le but de cette réunion, il se fît apporter une feuille de parchemin et écrivit devant eux une lettre conçue en ces termes :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux,« De la part d’Okba ibn Nafi commandant en chef des Arabes en Afrique, au Prince des croyants Othman ben Affan, le salut ;« Je porte à votre connaissance que Dieu nous a fait conquérir une partie de l’Afrique; nous y avons pris pied, c’est le pays le plus riche et le plus fertile, et mes yeux n’ont jamais rencontré une terre qu’on puisse lui comparer: nous nous sommes emparés des villes de Méhédie, de Lorbous (laribus) de Sousse, de Sébiba, du Kef et de Khidra. « Dieu nous a aidé dans ces entreprises, et le courage de Abd’Allah ibn Jaffar nous a fait sur-monter toutes les difficultés, il est le héros de l’armée. Tout ce que nos bras et nos lances n’ont pu vaincre a été surmonté par son génie et ses ruses guerrières.« Parmi les capitaines qui se sont-distingué dans les combats les plus difficiles, je citerai El-Fadalben el-Abbas et ben el-Hareth, Sulayman ben Khaled, Messrouk ben, Zeid, Hassen ibn Draret le fils du prince de Carthage, gouverneur de la Méhédie, qui se trouve avec nous et qui a embrassé l’islam.

« J’ai cru nécessaire de vous informer de tout ce qui s’est passé; l’armée se trouve campée à Khidra parce que nous sommes indécis sur la marche que nous devons suivre pour terminer la conquête. Il y a chez nous la discorde : tantôt on veut aller attaquer Carthage, tantôt Tébessa, tantôt Castilia et tantôt Constantine. Je viens d’être assuré que le prince de cette dernière ville est très-puissant, qu’il a des hommes et des armes redoutables. Quant à moi, je pense attaquer Constantine, puis porter le dernier coup à Carthage, mes capitaines ne partageant pas mon opinion, veuillez, au nom de Dieu, je vous en conjure, me tracer dans une de vos lettres le chemin que nous devons suivre pour l’expédition, pour que chacun soit obéissant à mes ordres. »

LorsqueOkba ibn Nafi eut terminé sa lettre il en fit la lecture aux chefs qui l’entouraient, aucun d’eux n’osa contredire ce qui avait été écrit par lui. Okba ibn Nafi fixa sur eux un regard scrutateur comme pour lire dans leurs pensées; ils baissèrent les yeux; il scella la lettre du cachet du Prophète puis les regardant de nouveau avec fierté il leur dit: lequel de vous chargerai-je de cette missive pour le Prince des croyants ?

Les chefs s’entre regardèrent et sans répondre, au bout d’un instant cependant Aouisse ibn Daffar se leva et dit: c’est moi, ô mon chef, lui dit-il; quels sont les gens qui vous accompagneront? reprit le général; Aouisse répliqua: « j’ai choisi Raffa ben Alga, Yézid ben Galeb el-Aschari, et Aroua ben-Hassen al-Aschari. »

Les conquêtes d'Okba sont en rouge et Cirta = Constantine
Les conquêtes d’Okba ibn Nafi sont en rouge et Cirta = Constantine, ( les arabes ont pris Tebessa en 653,  Sbeitla en 647 et Cirta en  654)

Le général fut satisfait du choix. Okba ibn Nafi lui remit la lettre et lui donna l’ordre de se mettre en route sans perdre de temps. Aouisse suivi de ses compagnons monta sur des négibs (dromadaires) dont les pieds légers faisaient 6 lieues à l’heure. Ils précipitent leur course et après 30 jours de marche forcée pendant lesquels ils changèrent fréquemment de montures ils arrivent couverts de poussière et de sueur aux portes de Médine.

Les habitants de la ville s’attroupèrent autour des messagers et lorsqu’ils reconnurent Aouisse qu’ils savaient faire partie de l’armée d’Oukba, ils poussèrent de grandes acclamations, pendant qu’Aouisse sans vouloir répondre aux questions qui lui sont adressées par toutes les bouches, pénètre dans l’intérieur de la ville, la foule le quitte et court tumultueusement au palais du Calife. Ce dernier s’entretenait alors avec Ali, gendre de Muhamamd (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Lorsqu’il vit tous ces hommes envahir, en poussant des cris confus, l’appartement où il se trouvait, Othman troublé se leva sur ses deux poings et il leur dit: «Quel désastre venez-vous donc m’annoncer? » Prince des croyants répondit aussitôt un grand nombre de voix, nous venons vous annoncer l’arrivée d’Aouisse qui combattait dans les rangs de l’armée d’Afrique, et nous sommes impatients de savoir les nouvelles qu’il apporte. Pendant qu’Othman partageant l’étonnement général se disposait à sortir pour se rendre à la mosquée où reposaient les cendres du Prophète et où se traitaient ordinairement les grandes affaires de l’État, l’agitation se propageait dans toutes les parties de la ville.

Des hérauts parcourent les rues en criant à haute voix qu’Aouisse, envoyé d’Okba ibn Nafi vient d’arriver à Médine. « Ô vous tous, disaient-ils qui avez des vôtres dans l’armée, venez vous informer de leur sort; » on voyait alors sortir de chaque maison les mères traînant leurs enfants, les fils aidant leurs vieux pères à marcher, tous enfin se précipitèrent vers la mosquée.

Cependant Aouisse et ses compagnon savaient pénétré a grand peine dans l’intérieur de la mosquée et s’étaient assis aux pieds du tombeau du Prophète, et s’étant prosternés ils lui rendirent grâce de leur heureux voyage, après avoir accompli ce pieux devoir qui dans l’esprit de ces hommes religieux devait précéder tous les autres, ils se disposaient à faire prévenir le Calife lorsque’ Othman fendant la foule entra lui-même dans la mosquée; il était accompagné d’Ali, d’Abd el-Rahman ben Aous et de Zoubir ben el-Aouam, Aouisse voyant entrer le Commandeur des croyants se lève et se précipite à sa rencontre jusqu’au milieu de la cour de la mosquée, là s’inclinant avec respect il donne au Calife le salut de paix et lui présente la lettre dont il était porteur.

Othman rend le salut de paix et saisissant d’une main tremblante d’émotion la lettre d’Okba ibn Nafi il en rompt le cachet. Tout le peuple attentif retient son souffle,et attend avec anxiété. Le Calife lit la dépêche à haute voix et à peine en a-t-il prononcé les derniers mots que la foule éclate en cris d’allégresse, «l’Afrique est conquise, répète-t-on de toute part,béni soit le nom du Prophète qui a protégé nos armes et fait triompher l’Islam ; » toutes les familles dont les parents ont été mentionnés sont comblées de joie et d’orgueil et reçoivent d’unanimes félicitations.

Othman après avoir rendu de solennelles actions de grâce fit sortir la foule de la mosquée, et entrant dans la salle du conseil avec sa suite et Ali ibn Abi Taleb se fit donner un parchemin et il y écrivit ces mots:

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux ;« De la part d’Othman ben Affen, prince des croyants, à Okba ben Neffa, commandant l’armée musulmane en Afrique, le salut:« J’ai reçu ta lettre et j’ai été saisi de joie en apprenant les grandes choses que tu as faites pour la propagation de l’Islam ; le Prophète en soit glorifié, j’ai vu avec plaisir les louanges que tu donnes aux Béni-Heschem et aux Béni-Makhzoum. Tu loues plus particulièrement Abd Allah ibn Jafar , cela ne m’étonne pas: tout le monde le reconnaît descendant de héros, et héros lui-même l’opinion que tu exprime sur son compte doit t’obliger à ne rien faire sans le consulter, et comme tout travail pénible doit être récompensé, dans le partage du butin il devra avoir le droit de prendre la meilleure partie et celle qui lui sera le plus agréable ………….

Arrivé à cette ligne, Othman se retourna vers Ali et lui présentant le parchemin, il lui dit : pour ce qui concerne la marche de l’armée d’Afrique,c’est à vous de la tracer, vous avez fait la guerre et vous êtes l’épée victorieuse de Dieu sur les infidèles.

Ali remercia le Calife de son attention,prit le parchemin de sa main et écrivit les mots suivants :

« De la part d’Ali ben Abi Taleb, à Okba ibn Nafi, le salut: « Je suis chargé de la part du Prince des croyants de t’écrire et de répondre à ta lettre, et t’indiquer la marche que tu dois suivre dans ton expédition. Dès que la présente sera entre tes mains, diriges-toi sur Castilia et après sa prise à Tébessa, puis à Constantine et en dernier lieu à Carthage. Continue à conduire les Musulmans à la victoire mais ne t’expose pas toi-même à de trop grands périls, parce que la vie du général est l’âme de l’armée, efforce-toi de rétablir la concorde entre toi et les chefs placés sous tes ordres et de la faire régner toujours sans nuages; fais en sorte que toute l’armée, soldats et capitaines,soient toujours animés d’un même sentiment, car les hommes que l’on mène au combat y sont plus forts et plus intrépides lorsqu’ils n’y vont seulement par obéissance et qu’ils y vont aussi poussés par leurs propres désirs. Que le salut soit sur toi. »

Dès qu’Ali eut fini la lettre, il la présenta au Calife qui la lût, l’agréa et la scella du sceau du Prophète, elle fut remise à Aouisse qui le lendemain se remit en route avec ses compagnons,et 30 jours après il franchissait les barrières du camp et rendait compte de sa mission à Okba ibn Nafi.

Constantine en 1837 (fin ottomane) par le savant Ernest Mercier
Constantine en 1837 (fin ottomane) par le savant Ernest Mercier

CHAPITRE II.

Okba ibn Nafi ayant lu la lettre d’Othman, la communiqua aux chefs de l’armée, et le lendemain il se mit en route, il prit Castalia, Tébessa et après 3 jours de séjour dans cette dernière ville il se dirigea sur Constantine; toute l’armée était impatiente de se trouver sous les murs de la capitale des Numides, dont la renommée était grande et qui par le souvenir des événements importants qui s’y étaient passés devait exciter dans l’esprit des Arabes la plus vive curiosité.

Les commandants des divers corps de troupes impatients d’atteindre ce nouveau but se plaignirent du retard qu’apportait à leur marche les bagages de l’armée et le nombreux butin dont on était déjà chargé.

Okba ibn Nafi donna l’ordre de faire diriger ce qui entraverait la marche, sur Hidra, et sous l’escorte de quelques troupes; l’armée diminuée déjà parles-garnisons qu’elle avait dû laisser dans un grand nombre de villes se trouvait alors réduite à 15,000 hommes environ armés à la légère et pourvus de 5 à 6 jours de vivres, la frugalité des conquérants rendait peu difficile et embarrassant le transport de cet approvisionnement; il n’avait été réservé que 2 tentes, l’une pour les séances des conseils de l’armée, et l’autre pour Abdallah ibn Jaffar  qui était accompagné de sa femme, fille du gouverneur de Carthage, qui avait fui la cour de son père et avait embrassé l’Islam.

Le signal du départ allait être donné, lorsqu’on aperçut dans le lointain un cavalier qui ayant aperçu l’armée sembla vouloir rebrousser chemin,il fut promptement arrêté et conduit en présence d’Okba, c’était un Berbère qui arrivait précisément de Constantine.

Okba ibn Nafi l’ayant interrogé,le Berbère qui était sans doute un espion répondit à l’Émir que le prince de Constantine avait été averti de l’approche des Arabes, qu’il s’était préparé à les recevoir et qu’il avait une forte garnison, et qu’au surplus la ville était suffisamment défendue par sa position naturelle.

Constantine, dit-il, est comme le nid de l’aigle, elle est bâtie sur un rocher qui s’élève bien haut au-dessus de la plaine, et que l’abîme environne de toutes parts; si vous n’avez pas des ailes pour vous y porter, vous pourrez demeurer des siècles aux pieds du rocher, car la ville, abondamment pourvue de vivres et d’armes ne vous ouvrira point ses portes.

À ce récit les chefs se regardent,un profond découragement semble atteindre leur première ardeur, Abdallah s’apercevant de ce mouvement est saisi d’une violente colère, qu’est-ce à dire, s’écria-t-il, lès mensonges évidentes,de ce chien vous feront oublier qui vous êtes et au nom de qui vous marchez? N’êtes vous pas ceux qui ont conquis la Perse et qui avez détruit le palais de ses Empereurs, n’êtes-vous pas ceux qui avez pris Jérusalem, l’Egypte et les Pyramides, n’êtes vous point ceux qui marchez au nom de Dieu et sous la bannière du Prophète?

En avant, en avant, et il s’élance le premier, les chefs reprennent courage et le suivent avec l’armée qui n’eût point connaissance de cet incident.

Le soir ils arrivèrent à Meskiana et y passèrent la nuit, le lendemain à là pointe du jour ils continuèrent leur route et ne s’arrêtèrent qu’au coucher du soleil dans l’endroit appelé Amama, vers le milieu de la nuit la marche continue et après le troisième jour l’armée s’arrêta aux pieds de la montagne Messtas (2) à 4 lieues de Constantine.

Constantine était alors gouverné par un Africain (Afariqa) investi par l’Empereur, mais que depuis longues années, profitant du désordre et de l’anarchie qui minaient de toutes parts l’empire de Byzance, gouvernait plutôt en son propre nom qu’au nom de son maître; toutefois ses idées d’indépendance étaient tenues en respect par la présence d’une garnison greco-byzantine qui n’ayant que peu de liens dans le pays était restée à peu près fidèle. Le gouverneur dont nous n’avons trouvé nulle part le nom dans l’histoire et qui, ainsi que nous l’avons dit, est désigné par les historiens arabes par le titre générique de Mélek ou de Batrik (corruption de Patrice), était fortement soutenu par la population de la ville et du territoire.

al-Qantara al-Qustantinah, Constantine, Algérie.

Une pareille situation devait être très-favorable aux efforts de la nouvelle puissance qui venait de si loin se substituer à cette multitude d’influences et de dominations qui cherchaient mutuellement à s’ébranler.

Les populations étaient d’ailleurs fatiguées de tant de tiraillements, en proie aux dissensions religieuses, toujours opprimées par les sectes que l’intrigue ou la force rendaient tour-à-tour victorieuses, elles semblaient attendre l’avènement d’un pouvoir assez fort pour s’élever au-dessus de tous ces pouvoirs rivaux et faire enfin régner l’ordre.

Elles avaient hâte surtout de voir disparaître de leur sol les bandes greco-byzantines qui ne présentaient aux vaincus que l’ombre des anciennes légions romaines, et qui ne savaient que piller sans protéger; c’est pour cela que dans les autres parties de l’Afrique où l’esprit des populations était à peu près le même, la marche des conquérant savait été si rapide,que dans un grand nombre de ville les portes leur avaient été ouvertes par les habitants eux-mêmes qui s’étaient révoltés contre tes troupes grecques, chose étrange, la nécessité de se soumettre à une foi nouvelle prêchée par le sabre, n’opposait qu’un faible obstacle à cette tendance des esprits, le dogme chrétien avait été affaibli comme le pouvoir temporel, la multiplicité des sectes religieuses avait altéré le principe de la foi primitive, et fait jaillir le doute, au choc de toutes ces croyances diverses qui se disputaient les temples.

La curiosité était d’ailleurs excitée dans ‘imagination de ces hommes mobiles’qui avaient besoin d’une religion nouvelle comme ils avaient besoin d’un pouvoir nouveau.

A peine les éclaireurs de la garnison eurent-ils signalé l’approche de l’armée arabe que le gouverneur se hâta de réunir les principaux de la ville, il leur fit connaître la situation des choses, et il leur demanda ce qu’ils se proposaient de faire, voulaient-ils se défendre énergiquement, ou bien se rendre aux ennemis en essayant d’obtenir des conditions favorables, qu’elles étaient enfin leurs intentions. Les grands de la ville ainsi interrogés répondirent d’une voix unanime: Vous êtes notre père et notre maître, vous savez mieux que nous ce qu’il faut faire pour écarter ou adoucir les coups du malheur qui menace nos tètes, nous vous dirons cependant que notre pays est bien beau,nos champs bien fertiles, que notre ville renferme bien des richesses et qu’il nous en coûterait de renoncer à tous ces biens : or la guerre pourrait nous les enlever et la paix peut nous les conserver.

Le Mélek comprit le sens de cette réponse. Il résolut alors d’agir de façon à ne pas se compromettre et à pouvoir profiter de tous les événements qui pourraient survenir : il donna pour la forme quelques ordres insignifiants aux chefs de la garnison, fît encourager secrètement les habitants à opposer peu de résistance et attendit; en effet pensa-t-il, ou bien les efforts des Arabes se rebuteraient devant les immenses difficultés du siège et se retireraient, alors il demeurait dans la même situation plus fort encore de la sympathie des habitants dont il avait accepté les idées pacifiques sans s’être compromis avec la garnison dont il avait en apparence encouragé la résistance, ou bien si le sort de la guerre paraissait devoir être favorable aux armes des assiégeants, il suivait le moment opportun et avec l’assistance des habitants il capitulerait aussitôt pour se faire un mérite de sa soumission et conserver une partie de son pouvoir. Cependant l’armée arabe quitta son dernier campement de Messtas et arriva sous les murs de Constantine.

Son étonnement fut grand à l’aspect de cette ville extraordinaire, il y avait là en effet de quoi frapper vivement l’imagination, cet immense bloc de rocher qu’un coup de baguette semblait avoir soudainement séparé les masses environnantes, cette rivière qui s’engouffrait en bouillonnant dans l’abîme et qui après avoir entouré la ville dans une grande partie de sa circonférence d’une ceinture invisible, reparaissait et s’échappait en cascades bruyantes, tout cela présentait aux Arabes un spectacle bien propre à exciter leur admiration, mais ils comprirent bientôt aussi combien était grande la difficulté de leur entreprise, ils n’avaient avec eux aucunemachine de guerre et la ville était si bien fortifiée par la nature, que les assiégés paraissaient n’avoir qu’à se tenir dans leurs murailles où les assaillants n’auraient jamais pu les atteindre.

Aussi comme cela était déjà arrivé plusieurs fois, une sorte de découragement s’empara du soldat, avant même que les opérations fussent commencées, leurs yeux mesuraient avec terreur la hauteur prodigieuse de ces escarpements naturels, du sommet desquels on voyait reluire les armes du soldat Grec : Okba ibn Nafi cependant distribue son armée autour de la ville, les abords de la porte du Pont furent occupés par les Béni-Ahd-el-Ménef; les Béni-Ghassen, les Béni-Lakhm et les Judham furent placés sur les deux côtés de l’escarpement qui joint la ville au pied de la petite montagne qui s’élève à l’ouest. Indépendamment des fortifications naturelles dont nous venons de parler, Constantine était encore défendue par un système de murailles qui s’avançaient à quelques centaines de pieds en avant des rochers.

Ils s’en emparèrent assez facilement car les assiégés comptant plus particulièrement sur la solidité des autres remparts s’étaient assez mollement défendus sur cette première ligne,mais lorsque les Arabes, que ce premier et facile succès avait ranimés s’avancèrent jusqu’au pied des principales fortifications, ils reconnurent qui leur serait impossible de s’en emparer.

Les soldats Grecs se montrant en foule firent pleuvoir une grêle de traits et de projectiles,cette tentative causa à l’armée Arabe un assez grand nombre de morts et de blessés, les jours suivants mêmes assauts, mêmes résultats ; Okba seul sans partager le découragement profond que ces insuccès répandaient dans l’esprit de ses soldats,s’étonnait cependant de ce que la population de la ville qu’il n’avait point vu sur les murailles prendre la défense, ne cherchât point à entrer en relation avec lui,il ignorait que les chefs de la garnison s’étant bien vite aperçus de l’intention où étaient les habitants de ne pas opposer de résistance à l’ennemi, s’étaient méfiés d’eux et les surveillaient étroitement, ils n’avaient pas tardé à intercepter des émissaires secrets chargés de propositions pour les chefs de l’armée Arabe; certains alors que ne pouvant compter sur les habitants de la ville, doutant des dispositions du Mélek à rester fidèle à la cause de l’Empire, ils commencèrent à concevoir quel que crainte, ils songèrent à demander l’assistance du Gouverneur de Carthage duquel relevait celui de Constantine et que les auteurs Arabes appèlent Mélek el-Akbar, ils lui exposèrent leur situation périlleuse: « Ignorez vous donc, disaient-ils, ce qui nous arrive? nous sommes assiégés parles Arabes, leur armée est nombreuse, nos puissantes fortifications et nos remparts de rocher sont insuffisants aujourd’hui pour nous protéger, la population effrayée loin de songer à se défendre avec nous, semble mûrir le projet de se rendre à l’ennemi et de nous livrer pour obtenir une capitulation meilleure, nous sommes comme vous, Seigneur, de fidèles sujets de l’illustre empereur, nous vous adjurons en son nom, songez que si la ville de Constantine est prise les Arabes enivrés de cette difficile conquête, se précipiteront plus impétueux et plus fiers sur Carthage, tandis que si dès aujourd’hui vous nous aidez à les vaincre nous débarrasserons peut-être l’Afrique de ce terrible fléau.»

Mais le gouverneur de Carthage ne leur répondit point, frappé de terreur lui-même par la prise de la Méhédie, parla mort de son fils aîné et la disparition de ses deux autres enfants, il ne pensait qu’à se préparer à subir le siège dont il était menacé, il se garda bien dès lors de démembrer ses forces pour secourir Constantine; que lui importait d’ailleurs le sort de cette ville? Il y avait bien longtemps déjà qu’elle ne relevait plus que[nominalement du pouvoir central de Carthage, dans ces temps de décomposition, d’anarchie et de terreur, c’était un sauve qui peut général, et chacun ne songeait qu’à conserver un lambeau de puissance et de richesse, sans reculer pour cela devant aucun sacrifice.

Les ennemies de Byzance
« Les ennemies de Byzance »

Le Gouverneur de Carthage se souvenait d’ailleurs de la fin tragique du Proconsul Grégoras tué de la main d’Abdallah ibn el-Zoubir, en 647 à Sbeitla.

Pendant que la garnison greco-byzantine était plongée dans l’inquiétude et commençait à redouter sérieusement l’issue du siège, l’armée arabe de son côté, ignorant cette situation était en proie au découragement ; les soldats étaient irrités de l’inutilité constante de leurs attaques et de voir tous leurs efforts se briser contre ces immenses murailles naturelles, auxquelles les homme savaient eu peu à ajouter pour les rendre imprenables, c’est en vain, disaient-ils, que nous persisterions à rester devant ces rochers formidables, nous y émoussons nos épées, nous y usons nos griffes et nos dents sans pouvoir les entamer.

L’absence des bagages augmentait encore la mauvaise humeur des soldats; presque tous étaient obligés de coucher sur la dure, exposés à toutes les intempéries de l’air, aussi les maladies commençaient-elles à envahir les rangs, malgré la fermeté de son esprit et sa confiance dans sa mission, Okba sentait lui-même sa constance s’ébranler, il était étonné de ne recevoir aucune ouverture des habitants comme il en avait reçu dans toutes les autres villes,il commença à craindre que contrairement à ce qu’il avait remarqué jusqu’alors, il n’existât entre la population et les troupes grecques un accord et une solidarité d’intérêts qui aidés de la forte position de la ville eût rendu tous succès impossibles ; il chercha mais vainement à faire pénétrer des espions dans l’intérieur de la place, ces espions
furent toujours arrêtés par les soldats Grecs qui n’avaient pas encore perdu complètement courage parce qu’ils espéraient toujours recevoir une réponse favorable du Gouverneur de Carthage.

