Kitāb al-ʻadwānī ou le Sahara de Constantine et de Tunis de Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʻUmar.Al-ʻAdwani Al-Sulami.

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El Oued Souf (al-Wadi Suf) Algérie

Kitāb al-ʻadwānī = Kitab el-Adouani : ou le Sahara de Constantine et de Tunis / [traduis] par L. Ch. Féraud.

Attribué à Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʻUmar.Al-ʻAdwani Al-Sulami. des Banu Sulaym.

El Adouani raconte dans un style imagé mais très simple, qne nous pourrions presque qualifier de vulgaire, imité autant que possible dans la traduction, et les vieilles traditions sur les premiers habitants du pays, et les faits dont il a été témoin oculaire ou qu’il a pu recueillir de la bouche d’autres individus. Sa manière détaillée d’exposer les événements, démontre que notre auteur est contemporain de la plupart des épispdes qu’il retrace, et prouve en cela sa véracité. On retrouve sur les cartes du sud du dépôt de la guerre presque tous les lieux et les points isolés qu’il mentionne. Le sujet principal qu’il traite est celui de l’entrée en lfrikïa (1) des Troud, qui, d’étape en étape, et sans cesser d’être fort incommodes à leurs voisins arrivent dans le Souf dont ils arrachent le territoire aux occupants, après une lutte des plus achar nées. Ibn KMldoun, Ibn Hawqal, El Kaïrouani et bien d’autres écrivains musulmans, ont dépeint l’émouvant tableau de ces flots d’émigranls arabes, (..)

Ancien Cimetière de l'Illustre Mosquée Omeyyade de Okba ibn Nafi de Kairouan (Tunisie)
Ancien Cimetière (Oulad Farhan) de l’Illustre Mosquée Omeyyade de Okba ibn Nafi de Kairouan (Tunisie)

(traduction)

KITAB EL ADOUANI

Louange à Dieu seul ! Son gouvernement seul est durable

Son gouvernement seul est durable !

Les écrivains qui se sont occupés de l’histoire du pays rapportent que Kaïrouan  était aux Beni- Makhzoum, tribu Koraïchite venue de la Mecque .

Tripoli était aux Lakhm, dont les alliés étaient juifs.

Ces mêmes historiens disent que les Kâb, branche issue des Makhzoum, ayant à leur tête Ben-Rezek , eurent pendant un certain temps le pouvoir en Ifrikia.

De ces derniers sortit Allac. Drar-et-Taï.

Les Abbassa descendent de Foudil-ben-Abbas. Les Alouî sont de la postérité de ‘Adi ; ils portèrent ensuite le nom de Beni-Hafès, et après avoir eu le pouvoir en Ifrikïa, ils tombèrent en décadence et s’éteignirent par leur propre faute. La cause en est qu’ils n’eurent parmi eux aucun homme capable de les diriger.

Les gens du Sahara sont de la postérité de Adjoudj- ben-Tikran le Juif (Le premier qui régna dans le désert fui Biouloutan-ben-Ticlan.nous dit el-Kaïrouani).) .

Ils habitaient jadis Khaïbar (ville juive dans le Hidjaz,) ; c’est un fait qui nous a été transmis par Salem-ben- Adnan.

La wilaya de Skikda, avec la localisation des sites historique , lieux de l'établissement de certaine tribus arabes hilalienne
La wilaya de Skikda, entre la mer et Constantine

Quant aux populations qui occupent la campagne qui s’étend entre Constantine et la mer, la majeure partie d’entre elles s’allia aux Koraïchites (les omeyyades) lorsqu’ils vinrent dans la contrée.

Elles étaient originaires de la Perse (de l’rak) et des Coptes (Egypte), et se livraient à l’élevage des moutons et des bœufs.

Les habitants des montagnes du Moghreb, tels que ceux de l’Ahmar Kheddou (La grande chaîne qui se détache par le col de Tinougarin du point culminant des Aurès) et du Djebel-el-Malah, sont des Lakhm (tribu arabe qahtanite) .

Ils épousèrent des femmes du Fars (l’irak était désigné anciennement par le terne al-irak al-Arabi wa al-Irak al-Ajami)  et de l’Adjem, c’est-à-dire de familles d’origine persane ou romaine dont les aïeux étaient déjà établis dans ces montagnes.

Les Lakhm, en venant de l’Orient en Occident, avaient laissé leurs femmes dans leur patrie ; beaucoup d’entre eux arrivèrent, du reste, étant encore adolescents.

Tous ceux d’entre les Juifs, les Coptes et les chrétiens qui embrassèrent la religion musulmane à la venue des nouveaux conquérants, devinrent les alliés des Koraïchites , surtout des Beni-Hachem, parce que ceux-ci avaient des mœurs plus douces que leurs autres compagnons et que leur type était plus beau.

Les ksour de l’Ifrikïa , en long et en large, étaient jadis habités par des Juifs et des chrétiens qui se soumirent aux Beni-Hachem.

