Le Qasr Aljafariya fait par la dynastie arabe Houdide de Saragosse moitié du 11eme siècle

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Le palais Arabe de l’Aljaferia  Qasr Aljafariya est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l’époque de l’émir arabe Houdides ‘Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des émirs des Banu Hud (de souche yéménite).

Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.

Ce palais, avec son décor de stucs peints, est le reflet de la splendeur atteinte par le royaume-taïfa de Saragosse.

Les aménagements et agrandissements continus, du xiie siècle au xive siècle, furent le principal foyer de rayonnement et d’inspiration de l’art mudéjar aragonais.

De structure quadrangulaire, l’enceinte est composée de grosses tours semi-circulaires, à l’exception de l’une d’entre elles, rectangulaire, nommée « tour du Trouvère » (Torreón del Trovador).

L’édifice a subi plusieurs agrandissements à la fin xve siècle, sous la direction de l’architecte mudéjar Faraig de Gali. Sous le règne de Philippe II d’Espagne, le palais fut transformé en fort militaire moderne par le siennois Tiburzio Spannocch

Qasr Aljafariya  est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l'époque d'Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des émirs arabe de souche yéménite des Banu Hud. Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.
Qasr Aljafariya est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l’époque d’Al-Muqtadir émir arabe de souche yéménite des Banu Hud. 

Son importance réside en ce qu’il est l’unique témoignage conservé d’un grand édifice de l’architecture islamique en Espagne à l’époque des Taïfas.

L’Aljaferia fut la résidence des rois Banu Hud (en arabe : بنو هود), une dynastie arabe de la taïfa de Saragosse entre 1039 et 1110, puis celle des rois catholiques d’Aragon, avant d’être affectée aux services de l’Inquisition.

Durant la Guerre civile espagnole, le palais de l’Aljaferia servit de prison : de nombreux républicains, socialistes, communistes y furent enfermés. Une fois la guerre civile terminée, le régime franquiste continua à l’utiliser comme prison.

L’Aljaferia abrite aujourd’hui le siège du parlement d’Aragon.

Le palais de l'Aljaferia (en arabe : قصر الجعفرية, Qasr Aljafariya ; en espagnol : Palacio de la Aljafería) est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l'époque d'Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des rois Banu Hud. Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.
Le palais de l’Aljaferia (en arabe : قصر الجعفرية, Qasr Aljafariya ; en espagnol : Palacio de la Aljafería) 

Avec la mosquée de Cordoue (xe siècle) et le chant du cygne de la culture islamique que fut l’Alhambra de Grenade (xive siècle), nous devons inclure dans la triade de l’architecture arabo-andalous l’Aljaferia de Saragosse comme parfait exemple de réalisation de l’art taïfa de la période intermédiaire des royaumes indépendants antérieurs à l’avènement des Almoravides.

La tour du Trouvère

Tour du Trouvère.
Tour du Trouvère.

Le plus ancien édifice de l’Aljaferia est la Tour du Trouvère, nom qui lui est donné à la suite d’une œuvre dramatique d’Antonio García Gutiérrez, Le Trouvère, de 1836. Ce drame inspira Giuseppe Verdi, pour son opéra Il Trovatore, de 1853.

Il s’agit d’une tour défensive datant de la fin du ixe siècle (de la seconde moitié du xe siècle, selon Bernabé Cabañero Subiza1). Sur la forme de base quadrangulaire s’élèvent cinq étages, édifiés durant la période où gouverna le premier Toujibide (arabes Banu Tudjib), Muhammad Alanqar (es), nommé par Muhammad Ier, émir indépendant de Cordoue.

La tour conserve des vestiges de la base formée d’épais murs de pierres de taille d’albâtre sur laquelle s’élèvent des murs coffrés de béton simple composé de plâtre et de chaux, qui s’affinent en gagnant de la hauteur. Depuis l’extérieur, on ne devine pas la division interne en cinq étages : la tour se présente comme un immense prisme plein, seulement percé de quelques meurtrières. On entrait dans la tour par une petite porte située en hauteur, l’accès ne pouvait se faire qu’avec une échelle mobile. Sa fonction première était donc, grâce à ces indices, principalement militaire.

