La bataille de Baghdad, la destruction de la capitale Abbasside en 1258

Publié le Mis à jour le

Abû Ahmad al-Musta`sim bi-llah `Abd Allah ben Mansûr al-Mustansir1 surnommé al-Musta`sim2 est né en 1213. Il a succédé à son père Al-Mustansir comme trente septième et dernier calife abbasside de Bagdad en 1242. Il est mort le 20 février 1258.
Abû Ahmad al-Musta`sim bi-llah `Abd Allah ben Mansûr al-Mustansir surnommé al-Musta`sim est né en 1213. Il a succédé à son père Al-Mustansir comme trente septième et dernier calife abbasside de Bagdad en 1242. Il est mort le 20 février 1258.

La bataille de Bagdad en 1258 est une victoire de l’armée mongole du chef Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan à Bagdad sur le califat Abbasside. La ville fut capturée, mise à sac et brûlée ; les habitants y furent massacrés.

Bagdad était la capitale du califat Islamique et de l’état Abbasside qui recouvrait l’Irak et une partie de l’Iran d’aujourd’hui, dirigé par Al-Musta’sim alors calife de l’islam de la dynastie abbasside.

Le califat abbasside avait alors été en place pendant plus de 500 ans depuis l’accession du premier calife en 751. Les abbassides étaient alors la deuxième dynastie musulmane après avoir renversé les Omeyyadesen place depuis la mort du calife Rashidun ‘Ali (ra) en 661.

Depuis, le califat abbasside avait perdu la plupart des possessions de l’ancien empire musulman, le Maghreb, l’Egypte, le Sham etc..  et avait décliné en un État régional mais le titre de calife portais sur tout les Musulmans du monde.

En 945, le calife était devenu une marionnette contrôlée par les chiites persans de la dynastie bouyide.

En 1055, les Bouyides sont renversés par les turcs sunnites de la dynastie seldjoukide. Les Seldjoukides ont été évincés à la fin du xiie siècle tandis que la puissance musulmane montante était l’État ayyoubide en Égypte et en Syrie auquel les Mamelouks vont succéder en 1250. Cependant, le califat était toujours un symbole fort et Bagdad était toujours une grande ville riche et un centre culturel.

"Le calme" avant la tempête Mongole
Carte Afro-Eurasienne des état régionaux avant le début des Invasions mongoles

La bataille

L’armée polythéiste mongole, menée par Houlagou Khan et le commandant chinois Guo Kan, s’installa à Bagdad capital du califat Islamique en novembre 1257. Houlagou a marché au pas avec ce qui était probablement la plus grande armée jamais réunie par les Mongols. Sur l’ordre de Möngke Khan, deux combattants sur dix dans l’empire entier devait rejoindre l’armée d’Houlagou1L’armée avait aussi un grand contingent de combattants chrétiens. Celui-ci étant composé majoritairement de chrétiens Géorgiens qui eurent un rôle actif dans la destruction de la ville. Selon Alain Demurger des troupes croisées chrétienne franques venant de la principauté croisés d’Antioche auraient également participé à la bataille. De plus Ata al-Mulk Juvayni  l’historien chiite écrit que plus de 1 000 artilleurs chinois, ainsi que des Arméniens, des Géorgiens, des Turcs et des Perses prirent part au siège.

Le dernier calife abbasside de Baghdad Al-Musta'sim est emprisonné par le vil mongol Hulagu 1258 ; Le Livre des Merveilles, Marco Polo xve siècle
Le dernier calife abbasside de Baghdad Al-Musta’sim est emprisonné par le vil mongol Hulagu 1258 ; Le Livre des Merveilles, Marco Polo xve siècle

Le siège

Houlagou proposa d’abord la reddition ce que le calife refusa. Beaucoup de récits s’accordent à dire que le calife n’était pas du tout préparé à une telle bataille, son armée n’ayant pas été parfaitement réunie et les murs de Bagdad n’ayant pas été renforcés. Le pire est que, selon David Nicolle, le Calife a énormément offensé Houlagou Khan en lui faisant courageusement des menaces, ce qui pourrait expliquer le châtiment particulièrement terrible que subira sa ville par la suite.

Avant d’assiéger Bagdad, Houlagou avait déjà frappé les esprits en détruisant les Lors ( peuple iranien, étroitement apparentés aux Persan) qui s’étaient opposés à son autorité. De plus, la reddition sans combat de la secte chiite  des Assassins (Hashshashin) depuis leur forteresse d’Alamut (réputée imprenable) en 1256 le revêtait d’une réputation d’impitoyable guerrier invincible.

Une fois arrivés près de la ville les mongols se divisèrent en deux groupes de telle sorte que les deux voies de sortie possibles soient condamnées. La première pince s’établit sur la rive droite du Tigre, l’autre sur la rive gauche. Une première sortie du Calife  Al-Musta’sim  fut couronnée de succès, les troupes Abbasside ayant réussi à repousser en partie les troupes occupant la rive droite, mais la seconde attaque fut un échec, les Mongols avaient en effet détruit les canaux en amont du fleuve et avaient ainsi piégé le gros des forces de la ville. La cavalerie fondit alors sur le reste des troupes isolées avant d’encercler le gros des troupes plus à l’Ouest. Ainsi, en l’espace d’un jour, l’armée abbasside avait été en grande partie soit massacrée soit noyée. Au même moment, Guo Khan fit construire des fossés ainsi que des catapultes.