Les populations des contrées septentrionales étaient pasteurs et tiraient leur origine des Himyarites ( origine légendaire attribué au Sanhaja et Kutama par les historiens arabes comme al-Kalbi).

La force des ksour du Sahara consistait dans leur cavalerie ; les juifs qui habitaient ces ksour descendaient des Beni-Abd-ed-Dar (Abd-ed-Dar, fils de Cossay. Voir l’histoire des Arabes, par Caussin de Percerai.).

La cité de Carthage , tombera et ensuite Hippone (Annaba, Bounah) et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l'Islam.
La cité de Carthage , tombera et ensuite Hippone (Annaba, Bounah) et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l’Islam.

El-Malleka (le nom arabe d’un fort qui défendait l’antique Carthage) resta occupée par ses anciens habitants, qui descendent des chrétiens. Il en est de même pour Cafsa (2).

Les gens de Gabès étaient des chrétiens de Syrie, qui apostasièrent entre les mains d’Abou-Bakar, et qui accompagnèrent ensuite ‘Aoun-ben-Cheddad dans le Moghreb. Ils vinrent avec lui, au nombre de quatre-vingt familles, et s’établirent à Gabès.

Près de là se trouve une montagne nommée Ed-Dahara, que vinrent habiter les gens des Beni-Zid-ben-Omeïa (grande tribu des Beni-Zid occupe encore le territoire situé au fond du golfe de Gabès,). Ils amenèrent avec eux cinquante alliés issus des Coptes et des Anbar (Anbar, ville située sur l’Euphrate, en Iraq.*), qui allèrent se fixer dans la montagne des Beni-Barbar (les Beni Barbar ses berbères avait un millier d’habitants qui habitait cinq villages au 19e siècle.) et à Lïana (à 13 lieues est de Biskra.).

Ils bâtirent une ville, nommée Oum-el-‘Az; mais cette ville étant tombée en ruines, ils retournèrent dans la montagne,

Tiffech
Tiffech dans la région de Souk Ahras (Algérie) Le général Abbasside Abd al-Rahman ibn Muhammad ibn al-Ash’ath al-Khuza’i 762-765 érige vers le VIIIe siècle un camp Arabe au cœur même de la citadelle byzantine de Tiffech) http://www.soukahras.info/%D8%AA%D9%8A%D9%81%D8%A7%D8%B4-2/

Les gens des ksour de Zeriba-es-Ser’ri étaient les alliés des omeyyades. On les laissa là pour qu’ils se livrassent à la culture et à la plantation des arbres. Badès est encore occupée par les descendants de ses anciens habitants, qui étaient d’origine chrétienne (berbères ou afariqa).

Il en est de même de Tahouda, Toulga, Bordj-el-‘Amri, Biskra, Farfar, Ben-Tïous et Djerbana (Djerdanïa ou plutôt Sardanïa, petite ville appartenant jadis aux Beni-Obaïd, non loin de Kaïrouan. D’après lbn-Khaldoun, cette ville était ainsi nommée parce qu’elle fut d’abord peuplée par des Sardes enlevés de leur île par les Arabes.)

. Les nomades du Zab étaient tous serviteurs des Omeyyades.

Les gens de Djerdanïa sont ceux qui se déclarèrent pour Muawiya dans la lutte qu’il soutint contre Ali, gendre du prophète.

l Oued (arabe : الوادي) est une commune de la wilaya d'El Oued, dont elle est le chef-lieu, située au sud-est de l'Algérie, à 620 km au sud-est d'Alger et à 260 km au nord-est de Ouargla. La ville d'El Oued, chef-lieu du Souf, est surnommée « la ville aux mille coupoles », les Algériens l'appellent « Oued Souf ». Sommaire [masquer] 1 Histoire 2 Géographie 2.1 Situation 2.2 Relief 2.3 Transport 2.4 Localités de la commune 3 Histoire 4 Personnalités liées à la commune 5 Notes et références 6 Voir aussi 6.1 Articles connexes 6.2 Lien externe 6.3 Bibliographie Histoire[modifier | modifier le code] La ville à été prise par les Banu Hilal au XIIe siècle.
El Oued Souf (arabe : الوادي) est une commune de la wilaya d’El Oued, dont elle est le chef-lieu, située au sud-est de l’Algérie, à 620 km au sud-est d’Alger et à 260 km au nord-est de Ouargla.
Le Souf  (Oued Souf) n’avait jadis aucun habitant, ni maîtres ni esclaves ; son territoire appartint d’abord à trois cents individus de Kaïrouan, qui avaient l’habitude de le parcourir avec leurs troupeaux et leurs chameaux. .

Les habitants de Constantine étaient d’origine chrétienne (berbères, afariqa et romains).

