« Ambassadeurs » non-musulmans des Omeyyades de Cordoue et les Khazares :

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Recemund (Recemundus en latin, Recemundo en espagnol , Rabi Ibn Zyad, en arabe; . 953–961) est un évêque et savant mozarabe de Grenade qui fut également secrétaire (kateb) du calife Omeyyade  de Cordoue Abd al-Rahman III. Philosophe, astronome et mathématicien parlant le latin et l’arabe, employé de la chancellerie du calife, il fut l’ambassadeur d’Abd al-Rahman III auprès du roi de Germanie Otton Ier avant d’être envoyé en mission officielle à Byzance et à Jérusalem.

Othon Ier

Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé Le Calendrier de Cordoue (Kitab al-Anwa), écrit en latin et en arabe et dédié en 961 au calife Al-Hakam II.

Le Calendrier de Cordoue est un calendrier profane qui donne des indications « astronomiques » sur les saisons, les signes du zodiaque, les durées du jour et de la nuit et autres indications sur la lune et le Soleil.

C’est également une synthèse des connaissances météorologiques dans l’Espagne arabo-musulmane du xe siècle1.

Lors de sa mission dans le royaume de Germanie, Recemund se liera d’amité avec Liutprand de Crémone.

Il était connu en langue arabe sous les noms de Rabi Ibn Zyad, de Rabi Ibn Zyad al-Usquf, de Rabi Ibn Zyad al-Usquf al-Qurtubi et de Rabi ibn Zaid al-Khatib al-Qurtubi al-Usquf.

Ambassade chrétienne à Cordoue chez le calife (930) Omeyyade Abd al-Rahman III an-Nassir Jose Maria Rodriguez Losada.
Ambassade chrétienne à Cordoue chez le calife (930) Omeyyade Abd al-Rahman III an-Nassir Jose Maria Rodriguez Losada.

Un autre personnage mais d’origine juive Hasdaï ben Yitzhak ben Ezra ibn Shaprut ; en arabe : Abu Yussuf ibn Shabrut) qui fut un médecin, diplomate du xe siècle (né vers 915 à Jaén – mort vers 970 à Cordoue) et ambassadeur du calife  omeyyade Abd al-Rahman III.

C’est à Ḥasdaï qu’il revient d’arranger les alliances contractées entre le calife Omeyyade Abd al-Rahman III et les puissances étrangères, recevant leurs messagers à Cordoue.

En 949, une ambassade est envoyée par Constantin VII pour former des liens diplomatiques entre l’empire byzantin et le puissant dirigeant Arabe d’Espagne. Parmi les présents apportés par l’ambassade, figure le De materia medica, un manuscrit richement orné du médecin et botaniste grec Dioscoride, que les naturalistes et médecins arabes estiment grandement. Romain Lécapène aussi lui envoie des copies des bibliothèques impériales. Ḥasdaï les traduit en arabe, avec l’aide d’un moine grec savant appelé Nicolaos. Ce patrimoine byzantin devient donc la propriété commune des Arabes et de l’Europe médiévale.

Kitab al-hashaish, une traduction en arabe de De Materia Medica de Dioscoride. "Le Cabinet du Docteur"
Kitab al-hashaish, une traduction en arabe de De Materia Medica de Dioscoride. « Le Cabinet du Docteur »

En 955, il obtient un accord de paix avec le roi Ordoño III des Asturies et le duc de Castille.

Il soigne également le roi de León Sanche Ier le Gras pour son obésité, lequel renouvelle la paix avec le calife.

Ḥasdaï rend d’importants services à son maître par son traitement d’une ambassade menée par l’abbé Jean de Gorze, émissaire à Cordoue en 956 par Otton Ier.

Ḥasdaï, en ouvrant les négociations, empêche un incident diplomatique en persuadant les émissaires de rédiger une lettre au calife ne contenant aucune mention offensante pour l’islam.