Bab Djabia, Constantine
Le Suq à Bab Djabia, Constantine

Il avait reconnu que les seuls endroits par où la ville pût être accessible; étaient le pont situé dans la partie inférieure delà ville, et l’autre la porte que les historiens arabes appellent Sitraouagi, nous pensons que cette porte est celle qui s’appelle aujourd’hui porte Djébia, ce nom de Sitraouagi nous paraît être en effet la corruption du mot « Xystus trivium », c’est-à-dire passage où aboutissent trois chemins, la tradition parle en effet qu’à ce point aboutissaient trois chemins dont deux couverts servaient au transport de l’eau puisée dans un bassin placé entre la porte et la rivière; ce bassin était alimenté par les eaux de cette rivière, que des travaux de maçonnerie placés à l’entrée assez étroite du ravin,élevaient à une certaine hauteur, il était d’ailleurs soigneusement voûté et couvert de terre ; et les gens du pays seuls en pouvaient connaître l’existence, il est à présumer toute fois qu’à l’époque dont nous parlons le bassin et les chemins couverts étaient dans un assez mauvais état pour quel’usage en fut devenu impossible.

Les historiens arabes que nous avons eu occasion de citer nous apprennent en effet que les assiégeants ayant coupé les canaux dont on retrouve encore aujourd’hui la trace et qui amenaient l’eau à la Citadelle par les hauteurs et d’immenses aqueducs, la garnison et les habitants craignirent de manquer complètement d’eau. Aux premières attaques dirigées sur la porte du Pont, les soldats Grecs s’étaient hâtés de rendre ce lieu déjà bien défendu, complètement inaccessible par la destruction d’une des arcades supérieures du pont, ils avaient ainsi ouvert entre eux et les assiégeants un vide que ces derniers ne pouvaient ni combler, ni franchir. Okba concentra dès lors toutes ses forces et tous ses efforts sur la porte Sitraougi. De leur côté les Grecs n’ayant plus qu’un seul point à défendre tentèrent diverses sorties qui leur réussirent,un grand nombre de Musulmans perdirent la vie dans ces combats partiels.

Okba voyant la démoralisation de ses troupes réunit en conseil général les hommes les plus influents et les chefs des diverses tribus, leur exposa les faits et leur demanda ce qu’ils pensaient qu’on devait faire, tous ceux qui dans la plaine de Khidra avaient été d’avis de marcher sur Carthage se plaignirent amèrement de ce que leur conseil avait été dédaigné, Okba ibn Nafi leur représenta qu’il avait dû suivre les ordres formels du Calife, ils répliquèrent qu’à une aussi grande distance du théâtre de la guerre, Othman n’avait pu apprécier suffisamment les causes qui devaient déterminer la marche de l’armée dans telle ou telle direction, enfin l’anarchie qui une première fois avait failli compromettre les progrès de la conquête paraissait devenir plus menaçante que jamais.

Raffa ben el-Harith se levant au milieu du tumulte s’écria: nous ne devons pas murmurer, nous les serviteurs du Prophète contre le Vicaire qui commande en son nom, nous ne devons point oublier non plus que le Sayyid Okba ibn Nafi a été choisi pour conduire nos armes, nous avons donc bien fait d’obéir, mais ni le Prophète, ni le Calife, ni le chef de l’armée ne peuvent vouloir qu’en persistant dans des choses impossibles nous compromettions le succès de notre mission glorieuse, or regardez, nos yeux ont-ils vu jusqu’à présent une ville pareille, une position aussi formidable et des obstacles aussi grands chaque jour nous démontre l’impossibilité de la victoire, nous ne recevons aucune proposition des habitants qui contrairement à ce que nous avons vu ailleurs semblent d’accord avec les Ministres et les soldats de l’empereur,ce n’est pas à nous que Dieu et le Prophète ont réservé cette conquête difficile, et en nous ordonnant de l’entreprendre ils n’ont voulu qu’éprouver notre courage. Je crois donc que nous ferons bien de quitter ces lieux maudits avant que la maladie et le fer nous aient enlevé nos meilleurs soldats.

Une nouvelle sortie des assiégés vint interrompre ce débat qui avait rempli d’amertume et de douleur le coeur du Sayyid Okba, son intrépidité se révoltait contre la pensée d’une honteuse retraite, il se souvint alors de la recommandation que lui avait fait le Calife de prendre conseil d’Abdallah ibn Jaffar  dans les circonstances périlleuses, ce dernier retenu dans sa tente par la maladie n’avait pu assister au conseil des chefs. Le général se rendit auprès de lui. Après lui avoir fait connaître son inquiétude et s’être plaint avec amertume du peu de constance des chefs qu’il venait de consulter.

O Abdallah, s’écriat-il, échouerons-nous contre ce rocher fatal,et ta sagesse ne nous indiquera-t-elle aucun moyen de réussir? où sont donc tes stratagèmes, tes ruses de guerre qui nous ont été jusqu’à présent aussi utiles que la lame de ton glaive, creuse ta pensée jusqu’au fond; je ne compte plus que sur toi. Noble Émir, répondit le parent du Prophète, si tu me vois malade et sans force c’est que mon esprit s’est épuisé à chercher ce que tu me demande,nous ne pouvons espérer d’entrer dans Constantine par la force, nous n’y pénétrerons qu’avec l’assistance des habitants et peut-être du Gouverneur, auquel sa soumission à nos armes peut faire espérer la conservation de son rang et de son pouvoir,mais il ne nous arrive aucune parole de l’intérieur, et jusqu’à présent nous n’avons vu que les piques et les traits des soldats. Je vais essayer de nouveau de faire parvenir une lettre aux principaux de la ville à qui je ferai dés promesses et en attendant tâche de réprimer l’impatience des chefs si tu ne peux parvenir à relever leur courage.

A peine Abdallah achevait-il ces mots que les soldats introduisirent un prisonnier qui d’après leur récit avait semblé chercher à se faire prendre et dès qu’il s’était trouvé entre leurs mains avait demandé à être conduit devant le chef de l’armée. C’était un officier d’un grade très-inférieur qui avait été gagné par un des principaux de la ville pour entrer en relation avec les assiégeants, cet homme fît connaître au général Musulman la véritable situation des choses, la discorde régnant entre le Gouverneur et la population d’une part et la garnison de l’autre, les premiers désirant capituler et les seconds d’abord résolus de se défendre jus-qu’à la mort aujourd’hui fortement ébranlés en ne recevant aucune réponse du prince de Carthage; l’espion ajouta que si l’on voulait le charger d’une lettre soit pour le Gouverneur, soit pour les principaux habitants pour leur faire connaître les conditions qui devaient être aussi favorables que possibles, il s’acquitterait de ce message et rapporterait lui-même la réponse.

Les deux chefs Musulmans s’étant consultés à voix basse, Okba laissa à Abd Allah le soin de mener à fin cette négociation et rentra sous sa tente. Abdallah demanda alors au transfuge s’il ne pourrait pas lui fournir les moyens de pénétrer lui-même dans l’intérieur de la ville et d’entrer en relation avec les habitants.Le Grec accepta la proposition et il fut convenu qu’à une heure déterminée de la nuit, Abdallah se trouverait aux abords de la porte Sitraougi et qu’un guide s’y présenterait en prononçant un mot d’ordre pour se faire reconnaître. Le soir même le messager secret feignant des être échappé des mains de ceux qui l’avaient fait prisonnier, rentra dans la ville. Le lendemain de ce jour qui était le trente-et-unième du siège, Abdallah oubliant son état de maladie se disposa à exécuter sa difficile entreprise, sa femme le voyant placer une épée sous son manteau lui demanda en pleurant où il allait à une heure aussi avancée, femme répondit Abd’Allah, je vais avec la protection de Dieu dans les murs de Constantine, sèche tes larmes et surtout garde un silence absolu car personne si ce n’est que le Sayyid Okba ne doit savoir où je vais.

Ayant franchi les dernières lignes du camp il arriva en se glissant avec les plus grandes précautions à quelque distance de la porte Sitraougi; là il s’abrita sous un débris de muraille et attendit avec impatience le guide qu’on lui avait annoncé. La couleur de son manteau dit l’historien arabe se confondait avec celle des objets qui l’entouraient.

Il attendait depuis longtemps; cet homme ordinairement si maître de lui-même sentait l’inquiétude s’emparer de son esprit, il ne se dissimulait pas que si son projet avortait il fallait renoncer à la prise de Constantine, en effet en traversant le camp arabe il avait entendu presque tous les groupes de soldats près desquels il était passé se plaindre avec violence et exprimer quelques idées de révolte, enfin après deux heures d’attente il entendit un léger bruit à la porte Sitraougi, un homme en sortit mystérieusement et sembla chercher autour de lui, Abdallah s’avança près de cet homme qui prononça à voix basse le mot d’ordre convenu avec l’espion, Abdallah lui ayant répondu, son interlocuteur le prit par la main et lui dit: Abdallah ibn Jaffar , suivez-moi.En passant sous la porte, Abdallah ibn Jaffar reconnut que le chef des soldats chargé de la garder était précisément l’officier subalterne qui la veille s’était rendu au camp arabe.

  Abdallah Ibn Jaafar l’un des chefs de la deuxième expédition arabe en Ifrîqiya qui eut lieu en 647, à laquelle prirent part sept compagnons dont le nom commence par Abdallah et connue sous le nom « d’expédition des sept Abdallah».

Le guide d’Abdallah le conduisit dans une maison d’assez belle apparence située presque ‘au milieu de la ville, l’y ayant fait entrer, il se fit connaître à lui. Ce n’était rien moins que le Castellarius ou Intendant des fortifications que l’historien arabe désigne sous le titre de Sakhab el-Khossn. Ce personnage expliqua alors d’une manière plus circonstanciée l’état des choses, il lui dit que la population secrètement d’accord avec le Gouverneur ne demandait pas mieux que de se rendre pourvu que les conditions de la capitulation ne fussent pas trop lourdes, que la crainte qu’il savaient de la garnison grecque les avait seule empêchés d’entrer en relation directe avec le chef de l’armée arabe, qu’il était cependant urgent de prendre un parti définitif, et qu’il allait ménager une entrevue entre Abdallah et le Gouverneur, Abdallah y consentit.

Comme déjà le jour commençait à poindre,l’envoyé arabe soigneusement déguisé en femme fut placé dans une litière fermée et conduit en cet équipage au palais du Gouverneur, là il fut amené en présence de ce dernier qui le reçut avec une grande déférence, ils commencèrent alors à discuter les conditions de la remise de la ville. Abdallah promit au Gouverneur que son pouvoir lui serait conservé, que la possession de Constantine serait rendue héréditaire dans sa famille, il ajouta que la vie et la propriété des habitants seraient préservées de toute atteinte, la condition formelle de la réalisation de ces promesses était la conversion immédiate à la religion musulmane du Prince,de sa famille et des principaux dignitaires.

Le Gouverneur qui avait été prévenu de l’arrivée d’Abdallah avait fait réunir à l’avance les principaux de la ville, aussitôt qu’il eut arrêté avec Abdallah ibn Jaffar  l’arrangement dont nous venons de parler, il lui fit remettre ses premiers vêtements et le conduisit dans la salle où s’étaient rendus les notables; l’homme que voici, leur dit-il, est Abdallah ibn Jafar , le conseil et l’envoyé du général de l’armée qui nous assiège, il vient nous dire que si la ville se rend, notre vie, nos dignités et nos fortunes nous seront conservées à la condition que les hommes revêtus de dignités et chargés du commandement embrasseront la religion nouvelle qui s’est déjà étendue sur presque tout l’Orient, les particuliers qui voudront rester fidèles à leur culte seront libres de le faire. Si la ville ne se rend pas nous serons dépouillés et massacrés, dites ce que vous voulez faire, ils répondirent d’une voix unanime qu’ils acceptaient les propositions de l’envoyé d’Okba ibn Nafi, et qu’il fallait aviser au moyen d’obtenir le concours de la garnison ou bien de l’emporter sur sa résistance.

Au même instant on vint annoncer au Gouverneur que les principaux officiers Grecs demandaient à lui parler, il ordonna qu’on les fit entrer dans la salle du conseil; ces officiers furent extrêmement surpris en voyant un chef arabe assis à la droite du Gouverneur, ils venaient dire à ce dernier que leurs forces étaient épuisées, que s’il voulait que la défense de la ville fut encore possible ils le conjuraient au nom de l’Empereur leur maître commun, d’engager ou de forcer les habitants à se joindre à eux, le Batrik leur répondit, tout ce qu’il a été possible de faire pour conserver cette ville à notre auguste Empereur je l’ai fait, mais voici les grands de la population qui sont décidés pour mettre fin aux périls du siège, à se mettre entre les mains de l’armée arabe, celui que vous voyez assis près de moi et que votre surveillance n’a pas su empêcher de pénétrer jusqu’ici, est le principal lieutenant du chef de cette armée, il a fait des propositions qui ont été acceptées, et moi je vous dis vos rangs sont décimés,vos approvisionnements de vivres sont épuisés, etc’est à peine si nos réservoirs contiennent assez d’eau pour nous désaltérer pendant 8 jours,voyez et réfléchissez, si vous persistez à vous défendre s’en est fait de vous tous, si vous consentez à vous rendre, vous serez sauvés comme nous. Les officiers furent saisis d’un profond étonnement,après un instant de réflexion quelques-uns d’entre eux déclarèrent au Gouverneur qu’ils se soumettaient avec lui, les autres criant à la trahison jurèrent de se défendre jusqu’au dernier soupir. Ils furent immédiatement arrêtés et mis en lieu de sûreté.

Le Gouverneur, les principaux, habitants de la ville et les chefs qui restaient à la tête de la garnison étant ainsi d’accord, il fut convenu qu’Abdallah sortirait le soir même de la ville, qu’il retournerait au camp, et que le lendemain il se représenterait à la porte avec une troupe nombreuse qui prendrait possession de la place. Cependant Okba ibn Nafi était resté plongé dans une inquiétude mortelle, tourmenté par les plaintes des soldats et des chefs qui demandaient à lever le siège, il voulut avant de prendre une résolution définitive consulter une dernière fois Abdallah ibn Jaffar , il se rendit en conséquence dans la tente de ce dernier qu’il croyait encore malade, il n’y trouva que sa jeune femme qui toute éplorée et ayant pris à peine le temps de se voiler se précipita au-devant d’Okba ibn Nafi, elle lui raconta que son mari était parti la veille pour se rendre dans les murs de Constantine et qu’il n’était point encore rentré, Okba ibn Nafi sentit s’accroître son anxiété, il allait se retirer lorsqu’Abdallah lui-même entra dans la tente, son front était radieux, il se hâta d’informer Okba ibn Nafi de ce qui s’était passé, le général soulagé d’un grand poids, retourne chez lui suivi d’Abdallah et ayant à la hâte convoqué les principaux de l’armée il leur fit part: de ces heureuses nouvelles, qui promptement répandues dans tous les rangs ranima l’esprit des soldats.

 » Cirta (Constantine) devait porter encore le nom de Kalâat Ifrikya, citadelle de la «province» qui s’étendait de l’Egypte jusqu’au méridien de Bougie… suivant la division faîte par les Arabes dans le Maghreb durant la longue conquête musulmane , eu égard à son site défensif sur un rocher et ses fortifications. »  tiré de « La mosquée de Sidi El Kettani: Un bijou du patrimoine de Constantine (page n°82,) Par Zemmouchi Med-Rida Correspondant à Constantine

Le lendemain à la pointe du jour un millier de cavaliers arabes sous la conduite d’Abdallah ibn Jaffar , se présenta à la porte Sitraougi, les soldats qui la gardaient par ordre des chefs que nous avons vus se rallier au Gouverneur n’opposèrent aucune résistance.

Abdallah suivi de ses soldats arriva bientôt sur la place qui entourait le palais du Gouverneur,elle était remplie d’une foule nombreuse, le Batrik se trouvait avec toute sa cour sur la plateforme d’une des quatre tourelles qui flanquaient son palais, à la vue d’Abdallah il s’écria:

« Sachez, ô habitants de Constantine, que les armes des Arabes l’ont emporté, le vainqueur respectera votre vie et vos propriétés, ceux d’entre vous qui embrasseront l’Islam seront comblés de dignités, ceux qui voudront conserver leur foi ne seront point inquiétés, il n’y a de Dieu que Dieu, et Muhammad  est son Prophète. »

Un grand nombre de voix répondirent par des acclamations, quelques instants après Okba ibn Nafi suivi du reste de l’armée entra au bruit des tambours et des trompettes ; et la ville fut ainsi complètement occupée.

C’est ainsi que Constantine tomba comme tant d’autres villes sous la domination de l’Islam. Okba ibn Nafi continua sa course et se dirigea vers Carthage,il avait laissé à Constantine une garnison arabe suffisante et le Cadi Daffar ibn Hassan al-Sulami pour l’enseignement de la religion du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Les conditions promises par Abdallah ibn Jaffar furent d’abord complètement respectées, (//) mais la plupart d’entre ‘eux  (les chrétiens) se réfugièrent en Corse, en Sicile, à Malte et en Espagne.

Quarante ans après la conquête il ne restait (pratiquement) plus un seul chrétien dans cette partie de l’Afrique (..).

FIN.

notes

(1)  A l’époque de l’invasion arabe de 644, il y avait en Afrique du nord  le Judaïsme mêlé au Paganisme de Syrie (phénicie), l’idolâtrie des Grecs, la religion mage zoroastrienne dont l’auteur arabe du Qirtas (ibn Abi Zar) et Ibn  Galeb font mention vers l’année 804 de J.-C. et 189 de l’hégire. Le Christianisme avec toutes ses sectes, présent en afrique jusqu’au moins les Almohades, des chrétiens de souche vandales de Shershall, aurai fui du temps des Aghlabides vers le nord de l’Espagne.

(2) Cette montagne est celle qu’on appelle aujourd’hui Om-Settas par corruption de l’ancien nom, cette montagne est sur la route de Annaba et s’élève sur un des côtés de la vallée du Boumerzoug.

Al-Rabadha , la ville d’Abu Dhar al-Ghifari radi Allah anhu :

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ArRabadha est est une ancienne ville ancienne arabe islamique située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak et la Mecque (Arabie Saoudite). Il se trouve à environ 200 km à l'est de la médina
Ar-Rabadha est est une ancienne ville ancienne arabe islamique située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak et la Mecque (Arabie Saoudite). Il se trouve à environ 200 km à l’est de la médina

Al-Rabadha (arabe الربذة) est une ville dans Arabie Saoudite située à quelque 200 km au nord-est de Medina sur la route du pèlerinage de Koufa à la Mecque, connu comme sous le de « Darb Zubaydah », la ville est également connue comme le lieu ou le compagnon Abu Dharr al-Ghifari radi Allah anu passa sa dernière année (Mort en32 H,  652-3 jc) , il y fabriqua une mosquée, qui est l’une des plus vieille au monde , description selon Encyclopédie de l’Islam Brill, « ancien établissement islamique en Arabie occidentale, de nos jours essentiellement site archéologique marqué par la birka, ou bassin d’Abū Salīm. Il se trouve sur le piémont oriental de la chaîne de montagnes du Ḥid̲j̲āz, à quelque 200 km à l’Est de Médine. Aux premiers temps de l’Islam, il se situait sur la principale route du pèlerinage de Kūfa en ʿIrāḳ à la Mecque, connue par la suite sous le nom de Darb Zubayda , et offrant aux pèlerins des facilités comme la nourriture et l’eau potable. Aujourd’hui, la région est verdoyante la plus grande partie »  (.)

Jundub ibn Junadah (Arabe: جُندب بن جَنادة), plus connu sous le nom de Abu Dhar al-Ghifari (radi Allah anhu) était un sahabi appartenait à la tribu des Banu Kinanah. Il mourut ici à al-Rabadha, il  faisait partie des muhajirun, ceux qui avaient émigré pour la cause de l’Islam.

L’Apôtre d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit « C’est Abu Dhar. Et en effet tous ceux qui étaient présents s’être tenus longtemps à regarder l’impatience de savoir qui c’était s’écrièrent tout d’un coup!!; Par Dieu c’est Abu Dhar lui même. L’Apôtre de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit « Que Dieu fasse miséricorde à Abu Dhar il marche seul il mourra seul il ressuscitera seul »

Cette Prophétie fut accomplie, la seconde circonstance. Il arriva la suite par le Décret de Dieu qu’Abu Dhar fut banni et envoyé en exil par le Khalife Othmân à Al Rabdha il fut surpris en chemin d’une maladie dont il mourut. Comme il n’avait avec lui que sa Femme et son Valet lorsqu’il se sentit près de sa fin il leur dit « Dès que je serai mort lavez moi et  enveloppez moi d’un suaire ensuite exposez mon corps sur le bord du chemin en un lieu éminent et  vous direz au Passant Voila:  » Abu Dhar Compagnon de l’Apôtre de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  aidez nous à Ensevelir »

Quand il fut mort ils firent comme il leur avoir commandé et à peine avaient ils tout accompli qu’Abd Allah fils de Masud qui revenait d’Irak avec un grand cortège de ses compagnons passa par l’endroit où l’on avoir exposé le corps d’Abu Dhar. A la vue là-bas d’une dame et d’un enfant près d’un corps étendu, il réorienta sa monture. Les autres firent comme lui. Dès qu’il arriva, il reconnut vite le corps inerte de son compagnon. Il fondit alors en larmes, avant de se rapprocher de la dépouille.. Mais un moment après le valet d’Abu Dhar s’approcha et lui dit les même paroles que son Maître lui avoir commandé de dire. Aussitôt Abd Allah se jetant à terre versa des larmes en disant  : »Ce que lui prophétisa autrefois l’Apôtre de Dieu se trouve présentement vérifié. Tu marcheras seul tu mourras seul tu ressusciteras seul » Abd Allah et ses Gens descendirent aussi de cheval et rendirent au mort les derniers devoirs ils l’enterrèrent au lieu même qui fut appelé « Al Rabadha ».

Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui)   avait dit cela lors de l’expédition de Tabuk, en l’an 9 de l’Hégire. 20 ans avant ce jour-là. Lors de ce déplacement, Abu Dhar était resté loin derrière l’armée musulmane, à cause de son faible chameau, si bien que son absence avait été remarquée. Puis, après s’être convaincu de l’incapacité de sa monture à continuer le voyage, il avait repris le chemin, à pied. Il avait alors rattrapé ses compagnons le lendemain, quand ces derniers s’étaient arrêtés pour une pause.

Lorsque le Messager de d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) l’avait vu s’avancer seul, il avait dit : « Dieu accorde sa miséricorde à Abou Dhar! il marchera seul, il mourra seul et il sera ressuscité seul. »

Site Rabza archéologie islamique MOUSQ1.jpg

Abu al Feda dans sa Géographie explique que la ville est voisine de Médine, et  que « c’est à Al Rabadha où l’on voit le Tombeau d’Abu Dhar le Gafârite »

Description du site selon le journal Marocain al-Bayyane : « Dès l’époque du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), elle fut érigée en zone de pâturage protégé, affectée à l’élevage de chevaux nécessaires aux troupes musulmanes. A la mort du Prophète, plusieurs de ses compagnons y résidèrent. Rabadha vit venir à elle les collecteurs de hadiths en quête de transmetteurs fiables parmi les descendants des compagnons qui y résidaient. Le Calife Harûn al-Rashid (786 – 809) s’y arrêtait avec sa suite lorsqu’il accomplissait le pèlerinage. On estime que vingt mille pèlerins, en marche vers La Mecque, s’arrêtaient chaque année dans Rabadha. Cette route prit le nom de Dar Zubeida en raison des travaux effectués par l’épouse du Calife, notamment l’aménagement d’une source pour rendre service aux pèlerins. (..).

Les Kutama, histoire de la disparition d’une tribu :

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Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l'émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya
Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l’émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya (800-909)

Les Kutama, Ketama ou Kotama  était une tribu berbère Sanhadja branès et classée parmi la confédération des Bavares.. La tribu porta le nom de « Ukutamanorum » sous les Romains, puis de « Ucutamani » sous les Byzantins et de « al-Kutama » sous les Arabes.