Ceux du Moghreb, depuis Constantine jusqu’à Tlemsen, descendent de Mahalan ben Tarek. Ils étaient pasteurs et nomades, de la descendance de Djalout (Goliath) (berbères soit disant cananéen).

Quand ils apostasièrent, on les amena en occident au nombre de quatre cents individus, et on les établit entre Constantine et Tlemsen.

Quant à Badja, située sur le bord de la mer (à 36 kilomètres au sud de Tabarka;). (Ici se trouve une lacune) Les Ouled-Zeïan, qui habitent les montagnes du Moghreb, sont une peuplade dont personne ne connaît ni l’origine, ni les liens de parenté.

Les familles qui résident dans le Djebel-el-Mahmel, la Sebikha-Garâ et l’Oued-Djedi jusqu’à la montagne des Beni-Barbar, sont des descendants de Djalout (goliath le philistin,  des berbères).

Ceux qui habitent le versant de cette montagne appartenaient à une peuplade du Moghreb qui embrassa la religion musulmane.

Les Oulad-Zeïn, qui se subdivisèrent en Oulad-Zid, Oulad-Saâd, Oulad-Ali, Oulad-Hamed ( et Oulad R’anem, vinrent en Ifrikïa avec Messerouk-ben-Handala, dont nous allons raconter l’histoire.

Messerouk-ben-Handala ayant tué son cousin des Beni- Khed, prit la fuite avec trente de ses parents, et emmena à sa suite les Ouled-Zeïn désignés ci-dessus, qui étaient de race arabe.

Trois ans après leur passage en Egypte, ils arrivèrent à Barka (Cyrénaïque.).

Jusque là, ils n’avaient pu s’établir auprès d’aucune ville, à cause de leur esprit turbulent. De Barka, ils allèrent au Djebel-Lakhdar (sud de la régence de Tripoli.), où il restèrent deux ans.

Mais ils recommencèrent bientôt leurs déprédations, en enlevant les troupeaux du souverain Hafsite.

L'état Hafside
L’état Hafside

Celui-ci marcha contre eux à la tête de quatre mille cavaliers, et parvint à les expulser de la montagne. Ils se réfugièrent alors auprès de Tripoli, où ils res tèrent six ans ; mais là encore, ayant assassiné l’oncle de Saâdi, celui-ci leur réclama le prix du sang. Ils pri rent alors la fuite par une nuit obscure, et se retirèrent aux environs d’une petite ville située sur le bord de la mer et dépendant de la province de Tripoli. Saâdi leur envoya dire : « Payez moi la dïa, sinon éloignez-vous pour vous soustraire à mes coups. » Nous ne voulons rien payer, répondirent-ils, et nous ne voulons pas non plus nous éloigner du pays. Si tu le sens assez fort, viens nous en chasser Le chef Tripolitain écrivit aussitôt au seigneur de Ghadamès et à celui de Ouergla, qui lui amenèrent dix mille cavaliers de renfort. Cependant, les habitants du pays, fâchés de ce qui arrivait à Messerouk-ben-Handala, se déclarèrent en sa faveur et lui fournirent un contingent de cinq mille ca valiers pour soutenir sa cause: Messerouk disposait déjà, pour son compte de mille chevaux. La rencontre eut lieu à l’endroit nommé Kerhan, et on combattit de part et d’autre avec acharnement, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. Quand on se sépara, le parti de Messerouk avait perdu quatre cents cavaliers et celui du souverain de Tripoli mille.

Messerouk et les siens, se sentant impuissants, prirent la fuite et allèrent s’arrêter sur le bord de la mer, à l’endroit dit el-Fedjeradj, où ils séjournèrent trois mois. C’est là que le seigneur de Gabès leur envoya sou haiter la bienvenue et leur offrir ses services. Ils allèrent en effet à Gabés, s’y reposèrent et purent améliorer leur situation. Parmi les gens de Messerouk, se trouvait un individu nommé Karan-ben-Amer, qui avait l’habitude de se promener dans les jardins des environs. Un jour, il prit des raisins et le maître du jardin étant survenu les lui arracha des mains ; il s’en suivit une dispute, puis une lutte, dans laquelle le propriétaire des fruits eut la tête fendue d’un coup de sabre. Karan-ben-A mer emporta le cadavre sur la plage, et le jeta à la mer afin de le faire disparaître. Les parents de la victime ayant fait des recherches et ne trouvant pas le cadavre, accusèrent de ce meurtre les gens de Messerouk.

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Carte postale Souf en Algerie, El Oued,la Ville des mille Coupoles

Le souverain de Gabès leur ordonna alors de quitter le pays. Ils partirent, en effet, dans la direction de Kaïrouan; mais on refusa de les laisser s’y établir.

Parmi eux se trouvait un vieillard brisé déjà par le poids des années, nommé Trad-ben-Dabès, et qui ne marchait qu’en s’appuyant sur un bâton. Voyant Messerouk et les siens dans un grand désespoir, parce que, repoussés de tous côtés, ils ne savaient plus où diriger leurs pas, il vint au milieu d’eux et leur parla en ces termes :

« Avez-vous suffisamment délibéré ; ne vous reste-t-il plus aucune résolution à prendre ?