Premier étage. On appréciera les arcs en fer à cheval du ixe siècle.
Premier étage. On appréciera les arcs en fer à cheval du ixe siècle.

Le premier étage conserve la structure de construction du ixe siècle, composé de deux nefs et six pièces séparées par deux piliers tracés en forme de croix, desquels naissent des arcs en plein-cintre outrepassé. Cette structure simple donne une vue équilibrée, rappelant les plafonds des mosquées califales. Sa fonction a certainement été militaire.

Le deuxième étage est tracé sur le même schéma spatial. On observe des vestiges de l’artisanat musulman du xie siècle sur les briques, ce qui indique que cet étage a pu être reconstruit en même temps que le palais, à l’époque d’Al-Muqtadir de Saragosse. Au troisième étage, dont la structure remonte également au xie siècle, avec les arcs en fer à cheval (plein-cintre outrepassé), on peut observer, peints sur le plafond, des motifs géométriques mudéjars, dans lesquels on peut lire les noms d’Énée, Amour et Vénus, et qui datent certainement du xive siècle.

L’aspect des deux derniers étages est assez semblable. Leur construction de structure mudéjar est probablement due à l’édification du palais annexe de Pierre IV d’Aragon, relié à la tour par un couloir, ce qui lui donne une configuration de donjon. On trouve déjà la structure chrétienne dans les arcs de ces deux étages, ces arcs étant légèrement pointus et portant des plafonds plats en bois, non voûtés.

Sa fonction durant les ixe et xe siècles fut celle de tour de garde et de bastion défensif. Une douve l’entourait. Elle fut intégrée par les Houdides à la structure du château-palais de la Aljafería, constituant une des tours de l’enceinte défensive de la façade nord de la forteresse. Lors de la Reconquista, elle était utilisée comme donjon puis, en 1486, l’Inquisition la transforma en prison. Cette tour-prison fut également utilisée durant les xviiie et xixe siècles, ce dont témoignent les nombreux graffiti.

Le palais taïfa

Portail d'accès au palais de l'Aljaferia.
Portail d’accès au palais de l’Aljaferia.

La construction du palais — réalisée majoritairement entre 1065 et 1081 — fut ordonnée par Abú Ya’far Ahmad ibn Sulaymán al-Muqtadir Billah, connu sous son titre honorifique de Al-Muqtadir, (le puissant), second monarque de la dynastie des Houdides, comme symbole de pouvoir de la taïfa de Saraqusta, Sarragosse. Le roi décrit lui-même son palais comme « Qasr al-Surur » (Palais de la Joie) et la salle du trône qu’il présidait lors des réceptions, « Maylis al-Dahab » (Salon Doré), comme en témoignent les vers suivants composés par le monarque :

Ô Palais de la Joie!, ô Salon Doré!
Grâce à vous, je suis au sommet de mes désirs.

Et même si mon royaume ne comportait d’autres choses,
Vous êtes tout ce que je pourrais vouloir.

On trouve pour la première fois le nom de Aljafería dans un texte d’Al-Yazzar as-Saraqusti  (entre 1085 et 1100) — qui transmet également le nom de l’architecte du palais taïfa, le slave Al-Halifa Zuhayr — et dans un autre d eIbn Idhari de 1109, dérivant du nom de Al-Muqtadir, Abu Ya’far, et de «Ya’far», «Al-Jafariyya», qui évolua en «Aliafaria» et de là, «Aljafería».

La disposition générale du palais adopte l’archétype des châteaux omeyyades du désert de Syrie et de Jordanie de la première moitié du viiie siècle, (comme celui de Qasr al-Hayr al-Sharqi, Mshatta, Khirbat al Mafyar ( et celui de la première étape abbasside, le château de Ukhaydir), de base carrée surplombée de tours semi-circulaires sur les pans.

