Les Hafsides d’Ifriqiya :

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Le sultan Hafside Mulay Ahmad de Tunis
Le sultan Hafside Mulay Ahmad de Tunis

Les Hafsides (arabe : الحفصيّون) sont une dynastie d’origine berbère masmoudienne qui gouverne puis règne sur l’Ifriqiya, soit la Tunisie, le Constantinois et la Tripolitaine, entre 1207 et 15742.
Étroitement liés aux Almohades, au nom desquels ils gouvernent l’Ifriqiya à partir de 1207, les Hafsides deviennent indépendants sous Abû Zakariyâ Yahyâ en 1236 et se maintiendront au pouvoir jusqu’à l’annexion de la Tunisie par l’Empire ottoman en 1574.


Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs (أبو محمد عبد الواحد), décédé en 1222, est le premier gouverneur (wali) hafside d’Ifriqiya, régnant à partir de 1207.

Il est le petit-fils du cheikh Abû Hafs Omar, premier du nom, issu de la tribu des Henata qui répudiait son origine berbère considérée comme moins noble et se prétendait originaire du Yémen et même descendant du calife Omar ibn al-Khattab 

`Abd al-Wâhid accompagne le calife almohade Muhammad an-Nasir dans son expédition en Ifriqiya en 1205. En février 1206, ils entrent dans Tunis abandonnée par l’ennemi. Avant de repartir pour le Maroc, le calife confie le gouvernement de la province à l’un de ses fidèles lieutenants, Abd al-Wâhid ibn Hafs. Il y établit son pouvoir à tel point que ses successeurs ne craignent pas de substituer au titre de gouverneur celui de souverain et de s’émanciper de la tutelle almohade en 1229. Le nouveau royaume s’étend bientôt par des conquêtes successives qui soumettent Béjaïa et plusieurs autres régions voisines.

Il est remplacé par son fils aîné `Abd Allah ben Abî Muhammad ben Abî Hafs mais, à peine a-t-il proclamé l’indépendance du trône, que celui-ci est déposé par son frère Abû Zakariyâ Yahyâ qui, pour jouir seul du pouvoir, force son autre frère à se contenter du titre de cheïkh et à se consacrer à la vie religieuse.


`Abd Allah ben Abî Muhammad ben Abî Hafs (أبو عبدالله ابن أبي محمد ابن أبي حفص) est le sultan hafside de Tunis entre 1224 et 1228.

Il est le fils de Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs qui fonda la dynastie des Hafsides et à qui les Almohades confièrent la direction de l’Ifriqiya pour mieux contrer les nomades hilaliens dans la région.

À la mort de son père, il lui succède et proclame l’indépendance du trône. En 1228, son frère Abû Zakariyâ Yahyâ le détrône et, pour jouir seul du pouvoir, force son autre frère à se contenter du titre de cheïkh et à se consacrer à la vie religieuse.

Abû Zakariyâ Yahyâ (أبو زكرياء الأول) est le sultan hafside de Tunis entre 1228 et septembre 12491,2.

Il est le fils de Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs qui fonda la dynastie des Hafsides et à qui les Almohades confièrent la direction de l’Ifriqiya pour mieux contrer les nomades hilaliens dans la région. Après que son frère `Abd Allah ben Abî Muhammad ben Abî Hafs a pris le pouvoir et proclamé l’indépendance du trône, Abû Zakariyâ Yahyâ le détrone et, pour jouir seul du pouvoir, force son autre frère à se contenter du titre decheïkh et à se consacrer à la vie religieuse.

En 1228, il établit sa capitale à Tunis puis étend sa domination vers Constantine, Bougie et Alger (1235) et menace même Tlemcen en 1242. Il soumet diverses tribus rebelles et constitue un royaume qui couvre leMaghreb, reconstituant ainsi l’ancien royaume des Zirides de la fin du xe siècle. Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir lui succède à sa mort en septembre 1249.

Parmi les édifices élevés à Tunis par le souverain figurent la mosquée de la Kasbah (construite de 1231 à 1235)3 et la médersa Ech Chamaiya (édifiée au cours de la première moitié du XIIIe siècle)4.

Dinar Hafside al-Mustansir

Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir est le sultan hafside de Tunis entre 1249 et 12771.