Jean de Gorze dira « n’avoir jamais vu un homme à l’intelligence aussi subtile que le Juif Ḥasdeu4. »

 califat Omeyyade d'Occident (al-Maghreb) en l'an 1000 sous le calife Hisham II . Abû al-Walîd “al-Mu'yyad bi-llah” Hishâm ben al-Hakim ou Hishâm II, surnommé « Al-Mu'yyad bi-llah » est né le 11 juin 965. Fils du calife Al-Hakam II et de sa favorite Subh, il succède à son père en 976 et est assassiné le 18 mai 1013.
califat Omeyyade d’Occident (al-Maghreb) en l’an 1000 sous le calife Hisham II et le vizir Al-Mansur al-Maafri l’apogée du califat de Cordoue.

Il intervient également en 958, lors des difficultés entre les royaumes de León et de Navarre : la reine Toda aurait besoin de l’aide d’Abd al-Raḥman (qui est, par ailleurs, son neveu maternel) pour réinstaller son petit-fils Sanche sur le trône de León, sans pouvoir se résoudre à s’incliner devant celui qui est aussi son ennemi. C’est Ḥasdaï, envoyé à la cour de Navarre, qui parviendra « par le charme de ses paroles, la force de sa sagesse, la puissance de sa ruse et ses mille astuces » (ainsi que l’exprime un poète juif contemporain), à la persuader de se rendre à Cordoue avec son fils García et son petit-fils Sanche (celui qui a été soigné en 955 par Ḥasdaï), pour s’y prosterner devant le calife, et implorer l’aide de ses armées.

Ḥasdaï demeura en faveur auprès d’Al-Ḥakam, fils et successeur d’Abd al-Raḥman, dont l’amour des sciences dépasse même celui de son père.

La correspondance khazare est un échange de lettres dans les années 950 et 960 entre Hasdaï ibn Shaprut, ministre des affaires étrangères du Calife Omeyyade de Cordoue Abd al-Raham III an-Nassir et Joseph, Khagan des Khazars. :

Il s’agit non seulement de l’un des seuls documents écrits par un Khazar qui soient connus, mais aussi de l’une des très rares sources sur l’histoire khazare. La correspondance khazare présente une version de la conversion au judaïsme du royaume khazar (la lettre de Schechter en contient une autre) et son progrès durant les générations suivantes. Elle montre aussi qu’à moins d’une génération de la chute de l’empire khazar, en 969, l’état khazar est toujours militairement puissant et reçoit tribut de plusieurs états.

Le chroniqueur et historien arabe andalusi Ibn-Said al-Maghribi ( le petit fils du sahabi Ammār b. Yāsir) écrit: «ils sont au nord de la terre habitée vers la clime 7 ayant sur leurs têtes la constellation de la Grande Ourse. Leur terre est froide et humide. Par conséquent leur teint est blanc, leur yeux bleus, sa chevelure rousse et surtout, leurs corps et leurs natures grand froid. Leur aspect général est sauvage. " les armées arabes ont lancé une campagne vers le nord, balayant à travers l'épave de deux empires et emportant tout jusqu'à ce qu'ils atteignent la barrière : la grande montagne du Caucase. C'était au Caucase, cependant, que les Arabes ont rencontré une résisitence satanique ce fut les Khazars, initier aux arts de la guerre. Les khazar étais très mystérieusement fort militairement avec des technique mongole, ces soldats étais d'origine turco païenne.. Ils sont convertie au judaisme et ils sont 90% des juifs dans le monde et ils sont les théoriciens du sionisme
Le chroniqueur arabe andalous Ibn-Said al-Maghribi ( le petit fils du sahabi Ammār ibn. Yāsir) écrit: «ils sont au nord de la terre habitée vers la clime 7 ayant sur leurs têtes la constellation de la Grande Ourse. Leur terre est froide et humide. Par conséquent leur teint est blanc, leur yeux bleus, sa chevelure rousse et surtout, leurs corps et leurs natures grand froid. Leur aspect général est sauvage.  » les armées arabes ont lancé une campagne vers le nord, balayant à travers l’épave de deux empires et emportant tout jusqu’à ce qu’ils atteignent la barrière : la grande montagne du Caucase. C’était au Caucase, cependant, que les Arabes ont rencontré une résisitence satanique ce fut les Khazars, initier aux arts de la guerre. Les khazar étais très mystérieusement fort militairement avec des technique mongole, ces soldats étais d’origine turco païenne.. Ils sont convertie au judaisme et ils sont 90% des juifs dans le monde et ils sont les théoriciens du sionisme