L’espace central tripartite offre trois espaces rectangulaires : l’espace central est formé par un patio avec des bassins. Aux extrêmes se trouvent les salons et les appartements de la vie quotidienne.

Ornementation florale en plâtre, xie siècle
Ornementation florale en plâtre, xie siècle

L’architecture de l’Aljafería rend hommage à ce modèle de château-palais : la zone noble est située sur le segment central de la base carrée, bien que l’alignement des côtés ne soit pas régulier.

C’est le rectangle central qui accueille les appartements princiers, organisés autour d’un patio muni de bassins d’eau potable face aux portiques nord et sud d’où partent les salons royaux.

Aux extrêmes nord et sud se situent les portiques et appartements.

Le secteur nord est le plus important : à l’originelle s’élevait un deuxième étage, dont la salle était plus profonde, précédée par une façade principale ouverte formée de colonnes et très richement décorée. Cette façade s’étendait en deux bras, sous forme de deux pavillons sur les flancs, et servait de portique pour les représentations théâtrales de la salle du trône (le salon doré des vers d’Al-Muqtadir), situé au fond. Cette structure permettait un jeu sur les différentes hauteurs et les volumes cubiques qui commençaient par les couloirs perpendiculaires des extrêmes ; le jeu s’amplifiait avec la présence du deuxième étage et la tour du Trouvère qui donnait du volume au fond pour un spectateur situé dans le patio. Tout cela se reflétait dans le bassin, mettant en valeur les zones princières et à l’extrême est, la façade nord d’une petite mosquée privée et son mihrab.

À l’intérieur du Salon Doré, au centre du mur nord, on voit un arc aveugle – c’est là que se tenait le roi – ornementé d’un motif géométrique traditionnel imitant les jalousies de la façade du mihrab de la Grande mosquée de Cordoue, édifice clé par son influence. Ainsi, depuis le patio, il apparaissait à moitié caché par les trames de colonnes, autant les colonnes principales, donnant accès au Salon Doré, que celles du portique contigu. Cette configuration donnait un aspect de jalousies, une illusion de profondeur, provoquant l’admiration du visiteur et conférant du prestige à la figure du monarque.

Reconstruction de la polychromie d'un panneau de décoration géométrique en plâtre.
Reconstruction de la polychromie d’un panneau de décoration géométrique en plâtre. 

Pour se faire une idée de l’aspect du palais à la fin du xie siècle, il faut imaginer que tous les reliefs de motifs végétaux, géométriques et épigraphiques étaient peints en plusieurs couleurs où dominaient le rouge et le bleu pour les fonds, le doré pour les reliefs. Avec les plinthes en albâtre et leur décoration épigraphique ainsi que les sols en marbre blanc, l’ensemble donnait une impression de grande richesse et majesté.

Les divers avatars frappant l’Aljafería ont fait disparaître de cette disposition du xie siècle une grande partie des stucs qui composaient la décoration et, avec la construction du Palais des Rois Catholiques en 1492, le deuxième étage complet, ce qui élimina le couronnement des arcs taïfa. Dans la restauration actuelle, la couleur des ornements en plâtre est plus foncée que l’originale, les finitions de la décoration des arcs sont blanches et lisses ; cependant, la structure reste intacte.

La décoration des murs du Salon Doré a majoritairement disparu, cependant des restes des ornementations sont conservés au musée de Saragosse ainsi qu’au musée archéologique national de Madrid. Francisco Íñiguez commença la restauration, replaçant les décorations existantes dans leur lieu d’origine et reprenant des moulages complets des arcs du portique sud.

Tels étaient les fonctions et l’aspect du palais des Houdides au xie siècle. Il convient maintenant de détailler les parties les plus importantes de l’édifice tel qu’il se présente actuellement.

Les pièces du côté nord

Pièces du côté nord, le triple accès au Salon Doré.
Pièces du côté nord, le triple accès au Salon Doré.