Oui, lui répondit-on, avec abattement, nous avons épuisé tous nos conseils et nous ne savons que devenir.

Eh-bien, ajouta Trad, confiez-moi la conduite de vos affaires, et si vous consentez à m’obéir aveuglément, vous n’aurez pas à vous repentir d’avoir suivi mes avis. »

Ils répondirent tous : Nous te serons soumis; nous ferons ce que tu ordonneras et, s’il plait à Dieu, tu seras notre maître et notre seigneur.

J’exige autre chose, dit encore Trad ; c’est que, désormais, vous renonciez à porter le nom de votre chef Messerouk et que vous adoptiez le mien. Ils y consentirent également, de sorte qu’à dater de ce moment, toutes les fois qu’en parlant d’eux on demandait : Quel est cet homme ? quels sont ces cava iers ? on répondait :

Ce sont les Troud, c’est-à-dire les gens de Trad-ben-Dabès.

Messerouk-ben-Handala fut vivement mortifié de voir ainsi disparaître son nom.

Il était, en effet, de noble race arabe, et descendait des Beni-Makhzoum, tandis que Trad n’était qu’un homme obscur issu de la tourbe du peuple arabe.

Il fit le serment de se séparer de ses ingrats compagnons, et joignant l’action à la menace, il partit immédiatement pour Kaïrouan, où on le reçut, lui et les trente cavaliers ses parents qu’il avait amenés d’Orient. Il habita cette ville jusqu’au moment où par vint la nouvelle que Trad el ceux qui l’avaient suivi s’é taient établis définitivement aux ksour-‘Adouan, ainsi que nous le raconterons plus loin.

En partant du pays de Gabès, Trad et les siens allè rent faire une première station, qui dura trois ans, auprès d’une ancienne ville nommée el-Mohdia (reconstruite par le fatimide  El-Mohdi vers l’an 299 de l’hégire sur les raines de l’antique Aphrodisium.), ravagée jadis par les compagnons du calife  Otman-ben-‘Affan.

Le souverain de Tarchich (Tunis) ayant eu connais sance de leur situation, expédia vers eux son Hamba- ben-Sâad avec trente cavaliers de sa garde. Les Troud lui firent un brillant accueil, el égorgèrent même une jeune chamelle pour son repas. Après qu’il eut mangé,le Hamba leur dit : « Le souverain de Tunis, mon maître a juré que vous ne vous établiriez point sur son territoire, et je viens vous notifier, de sa part, d’avoir à vous éloigner.

> Ces paroles ayant été répétées à Trad, celui-ci fit répondre en ces termes :  Nous sommes des gens vivant indépendants et à l’état nomade ; répondez à votre maîlre que nous ne lui demandons autre ehose que de nous laisser libres ; nous avons besoin d’espace pour vivre comme vivaient nos pères. »

Le Hamba rendit compte de sa mission, puis revint de nouveau auprès des Troud : « Mon souverain, leur dit-il, consent à vous laisser en liberté. » Safouan raconte : J’étais parmi les Troud ; ayant ob tenu la faculté de rester nomades, nous nous mîmes en marche et nous entrâmes dans l’Ifrikia, au nombre de quatre cents cavaliers. Un homme de ce pays nous reçut et nous accueillit avec grande bienveillance; nous couchâmes chez lui et nos gens y restèrent trois jours : Après quoi notre hôte nous dit : L’émir de cette con trée est issu des Beni-Abd-ed-Dar ; demain, s’il plait à Dieu, il viendra vous assigner les parties du territoire que vous pourrez parcourir. Il fera entre vous un par tage de terres ; chacune de vos fractions aura ses limi tes, afin que vous ayez de l’espace pour ne pas vous gêner les uns les autres. Il vous donnera des approvi sionnements pour vos chevaux et des effets pour vous couvrir. Celui d’entre vous qui perdra son cheval, on le lui remplacera. Donc, restez avec nous dans l’Ifrikia; la population qui l’habite actuellement est tombée dans l’avilissement ; elle n’a aucune énergie et n’est douée d’aucun bon sentiment parce qu’elle a l’habitude de ne se nourrir que de chair de poule (1).

