Masjid al-kabir, construit par le sultan berbère Almoravide Youssouf ibn Tashfine au 11eme siècle, Alger

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Masjid al-kabir du sultan Almoravide Youssouf ibn Tashfine au 11eme siècle, Alger
Masjid al-kabir du sultan Almoravide Youssouf ibn Tashfine au 11eme siècle, Alger

a Grande Mosquée d’Alger (الجامع الكبير Jemaa Kebir) fut construite par l’Almoravide Youssef Ibn Tachfin en 1097. Le minaret date de 1324 et fut construit par le sultan zianide de Tlemcen, Abû Tâshfîn.

La salle de prière, sans coupole centrale, est hypostyle; les piliers sont reliés par de grands arcs. Le mihrab est décoré de colonnes et de céramique. Le minaret est surmonté d’une hampe que traversent trois boules de cuivre de grosseur décroissante.

La galerie extérieure n’est pas d’origine. Elle a été ajoutée en 1836. Ses colonnes de marbre à chapiteaux décorés de motifs floraux proviennent de la mosquée Es Sayida qui s’élevait à la Place des Martyrs et que l’on jeta à bas en 1830. Plus récemment on a recouvert les tuiles rouges de son toit de rouleaux d’étanchéité.

Elle est construite en pierre, brique, tuile, bois sur une charpente de bois. Le décor intérieur est fait de céramique et de bois.

La Grande Mosquée est située à la Rue de la Marines et est la plus ancienne mosquée d’Alger.

La Grande Mosquée d’Alger, la Grande Mosquée de Tlemcen et la Grande Mosquée de Nedroma sont les seuls monuments de la dynastie Almoravides subsistant de nos jours.

La grande mosquée d'Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides
La grande mosquée d’Alger construite par Yussuf ibn Tashfin émir des Almoravides

Sur le minbar en graphie kufique:

« بسم الله الرحمن الرحيم أتم هذا المنبر في أول شهر رجب من سنة تسعين وأربعمائة. الذي عمل محمد  »

« Au nom d’Allâh, le Clément le Miséricordieux. Cette chaire a été achevée le premier du mois de Rajab de l’année 490. Oeuvre de Muhammad. »

Vue sur la  grande mosquée almoravide d'alger du haut de l'espace de stationnement voisin.
Vue sur la grande mosquée almoravide d’alger du haut de l’espace de stationnement voisin.

Sur une plaque de marbre blanc placée sur l’un des murs, près de l’entrée du minaret.

بسم الله الرحمن الرحيم، صلى الله على سيدنا محمد لما تمم أمير المسلمين أبو تاشفين أيده الله ونصره منار الجزائر في مدة أولها يوم الأحد السابع عشر من ذي القعدة من عام اثنين وعشرين وسبعمائة وكان تمامها في كمالها في غرة رجب عام ثلاثة وعشرين وسبعمائة ناد المنار المذكور بلسان حاله الحالي » أي منار حاله الحسن كحالي أقام أمير المسلمين تفاحا كساني بها حسنا وتمم بنياني وقابلني بدر السماء وقال لي عليك سلامي أيها القمر الثاني فلا منظر يسبي نفوسا كمنظري ألا فانظروا حسني وبهجة تيجاني فزاد نصر الله حول لوائه رفيقا له تال وجيشا له ثاني

« Au nom d’Allâh le Clément le Miséricordieux, qu’Allâh bénisse notre prophète Muhammad !Lorsque le prince des musulmans Abû Tâshufîn qu’Allâh le fortifie et l’assiste eut achevé le minaret d’Alger en un laps de temps qui commence le dimanche 17 dhil Qi’da de l’an sept cent vingt deux, se termine et s’achève le premier du mois du rajab de l’an sept cent vingt trois, le minaret susdit, s’écria dans la langue (muette) à propos de sa situation actuelle : « Où existe-t-il un minaret à la beauté comparable à la mienne ? Le prince des musulmans a dressé des pommes dont il m’a revêtu pour m’embellir et a complété ma construction. »