Cette tribu peuplait principalement la région des Babors en Petite Kabylie et le nord-constantinois,1 régions situées au Nord-Est de l’Algérie, mais étendit également ses ramifications dans tout le Maghreb.2 Les Kutamas ont eu un rôle important durant l’époque médiévale (909 – 1171) au centre de l’Afrique du Nord. Ils serviront des missionnaires et d’imams chiites tels que Abu Abd Allah ach-Chi’i et Ubayd Allah al-Mahdi, formant ainsi la dynastie arabe des Fatimides contre les Aghlabides, émirat arabe issu de la tribu des Banu Tamim originaire du Khorassan, vassal du Califat Abbasside et contrôlant l’Ifriqiya (800 à 909).

fatimides
Un Cavalier Ghulam Turc et un Fantassin Kutama, tout deux de l’armée fatimide

Origines et Théories :

Les Kutama seraient une sous-branche des berbères Sanhaja selon Ibn Khaldûn. Toujours selon lui ils seraient les enfants de « Ketam » ou de « Ketm », fils de Bernis et donc de la même souche berbère que les Sanhadja.

Ibn Khaldoun après avoir fait d’après le rapport des généalogistes  descendre les Ketamah des Beranis ou enfants de Ber  descendants de Mazigh fils de Canaan mais ajoute : « Al-Kalbi (737-819) veut que les tribus de Ketamah et de Sanhadjah n’appartiennent pas aux Berbères ils ne sont selon lui que des tribus du Yémen qu’Afrikis fils de Saïli laissa en Afrique avec les gens de la postérité de Cham qu’il y avait établis. Il dit encore plus loin : « La vérité est que les Berbère sont un peuple bien différent des Arabes excepté peut-être comme l’observent aussi les généalogistes les tribus Sanhajah et des Kutamah qui selon moi doivent être regardées comme parentes et alliées des Arabes . Mais Dieu le sait ». ( Al-Kalbi repris par Ibn Khaldoun par Schulz Journ asiat t II p 121 et 142)

Selon toujours Ibn Khaldoun : : « Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays.» dixit Ibn Khaldoun;

Selon A.Bouchareb dans la thèse d’état; « Cirta ou le substratum urbain de Constantine. » : « Notons ici que Himyer, cité comme un aïeul commun des Ketama et des Sanhadja, était également regardé par les historiens antiques comme également l’aïeul des phéniciens (donc des puniques) » et plus loin il poursuit :« Deuxièmement, nous retenons que ces populations, jointes aux berbères autochtones durant des temps reculés, étaient selon les généalogistes arabes descendants de Himyer d’origine yéménite, la même origine attribuée par les historiens (antiques, dont Hérodote) aux phéniciens »

Gautier quant à lui, propose de voir dans les récits des historiens arabes sur les conquêtes yéménites  du roi Ifrikos au Maghreb « une transposition de souvenirs phéniciens »

Le nom antique sous lequel cette tribu est signalée est « kédamousien ». D’après Ptolémée, elle serait venue du sud pour s’installer dans les montagnes d’actuel Nord-Est Algérien.

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya

Histoire des Kutama

C’est au Moyen Âge et le début de l’ère musulmane que sa renommée deviendra la plus importante.

Dès l’année 154 de l’hégire (771), les kutama étaient dans la ville de Jijel, et vraisemblablement peuplait aussi le territoire de cette ville, car elle a accueillis deux fois des armées arabes Abbasside révoltés de Kairouan, venu prendre refuge et s’établir parmis eux. (Ibn-Khaldoun, trad Desvergers, p. 67.)

La région est le foyer historique de la grande tribu berbère des Kutama, qui joua un rôle considérable dans le Moyen Âge maghrébin et islamique, notamment parce qu’elle fut à l’origine de la création de l’empire fatimide au xe siècle, « l’un des plus grands empires de l’histoire islamique », qui s’étendait du Maroc actuel à l’Arabie3.

Au début du xe siècle, les Kutama ont constitué avec les Fatimides une coalition contre les Abbassides. En rivalité avec les Aghlabides qui gouvernaient l’Ifriqiya, la tribu Kotama joua un rôle déterminant dans la fondation de l’État Fatimide. Ses membres devinrent les plus farouches protecteurs du jeune État et constituèrent également les principaux effectifs de sa fidèle armée4,3.

Abu Abd Allah ach-Chi’i, missionnaire arabe chiite réunit les Kutama et prépare le terrain pour son maître Ubayd Allah al-Mahdi, un imam chiite ismaélien de Syrie présenté comme le Mahdi par Abû `Abd Allâh ach-Chî’î et dont le rêve est de faire basculer le pouvoir sunnite en place à Bagdad au profit de la dynastie chiite4.

En 903 les Kutama commencèrent l’insurrection. Le 19 mars 909, ils détruisent définitivement les Aghlabides, dynastie installée par les Abbassides en Ifriqiya, près de Laribus. Six jours après, ils entrent dans leur capitale Raqqâda puis fondent la capitale du nouveau califat Fatimide à Mahdiyah5.

Les Fatimides, avec leurs armée Kutama conquièrent l’Égypte en 969 sous le commandement du général Jawhar al-Siqilli (le Sicilien) qui entra à Al-Fustât en 972, dans un pays désorganisé et en proie à la famine. Ils fondent, près de cette ville sunnite, une nouvelle capitale qu’il nommèrent al-Qâhira (Le Caire), signifiant « la Victorieuse »4.

Ce qui provoqua un fort exil des Kutama vers l’Égypte, ont peut aisément dire qu’ils servirent de chair à canon pour les Ismaéliens.

Peinture d'al-Qasr al-Fatimi d'Ajdabiya dans la province de Barqa dans l'actuelle Libye En l'an 362 de l'hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui
Peinture d’al-Qasr al-Fatimi d’Ajdabiya dans la province de Barqa dans l’actuelle Libye En l’an 362 de l’hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui

Ibn Khaldoun nous dit « toute la nation des Kutama organisée en différentes tribus, partit s’établir en Égypte »6

Les Kutamas installèrent un campement militaire près du Caire, formant une puissance militaire redoutable au service du Califat arabe Ubaydite. Ils conduiront plus tard des expéditions jusqu’à Damas contre les Abbassides. Le quartier des Kutama « Hai El-Kotamiyine », au Caire, sont un des vestiges de leurs ancienne influence.

Rue de Kutama : « Cette rue est voisine de la rue des Batélites, elle en fait même aujourd’hui partie. C est là que furent les logements des Kutamiens lorsqu’ils vinrent d’Afrique d’abord avec le kaïd sicilien Djauhar et plus tard avec le khalife Moëzz. Le lieu où était cette rue est ce qu’on nomme aujourd’hui les Bains de Kérai, avec ce qui les avoisine derrière le collège d’Ibn algannam, à l’endroit où se trouve le passage d’Ibn alaasar, jusqu’au commencement de la rue des Batélites. Les Kutamiens étaient les sujets privilégiés de la famille des khalifes Fatémites » (Silvestre de Sacy dans Al-Maqrizi, chrestomancie arabe, vol1; p127)

Abu Ali ibn Jafar ibn Fallah al-Kutami (969-971).était le Wali Fatimide de la ville Syrienne de Damas 

Un assez grand nombre de poste de Wulat (plr de Wali) furent donnés à des Ketâma. Un personnage de cette tribu obtint le gouvernement d’Adjedabia, oasis située au sud de Barqa en Libye (Kaïrouâni, p. 107), un autre Kutami celui de Gabès en Tunisie (Kaïrouâni, p. 107. — al-Bakri, p. 462) , et cette dernière charge demeura héréditaire dans sa famille. Ce fut encore un Kutâmi qui eut la perception générale des impôts.

Al-Hassan ibn Abi khanzir al-Kutami (910-913) était le Wali Fatimide de l’île de Sicile (Ibn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 159.)

l'empire fatimide dégénéré
l’empire fatimide dégénéré

Décadence et disparition des Kutama 

Au cours des innombrables guerres au profit de l’armée fatimide le peuple kutama aurait perdu plus de « cent mille des siens ».

Ibn Khaldoun nous décrit la suite « Devenus donc aussi puissants que l’empire qu’ils avaient contribué à fonder, les Kutama sombrèrent dans le luxe et la mollesse »7. En l’an 973 le calife fatimide quitta le Maghreb pour aller s’installer en Égypte et laisser à Bologhine ibn ziri la charge de gouverner le Maghreb. Les Kutamas se sentirent alors trahis mais n’avaient plus ni les chefs ni les forces pour imposer leur injonction. Ce sont donc les zirides qui allaient être les héritiers des fatimides.

Onze ans plus tard, soit en l’an 984, les zirides dirigés pas Al-Mansur, demeurés seuls maîtres du Maghreb ne tardèrent pas à manifester leurs envies d’indépendance vis-à-vis des fatimides. La réaction de ces derniers ne se fit attendre, un missionnaire fut envoyé dans le pays des Kutama pour les soulever contre le « traitre » ziride, cependant El mansour riposta et entreprit une campagne contre le pays des Kutama, dont les villes et villages furent réduits en ruine. Une seconde révolte éclata l’année suivante qui connut le même sort, elle mobilisa pourtant un grand nombre de Kutama qui succombèrent tous.

Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale
Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale, lors de l’arrivée de la France, E.Carette en 1850, étudie les origines raciales des habitants de la ville, il en conclus qu’il donne 800 habitants d’origine arabe pour 800 berbrèes (p453, « recherches sur les tribus.. »)tous arabisés, conclusion semblable a celle d’al-Bakri en 1050.

Al-Bakri 1014- 1094 nous explique comment une ville comme Mila fut vidé de ses Kutama après les Fatimides :

« Au Mois de choual 378 (jan-fev 989 JC); al-Mansur (fils de Bologhin ) sorti de Kairouan et envahit le pays des Ketama. Arrivé dans le voisinage de Mila, il alla ce présenter devant cette ville, avec l’intention de la livrer au pillage et d’exterminer la population. (..)Dès lors la ville de Mila resta quelque temps sans habitants. Aujourd’hui elle est entourée d’une muraille de pierre et d’un faubourg,(..). La population de Mila se compose d’Arabes, de gens de la millice et d’hommes de race mélangée. »

Les Invasions arabes Hilalienne (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne , les terres Hialliennes sont tracés en marron

Les débris Kutama lors des invasions arabes des Banu Hilal :

E.Carette nous parle du reste des Kutama lors de l’arrivée des arabes Banu Hilal au 11e siècle :

« Dans la province de Constantineles arabes (Hilaliens et Solaymites) étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale (nord), par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des ArabesIls dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine, et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville. On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord » .(Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale et particulièrement de l’Algérie / par E. Carette ; p.408-09 et 410).

Sur les Banu Hilal, Al-Idrissi en décrivant la région situé entre Collo et Constantine dans sa géographie au 12e siècle, nous disait que :«De Constantine .. Au port d’al-Collo, 2 journées, en traversant une contrée fréquentée par les Arabes, » plus loin, il poursuit en disant que les « Les Arabes qui l’habitent sont pacifiques;et que les « Arabes ne passent jamais cette montagne (de Sahaw) qui est comme une limite de leur territoire  » Toujours notre auteur continu et persiste : »D’al-Coll à Constantine , on compte 2 journées, en se dirigeant vers le sud et en traversant un pays occupé par les Arabes. » (Al-Idrīsī (1100-1165) op cit. p.113)

Ibn Khaldoun au 14e siècle constatait qu’une des tribus survivantes des kutama  les Sedouîkich vivant entre Jijel et Bejaia, « vivait sous la tente et élevait des chameaux comme les arabes » à qui, ils en avait même pris la langue et les us et coutumes des arabes, « aussi se donnent-ils quelques fois pour une branche des Soleïm tribu arabe descendue de Moder », et qu’elle vivait sous le patronage des arabes de Sulaym et de Hilal ..

Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d'ou partie l'empire fatimide (algerie, Ifriqiya)
Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d’ou partie l’empire fatimide   « Près de Setif est une montagne nommée Idjkan où les familles de la tribu berbère de Kutama ont établi leur demeure. Il s y trouve aussi un château bien fortifié » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, p194)

Les moeurs des Kutama selon les Historiens :

ibn Hawqal constatait les moeurs dégénérés des Kutama : « La plupart des Berbers qui habitent le Maghrib depuis Sijilmassa, jusqu à Sous, Aghmat et Fez de là aux environs de Tahert, Ténès, Mesîla ,Tobna, Baghaï ,Aguerbal, Djijeli,s Azfoun, et les dépendances de Bone accueillent les voyageurs avec hospitalité il se trouve même des gens parmi eux qui pour faire honneur aux étrangers leur prostituent leurs enfants Cette détestable coutume fut vivement combattue par Abou Abd Allah le missionnaire  des Fatimites qui eut recours à des moyens extrêmes pour l’abolir mais elle résista à tous ses efforts«  (ibn Hawqal page, 241 « surate al ard ».)

En l’an 1150 al-Idrissi (1100-1165)  auteur de « la description de l’Afrique et de l’Espagne », constatait déjà l’état d’affaiblissement des Kutama dont il ne restait que quatre mille individus et le fait qu’ils prostituait leurs enfants mâles 8 il le disait en ses termes :

« Cette tribu est renommée par sa générosité et par l’accueil qu’elle fait aux étrangers. Ce sont certainement les gens du monde les plus hospitaliers car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter et loin de rougir de cette coutume ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négligeaient de s’y conformer, divers princes ont cherché à les y faire renoncer même par des punitions très sévères mais toutes les tentatives qu on a pu faire ont été vaines. A l’époque où nous écrivons il ne reste plus de la tribu de Kitâma jadis très nombreuse qu’environ quatre mille individus. » 

« La doctrine immorale et impie de l’ismaélisme, apportée dans le Maghreb central par Abou-Abdallah, n’y avait pas fait, selon toute apparence, un grand nombre de prosélytes ; dès les premiers jours de l’apostolat, on voit une tribu de Ketâma, voisine du foyer de l’insurrection, s’élever contre les prétentions d’Abou-Abdallah. Ne serait-ce pas d’ailleurs faire injure à la conscience humaine, que de la croire accessible à des doctrines de cette nature ? Les conversions durent se concentrer dans un cercle étroit autour de leur point de départ. Bientôt aux conversions succédèrent les soumissions, et la conquête à l’apostolat ; la plus grande partie du Maghreb dut subir le joug des nouveaux maîtres, sans pour cela adopter leur dogme.

Un certain nombre de tribus tomba dans le chiisme pur et crut à l’arrivée du Mahdi ; enfin un petit noyau d’adeptes, groupés autour du point de départ de la prédication, adopta seul la morale et le dogme ismaélien. (Kaïrouâni, p. 133., cité par E.Carette)

Il semble que l’ethnie kutama a définitivement disparu au xive siècle. Ibn Khaldoun nous explique que «la raison en est que pendant les quatre siècles qui se sont écoulés depuis la chute de l’empire kutamien, les dynasties suivantes se sont plu à leur reprocher l’attachement qu’ils avaient montré aux doctrines hérétiques et aux croyances infidèles (ismaélisme), il en résulta que la plupart des peuples kutama renoncèrent à ce surnom à cause de l’idée de dégradation que cela comportait »(Ibn Khaldoun 1969,I, p. 298)

Situation approximative des tribus arabes et berbère dans la région l'ancienne zones des Kutama
Situation approximative des principales  (elle n’y sont pas toute) tribus arabes et berbère dans la région de l’ancienne zones des Kutama à l’époque Hammadide

Les Kutamas de nos jours ?

Le groupe kutama en tant que tel de nos jours n’existe plus. Peut être, en Égypte, peut-on rapprocher culturellement les Siwis des Kotamas en raison de leurs acceptation culturelle de l’homosexualité traditionnel et enfantine, leurs  parler est arabisé à 60 %13..

En ce qui concerne l’Algérie dont le foyer principal était la région actuellement désignée comme la Kabylie des Babors, les débris (4000 au 12e siècle selon al-Idrissi) des Kutamas restés dans cette région se sont mélangés aux autres tribus berbères  et arabes Hilaliennes, formant par la suite différentes tribus sans lien entre elles10.et arabisés12

Les spécificités culinaires kutama auraient survécu à la tribu elle-même, comme, le « couscous au poisson » seksou bel’hout, qui serait d’origine kutama11, 

Ibn Ḵẖaldoun considère les gens de Jerba en Tunisie comme faisant partie des Kutāma (Ibn Khaldoun; III, 63) ; on y rencontre aussi, ajoute-t-il, « des Nefza, des Hawwāra et quelques fractions d’autres tribus berbères »

Une ville dans le rif Marocain portait ce nom de Kutama, elle était la terre de la culture du cannabis, qui depuis fut rebaptisé « Issaguen » par le roi Muhammad VI.

Le reste des Kutama se sont donc par la suite alliés et mélangés aux tribus sunnites berbères et arabes, diluant ainsi leur tribus dans d’autres.

Selon E.Carette la tribu de Ketama n’existe plus, ses membres furent massacrés et dispersés , et  il l’exprimait en ces termes : « Le pays montagneux situé entre Sétif et Kollo était habité avant al-Idrissi par la puissante tribu des Ketâma, renommée pour sa générosité et son hospitalité mais décriée pour ses mœurs. Au temps de cet écrivain elle était réduite à quatre mille individus, elle a complètement disparu« 15

Lorsque Ibn Khaldoun nous décris le Maghreb et ses habitants au 14eme siècle, il nous indique que la province de Bougie et de Constantine « appartenaient autrefois au tribus Zwawa, Kutama, Adjissa et Huwara, mais elles sont maintenant toute habitées par les Arabes, qui en occupent toutes les parties à l’exception de quelques montagnes d’accès difficile ou l’on trouve encore plusieurs fractions de ces tribus ». (Ibn Khaldoun, (1332- 1406) op cit, p147)

Selon J.-P. Laporte, « Ketama, Kutama », Encyclopédie berbère  : « La grande confédération des Kutama était définitivement morte. A l’époque d’Al-Idrîsî, la tribu ne comptait plus que 4 000 membres ! » 

File:Location map Taifa of Alpuente.svg
La taïfa d’Alpuente, émirat d’Alpuente ou Al-Sahla est l’un des royaumes de taïfa issus de l’éclatement du califat de Cordoue en 1010. Elle est fondée dans la région d’Alpuente autour de 1018.  En 1103, la taïfa est occupée par les Almoravides et est intégrée dans la taïfa de Valence en 1145. En 1172, elle passe sous la domination des Almohades, jusqu’à son intégration au royaume de Murcie (musulman) en 1229. Enfin, elle est conquise en 1238 par Jacques Ier d’Aragon

Les Banu Qasim d’al-Puente al-Andalus :

Selon Ibn Hazm, les Banu Qassim de la taïfa d’Alpuente, (al-Buente) n’était pas arabes Fihrides comme ils le prétendait  mais des Kutama d’Ifriqiya, qui ont su profiter de la fin du califat Omeyyade de Cordoue pour ce taillé un fief à Alpuente

Ibn Hazm nous dit que les Banu Qasim étaient en fait des Kutama Berbères et étaient liés au clan qurayshite Fihride seulement en vertu d’un vieux  lien de clientèle en Ifriqiya. Ibn Khaldoun (voy, trad de Slane) disait que les Sanjaha était lié au temps des Omeyyades au Alides et Hachémites mais « ne sachant pas dans quelle circonstance« , le « Kitab al-Adwani » (voy, trad de Ferraud), parle de liens avec les Omeyyades en parlant des population pré-hilaliennes du nord de Constantine. Les Banû Qâsim d’Alpuente furent, parmi les plus fidèles serviteurs de la Omeyyades d’Al-Andalus.(Gabriel Martínez Gros, 1985)
File:Castell de Montornes.jpg
Château Montornés, situé dans la commune de Benicasim dans la province de Castellon est une forteresse d’origine arabe du Xe siècle (Omeyyade andalous)
Enfin la ville de Benicassim en Espagne viendrai du nom de cette fraction Kutama (voy, Dozy « Histoire des Musulmans d’Espagne.. »  Tome,1, p 161), les Banu Qassim gouvernait la région depuis pratiquement l’arrivée des musulmans dans la péninsule ibérique au VIIIe siècle sous le Califat Omeyyade, ils ont réussi à consolider leur pouvoir principalement grâce à leurs interventions militaires dans les « marches d’al-andalus » ou les zones  frontières avec les royaumes chrétiens. Qasim ibn Abdallah a essayé  de donner à sa famille une origine arabe fihride, même si cela fut démentis par un chroniqueur contemporain de Qassim, le célèbre  Ibn Hazm.
Dynastie Qasimide ou Banu Qassim

Références

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères 
  2. Housni Kitouni, La kabylie orientale dans l’histoire, Paris, Harmattan,‎ 2013 ), P48
  3. a et b Ibn Khaldoun – Histoire des Berbères
  4. a, b et c Zidan Mohamed « État et tribus dans le monde Arabe
  5. Ibn Khaldoun
  6. Ibn Khaldoun op.cit. p. 967
  7. Ibn Khaldoun p. 967
  8. El Idrissi, description de l’Afrique et de l’Eespagne, BNF, Galica2, p. 116
  9. Ibn Khladoun, op, cit, p. 224
  10. Livre « la Kabylie orientale dans l’histoire » page 58
  11. 13th-century Andalusian cookbook, Kitāb al-tabǐkh fǐ al-Maghrib wa’l-Andalus (Arabic) « The cookbook of the Maghreb and Al-Andalus
  12. Ibn Khaldoun, op.cit, p. 573
  13. Sur l’oasis de Siwa , Madjid Allaoua, Études et Documents Berbères, 1997-1998 (2000)
  14. Antoine-Ernest-Hippolyte Carette, Émilien Jean Renou, Jean-André-Napoléon Périer et Adrien Berbrugger, Exploration scientifique de l’Algérie pendant les anées 1840, 1841, 1842, Imprimerie royale,‎ 1er janvier 1844 (lire en ligne [archive])

Voir aussi sur le sujet :

L’île de Malte. Histoire de la domination musulmane :

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Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte ville fortifié par les Aghlabides. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »

La dynastie arabe des Aghlabides de 800 à 909, elle prend fin en ifriqiya et en sicile en 909 et la lignée aurait quant à elle régné jusqu’en 948 jc à Malte avant de passé aux arabes Kalbides de Sicile (948 -1053), la dynastie Kalbide prend fin en Sicile en 1053 mais elle reste jusqu’en 1091 à Malte. (source The Spread of Islam Throughout the World publié par Idris El Hareir,Ravane Mbaye) .

Miege (« Histoire de Malte » p87) disait : « Du reste on ignore quelle fut la forme de gouvernement introduite à Malte et au Goze. On sait seulement que ces deux îles furent gouverné par un émir dépendant de celui de Sicile « 

Ibn al-Athir (1160-1233) nous explique la prise de Malte en 869 par les Aghlabides : « A la suite de la mort de Khafâdja, son fils Mohammed, désigné par la population pour lui succéder, fut confirmé dans cette situation par Mohammed ben Ahmed ben el-Aghlab, prince de K’ayrawân. En 256 (8 décembre 869), il envoya une armée à Malte, dont les chrétiens levèrent le siège en apprenant l’arrivée de ces troupes. »

Ibn Khaldoun (1332-1406) reviens sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Ziadet Allah el Asghar eut en mourant pour successeur son frère Mohammed surnommé Abou el Gharanik le Père des Grues 122 qui était adonné au jeu et à la boisson Il y eut de son temps des guerres et des révoltes en 255 de l’hégire il s empara de Malte, mais les Grecs reprirent sur lui plusieurs places de la Sicile  »

Al-Nowaïri dit que le chef de l’expédition dans laquelle Malte fut prise était Ahmed ibn Omar ibn Ubayd Allah ibn al-Aghlab (Nowairi Ms 7o2 A fol 52 recto).

