Boukhara occupée en 710 par les Omeyyades sous Qutayba ibn Muslim

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Boukhara a été occupée en 710 par les troupes arabo-islamiques durant le califat des Omeyyades : le général omeyyade Qutayba ben Muslim y établit son autorité sur un prince local. L'héritier du trône de Boukhara, Tougchada, se rallie rapidement à l'islam et règne de 710 à 739. La ville, qui devint un grand centre culturel dès les Abbassides, faisait alors partie de la province du Khorassan, dont le chef-lieu était Merv. À cette époque, la ville occupait une superficie d'environ 30 à 35 hectares et était entourée d'un rempart avec sept portes d'accès. Les rues étaient orientées selon les points cardinaux et s'organisaient comme un échiquier. Au ixe siècle, la ville devient la capitale de la dynastie persane vassale des Abbassides les Samanides (875-999) et l'aspect de la ville est à nouveau modifié : on observe onze portes d'accès, le « rabad » (faubourg) s'étend autour de la partie intérieure (« chakhristan »). Des savants, poètes, écrivains résidaient à Boukhara au xe siècle : le grand médecin Avicenne (Abu Ali Ibn Sînâ), né à proximité (980-1037), le poète Rudaki et le savant encyclopédiste al-Biruni (mathématicien, physicien, astronome, historien, etc.), né près de Khiva (973-1048), qui correspondit avec Avicenne. Boukhara est le berceau d'al-Boukhârî (810-870)

Boukhara (en ouzbek : Бухoрo, Buxoro ; en russe : Бухара ; en turc : Buhara ; en persan : بُخارا) est une ville d’Ouzbékistan, située au centre-sud du pays. Il y a deux hypothèses concernant l’étymologie du mot :Buqaraq du sogdien qui signifierait « lieu fortuné » et Vihara en sanskrit qui désigne un monastère bouddhiste. Elle est la capitale de la province de Boukhara (Buxoro Viloyati). Ses habitants sont les Boukhariotes.

Au cœur de la Route de la soie et du royaume perse, Boukhara et Samarcande, protectorats russes depuis le milieu du XIXe siècle, ont été rattachées à la Russie bolchévique en 1920 et à la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan sous Staline.

Mosquée Po-i-Kalân
Mosquée Po-i-Kalân

L’oasis de Boukhara, active dès l’antiquité, a très tôt attiré la convoitise de ses États voisins : déjà au vie siècle av. J.-C., les rois de Perse dont, plus tard, Darius, l’avaient envahie ; puis en 329 avant J.C., après l’invasion de l’Iran par Alexandre le Grand, le territoire de Sogdiane, dont faisait partie Boukhara, devint une possession grecque jusqu’au iie siècle av. J.-C.. Entre la fin du ier siècle av. J.-C. et la moitié du ive siècle, Boukhara fait partie du royaume de Kushan. C’est au début de cette époque que commence à s’établir un commerce avec les pays d’occident et ceux d’orient. Au ve siècle, Boukhara est intégrée dans l’État desHephtalites2.

Boukhara a été occupée en 710 par les troupes arabo-islamiques durant le califat des Omeyyades : le général omeyyade Qutayba ibn Muslim y établit son autorité sur un prince local et construit en l’an 713 la première mosquée.

L’héritier du trône de Boukhara, Tougchada, se rallie rapidement à l’islam et règne de 710 à 739.

La ville, qui devint un grand centre culturel dès les Abbassides, faisait alors partie de la province du Khorassan, dont le chef-lieu était Merv.

À cette époque, la ville occupait une superficie d’environ 30 à 35 hectares et était entourée d’un rempart avec sept portes d’accès. Les rues étaient orientées selon les points cardinaux et s’organisaient comme un échiquier.

Au ixe siècle, la ville devient la capitale de la dynastie persane vassale des Abbassides les Samanides (875-999) et l’aspect de la ville est à nouveau modifié : on observe onze portes d’accès, le « rabad » (faubourg) s’étend autour de la partie intérieure (« chakhristan »).

Des savants, poètes, écrivains résidaient à Boukhara au xe siècle : le grand médecin Avicenne (Abu Ali Ibn Sînâ), né à proximité (980-1037), le poète Rudaki et le savant encyclopédiste al-Biruni (mathématicien, physicien, astronome, historien, etc.), né près de Khiva (973-1048), qui correspondit avec Avicenne. Boukhara est le berceau d’al-Boukhârî (810-870), un important compilateur de hadiths

La première mosquée construite à Bukhara, le fut ici en 713 par Qutayba ibn Muslim dans la cour sud de la citadelle de Bukhara, elle est fut reconstruite et brûler lors des de multiples guerres
La première mosquée construite à Bukhara, le fut ici en 713 par Qutayba ibn Muslim dans la cour sud de la citadelle de Bukhara, elle est fut reconstruite et brûler lors des de multiples guerres

En 999, la ville fut envahie par les Qarakhanides. À cette époque, des monuments, encore visibles aujourd’hui, furent édifiés : le minaret d’Arslan-Khana (minaret de Kalian), la mosquée de Magoki-Attari, la mosquée de Namezgokh, le mausolée de Tchachma-Ayoub (la source de Job)2.

