Débuts de la dynastie Fatimide en Ifrîk’iyya par ibn al-Athir de son kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires, 1231)

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fatimide evolution aghlabide
Les débuts des fatimides face au Aghlabides (abbassides) 1) Officier de commandement arabe 10eme siècle 2) Officier de terrain 10eme siècle 3 ) Berberesaharien fantassin avec chameau porte bannière 10eme siècle

Débuts de la dynastie Fatimide en Ifrîk’iyya par  ibn al-Athir de son  kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires, 1231) 

Cette dynastie, qui étendit au loin les limites de son autorité et qui eut une longue durée, commença cette année-là (296 = 29 septembre 908) en Ifrîk’iyya et finit en Egypte en 567 (3 septembre 1171). Il nous faut donc en parler d’une façon détaillée et exacte.

Le premier qui régna fut Abou Mohammed ‘Obeyd Allah, qui était, dit-on, [P. 18] Mohammed ben ‘Abd Allah ben Meymoûn ben Mohammed ben Ismâ’îl ben Djafar ben Mohammed ben ‘Ali ben el-H’useyn ben ‘Ali ben Abou Taleb. Ceux qui donnent cette généalogie voient dans l’Abd Allah qui y figure le fils de Meymoûn el-K’addâh’, celui qui a donné son nom aux K’addâh’iyya.[207]

D’autres disent qu’il s’agit d’Obeyd Allah ben Ahmed ben Ismâ’îl II ben Mohammed ben Ismâ’îl ben Djafar ben Mohammed ben ‘Ali ben ‘Ali ben el-H’oseyn ben Abou Taleb. Les savants ne sont pas tous d’accord sur l’authenticité de cette généalogie.

Le Mahdi et ses partisans, affirmant que l’imamat lui appartient, soutiennent que, telle que nous l’avons rapportée, elle est exacte et se montrent tout à fait catégoriques à cet égard et beaucoup d’Alides, versés dans les connaissances généalogiques, sont d’accord avec eux. Le chérif er-Rad’i[208] leur apporte aussi son témoignage :

[Khafif] Est-ce une humble situation qui doit être la mienne, moi au sujet de qui les dires sont décisifs et dont l’honneur est intact ? Je suis en pays ennemi livré à l’abjection, alors qu’un khalife Alide règne en Egypte. Celui dont le père est mon père, celui dont le patron est le mien, tel est mon répondant qui réside loin d’ici ; c’est. Mohammed, seigneur de tous les hommes, c’est ‘Ali qui ont fait que le sang.de ses veines et des miennes est le même. Certes, dans cette autre atmosphère, mon abjection actuelle deviendrait de la puissance, dans ce pays-là ma soif se transformerait en satiété.

Ce n’est que par crainte qu’il n’a inséré ces vers nulle part dans son divan, et il n’y a pas d’argument à tirer de ce qu’il a signé à l’acte improuvant les prétentions généalogiques de cette dynastie,[209] — car la peur en « fait faire bien d’autres — en présence du fait que voici et qui prouve ce que j’ai avancé.

 

Quand (le khalife Abbaside) El-K’âdir Billah eut pris connaissance des vers cités plus haut, il fit venir le kadi Abou Bekr ben el-Bâk’ilâni[210] et lui fît porter ce message au chérif Abou Ahmed Moûsewi, père[211] du chérif Er-Rad’i :

« Tu n’es pas sans savoir quelle est ton influence auprès de nous, quel est le compte que nous tenons toujours de toi à cause de ton amitié pour nous, quelles sont les situations honorables que tu dois à notre dynastie. [P. 19] Or il ne se peut pas que tu vives auprès d’un pouvoir qui a tes sympathies et que ton fils s’y montre hostile ; et pourtant je viens d’apprendre qu’il est l’auteur de tels et tels vers ! Je voudrais bien savoir en quoi consiste sa situation humiliante, à lui qui est chargé de la surintendance des chérifs et de celle du pèlerinage, deux des charges les plus importantes ! S’il était en Egypte, il serait perdu dans la foule du peuple ! »

Et le khalife continuait longtemps sur le même ton. Abou Ahmed jura qu’il ne savait rien et fit appeler son fils, avec qui il eut une conversation à ce sujet, et qui lui répondit par des dénégations.

« Eh bien ! reprit Abou Ahmed, écris au khalife une lettre d’excuses où tu reconnaîtras que la généalogie de l’Égyptien est supposée et que c’est lui qui la prétend authentique. »

Mais Er-Rad’i s’y refusant et son père lui reprochant de le considérer lui même comme un menteur :

« Non, reprit Er-Rad’i, je ne le traite pas de menteur, mais je crains les missionnaires qui sont envoyés du Deylem et de l’Egypte et qui rôdent partout.

— Alors tu crains et  » respectes quelqu’un qui est loin pour irriter quelqu’un qui est proche, qui te voit et t’entend, qui peut disposer de toi et de ta famille ?»

Et la conversation se poursuivit ainsi, mais sans qu’Er-Rad’i consentît à écrire au khalife, si bien que son père s’emporta et jura qu’il ne resterait plus désormais dans la même ville que lui. Enfin l’affaire se termina par l’aveu que fit Er-Rad’i, sous serment, qu’il n’était pas l’auteur de ces vers, et c’est ainsi qu’on arrangea les choses.

Ce refus d’Er-Rad’i de s’excuser et d’attaquer la généalogie des Fatimides, malgré la crainte qu’il ressentait, est un puissant argument en faveur de l’authenticité. J’ai moi-même interrogé plusieurs des principaux Alides à ce propos, et nul n’a émis de doute que les choses ne soient telles.

