Salahudin al-Ayyoubi appelle au Jihad et à la contre-croisade par l’Imam Abû Châma

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Salahudin al-Ayyoubi
Salahudin al-Ayyoubi

 

 

* » Nous espérons que le Dieu Très-Haut – qu’Il soit loué – apaisera ce qui agite les musulmans et ruine leur prospérité. Aussi longtemps que la mer apportera des renforts à l’ennemi et que la terre ne les repoussera point, nos provinces en souffriront perpétuellement et nos cœurs seront sans cesse affligés par les dommages qu’ils nous causent. Où est le sens de l’honneur des musulmans, où sont la fierté des croyants, le zèle des fidèles ? C’est pour nous un constant sujet d’étonnement que de voir combien les Infidèles se soutiennent les uns les autres, et combien les musulmans sont réticents. Aucun d’eux ne répond à l’appel, aucun ne vient redresser ce qui est tordu ; regardez au contraire à quel point en sont arrivés les Francs, quelle alliance ils ont nouée, quels objectifs ils poursuivent, quelle aide ils se prêtent, quelles dettes avec intérêt ils ont contractées, quelles richesses ils ont recueillies, distribuées et divisées entre eux ! Pas un roi, dans leurs pays et leurs îles, pas un grand seigneur qui n’ait rivalisé avec son voisin dans le concours de l’aide à fournir, qui n’ait lutté avec son égal pour un sérieux effort de guerre ! Pour défendre leur religion, ils n’ont pas hésité à prodiguer la vie et le courage, à procurer à leurs troupes impures toutes sortes d’armes de guerre. Et tous ces efforts, ils ne les ont fournis que par pur zèle envers celui qu’ils adorent, pour défendre jalousement leur foi. Il n’est pas un seul des Francs qui ne comprenne que, si nous procédons à la reconquête du littoral [de Syrie] et si nous déchirons le voile de leur honneur, ce pays leur tombera des mains et que nous pourrons alors étendre nos mains pour aller à la conquête du leur. Les musulmans, en revanche, se sont relâchés et démoralisés. Devenus négligents et paresseux, ils se complaisent dans une surprise impuissante et perdent toute ardeur. Si l’islam devait tourner bride – Dieu nous en protège ! –, si sa splendeur devait s’obscurcir et son épée s’émousser, on ne trouverait ni à l’est ni à l’ouest, ni près de nous, ni loin de nous, des gens qui s’enflammeraient de zèle pour la religion de Dieu et viendraient au secours de la vérité contre l’erreur. C’est pourtant le moment de combler tout retard, de rassembler tous ceux, proches ou lointains, qui ont du sang dans les veines. Mais, grâce à Dieu, nous avons confiance dans le secours qu’Il nous enverra ; nous avons confiance en Lui du fond de notre âme et de notre dévotion : s’il Lui plaît, les mécréants périront et les croyants obtiendront sécurité et salut. »

Abû Châma, II, 148. 
Extrait de F. Gabrieli, Chroniques arabes des croisades, Sindbad,197

Abu Chama Chihab al-Din Abu al-Qasim abd al-Rahman (Damas 1203 – Damas 1268) était un historien syrien du xiiie siècle

Chihab al-Din Abu Chama écrivit Le Livre des deux jardins qui raconte l’histoire de Nur al-Din et celle de Saladin, texte important pour la connaissance des croisades. Son livre le plus souvent cité sur la vie des souverains fatimides est le « kachf ma kana ‘alayhi Banu ‘Ubayd min ak kufr » (L’Impiété des Banu ‘Ubayd).

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