Fils d’Abû Zakariyâ Yahyâ1, qui établit en 1228 la capitale du royaume à Tunis puis l’étend sur le Maghreb, reconstituant ainsi l’ancien royaume des Zirides de la fin du xe siècle, Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir lui succède en 1249. Il prend le titre d’« émir des croyants » et fait de Tunis un port méditerranéen prospère et paré de nombreux monuments. Les royaumes de Tlemcen et de Fès reconnaissent alors sa suzeraineté

En 1270, lors de la huitième croisade qui se dirige vers Tunis, al-Mustansir est prêt à recevoir le baptême si une force militaire chrétienne est présente pour lui éviter le courroux de son peuple. On sait qu’une ambassade tunisienne était venue à la cour de France à l’automne 1269, mais on ne connaît pas la teneur des tractations2. La flotte de navires génois de Louis IX débarque devant Tunis le 18 juillet mais, contrairement aux espérances, le sultan de Tunis ne fait pas mine de se convertir, se retranche dans la ville et appelle les mamelouks à son secours. Louis IX décède de maladie devant Tunis le 25 août, avant l’arrivée de son frère. Charles d’Anjou débarque avec de puissants renforts et prend le commandement de la croisade.

Effrayés par la perspective d’un débarquement en masse, les musulmans renoncent à leur tactique : ils se massent en groupe de combat, permettant aux croisés de livrer une véritable bataille au cours de laquelle le roi de Sicile et le comte Robert II d’Artois fondent sur eux et les mettent en pièces3. Al-Mustansir souhaite négocier et un accord est conclu le 30 octobre. Le sultan de Tunis devient un vassal du royaume de Sicile4 et verse une indemnité de 210 000 onces d’or, reprenant le versement du tribut dû au roi de Sicile.

En septembre 1272, Charles d’Anjou forme une ambassade composé du juriste Robert l’Enfant, Matteo de Riso de Messine et Nicolò de Ebdemonia de Palerme afin de recueillir le tribut que le sultan al-Mustansir devait payer5. Il adjoint à cette ambassade des hommes de confiance comme Giovanni da Lentini et Jacques de Taxi6.

"Vue de Tunis pendant le siège de 1535 : en haut à droite, un enclos rempli de cervidés, légendé « Thiergardu » (parc à animaux sauvages) – et qui pourrait être la représentation de la résidence d’Abu Fihr, construite par al-Mustanṣir, – semble être un parc de chasse hafside, probable héritier direct de celui de Bizerte"  tiré du : d’après Veneziano Agostino, avant 1540, gravure reproduite (non attribuée et non datée) dans TERRASSE Michel, 2001, Islam et Occident méditerranéen, Paris, Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, figure 32. source : La question des parcs de chasse à l’époque abbasside : le cas emblématique de Sâmarrâ’
« Vue de Tunis pendant le siège de 1535 : en haut à droite, un enclos rempli de cervidés, légendé « Thiergardu » (parc à animaux sauvages) – et qui pourrait être la représentation de la résidence d’Abu Fihr, construite par al-Mustanṣir, – semble être un parc de chasse hafside, probable héritier direct de celui de Bizerte » tiré du : d’après Veneziano Agostino, avant 1540, gravure reproduite (non attribuée et non datée) dans TERRASSE Michel, 2001, Islam et Occident méditerranéen, Paris, Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, figure 32.
source : La question des parcs de chasse à l’époque abbasside : le cas emblématique de Sâmarrâ’
File:Tunisia, emiro abu bakr II, dinar hafside, 1318-1346.JPG
Dinar frappé du nom d’Abu Yahya Abu Bakr al-Mutawakkil.

Abu Yahya Abu Bakr al-Mutawakkil (أبو يحي المتوكل أبو بكر بن يحي), né à une date inconnue et décédé en 1346, succède à son père Abû Darba Muhammad al-Mustansir al-Lihyânî comme sultan hafside de Tunis en 1318.

Il hérite d’un sultanat divisé entre deux capitales : Bougie (Algérie) et Tunis.


Abû al-`Abbâs Ahmad al-Mustansir (أبو العباس المستنصر) est le sultan hafside de Tunis de 1371 à sa mort le 6 juin 1394.

Il restaure le pouvoir hafside en Ifriqiya avec l’aide des tribus ; il chasse les Arabes de Bougie, de Bône en 1366, de Tunis le 9 novembre 1370 et les repousse vers le sud. Grâce à ses efforts de remise en ordre à l’intérieur et à l’efficacité de ses défenses contre les Latins, il assure au pays un siècle de stabilité.