D’autres ont dit que cette généalogie est controuvée et inauthentique, et certains sont allés jusqu’à dire qu’Obeyd Allah est Juif.

Art fatimide
Art fatimide, avec un  guerrier et son épée 

 

Sous le règne d’El-K’âdir (l’Abbaside), on mit au jour une pièce pourvue de diverses signatures et attaquant la généalogie d’Obeyd Allah et de ses enfants, et plusieurs Alides et autres y affirmèrent que sa descendance du Prince des croyants ‘Ali n’était pas établie.

Parmi les Alides signataires figuraient [P. 20] El-Mortad’a[212] et son frère Er-Rad’i, Ibn el-Baf’h’âwi et Ibn el-Azrak’ ; parmi les non-Alides, Ibn el-Akfâni, Ibn el-Kharazi, Abou’l-‘Abbâs Abîwerdi, Abou H’âmid, Kechfeli, K’odoûri, Çaymeri, Abou’l-Fad’l Nisawi, Abou Djafar Nesefi et Abou ‘Abd Allah ben en’-No’mân, le juriste chî’ite.

Les partisans de l’authenticité prétendirent que les savants qui avaient signé cette pièce ne l’avaient fait que par crainte, et que d’autre part il n’y avait aucun argument à tirer du dire de gens qui n’étaient pas versés dans la science des généalogies.

D’après l’émir ‘Abd el-Aziz, auteur de la chronique d’Ifrîk’iyya et du Maghreb,[213] les juifs le reconnaissent pour un des leurs ; or cet auteur parle d’après plusieurs savants et a scruté avec un grand zèle les débuts de cette dynastie.

Je vais rapporter la substance des assertions de cet écrivain, qui est un narrateur soigné, mais je décline d’ailleurs la responsabilité de ses attaques. « Quand, dit-il, Dieu envoya son prophète Muhammad paix et bénédiction d’ALLAh sur lui , cela fut cause d’un grand émoi chez les Juifs, les Chrétiens, les Roum, les Persans, les K’oreych et les autres Arabes, car il venait proclamer la vanité de leurs rêveries, attaquer leurs religions et leurs divinités et semer chez eux la dispersion.

Aussi se réunirent-ils tous contre lui, mais le seul appui divin suffit à déjouer leurs ruses et à lui assurer la victoire, de sorte qu’alors ceux que Dieu dirigeait embrassèrent l’islamisme. Après sa mort l’impiété réapparut, et les Arabes, dans la croyance que les Compagnons manqueraient de vigueur, chancelèrent dans leur foi.

Abou Bekr combattit dans la voie de Dieu, tua Moseylema, refoula l’apostasie, avilit l’infidélité, mit sous ses pieds la Péninsule arabique, porta la guerre en Perse et chez les Roum. A sa mort encore on crut que c’était fait de l’Islam.

Mais son successeur ‘Omar ben el-Khat’t’âb infligea des humiliations aux Persans et aux Roum, il s’empara de leurs territoires ; en vain les impies suscitèrent contre lui Abou Lou’lou’a[214] dans l’espoir qu’en l’assassinant ils éteindraient la lumière de l’Islam, ce fut ce traître qui trouva la mort. Vint ensuite ‘Othman, qui enrichit encore la série des victoires et sous qui s’accrut l’étendue de l’empire.

Il périt de mort violente, et son successeur le Prince des croyants ‘Ali [P. 21] gouverna de la plus remarquable façon.

Désespérant d’anéantir l’Islam par la force, les ennemis de la foi se mirent à supposer des traditions mensongères, à inspirer aux esprits à la foi vacillante des doutes sur les choses les mieux établies par les traditionnaires, à employer l’interprétation allégorique pour corrompre le vrai et l’attaquer.

Les premiers qui agirent ainsi furent Abou’ l-Khal’t’âb Mohammed ben Abou Zeyneb, client des Benoû Asad, Abou Châkir Meymoûn ben Dayçân, auteur du El-Mizân fî noçret ez-zendak’a,[215] et d’autres encore.

Ils confièrent à ceux qui leur inspiraient confiance que chacune des pratiques de la religion avait un sens caché et que Dieu n’impose pas à ses saints (weli) non plus qu’à ceux qui connaissent les imams et les bâb[216] la prière ni la sekât, etc., et qu’en outre il ne leur défend rien ; ils leur permirent d’épouser leurs propres mères ou leurs propres sœurs, car ces restrictions, ajoutaient-ils, ne sont imposées qu’à la masse, et non aux élus.

De plus ils firent montre de se déclarer partisans de la famille du Prophète, pour cacher leur jeu et se concilier les masses.

Leurs adeptes se dispersèrent dans les divers pays et affectèrent, pour ainsi séduire les hommes, de mener une vie ascétique et adonnée aux pratiques religieuses, tandis que dans la réalité ils étaient tout autres.

« Abou’ l-Khal’t’âb fut mis à mort à Koûfa avec un certain nombre de ses adeptes. Ceux-ci lui avaient autrefois manifesté la crainte qu’ils avaient des troupes, mais il les avait tranquillisés en leur disant que les armes ne pourraient agir sur eux. Quand leurs cous commencèrent à tomber sous le sabre, ils lui rappelèrent ce qu’il leur avait dit : «Puisque Dieu le veut, répondit-il, à, quoi peut servir mon habileté ? »

«Ces hommes se dispersèrent partout et, s’étant mis à apprendre la prestidigitation, les enchantements, l’art des prestiges, l’astrologie et l’alchimie, ils surent habilement s’en servir selon les circonstances et les dispositions de ceux avec qui ils se trouvèrent en rapport, tandis qu’ils agissaient sur la masse par leur affectation d’ascétisme.