Al-Himyari (1350) sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Elle fut attaquée par Halaf al-Hādim (ingénieur renommé), le mawlā de Ziyādat Allāh b. Ibrāhīm du temps d’Abu ‘Abd Allāh Muḥammad b. Aḥmad (864-875), neveu de Ziyādat Allāh, avec l’aide de Aḥmad (Habashî) b. ‘Umar b. ‘Abd Allāh b. al-Aġlab, et ce fut lui (Halaf) qui souffrit pour elle. » plus loin toujours sur Halaf :  « Et ce Halaf est bien celui qu’on connaît pour la construction de mosques, de ponts et de citernes. Il l’assiégea et mourut durant le siege. Et ils écrivirent à Abu ‘Abd Allāh à propos de sa mort, et Abu ‘Abd Allāh écrivit à son ‘āmil dans l’île de Sicile, Muḥammad Ibn Hafāğa (869-71), de leur envoyer un wāli ; et il leur envoya Sawāda Ibn Muḥammad (‘âmil de Sicile 884-887). »

« Et ils capturèrent la forteresse de Malte et capturèrent son Commandeur, ‘Amrûs (Ambrosios) dont ils démolirent la forteresse, et ils pillèrent et capturèrent tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. »

Al-Himyari (1350) sur la construction du Ribat de Sousse avec le butin de Malte :  «Et il prit pour Aḥmad, à partir des églises de Malte, ce qui lui permit de construire le Château de Sousse sur mer et le viaduc qui y mène, par un pont à arches, ce qui se produisit en l’an 255 (869).»

Ibn al-Jazzar (898-980), la dédicace du ribat de Sousse mentionnant le raid de Malte :

“Chaque dalle polie, chaque colonne de marbre de ce fort furent rapportées d’une église/du raid de Malte par Ḥabaši ibn ‘Umar dans l’espoir de mériter l’approbation et la gentillesse de Dieu, le Puissant, le Glorieux”

Selon Al-Himyari (1350) l’île resta inhabité par la suite : « Après celà, l’île de Malte demeura une ruine (khirba) inhabitée, mais elle était visitée par les constructeurs de vaisseaux, car le bois y était des plus solides, et aussi par les pêcheurs, en raison de l’abondance et du bon gout des poisons auprès de ses côtes, et par les collecteurs de miel, parce que c’est chose bien commune là-bas. »

En 1048  selon Al-Qazwīnī, (1203- 1283) dans Atār al-bilād, eu lieu le siège byzantin de Malte :

« Les Rûm l’envahirent après l’an 440/1048, ils leur firent la guerre et exigèrent d’eux propriétés et femmes. Les musulmans se réunirent et se dénombrèrent, le nombre de leurs esclaves était supérieur à celui des hommes libres. Ils dirent alors aux esclaves :
« Combattez avec nous, et si vous êtes victorieux, vous serez libre, et tout ce qui est à nous sera à vous. Si vous hésitez, nous serons tués et vous serez tués. » Lorsque les Rûm arrivèrent, ils attaquèrent comme un seul homme, Dieu leur vint en aide et ils les défirent, tuant un grand nombre des Rûm. Les esclaves rallièrent les hommes libres et les renforcèrent. Après cela, jamais les Rûm ne purent les maîtriser. »

Al-Himyari (1350), sur le siège Byzantin de Malte (1053) :

Après l’an 440 (1048-9) les Musulmans la peuplèrent et ils édifièrent une cité, et elle devint alors un meilleur lieu qu’elle n’avait jamais été.

En l’an 445 (1053-4) les Rûm l’attaquèrent avec force navires et en grand nombre, et ils assiégèrent les Musulmans dans la cite et le siege leur devint insupportable et ils espéraient vivement l’emporter.

Alors les Musulmans leurs demandèrent grâce, ils s’y refudèrent, à part pour les femmes et les biens. Et les Musulmans recensèrent le nombre de combatants parmi eux et ils trouvèrent qu’ils étaient environ 400 ; puis ils dénombèrent leurs esclaves et les trouvèrent plus nombreux qu’eux même. Ils les supplièrent et leur dirent :

« Si vous nous restez loyaux dans notre combat contre notre ennemi, et que vous allez aussi loin que nous, et que vous finissez où nous finissons, vous serez des Libres, et nous vous éleverons à notre niveau et et nous vous donnerons nos filles en mariage, et nous ferons de vous nos associés dans la richesse; mais si vous hésitez et nous abandonnez, votre sort sera la même captivité et servitude que pour nous, et même bien pire parce qu’avec nous on peut être affranchi par un tendre ami, libéré par son Mawlâ ou sauvé grâce au soutien de sa communauté. »

Et les esclaves, d’un commun accord, promirent plus encore que ce qu’ils pensaient, et ils les trouvèrent plus rapides et agressifs contre leurs ennemis qu’eux meme, et lorsque l’armée se réveille le second jour, les Rûm étaient venus au petit matin, comme de leur coutume, espérant en ce jour les surpasser et les capturer. Mais les Musulmans s’étaient préparés fort bien pour les contrer, et ils se réveillèrent de bon matin, comme par prémonition, et ils demandèrent le secours de Dieu le Tout Puissant, et ils marchent et les encerclèrent, les piquant de leurs lances et les frappant de leurs épées, sans craindre ou faiblir, confiant d’obtenir au moins un de deux grands buts : une victoire rapide ou leur triomphe dans l’au-delà. Et Dieu l’Exalté leur accorda son aide et leur donna la patience, et Il incrusta la peur au cœur de leurs ennemis, et ils s’enfuirent, défaits, sans regarder en arrière, et la majorité d’entre eux fut massacrée. Les Musulmans prirent possession de leurs navires et seul l’un d’entre eux pu s’échapper. Et leurs esclaves furent élevé au rang d’homme libre (mawla), et ils leur fut donné ce qui leur avait été promis. Et après cela, l’ennemi les craint tant qu’aucun d’entre eux ne s’est plus remontré durant quelques temps. »

Ibn al-Athir reviens sur la conquête normande de Malte par Roger I en 1091:

« Rujâr tenait en grande estime les musulmans, usant avec eux de familiarités et les défendait contre les Francs si bien qu’ils l’aimaient. Puis, montant une puissante armada, il s’appropria les îles qui sont entre al-Mahdiya et la Sicile comme Mâlita, Qurça, Jerba et Qerqena. »

M Bonavita affirme que en 994 JC Malte renfermait 13,161 musulmans et 3,606 chrétiens et le Goze 1,811 musulmans et 2,733 chrétiens y compris les femmes et les enfants.

Le dernier Émir de Malte selon M Bonavita  s’appelait Maimone (al-Mamun), ce fut lui que Roger trouva dans l’ile.

Le prêtre abbé Gilbert en 1240 JC fait un recensement à Malte, soit 150 ans ans après la conquête normande, il décompta environ 9 000 habitants à Malte et à Gozo, dont 836 familles musulmanes, 1250 familles chrétiennes (chiffre rond, très certainement arrondi à la hausse et comprenant les musulmans convertis) et 33 familles juives.Tandis qu’un an avant ils était majoritaire (Malte, p345 Nathalie Bernardie).

Ibn Khaldoun (hist,p.335)  reviens sur la fin de l’Islam en Sicile et à Malte (1250) : 

« En Sicile les musulmans de Palerme jouissaient des mêmes droits que les chrétiens tant dans la ville que dans les campagnes, avantage qu’ils devaient à un traité que le sultan hafside avait négocié en leur faveur avec le seigneur de cette île. Depuis lors la bonne harmonie s’était maintenue entre les deux peuples mais la mort d’Abou Zékérïa (en 1249) vint tout déranger. Les chrétiens se portèrent à de graves excès contre les vrais croyants et les forcèrent à se réfugier dans les châteaux et lieux escarpés de l’île. Les fuyards prirent pour chef un aventurier appartenant à la tribu arabe d’Abs (Banu Abs) mais ayant été cernés et bloqués dans leur montagne ils firent leur soumission. Le vainqueur les déporta dans le pays situé à l’autre côté du détroit de Messine et les établit auprès de Melfi berceau de sa puissance au milieu d’une contrée riche et populeuse. Il passa ensuite dans l’île de Malte et après avoir rassemblé tous les Musulmans qui s y trouvaient encore il les envoya joindre leurs coreligionnaires dans la Pouille. Devenu ainsi maître de la Sicile et des îles voisines le tyran en fit disparaître l’islam et le remplaça par les doctrines de l’infidélité (al-Kufr) »

Az-Zarakhshi (1475) , relate l’attaque Hafside contre Malte en 1428 :

« En 832/1428, une escadre fut envoyée de Tunis (par Abû Fâris al-Ḥafṣî) contre l’île de Malte. Le Sultan mit à sa tête son Mamlûk, le Qâ’id Riḍwân, à qui il ordonna de l’assiéger 3 jours seulement et de se retirer s’il ne la prenait pas. Il y débarqua et la serra de près. Puis il se retira alors qu’il était sur le point de s’en emparer »

Faris Ahmad Ash-Shidyaq (1805-1887), remarqua sur Malte, en 1868, que « les noms de tous les villages et les caractéristiques topographiques sont purement arabes« 

Pierre tombale kufique au nom de Mimuniya Bint Hassan, Malte, Shûkiya, en 1174 Traduction : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu. Voici la tombe de Maymuna bt. Hassan b. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé. Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste. «Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »
Pierre tombale kufique au nom de Maymuna bint Hassan as-Susi, Malte, Shûkiya, en 1174 , Gozo Archaeological Museum

Traduction  de la pierre tombale 1174 : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu.
Voici la tombe de Maymuna bint. Hassan ibn. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé.
Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste.
«Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »

Pièce frappé à Malte un quart dinar fatimide frappées à Malte au cours de la période arabe à ajouter à sa collection numismatique. L'importance de cette acquisition réside dans le fait que, jusqu'à ce trimestre dinar a été découvert, aucune pièce musulmane portant le nom de la menthe de Malte a été connue pour exister, conduisant les numismates de croire qu'aucune monnaie musulmane n'a jamais été frappée sur l'île. La découverte de cette pièce peut donc être considéré comme l'un des développements les plus significatifs de l'histoire numismatique de Malte. Le trimestre dinar a été frappé en 1080 à 1081 sous le règne d'al-Mustansir (1036-1094), l'un des califes fatimides plus long règne.
Pièce frappé à Malte en 1080 à 1081 sous le calife Fatimide al-Mustansir (1036-1094),

« Les Aghladides s’attaquent à Malte en 869 sous la direction d’Ahmed, fils d’Aghlab émir d’Ifriqiya », mais ce n’est qu’en 878 qu’ils prennent le contrôle de l’archipel maltais grâce à des renforts venus de Sicile. En 879, Mohamed ibn Hafagah, gouverneur aghlabide de Sicile, dirige Malte dont il devient entièrement maître le 29 août 870, jusqu’à la reconquête de l’île par l’Empire byzantin en 1048.

L’occupation arabe  de Malte dure jusqu’à la conquête normande en 1091, soit plus de deux siècles. Ils introduiront dans l’archipel maltais, en plus de la langue arabe et l’Islam, l’irrigation, la culture du coton et plusieurs variétés de fruits. Dans les faits, cette conquête ne change pas grand-chose dans l’archipel. Les Normands s’installent en Sicile et gèrent Malte à distance par l’intermédiaire de leurs barons. La « tolérance normande permet aux musulmans de rester sur place. Les îles maltaises continuent ainsi à pratiquer l’arabe maltais, ce dialecte arabe, qui va évoluer indépendamment de sa langue mère.

Malte a produit nombres de poètes arabes en ce temps comme, Abd ar-Rahmâm ibn Ramadân, Abd Allâh ibn as-Samanti, Utman Ibn Ar-Rahman, surnommé As-Susi ou Abu Al Qasim Ibn Ramdan Al Maliti.

Finalement, entre 1240 et 1250, Frédéric II du Saint-Empire expulse les musulmans.

File:Piri Reis - Malta - Walters.jpg
Carte de l’archipel maltais de l’amiral Ottoman Piri Reis – 1525

Le texte  qui va suivre est extrait de « Histoire des invasions des sarrazins en Italie du 7. au 11. siecle, vol1, il porte sur la prise de Malte :

« Tandis que le continent de l’Italie était ainsi troublé par la guerre intestine le wali Aghlabide de Sicile Mohammed fils de Khafaja songeait à mettre à profit ces tristes querelles des princes chrétiens Par ses ordres une armée de Siculo-Arabes vint débarquer à Malte où déjà depuis l’an de Jésus Christ 533 Bélisaire avait rétabli la domination de l’empereur grec. Les premiers établissements des Arabes dans cette île datent de l’an 829 c’est à dire vers le temps de la mort d’Euphémius qui avait livré la Sicile à ces étrangers A cette époque ils s emparèrent des îlots de Gozzo et Comino qu’ ils appelaient en leur langue Ghaudesc et Kemmona ils débarquèrent également à Cossyra désignée par eux sous le nom de Kausra c’est de nos jours l’île de Pantellaria..

La chronique arabe de Cambridge porte au mois d’août de l’an 87o la prise de Malte par les Arabes Basile le Macédonien étant empereur de Constantinople.

La garnison grecque se défendit héroïquement et les assaillants découragés étaient sur le point de renoncer à cette entreprise lorsqu’un secours inespéré leur fut apporté par ceux là même qui auraient dû le plus contribuer à leur anéantissement les Maltais passèrent en masse du côté des Arabes Musulmans (Sarrazins).

Depuis longtemps ces insulaires souffraient impatiemment le joug pesant que les officiers byzantins faisaient peser sur eux vainement ils avaient à plusieurs reprises fait parvenir leurs doléances aux pieds du trône que pouvait en leur faveur un monarque circonvenu par tant d ‘ambitions livré lui même à tant de désordres et perdu dans un dédale d’intrigues et d’embarras de toute sorte.

Les gouverneurs payaient régulièrement la redevance annuelle exigée par la cour impériale mais ce devoir une fois rempli ils avaient tout pouvoir de tirer le parti le plus avantageux de leur position sans crainte sans ménagement sans pudeur et le pauvre Maltais déjà en lutte contre une nature marâtre sur son rocher stérile se voyait impunément dépouillé du fruit de ses sueurs et livré sans défense au caprice d’une soldatesque insolente.

Tant que la Sicile avait appartenu à l empereur d’Orient Malte n avait pas songé à se donner un autre maître mais depuis que les Arabes y avaient formé un établissement définitif les Maltais certains de l impunité n attendaient plus qu une occasion favorable pour se débarrasser de l’odieuse domination des Grecs Il y avait d ailleurs dans la langue punique usitée à Malte dans les mœurs et les traditions de ce peuple une sympathie d origine une affinité secrète avec la langue les mœurs et les traditions des Africains qui n existaient pas chez les Siciliens.

La défection des indigènes ne pouvait manquer d’entraîner la chute de la place la garnison fut passée au fil de l épée à l exception de 3oo soldats grecs qui se retranchèrent dans la cité noble bien résolus à s y défendre jusqu à la dernière extrémité.

Le siége aurait pu traîner en longueur et compromettre même le succès de l’entreprise mais la populace se précipita tumultueusement vers le quartier où s’étaient retranchés ces nouveaux Spartiates et y mit le feu tous périrent dans l’incendie. Alors les portes de la ville sont ouvertes aux vainqueurs le peuple se précipite au devant d eux les reçoit comme des frères et les conduit en triomphe dans l’intérieur de la cité dont les Arabes prennent possession au nom du wali Aghlabide  de Sicile.

Celui ci leur donna l’ordre de relever à la hâte les fortifications que le siége et l’incendie avaient détruites et d’en construire même de nouvelles car il savait que les Grecs attachaient une grande importance à la possession de cette île et qu’ils ne manqueraient pas d’y revenir bientôt .

Ce fut en cette occasion que fut élevée sur un rocher placé au milieu des ports de la ville de Malte la forteresse appelée aujourd hui château Saint Ange.

On y voyait encore à l’époque où écrivait l’historien Abela une partie des constructions sarrazines c’était de grosses tours circulaires plantées sur la cime du rocher dans l’ordre et avec la forme usités chez les Arabes.

Ces mesures de précaution étaient sages et nécessaires les Grecs n’abandonnèrent jamais l’espérance de rentrer dans cette île et ils y opérèrent de nombreuses descentes plusieurs fois même ils parvinrent à refouler les Sarrazins dans l’intérieur du pays mais sans pouvoir se maintenir longtemps en possession de leur conquête. L histoire de cette alternative de bons et de mauvais succès offrirait peut être quelque intérêt mais nous manquons de documents à cet égard. S’il fallait en croire Boisgelin les Grecs auraient repris île de Malte dans le courant de l’année même où ils l’avaient perdue 87o et ils l’auraient conservée encore pendant 34 ans mais cette assertion est évidemment fausse puisqu’en 874 ainsi que nous le dirons plus bas une armée grecque vint débarquer à Malte où se trouvaient encore les Musulmans.

La conquête de Malte fit peu de diversion aux troubles intérieurs qui agitaient la Sicile arabe Le wali Mohammed éprouva le même sort que son père il fut assassiné par un de ses eunuques le 4 de rajab l’an 257 (28 mai 871 ère chrétienne)

Un autre Mohammed fils d’Hossaïn fut mis à sa place en attendant les ordres de l’émir qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh fils de Yakoub et celui de la Grande Terre c’est à dire de l’Italie continentale à Abd Allah frère de Rabbakh.

Celui ci mourut dans le mois de moharram 258 novembre décembre 871 et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al Abbas qui mourut au bout d’un mois et fut remplacé par son frère Ahmed.

Ces morts prématurées ces changements subits racontés par le Nowaïri et la Chronique de Cambridge avec le laconisme et le flegme des écrivains de l’Orient laissent deviner les querelles intestines qui divisaient les conquérants et les crimes sans nombre qui en signalaient le conflit. Nous venons de voir quatre préfets successivement élus dans la seule année 871 et le nombre n’en est pas complet encore. L’émir africain aghlabide refusa de confirmer la nomination d’Ahmed frère du dernier wali c’était sans doute de sa part un acte de politique pour retarder le moment où cette charge importante deviendrait héréditaire Il donna le commandement de l île à Hossain ebn Rabbakh an 872.  »

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses «  Miege, Histoire de Malte, p88

Le Grand Siège de Malte a été mené par les Ottomans en 1565 pour prendre possession de l’archipel et en chasser l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré leur supériorité numérique, les Ottomans ne viennent pas à bout de la résistance des chevaliers croisés et doivent lever leur siège après avoir essuyé de lourdes pertes. Cette victoire de l’Ordre assure sa présence à Malte et renforce durablement son prestige dans l’Europe chrétienne.

Le siège de Malte, arrivée de la flotte Ottomane peint Matteo da Leccio
Le siège de Malte, l’arrivée de la flotte Ottomane,  peint par Matteo da Leccio

Cet épisode s’inscrit dans la lutte pour la domination de la Méditerranée entre les puissances chrétiennes, notamment l’Espagne, appuyées par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et l’Empire Ottoman. Les chevaliers sont installés depuis 1530 à Malte après avoir été chassés de Rhodes par les Turcs Ottomans en 1522. Face aux activités de corsaires des chevaliers qui harcèlent les navires ottomans en Méditerranée et dans l’optique de s’assurer une base navale stratégique, Soliman le Magnifique décide d’envoyer son armée contre l’archipel.

File:Malta ali 2009224 lrg.jpg
Image satellite de Malte
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina " la cité " et Rabat " camp militaire et religieux ".
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina  » la cité  » et Rabat  » camp militaire et religieux « .

Descriptions d’al-Quds, Jerusalem par Ibn Battouta, al-Idrissi et Nassiri Khausrau ;

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La mosquée al-Aqsa
La mosquée al-Aqsa Début de la construction avant 679 . L’évèque Arculfe (679-688) nous livre une description du lieu, entre 679 et 688 : « Sur le lieu du Temple, proche du mur est, les Sarrasins fréquentent une maison de prière carrée, construite rudimentairement, en poutres et en planches. Cette maison peut accueillir trois mille hommes en même temps10. » C’est sans doute sur l’impulsion du calife Abd al-Malik (685 – 705), constructeur du dôme du Rocher, ou de son fils al-Walid Ier (705 – 715) qu’est édifiée la première mosquée en dur. Si l’on en croit l’historien al-Muqaddasi, le calife aurait souhaité cette reconstruction pour éviter le contraste entre la mosquée et le  dôme

 

Description de al-Quds par le voyageur persan Nasiri Khrusrau (1004-1074) à l’époque Fatimide : 

« Nous entrâmes à Jérusalem le cinquième jour du mois de Ramazan 438 (16 mars 1046). Une année solaire s’était écoulée depuis que nous avions quitté notre demeure, et nous avions voyagé sans nous être arrêtés nulle part pendant longtemps, et sans avoir, en aucun lieu, goûté un repos complet.

Les habitants de la Syrie et de la Palestine désignent Jérusalem sous le nom de Qouds. Les gens de ces contrées, qui ne peuvent faire le voyage de la Mekke, se rendent à Jérusalem à l’époque du pèlerinage ; ils y séjournent pendant le Mauqaf, en se conformant à l’usage consacré, et ils y célèbrent la fête des sacrifices. Il y a des années où dans les premiers jours du mois de Zil Hidjèh plus de vingt mille hommes se trouvent réunis dans la ville. On y amène les enfants pour les faire circoncire. Les chrétiens et les Juifs y viennent aussi en grand nombre des provinces de l’empire de Roum et d’autres contrées pour y visiter l’église et le temple. On trouvera en son lieu la description de la grande église. La banlieue et les environs de Jérusalem sont entièrement couverts de montagnes cultivées en céréales et plantées d’oliviers, de figuiers et d’autres arbres. Tous les terrains sont dépourvus d’eau ; néanmoins les vivres sont en abondance et à bon marché.

Il y a des chefs de famille qui ne recueillent pas moins de cinq mille men d’huile d’olive chacun ; cette huile est conservée dans des puits et des réservoirs, et on l’exporte dans toutes les parties du monde.

La famine n’a, dit-on, jamais sévi en Syrie. Je tiens d’autorités dignes de foi qu’un saint personnage vit en songe le Prophète de Dieu, sur qui soient les bénédictions et le salut ! Il lui adressa la parole en ces termes : « O Prophète de Dieu, accorde-moi ton aide pour ma subsistance ! » « Je te la garantis, lui répondit le Prophète, par le pain et par l’huile de la Syrie. »

Je décrirai maintenant Jérusalem. La ville est bâtie sur une hauteur. On n’y a point d’autre eau que celle de la pluie. Bien qu’il existe des sources dans les villages voisins, on n’en trouve cependant pas une seule dans l’intérieur de la ville. Jérusalem est entourée de solides murailles construites en pierres et en mortier ; les portes sont en fer.

La ville étant bâtie sur le roc, on ne voit pas un seul arbre dans ses environs immédiats. Jérusalem est une grande cité ; à l’époque où je m’y trouvais, elle renfermait vingt mille habitants mâles. Les bazars sont beaux et les maisons fort hautes. Le sol est partout recouvert de dalles de pierre, et on a taillé et aplani toutes les inégalités du terrain, de sorte qu’il est complètement lavé et nettoyé par la pluie. Les artisans sont très nombreux, et chaque corps de métier occupe dans le bazar une rangée distincte de boutiques.

