Le Fort Ayyoubide d’Ajlun actuel Jordanie

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Nom : Fort Ayyoubide d’Ajlun Lieu : Jordanie, Ajlun Date/période de construction : 1184 – 1260 Matériaux de construction : Pierre calcaire Décor architectural : Pierre sculptée, mosaïques antiques Destinataire/mandataire : Saladin Dimensions : Fort carré d’origine : L. (nord) : 37 m ; L. (sud) : 37 m, L. (est) : 35,50 m ; L. (ouest) : 30 m ; Construction actuelle : L. (nord) : 60,5 m ; L. (sud) : 65,5 m ; L. (est et ouest) : 60 m, Superficie : 3782,25 m2 ; P. (douve) : 11 à 15 m Restauration : Sous al-Zâhir Baybars (r. 1260 – 1277)
Nom : Fort Ayyoubide d’Ajlun
Lieu : Jordanie, Ajlun
Date/période de construction : 1184 – 1260
Matériaux de construction : Pierre calcaire
Décor architectural : Pierre sculptée, mosaïques antiques
Destinataire/mandataire : Saladin
Dimensions : Fort carré d’origine : L. (nord) : 37 m ; L. (sud) : 37 m, L. (est) : 35,50 m ; L. (ouest) : 30 m ; Construction actuelle : L. (nord) : 60,5 m ; L. (sud) : 65,5 m ; L. (est et ouest) : 60 m, Superficie : 3782,25 m2 ; P. (douve) : 11 à 15 m
Restauration :
Sous al-Zâhir Baybars (r. 1260 – 1277)

Par son emplacement stratégique sur le mont de Bani Auf, la forteresse d’Ajlun domine la région située entre le lac de Tibériade au nord et la mer Morte au sud. Sa construction avait plusieurs buts : arrêter les éclaireurs Francs qui cherchaient à dominer le Nord de la Jordanie, contrôler les routes, notamment celle reliant Damas à Jérusalem, à La Mecque et au Caire, surveiller les mouvements des Francs au Fort Kawkab al-Hawa, situé en face, et enfin contrôler les mines de fer d’Ajlun exploitées par les Ayyubides, après l’interdiction imposée par l’Église catholique et les pays européens de fournir aux musulmans les matières nécessaires à la fabrication d’armes.

Selon les sources historiques, Saladin aurait ordonné la construction de l’édifice à l’un de ses dirigeants éminents, Izz al-Dîn Usama ; son successeur accusa le dignitaire de trahison et le fit emprisonner à Karak. Peu après, le gouverneur Aybak ibn ‘Adballâh construisit une tour en forme de L ; une plaque d’inscription en naskhî couronnant la fenêtre de la tour mentionne la date (611 H./ 1214) et le nom du responsable, César l’Arabe. En 1253, la tour nord-est fut restaurée, comme l’indique une autre inscription en naskhî. Occupée jusqu’en 1259 par les Mongols, la forteresse fut restaurée sur l’ordre du sultan mamluk Baybars en 1260.

L’édifice a été construit avec la pierre calcaire de la région, en utilisant des techniques que l’on trouve aussi dans les châteaux croisés : pierres polies, pierres en bossages, pierres en dos-d’âne, appareillage en carreaux et boutisses.

Le Fort d’Ajlun est situé à 76 km au nord-ouest d’Amman, dominant plusieurs vallées dont celle du Jourdain. La citadelle est édifiée sur un socle rocheux, des terrasses consolidant l’ensemble. Elle épouse la forme quasi-circulaire du plateau, dont les pentes rudes sont un facteur de protection.

Le bâtiment d’origine est carré, avec des tours d’angle à trois niveaux dont la hauteur varie selon l’altitude. L’entrée, entre deux tours défensives, donne sur un couloir voûté en plein cintre. En 1999, lors de travaux de déminage, une mosaïque représentant un édifice religieux byzantin fut découverte dans les décombres de ce couloir. Cela confirmerait les sources historiques indiquant qu’Ajlun aurait été édifié sur un couvent. Le couloir débouche sur une cour à trois niveaux entourée de pièces carrées ou rectangulaires, destinées aux soldats.

Cette partie est un véritable fort qui servit de noyau aux constructions postérieures. Dans sa forme actuelle, la forteresse est un espace rectangulaire irrégulier. Elle comprend sept tours aux murs épais de deux à trois mètres, de forme carrée, sauf une en forme de L. Les salles et les couloirs ont été couverts de voûtes en plein cintre et de voûtes d’arêtes. Une douve sèche taillée dans le rocher en plusieurs temps entoure le château. Un ensemble de réservoirs creusés participe à un système consistant en un réseau de canaux et de bassins, desservant dix citernes de formes et profondeurs différentes, dont une citerne principale. Le pont levis, la barbacane prise entre deux tours, le mâchicoulis et les meurtrières forment le système défensif. À Ajlun, les archères se distinguent des autres forts : celles construites en 1214 pouvaient, grâce à des pierres amovibles, être transformées en fenêtres en temps de paix.

Parmi les éléments décoratifs, on trouve des motifs de coquille, certaines godronnées, mais aussi des oiseaux affrontés et l’oiseau Rukh, un animal fantastique présent dans le monde iranien et dans les contes des Mille et Une Nuits.

Le château d’Ajlun a été influencé par les castella romano-byzantins munis de tours d’angles, comme Qasr al-Hallabat (Jordanie), le palais de Bachir attribué à l’empereur romain Maximin, celui de Thuraya qui remonte au IVe siècle. Les Omeyyades ont aussi été influencés par ce type de construction. Parmi les forteresses contemporaines avec des tours d’angles carrées et rectangulaires, citons Kawkab al-Hawa (1180) et le fort d’Azrak (1236). Ajlun est marqué par une ressemblance architecturale avec la citadelle de Damas, dont une tour d’angle est en forme de L, le fort de Basra et le Fort Jabal au Caire.

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http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=96

 

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