Ibn Dayçân eut un fils nommé ‘Abd Allah K’addâh’, à qui il enseigna tous les tours et qui, mis par lui au courant des secrets de la secte, devint d’une grande habileté.

Une carte 1886 du 10ème siècle Proche-Orient montrant la province de Jibal
Une carte de l’an  1886 , de la région au 10ème siècle du Proche-Orient montrant la province de Jibal avec les villes d’Ispahan et de Kardj

 

Il y avait dans les environs de Kardj[217] et d’Ispahan un individu nommé Mohammed ben el-H’oseyn et surnommé Dendân,[218] [P. 22] qui, administrateur de ces régions et y occupant une haute situation, détestait les Arabes et s’attachait à réunir les preuves de leurs mauvaises actions.[219]

K’addâh’ alla le trouver, et par ce qu’il lui apprit à ce sujet, accrut son influence auprès de lui. Il lui conseilla de tenir cachés ses vrais sentiments sans les divulguer, mais de se faire ouvertement chi’ite en déblatérant contre les Compagnons, car, dit-il, « c’est autant qu’attaquer la Loi et par eux tu en atteindras d’autres».

Son protecteur approuva ces paroles, et lui remit de fortes sommes destinées à l’entretien des missionnaires de la foi nouvelle, que ces subsides permirent d’envoyer dans les divers cantons de l’Ahwaz, de Baçra, de Koûfa, de T’âlek’ân, du Khorasan et de Salamiya, dans le territoire d’Emesse. Puis K’addâh’ et Dendân moururent.

» K’addâh’, ainsi surnommé parce qu’il était oculiste et opérait de la cataracte, fut après sa mort remplacé par son fils Ahmed, qui prit comme compagnon un homme du nom de Rostem ben el-H’oseyn ben H’awcheb ben Dûdân Neddjâr, originaire de Koûfa.[220]

 

Ruines de l'antique ville yéménite sabéenne de Ma'rib
Ruines de l’antique ville yéménite sabéenne de Ma’rib

Comme ils se rendaient ordinairement aux tombeaux sacrés (mechhed), ils y trouvèrent un Yéménite de Djened,[221] nommé Mohammed ben el-Fad’l, chî’ite très riche et appartenant à une tribu importante, qui s’était rendu en pèlerinage au tombeau d’El-H’oseyn ben ‘Ali et qui y pleurait abondamment. Quand il sortit, Ahmed, attiré vers lui par les larmes qu’il lui avait vu verser, fit sa connaissance et lui exposa sa doctrine, qui trouva bon accueil.

Il envoya alors dans le Yémen avec le nouvel adepte En-Neddjâr, à qui il ordonna d’observer les pratiques de la religion et de vivre en ascète tout en attirant la population à la croyance du Mahdi et de l’imminente apparition de celui-ci dans le Yémen. En-Neddjâr se rendit dans ce pays, où il s’installa à ‘Aden, proche d’un groupe de Chiites nommés les Benoû Moussa, et il se mit à vendre la pacotille dont il s’était muni.

Les Benoû Moussa se rendirent auprès de lui pour lui demander le motif de son arrivée, et comme il voulait se dire commerçant : « Non, » lui dirent-ils, « ce n’est pas là ta profession ; tu es l’envoyé du Mahdi, et nous avons entendu parler de toi. Nous autres, nous sommes les Benoû Moussa, que tu connais peut-être ; réjouis-toi donc et sois sans méfiance, car nous sommes tes frères ». Alors il se dévoila, les affermit dans leurs intentions, représenta le pouvoir du Mahdi comme près de se réaliser et leur fit faire des approvisionnements considérables en armes et en chevaux, car, disait-il, les temps étaient venus, et le Mahdi allait bientôt paraître chez eux.[222]

[P. 23] Ces agissements parvinrent aux oreilles des Chiites de l’Irak, qui se rendirent alors auprès de lui, de sorte que les sectaires formèrent un groupe nombreux et puissant. Ils firent contre leurs voisins des expéditions qui leur procurèrent du butin et leur permirent de prélever des impôts. Leur chef put ainsi envoyer de riches présents aux enfants, restés à Koûfa, d’Abd Allah K’addâh’. On avait d’autre part envoyé au Maghreb deux missionnaires, El-H’olwâni et Abou Sofyân, en leur disant :

« Le Maghreb est une terre en friche ; allez là labourer en attendant l’arrivée du semeur.[223] »

L’un d’eux alla s’installer à Mermadjenna, dans le pays des Ketâma, et l’autre à Soûk’ H’imâr[224] ; le cœur des habitants se donna aux nouveaux venus, à qui l’on apporta argent et cadeaux, et qui, après une longue existence, moururent à un court intervalle l’un de l’autre.

Un arabe avec un turban jouent de la musique, fatimide, egypte 10eme siècle
Un arabe avec un turban jouent de la musique, fatimide, egypte 10eme siècle

Envoi au Maghreb d’Abou ‘Abd Allah ech-Ohî’i

Abou ‘Abd Allah el-H’oseyn ben Ahmed[225] ben Mohammed ben Zakariyyâ ech-Chî’i, originaire de Çan’à, était allé rejoindre Ibn H’awcheb Neddjârâ ‘Aden et était devenu l’un de ses principaux partisans, car il était instruit, intelligent, fin et rusé. Aussi Ibn H’awcheb, quand il apprit la mort d’El-H’ohvâni et d’Abou Sofyân, lui parla-t-il en ces termes : « Ces deux hommes qui viennent de mourir ont labouré le sol des Ketâma au Maghreb ; il n’y a que toi qui lui manques maintenant ; hâte-loi donc de te rendre dans cette terre travaillée et toute préparée ! »

En conséquence, Abou ‘Abd Allah partit pour la Mekke muni d’argent fourni par Ibn H’awcheb, qui le fit accompagner par ‘Abd Allah ben Abou Molâh’if. A son arrivée à la Mekke, Abou ‘Abd Allah se fit conduire auprès des pèlerins originaires des Ketâma, aux côtés de qui, sans d’ailleurs faire connaître ses intentions, il alla s’asseoir ; il les entendit parler des mérites des membres de la famille du Prophète, leur en témoigna son approbation et se mit à parler de choses qui leur étaient inconnues.