La grande mosquée où l’on fait la prière du vendredi est située à l’est, du côté du bazar, et les remparts de la ville lui servent de murailles. Quand on sort de la mosquée, on voit s’étendre devant soi une grande plaine très unie qui porte le nom de Sahirèh. C’est la plaine où, selon la tradition, auront lieu la résurrection de la chair et le jugement dernier. Cette croyance attire de tous les points du monde, à Jérusalem, une foule de personnes qui viennent s’y fixer pour y finir leurs jours et pour se trouver près de l’emplacement désigné par Dieu, lorsque s’accomplira la parole du Tout-Puissant. O Dieu, sois dans ce jour, le refuge de tes serviteurs ! Daigne leur accorder ton pardon ! Ainsi soit-il, ô maître des mondes !

Au bord de cette plaine s’étend un vaste cimetière qui renferme les tombeaux de saints personnages. Le peuple s’y rend pour prier et pour adresser à Dieu des vœux qu’il daigne exaucer.

O Dieu, accueille nos vœux ! Pardonne-nous nos péchés et nos iniquités ! Que ta clémence prenne pitié de nous, ô toi, qui es le plus miséricordieux des miséricordieux !

Entre la mosquée et la plaine de Sahirèh court une vallée extrêmement profonde, ayant l’apparence d’un fossé. J’y vis des constructions faites à la mode antique, ainsi qu’une coupole, taillée dans un bloc de pierre et qui surmonte un petit édifice. Il est impossible de rien voir de plus extraordinaire et l’on se demande comment on a réussi à l’élever. Le peuple prétend que c’était la maison de Pharaon.

Cette vallée porte le nom de Wadi Djehennem (le val de l’Enfer). Je demandai le motif de cette dénomination. On me répondit que le khalife Omar ibn el Khaththab (que Dieu soit satisfait de lui !) établit son camp dans la plaine de Sahirèh ; en la contemplant, il s’écria : Ceci est le val de l’enfer ! Les gens du peuple prétendent que, lorsqu’on est sur le bord de cette vallée, on entend s’en élever les cris des damnés. J’y suis allé, mais je n’ai rien entendu.

Quand on sort de la ville dans la direction du sud, on descend, à la distance d’un demi-ferseng, dans un ravin où l’on voit une source qui jaillit d’un rocher. Elle porte le nom d’Aïn Selwan (la source de Siloé). Au dessus d’elle s’élèvent de nombreux bâtiments. L’eau s’écoule à travers un village et, sur ses bords, on a construit beaucoup de maisons et planté des jardins. On prétend que, lorsque l’on s’est baigné dans cette eau, on est délivré des douleurs et des maladies chroniques. Un nombre considérable de legs pieux sont affectés à l’entretien de ce lieu. 

Jérusalem possède un bel hôpital qui a pour dotation les revenus de fondations charitables. On y distribue à un grand nombre de malades des remèdes et des potions médicinales. Les médecins attachés à cet établissement sont payés par les administrateurs des legs pieux.

Maquette d'al-Quds dans le temps
Maquette d’al-Quds dans le temps

La mosquée où l’on fait la prière du vendredi est à l’extrémité orientale de la ville. Une de ses murailles borde le Wadi Djehennem. Lorsqu’on est en dehors de la mosquée et que l’on regarde cette muraille, on y voit, sur une étendue de cent ârech, des blocs de pierre qui ne sont reliés entre eux ni par du ciment ni par du mortier. A l’intérieur de la mosquée, le sommet des murs suit une ligne droite. La mosquée a été construite sur l’emplacement qu’elle occupe, à cause de la pierre de la Sakhrah qui se trouve au milieu de l’enceinte. La Sakhrah est ce quartier de rocher dont, sur l’ordre de Dieu (qu’il soit honoré et exalté !), Moïse fit la qiblèh.

Moïse ne vécut plus longtemps ensuite, et sa mort survint peu de temps après qu’il se fut conformé à ce commandement de Dieu.

Souleyman (sur qui soit le salut !) fit construire un temple autour de cette pierre vers laquelle on se tournait pour faire la prière. La Sakhrah en occupait le centre. Cette règle pour la qiblèh fut observée jusqu’à l’époque où notre prophète Mohammed l’élu (que les bénédictions et le salut reposent sur lui !) reçut de Dieu l’ordre de prendre la Ka’abah pour qiblèh. La description de la Sakhrah sera donnée en son lieu.

Je formai le dessein de mesurer les dimensions du Haram. Je me dis qu’il était nécessaire d’étudier, tout d’abord, son aspect extérieur et son emplacement, afin de bien m’en rendre compte, et puis, ensuite, d’en prendre les mesures. Je le parcourus dans tous les sens, et je l’examinai pendant longtemps avec l’attention la plus soutenue. Je découvris, à la fin, dans la partie du nord, non loin de la coupole de Yaqoub (sur qui soit le salut !), une inscription gravée sur une des pierres d’une arcade. Elle portait que l’enceinte sacréeavait sept cent quatre coudées de longueur, et quatre cent cinquante-cinq de largeur. La mesure employée est la coudée royale (guezi melik) qui porte dans le Khorassan le nom de guezi chaïgan ; elle représente un peu moins d’un ârech et demi.

Le sol du Haram est couvert de dalles de pierre dont les interstices sont remplis de plomb. Le Haram est à l’est de la ville et du bazar ; il faut donc, lorsque l’on s’y rend du bazar, se diriger vers l’orient.

On rencontre d’abord un superbe portique qui se développe sur trente guez de haut et vingt de large. La façade, les ailes et la grande arcade sont ornées de dessins formés par des morceaux de verre émaillé (mosaïque) incrustés dans du ciment. Ces dessins ont un tel éclat qu’on ne peut les regarder sans être ébloui. On voit également sur ce portique une inscription en mosaïque donnant les titres du sultan d’Egypte. Quand le soleil frappe ces mosaïques, leur éclat est si vif que l’esprit reste confondu. Ce portique est surmonté d’une très grande coupole en pierres d’énormes dimensions, et on y a placé deux portes magnifiques revêtues de plaques de cuivre de Damas ; elles sont si brillantes qu’on les prendrait pour de l’or, et elles sont entièrement couvertes d’arabesques et d’incrustations en or. Chacune d’elles a quinze guez de haut et huit de large. On désigne cette construction sous le nom de Porte de Daoud (que le salut soit sur lui !).

Après avoir franchi les deux portes de ce portique, on trouve, à droite, deux grandes galeries ouvertes, soutenues chacune par vingt-neuf piliers de marbre dont les bases et les chapiteaux sont également en marbres de diverses couleurs. Les joints sont remplis de plomb. Ces piliers soutiennent des arceaux formés de quatre ou cinq blocs de pierre au plus. Ces deux galeries s’étendent presque jusqu’à la Maqçourah.

Après avoir franchi la porte, on trouve à gauche, c’est-à-dire au nord, une longue galerie de soixante-quatre arcades reposant toutes sur des piliers de marbre. Dans cette partie du mur s’ouvre la porte appelée Bab es Saqr.

Le Haram s’étend en longueur du nord au sud, et si l’on en retranche la Maqçourah, il présente la forme d’un carré dans lequel la qiblèh se trouve placée au sud.

Du côté du nord, il y a aussi deux autres portes placées l’une à côté de l’autre. Chacune d’elles mesure sept guez de largeur sur douze de hauteur. Elles portent le nom de Bab el Asbath (la porte des Tribus).

Après avoir franchi cette porte, on rencontre, dans le sens de la largeur du Haram, c’est-à-dire du côté de l’orient, un autre très grand portique percé de trois portes placées l’une à côté de l’autre ; elles ont les mêmes dimensions que celles du Bab el Asbath. Elles sont recouvertes de plaques de fer et de cuivre merveilleusement travaillées. Il est impossible de rien voir de plus beau. Ce portique s’appelle Bab oul Ebouab (la porte des portes, la porte par excellence), parce qu’il a trois portes, tandis que les autres n’en ont que deux.

Entre ces deux portiques situés du côté du nord, en face de la galerie dont les arcades sont supportées par des piliers, on voit une haute coupole qui s’appuie sur des colonnes. Elle porte le nom de Qoubbèh Yakoub (coupole de Jacob). C’est là que, selon la tradition, ce patriarche faisait ses prières.

Le long de l’enceinte, dans le sens de la largeur du Haram, il y a une galerie dont le mur est percé d’une porte qui donne accès à deux couvents de soufis. Ceux-ci y ont établi de beaux oratoires et des mihrabs magnifiques. Des soufis en grand nombre y demeurent pour se livrer aux pratiques de la dévotion. Ils y font aussi leurs prières, excepté le vendredi ; ce jour-là, ils se rendent dans l’enceinte du Haram, parce que le cri du Tekbir ne parvient pas jusqu’à leurs couvents.

A l’angle nord de l’enceinte est une belle galerie et une grande et superbe coupole. On y a tracé cette inscription : « Ceci est le mihrab de Zékéria, sur qui soit le salut ! » On rapporte que ce prophète était continuellement en prière dans cet endroit.

Du côté du mur oriental et au centre de l’enceinte, s’élève un grand et élégant portique construit en pierres de grandes dimensions, et que l’on dirait taillé dans un seul bloc de pierre. Il a cinquante guez de hauteur sur trente de largeur et il est couvert de dessins et de sculptures. D est formé de dix portes qui ne sont séparées l’une de l’autre que par la largeur d’un pied et pas davantage. Ces portes sont revêtues de plaques de fer et de cuivre richement travaillées et l’on a fixé sur leur surface des anneaux et des clous saillants. Le portique est, dit-on, l’œuvre de Souleyman, fils de Daoud (que le salut soit sur eux deux !) ; il l’a construit pour son père.

Quand on franchit ce portique, on voit, dans la direction de l’orient, deux portes ; celle de droite s’appelle Bah er Rahmèh (la porte de la Miséricorde), celle de gauche Bah et Taubèh (la porte de la Pénitence). C’est, selon la tradition, près de cette dernière porte que Dieu se laissa toucher par le repentir de Daoud, sur qui soit le salut !

Non loin de ce portique s’élève une jolie mosquée. C’était autrefois une galerie fermée ; elle a été convertie en oratoire. Le sol est couvert de beaux tapis. Les serviteurs qui sont attachés à ce sanctuaire forment une classe distincte.

Un grand nombre de personnes se rendent là pour y faire leurs prières et chercher à se rapprocher de Dieu (que son nom soit béni et exalté !), car c’est en ce lieu que le Tout-Puissant accueillit le repentir de Daoud, et les fidèles conçoivent l’espérance qu’ils ne commettront plus d’infraction à la loi divine. On affirme que Daoud venait de franchir le seuil de ce sanctuaire quand une révélation céleste lui donna la bonne nouvelle que Dieu s’était laissé fléchir. Il consacra ce lieu et il y fit ses dévotions.

Moi, Nassir, j’ai prié dans ce lieu et j’y ai invoqué l’aide de Dieu pour garder ses commandements et je lui ai demandé de m’accorder l’absolution de mes péchés.

Que le Dieu, dont le nom est sanctifié et exalté, assiste tous ses serviteurs ! Qu’il leur fasse la grâce de lui donner toute satisfaction et qu’il leur inspire le repentir de leurs fautes ! Je le demande en l’honneur de Mohammed et de sa famille immaculée !

Lorsqu’on longe le mur oriental à partir de l’angle du sud et de la paroi où se trouve la qiblèh, on trouve, vis-à-vis de la face de la muraille du nord, une mosquée souterraine à laquelle on n’arrive qu’en descendant un grand nombre de marches.

Ce monument a vingt guez sur quinze. Le plafond qui est en pierre repose sur des piliers de marbre. C’est là que se trouve le berceau de Jésus, sur qui soit le salut ! Il est en pierre et assez grand pour qu’un homme y puisse faire sa prière. Je l’y ai faite. On l’a fixé solidement dans le sol, afin de le rendre immobile. C’est le berceau où Jésus était couché dans sa première enfance et où il adressait la parole aux hommes. Il occupe la place du mihrab. On voit également dans cette mosquée le mihrab de Meriem, (sur qui soit le salut !) et un autre qui est attribué à Zékéria. Le premier est placé du côté de l’orient. On a tracé sur ces mihrabs les versets du Coran qui se rapportent à Zékéria et à Meriem. Jésus est, dit-on, né dans cette mosquée.

On remarque sur une pierre d’un des piliers l’empreinte de deux doigts, comme si quelqu’un l’avait saisie. Meriem, au moment d’accoucher, a, prétend-on, posé ses doigts sur ce pilier.

Cette mosquée est connue sous le nom de Mehd Issa (le berceau de Jésus), sur qui soit le salut ! On y voit suspendues des lampes en cuivre et en argent fort nombreuses. Elles sont allumées toutes les nuits.

Quand on est sorti de la mosquée du berceau de Jésus, on arrive, en suivant le mur oriental, à l’angle de l’enceinte du Haram. On trouve là une autre mosquée extrêmement belle et qui est deux fois plus grande que celle du berceau de Jésus. Elle porte le nom de Mesdjid el Aqça.

C’est là que Dieu transporta, de la Mekke, le Prophète pendant la nuit du Miradj. C’est de là que Mohammed s’éleva au ciel, comme le fait est rappelé en ces termes : « Qu’il soit loué, celui qui a transporté dans la nuit son serviteur du temple sacré (de la Mekke) au temple éloigné (de Jérusalem). » Un superbe édifice s’élève en cet endroit ; le sol est couvert de magnifiques tapis. Des serviteurs formant une catégorie distincte sont chargés de son entretien.

Lorsqu’à partir de l’angle où s’élève la mosquée on suit la muraille du sud, on rencontre un espace à ciel ouvert formant cour : il a deux cents guez de superficie.

La partie de la mosquée couverte d’un toit, qui a la Maqçourah à sa droite, est attenante à la partie méridionale du mur. La partie couverte de la mosquée qui fait face à l’occident a quatre cent vingt ârech de long sur cent cinquante de large. On y compte deux cent quatre-vingts colonnes de marbre sur lesquelles on a élevé des arceaux en pierre. Les chapiteaux et les fûts sont couverts de sculptures ; les interstices sont remplis de plomb, en sorte qu’il est impossible de rien voir de plus solide. Les colonnes sont placées à six guez l’une de l’autre. Le sol est entièrement couvert de dalles de marbre de toutes couleurs et les joints sont remplis de plomb. La Maqçourah, placée au centre de la muraille du côté du midi, est fort grande et elle est soutenue par seize colonnes. La coupole qui la surmonte a de vastes proportions ; elle est couverte de dessins en mosaïque semblables à ceux dont j’ai déjà parlé plus haut. Le sol est recouvert de nattes du Maghreb, et des lampes et des luminaires isolés les uns des autres sont suspendus à des chaînes. On y a établi aussi un grand mihrab qui est décoré de mosaïques. Des deux côtés du mihrab s’élèvent deux colonnes en marbre rouge dont la couleur rappelle celle de la cornaline. La Maqçourah est lambrissée de marbres de différentes couleurs. A droite, on voit le mihrab de Mo’awiah, à gauche celui d’Omar. Le plafond de cette mosquée est formé de boiseries sculptées et richement décorées.

A l’extérieur de la Maqçourah et dans la muraille qui fait face à la cour, on a pratiqué quinze grandes arcades auxquelles on a fixé des portes dont les battants sont couverts de riches ornements. Chacune de ces portes a dix guez de hauteur sur six de largeur. Dix d’entre elles s’ouvrent sur la partie du mur qui a quatre cent vingt guez et cinq sur celle qui n’en a que cent cinquante.

Parmi ces portes, on en remarque une qui est en cuivre et dont la richesse et la beauté confondent l’imagination. Le cuivre en est si brillant qu’on le prendrait pour de l’or : il est couvert d’incrustations en argent niellé et on y lit le nom du khalife Mamoun. Cette porte fut, dit-on, envoyée de Bagdad par ce prince.

Quand toutes les portes sont ouvertes, l’intérieur de la mosquée est si clair que l’on se croirait dans une cour à ciel ouvert. Quand il pleut ou qu’il fait du vent, on laisse les portes fermées et le jour pénètre par les croisées.

Aux quatre côtés de la partie couverte du toit se trouvent des coffres dont chacun appartient à une des villes de la Syrie ou de l’Iraq ; des Moudjavir se tiennent auprès de ces coffres. Cette coutume rappelle celle qui est observée à la Mekke dans le Mesdjid el Haram.

En dehors de la partie couverte de la mosquée, le long de la grande muraille dont nous avons parlé, s’étend une galerie ouverte qui va rejoindre celle de l’ouest. Les quarante-deux arcades qui la forment sont soutenues par des colonnes de marbre de différentes couleurs. Dans l’intérieur du pouchich ou partie couverte d’un toit, il y a une citerne creusée dans le sol et destinée à recevoir l’eau de la pluie ; lorsqu’elle est recouverte, elle se trouve de niveau avec le sol.

Une porte percée dans le mur du sud donne accès aux latrines. On y trouve l’eau nécessaire pour se purifier quand on veut renouveler ses ablutions. S’il fallait pour se laver sortir du Haram dont l’enceinteest très vaste, on n’arriverait point à temps pour la prière et le moment canonique de la faire serait passé.

Tous les toits sont couverts de plomb.

On a creusé, dans le sol du Haram, un grand nombre de citernes et des piscines destinées à recueillir l’eau de la pluie ; elles ont pour objet de l’empêcher de se répandre au dehors et de se perdre, quelle qu’en soit la quantité. Le sol du Haram est entièrement formé par la roche. Toute l’eau s’écoule dans ces piscines et les gens viennent y puiser. On a aussi établi des gouttières en plomb qui donnent passage à l’eau et la font tomber dans des bassins de pierre installés au-dessous d’elles. Ces bassins sont percés d’un trou qui permet à l’eau d’arriver par un conduit à la citerne, sans avoir été souillée par aucune ordure ni par aucune impureté.

J’ai vu, à trois fersengs de Jérusalem, une très grande piscine alimentée par les eaux qui descendent des montagnes ; on a construit un aqueduc pour les amener jusqu’au Haram qui est l’endroit de toute la ville où se trouve la plus grande quantité d’eau. Chaque maison possède une citerne destinée à recevoir l’eau de pluie, la seule que l’on ait à Jérusalem, et chaque habitant recueille celle qui tombe sur sa terrasse. Les bains et les établissements quels qu’ils soient n’emploient que l’eau de pluie.

Les réservoirs du Haram n’ont jamais besoin de réparations, car ils sont creusés dans le roc et même, s’il s’y était produit des fentes ou des trous, ils ont été si solidement bouchés que les bassins n’ont jamais éprouvé la moindre détérioration. On prétend que ces réservoirs sont l’œuvre de Souleyman, sur qui soit le salut !

La partie supérieure de ces citernes a la forme d’un tennour,  et l’orifice par lequel on puise est recouvert d’une pierre pour que rien ne tombe dans l’eau. L’eau de Jérusalem est la plus agréable au goût et la plus pure que l’on puisse trouver.

L’eau coule des gouttières pendant deux ou trois jours, même quand la pluie a été peu abondante. Les gouttes continuent à tomber quand le ciel est redevenu serein et que le mauvais temps est dissipé.

J’ai déjà dit que la ville de Jérusalem est bâtie sur une hauteur et sur un terrain fort inégal ; mais le sol du Haram est nivelé et il forme une surface très unie.

A l’extérieur de l’enceinte, partout où, par suite d’accidents de terrain, le sol présente quelque dépression, le mur a plus de hauteur, car les fondations sont faites alors dans un creux ; partout où le sol est élevé, la muraille est moins haute.

Dans les quartiers de la ville, où les rues se trouvent en contrebas, on pénètre dans l’enceinte du Haram par des passages souterrains-fermés par des portes placées au-dessous du niveau du sol.

L’une de ces portes est appelée Bab en Neby (la porte du Prophète). Elle est placée dans la direction de la qiblèh, c’est-à-dire au sud. Elle a dix guez de haut sur autant de large. La voûte du souterrain fermé par elle a, à cause des escaliers, tantôt cinq guez de hauteur et tantôt jusqu’à vingt guez. La partie couverte de la mosquée el Aqya est bâtie sur ce souterrain dont la construction est si solide qu’un édifice aussi considérable n’a pas le moindre effet sur lui. On a fait entrer dans la construction des murs des pierres si énormes que l’on ne peut s’imaginer que les forces humaines aient réussi à transporter et à mettre en place de pareilles masses. Ce souterrain a été construit, dit-on, par Souleyman, fils de Daoud ; notre Prophète le traversa pendant la nuit du Miradj pour entrer dans la mosquée. La porte de ce passage est, en effet, placée dans la direction de la Mekke.

On remarque dans le mur, à peu de distance de cette porte, l’empreinte d’un grand bouclier’. D’après la tradition, Hamzah, fils d’Abdoul Mouthallib, oncle du Prophète, se serait assis dans cet endroit, portant attaché sur le dos son bouclier dont l’empreinte se fixa sur le mur lorsqu’il s’y adossa.

A l’endroit où ce passage qui est fermé par une porte à deux battants, débouche dans l’enceinte du Haram, la muraille extérieure a une hauteur de plus de cinquante coudées. On a établi cette galerie souterraine pour éviter aux habitants du quartier contigu à la mosquée de traverser d’autres quartiers, lorsqu’ils désirent pénétrer dans l’enceinte du sanctuaire.

Dans la partie de la muraille qui se trouve à la droite de la porte de l’enceinte du Haram, on remarque une pierre qui a onze ârech de hauteur sur quatre de largeur. C’est la plus grande de toutes celles qui ont été employées dans la construction du sanctuaire. On voit, dans la muraille, à une hauteur de trente et de quarante coudées, beaucoup de blocs ayant la dimension de quatre et de cinq guez. On trouve, dans le sens de la largeur de l’enceinte et dans la direction de l’orient, une porte appelée Bab el Ain (la porte de la Source). Quand on la franchit, on descend dans un ravin et l’on arrive à la source de Selwan (Siloé).

Il y a également une porte souterraine désignée sous le nom de Bab Hittèh (porte de l’Indulgence). Dieu ordonna, dit-on, aux enfants d’Israël d’entrer par là dans le temple, comme l’attestent ces ‘paroles de Dieu lui-même : « Franchissez la porte en vous prosternant et dites : Indulgence, ô Seigneur ! et il vous pardonnera vos péchés. Certes, nous comblerons les justes de nos bienfaits.»

Une autre porte semblable est appelée Bab es Sekinèh. Dans le couloir qui la précède, on a établi une chapelle dans laquelle se trouvent un grand nombre de mihrabs. La première porte est toujours fermée, afin que l’on ne puisse y entrer.

L’arche du Tabernacle, qui, d’après les paroles du Tout-Puissant révélées par le Coran, a été apportée par les anges, fut posée en cet endroit.

Toutes les portes de l’enceinte du Haram de Jérusalem, tant souterraines qu’au niveau du sol, sont au nombre de neuf. Je viens de les décrire.

04 futuhat qods

Description de la plate-forme élevée au milieu de l’enceinte du Haram et où se trouve la roche (Sakhrah) qui servait de qiblèh avant la naissance de l’Islam.

On a dû établir cette plate-forme au milieu de l’enceinte sacrée, à cause de la hauteur de la Sakhrah, et  parce qu’elle ne pouvait être transportée dans la partie de la mosquée el Aqça couverte d’un toit. On a été, en conséquence, obligé d’élever cette plate-forme ; ses fondations couvrent un espace de trois cent trente ârech de longueur sur trois cents de largeur, et sa hauteur est de douze guez. Le sol en est uni et couvert de belles dalles de marbre dont les joints sont remplis de plomb ; sur les quatre côtés, on a dressé des plaques de marbre qui forment une espèce de parapet. Cette plate-forme est construite de telle façon qu’il est impossible d’y monter autrement que par les passages ménagés à cet effet. Lorsqu’on y est monté, on a vue sur les toits de la mosquée el Aqça.

On a creusé, sous la partie centrale de la plate-forme, un réservoir souterrain destiné à recevoir l’eau de la pluie. L’eau qui y est recueillie est plus pure et plus agréable que celle des autres citernes du Haram.