Lettre de Hasdaï (ambassadeur Omeyyade Cordouan au Roi Joseph des Khazar : 

« Moi, Hasday b. Ishâq ibn. Ezra, appartenant au peuple juif exilé de Jérusalem au pays de Sefard (al-Andalus-Espagne), un servant de mon seigneur le Roi, je me plie jusqu’à terre devant toi et me prosterne vers la demeure de votre Majesté, à partir d’une terre lointaine. Je me réjouis de votre sérénité et magnificence, et je tends mes mains vers Dieu dans les cieux, afin qu’il prolonge votre règne en Israël…

Que le Dieu bienfaisant soit béni pour Sa grâce envers moi ! Rois de la terre, qui connaissez la magnificence et le pouvoir de [‘Abd-al-Rahman III l’Omeyyade], apportez lui des cadeaux, conciliez-vous sa faveur par des présents coûteux, vous tels que le Roi des Francs, le Roi des Gebalim, qui sont un peuple allemand, le Roi de Constantinople, et les autres. Tous leurs cadeaux passent par mes mains, et je suis chargé de faire des cadeaux en retour. Ibn Shaprut, qui connaissait plusieurs langues, recevait ces ambassadeurs. Que mes lèvres louent le Dieu du Ciel, qui jusqu’à présent a étendu sur moi sa bonté, sans que je n’aie aucun mérite propre, mais dans la plénitude de Ses Grâces.

Je demande toujours aux ambassadeurs de ces monarques qui apportent des cadeaux, s’ils ont connaissance de nos frères les Israélites, le reste de la captivité, s’ils ont entendu quoi que ce soit au sujet de la délivrance de ceux qui ont langui en esclavage et n’ont trouvé aucun repos.

Finalement, un émissaire marchand de Khorassan m’a dit qu’il y a un royaume de Juifs appelé al-Khazar. Mais je n’ai pas cru ses mots, pensant qu’il me racontait ces choses afin d’obtenir ma bienveillance et mes faveurs. J’étais donc songeur, jusqu’à la venue des ambassadeurs de Constantinople [v. 950] avec des présents et une lettre de leur roi à notre roi, et je les ai interrogés à ce sujet.

Ils m’ont répondu :

“C’est tout à fait vrai, et le nom de ce royaume est al-Khazar. C’est un voyage de 15 jours par mer à partir de Constantinople, mais par terre, de nombreuses nations s’interposent entre nous ; le nom du roi qui règne actuellement est Joseph ; des bateaux arrivent quelques fois chez nous de leur pays, apportant poissons, peaux et marchandises de toutes sortes. Les hommes sont nos confédérés et sont honorés par nous ; il y a des relations entre nous par l’intermédiaire d’ambassades et présents mutuels ; ils sont très puissants, ils maintiennent des armées nombreuses qu’ils engagent occasionnellement dans des expéditions”.

Quand j’ai entendu ce rapport, j’étais excité, mes mains étaient fortifiées et mes espoirs confirmés. Sur ce, je me suis incliné pour adorer le Dieu des Cieux…

Je prie pour la santé de mon seigneur le Roi, pour sa famille et pour sa maisonnée, et que son trône soit établi pour toujours. Que ses jours et ceux de son fils soient prolongés au milieu d’Israël !  »

Lettre du Roi Joseph, fils d’Aaron le Roi, à Hasdaï, le fils d’Isaac, fils d’Ezra; Que le créateur le préserve à la tête de son assemblée.

Réponse du Roi Joseph Khagan des Khazares

« Je désire vous informer que votre lettre magnifiquement rédigée m’a été donnée par Ishaq b. Eliezer, un Juif de la terre d’Allemagne. Vous nous avez rendus heureux et nous sommes enchantés par votre compréhension et votre sagesse …. Renouons donc les relations diplomatiques qui existaient autrefois entre nos pères et transmettons cet héritage à nos enfants.