Quand il voulut se lever, ses interlocuteurs lui demandèrent la permission de profiter de son aimable compagnie pour visiter les lieux sacrés, à quoi il consentit. [P. 24] Ils lui demandèrent ensuite où il se rendait, et ils furent bien aises de pouvoir l’accompagner, puisque, disait-il, il allait en Egypte. Parmi les principaux de ces Ketâma’ de la Mekke, figuraient H’oreyth Djemîli et Moussa ben Mekâd.[226]

» On se mit en route, et l’étranger, toujours muet sur le but qu’il poursuivait, se montrait pratiquant rigoureux et vivait en ascète, ce qui augmenta encore le zèle et les prévenances de ses compagnons.

Il se renseignait auprès d’eux sur leur pays, sur leur situation et sur leurs tribus, et leur demanda jusqu’à quel point ils reconnaissaient l’autorité du sultan d’Ifrîk’iyya ; à ceci ils répondirent que ce prince, éloigné de leur territoire de dix journées de marche, n’avait chez eux aucun pouvoir, et comme il leur demandait s’ils portaient les armes, ils ajoutèrent que c’était là leur occupation (par excellence).

Il ne cessa de prendre des informations sur eux jusqu’à ce que, étant arrivé en Egypte et voulant leur faire ses adieux, en répondant à leurs questions qu’il y était venu pour pratiquer l’enseignement, ces hommes lui dirent :

« Si tel est ton but, viens plutôt chez nous ; cela te sera plus profitable, puisque nous connaissons combien tu es véridique. »

L'arbre ubaydi
L’arbre ubaydi

Enfin, à force d’instances et d’humbles sollicitations, ils parvinrent à le décider à les accompagner.

Quand ils approchèrent de leur pays, des Chiites qu’ils rencontrèrent et qui furent par eux mis au courant, prièrent l’étranger de descendre chez eux, et l’on tira au sort pour savoir qui lui donnerait l’hospitalité ; puis on se remit en marche pour arriver dans le territoire des Ketâma vers le 15 rebi’ I 280 (commencement de juin 893).[227] Comme certains d’entre eux le priaient de s’installer chez eux en s’offrant à combattre pour lui, il leur demanda où était la Vallée des gens de bien (Feddj el-akhyâr), ce qui les surprit fort, car ils ne lui avaient pas parlé de ce lieu.

Quand on lui eut dit que c’était chez les Benoû Selyân[228] : « C’est là, dit-il, que nous irons ; puis nous nous rendrons successivement chez chaque groupe pour vous voir tous dans vos demeures mêmes. »

Il contenta ainsi tout le monde, et gagna la montagne dite Inkidjân,[229] où se trouve le Feddj el-akhyâr : « Voilà bien, dit-il, la Vallée des gens de bien, ainsi nommé à cause de vous, car il est dit dans les traditions que le Mahdi aura une hégire (fuite) où vous éloignerez de votre pays[230] et où il sera protégé par des gens de bien de cette époque appartenant à un peuple dont le nom dérive de ketmân (secret) ; or ce sont là les Ketâma, et c’est parce que vous sortirez d’ici que cette vallée est appelée Feddj el-akhyâr. »

« Les tribus [berbères] vinrent l’écouter à l’envi, et par toutes sortes de tours, de ruses [P. 25] et de sortilèges, il les fascina si bien que de toutes parts les Berbères accoururent à lui. Sa situation devint telle que maintes fois les Ketâma se battirent à son propos avec d’autres Berbères, et à plusieurs reprises il put échapper à la mort. Cependant, pendant toute cette période, il ne parlait point du Mahdi.

Des savants se réunirent pour discuter avec lui et ensuite le tuer, mais les Ketâmis, qui lui donnaient le nom d’Abou ‘Abd Allah Machrek’i (l’Oriental), ne lui laissèrent pas entamer la discussion.

L’émir aghlabides d’Ifrîk’iyya Ibrahim ben Ahmed ben el-Aghlab, qui apprit ce qui se passait, demanda des renseignements au gouverneur abbasside de Mîla ; mais celui-ci parla dédaigneusement d’Abou-‘Abd Allah, qui était, dit-il, un homme vêtu grossièrement, prêchant les bonnes œuvres et les pratiques de dévotion. Aussi le souverain ne s’occupa-t-il plus de lui.

Abou ‘Abd Allah ayant ensuite confié aux Ketâma qu’il était le semeur annoncé par Abou Sofyân et H’olwâni, augmenta d’autant l’affection qu’ils lui portaient et la haute idée qu’ils avaient de lui. Mais alors la discorde surgit à son sujet entre eux et les autres Berbères, et comme il avait des ennemis qui voulaient le tuer, il dut se cacher, tandis qu’un combat acharné avait lieu entre les deux partis.

Alors l’un des principaux Kelâmis, El-H’asan ben Haroun, prit Abou ‘Abd Allah avec lui et le couvrit de sa protection. Il l’emmena à Tâzroût, et les tribus vinrent de toutes parts trouver le saint homme, qui retrouva une grande situation, tandis qu’ElH’asan ben Haroun, qui exerçait l’autorité, fut par lui placé à la tête de la cavalerie.[231]

Alors Abou ‘Abd Allah, cessant de se tenir caché, parut dans les combats et y remporta des avantages qui lui permirent de faire du butin.