Quatre édifices surmontés d’une coupole s’élèvent sur cette plate-forme. Le plus grand de tous est celui qui recouvre la Sakhrah qui servait autrefois de qiblèh.

Vue extérieure du dôme
Vue extérieure du dôme
Description du dôme de la Sakhrah.

Le plan du Haram a été disposé de telle façon que la plate-forme occupe le milieu de l’enceinte et que le dôme de la Sakhrah, dont la roche occupe le centre, s’élève au milieu de la plate-forme.

L’édifice dont nous parlons a la forme d’un octogone régulier dont chaque côté mesure trente-neuf ârech. Il y a quatre porches ; chacun d’eux s’ouvre sur une des quatre faces qui sont celles de l’est, de l’ouest, du nord et du sud. Entre deux porches s’étend chaque fois un côté de l’octogone. Les murs, entièrement construits en pierres de taille, ont vingt guez de hauteur.

La Sakhrah a cent guez de circonférence ; elle n’est ni ronde ni carrée. C’est un bloc de pierre de forme irrégulière semblable aux quartiers de roc que l’on rencontre dans les montagnes. Sur les quatre côtés de la Sakhrah, on a élevé quatre piliers carrés qui ont la même hauteur que les murs : dans l’espace qui sépare un pilier de l’autre, on a dressé deux colonnes de même hauteur. C’est sur ces piliers et sur ces colonnes que repose la base du tambour sous lequel se trouve la Sakhrah. Ce tambour a cent vingt ârech de circonférence. En avant du mur, des piliers et des colonnes dont je viens de parler (j’appelle piliers [soutoun] des massifs en maçonnerie de forme carrée et colonnes [ousthouvanèh] celles qui sont taillées et formées d’un seul morceau de marbre) il y a, dis-je, six piliers,  et entre chaque deux piliers trois colonnes de marbre de différentes couleurs, placées à des intervalles réguliers. Ou voit donc dans le premier rang deux colonnes entre chaque deux piliers : on en trouve ici trois entre chaque deux piliers. Le chapiteau de chaque pilier a quatre volutes dont chacune supporte un arceau ; chaque colonne a deux volutes, de sorte que chaque colonne soutient deux arceaux et chaque pilier quatre. L’immense coupole repose donc sur ces douze piliers placés autour de la Sakhrah. Quand on l’aperçoit de la distance d’un ferseng, elle ressemble au sommet d’une montagne, car elle a depuis sa base jusqu’au faîte une hauteur de trente ârech : les murs et les piliers qui la soutiennent mesurent vingt guez d’élévation, et ils sont eux-mêmes bâtis sur une plate-forme qui s’élève de dix guez au-dessus du sol. On compte donc soixante-deux guez depuis le niveau de la cour jusqu’au faite du dôme.

Les plafonds et la voûte de cet édifice sont revêtus à l’intérieur de boiseries sculptées. Le mur qui s’appuie sur les piliers et les colonnes est décoré avec un art si merveilleux qu’il y a peu d’exemples d’un pareil travail.

La Sakhrah s’élève au-dessus du sol à la hauteur d’un homme ; elle est entourée d’une balustrade en marbre, afin qu’on ne puisse l’atteindre avec la main. Elle est d’une couleur bleuâtre et jamais elle n’a été foulée par le pied de l’homme. La roche présente un plan incliné dans la direction de la qiblèh. On dirait qu’on a marché là, et que le pied s’y est enfoncé comme dans de l’argile molle en laissant l’empreinte des doigts. On distingue ainsi la trace de sept pas. J’ai entendu raconter qu’Ibrahim était venu là avec Ishaq encore enfant, et que ce dernier ayant marché sur la Sakhrah, les marques que l’on y voit sont celles de ses pas.

Il y a toujours, dans le sanctuaire de la Sakhrah, un grand concours de Moudjavir et de dévots.

Le sol est couvert de beaux tapis en soie et en autres tissus. Une lampe en argent attachée à une chaîne de même métal est suspendue au centre de l’édifice, au-dessus de la Sakhrah. Ou y voit aussi un grand nombre de luminaires également en argent ; on a gravé, sur chacun d’eux, une inscription qui en mentionne le poids. Ils ont tous été faits par l’ordre du sultan d’Egypte. J’ai calculé que tous les objets en argent que renferme ce lieu représentent un poids de mille men. Je remarquai aussi un cierge de proportions gigantesques. Il avait sept ârech de hauteur, et trois palmes de circonférence ; il était blanc comme le camphre de Zabedj et la cire était mélangée d’ambre. Le sultan d’Egypte envoie, dit-on, chaque année un grand nombre de cierges et parmi eux ce grand cierge dont je viens de parler et sur lequel son nom est inscrit en lettres d’or.

Le sanctuaire de la Sakhrah est la troisième maison de Dieu. Il est admis par les docteurs de la loi qu’une prière faite à Jérusalem a la valeur de vingt-cinq mille ; celle qui est adressée à Dieu à Médine en vaut cinquante mille, et celle qui est faite à la Mekke, cent mille. Que le Dieu tout-puissant daigne accorder à tous ses serviteurs la grâce de jouir de cette faveur !

J’ai déjà dit que tous les toits, ainsi que la partie extérieure de la coupole, sont couverts de plomb. Sur les quatre faces de l’édifice s’ouvrent quatre grandes portes à deux battants ; elles sont en bois de sadj et elles sont tenues constamment fermées.

Il y a, en outre, sur la plate-forme, une construction surmontée d’une coupole ; elle porte le nom de Qoubbet es Silssilèh (coupole de la Chaîne) à cause de la chaîne qui y fut suspendue par Daoud. Cette chaîne ne pouvait être saisie que par celui qui, dans une contestation, avait le droit pour lui. La main de l’homme injuste et violent ne pouvait l’atteindre. Ce fait est admis par les docteurs de la loi. Cette coupole est soutenue par huit colonnes en marbre et par six piliers en pierres. L’édifice est ouvert de toutes parts, excepté du côté de la qiblèh où l’on a élevé jusqu’en haut un mur dans lequel on a établi un beau mihrab.

On voit également sur la plate-forme une autre coupole supportée par quatre colonnes de marbre ; le côté de la qiblèh est aussi fermé par un mur dans lequel est un beau mihrab. Elle porte le nom de Qoubbet Dje-brayl (coupole de Gabriel). Le sol n’est point recouvert de tapis ; la roche qui a été nivelée s’y montre à nu. C’est là que pendant la nuit du Miradj, le Boraq fut amené pour servir de monture au Prophète. Derrière la Qoubbet Djebrayl, à la distance de vingt ârech, on voit une autre coupole qui est soutenue par quatre colonnes de marbre. On l’appelle Qoubbet er Ressoul (la coupole du Prophète).

On prétend que dans la nuit du Miradj, le Prophète fit d’abord sa prière sous le dôme de la Sakhrah ; il posa sa main sur elle et quand il sortit, celle-ci, pour lui témoigner son respect, se dressa toute droite ; mais le Prophète remit la main sur elle et elle reprit sa place. Elle est restée, jusqu’à ce jour, à moitié soulevée. Le Prophète se dirigea ensuite vers la coupole qui porte son nom, et là il monta sur le Boraq. Cette circonstance a valu à ce lieu la vénération dont il est l’objet.

Il y a sous la Sakhrah une grande excavation dans laquelle règne une complète obscurité. Des cierges y brûlent continuellement. On dit que cette excavation a été produite par le mouvement que fit la Sakhrah pour se lever et elle subsista lorsque la pierre fut redevenue immobile.

Mont du Temple à l'époque omeyyade reconstruit par Leen Ritmeyer et copié la meilleure source sur l'histoire physique du Mont du Temple
Mont du Temple à l’époque omeyyade reconstitué  par Leen Ritmeyer et « d’après les meilleurs sources sur le site »
Description des escaliers donnant accès à la plate-forme qui s’élève au centre de l’enceinte du Haram.

On peut monter sur la plate-forme par six escaliers placés en six endroits différents. Chacun d’eux est désigné par un nom particulier. Du côté de la qiblèh, il y a deux passages avec des degrés par lesquels on arrive à la plate-forme. Lorsque l’on se tient au milieu de la paroi du mur de soutènement, l’un est à droite, l’autre à gauche. Celui de droite est appelé Maqam en Neby (place du Prophète), l’autre Maqam el Ghoury (place de Ghoury). Le premier est ainsi nommé parce que le Prophète l’a gravi dans la nuit du Miradj pour se rendre sur la plate-forme et aller au dôme de la Sakhrah. Cet escalier est placé dans la direction de la route du Hedjaz ; les marches ont aujourd’hui une largeur de vingt ârech. Elles sont faites de pierres de taille de si grande dimension, qu’un ou deux blocs carrés suffisent pour former une marche. Ces degrés sont disposés avec tant d’art qu’on pourrait, si on voulait, les gravir avec une monture.

Au sommet de cet escalier se dressent quatre colonnes d’une espèce de marbre vert qui ressemblerait à l’émeraude s’il n’était couvert d’une quantité de points de toutes couleurs. Chacune de ces colonnes a une hauteur de dix ârech et une épaisseur telle qu’il faut deux hommes pour les embrasser. Elles sont surmontées de trois arceaux disposés de façon que l’un est en face de l’escalier et les deux autres sur ses deux côtés.

Le faîte du mur élevé au-dessus des arceaux est horizontal : il est disposé en galerie, garni de créneaux et il a l’apparence d’un carré. Ces piliers et ces arceaux sont couverts de dessins en mosaïque, les plus beaux que l’on puisse voir.

Le parapet qui règne autour de la plate-forme est tout entier en marbre pointillé. Quand on y jette les yeux, on croirait voir une pelouse émaillée de fleurs. Le Maqam el Ghoury est un emplacement où se trouvent trois escaliers : l’un est en face de la plate-forme, les deux autres sont sur ses flancs, de sorte que l’on peut y monter par trois côtés. On a également dressé, au haut de ces escaliers, des colonnes surmontées par des arceaux et une galerie. Les marches sont disposées de la façon que nous avons décrite plus haut ; chacune d’elles se compose de deux ou de trois blocs de pierre taillée et de forme allongée. On lit sur le front de l’arceau l’inscription qui suit, tracée en caractères élégants : « Fait par l’ordre de l’émir Leïs oud Daoulèh Nouchtekin Ghoury. Ce Leïs oud Daoulèh était, dit-on, un des esclaves du sultan d’Egypte ; c’est lui qui a fait ouvrir ce passage et construire ces escaliers 1.

Sur la face occidentale de la plate-forme, on a également construit deux escaliers en deux endroits différents, et on a pratiqué un passage qui a la même magnificence que ceux que je viens de décrire. A l’orient, il y a également un passage au sommet duquel sont des colonnes surmontées d’arceaux couronnés de créneaux. Cet endroit porte le nom de Maqam ech Charqy (station de l’Orient).

Sur le côté du nord, se trouve un autre escalier le plus élevé et le plus grand de tous. En haut de celui-ci on trouve, comme en haut des autres, des colonnes surmontées d’arceaux. Il a reçu le nom de Maqam ech Chamy (station de Syrie).

On a dû, pour établir ces six escaliers, dépenser, à mon estimation, la somme de cent mille dinars.

Faisant face au nord, dans la cour de l’enceinte et non pas sur la plate-forme, on voit une construction peu importante qui ressemble à une petite mosquée. Elle a la forme carrée d’un enclos ; les murs en pierres de teille ne dépassent pas la hauteur d’un homme. Elle est désignée sous le nom de mihrab de Daoud. Non loin de là, se dresse une pierre qui a la hauteur de la taille d’un homme : le sommet n’est pas plus grand qu’un tapis de prière. C’est, dit-on, le siège sur lequel s’asseyait Souleyman pendant la construction du temple.

Telles sont les choses que j’ai vues dans l’enceinte du Haram de Jérusalem. J’en ai fait des dessins que j’ai tracés sur le journal où j’ai consigné mes observations.

L’arbre des Houris est aussi une des merveilles que je vis dans le Haram de Jérusalem.

Le mercredi, premier jour du mois de Zil Qa’adèh de l’an 438 (29 avril 1047), je partis de Jérusalem pour me rendre en pèlerinage au tombeau d’Ibrahim, l’ami du Dieu très miséricordieux »

Fin

« Sefer nameh », relation du voyage de Nassiri Khosrau en Syrie, en Palestine, en Égypte, en Arabie et en Perse, pendant les années de l’hégire 437-444 (1035 1042) / Publié, traduit et annoté par Charles Schefer,…


 

al-Quds, Jérusalem lors des croisades
al-Quds, Jérusalem lors des croisades

Description de al-Quds Jerusalem par le géographe arabe maghrebin al-Idrissi 1154 :

« Jérusalem est une ville illustre, de construction immémoriale et éternelle. Elle porta le nom d’Îliyâ’. Située sur une montagne accessible de tous les côtés, elle est allongée et s’étend de l’ouest à l’est. À l’occident se trouve la porte dite du Mihrâb ; elle est dominée par la coupole de David (sur qui soit le salut !) ; à l’orient, la porte dite de la Miséricorde (bâb al-Rahma) qui est ordinairement fermée et ne s’ouvre que lors de la fête des rameaux; au sud, la porte de Sion (Sihyûn) ; au nord, la porte dite d »Amûd al-Ghurâb. En partant de la porte occidentale ou d’al-Mihrâb, on se dirige vers l’est par une rue et l’on parvient à la grande église dite de la Résurrection, et que les musulmans appellent Qumâma. Cette église est l’objet du pèlerinage de tout l’Empire grec d’Orient et d’Occident. On y entre par la porte occidentale et l’on parvient directement sous le dôme qui couvre toute l’église et qui est l’une des choses les plus remarquables du monde.
(…)
Après être descendu dans l’église, le spectateur trouve le très vénéré Saint-Sépulcre ayant deux portes et surmonté d’une coupole d’une construction très solide, très bien construite et d’une décoration exceptionnelle; de ces deux portes l’une fait face, du côté du nord, à la porte de Santa-Maria, l’autre fait face au sud et se nomme porte de la Crucifixion : c’est de ce côté qu’est le clocher de l’église, clocher vis-à-vis duquel se trouve, vers l’orient, une (autre) église considérable, immense, où les Francs chrétiens célèbrent la messe et communient. À l’orient de cette église, et un peu au sud, on parvient à la prison où le seigneur Messie fut détenu et au lieu où il fut crucifié.

La grande coupole (de l’église de la Résurrection) est circulairement percée à ciel ouvert et on y voit tout autour et intérieurement des peintures représentant les prophètes, le seigneur Messie, sainte Marie sa mère et saint Jean Baptiste. Parmi les lampes qui sont suspendues au-dessus du Saint-Sépulcre, on en distingue trois qui sont en or et qui sont placées au-dessus de la tombe. Si vous sortez de l’église principale en vous dirigeant vers l’orient, vous rencontrerez la sainte demeure qui fut bâtie par Salomon, fils de David – sur lui le salut ! – et qui fut un lieu de prière et de pèlerinage du temps de la puissance des juifs.

Ce temple leur fut ensuite ravi et ils en furent chassés. À l’époque où arrivèrent les musulmans, il fut de nouveau vénéré et c’est maintenant la grande mosquée connue par les musulmans sous le nom de mosquée al-Aqsâ. Il n’en existe pas au monde qui l’égale en grandeur, si l’on en excepte toutefois la grande mosquée de la capitale de l’Andalousie (dyâr al-Andalus) ; car, d’après ce qu’on rapporte, le toit de cette mosquée est plus grand que celui de la mosquée al-Aqsâ.

Le Rocher (arabe الصخره As-Sakhra) situé au cœur du Dôme du Rocher.

L’aire de cette dernière forme un parallélogramme dont la hauteur est de deux cents brasses, et la base de cent quatre-vingts. La moitié de cet espace, celle qui est voisine du Mihrâb, est couverte de dômes en pierre soutenus par plusieurs rangs de colonnes ; l’autre est à ciel ouvert. Au centre de l’édifice il y a un grand dôme connu sous le nom de Dôme du Rocher ; il fut orné d’incrustations d’or et d’autres beaux ouvrages, par les soins de divers califes musulmans. Au centre se trouve un rocher tombé (du ciel) de forme quadrangulaire comme un bouclier ; au centre du dôme, l’une de ses extrémités s’élève au-dessus du sol de la hauteur d’une demi-toise ou environ, l’autre est au niveau du sol ; elle est à peu près cubique, et sa largeur égale à peu près sa longueur, c’est-à-dire près de dix coudées. Au pied et à l’intérieur il y a une caverne, comme une cellule obscure, de dix coudées de long sur cinq de large, et dont la hauteur est de plus d’une toise ; on n’y pénètre qu’à la clarté des flambeaux.

Le dôme est percé de quatre portes ; en face de celle qui est à l’occident, on voit l’autel sur lequel les enfants d’Israël offraient leurs sacrifices ; près de la porte orientale, on voit l’église nommée le Saint des Saints, d’une construction élégante. Au sud se trouve le bâtiment voûté qui était à l’usage des musulmans ; mais les chrétiens s’en sont emparés de vive force et il est resté en leur pouvoir jusqu’à l’époque de la composition du présent ouvrage. Ils en ont fait des logements où résident des religieux de l’ordre des templiers, c’est-à-dire des serviteurs de la maison de Dieu. Enfin la porte septentrionale est située vis-à-vis d’un jardin bien planté de diverses espèces d’arbres et entouré de colonnade de marbre sculptées avec beaucoup d’art. Au bout du jardin se trouve un réfectoire pour les prêtres et pour ceux qui se destinent à entrer dans les ordres »

Fin

 

Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtaq fî ikhtirâq al-âfâq, dit al-Kitab Rodjar ou le Livre de Roger. Sicile, 1154.


 

Plan d'al-Quds, Jérusalem , Palestine.
Plan d’al-Quds, Jérusalem , Palestine.

Description de Jerusalem par le voyageur berbère maghrebin Ibn Battouta (1304-1369) :

« Ensuite je partis d’Hébron, me dirigeant vers Elkods (la sainteté, Jérusalem), et je visitai sur ma route le sépulcre de Jonas, près duquel on voit un vaste édifice et une mosquée. Je visitai aussi Baït Lahm (Bethléem), lieu de naissance de Jésus, où l’on voit la trace du tronc de palmier. (Coran, XIX, 23, où il est dit que les douleurs de l’enfantement surprirent Marie au pied d’un tronc de palmier.) Près de là est une population considérable. Les chrétiens ont cet endroit en très grande vénération, et ils donnent l’hospitalité à ceux qui y descendent.

Puis nous arrivâmes à Baït elmokaddes (la maison du sanctuaire, Jérusalem), que Dieu la glorifie! C’est elle qui, sous le rapport de l’illustration, vient immédiatement après les deux nobles temples (de la Mecque et de Médine), et c’est là qu’eut lieu l’ascension de l’envoyé de Dieu vers le ciel. La ville est grande, illustre, et construite en pierres de taille. Le roi pieux, noble, Salah eddîn (Saladin), fils d’Ayyoub (que Dieu le récompense, pour le bien qu’il a fait à l’islamisme!), lorsqu’il fit la conquête de cette ville, détruisit une partie de son mur d’enceinte. Ensuite Almélic azzhâhir (Baybars) compléta sa démolition, de crainte que les Francs ne s’emparassent de la ville et ne s’y fortifiassent. Cette ville n’avait pas, auparavant, de canal; et c’est l’émir Seïf eddîn Tenkîz, gouverneur de Damas, qui de notre temps y a conduit l’eau.

Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem
Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem
DESCRIPTION DE LA SAINTE MOSQUÉE DE JÉRUSALEM.

C’est une des mosquées admirables, merveilleuses, d’une extrême beauté; et l’on dit qu’il n’existe pas, sur toute la surface de la terre, un temple plus grand que cette mosquée. Sa longueur, du levant au couchant, est de sept cent cinquante-deux coudées, en calculant d’après la coudée el-mâlikiyah (la coudée royale, qui est de trente-deux doigts); et sa largeur, du midi au nord, est de quatre cent trente-cinq coudées. Elle possède beaucoup de portes sur trois de ses côtés; mais pour ce qui est de sa paroi méridionale, je ne lui connais qu’une seule porte, et c’est celle par laquelle entre l’imâm. Toute la mosquée n’est qu’un vaste espace, sans toit, à l’exception de la partie appelée la mosquée El-aksa, qui est couverte, et qui est d’une construction extrêmement solide, d’un travail fort ingénieux, recouverte d’or et de couleurs brillantes. Il y a aussi dans la mosquée d’autres endroits recouverts d’une toiture.

Sanctuaire de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. D'après une photographie et une aquarelle
Sanctuaire de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. D’après une photographie et une aquarelle
DESCRIPTION DU DÔME DU ROCHER.

C’est un édifice des plus merveilleux, des plus solides, et des plus extraordinaires pour sa forme. Il a en abondance son lot de beautés, et a reçu sa bonne part de toute chose merveilleuse. Il est situé sur un lieu élevé au milieu de la mosquée, et l’on y monte par des degrés de marbre. Il a quatre portes ; son circuit est pavé de marbre d’un travail élégant, et il en est de même de son intérieur. Tant au dedans qu’au dehors, il y a diverses sortes de peintures, et un ouvrage si brillant, qu’on est impuissant à les décrire. La plupart de toutes ces choses sont recouvertes d’or, et la chapelle resplendit de lumière et brille comme l’éclair. La vue de celui qui la regarde est éblouie de ses beautés, la langue de qui la voit est incapable de la décrire. Au milieu de la chapelle, on voit la noble pierre qui est mentionnée dans les traditions; et l’on sait que le Prophète (Muhammad) est monté de là vers le ciel. C’est une pierre fort dure, et son élévation est d’environ une brasse.

Au-dessous de cette pierre, il y a une grotte de l’étendue d’un petit appartement. Elle est élevée aussi d’à peu près une brasse; on y descend par des degrés, et l’on y voit la figure d’un mihrâb. Près de la pierre existent deux balustrades artistement faites, qui la renferment. Celle qui est plus rapprochée de la pierre est de fer, fort bien travaillé; l’autre est de bois.

Dans la chapelle se trouve un grand bouclier de fer, qu’on y voit suspendu. On prétend que c’est l’écu de Hamzah, fils d’Abd elmotthalib.

"La Jerusalem musulmane, 638-1099"
« La Jerusalem musulmane, 638-1099 »
DE QUELQUES SANCTUAIRES BÉNIS DANS LA NOBLE JERUSALEM.

Parmi eux, au bord de la vallée connue sous le nom de vallée de la Géhenne, à l’orient de la ville et sur une colline élevée, on voit un édifice que l’on dit être le lieu d’où Jésus est monté au ciel.

Un autre, c’est le tombeau de Râbi’ah albadaouiyah (la Bédouine), qui tire son nom du désert (bâdiyeh), et qu’il ne faut pas confondre avec Râbi’ah al’adaouiyah, laquelle est célèbre.

Au milieu de la même vallée, il y a une église que les chrétiens vénèrent; ils disent qu’elle contient le sépulcre de Marie. On y voit aussi une autre église également vénérée, et où les chrétiens vont en pèlerinage. C’est celle au sujet de laquelle ils font un mensonge, puisqu’ils prétendent qu’elle renferme le tombeau de Jésus. Toute personne qui s’y rend en pèlerinage doit payer au profit des musulmans un tribut déterminé, et supporter diverses sortes d’humiliations que les chrétiens endurent à contrecœur. On y voit le lieu du berceau de Jésus, et l’on y vient implorer son intercession.

 

Vue aérienne sur Jéusalem al Quds Eila
Vue aérienne sur Jéusalem al Quds Eila
DE QUELQUES HOMMES ÉMINENTS DE JÉRUSALEM.