De 1102 à 1238, la ville fut gouvernée par la famille cadi des Ali-Burhan.

 

L'ancienne mosquée Magok-i-Attari à Boukhara en Ouzbekistan a été construite au 9e siècle sur les vestiges d’un temple zoroastrien elle a été détruite par un incendie en 937 et reconstruite au xiie siècle. L'historien de Boukhara Abu Bakr Mohammed al-Nerchakhy, en 943, disait dans sont ouvrage:. "Il y avait un bazar à Boukhara, qui été appelé le bazar Mokh avec des souq publiques (..) les anciens habitants de Boukhara étaient idolâtres, et ce temps des idoles était  utilisés pour le commerce dans ce bazar; cette coutume a persévré... plus tard cet endroit était devenue un temple païen des adorateurs du feu avant l'établissement de l'Islam ici, quand les musulmans, ont gagner en force, et pris la ville ils ont construit. sur ce site leur mosquée, et maintenant elle est l'une des grandes mosquées de Boukhara ". cela indique que la mosquée Magoki-Attari est l'une des premières mosquées de Boukhara.
L’ancienne mosquée Magok-i-Attari à Boukhara en Ouzbekistan a été construite au 9e siècle sur les vestiges d’un temple zoroastrien elle a été détruite par un incendie en 937 et reconstruite au xiie siècle. L’historien de Boukhara Abu Bakr Mohammed al-Nerchakhy, en 943, disait dans sont ouvrage:. « Il y avait un bazar à Boukhara, qui été appelé le bazar Mokh avec des souq publiques (..) les anciens habitants de Boukhara étaient idolâtres, et ce temps des idoles était utilisés pour le commerce dans ce bazar; cette coutume a persévré… plus tard cet endroit était devenue un temple païen des adorateurs du feu avant l’établissement de l’Islam ici, quand les musulmans, ont gagner en force, et pris la ville ils ont construit. sur ce site leur mosquée, et maintenant elle est l’une des grandes mosquées de Boukhara « . cela indique que la mosquée Magoki-Attari est l’une des premières mosquées de Boukhara.

Gengis Khan s’empare de la ville en 1220. La ville est intégrée à l’empire des Timourides en 13703. La ville perd de son importance politique au profit de Samarcande mais en 1506, la dynastie des Chaybanides s’empare de Boukhara et, dans la seconde moitié duxvie, Abdullah Khan fit de la ville le centre politique du khanat de Boukhara2.

Le khanat de Boukhara (15991920), qui englobait Samarcande, fut l’un des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de Djaghataï, avec ceux de Khiva et de Kokand.

À partir de 1599, une nouvelle dynastie commence à régner, les Astrakhanides, bientôt secouée par des querelles internes importantes. Puis, en 1740, le roi de Perse Nâdir Shâh envahit le khanat de Boukhara, nomme comme gouverneur Muhammed-Rakhim-Khan ; ce dernier se proclame émir, fonde une nouvelle dynastie, les Manghit (17531920). Cette période est une période de déclin pour Boukhara2.

Le mur d'enceinte de la citadelle Ark.
Le mur d’enceinte de la citadelle Ark. de Bukhara

La citadelle Ark, dans sa configuration globale actuelle, date du xvie siècle, sous les Chaybanides, mais la première forteresse sur ce site a été construite au viie siècle. Les bâtiments visibles aujourd’hui datent des trois derniers siècles.

Elle a servi de résidence aux émirs jusque 1920, date de destitution du dernier émir par les forces russes.

 

Statue d'un lion dans l'enceinte de la citadelle Ark.
Statue d’un lion dans l’enceinte de la citadelle Ark.

De la citadelle, il ne reste que quelques bâtiments ou installations, principalement les remparts, le portail d’entrée, une mosquée et la salle du trône (ou salle de réception) de l’émir.

La salle de réception, à ciel ouvert, rectangulaire, comprend un iwan à piliers en bois sur trois des quatre côtés.

File:Ark fortress mihrab mosque 1.JPG
Mihrab de la mosquée de la citadelle Ar

L’entrée de la citadelle se fait à partir d’une grande place (Registan) où avaient lieu les châtiments et exécutions publiques. Le portail est flanqué de deux tours entre lesquelles sont placées une terrasse et une galerie couverte. C’est de cette galerie que l’émir assistait aux exécutions publiques qui avaient lieu sur le Registan.

L'iwan de la façade de la mosquée Bolo Haouz.
L’iwan de la façade de la mosquée Bolo Haouz.