Les Troud acceptèrent les propositions qui leur étaient faites. On établira un marché spécial pour vous, ajouta l’orateur, et ce marché s’appellera celui des Oulad- Bou-Zeïd. Ils levèrent les mains et prononcèrent le Fatha comme gage de leur consentement unanime. Les Troud vécurent paisiblement pendant quinze années, et purent se refaire des pertes qu’ils avaient éprouvées précédemment. Leurs chameaux, réunis par troupeaux de cent têtes, paissaient à l’endroit nommé El-Aïcha.Amara et El-Assed-ben-Sariâ, parcourant le pays pour l’examiner, arrivèrent un jour aux ksour ‘Adouan. Ils n’y trouvèrent qu’une vieille femme nommée Châhma, un esclave nommé Chouker, ainsi qu’un vieillard impotent âgé de cent-vingt ans, qui avait appris de son père, mort à l’âge de cent cinquante ans, les événements d’autrefois, et qui se plaisait à les raconter à ceux qui l’écoutaient. La femme tenait devant elle un tambour de cuivre sur lequel elle frappait deux coups quand elle voulait repousser quelqu’un et manifester son mécontentement. Si, au contraire, elle consentait a donner l’hospitalité à un étranger, elle frappait un seul coup sur son tambour.

El Oued Souf (Al-Wadi Suf)
El Oued Souf (Al-Wadi Suf)

Les ‘Adouan habitants des ksour avaient la coutume d’emmener tous leurs bestiaux aux pâturages vers les premiers jours de printemps. Les gens des montagnes descendaient alors vers eux avec leurs troupeaux, et ils se dirigeaient tous ensemble vers les plateaux de Laghouat et de Ouargla. Safouan raconte : Quand nos deux voyageurs arrivè rent aux ksour et n’y virent personne, ils demandèrent s’ils étaient ou non habités.

Ghouker leur répondit qu’il n’y avait personne pour le moment, mais qu’il leur donnerait lui même l’hospitalité en leur apportant du pain, de la viande et de l’eau. Si, au contraire, ajouta- t-il, votre intention est d’avoir des renseignements sur le pays, venez avec moi; je vous conduirai au ksar dit d’El- Medina, où se trouve quelqu’un qui peut satisfaire votre curiosité. Ils acceptèrent, et Chouker les mena auprès du vieillard âgé de cent-vingt ans, qu’ils trouvèrent assis sur un bât de chameau rembourré de paille. Après qu’ils eurent échangé leurs salutations, le vieillard leur dit : De quelle tribu êtes vous, et que venez-vous chercher ici ? Nous sommes deux hommes de bien de l’Ifrikïa, et nous parcourons le pays pour notre agrément. Vous mentez, reprit le vieillard, car je sais, par les prophéties renfermées dans nos anciens livres, que les Troud, auxquels vous appartenez, doivent apparaître à l’époque où nous sommes actuellement pour s’emparer de tout ce qui existe dans cette contrée. Les deux voyageurs surpris demandèrent : Que savez- vous donc encore à ce sujet ? Voici, dit-il :

Le pays qui est derrière nous s’appelle le Souf; c’est ici qu’existent les ksour ‘Adouan. Il en est d’autres dits ksour Rahban; ce nom leur fut donné parce que des moines chrétiens vinrent jadis s’y instal ler, et chacun d’eux se construisit un ksar ; tels sont les trois ksour de Ourlana, les deux de Djelâma, celui de Badès et enfin le dernier, situé à Tahouda. Les moines chrétiens élevèrent ces ksour pour y vivre dans l’isole ment et se livrer à l’adoration de Dieu.

Quant à ‘Adouan, voici quelle est l’origine de cette appellation. Sous le khalifal de Otman-ben-Affan, les musulmans firent la conquête de l’Ifrikïa (647); parmi eux se trouvait un homme des Beni-Makhzoum nommé ‘Adouan.

L’Émir qui commandait les troupes, après avoir rendu compte des succès qu’il avait obtenus, reçut en suite l’ordre de faire retourner les Beni-Makhzoum et les Beni-Hachem à Médine, et de ne laisser personne en arrière. Cependant, ‘Adouan resta en Ifrikïa, et s’y maria avec une femme indigène, laquelle lui donna vingt en fants en quinze grossesses, Ses fils grandirent, montèrent à cheval et eurent eux mêmes des enfants du vivant de ‘Adouan leur père. Ils possédaient mille chameaux et trois mille chèvres ou moutons.

Cette famille prospéra à tel point, que des gens de tous pays accoururent pour vivre à côté d’elle, et c’est ainsi que s’accrut la population des ksour ‘Adouan.

Le premier habitant de Souf se nommait Louï-ben- Loukman ; il était issu des Beni-Hilal.

Ses descendants l’habitaient depuis quarante ans et se considéraient déjà comme n’ayant jamais eu d’autre patrie, quand survinrent les Beni-Teboul, qui l’habitèrent à leur tour pendant quarante autres années ; mais au bout de ce temps ils en furent chassés par les Beni-Addas (berbère houara), qui restèrent maîtres du Souf pendant une période de quarante autres années.

Vue sur la ville d'El Oued Souf (1985)
Vue sur la ville d’El Oued Souf (1985)

Les Beni-Merin-ben-Noual, issus de Ben- Afia, vinrent ensuite; mais les descendants de ‘Adouan, dont nous avons parlé plus haut, étant devenus puissants, chassèrent les anciens habitants du Souf et s’emparèrent du pays.