Il se retira ensuite à Tâzroût, qu’il entoura d’un fossé.

Les Berbères se portèrent contre la ville et l’attaquèrent, puis consentirent à la paix ; mais ils recommencèrent ensuite la lutte et livrèrent de nombreux combats où ils eurent le dessous, si bien que le vainqueur resta maître de tous leurs biens et devint le chef incontesté des Berbères aussi bien que des Ketâma.

 

Il prend la ville de Mîla, puis est battu.

« La situation étant ainsi établie, Abou ‘Abd Allah marcha contre la ville de Mîla, dont un habitant, El-H’asan ben Ahmed, vint le trouver pour lui indiquer la partie faible de la ville. Malgré la résistance acharnée des habitants, il put s’emparer des faubourgs ; il consentit alors à donner l’aman qui lui fut demandé et pénétra [P. 26] dans la ville.

Ibrahim ben Ahmed, qui était alors émir d’Ifrîk’iyya, fit, en apprenant ces événements, partir son fils El-Ah’wal à la tête de douze mille hommes, que suivit bientôt une armée d’égale force. La rencontre qui eut lieu se termina par la déroute d’Abou  »Abd Allah, qui perdit un grand nombre de ses partisans.[232]

Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d'ou partie l'empire fatimide (algerie, Ifriqiya)
Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d’ou partie l’empire fatimide (algerie, Ifriqiya)

El-Ah’wal se mit à sa poursuite, mais une abondante chute de neige le sépara des fuyards : Abou ‘Abd Allah put gagner la montagne d’Inkidjân, tandis qu’El-Ah’wal se porta sur Tâzroût, qu’il livra aux flammes ; il fit subir le même sort à Mîla, où il ne trouva personne. Abou ‘Abd Allah éleva à Inkidjân un établissement qu’il nomma maison de retraite, et ses partisans l’y rejoignirent, tandis qu’El-Ah’wal retournait en Ifrîk’iyya.

Le novateur alors se mit en campagne et fit main-basse sur tout ce que ses ennemis avaient laissé derrière eux.

Il apprit ensuite de bonnes nouvelles : la mort d’Ibrahim l’Aghlabide, le meurtre de son fils Abou ‘l-‘Abbas et l’avènement de Ziyâdet Allah, qui s’adonnait au jeu et aux plaisirs, ne pouvaient que lui être très agréables. Du vivant même de son frère Abou ‘l-‘Abbâs, El-Ah’wal avait levé de nombreuses troupes avec lesquelles il attaqua Abou ‘Abd Allah ; bien qu’ayant cette fois été battu, il ne cessa néanmoins de tenir la campagne et de serrer son ennemi d’assez près pour l’empêcher d’avancer. Or, il fut rappelé par Abou Mod’ar Ziyâdet Allah, qui était monté sur le trône d’Ifrîk’iyya, puis, comme il a été dit, il fut mis à mort.

Ce prince avait été surnommé Ah’wal (louche), non parce qu’il l’était réellement, mais parce qu’il clignait des yeux lorsqu’il regardait fixement.

Sa mort permit aux troupes ennemies, jusqu’alors contenues, de se répandre dans tout le pays, et Abou ‘Abd Allah se mit alors à dire :

« Le temps est venu où le Mahdi va paraître et subjuguer toute la terre ; heureux quiconque viendra me trouver et acceptera mes ordres ! » il s’attachait en même temps à exciter les populations contre Abou Mod’ar et à le leur rendre odieux.

Tous les ministres  de l’émir Aghlabide Ziyâdet Allah étaient chiites, de sorte que les succès d’Abou ‘Abd Allah ne leur déplaisaient pas, d’autant plus qu’on leur annonçait les prodiges que devait opérer le Mahdi, tels que de ressusciter les morts, de faire lever le soleil à l’Occident, de conquérir toute la terre.

D’ailleurs, Abou ‘Abd Allah entretenait avec eux une correspondance où il les séduisait par ses belles promesses.

pannel fatimide avec un danseur gravé 12eme siècle
Panel fatimide avec un danseur gravé 12eme siècle

[P. 27] Arrivée du Mahdi ‘Obeyd Allah auprès d’Abou ‘Abd Allah Chî’i ; son départ pour Sidjilmâsa

» ‘Abd Allah ben Meymoûn K’addâh’ étant mort, son fils prétendit que leur famille descendait d’Ak’îl ben Abou Taleb ; mais ces gens néanmoins cachaient toutes leurs démarches et ils se tenaient eux-mêmes dans l’ombre. Le fils dont il s’agit, nommé Ahmed, mourut en laissant un fils, Mohammed, à qui tous les missionnaires envoyés au loin adressaient leurs correspondances. Mohammed mourut à son tour en laissant deux fils, Ahmed et El-H’oseyn ; celui-ci alla s’établir à Salamiya, dans la région d’Emesse en Syrie, où se trouvaient des dépôts et des richesses provenant de son aïeul ‘Abd Allah K’addâh’, ainsi que des intendants et des serviteurs.

Il restait bien à Bagdad un des fils de K’addâh nommé Abou’ch-Chelaghlagh,[233]mais El-H’oseyn prétendait avoir été désigné par testament pour commander, et c’est à lui que les missionnaires du Yémen et du Maghreb adressaient leurs correspondances et leurs messages.

