Les hérétiques chiites, ismaéliens de la secte des assassins vus par un Croisé :

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Hassan al-Sabbah, le Fort Alamut, les ismaéliens
Hassan al-Sabbah, le Fort Alamut, les ismaéliens

Les hérétiques chiites, ismaéliens de la secte des assassins vus par un Croisé :

« Sachez qu’aux confins de Damas, d’Antioche et d’Alep, il existe dans les montagnes une certaine race de Sarrasins qui, dans leur dialecte, s’appellent Heyssessini, et en romain, segnors de montana.

Cette race d’hommes vit sans lois ; Ils mangent de la chair de porc contre la loi de Sarrasins et disposent de toutes les femmes, sans distinction, y compris leurs mère et sœurs. Ils vivent dans les montagnes et sont presque inexpugnables car il s’abritent dans des châteaux bien fortifiés.

Leur pays n’étant pas très fertile, ils vivent de leur bétail.

Ils ont un maître qui frappe d’une immense terreur tous les princes sarrasins proches ou éloignés, ainsi que les seigneurs chrétiens voisins, car il a coutume de les tuer d’étonnante manière.

Sa méthode est la suivante : ce prince possède dans les montagnes de nombreux et très beaux palais, entourés de murailles très hautes, de sorte qu’on ne peut y pénétrer autrement que par une petite porte très bien gardée. Dans ces palais, il fait venir, dès leur enfance, nombre de fils de ses paysans.

Il leur fait enseigner diverses langues, comme le latin, le grec, le romain, le sarrasin et bien d’autres encore.

De leur prime jeunesse jusqu’à l’âge d’homme, on apprend à ces jeunes gens à obéir à tous les ordres et à toutes les paroles du seigneur de leur terre qui leur donnera alors les joies du paradis parce qu’il a pouvoir sur tous les dieux vivants. On leur apprend également qu’il n’y a pas de salut pour eux s’ils résistent à sa volonté.

Sachez qu’à partir du moment où, enfants, ils pénètrent dans ces palais, ils ne voient d’autres personnes que leurs professeurs et maîtres et ne reçoivent d’autre enseignement jusqu’à ce que le prince les mande en sa présence pour les envoyer tuer quelqu’un.

Une fois devant le prince, celui-ci leur demande s’ils sont disposés à obéir à ses ordres afin qu’il puisse leur accorder le paradis.

Alors, comme il leur a été appris et sans émettre ni objection ni doute, ils se jettent à ses pieds et répondent avec ferveur qu’ils lui obéiront en toutes choses qu’il ordonnera. Le prince donne alors à chacun un poignard d’or et les envoie tuer quelque prince de son choix. »

Rapport de Gerhard (Burchard ?), envoyé de l’empereur Frédéric de Barberousse en Égypte et en Syrie [1175], in Bernard Lewis, Les Assassins. Terrorisme et politique dans l’Islam médiéval, Paris, Complexe, 2001, p. 37

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