Nos livres prophétiques affirment que les ‘Adouan seront anéantis à leur tour par une peuplade arabe dite les Troud, dont le chef se nommera Trad.

Les Troud seront très puissants ; il n’y a que Dieu qui sera plus fort qu’eux. Je ne ments point en vous racontant tout cela, et Dieu est témoin de ma sincérité. Le moment assigné par les prophéties est arrivé: or, il n’y a pas de doute, vous n’êtes autres que des Troud. Le narrateur ajoute : Les deux voyageurs ayant enten du ces paroles dirent : Ce pays nous convient en effet ; nous allons immédiatement retourner auprès de nos compagnons pour leur rendre compte de ce que nous avons vu et entendu. Ils remontèrent à cheval et s’éloignèrent. Quand ils eurent rejoint leurs compagnons, ils leur firent le récit de leur voyage. Nous avons visité un pays, leur dirent-ils, qui est bien préférable à celui-ci. Il e?.t vaste ; il convient au pâturage des chameaux et des moutons, et il n’est sous la dépendance d’aucun souverain.

Or, lesTroud avaient de nombreux troupeaux dont le lait constituait la base de leur nourriture. Du reste, les voyageurs répétèrent ce que le vieillard leur avait dit sur la prédiction annonçant l’arrivée des Troud chez les ‘Adouan. Pourquoi, ajoutèrent-ils, renonceriez-vous à aller habiter un pays riche pour rester dans celui-ci, où il n’y a rien. Après ces paroles, chacun discuta et émit son avis. Cinq d’entre les principaux des Troud se mirent en marche avec leurs gens, et se dirigèrent vers les ksour ‘Adouan. 11 ne resta en Ifrikïa que Bou-Zeïd et Ali avec leur suite. Cette émigration eut lieu vers l’an 800 de l’hégire. (1397-98 deJ.-C. )

Quand la caravane émigrante arriva auprès de la ville de Nefta, deux de ses membres se détachèrent pour aller la visiter. Ils y restèrent sept jours et sept nuits, puis rejoignirent leurs compagnons. Cette ville, leur dirent-ils, est habitée par des gens injustes parmi lesquels ne doit point vivre un bon musulman. Mais pendant leur séjour à Nefta, ces deux individus avaient contracté une maladie dont ils moururent subitement, et on les enterra près de la ville. Leurs tombeaux sont encore connus sous les noms de Dahdah et de Rihan. Les émigrants avançant journellement vers l’ouest, arrivèrent enfin aux ksour ‘Adouan, et s’arrêtèrent à l’endroit nommé Ez-Zâf. De là, ils expédièrent quatre cents cavaliers en reconnaissance, afin de retrouver l’endroit où se tenait Chahma, la femme au tambour de cuivre.

Quand celle-ci les aperçut, elle prit la fuite en frappant son tambour à coups redoublés. Ces nombreux étrangers, se disait-elle, ne viennent pas chez nous com me de simples hôtes ; ils doivent dissimuler quelque intention hostile. Cependant le souverain de Tunis ayant appris que les Troud avaient quitté brusquement le pays d’Ifrikïa, rassembla les membres de son conseil pour leur parler de cet important événement. Quelles nouvelles avez-vous des Troud, leur dit-il ? On assure qu’ils sont partis. C’est la vérité. Vous pouvez maintenant dormir en paix. Je suis bien aise qu’ils se soient éloignés, car ce sont des envahisseurs et des fauteurs de troubles; avec leur caractère indiscipliné, il est impossible qu’ils puissent vivre dans un pays où existe une autorité

Safouan, l’auteur du récit, ajoute : A l’époque où nous vivions en Ifrikïa avec notre émir Trad, nous avions en effet commis de grands désordres, violé le harem des femmes de nos voisins et mis la perturbation dans les familles, sans songer à la malédiction divine à laquelle nous nous exposions. Les habitanls del’Ifrikïa avaient déjà porté plainte à leur souverain. Nous voulons, lui avaient-ils dit, que vous chassiez de chez nous cette race de mécréants venue de Syrie pour s’établir dans le Moghreb. Conseillez-moi, leur répondit le souverain. Décidez vous mêmes quel est le moyen que je dois mettre en  œuvre pour les expulser. Dois-je traiter avec eux ou bien employer la force ? Chacun émit son avis. L’un des conseillers s’étant levé s’écria : Que la bonté divine soit sur notre souve rain ! Puisqu’il m’est permis de parler voici mon opi nion : c Les Troud sont des pasteurs de chameaux et de moutons; traitons avec eux en leur offrant cent cha meaux noirs ; leur cupidité sera séduite et ils s’éloigneront. »

Un autre orateur combattit celte proposition : Si nous leur offrons cent chameaux ou même seulement cinquante, ils considéreront notre don comme un impôt, et ils sont capables d’en exiger autant tous les ans. Les avis étant partagés, on se sépara, renvoyant au lendemain la suite des délibérations. C’est à ce moment que parvint la nouvelle du départ inespéré des Troud ; nouvelle qui fut accueillie avec joie par tous les habitants paisibles de l’ifrikïa.

