Le choix du rite de Malik dans l’Occident musulman et son implantation par les savants arabes maghrébin Ibn Khaldoun et al-Maqqari

Publié le Mis à jour le

Avant que le rite mâlikite ne s’y installât, l’Occident islamique connaissait d’autres madhhabs, comme celui d’al-Awzâ‘î ou d’Abû Hanîfa[1]. Sur la raison pour laquelle l’Occident islamique fit le choix exclusif du rite mâlikite, Ibn Khaldûn le savant arabe de souche yéménite andalouse donne l’explication suivante :

 « Quant au rite de Mâlik -Le Très-Haut l’aie en sa miséricorde-, il est devenu actuellement le propre des Maghrébins et des Andalous, quoiqu’il soit présent ailleurs. Ils avaient suivi auparavant d’autres rites, mais dans un faible mesure. La raison en est que leur voyage avait souvent comme destination le Hijâz, où Médine était alors un foyer de sciences religieuses. En outre, le caractère bédouin, partagé par les Maghrébins et les Hedjaziens, créa des affinités étroites entre les deux communautés. C’est ce qui explique la vigueur primitive que le rite conserva chez eux : il n’avait subi aucun raffinement, aucune influence lénifiante de la civilisation, comme ce fut le cas des autres rites»[2].

De son côté,  l’historien arabe de Tlemcen al-Maqarrî écrit, dans  Nafh al-tîb :

« Il faut savoir que les Andalous, depuis le début de la conquête du pays, suivaient jadis le rite d’Awzâ‘i et des Syriens (ahl al-Shâm). Sous le règne d’al-Hakam b. Hishâm b. ‘Abd ar-Rahmân al-Dâkhil, troisième gouverneur omeyyade en Andalousie, les fatwas prirent pour nouvelle référence la doctrine (ra’y) de Mâlik b. Anas et des Médinois. C’est donc la décision (ra’y) et le choix personnel de Hakam l’Omeyyade qui firent que cette doctrine, jointes aux traditions (al-‘ilm) de Mâlik, se répandit à Cordoue et dans toute l’Andalousie -plus exactement dans l’Occident musulman. Les avis diffèrent quant à la raison d’un tel changement ; pour l’opinion majoritaire, il est lié aux fréquents voyages des oulémas andalous à Médine. A leur retour, ces derniers exaltaient en effet le mérite de Mâlik, l’étendue de son savoir (‘ilmi-hi) et le prestige attaché au personnage. Aussi lui vouaient-ils une immense admiration ».


[1]Cf. al-Istiqsâ d’Abû l-‘Abbâs al-Nâsirî, t. 1, pp. 136-139 (éd. Dâr al-kitâb) ;Nazra târîkhiyya fî hudûth al-madhâhib d’Ahmad Taymûr.

[2]I. Khaldûn, al-Muqaddima, pp. 1054-1055.

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