Cette dépendance nord est l’ensemble le plus important d’appartements du palais de l’époque houdide, puisqu’elle comprend le Salon du Trône ou Salon Doré et la petite mosquée privée située sur l’aile est du portique d’accès qui sert d’antichambre à l’oratoire. Le mihrab est situé à l’intérieur, dans l’angle sud-est, donc orienté en direction de La Mecque, point commun de toutes les mosquées, sauf celle de Cordoue.

Les sols des dépendances royales étaient en marbre cerclés par des plinthes en albâtre. Les chapiteaux étaient en albâtre, sauf certains en marbre réutilisés de l’époque califale. Ces salles sont toutes décorées par une bande d’ornementation épigraphique formée des caractères kufiques reproduisant les sourates coraniques qui font allusion à la signification symbolique des décorations. Les sourates qui correspondent à ces inscriptions ont pu être déduites des fragments subsistants.

Sur deux de ces reliefs calligraphiques, on peut lire le nom d’Al-Muqtadir, grâce auquel on a pu dater la construction du palais, au moins une première partie, entre 1065 et 1080. Il est inscrit textuellement sur l’un : « Ceci [=la Aljafería] a été commandité par Ahmed al-Muqtadir Billáh ».

Le Salon Doré

Vue du plafond du Salon Doré depuis la porte de la chambre est. On appréciera l'intrados de l'arc décoré par des ornementations en plâtre.
Vue du plafond du Salon Doré depuis la porte de la chambre est. On appréciera l’intrados de l’arc décoré par des ornementations en plâtre.

Aux extrémités est et ouest du salon se trouvent deux pièces qui ont pu être des chambres privées, possiblement utilisées par les rois. Actuellement, la chambre ouest a disparu, elle fut utilisée comme chambre à coucher, également par les rois d’Aragon jusqu’au xive siècle.

La majorité des ornementations florales en plâtre qui tapissaient de panneaux décoratifs les murs de ces pièces, ainsi qu’une plinthe d’albâtre de 2,5 m de hauteur et les sols de marbre blanc du palais original sont perdus. Les vestiges qui subsistent, autant dans les musées que les rares que l’on trouve dans le salon, permettent cependant de reconstruire l’aspect de cette décoration polychrome, qui dut, à son époque, être splendide.

Les plafonds à caissons en bois reproduisaient le firmament, le salon dans sa totalité étant une image du cosmos, parsemée de symboles de pouvoir que le monarque de Saragosse exerçait sur l’univers céleste, le présentant ainsi comme héritier des califes.

L’accès au Salon Doré s’effectuait à travers un mur formé de trois embrasures. L’embrasure centrale, très large, est formée de cinq colonnes doubles en marbre. Les chapiteaux en albâtre sont très stylisés, et portent quatrearcs recti-curvilignes entrecroisés, entre lesquels, plus en hauteur, s’enchaînent d’autres arcs de facture moins complexe.

Le portique d’entrée au Salon Doré

Arc du portique d'entrée.
Arc du portique d’entrée.

Vers le sud, on trouve une dépendance de taille relativement identique qui donne sur le patio par un portique de grands arcs polylobulés, c’est-à-dire composés de petits arcs contigus. On retrouve à nouveau un espace tripartite, et les extrémités est et ouest se prolongent perpendiculairement en deux galeries latérales. On accède à ces galeries par d’amples arcs polylobulés qui se terminent chacun en un arc pointé, polylobulé également. L’alfiz, cadre qui entoure l’extérieur de l’arc, est décoré par des bandes complexes enlacées et des reliefs floraux.

Cette structure cherche une apparence de solennité et majesté, faisant contrepoint au peu de profondeur de ces pièces. Sans cela, le spectateur ne pourrait savoir qu’il entre au salon royal. Il faut imaginer que toute l’ornementation en plâtre du palais était polychromée en tons rouge et bleu pour les fonds, les reliefs dorés. Entre les filigranes, on remarque la représentation d’un oiseau, insolite figure zoomorphique dans l’art islamique, soit une colombe, un faisan ou le symbole du roi comme un être ailé.