Vous nous demandez dans votre épître :

“De quel peuple, de quelle famille et de quel tribu vous êtes ? ”

Sachez que nous descendons de Japhet, par son fils Togarma [Dans la littérature juive, Togarma est le père de tous les Turcs].. J’ai trouvé dans le livre généalogique de mes ancêtres, que Togarma avait 10 fils. Voici leurs noms: l’ainé était Ujur (Uyghur), le second Tauris, le troisième Avar, le quatrième Uauz (Oghuz), le cinquième Bizal, le sixième Tarna, le septième Khazar, le huitième Janur, le neuvième Bulgar, le dixième Sawir (Sabir). Je suis le descendant de Khazar, le septième fils.

Je possède un témoignage que bien que nos pères fussent peu nombreux, le Saint béni soit-il, leur a donné la force, la puissance et l’énergie de façon à vaincre, guerres après guerres de nombreuses nations qui étaient plus puissantes et plus nombreuses qu’eux.

Avec l’aide de Dieu, ils les ont chassées et pris possession de leur terre. Ils ont contraint certaines à des travaux forcés, même jusqu’à nos jours. Le territoire où je vis actuellement, était auparavant occupé par des Bulgares. Nos ancêtres, les Khazars sont arrivés et les ont combattus, et bien que ces Bulgares aient été aussi nombreux que les grains de sable de nos plages, ils n’ont pas réussi à contenir les Khazars. Aussi ils quittèrent leur territoire et s’enfuirent pendant que les Khazars les pourchassaient aussi loin que le fleuve Danube. Et depuis ce jour, les Bulgares campent le long du Danube et sont à proximité de Constantinople. Les Khazars ont occupé leur terre jusqu’à maintenant.

Après ceci, plusieurs générations se sont écoulées, jusqu’à ce qu’un certain roi apparaisse, du nom de Bulan. C’était un homme sage qui craignait Dieu, croyant en son Créateur de tout son cœur. Il chassa du pays les magiciens et les idolâtres et pris refuge à l’ombre de ses ailes. Sa renommée rapidement s’étendit à l’étranger. Le roi des Romains et celui des Arabes qui avaient entendu parler de lui, envoyèrent leurs ambassadeurs avec de grandes richesses et de somptueux présents pour le roi et pour ses conseillers dans le but de le convertir à leur religion respective.

Mais le roi, que son nom soit à jamais associé à celui du Seigneur, son Dieu, étant un sage, envoya aussi chercher un Israélite érudit. Le roi, après les avoir observés et interrogés, rassembla les sages des trois religions et leur demanda d’argumenter sur leur religion respective. Chacun réfuta les arguments de ses adversaires, si bien qu’ils ne purent se mettre d’accord. Voyant ceci, le roi leur dit que chacun rentre chez soi, et revenez dans trois jours…

Le troisième jour, il réunit les sages et leur demanda: “Parlez et argumentez entre vous, de façon à m’éclairer sur la meilleure religion.”
Ils commencèrent à se disputer entre eux sans arriver à un résultat, jusqu’à ce que le roi demande au prêtre chrétien : “Que pensez-vous ? De la religion des Juifs ou des Musulmans, laquelle est la préférable ?”
Le prêtre répondit: “La religion des Israélites est meilleure que celle des Musulmans.”

Le roi s’adressa alors au Qadi : “Que dites-vous ? Est-ce que la religion des Israélites est préférable à la religion des Chrétiens ?”

Le cadi répondit: “La religion des Israélites est préférable.”

La dessus, le roi dit : “Il en est donc ainsi; vous avez admis tous les deux que la religion des Israélites est meilleure. En conséquence, confiant en la miséricorde de Dieu et la puissance du Tout-Puissant, je choisis la religion d’Israël, c’est-à-dire la religion d’Abraham. Si ce Dieu, auquel je me confie, et où dans l’ombre de ses ailes je vais trouver refuge, m’aide, il peut me donner sans peine, les trésors d’or et d’argent que vous m’avez promis. Quant à vous, retournez en paix dans votre pays.”

À partir de cet instant, le Tout-Puissant aida Bulan, le conforta et le renforça. Il se fit circoncire, ainsi que ses serviteurs, ses gardes et tout son peuple. Puis Bulan envoya chercher de toute part des sages d’Israël, pour lui interpréter la Torah et pour mettre en place tous les préceptes religieux, et depuis lors, nous sommes soumis à cette religion. Que le nom de Dieu soit béni et que sa mémoire soit exaltée à jamais !

