La Mosquée Omeyyade de Sidi Okba dans la wilaya de Biskra en Algérie fut construite en 686

Publié le Mis à jour le

11925-la-mosquee-de-sidi-okba

La Mosquée Omeyyade  de Sidi Okba (مسجد سيدي عقبة en arabe) est une mosquée située à Sidi Okba dans la wilaya de Biskra en Algérie.

Elle a été construite en 686 sous le général omeyyade Zuhair ibn Qais al-Balawi (émir d’Ifriqiya de 683 à 689) radi ALLAH anhu et fait partie des plus anciennes mosquées du Maghreb arabe et Islamique.

La mosquée appartient à un grand complexe édifié autour du tombeau du compagnon l’émir Omeyyade d’Ifriqiya Oqba Ibn Nafaa al-Fihrid. Cette mosquée qui est l’une des plus anciennes d’Afrique du Nord, illustre le style médinois.

Elle devint au fil du temps un centre de rayonnement culturel et cultuel qui forma de brillants savants du monde musulman, sous les dynastie arabes Omeyyades, Abbassides, Muhalabides et  Ahlabides. Son plan est inspiré de la première mosquée construite à Médine

.

Mieusement de la mosquée
Mieusement de la mosquée

On accède à la salle de prière par trois entrées latérales. Les sept nefs parallèles au mur qiblî comportent sept travées. Cette disposition transversale, mise en place à l’époque omeyyade, est non seulement la plus ancienne, mais aussi la plus adaptée à la prière musulmane.

L'intérieur de la mosquée de nos jours
L’intérieur de la mosquée de nos jours

Les arcs en plein-cintre outrepassés maintenus par des tirants de bois retombent sur des colonnes en troncs de palmier. C’est l’unique exemple algérien de ce système de support, qui provient certainement de Médine, mais qui est courant aussi en Asie centrale et se retrouve au XIIIe siècle dans certaines mosquées seldjoukides ou abbasside d’Anatolie. Les plafonds sont en terrasse, sauf dans la partie qui borde la coupole où ils sont voûtés.

Intérieur de la mosquée
L’intérieur de la mosquée dans le passé

Ce détail indique que la mosquée n’a probablement pas été construite en une seule fois.

Le mihrâb et la coupole qui le précède sont en pierre et en plâtre décorés par endroits de peinture rouge et verte.

La niche s’ouvre par un arc outrepassé.

Elle est couronnée d’un cul-de-four à trente cannelures semi-circulaires, reprises du motif de la conque fréquent dans l’Antiquité pour orner les zones semi-circulaires.

Sidi Okba dans le temps
Sidi Okba dans le temps

En Islam, ce décor apparaît déjà dans un mihrâb considéré comme provenant peut-être de la Grande Mosquée Abbasside de Baghdad, créée par le calife abbasside abu Jafar al-Mansûr en 762.

À côté du mihrâb, le minbar est pourvu d’une porte en bois sculpté ornée de rinceaux, de rosaces et d’inscriptions.

omeyyadesidiokaba

Le site abrite la dépouille du sahabi Oqba Ibn Nafaa al-Fihri  ; trois cent cinquante ans après son inhumation, l’édifice fit l’objet d’importants embellissements comme la belle porte d’entrée. Œuvre fatimide en bois sculpté, elle présente une grande analogie avec les boiseries de la Grande Mosquée de Kairouan réalisées sous le règne souverain ziride d’al-Mu‘izz (r. 1016-1062).

L’huis est richement décoré d’arabesques et d’ornements qui rappellent les soutaches des brodeurs. Certains détails de ce décor (palmettes touffues et allongées) se retrouvent déjà dans les portes latérales et le mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue.

Une inscription funéraire sur marbre orne le linteau au décor de rinceau et de panneaux rectangulaires, double bordure qui est interrompue par un panneau carré tenant lieu de clef, et par deux panneaux trapézoïdaux qu’occupent des palmes triangulaires tombantes, comme dans les corniches des portes antiques. La chambre funéraire est carrée et surmontée d’une coupole.

La mosquée Omeyyade de Sidi Okba dans le passé
La mosquée Omeyyade de Sidi Okba dans le passé

Elle occupe l’angle sud-ouest de la mosquée.