La Grande Mosquée d'Alger
La Grande Mosquée Almoravide d’Alger

Cette mosquée de plan musulman, emblématique de l’architecture religieuse almoravide, est la plus grande et la plus ancienne mosquée d’Alger. L’édifice rectangulaire est plus large que profond et couvert de doubles toitures en tuiles, comme toutes les mosquées almoravides. On accède à la cour par un portique conduisant à trois entrées percées dans le mur nord. La cour barlongue est entourée de portiques dont certains constituent le prolongement des nefs de la salle de prière. Celle-ci, également munie d’entrées latérales, est divisée en onze nefs perpendiculaires au mur qiblî et en cinq travées. Les arcs polylobés parallèles au mihrab alternent avec des arcs outrepassés légèrement brisés perpendiculaires à celui-ci, qui reposent sur des piliers rectangulaires et cruciformes.

À côté des arcs brisés que l’on trouve déjà dans les monuments antérieurs, les Almoravides ont fait une large place dans leur décor à d’autres formes d’arcs. Ils développent au Maghreb l’arc polylobé, que les Andalous avaient utilisé à la Grande Mosquée de Cordoue, en le diversifiant ; ils emploient des arcs à cinq, neuf et onze lobes, introduisant dans leurs édifices religieux une véritable hiérarchie des arcs qui sera retenue par leurs successeurs. La robustesse des piliers et l’élégance des arcs outrepassés brisés donnent aux travées de la Grande Mosquée d’Alger une simplicité harmonieuse.

La nef centrale, plus large, est magnifiée par des arcs qui s’enrichissent de découpures en lobes circonscrits de galons entrelacés. Elle conduit au mihrâb qui fut reconstruit. Flanqué de deux colonnettes spiralées et surmonté d’un arc en ogive décoré de stucs en relief, il est creusé d’une niche à fond plat à pans coupés. Il n’a malheureusement pas conservé son décor. De part et d’autre du mihrâb, deux portes donnent accès à de petites pièces barlongues. L’une conserve encore son ingénieux système de rails au sol, qui permettait de mouvoir le minbar pourvu de roues de la réserve jusqu’à la salle de prière. Son minbar, conservé actuellement au Musée national des Antiquités et des Arts islamiques, est le plus ancien et le plus finement ciselé d’Algérie.

Dans l’angle nord-est subsiste Bâb al-Jenina, avec ses différentes pièces de service réservées à l’imam, ainsi que le minaret. Sa position dans l’édifice est une particularité observée chez les Zianides. Son fut quadrangulaire s’achève par des merlons à degrés et un lanternon au profil similaire. Sa surface est animée de niches rectangulaires aux arcs polylobés aveugles et de céramiques bleues et blanches dues à une restauration d’époque coloniale.

Sources

  • Alger, quelques-unes de ses mosquées, le Comité du Vieil Alger, Feuillets d’El-Djezaïr, Fondateur Henri Klein (1910), Éditions du Tell, 2003 [1]
  • Elwatan.com, Zineddine Sekfali, Que peut-on encore sauver Alger?, 2005 [2]
  • Musée sans frontières, Ali Lafer, La Grande Mosquée (djamaa el-kebir) [3]
  • Musée sans frontières, Leila Merabet, Le Minbar de la Grande Mosquée d’Alger [4]
  • Bourouiba, R., Les inscriptions commémoratives des mosquées d’Algérie, Algiers, OPU, 1984, p. 81-86
  • Bourouiba, R., L’art religieux musulman en Algérie, Algiers, S.N.E.D., 1983
  • Bourouiba, R., Apports de l’Algérie à l’architecture religieuse arabo-islamique, Algiers, OPNA, 1956
  • Devoulx, A., Les édifices religieux de l’ancien Alger, Algiers, Bastide, 1870
  • Marçais, G., L’architecture musulmane d’occident, Tunisie, Algérie, Espagne et Sicile, Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1954

 

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