L’auteur raconte : Les Troud ayant donc rejoint Chahma, la femme au tambour de cuivre, lui dirent : Nous te demandons l’hospitalité. Mais je n’ai ni pain ni eau pour tant de cavaliers, dit- elle; et elle s’éloigna, comme nous l’avons dit plus haut, en frappant sur son tambour. Safouan ajoute : Nous ignorions la manière de procé der de cette femme ; nous restâmes donc paisiblement assis auprès de son mari Chouker. Tout à coup, un nua ge de poussière obscurcit l’horison, et quarante cavaliers la lance au poing vinrent nous assaillir. Un de nos hom mes fut tué à l’improviste. Prenant l’offensive à notre tour, il nous fut facile de les disperser et de les tuer jusqu’au dernier. Le lendemain, d’aulres cavaliers ennemis arrivèrent au nombre de quatre-vingts. Nous les combattimes en core; mais, dans cette lutte, ‘Adi, Amara et Salmi furent blessés; nos tués furent au nombre de cinq : Rafâ-et- Taï, Mansour-ben-Salem, Hilal-ben-Moaouïa, Handala et Khaled-ben-Djaber. Nos ennemis avaient perdu quinze hommes. Après avoir passé la nuit à nous garder, il fallut en core combattre toute la journée du lendemain. Nous eûmes cinq hommes tués, mais nos adversaires en lais sèrent cent sept dans la poussière. Au point du jour, nous étions de nouveau en pré sence. Nos adversaires se tenaient à Ksar-el-Bouma ; ils fondirent sur nous au nombre de cinq cents. La rencontre eut lieu à la mezara de Sidi-Redouan ; on se battit toute la journée et toute la nuit, mais au lever du so leil, nos ennemis étaient mis en déroute et poursuivis jusqu’à l’Oued-Rir’. On tua tous ceux que l’aman ne sauva pas.

Le narrateur continue ainsi :

Les Troud retournèrent à l’endroit où étaient dressées leurs tentes. A peine y étaient-ils descendus, qu’une nouvelle bande de cinq cents cavaliers, suivis de quatre-vingts hommes à pied et de toutes leurs femmes, assaillit comme la tempête leur campement. Mâmar-ben-Salem, qui assista à cette attaque, la racon te en ces termes :

Les ‘Adouan se ruèrent sur nos tentes ; il fallut déployer tout notre courage et toute notre énergie pour résister à leur furie. « Au moment où nous commencions à plier sous leurs coups, une de nos femmes, qui combattait depuis le dé but de l’action en se servant d’un montant de tente comme d’une massue, fut frappée à mort. Son mari la voyant tomber, se mit à pousser de grands cris : « O ! fils des nobles Arabes, disait-il, cette race d’esclaves a tué ma compagne qui combattait comme un lion pour vous défendre. Les laisserez-vous emporter le montant de tente comme trophée de leur facile victoire? » « Les Troud étaient déjà en fuite ; la voix du mari dé sespéré les rallia. Alors chacun d’eux se couvrant la fa ce avec un linge, pour ne pas voir le danger, ils s’enhar dirent mutuellement et se jetèrent de nouveau sur les ‘Adouan. « Puisque nous voulons leur pays, disait-on, tâchons de le conquérir par notre valeur ! »

Safouan ajoute : Nos femmes nous suivaient pas à pas, portant leurs enfants dans les bras. Chacune d’elles ne cessait de répéter à son mari : me laisseras- tu devenir la concubine de ces esclaves ? Ces paroles ranimèrent les courages. Aussitôt les che vaux s’élancèrent contre les chevaux, les hommes con tre les hommes. La bataille dura la journée entière. Chacun des combattants passa la nuit sur l’emplace ment qu’il occupait; les morts eux-mêmes ne furent pas relevés, et les femmes veillèrent pendant que les hom mes, excédés de fatigue, dormaient afin de reprendre des forces pour la lutte du lendemain. Dès que brilla l’aurore, tous les guerriers étaient de nouveau sur pied. Les ‘Adouan vinrent les premiers se heurter contre les Troud, et le combat recommença comme la veille, avec le même acharnement de part et d’autre. La nuit nous sépara une seconde fois. Le troisième jour, les ‘Adouan nous assaillaient encore les premiers; ils pensaient que nous ne pourrions pas leur tenir tête, car tandis que nos rangs s’éclaircissaient, les leurs recevaient à chaque instant des renforts qui réparaient leurs pertes. La victoire, longtemps disputée, resta encore indécise. Le quatrième jour, les Troud firent dire aux ‘Adouan qu’il y aurait amnistie, afin de donner la sépulture aux morts. Cette proposition fut acceptée.