On remarque :

1° Son kadi, le savant Chems eddîn, Mohammed, fils de Sâlim, alghazzy : il est originaire de Ghazzah, et un de ses grands personnages;

2° Son prédicateur, le pieux, l’excellent Imad eddîn Annâboloucy ;

3° Le savant versé dans les traditions (almohaddith), le mufti Schihâb eddîn Atthabary;

4° Le professeur de la secte de Malik, lequel est aussi supérieur des nobles monastères, Abou Abd Allah Mohammed, fils de Mothbit, Grenadin de naissance, mais habitant à Jérusalem ;

5° Le cheikh qui a renoncé à tous les biens du monde (ezzâhid, ou dévot), Abou Aly Haçan, connu sous l’épithète d’aveugle, un des notables parmi les hommes pieux;

6° Le cheikh, le juste, l’adorateur de Dieu, Kémal eddîn Almérâghy;

7° Le cheikh juste, livré au culte de Dieu, Abou Abd errahîm Abd er-Rahman, fils de Moustafa, originaire d’Erzeroum. C’est un des disciples de Tadj eddîn Errifâ’y. Je me suis lié avec lui, et il m’a revêtu du froc que portent les soufis.

Ensuite je quittai la noble Jérusalem, dans le dessein de visiter la forteresse d’Askalân (Ascalon), qui est ruinée »

Fin

Ibn Battouta, (trad. C. Defremery et B. R. Sanguinetti (1858)), Voyages, De l’Afrique du Nord à La Mecque

Le dôme du Rocher fait par le calife Omeyyade Abd al-Malik 685-705
Le dôme du Rocher fait par le calife Omeyyade Abd al-Malik 685-705

 

La princesse Abbasside Zubayda Bint Jafar ibn al-Mansur

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Photo de l'Ain Zubaida à La Mecque construit par Harun al Rashid
Photo de Ain al-Zubaida à La Mecque (Arabie Saoudite)  construit au temps du calife abbasside Harun al Rashid (763-809), par Zubaida bint Jafar ibn al-Mansur

Zubayda bint Jafar ibn al-Mansur (arabe: زبيدة بنت جعفر ابن المنصور) (né en 763? morte le 26 Joumada I 216 AH / 10 Juillet 831 jc) est la plus connu des princesses abbassides . Elle est particulièrement connu pour la série de puits, de réservoirs et bassins artificiels qu’elle fit construire pour fournir de l’eau pour les pèlerins musulmans (al-Hajj) le long de la route de Baghdad à la Mecque et Médine, qui a été rebaptisé le « Darb Zubaidah » [1] [2] [3] en son honneur.

Les exploits de son mari, Harun al-Rashid et ainsi que les siens,ont inspirés les contes des Les Mille et Une Nuits.

La date de naissance de Zubayda est inconnue ,  pense-t-on, qu’elle aurai eu lieu un an de moins avant son époux et cousin Harun al-Rashid.
Son père, Ja’far est un demi-frère du calife abbasside al-Mahdi . Sa mère, Salsal, est une sœur aînée d’ al-Khayzurane , seconde et la plus puissante épouse d’al-Mahdi, et mère des futurs califes Musa al-Hadi et Haroun ar-Rachid 
La tombe présumé de  Zubayda Bint Jafar  ibn Mansur al-Abbassi Baghdad
La tombe présumé de Zubayda Bint Jafar ibn Mansur al-Abbassi Baghdad

Zubaidah est un nom d’animal de compagnie, donné par son grand-père, le calife Abu Jafar al-Mansur. Le nom signifie «petite boule de beurre ». Le vrai nom de Zubaidah à sa naissance était Sukhainah ou Amat al-Aziz « . [4] Plus tard, Zubaidah avait obtenu une kunya celle de Umm Ja’far (ce qui signifie Mère de Ja’far), [5] qui reflète sa lignée royale comme une petite-fille de calife Abu Ja’far al-Mansur et une épouse du calife Abu Ja’far Harun al-Rashid.

Elle était la petite-fille du calife abbasside Al-Manour, à travers son fils Ja’far, et cousin de Harun al-Rashid (c.763 ou 766-809), qui, plus tard, elle épousera (165 AH / 781-782 jc). Le calife abbasside Muhammad al-Amin, qui avait une lignée  doublement abbasside, était le fils de Zubaidah. Son beau-fils était ‘Abdullah al-Ma’mûn, qui est également devenu calife après la guerre civile avec al-Amin.

Il est dit que de Zubaidah que son palais « sonnait comme dans une ruche », car elle employait une centaine de femmes servantes qui avait mémorisé le saint Coran. [6]

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Tombe attribuée à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)
Tombe attribuée par les Baghdadi à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)

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http://www.muslimheritage.com/scholars/zubayda-bint-jafar-al-mansur

Notes

  1. Safadi XIV. pp. 176–8.
  2.  al-Baghdadi, Al-Khatib. Tarikh Baghdad xtv. pp. 433–4.
  3.  Bidaya X. p. 271.
  4. :a b Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 30.
  5.  Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 150.
  6. Ibn Khallikan I. p. 533.

Muadh ibn Jabal radi Allah anhu :

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L'épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu
L’épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu, conservé au musée du Topkapi d’Istanbul, Turquie.
Muadh ibn Jabal radi Allah anhu 

Mu’adh ibn Jabal, de son vrai nom Abu Abd al-Rahman Mu’adh ibn Jabal ibn Amr ibn Aws (arabe : أبو عبد الرحمن معاذ بن جبل بن عمرو بن أوس), était encore un jeune garçon lorsque le prophète Muhammad ( Sallallahu Allayhi wa sallam) commença à répandre le message de l’islam. Il était originaire de Médine et y resta la plupart du temps avec ce dernier. Il fut remarqué pour son intelligence, sa vivacité d’esprit, la beauté de sa récitation (ou bien l’art de la parole ?) et pour le fait qu’il restait très proche des gens.

Il est décrit comme un homme très séduisant. Ses yeux et ses cils étaient noirs, ses dents d’une extrême blancheur et ses cheveux étaient bouclés. La plupart des livres décrivant son apparence physique disent que si on le regarde, on est tout de suite abasourdi par sa beauté

Sa généalogie

Membre du clan Ansar

Sa naissance (-19 H)

Mou’adh Ibn Jabal (رضي الله عنه) naquit à Médine en -19 H.

Sa conversion

Tout jeune, Mou’adh (رضي الله عنه) embrassa l’islam grâce à MOUSHAB IBN OMAR

Son serment prêté au Prophète (صلى الله عليه و سلم)

La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d'Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu'ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l'historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi :"(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal"  (Géographie d'Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) et
La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d’Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu’ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l’historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi : »(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) 

La seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-‘Aqaba, Mou’adh (رضي الله عنه) fit partie du groupe composé de 72 membres qui prêtèrent serment d’allégeance au Prophète (صلى الله عليه و سلم). Cette  seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-Aqaba, il y avait parmi eux Mouâdh ibn Jabal. Un jeune homme calme, au visage rayonnant, au regard charmant. C’était un Ansarite de la première heure. Mais, le trait qui le caractérisait le plus était sa science religieuse si vaste, à tel point que le Messager avait dit de lui : »De ma communauté, Mouâdh ibn Jabal est le plus connaissant du licite et de l’interdit. »

A son retour à Médine après la conclusion de ce pacte de fidélité, Mou’adh se mit à prêcher l’islam parmi son entourage. Grâce à lui, un nombre d’hommes -qui seront plus tard parmi les grands compagnons- adoptèrent l’islam, tel  : ‘Amr Ibn Al-Jamûh.

Son combat dans la voie de Dieu

Présent à Badr, il fut par la suite de toutes les expéditions.

Son enseignement

Après la conquête de La Mecque, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) y engagea Mou’adh comme enseignent et le chargea de transmettre l’islam aux gens et de leur apprendre le Coran.

De même, quand les souverains yéménites vinrent annoncer au Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur conversion à l’islam et qu’ils lui demandèrent de leur assigner un précepteur, son choix tomba sur Mou’adh (رضي الله عنه) pour remplir cette mission, en le mettant à la tête d’une troupe de compagnons (رضي الله عنهم). Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sortit, par lui-même, pour leur faire ses adieux et conseilla alors Mou’adh (رضي الله عنه), en disant  :

« Ô Mou’adh! Il se peut que vous ne me voyiez pas à l’année prochaine. Veuillez me rendre visite à ma mosquée et à mon tombeau.… « .

Mou’adh (رضي الله عنه) se fendit en larmes par crainte de la séparation d’avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم). En effet, celui-ci (صلى الله عليه و سلم) rendit le dernier soupir et ce fut sa dernière rencontre avec Mou’adh.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم)

Après le décès du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Mou’adh (رضي الله عنه) revint du Yémen et fut de retour à Médine. Il fut profondément affligé et versa de chaudes larmes pour la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

En outre, il était doté d’une intelligence perspicace.

Quand le Messager le chargea d’une mission au Yémen, il lui dit : « O Mouâdh, avec quoi lu vas prononcer les jugements ? ? Avec le Livre de Dieu, dit Mouâdh ? Et si tu ne trouves pas dans le Livre de Dieu (avec quoi juger)… ? ? Je juge avec la Sunna de son Messager. ? Et si tu n’en trouves pas dans la Sunna de son Messager ? ? Je fais effort avec mon avis. »

Son allégeance au Livre de Dieu, ainsi qu’à la Sunna du Prophète , ne le désarmait nullement de l’initiative de son esprit raisonnable, ne lui voilait pas les innombrables faits dissimulés qui n’attendaient que leur mise en lumière.

Il est envoyé aux Banou Kilâb pendant le califat de ‘Omar (رضي الله عنه)

Quand le califat échut à ‘Omar Ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه), celui-ci l’envoya aux Banû Kilâb pour trancher leur litige.

Abou Idris Al Khawalàni, paix à son âme, a dit : « Je suis entré une fois à la mosquée de Damas. Tout à coup je vis un jeune homme souriant que les gens entouraient. Quand ils étaient en désaccord sur une question ils recouraient à son arbitrage et adoptaient son opinion. Je me renseignai alors sur lui et l’on me dit : « C’est MOUHAD IBN JABAL  que Dieu lui accorde Sa satisfaction ».
Quand ce fut le lendemain, je partis à la mosquée de bonne heure, mais j’ai trouvé qu’il m’y avait déjà précédé. Je l’ai trouvé en prière. J’attendis qu’il terminât sa prière puis je me dirigeai vers lui.
Je le saluai et lui dis : « Par Dieu, je t’aime ».
Il dit : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il répéta : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il me saisit par le pan de mon manteau et m’attira à lui en me disant : « Réjouis-toi donc car j’ai entendu le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) dire : « Allâh le Très-Haut a dit : « Mon amour est acquis de droit à ceux qui s’aiment en Moi, qui se réunissent en Moi, se séparent en Moi et se font des cadeaux en Moi » ». (Màlik avec une chaîne authentique)

De plus, les témoignages à son sujet le disent doté d’un bon sens infaillible. Ibn Abdallah raconte qu’il s’était trouvé dans la mosquée, au début du khalifat d’Omar : « J’ai assisté, disait-il, à une réunion de plus d’une trentaine. Tous citaient des hadiths du Messager . Dans le groupe, il y avait un jeune homme rayonnant, à la voix attrayante. Il était le plus jeune. Quand ses compagnons doutaient d’une chose sur un hadith, ils le consultaient. Alors, ce jeune leur donnait son avis. Et puis, je me suis rapproché de lui et je lui ai demandé qui il était. Il m’a répondu : « Je suis Mouâdh ibn Jabal. »

Quant à Chahr ibn Haouchab, il avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse. » Mouâdh obtint ce savoir si considérable dans sa jeunesse. D’ailleurs, il ne vécut pas longtemps, puisqu’il mourut à l’âge de 33 ans durant le règne d’Omar ibn al-Khattab radi Allah anhu.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Mouâdh était généreux. Quand on lui demandait une chose, il la donnait de tout coeur. Sa générosité était telle qu’il était resté sans fortune. A la mort du Prophète , il revint du Yémen où il enseignait l’Islam aux musulmans.

Puis, il émigra en Syrie où il s’occupa également de l’enseignement religieux. Mais, à la mort de l’Emir du pays : son amiAbou Oubayda, qu’il remplaça à la tête de l’émirat, après avoir été nommé par le khalife Omar . Il ne passa pourtant que quelques mois à ce poste, puisqu’il fut rappelé à Dieu.

Son séjour parmi les concitoyens d’Ach-Châm puis de Palestine pour leur apprendre le Coran

Sous le califat de ‘Omar aussi, le gouverneur d’Ach-Châm, Yazîd Ibn ABOU SOUFIANE envoya demander à OMAR  (رضي الله عنه) un précepteur pour ses sujets. ‘Omar convoqua alors Mou’adh Ibn Jabal, ‘Oubâda Ibn As-Sâmit, ABOU AYYOUB , AL ANSARI  Ubay Ibn Ka’b et ABOU DARDA et leur dit  :

« Vos coreligionnaires à Ach-Châm me demandent de leur assigner un précepteur pour apprendre le Coran et s’instruire dans la religion. Aidez-moi donc que Dieu vous accorde Sa miséricorde dans le choix de trois parmi vous. Veuillez procéder par tirage au sort, ou bien je désignerai par moi-même trois parmi vous ».

– « Et pourquoi tirons-nous au sort?, répondirent-ils, Abou Ayyûb est âgé, Oubay est malade et il ne reste que nous trois ».

– « Commencez, vous trois, par Hams et quand vous serez rassurés sur l’état de son peuple, quittez-la en y laissant l’un de vous. Puis, que le second se dirige vers Damas tandis que lautre, vers la Palestine ».
Les trois se dirigèrent donc vers Hams où fut laissé ‘Ubâda Ibn As-Sâmit. Tandis que Aboû Ad-Dardâ se rendit à Damas et Mou’adh Ibn Jabal en Palestine.

La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Syrie
La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Jordanie (Sham)

Sa mort (33 ans)

Mou’adh (رضي الله عنه) resta en Palestine jusqu’à ce qu’il fut atteint de la peste. A l’article de la mort, il se mit à dire : « Ô mort! Soyez la bienvenue! Tel un visiteur qui vient après une longue absence et un être cher qui arrive après un profond désir ».
Il se mit à regarder la voûte céleste, puis dit  : « Mon Seigneur! Vous savez parfaitement que je n’ai jamais aimé l’ici-bas ou désiré la longévité pour y planter des arbres ou y faire couler des fleuves, mais plutôt pour accomplir le jeûne pendant les journées les plus torrides, passer les nuits à faire des dévotions et se presser autour des savants qui tiennent les cercles de rappel. Veuillez recueillir mon âme comme Vous Vous recueillez les âmes croyantes ». Puis, il rendit le dernier soupir.


Ses mérites

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit aussi : « Faîtes-vous réciter (ou enseigner) le Coran par quatre individus : ABDALLAH IBNMASOUD , Sâlim l’affranchi d’Abou Houdhayfa, Oubay Ibn Ka’b et Mu’âdh Ibn Jabal ». (Al-Boukhâri)

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui rendit hommage, en disant  : « Mou’adh Ibn Jabal est celui parmi les membres de ma Communauté qui sait parfaitement distinguer le licite de l’illicite ». (At-Tirmidhî et Ibn Mâja).

Selon Mou’had (رضي الله عنه), le MESSAGER D’allah (صلى الله عليه و سلم) le saisit une fois par la main et lui dit : « Ô Mou’àdh! Par Dieu, je t’aime ».

(ABOU DAWOUD Et An-Nasâi)

‘Omar dit sur le lit de mort : « Si Mouâdh Ibn Jabal était vivant, je l’aurais désigné à ma succession. Et, quand je me présenterai devant Dieu et qu’il me demandera : « Qui as-tu désigné au commandement de la communauté de Mohammad ? » je dirai : « J’ai désigné Mouâdh Ibn Jabal. C’est que j’avais entendu le Prophète dire : « Le Jour de la résurrection, Mouâdh Ibn Jabal sera l’imam (le dirigeant) des savants ».

Ibn Mas’oud avait dit de lui : « Nous comparions Mou’âdh au (prophète) Ibrahim ».

Chahr Ibn Haouchab, avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh Ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse ».
source :

La Sardaigne par Ibn al-Athir (1160-1233) :

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File:Fortified monastery of Abbey Lérins - Cannes.JPG
L’abbaye de Lérins en Sardaigne, fortifiée en 1073, à la suite des raids arabo-musulmans venu d’Ifriqiya et d’al-Andalus.

Conquête de l’île de Sardaigne

« Cette île figure parmi les plus grandes de la mer de Roûm et n’est dépassée en étendue que par la Sicile et la Crête ; elle produit des fruits en abondance.

En 92 (28 oct. 710), Mûsa, ibn Nusayr (émir Omeyyade d’ifriqiya et conquérant du Maghreb et de l’Espagne)  qui venait de conquérir l’Espagne, fit embarquer une portion de ses troupes à destination de cette île.

A l’arrivée des musulmans, les chrétiens, réunissant leurs vases d’or et d’argent, les jetèrent dans le port et déposèrent leurs richesses dans un grenier qu’ils construisirent en installant un plafond sous le toit de leur principale église.

Les musulmans y firent un butin  qui dépasse toute description et y commirent bien des fraudes. Ainsi il arriva qu’un musulman en train de se laver dans le port s’embarrassa le pied dans un objet qu’il retira, et qui était un plat d’argent ; ses frères relevèrent alors tout ce que recelait cette cachette. Une autre fois, un musulman entré dans l’église en question et y voyant un pigeon, lui tira une flèche, qui, manquant le but, frappa le toit factice et brisa une planche ; cette ouverture laissa passer quelques dinars, et l’on put mettre la main sur le reste, ce qui fit que les vainqueurs redoublèrent leurs fraudes (au détriment du Trésor). Il y en eut qui, après avoir égorgé des chats et leur avoir enlevé les entrailles, remplissaient le creux de pièces d’or, recousaient la peau et jetaient ces charognes dans la rue, puis en sortant les ramassaient et glissaient l’or dans le fourreau sur lequel ils ne mettaient que la poignée de leur sabre. Quand ils furent embarqués, on entendit une voix prier le Ciel de les noyer, ce qui eut lieu en effet pour eux tous, et l’on retrouva la plupart des noyés, qui portaient des dinars à la ceinture. 

En 135 (17 juillet 752), ‘Abd er-Rahmân ibn Habîb ibn Abou ‘Obeyda al-Fihri fit une razzia dans cette île, et, après avoir fait un grand massacre des habitants, consentit à conclure la paix avec les survivants moyennant paiement du tribut. Tel fut à partir de là l’état des choses : on n’y fit plus de razzia, et les Roûm la remirent en culture.

En 323 (10 décembre 934), Al-Mansûr ibn Al-Qâ’im l’’Alide, prince (Fatimide) d’ifriqiya, envoya de Mahdia une flotte qui passa d’abord par Gênes et conquit cette ville, puis qui alla faire des prisonniers en Sardaigne ; elle brûla de nombreux vaisseaux et livra Gênes à la destruction et au pillage.

En 406 (20 juin 1015), Mujahid l’’Amiride envoya de Dénia (de la taifa de Denia), contre elle, une flotte composée de cent vingt bateaux ; l’amiral qui la commandait se rendit maître de la Sardaigne, y tua beaucoup d’hommes et emmena en captivité les femmes et les enfants. En présence de ces ravages, les princes de Roûm avec une armée considérable marchèrent par la Grande terre (d’Italie) contre le (prince de Dénia) : les musulmans battus furent expulsés de Sardaigne et perdirent une partie de leurs bâtiments. Le frère de Mujahid, ainsi que son fils ‘Ali ibn Mujahid, furent faits prisonniers, et ce prince rentra à Dénia avec les débris de son armée. Ce fut la dernière expédition dirigée contre la Sardaigne.

Nous avons jugé bon de réunir ici ces faits minimes, que l’on ne peut saisir aussi bien quand ils sont présentés isolément »

Ibn al-Athir 1160-1233 , « Al-Kāmil fī At-tārīkh » p.450 

Des vestiges arabes furent retrouvé en Sardaigne, comme des stèles, des monnaies et céramiques. Une des stèles viens d’Assemini, ville à 10km au Nord de Cagliari. avec une inscription funéraire au nom d’une certaine « Maryam, fille de Atiyya al-Sarrâg » (le sellier) décédée en l’an 470 de l’hégire, qui correspond à 1077. La deuxième inscriptions a été trouvée à Cagliari, dans les parages du Palais qui fut jadis celui du Vice-roi et qui est maintenant occupé par la Préfecture de la ville. C’est un fragment dont la date, que l’on parvient à lire seulement en partie, la troisième vient d’Olbia, dans le Nord de la Sardaigne. Contrairement aux deux premières, c’est une grosse dalle rectangulaire peu commune. Il lui manque la partie la plus haute et le côté droit. . Avec beaucoup de probabilités, il s’agit d’une troisième stèle funéraire au nom de « Mustafâ Muhammad al-Mu… » La date n’est pas visible,

19 pièces arabes furent aussi retrouvé, 7 des pièces sont en or, 4 en argent et 8 en cuivre. Chronologiquement, onze appartiennent à la période Omeyyade et aux débuts de la dynastie Abbasside; elles s’échelonnent entre 87/705 et 170/786. Il y a d’autres monnaies plus tardives : il y en a trois aghlabides (236/850 – 270/883), une fatimide
de 360/970, une hammudite (434/1043 – 447/1055), une almohade (524/1130-558/1173) et finalement deux ottomanes datées de 1171/ 1757 et de 1241/1825.

Oman Giovanni. Vestiges arabes en Sardaigne. In: Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, N°8, 1970. unica. pp. 175-184.

Le commandement de la flotte « Qiyadat al-Asatil » par ibn Khaldoun

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Le commandement de la flotte Qiyadat al-Asatil par ibn Khaldoun (Prolégomènes p37 à p46 );

Le commandement de la flotte forme une des dignités de l’empire musulman.

Dans le royaume de Maghreb et dans celui de l’Ifrîkiya l’officier qui remplit cette charge est inférieur en rang au chef de l’armée et dans beaucoup de cas il est tenu de lui obéir.

Son titre en langage des marins est « almilend » mot dont la lettre I se prononce d’une manière emphatique et qui a été emprunté à la langue des Francs (d’Espagne) qui s’en servent avec la même signification. Cette charge est spéciale au royaume de Maghreb et à celui de l’ifrîkiya . En voici la raison les pays que nous venons de nommer sont situés sur le bord méridional de la mer Romaine.

Du côté du sud cette mer depuis Ceuta jusqu’à Alexandrie et à la Syrie confine à des contrées occupées par les Berbers du côté du nord elle a pour limites l’Espagne le pays des Francs celui des Esclavons celui des Grecs et une partie de la Syrie.

On la nomme la mer Romaine et la mer Syrienne à cause des nations qui occupaient ses bords.

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
« La flotte arabe fait route vers la Crète (al-Iqritiya) », ce sont les Ribadi expulsés de Cordoue, venu d’Alexandrie. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

De tous les peuples qui habitent les rivages de la mer ceux qui se trouvent sur les deux bords de la mer Romaine supportent avec le plus de courage les fatigues de la vie maritime.

Les Romains les Francs et les Goths demeuraient autrefois sur le bord septentrional de cette mer et comme leurs guerres ainsi que leurs expéditions commerciales se faisaient principalement au moyen de navires ils étaient devenus très habiles dans l’art de naviguer et de combattre avec des flottes.

Quelques unes de ces nations visèrent à la possession des côtes méridionales de cette mer les Romains portèrent leurs vues sur l’ifrîkiya les Goths convoitèrent le Maghreb et les deux peuples se transportèrent dans ces contrées au moyen de leurs flottes et s’en rendirent maîtres après avoir vaincu les Berbers et enlevé à ce peuple toute l’autorité.

