La bataille de Dorylée : Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

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20koivn Kılıç Arslan leading Turkish cavalry - The Battle of Dorylaeum
Kılıç Arslan à la tête de l’armée Turc Seldjoukide à la bataille de Dorylée , source Osprey

La bataille de Dorylée : Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

« Mais, le jour de cette  bataille de Dorylée, le sultan, installé avec son état-major sur un promontoire, constate avec inquiétude que les vieilles méthodes turques n’ont plus leur efficacité habituelle. Les Franj n’ont, il est vrai, aucune agilité et ils ne semblent pas pressés de riposter aux attaques répétées. Mais ils maîtrisent parfaitement l’art de la défensive. La force principale de leur armée réside dans ces épaisses armures dont les chevaliers couvrent tout leur corps, et même parfois celui de leur monture. Si leur avancée est lente, pesante, les hommes sont magnifiquement protégés contre les flèches. Après plusieurs heures de combats, ce jour-là, les archers turcs ont certes fait de nombreuses victimes, surtout parmi les fantassins, mais le gros de l’armée franque reste intact. Faut-il engager le corps à corps ? Cela semble hasardeux : au cours des nombreuses escarmouches qui se sont produites autour du champ de bataille, les cavaliers des steppes n’ont nullement fait le poids face à ces véritables forteresses humaines. Faut-il prolonger indéfiniment la phase de harcèlement ? Maintenant que l’effet de surprise est passé, l’initiative pourrait bien venir du camp adverse.

Certains émirs conseillent déjà d’opérer un repli lorsque apparaît au loin un nuage de poussière. C’est une nouvelle armée franque qui s’approche, aussi nombreuse que la première. Ceux contre lesquels on se bat depuis le matin ne sont que l’avant-garde. Le sultan n’a pas le choix. Il doit ordonner la retraite. (…) Profitant du seul atout qui leur reste, la vitesse, de nombreux cavaliers parviennent à s’éloigner à leur tour sans que les vainqueurs puissent les poursuivre. Mais la plupart des soldats demeurent sur place, encerclés de toutes parts. (…) Les Franj taillèrent en pièces l’armée turque. Ils tuèrent, pillèrent et prirent beaucoup de prisonniers qu’ils vendirent comme esclaves.
(…) Seule la nature semble encore résister à l’envahisseur. L’aridité des sols, l’exiguïté des sentiers de montagne et la chaleur de l’été sur des routes sans ombre retardent quelque peu la progression des Franj. Il leur faudra, après Dorylée, cent jours pour traverser l’Anatolie, alors qu’un mois aurait dû suffire. Entre-temps, les nouvelles de la débâcle turque ont fait le tour de l’Orient. « Quand fut connue cette affaire honteuse pour l’islam, ce fut une véritable panique », note le chroniqueur de Damas, « la frayeur et l’anxiété prirent d’énormes proportions ». »

(pp. 30-31)    Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

 

 

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