Or un jour qu’à Salamiya on parlait de femmes en sa présence, on lui dépeignit l’extraordinaire beauté de la veuve d’un forgeron juif ; il l’épousa et conçut pour elle un vif amour. Cette femme, qui exerçait sur lui un grand empire, avait de son précèdent mariage un fils aussi beau qu’elle ; H’oseyn s’attacha aussi à cet enfant, qu’il instruisit et qui, répondant à ses soins, développa une grande volonté et une application soutenue.

Il y a des savants de la secte qui affirment que l’imam établi à Salamiya, c’est-à-dire El-H’oseyn, mourut sans enfant et transmit ses pouvoirs à ce fils du forgeron juif, lequel serait ainsi ‘Obeyd Allah ; qu’il lui révéla les dires et actes secrets de la secte, ainsi que les endroits où résidaient les missionnaires, lui transmit ses richesses et les insignes, le présenta à ses partisans comme l’imam désigné à qui ils devaient aide et obéissance, et lui fit enfin épouser sa propre cousine, la fille d’Abou’chChelaghlagh. Tel est le récit que fait, entre autres, Abou ‘l-Kasim el-Abyad’ l’Alide.

Salamiya ville d'ou est partie la doctrine Ismaélienne et sa propagande en Syrie (sham) , la photo fut prise en 2008 ils accueilles l'imam des ismaéliens l'Agha Khan
Salamiya ville d’ou est partie la doctrine Ismaélienne et sa propagande en Syrie (sham) , la photo fut prise en 2008 ils accueilles l’imam des ismaéliens l’Agha Khan

« Ce nouveau chef se donna la généalogie que voici : ‘Obeyd Allah ben el-Hasan[234] ben ‘Ali ben Mohammed ben ‘Ali ben Moussa ben Djafar ben Mohammed [P. 28] ben ‘Ali ben el-H’oseyn ben ‘Ali ben Abou Taleb. Quelques rares personnes disent que cet ‘Obeyd Allah est un des fils de K’addâh’. Ces assertions valent ce qu’elles peuvent ; mais je voudrais bien savoir ce qui a déterminé Abou ‘Abd Allah Chî’i et les autres propagateurs de la secte à faire sortir celle affaire de leurs mains pour la transmettre à un fils de juif, car enfin a-t-il aucune excuse à se donner à lui-même, celui qui traite ainsi ce qu’il considère comme une croyance pour laquelle il attend d’être récompensé ?

« Après, continue cet auteur, qu’El-H’oseyn eut investi ‘Obeyd Allah, il lui dit :

« Tu auras après moi à fuir au loin et à supporter de bien dures épreuves ». [235]

La mort d’El-H’oseyn donna le pouvoir à ‘Obeyd Allah, dont les partisans s’accrurent encore par des libéralités dont ses prédécesseurs s’étaient abstenus. Abou ‘Abd Allah lui envoya alors du Maghreb quelques Kelamis pour l’informer des succès dont ils étaient redevables à Dieu et lui dire qu’ils l’attendaient.

Or la notoriété d’Obeyd Allah était devenue grande sous le khalife El-Moktafi,[236] et les recherches ordonnées par celui-ci forcèrent le novateur à fuir avec son fils, alors tout jeune, Abou’l-K’âsim Nizâr, qui plus tard lui succéda sous le surnom d’El-K’â’im.

Accompagné de ses intimes et de ses clients, il se dirigea vers le Maghreb, dont Ziyâdet Allah avait alors le gouvernement. A son arrivée en Egypte, il s’installa en se déguisant en marchand. Mais ‘Isa Noûcheri, qui administrait alors ce pays, reçut du khalife des lettres donnant le signalement et le costume du fugitif et enjoignant de l’arrêter, lui et ceux qui lui ressembleraient.

Un chiite qui figurait parmi les intimes d’Isa, informa le Mahdi de ce qui se passait et lui conseilla de s’en aller. Celui-ci se mit donc en route avec ses compagnons, à qui il fit de grandes libéralités prélevées sur les richesses considérables qu’il emportait.

Dès l’arrivée de l’ordre khalifal, ‘Isa fit organiser des recherches dans toutes les directions, et il se mit lui-même en campagne. Il atteignit le Mahdi et, sitôt qu’il le vit, convaincu qu’il s’agissait bien de lui, il l’arrêta, puis alla camper dans un jardin où il le mit sous bonne garde.

 

 

Quand l’heure du repas fut venue, il l’invita à manger, mais comme l’autre refusa sous-prétexte qu’il jeûnait, ‘Isa eut pitié de lui et lui demanda de dire franchement qui il était, lui promettant de le relâcher.

Mais ‘Obeyd Allah, sans vouloir rien avouer, le menaça de la colère divine et fit si bien, employant tantôt les reproches tantôt la douceur, que le gouverneur le relâcha et voulut même lui donne) une escorte pour le reconduire jusqu’auprès, de ses compagnons de voyage ; ‘Obeyd Allah déclara n’en avoir pas besoin et lui adressa ses souhaits en guise d’adieux. On dit aussi [P. 24] qu’il obtint d’être relâché moyennant une rançon qu’il paya en cachette.

« Cependant Noûcheri, ému par le blâme que lui adressèrent quelques-uns des siens, s’apprêtait à envoyer des soldats pour ramener celui qu’il venait de rendre à la liberté. Or, ‘Obeyd Allah trouva, en rejoignant ses gens, que son fils Abou ‘l-K’âsim était à pleurer un chien de chasse qu’il avait perdu, et ses esclaves lui dirent avoir laissé ce chien dans le jardin où ils avaient campé.

Il retourna alors sur ses pas pour chercher cet animal et pénétra, suivi de ses esclaves, dans le jardin en question.