Les tracés d’arcs recti-curvilignes entrecroisés sont une des caractéristiques de ce palais, ainsi qu’une innovation qui se propagea par la suite dans diverses édifications.

Sur l’aile est du portique, on trouve l’espace sacré, la mosquée : on y accède par une porte inspirée de l’art califal.

La mosquée ou pièce oratoire

Porte donnant accès à la mosquée.
Porte donnant accès à la mosquée.

Du côté ouest du portique d’entrée au Salon Doré se trouve la petite mosquée ou pièce oratoire privée utilisée par le monarque et sa cour. On y accède en traversant une porte se terminant en arc de fer à cheval, inspiré par la Mezquita de Cordoue, mais les premières pierres d’où part l’arc sont en forme d’S, innovation qui sera reprise dans l’art almoravide et nasride. Cet arc s’appuie sur deux colonnes aux chapiteaux en forme de feuilles géométriques, dans la lignée des réalisations de l’art de Grenade mozarabe. L’alfiz est profusément décoré par des motifs végétaux. Une frise d’arcs en plein cintre entrelacés le surplombe.

En entrant dans la salle oratoire, on se retrouve dans un espace réduit, de base carrée, mais les angles sont atténués, donnant la sensation que la pièce est octogonale. Du côté sud-est, orienté vers la Mecque, est placé le mihrab. La partie frontale du mihrab est formée par un arc en fer à cheval très traditionnel, de formes inspirées de Cordoue, des voussoirs alternés décorés de reliefs végétaux, d’autres lisses (originellement peints). Les matériaux nobles du mirhab de Cordoue (mosaïques et maîtres d’œuvre byzantins) sont remplacés à Saragosse, les ressources étant bien moindres que dans la capitale califale, par des stucs en plâtre et polychromie, les couleurs ayant disparu de presque tout le Palais. En revenant à l’arc d’entrée, on apprécie l’alfiz englobant l’extrados. Sur les écoinçons apparaissent en creux deux rosettes godronnées, tout comme la coupole de l’intérieur du mihrab.

Intérieur de la mosquée. Vue frontale du mihrab.
Intérieur de la mosquée. Vue frontale du mihrab.

Le reste des murs de la mosquée est décoré d’arcs recti-curvilignes aveugles entrecroisés et ornés, sur toute leur superficie, d’atauriques végétaux d’inspiration califale. Ces arcs s’appuient sur des colonnes aux chapiteaux de fins entrelacements. Une plinthe formée de dalles carrées de marbre recouvre la partie inférieure des murs. Cette structure est couronnée par des arcs polylobulés entrecroisés. Ces arcs ne sont pas aveugles dans leur totalité, car les angles aux pans coupés laissent entrevoir les angles de la base carrée.

Cette galerie constitue la seule pièce conservant des vestiges de la décoration pictographique du xie siècle. Ces motifs ont été récupérés lors de la restauration effectuée par Francisco Íñiguez Almech (en) : ils apparurent en retirant la couche de chaux dont ils furent recouverts lorsque l’Aljafería devint une chapelle chrétienne. Cependant, les travaux, initiés en 1947, répondent à des critères de restauration différents de ceux actuellement en cours, proposant une restitution de tous les éléments à leur aspect original. Les motifs ont été repeints avec de la peinture acrylique, rendant inaccessible la vision du pigment original.

La coupole de la mosquée ne se conserva pas, car le palais des Rois Catholiques fut construit à cette hauteur. Cependant, la structure de base octogonal laisse envisager sans peine une solution copiant au pied de la lettre celles existantes dans la maqsurah de la mosquée de Cordoue, c’est-à-dire une coupole d’arcs en plein cintre s’entrelaçant pour former un octogone en leur centre. La solution apportée par Francisco Íñiguez est, dans ce cas, réversible : il élabora une coupole de plâtre démontable.