Ils y possédèrent des villes très peuplées telles que Carthage, Sbaïtla (Sufetula) Djeloula (Oppidum Usalitanam) Mornac, Cherchell (Cœsarea) et Tanger.

bateau omeyyade de cordoue a st raphael
Malgré la haine qu’animait les Omeyyades et les Abbassides entre eux, pourtant lors de la conquête de la Sicile (al-Siqiliya) , l’imam Ibn Kathir écrivait que « 300 navires des forces conjointes des Omeyyades de Cordoue et des Aghlabides » (vassaux Abbasside) de Kairouan ont participé en 830 jc aux campagnes contre les byzantins en Sicile mené par Theodotus .source : (El Hareir, 2011. »The Spread of Islam Throughout the World » p. 441.)

Avant cela le souverain de Carthage (les phéniciens que ibn Khaldoun ne connaissait pas) avait fait la guerre à celui de Rome et envoyé contre lui des flottes bien approvisionnées et remplies de troupes. On sait que depuis les temps les plus anciens telle a été l’habitude des peuples qui occupent les deux bords de la mer Romaine.

Lorsque les armées musulmanes se furent emparées de l’Egypte  le khalife Omar Ibn el Khattab écrivit à son général Amr Ibn el Aci pour savoir ce que c’était que la mer. Amr lui répondit par écrit et en ces termes. « C’est un être immense qui porte sur son dos des êtres bien faibles des vers entassés sur des morceaux de bois ».

Frappé de cette description Omar défendit aux musulmans de se hasarder sur cet élément et ayant appris qu’Arfadja Ibn Herthema el Azdi chef de la tribu de Bedjîla qu’il avait envoyé contre la province d’Oman venait de faire une expédition sur mer malgré ses ordres il le réprimanda de la manière la plus dure. Cette prohibition subsista jusqu à l’avènement de Moaouïa.

Ce khalife autorisa les musulmans à s’embarquer pour faire la guerre sainte sur mer.

Nous allons indiquer la cause de ce changement dans la politique des khalifes . Au commencement de l’islam les Arabes étaient encore trop imbus des habitudes de la vie nomade pour devenir des marins aussi habiles et aussi entreprenants que les Grecs et les Francs peuples qui accoutumés à lutter contre la mer et à vivre dans des navires qui les transportaient de pays en pays s’étaient faits à ce genre de vie et avaient l’habitude d’en affronter les dangers.

bateau de l'époque omeyyade retrouvé par des archéologues israéliens
Bateau de l’époque Omeyyade retrouvé par des archéologues israéliens, au large de la Palestine (ancienne partie du bilad al-Sham)

Les Arabes ayant acquis une vaste puissance par la fondation de leur empire avaient réduit sous leur domination et asservi une foule de peuples étrangers. Voyant alors que chacun des vaincus qui savait un art cherchait à s’en faire un mérite auprès d’eux ils prirent à leur service un grand nombre de matelots pour les besoins de la marine.

Ayant alors affronté la mer à plusieurs reprises et s’étant habitués à lutter contre elle ils changèrent d’opinion à l’égard de cet élément.

Souhaitant avec ardeur le bonheur d’y porter la guerre sainte ils construisirent des navires et des galères équipèrent des vaisseaux les armèrent et les remplirent de troupes dans le but de combattre les peuples infidèles d’outre mer.

Le port de Tunis , ou le
Le port de Tunis , ou le « dar al-Sina » (arsenal), fondé par Hassan Ibn al-Numan al-Ghassani 692-703 pour la conquête Omeyyade de la mer méditerrané  depuis al-Ifriqiya.

Pour établir leurs chantiers ils choisirent les provinces les plus voisines de la mer et les places fortes qui étaient situées sur ses bords.

Ces provinces étaient la Syrie, l’ifrîkiya, le Maghreb et l’Espagne.

Le khalife Abd el Melek Ibn Merouau animé d’un zèle ardent pour le maintien de la guerre sainte envoya à Hassan Ibn en Noman gouverneur de l’ifrîkiya l’ordre de fonder à Tunis un arsenal maritime.

Ce fut de là que sous le gouvernement de Zîadet Allah Ier fiis d’Ibrahîm l’Aghlebide une flotte commandée par Assad Ibn Forât grand mufti de l’ifrîkiya partit pour conquérir la Sicile.

Pantelleria sulla Costa En 700 l'île a été conquise par les Arabes omeyyade , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah 'la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l'Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade
Pantelleria sulla Costa. En 700 l’île Italienne a été conquise par les Omeyyades de Damas sous Hassan ibn al-Numan , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riya0h ‘la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l’Afrique.

L’île de Cossura Pantellaria fut prise pendant l’administration du même gouverneur (Hassan ibn Numan).

Quelque temps auparavant Moaouïa Ibn Hodeïdj avait conduit une expédition contre la Sicile mais sa tentative n’eut pas de succès. Cela eut lieu sous le règne de Moaouïa fils d Abou Sofyan.

Plus tard pendant la guerre qui eut lieu entre les Fatemides d’Ifrîkiya et les Omeyyades d’Espagne les flottes de chacune de ces dynasties se dirigèrent à plusieurs reprises contre les territoires de l’autre et dévastèrent les côtes des deux pays.

Sous le règne d’Abd er Rahman en Nacer l’Omeyyade la flotte Andalouse se composait d’environ deux cents bâtiments et celle de l’ifrîkiya (Fatimide) était à peu près aussi nombreuse.

Le commandant caïd de la flotte andalouse se nommait Ibn Romahès. Les ports où cette flotte avait ses mouillages et d’où elle mettait à la voile étaient Beddjana et Almeria.

Elle se composait de navires qu on faisait venir de tous les royaumes où l’on construisait des bâtiments.

Plat au bateau
Bateau Hafside sur un plat fait à Tunis entre le 14 et le 15e siècle source

Chaque navire était sous les ordres d’un marin portant le titre de caïd qui s occupait uniquement de ce qui concernait l’armement les combattants et la guerre un autre officier appelé le raïs faisait marcher le vaisseau à l’aide des voiles ou des rames et ordonnait la manœuvre du mouillage.

Quand on rassemblait des navires pour une expédition contre l’ennemi ou pour quelque objet important que le sultan avait en vue ils se réunissaient dans le port qui leur servait de rendez vous ordinaire.

Le sultan y faisait embarquer des hommes des troupes d’élite et plusieurs de ses affranchis et les plaçait tous sous les ordres d’un seul émir appartenant à la classe la plus élevée des officiers du royaume.

Il les faisait partir alors pour leur destination dans l’espoir qu’ils reviendraient victorieux et chargés de butin. Lorsque l’islam se fut constitué en empire les musulmans subjuguèrent toutes les contrées qui bordent cette mer et par la puissance de leurs flottes ils mirent les chrétiens de ces pays dans l’impossibilité de leur résister.

Pendant un long espace de temps chacune de leurs expéditions se terminait par une victoire. On sait quels étaient leurs hauts faits leurs conquêtes et les richesses qu’ils enlevèrent à l’ennemi. Ils s’emparèrent de toutes les îles de cette mer Maïorque, Minorque ,Ibiza la Sardaigne la Sicile Cossura, Malte, Crète et Chypre tombèrent en leur pouvoir ainsi que d’autres contrées appartenant au royaume des Romains et à celui des Francs.

Bateau Islamique avec
Bateau Arabe  avec « grenade explosif » en méditerranée 

Abou al Qacem le Chîïte (Ubaydi) et ses fils expédiaient d’El Mehdiya des flottes qui allaient insulter l’île de Gênes  et qui revenaient victorieuses et chargées de butin.

En l’an 4o5 1014 1015 de J C Modjahed el Ameri souverain de Dénia et l’un des Molouk et tawaïf (taifa de Denia) s empara de la Sardaigne au moyen de sa flotte mais les chrétiens reprirent cette île bientôt après.

Pendant toute cette période les armes des musulmans triomphaient dans presque tous les parages de la mer Romaine leurs navires la parcouraient dans tous les sens et leurs troupes parties de la Sicile allaient débarquer sur la terre ferme située en face du côté septentrional de cette île.

Elles y attaquaient les princes des Francs et dévastaient leurs Etats.

C’est ce qui eut lieu sous les Beni Abi l Hoceïn ( dynastie arabe des Kalbides)  rois de Sicile qui reconnaissaient la souveraineté des Fatemides.

Les chrétiens se virent obligés de passer avec leurs navires dans la partie nord est de cette mer afin de se rapprocher des contrées maritimes appartenant aux Francs et aux Esclavons et des îles romaines (la grèce) qu’ils n’osèrent plus dépasser.

En effet les flottes des musulmans s’acharnaient sur celles des chrétiens ainsi que le lion s’acharne sur sa proie leurs navires aussi nombreux que bien équipés couvraient la surface de la mer la parcourant en tous les sens soit dans un but pacifique soit pour faire la guerre.

Bateau arabe Fatimide représenté dans cette pièce, le poète d’al-Muiz le fatmide proche des Banu Hamdun (arabes judhamites) d’Msila, Ibn Hani al-Andalusi al-Azdi avait dit  sur la flotte fatimide » « J’en jure par ces coursiers des mers qui prennent le départ à la nuit ; j’atteste qu’ils sont secondés par des forces innombrables Surmontés de dais chatoyants, ils ressemblent à ces tentes qui dérobent aux regards les bédouines aux cils de gazelle ; cependant ces voiles ne recouvrent pas les belles, mais des guerriers à la vaillance de lions…. Le chef byzantin fut saisi de les voir surgir, toutes bannières déployées, leurs voiles claquant au vent… »

Les chrétiens ne pouvaient pas même y faire flotter une planche mais plus tard l’affaiblissement et la débilité des empires fatemide et Omeyyade leur permirent de s’emparer de la Sicile de Crète de Malte et d’autres îles orientales.

Profitant ensuite de la faiblesse de l’empire musulman ils se précipitèrent sur les côtes de la Syrie et s’emparèrent de Tripoli, d’Ascalon de Tyr et d’Akka Saint Jean d’Acre.

S’étant rendus maîtres de toutes les places fortes du littoral de la Syrie ils prirent la ville de Jérusalem et y bâtirent une église pour y pratiquer les cérémonies de leur culte.

Les troupes de Roger Ier roi de Sicile enlevèrent Tripoli d’Afrique aux Beni Khazroun  s’emparèrent ensuite de Cabes et de Sfax et soumirent les musulmans de ces villes à la capitation.

Ensuite ils obtinrent possession d’El Mehdiya autrefois siège de l’empire fatemide ayant enlevé cette ville aux descendants de Bologguîn Ibn Zîri .

Ainsi depuis le Vc siècle de l’hégire la fortune s’était tournée du côté des chrétiens dans la mer Romaine. Dès lors la puissance maritime de l’Egypte et de la Syrie commença à tomber dans l’anéantissement.

Personne jusqu’à nos jours n’a essayé de la relever bien qu’autrefois dans ces mêmes pays le gouvernement fatemide eût déployé des efforts extraordinaires pour le maintien de la marine est un fait que l’histoire de cette dynastie ne permet pas de méconnaître.

Batteau arabe dans la mer des zanj, tiré des Maqamat d'al-Hariri illustrée par al-Wasiti 13e siècle
« Bateau arabe dans la mer des zanj », tiré des Maqamat d’al-Hariri illustrée par al-Wasiti 13e siècle, Iraq Abbasside

On n’y trouve plus de traces de la charge de commandant de la flotte c est un office spécial aux royaumes d’Ifrîkiya et de Maghreb où il s est toujours conservé A l’époque que nous avons indiquée les pays qui forment la limite occidentale de cette mer possédaient un grand nombre de navires et déployaient une puissance maritime que l ennemi chrétien était incapable d entamer et qui cependant n avait pas encore pris sa revanche.

Sous la dynastie lemtounienne almoravide le commandement de la flotte était l’apanage des Beni Meïmoun1 seigneurs de Cadix mais cette famille ayant reconnu plus tard la souveraineté d’Abd el Moumen l’Almohade lui céda ses droits .

Cette flotte se composait d’une centaine de navires appartenant aux ports de l’Espagne et de l’Afrique.

Dans le vie siècle lorsque la dynastie almohade eut conquis ces deux pays la charge de commandant de la flotte devint plus importante que jamais Ahmed de Sicile l’officier qui l’exerçait alors appartenait à la famille des Sadghîan  fraction de la grande tribu des Sedouikich qui s était établie dans l’île de Djerba.

Enlevé de son pays natal par les chrétiens qui y avaient opéré une descente il fut élevé chez eux et entra au service de Roger II souverain de la Sicile.

Il se fit hautement apprécier par ce prince mais ayant encouru pour un motif quelconque la disgrâce du fils et successeur de celui ci et craignant pour sa vie il s’enfuit à Tunis et descendit chez le prince (cîd) de la famille d’Abd el Moumen qui commandait dans cette ville.

 Flotte en Islamique en Espagne à l'époque Almohade du livre d'Alfonso X (Cantigas) 13e siècle
Flotte Islamique en Espagne à l’époque Almohade (dynastie berbère), tiré du livre d’Alfonso X (Cantigas) 13e siècle

De là il se rendit à Marrakesh où le khalife Youçof el Acheri fils d’Abd el Moumen et souverain des Almohades le reçut très honorablement . Comblé de dons par ce prince et revêtu du commandement de la flotte il déploya une grande bravoure en combattant les chrétiens.

Ses hauts faits tiennent une place honorable dans l’histoire de l’empire almohade. Sous sa direction la flotte musulmane acquit en nombre et en organisation une supériorité que autant que nous le sachions elle n’avait jamais eue auparavant et qu’elle n’a jamais reprise depuis.

Lorsque Salah ed Dîn Saladin Youçof Ibn Ayyoub roi d’Egypte et de Syrie entreprit de reconquérir les places fortes que les chrétiens occupaient dans ce dernier pays et de faire disparaître de Jérusalem les souillures et les édifices de l infidélité les flottes chrétiennes ne cessèrent d’apporter des renforts et des approvisionnements à toutes les forteresses maritimes qui avoisinaient cette ville.

La flotte d Alexandrie était hors d’état de s’y opposer ayant éprouvé une série de revers dans la partie orientale de la mer Romaine.

Au reste les navires des chrétiens étaient très nombreux et depuis longtemps les musulmans ainsi que nous l’avons fait observer étaient trop faibles pour repousser l’ennemi Salah ed Dîn prit donc le parti d’expédier une ambassade à Yacoub el Mansour 1 sultan des Almohades du Maghreb dans le but d’obtenir l’envoi de la flotte maghrebine du côté de la Syrie afin d’empêcher les chrétiens d’approvisionner leurs forteresses.

La personne qu il chargea de cette mission fut Abou Hareth Abd el Kerîm Ibn Monked de la famille des Beni Monked seigneurs de Cheïzer (famille arabe Syrie Ussama ibn Munqid)

Il venait de leur ôter cette forteresse et de leur assurer en retour une position respectable dans l’empire.

L'Occident sous les berbères Almohades et l'Orient sous les Kurdes Ayyoubides
L’Occident sous les Almohades et l’Orient sous les Ayyoubides.

La dépêche dont l’ambassadeur fut chargé et qui avait été rédigée par EI Fadel el Beïçani  se trouve reproduite par Eïmad ed Dîn el Isbahani dans son El Feth el Qodci. Elle commençait ainsi « Puisse Dieu ouvrir à votre seigneurie les portes du salut et du bonheur » El Mansour s’en trouva offensé parce qu’on ne lui avait pas donné le titre d’émir el moumenîn celui qu’il portait mais il dissimula son mécontentement.

Ayant comblé de dons et d’honneurs les membres de l’ambassade (ayyoubide) il les renvoya à leur souverain sans avoir répondu à ce qu ils étaient venus lui demander.

D’après ce que nous venons d’exposer on voit que le royaume de Maghreb se distinguait des autres par la possession d’une flotte que les chrétiens avaient une grande supériorité dans la partie orientale de cette mer que le gouvernement de l’Egypte et de la Syrie avait négligé alors et plus tard le soin de sa marine et que les empires doivent avoir toujours des flottes en état de servir.

Après la mort de Yacoub el Mansour la puissance des Almohades commença à décliner les peuples de la Galice s’emparèrent d’une grande partie de l’Espagne refoulèrent les musulmans dans les pays du littoral occupèrent les îles situées dans la partie occidentale de là mer Romaine et s’y rendirent très redoutables. Mais malgré le grand nombre de leurs vaisseaux les musulmans purent enfin les combattre avec des forces égales . C est ce qui eut lieu sous le règne d’Abou al-Hacen roi zenatien (mérinide) du Maghreb.

La forteresse mamelouk d'Alexandrie en Egypte
La forteresse mamelouk et le port d’Alexandrie en Egypte

A l’époque où ce sultan conçut l’intention d’attaquer les infidèles sa flotte était aussi nombreuse et aussi bien équipée que celle des chrétiens mais ensuite la marine musulmane perdit son importance par suite de la faiblesse toujours croissante des empires maghrebins.

Dans ce pays l’influence de la vie nomade étant encore très forte fit oublier les usages de la civilisation plus avancée que l’on avait apprise en Espagne et enleva aux populations l’habitude des affaires maritimes.

Les chrétiens revinrent alors à leur ancienne coutume s’étant formés à la vie de mer en y mettant une grande persistance et en étudiant tout ce qui touchait à la navigation ils vainquirent les flottes musulmanes dans chaque rencontre.

Les musulmans étaient devenus étrangers à la vie de mer à l’exception d’un petit nombre de ceux qui habitaient les côtes et continuaient à naviguer. Il serait bien à désirer que ces marins trouvassent des gens pour les aider et les soutenir le gouvernement devrait leur fournir les moyens de solder des combattants et les mettre ainsi dans une voie qui conduirait à un excellent résultat.

De nos jours la charge de commandant de la flotte existe encore dans le royaume de Maghreb on y observe toujours les règlements au sujet de la construction et de l’équipement de navires afin qu on soit prêt à seconder les vues du sultan dans le cas où il dirigerait son attention vers les pays du littoral. Les musulmans cherchent encore à faire tourner le vent de la victoire contre les infidèles.

Les livres des prédictions renferment une prophétie qui a cours chez les peuples du Maghreb et que nous donnons ici.

‘Certes les musulmans prendront leur revanche sur des chrétiens et feront la conquête des pays des Francs d’outre mer cela doit s’effectuer au moyen d’une flotte Dieu est l’ami des vrais croyants. »

Les Prolégomènes Al Muqadima d’Ibn Khaldoun, 2, p37 à p46

Le Feu Grec sur la flotte arabe Omeyyade lors du premier siège de Constantinople
Le Feu Grec sur la flotte arabe Omeyyade lors du premier siège de Constantinople entre 674 et 678 JC
Le combat naval (sur mer) est plus méritoire que combattre sur terre. Les combats navals étant plus périlleux, ils méritent une plus grande récompense [dans l’au-delà].
Umm Harâm (radhî Allâhu ‘anhâ) rapporte que le Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu ‘alayhi wa sallâm) a dit :
« Quiconque a le mal de mer aura la même récompense qu’un martyr. Quiconque meurt noyé aura la récompense de deux martyrs ».
Rapporté par Abû Dâwûd.
La bataille d'Ostie en Italie s'est déroulée en l'an 849. Il s'agit d'une bataille navale entre les arabes aghlabides d'Afrique du Nord et une flotte italienne alliée
La bataille d’Ostie en Italie s’est déroulée en l’an 849. Il s’agit d’une bataille navale entre les arabes aghlabides (abbassides) d’Afrique du Nord et une flotte italienne alliée, après le pillage de Rome par les Aghlabides
Le Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu ‘alayhi wa sallâm) a dit :
« Un martyr mort en mer est comme deux martyrs morts sur terre. Qui a le mal de mer est comme celui qui se baigne dans son sang sur terre ; qui franchit la distance qui sépare deux vagues est comme celui qui passe sa vie dans l’obéissance d’Allâh. Allâh a chargé l’Ange de la Mort de se saisir des âmes des hommes, à l’exception de celle du martyr mort en mer, car celle-là, Lui Seul se charge de la saisir. En outre, Allâh pardonne tous ses péchés au martyr mort sur terre à l’exclusion de ses dettes, alors qu’Il pardonne au martyr mort en mer et ses péchés et ses dettes ».
Rapporté par Ibn Mâjah.
Mentionné par le Shaykh Sayyid Sâbiq dans « Fiqh as-Sunna », Édition « Maison d’Ennour », t. 3, p.41
La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l'empereur Constant II.
La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts

La première grande bataille navale de l’Islam fut celle de la bataille des mâts ( معركة ذات الصواري, Dhat Al-Sawari dite la bataille de Phoenix), entre les Romains Byzantins et le califat Rashidun sous Uthman radi Allah anhu. qui se déroule en 655  engagement naval décisif conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l’empereur Constant II.

La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
Voici le récit du coeur de la « bataille des Mats » par le célèbre l’imam al-Tabari :
 » On rapporte que ce fut Muawiya qui inaugura pour les musulmans les expéditions maritimes.  Omar lorsque les gouverneurs des différentes provinces… de la Syrie (al-Sham) moururent avait réuni toutes ces provinces au gouvernement de Muàwiya qui à la fin avait sous son commandement toute la Syrie .
Alors il commença à attaquer le territoire de Roum et fit des expéditions en mer de sorte que la situation du roi de Roum devint difficile, Abdallah ibn Abou Sarh était gouverneur d’Egypte (al-Misr) et de la province d’Afrique (al-Ifriqiya)  qu’il avait enlevée au roi de Roum.  
Celui ci réunit une armée pour reconquérir l’Egypte (al-Misr) et l’Afrique (Al-Ifriqiya).  
Jamais on n avait vu embarquer une armée aussi nombreuse. Abdallah alla au devant de l’ennemi avec environ trente mille hommes sur quarante vaisseaux .
Arrivée à Dsàt as Sawàri la flotte musulmane rencontra les vaisseaux romains qui étaient au nombre de cinq cents remplis de soldats.
En voyant cette force de l’ennemi; les musulmans eurent peur. Il s éleva un vent qui maintint les vaisseaux des musulmans et ceux des infidèles pendant trois jours et nuits en pleine mer.
Lorsque le vent cessa les deux flotte s’abordèrent et la bataille s’engagea.
On combattit avec acharnement soit en se servant du sabre soit en lançant des flèches et des lances .
Enfin une flèche partie de la flotte musulmane atteignit le roi de Roum et le blessa.
Les Romains rompirent leurs lignes de bataille et se mirent à lever l’ancre. »
l’imam al-Tabari dans l’ouvrage « Histoire des prophètes et des rois »
illustration, du 19eme siècle de la
illustration, du 19eme siècle de la « Bataille des Mats ou la Bataille de Phoenix de Lycie  » la scène dépeint . » la victoire du califat rashidun sur les forces Byzantine de Constans II en . 655.
Liste des états et peuples dominés et  vaincus par les Arabes (Rashidun, Omeyyade et Abbasside)
Liste des états et peuples dominés et  vaincus par les Arabes (Rashidun, Omeyyade et Abbasside)
Les ennemies de Byzance
« Les ennemies de Byzance »
Soldats du califat des Abbassides,et de leurs vassaux arabes, Hamdanides et Aghlabides (D=droite et G=Gauche)

batteau early islamique ancien reconstitution

Les ennemies de Byzance
Les ennemies de Byzance »  Soldats des Califats Omeyyade et Rashidun  (D=droite et G=Gauche)
Un batau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
Un bateau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari

La Mer des Califes Une histoire de la Méditerranée musulmane (VIIe-XIIe siècle) Christophe Picard

Ibn Khaldoun, « al-Muqadima »

Al-Tabari,« Histoire  des prophètes et des rois » .

Ghiyas ad-Din Muhammad Khwandamir dit Khondémir « Khêlassê-al-Akbar » (« Quintessence de l’histoire »)

 

 

 

La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l'empereur Constant II.
La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l’empereur Constant II.