Sous son règne, le port de Bougie devient le port d’attache de pirates qui écument la mer Méditerranée.

pèce almoahde Qusantîna (Constantine, Algeria, mint name in style of the Hafsid period)

Abû Fâris `Abd al-`Azîz al-Mutawakkil (أبو فارس عبد العزيز المتوكل), né en 1391 à Constantine et décédé en 1434, est le sultan hafside de Tunis entre 1394 et 1434.

Abou Fâris naît à Constantine (dans l’actuelle Algérie) en 1391. Son père est le sultan Abû al-`Abbâs Ahmad al-Mustansir et sa mère Jawhara est une Arabe issue de la tribu hilalienne des Mhamid, qui lui apportera son soutien1.

En 1394, son père meurt et Abou Fâris devient le nouveau sultan de la dynastie hafside. Il est surnommé Al-Moutawakkil Ala-Allah1.

Politique intérieure

Le début de son règne n’est pas facile, puisque ses trois frères ne sont pas satisfaits par les postes que le nouveau sultan leur a accordés. Par conséquent, ils se retournent contre lui et, pour éviter le déclenchement d’une guerre de succession, Abou Fâris décide de les envoyer vers des villes où se trouvent des gouverneurs fidèles.

Après avoir assuré son pouvoir, il poursuit l’opération de réunification du territoire de l’actuelle Tunisie.

Réunification

La campagne de réunification commence dès la mort d’Abû al-`Abbâs, lorsque les villes du Sud se révoltent. Cependant, le nouveau sultan reprend rapidement leur contrôle : il réoccupe Tozeur en avril 1400, Gafsa le 27 avril 1400 puis marche vers Tripoli, où il emprisonne le wali (gouverneur) de la ville, Ammar Ibn Thabéta, le 31 mai 1401. Finalement, il prend Biskra le 12 janvier 1402. Avec la chute de Biskra, la phase de réunification est terminée mais ceci ne marque pas la fin de ses conquêtes2.

Politique religieuse

Outre son courage et son caractère guerrier, Abou Fâris est aussi connu pour sa piété, preuve en est son combat contre les chrétiens qui occupent la ville de Mahdia. Par ailleurs, il donne une grande importance au clergé, en particulier les oulémas, les savants et les chérifs, qu’il nomme aux plus hauts postes de son gouvernement3.

Une autre preuve de sa piété est sa célébration exagérée du Mouled et ses tentatives répétées mais sans succès pour convertir les habitants de Djerba à l’islam sunnite alors que la majorité d’entre eux se rattachent au courant kharidjite3.

Situation économique

L’économie de l’Ifriqiya prospère pendant son règne grâce à sa politique encourageant la piraterie maritime au nom du djihad. Par ailleurs, il abolit plusieurs impôts sur le commerce et l’industrie4.

Politique extérieure

Conquêtes]

Après réalisé la réunification, le sultan hafside commence une vague de conquêtes dans les régions proches. En 1411, il s’empare d’Alger pour sécuriser ses frontières occidentales5.

En 1424, le royaume des Zianides basé à Tlemcen est en état de faiblesse en raison de conflits internes. Cette situation est exploitée par Abou Fâris qui mène au printemps 1424 une campagne militaire contre la ville : il en sort victorieux et le royaume indépendant devient un vassal des Hafsides. Toutefois, la situation à Tlemcen ne se stabilise pas, puisque l’émir Mohamed déclare la révolte contre le sultan hafside, ce qui force ce dernier à diriger une opération militaire qui se termine par l’emprisonnement de l’émir Mohamed en 14316.

Relations avec Gênes

Le 5 novembre 1425, la République de Gênes déclare un embargo contre le royaume hafside en raison de la piraterie des Ifriqyiens, mais cet embargo ne dure pas longtemps puisque, après l’intervention du duc de Milan Filippo Maria Visconti qui envoie des émissaires à Tunis, un accord est conclu entre Abou Fâris et les dirigeants de Gênes. Il est cependant rapidement violé et les actes hostiles reprennent7.

Finalement, et sous le pression des attaques hafsides, un traité de paix définitif est signé entre les deux États le 9 octobre 14338.