Noûcheri, qui les vit, demanda ce qui se passait, et on lui dit pour quel motif son ex-prisonnier était revenu :

« Malheureux que vous êtes », dit-il alors aux siens, « voyez cet homme que vous vouliez me faire prendre pour le mettre à mort ! S’il poursuivait le but qu’on lui prête ou s’il était coupable, il serait parti au plus tôt et se serait caché, au lieu de revenir ici chercher un chien ! »

Et il renonça à toute poursuite.

Le Mahdi s’enfuit sans perdre de temps, mais des voleurs l’arrêtèrent au lieu dit Et-T’âh’oûna[237] et le dépouillèrent d’une partie de ses bagages, et entre autres de livres et de recueils de prédictions provenant de ses ancêtres et dont la perte lui fut très sensible. Mais on dit que son fils Abou ‘l-K’âsim, quand il se rendit, pour la première fois en Egypte, les retira de cet endroit.

L'ancienne mosquée du Sultan a été découvert dans la région de Sert en 1963 et 1964 à l'est de Tripoli, la mosquée a été construite autour du 10ème siècle, lorsque les Fatimides ont commencé à établir leur pied en Libye. Les dimensions de la mosquée sont de 41 mètres de long sur 31 mètres de large (41m x 31m)
L’ancienne mosquée du Sultan a été découvert dans la région de Sert en 1963 et 1964 à l’est de Tripoli, la mosquée a été construite autour du 10ème siècle, lorsque les Fatimides ont commencé à établir leur pied en Libye. Les dimensions de la mosquée sont de 41 mètres de long sur 31 mètres de large (41m x 31m)

 

Le Mahdi, accompagné de son fils, parvint enfin à Tripoli, où se fit la dislocation de la caravane avec laquelle il avait fait route.

« Il envoya alors à K’ayrawân l’un de ses compagnons, Abou ‘l-‘Abbâs, frère d’Abou ‘Abd Allah Chî’i, avec une partie de ses effets, en lui donnant l’ordre de se joindre aux Ketâma.

Mais à l’arrivée d’Abou ‘l-‘Abbâs en cette ville, Ziyâdet Allah était déjà informé des menées du Mahdi, et ses agents opérant des recherches apprirent que celui-ci était resté à Tripoli et que son représentant à K’ayrawân était Abou ‘l-‘Abbâs.

Ce dernier fut arrêté, mais malgré les tortures auxquelles on le soumit n’avoua rien autre chose sinon qu’il était marchand et avait accompagné un homme de la caravane. On le retint en prison, et le Mahdi, l’apprenant, se rendit à K’ast’îliya.

Alors arriva de la part de Ziyâdet Allah un ordre adressé au gouverneur de Tripoli d’arrêter le Mahdi ; mais celui-ci avait su se concilier ce personnage par les cadeaux qu’il lui avait faits, de sorte qu’il fut répondu [P. 30] à Ziyâdet Allah que le novateur avait quitté Tripoli et n’avait pu être rejoint.

Le Mahdi, quand il fut arrivé à K’ast’îliya, renonça à rejoindre Abou ‘Abd Allah Chî’i, de crainte que cette démarche ne révélât clairement la situation et n’amenât ainsi la mort d’Abou ‘l-‘Abbâs, qui était toujours entre les mains de l’autorité.

En conséquence, il partit pour Sidjilmâsa, et il venait de se mettre en route quand arrivèrent à K’ast’îliya des messagers chargés de l’arrêter, mais qui le manquèrent.

Il parvint à sa nouvelle destination, toujours filé par des espions tout le long de la route, et il s’y installa. El-Yâsa’ ben Midrâr, qui régnait en cette ville, fut gagné par les présents que lui fit l’étranger, à qui il accorda sa faveur et son amitié.

Mais une lettre de Ziyâdet Allah lui ayant appris que cet homme était celui en faveur de qui Abou ‘Abd Allah Chî’i faisait de la propagande, le Mahdi fut, par ses ordres, jeté dans une prison d’où il ne fut tiré que par Abou ‘Abd Allah, ainsi qu’on le verra.

 

notes traducteur  :

[208] Sa biographie figure dans Ibn Khallikan (ni, 118), où il est appelé Cherif er-Rid’a Abou’ l-Hasan Mohammed ben et-Tahir ben Abou Ahmed el-H’oseyn Moûsewi, † 406 ; voir aussi Hadji Khalfa, notamment iii, 286 ; vi, 496 (et l’index, n° 3341) ; Ibn el-Athir (index, p. 281 ; Chrestom. de Sacy, ii, 99), etc. Cf. la note de Slane, Berbères, ii, 507. Je crois devoir lire Rad’i, et non Rid’a (voir Dhahabi, Moschtabih, p. 226). Les vers qui suivent se retrouvent également dans le Mokaffa (f. 215 v.) et dans Bibars (f. 152 v).

[209] L’auteur fait sans doute allusion à la déclaration, qui est de 382 (Noweïri) ou de 402 (Makrizi), dont il parle quelques lignes plus bas. Il est encore question d’une réunion de ce genre convoquée à Bagdad en 444 (Ibn el-Athir, ix, 406) ; Wüstenfeld (G. d. Fatimid., 237) la mentionne sommairement.

[210] Ibn Khallikan (trad. angl. ii, 671) a consacré un article à ce théologien acharite, qui mourut à Bagdad en 403 ; il le nomme Abou Bekr Mohammed ben el-T’ayyib, surnommé Bâk’ilâni. Cf. Bayân, i, 157 ; Ibn Farhoûn, f. 114 du ms. ar. 5032 de Paris.

[211] Ailleurs il est donné comme le grand-père du chérif Er-Rad’i.