La mosquée Bolo Haouz (ce qui signifie « près du bassin ») est une mosquée de Boukhara, en Ouzbékistan. Construite en 1712, en face de la citadelle d’Ark dans le quartier du Régistan, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, comme l’ensemble de la ville historique. Elle servait avant le rattachement à la Russie bolchévique (1920) de mosquée du Vendredi (mosquée principale) où venait prier l’émir de Boukhara. C’est en 1917 que, devant l’iwan (servant d’entrée d’honneur), ont été rajoutées des colonnes de bois peint allongées exagérément pour constituer avec une toiture en bordure une salle de prière d’été. Les chapiteaux sont ornées demuqarnas colorés. La mosquée a été réaffectée au culte depuis une vingtaine d’années.

Le minaret Kalon vu depuis la mosquée Kalon.
Le minaret Kalon vu depuis la mosquée Kalon.

Le minaret Kalon domine la ville à plus de 48 mètres de hauteur. Un minaret se tenait à cet emplacement dès 919. Il fut détruit en 1068. Un minaret en bois le remplaça, bientôt détruit lui aussi quelques années plus tard. L’actuel minaret fut construit en 1127, voulu comme la plus haute tour d’alors. La tour servit à d’autres fonctions que l’appel à la prière : elle était utilisée comme tour de guet, comme repère pour les caravanes. Sous les Manguits, les criminels étaient menés au sommet, placés dans des sacs et poussés dans le vide après lecture de leurs méfaits.

Le minaret comprend une base octogonale puis une succession de dix anneaux de briques vernissées, et, au sommet, une lanterne percée de 16 fenêtres.

La madrasa Mir-i-Arab.
La madrasa Mir-i-Arab.

La madrasa Mir-i-Arab (15351536 a été construite au début du xvie siècle12 par le cheikh Abdoullah Yamani, chef religieux soufi3 d’origine yéménite et guide spirituel de l’émir de Boukhara, Oubaïd Oulla Khan (1487-1540). Abdoullah poussait l’émir à la guerre sainte de la Transoxiane contre les Perses. Alors que l’on considérait autrefois que la médersa aurait été construite en 1535, certains travaux récents avancent que la médersa a été construite plus tôt, après 1512, date de la victoire des Chaybanides contre les guerriers nouvellement chiites du chah séfévide Ismaïl à Guijdouvan. Tous s’accordent sur le fait qu’elle a été construite sur les fonds d’Oubaïd Oulla Khan, grâce à la vente de plus de trois mille esclaves persans4, tandis que les affrontements suivants entre Chaybanides et Iraniens n’interviennent que plus tard dans les années 1620. De plus, la mort du cheikh Aboullah a été précisée à la date de 15265. Le cheikh soufi avait souhaité être enterré dans cette médersa, ce qui laisse supposer qu’à sa mort sa construction était, sinon terminée, du moins largement entamée. La médersa a connu une vague de travaux entre 1530 et 1536. Son nom signifie en persan « bien immobilier de l’Arabe » (Abdoullah était né au sud de la péninsule Arabique).

Notes et références

  1. a et b Dominique et Janine Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, Paris, PUF, 1996 (ISBN 978-2-1304-7320-6).
  2. a, b, c, d, e, f et g Youri Goldenchtein, Sylvia Melkoyan, Samarcande, Boukhara, Chakhrisiabz, Khiva, Courbevoie, ACR éditions, 1995 (ISBN 2-86770-074-4)
  3. Ulugh Beg reçut à Boukhara à l’hiver 14201421 une ambassade du Tibet, mais aucun détail ne nous est connu de cette rencontre
  4. C’est en considération de cette importance religieuse qu’Ulugh Beg (13941449), le prince timouride et astronome de Samarcande, fit construire une médersa (institut), au fronton de laquelle il fit graver la phrase : « L’étude est un devoir sacré pour chaque musulman et chaque musulmane »
  5. a, b, c et d Markus Hattstein et Peter Dellus (dir.), Arts et civilisations de l’islam, Cologne, éd. Könemann, 2000 (ISBN 3-82902-556-4)
  6. Hervé Beaumont, préface de Pierre Gentelle, Asie centrale, Le guide des civilisations de la route de la soie, Paris, éd. Marcus, 2008 (ISBN 978-2-71310-228-8)
  7. Divan-Begui est un titre équivalent à grand vizir ou ministre des finances
  8. a et b Calum MacLeod, Bradley Mayhew Ouzbékistan. Samarcande, Boukhara, Khiva, Genève, éd. Olizane, juin 2010 (ISBN 978-2-88086-377-7).
  9. Nicole Gesché-Koning et Greet Van Deuren, Iran, service culturel et éducatif, musées royaux d’art et d’histoire, Bruxelles, 1993, p. 86
  10. Le terme de « mausolée » ne s’applique pas stricto sensu : il est utilisé ici, traditionnellement, pour commémorer un lieu légendaire et vénéré.
  11. Voir aussi Le Tak-i Zagaron sur le site archnet.org [archive] (en anglais).
  12. Voir aussi Le Tim Abdullah Khan sur le site archnet.org [archive] (en anglais).
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