Les ‘Adouan avaient perdu 370 hommes et 180 chevaux ; les Troud 260 hommes et 40 chevaux. Les ‘Adouan ayant reconnu, pendant cette suspen sion d’armes, notre faiblesse numérique, résolurent de fondre sur nous à l’iraproviste, malgré les promesses échangées. Safouan le chroniqueur ajoute : Nous nous reposions sous nos tentes, quant tout à coup le galop des chevaux se fît entendre autour de nous. Avec l’aide de Dieu, nous pûmes résister à ce choc instantané. Pendant que nous nous défendions, on aperçut d’épais nuages de poussière surgissant comme un signal du côlé de Nefta. Au bout d’un instant, la poussière s’étant dissipée, on vit deux cents cavaliers et trois cents fantassins qui accouraient sur le lieu du combat.

C’étaient nos amis les Hamama, descendants de la famille de Hamam l’Himyarite. Ils nous rejoignirent, se mêlèrent à nos rangs et nous aidèrent à repousser les ‘Adouan. Pour faire supposer à nos ennemis que le renfort que nous avions reçu était encore plus considérable qu’il ne l’était réellement, nos femmes se couvrirent de vêtements blancs, s’armèrent de lances, et le lendemain se mirent en ligne derrière nos guerriers. Les ‘Adouan, culbutés au premier choc, prirent la fuite.

Cent femmes dans leurs palanquins furent capturées. Nos ennemis, après avoir laissé sept cents cadavres dans la poussière, profitèrent de la nuit pour se disperser à travers un bois de palmiers (oasis), où on se mit à les poursuivre encore à la clarté de torches enflammées. Nos guerriers passèrent le restant de la nuit auprès de la demeure de la vertueuse maraboute Lalla-Zeïneb- benl-Tendla. Nous entrâmes chez elle, et nous mangeâ mes toutes les provisions qui s’y trouvaient. Irritée du pillage que nous commettions dans son ha bitation, elle nous dit « Si quelqu’un d’entre vous m’a pris autre chose que des vivres, il faut qu’il en fasse la restitution immédiate, s’il ne veut encourir ma colère. — Par Dieu ! celui qui sera coupable perdra le centuple de ce qu’il aura pris et ne jouira pas du pays qu’il a conquis. »

Les Troud déposèrent aussitôt tout ce qu’ils lui avaient enlevé. Safouan ajoute : Au moment où nous allions prendre congé de Notre Dame Zeïneb, elle nous dit : Retournez maintenant sur vos pas; accordez le par don aux ‘Adouan survivants. Emmenez avec vous leurs femmes, leurs vieillards et leurs enfants. Ceux-ci devien dront plus tard vos auxiliaires si vous avez à combattre d’autres ennemis. Ils grandiront près de vous, ne con naîtront que vous, et ils épouseront vos filles. c O ! Troud, soyez bons pour les vaincus, si vous voulez que Dieu soit bon pour vous! Ils sont aujourd’hui placés sous votre protection et sous la mienne. Si vous m’écoutez, je prierai Dieu pour que l’Oued-Rir’ tout entier reste entre vos mains; que vous n’ayez jamais à votre tête un chef injuste; enfin, que vous prospériez par mon intermédiaire auprès du souverain maître des deux mondes. »

Les Troud s’engagèrent par serment à suivre les conseils de la sainte maraboute; puis, ayant rassemblé les sept cent chameaux qu’ils avaient capturés, ils les char gèrent de butin et reprirent la route des ksour ‘Adouan, dans lesquels ils entrèrent avec les femmes et les enfants de leurs ennemis vaincus. Les événements que nous venons de raconter se pas saient dans le courant du mois sacré de moharrem de l’an 800 de l’hégire (1397-98 de J.-C.) Les Troud se partagèrent les ksour ‘Adouan et y vé curent pendant quinze années, sans qu’aucun événement important vint troubler le repos du pays.

Les ‘Adouan survivants restèrent désormais avec eux comme s’ils faisaient partie de leurs familles. Quinze ans après la prise des ksour, vers le mois de rebïa-et-tani (1411-12 de J.-C.) arriva un membre de la famille des ‘Adouan qui voyageait depuis longtemps dans les pays arabes.

En apprenant que les siens avaient obtenu l’aman des Troud et qu’ils vivaient amicalement ensemble, il n’hé sita pas à aller les rejoindre, d’autant plus qu’il avait des nouvelles importantes à leur communiquer. « Toutes les tribus arabes, leur dit-il, tant celles de la plaine que celles de la montagne, sont jalouses de votre situation prospère et ont résolu de vous attaquer. Les Beraber (Berbères) sont entrés, eux aussi, dans la ligue. »

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El Oued souf au 19e siècle il y avait 24, 170 arabes pour 8200 berbères  source : E.Carette

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