Sous le règne d’al-Mu’izz ibn Bâdîs, le mausolée fut embelli sur le modèle de la bibliothèque offerte par le prince ziride à la Grande Mosquée de Kairouan.

L’inscription ziride qui orne le tombeau offre des analogies avec l’écriture des stèles kairouanaises des environs de 1025.

Le minaret situé dans l’angle sud-ouest de la salle de prière montre un fut rectangulaire à registres superposés qui s’achève par des merlons. Son décor est fait de niches aveugles ou percées d’ouvertures et d’arcs en plein-cintre entrecroisés.

Sur l’un des portiques qui entourent la mosquée, près de l’entrée principale, est encastrée une pierre noire qui évoque celle de la Kaaba à La Mecque.

La tombe du général omeyyade et compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri radi Allah anhu
La tombe du général omeyyade et compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri radi Allah anhu

Récit d’Ibn Khaldoun sur l’importance du lieu :

« Arrivé aux environs de Tehouda, Oqba se vit attaquer à l’improviste par les Berbères qui le suivaient depuis quelque temps. Ses troupes mirent pied à terre, dégaînèrent leurs épées et en brisèrent les fourreaux [dont ils sentaient bien qu’ils n’auraient plus besoin]brisèrent les fourreaux [dont ils sentaient bien qu’ils n’auraient plus besoin] ; un combat acharné s’ensuivit et Ocba y succomba avec tous les siens ; pas un seul n’échappa à la mort Ils étaient environ trois cents individus , les uns , anciens compagnons de Muhammad, les autres disciples de ceux-ci. Tous trouvèrent le martyre sur un même champ de carnage. Abou-‘l-Mohadjer Dinar , qu’Oqba avait gardé aux arrêts jusqu’alors et qui ce jour-là dé ploya la plus grande bravoure, resta parmi les morts. Les tombeaux d’Ocba et de ses compagnons, ces généreux martyrs de la foi, se voient encore dans le Zab, au lieu même où ils perdirent la vie. Le corps d’Oqba repose dans une tombe enduite de plâtre, sur laquelle on a érigé une mosquée. Cet édifice s’appelle la Mosquée d’Ocba, et forme un but de pèlerinage, un lieu saint dont la visite est censée attirer la bénédiction divine *. J’ose même dire que, de tous les cimetières du monde vers lesquels les hommes dévots dirigent leurs pas, celui-ci est le plus illustre par le nom bre et la qualité des martyrs qu’il renferme. Personne depuis lors ne s’est jamais acquis même la moitié des mérites qui distin guèrent chaque individu de ces Compagnons et Tabès. Le petit nombre de prisonniers faits dans cette journée et parmi lesquels se trouvèrent deux compagnons de Muhammad, les nommés Yezîd- lbn-Khalef-el-Caïci et Mohammed-Ibn-Owaïs-el-Ansari , furent rachetés par Ibn-Mesad, seigneur de Cafsa. Quand la nouvelle de ce désastre parvint à Cairouan, » 

Sources et références

  • Blanchet, P., La porte de Sidi Okba, Paris : Leroux, 1900.
  • Marçais, G., « Le tombeau de Sidi-Oqba », in Mélanges d’histoire et d’archéologie de l’occident musulman, t. I., p. 151-159.
  • Marçais, G.,« Le tombeau de Sidi-Oqba », in Annales de l’institut d’études orientales, Alger, t. V, 1939-1941.
  • Simon, M.,« Notes sur le mausolée de Sidi-Uqba », in R.A.f., 1909, p. 26-45.
  • « Mosquée de Sidi ‘Uqba » in Museum with no frontiers : Discover Islamic Art [en ligne]. Disponible sur
  • Bourouiba, R., Apports de l’Algérie à l’architecture religieuse arabo-islamique, Alger : OPNA, 1956.
  • Bourouiba, R., Les inscriptions commémoratives des mosquées d’Algérie, Alger : OPU, 1984, p. 314.
  • Saladin, H., Manuel d’art musulman. I, L’architecture, Paris : A. Picard, 1907, p. 225.
  • Marçais, G.,L’Algérie médiévale, monuments et paysages historiques, Paris : Arts et métiers graphiques, 1957
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s