Depuis ce jour, où mes aïeux entrèrent dans cette religion, le Dieu d’Israël a humilié tous leurs ennemis, soumettant tous les peuples autour de nous, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou païens. Aucun n’a été capable de se dresser contre eux jusqu’à aujourd’hui. Tous sont nos tributaires.

Après Bulan, un de ses descendants, du nom de roi Obadia, réorganisa le royaume et établit convenablement et correctement le judaïsme. Il construisit des synagogues et des yechivot, fit venir des savants juifs qu’il gratifia d’or et d’argent. Ils lui expliquèrent le Tanakh, la Mishna, le Talmud et les pratiques des services divins. Le roi était un homme qui révérait et aimait la Torah. C’était un des véritables serviteurs de Dieu. Que l’Esprit Divin lui assure le repos !

Hezekia son fils lui succède ; puis après lui, Manassê son fils; puis Hanukka, le frère d’Obadia ; puis Ishaq, son fils ; après lui, son fils Zebulôn ; puis son fils Môshê; puis son fils Nissi ; et après son fils Aharôn ; puis son fils Menahem ; puis son fils Benyamin ; puis son fils Aharon II ; et enfin moi, Joseph b. Aharon le roi ; je suis roi, le fils d’un roi, et le descendant de rois. Aucun étranger ne peut occuper le trône de mes ancêtres : le fils succède au père. Ceci a été notre coutume et la coutume de nos aïeux depuis le début de leur existence. Que ce soit Sa volonté bienveillante, lui qui désigne tous les rois, que le trône de mon royaume perdure pendant toute l’éternité.

Vous m’avez posé des questions concernant les affaires de mon pays et l’étendue de mon empire. Je veux vous informer que j’habite sur la rive d’une rivière connue sous le nom de Itil. A l’embouchure de la rivière se trouve la mer des Khazars. La source de la rivière se trouve vers l’est à une distance de quatre mois de voyage.

Le long de la rivière habitent de nombreuses tribus dans des bourgs et des villes ouverts ainsi que fortifiés…Gardez à l’esprit que j’habite dans le delta de l’Itil, et qu’avec l’aide de Dieu, je garde le delta de la rivière et interdit aux Rus’ qui arrivent avec leurs bateaux dans la Caspienne, d’avoir des contacts avec les Musulmans. De même, j’interdit à leurs ennemis [musulmans], qui arrivent par les terres, de pénétrer jusqu’à Derbent. Je dois faire la guerre avec eux, car si je leur laisse la moindre chance, ils dévasteraient toute la région des Musulmans jusqu’aussi loin que Bagdad.

Vous m’avez aussi posé des questions sur le lieu où j’habite. Je vous réponds, que par la grâce de Dieu, j’habite le long de la rivière où sont situées trois villes capitales. La reine habite une d’elles ; c’est ma ville de naissance. Elle est relativement importante, construite de façon circulaire, avec un diamètre de cinquante Parasange.

Les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans vivent dans la seconde ville. Avec eux, il y a beaucoup d’esclaves de toutes les nations. C’est une ville carrée de taille moyenne de huit parasanges de long et de large.

Dans la troisième, je réside avec mes princes, mes officiers, mes serviteurs, mes échansons et ceux qui sont mes proches. La ville est circulaire de trois parasanges de diamètre. La rivière coule entre ses murs. C’est ma résidence pendant l’hiver. À partir du mois de Nissan, nous quittons la ville et chacun se rend à son travail, dans ses champs et vignobles…

Vous mentionnez dans votre lettre que vous aspirez à me rencontrer. J’aimerais aussi vivement voir votre plaisante contenance et la rare beauté de votre sagesse et de votre grandeur. Qu’il puisse en être selon votre mot. S’il m’était accordé d’être associé avec vous et de pouvoir contempler votre honorée, charmante et plaisante contenance, alors vous seriez mon père et je serais votre fils. Que tous mes gens soient gouvernés selon vos recommandations et que je conduise mes affaires selon vos consignes et discrets conseils. Adieu. »

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