Le Patio de Sainte Isabelle

Patio de Sainte Isabelle.
Patio de Sainte Isabelle.

Cet espace ouvert, couvert de jardins est le point d’union du palais taïfa. On pouvait y accéder depuis les portiques nord et sud, et probablement depuis les chambres et dépendances est et ouest.

Son nom procède de la naissance dans le palais de l’infante Isabelle d’Aragon, qui devint en 1282 reine de Portugal. Le bassin sud est conservé tandis que celui du côté nord, datant du xive siècle, est recouvert d’un sol en bois. La restauration avait pour intention de rendre au patio sa splendeur originale : on déposa des dalles de marbre sur les chemins entourant les jardins d’orangers et de fleurs.

Les arcades que l’on contemple vers le portique sud ont été restaurées à partir des moulages des arcs originels déposés au Musée archéologique national de Madrid et au Musée de Saragosse. Ces arcs sont ceux démontrant d’une réelle innovation en comparaison aux modèles califaux. Selon Christian Ewert, qui étudia assidûment durant une quinzaine d’années les arcs de la Aljafería, plus les ornementations des arcades sont en relation avec les zones nobles, telles le Salon Doré et la Mosquée, plus la facture traditionnelle cordouane est respectée.

Les dépendances sud

Détails des arcs du portique sud.
Détails des arcs du portique sud.

Pour compléter la balade dans le palais du xie siècle, on arrive au portique sud qui, sur son flanc méridional, comporte des arcades donnant accès à deux dépendances latérales. Ce portique était l’antichambre d’un grand salon qui probablement était construit sur la même disposition tripartite que nous avons observée dans le salon nord. De ce salon n’est conservée qu’une arcade d’accès formée par des arcs recti-curvilignes aux décorations géométriques.

Dans cette aire, on observe les distances prises par rapport au modèle de Cordoue et les majeures innovations dans la structure des arcs : les entrecroisements de formes lobulaires et mixtilignes incluant de fins reliefs sur les fûts et chapiteaux jouent une fonction uniquement ornementale

La complexité des entrelacs, des atauriques et des tailles nous amène à une esthétique baroquisante, constituant ainsi un prélude au filigrane de l’art de l’Alhambra et l’admiration dans l’ensemble de l’art andalou.

Le palais de Pierre IV

Après la prise de Saragosse par Alphonse Ier d’Aragon dit le Batailleur en 1118, la Aljafería fut habilitée comme palais pour les rois d’Aragon et aussi comme église chrétienne. Cette structure n’évolua pas substantiellement jusqu’au xive siècle avec l’action de Pierre IV d’Aragon, le Cérémonieux.

C

Notes et références

  1. Cfr. Bernabé Cabañero Subiza, “Descripción artística”, cap. «El palacio musulmán», en aut. cit. et alt., La Aljafería (vol. I), Zaragoza, Cortes de Aragón, 1998. pág. 84.
  2. a et b Bernabé Cabañero Subiza, op. cit., p. 87.
  3. Image du palacio de Qasr al-Hayr al-Sharqi [archive] de Siria.

Bibliographie

  • BORRÁS GUALIS, Gonzalo, «La ciudad islámica», en Guillermo Fatás (dir.), Guía histórico-artística de Zaragoza (3e éd.), Zaragoza, Ayto. de Zaragoza, 1991, págs. 71-100. ISBN 84-86807-76-X
  • CABAÑERO SUBIZA, Bernabé et alt., La Aljafería, Zaragoza, Cortes de Aragón, 1998. ISBN 84-86794-97-8
  • EXPÓSITO SEBASTIÁN, Manuel; Pano Gracia, José Luis y Sepúlveda Sauras, M.ª Isabel , La Aljafería de Zaragoza, Zaragoza, Cortes de Aragón, 2006 (6ª ed.). ISBN 84-86794-13-7
  • LASA, Carmelo de, El Salón Dorado de La Aljafería, Zaragoza, Instituto de Estudios Islámicos, 2004. ISBN 84-95736-34-9

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