L’histoire de la Corse Islamique des Omeyyades au Ottomans :

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La Corse par le grand géographe musulman et Amiral Turc Ottoman Piri Reis
La Corse par le grand géographe musulman et Amiral Turc Ottoman Piri Reis

L’île de la Corse  fut attaquée plusieurs fois par les Omeyyades de Dimashq en l’an 85 de l’Hégire (704) puis par les Abbassides en l’an 190 de l’Hégire et les années qui suivront par l’émirat arabe d’Afrique du Nord des Aghlabides de Kairouan vassaux des Abbassides de Baghdad (806-807-809) jusqu’à la capture de la ville d’Aléria. Puis l’île sera capturée l’année suivante et perdue en l’an 215 de l’Hégire (830).

L’île sera une nouvelle fois reprise aux mains des arabes musulmans à la fin du troisième siècle Hijri par l’émir Abu al-Hussain al-Mujahid al-Amiri ( mawla amiride d’al-Mansour)  et perdue en l’an 483 de l’Hégire (1090). 

Les noms des lieux, rappel les passages arabes . Les récits de pillages, de hameaux rasés, de populations entières emmenées en captivité – « à l’exception de l’évêque, des vieillards et des infirmes! » – font partie du patrimoine insulaire. Morosaglia, Moriani, Campo-Moro ou Morsiglia, dans le cap Corse, des patronymes comme Moreschi, Morachini, Morazzani sont autant d’héritages mauresques.

L’absence de vestiges de ces 9 siècles d’histoire de la Corse musulmane, nous amène à nous demander, si l’Eglise d’alors, toute puissante en Corse, et s’estimant propriétaire de l’Ile, ne se serait pas employée lors de sa reconquête, à faire disparaître toute trace de présence « infidèle »…

Il est difficilement pensable que des peuples soient restés aussi longtemps dans certaines régions de l’Ile, en laissant aussi peu de vestiges !

Ces peuples se sont certainement livrés à des destructions et à des pillages, comme les manuels d’histoire, se plaisent à le souligner, mais dans des proportions équivalentes à celles des autres peuples (chrétiens) qui se sont succédés dans l’Ile. De la période Ilsamique dite maure, nous savons qu’un émir Arabo-musulman (Roi maure) du nom de Nugolone régna au 8ème siècle et qu’ils sont restés présents sur les côtes, jusqu’au 10 ème siècle. Des noms de lieux témoignent de cette présence : Campomoro, Morsiglia, Morosaglia, Moriani, Moriccio…

Pour assurer une meilleure tranquillité du commerce, Pise et Gênes combattent les bases arabes (sarrasines)  qui restent en Corse en 1015 une fois la reconquête de la Corse achevée : le dernier épisode étant le départ aux environs de l’an 996 du ‘dernier des 6 rois arabo-musulmans dit maures, Nugolone, de son qasr (château) de Corduvella près Montemaggiore, pour les Baléares, où son ami le roi Saoud le mawlah du hajib omeyyade al mansur dit al-Manzor donnera son trône et sa sœur Aïcha à Salim, fils de Nugolone lequel avait pour épouse Cinna, originaire de Mausoléo di Giussani.

Au xie siècle, le marquis Alberto aurait chassé les arabes (Sarrasins) de Rome et contribué à la défense de la Corse.

Giovanni della Grossa, chroniqueur insulaire de la fin du 14 ème siècle et du début du 15 ème parle de Corses fuyant pour échapper au pillage (?) des Musulmans (Maures), mais aussi de conversions massives des Corses à l’Islam. Si l’on peut relativiser celles-ci, on ne peut nier leur existence. On suppose que ceux qui n’ont pu s’enfuir avec les Maures, ont été soit contraints de renier l’Islam ou ont été passés par le fil des très chrétiennes épées.

La tête de Maure figurant sur le drapeau corse… symboliserait la victoire des Chrétiens sur les Musulmans dit Maures. (mais l’avis des historien diverge sur le sujet)

Les ruines de Castello dei Mori (château des Arabes ou des Musulmans dit Maures) se trouveraient à Prunelli di Casacconi.

Parmi les villes et les villages envahis et dévastés (on voit difficilement l’intérêt de dévaster des lieux qu’on vient d’envahir ?) par les Turcs et les Barbaresques, on cite fréquemment :

Algajola (les Turcs) en 1643 ;

Albellara (les Turcs) en 1583 ;

San Pietro (Les arabes) di Tendo du 7 ème au 11 ème siècle ;

Propriano, du 16 ème au 17 ème siècle ;

Manso, jusqu’au 17 ème siècle (Ottomane) ;

Santa Giulia di Tavaro (les Turcs) au 16 ème siècle ;

Ogliastro au 16 ème et au 17 ème siècle ; Île Rousse (Ottomans) ;

Pietra Corbara (Ottomans) ;

Porto-Vecchio (Barbaresques) jusqu’au 15 ème siècle ;

Ersa (Turcs) de 1555 à 1570 ;

Ortinola (Turcs) en 1563 ;

Bonifacio (Turcs alliés des Français) en 1554 ;

Sartène (Barbaresques) du 14 ème au 18ème siècle :

en 1583 près de 400 habitants auraient été emmenés en esclavage ;

en 1583, le Corsaire turc Dragut aurait canonné la cité pendant 18 jours et nuits ;

Girolata : le corsaire Turc Dragut enleva en 1524, 9 vaisseaux. On dit qu’un certain Manoni, originaire de Pino, était à la tête des Turcs qui ont saccagé Ortinola, en 1563.

Beaucoup de Barbaresques, étaient des Corses convertis à l’islam. On dit que ces Corses étaient des captifs de… barbaresques… Ce qui est certain, c’est que de nombreux Corses, les Capcorcins en particulier, on émigré en Afrique-du-Nord dès le 14 ème siècle, pour exercer leurs métiers de pêcheur ou de marin au service de l’Empire Ottoman. Tavera, est la patrie de Pietro Paolo Tavera, qui devint Dey d’Alger sous le nom de Hassan Corso au 16 ème siècle. Pendant une longue période, les Corses, occupèrent toutes les hautes fonctions de l’administration ottomane en Algérie et en Tunisie.

On dit que la tour médiévale d’Appietto porte des inscriptions arabes.

Un trésor Maure aurait été trouvé au 18 ème siècle à Lumio, par l’Abbé Colonna.

Bibliographie et Sources : 
  • Daniel Milan : Maures », « Sarrazins », « Barbaresques » et « Turcs » Tabous, mythes et réalités. article inédit rédigé en octobre 1999
  • Alérius Tardy in Fascinant Cap Corse, Bastia-Toga 1994
  • Histoire de la Corse, par Francis Pomponi. Hachette Littératures.
  • Chronique médiévale corse, d’après Giovanni della Grossa. Editions La Marge, Ajaccio.
  • La Corse médiévale, par Silio Scalfati. Editions Alain Piazzola, Ajaccio.
  • Histoire de la Corse, par Michel Vergé-Franceschi. Editions du Félin.
  • Histoire de la Corse, par Pierre Antonetti. Robert Laffont.
  • Sampiero Corso, par Antoine-Marie Graziani et Michel Vergé-Franceschi. Editions Alain Piazzola, Ajaccio.

liens :

 http://www.lexpress.fr/region/la-marque-des-sarrasins_480322.html#vkboBOIxiE84MTBq.99 

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