Le siège proprement dit commença le 29 janvier 1258, la bataille fut assez rapide compte tenu de la durée moyenne des sièges de l’époque qui se comptaient en dizaines de mois, parfois même de plusieurs années. Dès le 5 février les mongols réussirent à ouvrir un brèche dans une partie du mur. Des pourparlers initiés par le calife de l’Islam Al-Musta’sim  furent rejetés par les Mongols. Le 10 février, la capital Abbasside  capitule. Les Mongols pénétrèrent alors partiellement dans la ville, puis, dès le 13 commença une semaine de massacres, de pillages, de viols et de destruction.

La chute de Baghdad l'Abbasside en 1258
La chute de Baghdad l’Abbasside en 1258

 

La destruction de Bagdad

De nombreux récits historiques détaillent l’ensemble des horreurs perpétrées par les troupes mongoles.

La grande bibliothèque de Bagdad contenant d’innombrables ouvrages historiques traitant de médecine et d’astronomie fut entièrement détruite. Des survivants dirent même que les eaux du Tigre devinrent sombres en raison des quantités d’encres émanant des livres de la bibliothèque. Les Mongols détruisirent également les mosquées, les palais, les autres bibliothèques ainsi que des édifices d’une grande richesse culturelle.

La population tenta d’échapper à l’armée mongole qui les intercepta et les massacra. Environ  des centaines de milliers les victimes musulmanes. Ian Frazier du New Yorker considère que près de 200 000 à un million de bagdadis n’auraient pas survécu au siège4.

Le calife  Al-Musta’sim   fut capturé et forcé d’assister aux scènes de massacres et de tortures subies par son peuple. Le calife Al-Musta’sim  mourut piétiné par les chevaux de la cavalerie mongole après avoir été enroulé dans un tapis3, cette thèse confirmant une croyance mongole ancestrale selon laquelle la terre maudirait quiconque ferait couler sur elle du sang royal. Ses fils ont été tués, un seul survécut pour être envoyé en Mongolie.

Par ailleurs plusieurs récits démontrent qu’Houlagou déplaça le camp du côté où soufflait le vent car l’odeur des cadavres émanant de la ville devenait insupportable.

Le comportement des troupes mongoles durant la destruction de la ville est souvent considéré à tort comme étant purement barbare.

L'armée Mongole lors de ces déplacement ver les terres islamique par Osprey
L’armée Mongole lors de ces déplacement ver les terres islamique par Osprey

 

Conséquences

En Égypte, le sultan mamelouk bahrite Qutuz a pris le pouvoir pour assumer la guerre contre les Mongols (1259). Houlagou Khan lui demande de se rendre. Qutuz refuse et tue les ambassadeurs d’Houlagou pour rendre toute négociation impossible et engager tout le monde Islamique  dans le Jihad contre les Mongols.

En août 1260, Qutuz quitte l’Égypte à la tête des armées Islamique égyptienne et syrienne réunies pour aller affronter les Mongols. Il envoie le général Baybars en mission de reconnaissance avec une partie de l’armée. Au cours de cette reconnaissance Baybars dut affronter un contingent mongol et emporta la victoire. Ce premier succès contre les Mongols haussa le moral des troupes musulmanes. L’armée mongole fut menée par Kîtbûqâ depuis le départ soudain d’Houlagou qui fut provoqué par la mort de Möngke et des désordres successoraux qui en découlaient. Kîtbûqâ entreprend de rassembler ses troupes qui s’étaient éparpillées en Syrie, en une seule et unique armée. Sa vanité lui fait refuser d’attendre des renforts de la part de Houlagou. Le 3 septembre 1260, Qutuz et Baybars viennent à bout de l’armée mongole conduite par Ketboğa à la bataille d’`Ayn Jâlût. La Syrie revint aux Mamelouks et les Mongols se retirèrent au-delà de l’Euphrate. Cette victoire marque l’arrêt de l’avancée des Mongols qui ne paraissent plus invincibles.

À son retour au Caire, Baybars renverse le sultan Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie. Il se proclame sultan. Quelques mois après son accession au pouvoir, Abû al-Qâsim Ahmad arrive au Caire. C’est le dernier Abbasside survivant du massacre de 1258. Il est l’oncle d’Al-Musta’sim, le 37e et dernier calife de Bagdad, le fils d’Az-Zâhir (35e calife) et le frère d’Abû Ja`far Al-Mustansîr (36e calife). Baybars accepte la venue d’Abû al-Qâsim Ahmad et va lui-même à sa rencontre. Le nouveau calife prend alors le nom d’Al-Mustansîr comme son frère avant lui à Bagdad5. Quelques jours plus tard, le calife intronise Baybars avec le titre de « sultan universel ». Cela lui confère une légitimité supplémentaire et justifie son protectorat sur les villes saintes d’Arabie. Le calife proclame que le devoir des musulmans est de reconquérir Bagdad6.

Le siège mongol de Baghdad capital du califat Islamique des Abbassides  par les armées d'Hulagu  en 1258
Le siège mongol de Baghdad capital du califat Islamique des Abbassides par les armées d’Hulagu en 1258
L'entrée des armées Mongole dans la capitale du califat Abbasside Baghdad en 1258
L’entrée des armées Mongole dans la capitale du califat Abbasside Baghdad en 1258
Archers musulmans Khawarezmi contre des polythéistes mongoles, lors des invasion Mongoles
Archers musulmans Khawarezmi contre des polythéistes mongoles, lors des invasion Mongoles
L'état Abbasside au 13eme siècle lors de l'invasion Mongol
L’état Abbasside au 13eme siècle lors de l’invasion Mongol

 

1258 : le terrible sac et massacre de Baghdad capital du califat Islamique des Abbassides par les armées Mongol
1258 : le terrible sac et massacre de Baghdad capital du califat Islamique des Abbassides par les armées Mongol

 

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