[212] La biographie d’El-Mortad’a figure dans Ibn Khallikan, t. ii, 1). 256 ; cf. Chrestom. Athir, de Sacy, ii, 100. Les noms des signataires se retrouvent, avec quelques différences, dans les Prolégomènes, i, 44.

[213] Il s’agit de la chronique intitulée El-djam’ wa’l-bayân, etc., par Abou Mohammed ‘Abd el-Aziz ben Cheddâd Himyari, qui était de la famille des Zirides, Mokaffa, f. 213 v. ; H. des Berb., ii, 483. n. ; Hadji Khalfa, 11, 622). La liste des chroniques traitant de Kayrawân se trouve dans une note de la traduction d’Ibn Khallikan, iii, 383.

[214] C’est-à-dire Firouz Abou Lou’lou’a Naçrâni, esclave de Mogheyra, sous le poignard de qui périt ‘Omar (voir le commentaire d’Ibn Badroûn, p. 155 ; Massoudi, Prairies d’or, iv, 226).

[215] Cet ouvrage est également cité par d’autres auteurs, mais, ne figure pas dans Hadji-Khalfa. Le premier mot est parfois défiguré (Mokaffa, f. 213 v, et apud Quatremère,Journal asiatique, 1836, ii, 131) ou (de Sacy, Religion des Druzes, i, CCCCXXXVIII ; cf. LXVIII, où on retrouve, en français seulement, le titre la Balance). Cf. Wüstenfeld, p. 6.

[216] Bâb est le nom donné aux dâ’i ou missionnaires dans la secte chiite des sab’iyya (Dictionary of the technical terms, p. 109 et 669).

[217] Localité du Djebal située entre Hamadan et Ispahan.

[218] Ou Dîdân, d’après une variante qu’on retrouve aussi dans le Mokaffa.

[219] Quatremère, traduisant le passage correspondant du Mokaffa, dit, en parlant d’Abd-Allah, « s’attachant à faire une critique arrière des vices des Arabes » (Journ. As., 1836, ii, 140).

[220] Le même savant a lu ce nom, Rostem Abulhoseyn ben Kai’khin ben Hawcheb Neddjâr (ib. p. 141 ; cf. Khaldoun, Berbères, ii, 509 et 505). On lit dans Noweïri « Abou ‘l-Hoseïn Roustem fils de Carhin fils de Hauscheb fils de Dadan le charpentier » (Druzes, i, CCCCXLV).

[221] Le Djened, Çan’â et Had’ramawt constituent les trois régions que comprend le Yémen (Merâcid, s. v.)

[222] Cela se passait en 268 (31 juillet 881) (Berbères, ii, 509).

[223] J’ai, dans ces chapitres relatifs au Mahdi, fait au texte maintes corrections de détail.

[224] M. de Slane croit devoir corriger en Soûf Djemâr, ce qui équivaudrait à l’Oued-Rumel, qui coule à Constantine (Khaldoun, ii, 508).

[225] Les mots ben Ahmed ne figurent pas dans la généalogie de ce personnage telle que la donne Ibn Khaldoun (Berbères, ii, 509), mais se retrouvent dans le récif, presqu’identique au nôtre, que donne de Sacy (Druzes, i, p. CCLVII).

[226] Ibn Khaldoun cite les noms de quatre de ces chefs, dont Moussa ben H’oreyth, chef des Sekyân, et Moussa ben Tekad (Berbères, ii, 510).

[227] D’autres disent 288 (Berbères, ii, 511 ; Religion des Druzes, i, p. CCLVIIII ; c’est d’ailleurs la leçon d’un ms. Le texte de Bibars porte aussi 280.

[228] Benoû Sekyân (Berbères, ibid.).

[229] On écrit aussi Hedjân (Berbères, ii, 511 ; Table géographique, du même ; Edrisi, p. 105 ; Wüstenfeld, p. 9, etc.).

[230] La leçon du texte et la variante me paraissent également douteuses. On lit dans la Religion des Druzes (i, p. CCLIX) : « … le Mahdi doit avoir une fuite lors de laquelle des gens de bien de ce temps-là s’éloigneront de leur domicile… »

[231] Cette partie du récit est plus détaillée dans Ibn Khaldoun (Berbères, ii, 511), plus abrégée dans la Religion dis Druzes (i, p. CCLX).

[232] Ibn Khaldoun (ii, 514) dit que cette bataille eut lieu près de Meloûsa, dont la position est inconnue. On retrouve cependant un ethnique Meloûchi (ib., ii, 518, et ailleurs), ou Meloûsi (Bayân, i, 146, 158, etc.) et la tribu des Meloûsa (voir i, 291) ; or la confusion entre s et ch est facile dans l’écriture arabe.

[233] Comparez Religion des Druzes, i, p. CCLII ; Journal asiatique, 1836, t. ii, p. 120.

[234] Il semble, d’après ce qui précède, qu’on doive lire « el-H’oseyn ». Cependant le texte de Bibars écrit aussi « el-Hasan ».

[235] Tout le commencement de ce chapitre, jusqu’au point où nous sommes arrivés, ne paraît pas figurer dans les documents employés par de Sacy pour la biographie de Hakem (Druzes, i, p. CCLV et s.) ; mais la presque complète conformité entre son texte et le nôtre recommence ici. Nous avons fait remarquer que Bibars Mançoûri, où ce savant a largement puisé, ne fait guère qu’abréger Ibn el-Athir.

[236] Cet Abbasside régna de 289 à 295, et eut pour successeur El-Moktadir.

[237] Dans la région de Barka ; ce lieu est cité par Edrisi, trad., p. 164, et par le Merâcid, sans détails ; voyez Wüstenfeld, Fatimiden, p. 17.

 

Auteur : ibn al-Athir de son kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires, 1231) 

 

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