Abou Amr Uthman (أبو عمرو عثمان) est un souverain de la dynastie hafside régnant sur Tunis de 1435 à 1488. Il succède à l’âge de 16 ans à son frère Abû `Abd Allâh Muhammad al-Mutansir, mort de maladie le 16 septembre 1435. Il est le dernier de sa lignée à jouer un rôle important, poursuivant la politique de son grand-père Abu Faris.

Son règne est marqué par les sécessions tribales, les révoltes de palais et la piraterie menée par les navires européens. Il encourage lui-même la course, car il ne se sent plus assez fort pour écarter la menace arabe qui plane sur son royaume. À sa mort commence une nouvelle décadence irrémédiable et marquée par des luttes pour le pouvoir.

Abû `Abd Allâh Muhammad IV al-Mutawakkil, mort en 1526, est un sultan hafside monté sur le trône en 1493, dans un contexte d’affaiblissement de la dynastie suite à d’interminables conflits internes et à la montée en puissance de deux empires convoitant les côtes d’Afrique du Nord, l’Empire espagnol et l’Empire ottoman.

Querelles de succession

Alors qu’Abû `Umar `Uthmân avait désigné son fils Abû Zakariyâ’ Yahyâ pour lui succéder, à sa mort en 1488, plusieurs parents se dressent contre l’héritier choisi. Celui-ci crève les yeux de l’un de ses frères et fait exécuter son oncle, mais est cependant détrôné en1489 par son cousin germain `Abd al-Mu’min, qui périt empoisonné en 1490 et est remplacé par Abû Yahyâ Zakariyâ’, fils de son rival malheureux1. Quatre ans plus tard, lorsque Abû Yahyâ Zakariyâ’ meurt au cours d’une épidémie de peste1, c’est son petit-fils Abû `Abd Allâh Muhammad, dit al-Mutawakkil, c’est-à-dire « qui a la confiance (de Dieu) », qui lui succède.

Invasion des côtes d’Afrique du Nord

Les Espagnols débarquent en Afrique du Nord dès le début du xive siècle. En janvier 1510, Bougie tombe entre leurs mains, bientôt suivie de Tripoli, ce qui affaiblit considérablement le prestige de la dynastie hafside2. En 1511, Abu ‘Abdullâh Muhammad IV al-Mutawakkil repousse un débarquement espagnol à Djerba, mais la défaite des assaillants est plutôt due à la soif qu’à la valeur militaire des troupes du sultan, d’autant qu’échoue, à la même époque, une expédition qu’il a envoyée à la reconquête de Tripoli2. En1516, Alger est également dans la ligne de mire des Espagnols, qui bâtissent sur un îlot de la baie d’Alger une forteresse, le Peñón, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement, mais la population renonce à s’en remettre au sultan hafside pour la protéger et appelle à l’aide le corsaire turc Arudj Reïs, qu’elle estime plus apte à cette tâche1.

Dès lors, le sultan, qui a accepté qu’Arudj et son frère Khayr ad-Din Barberousse opèrent depuis ses possessions3, prend conscience que, loin d’être des alliés, ces redoutables corsaires constituent une menace pour son règne, en ce sens que leur opposition irréductible à l’envahisseur chrétien représente pour les musulmans un attrait bien supérieur à son pouvoir déclinant2. Abû `Abd Allâh Muhammad IV al-Mutawakkil doit désormais lutter contre deux ennemis redoutables sur mer, alors que la marine a toujours été le point faible de la puissance hafside1. Renonçant à une lutte maritime inégale, le sultan porte son effort sur les provinces de l’Ouest menacées par Khayr ad-Din, mais les tribus de l’intérieur sur lesquelles il comptait font défection1. Il ne peut empêcher que Djerba soit conquise par les Espagnols en 15202 avant que Bône et Bougie ne tombent en 1522 sous la domination ottomane1.

Bilan du règne

Abû `Abd Allâh Muhammad IV al-Mutawakkil meurt en 15262. Il laisse l’image d’un sultan cultivé et bienveillant mais faible, n’ayant pu ni repousser les envahisseurs étrangers, ni garder le contrôle des tribus de l’intérieur. Jamais plus, les Hafsides ne règneront en totale indépendance2.

Moulay Hasan, souverain hafside de Tunis en 1526, détrôné en 1542, mort en exil en Italie
Moulay Hasan, souverain hafside de Tunis en 1526, détrôné en 1542, mort en exil en Italie

Abû `Abd Allâh Muhammad V al-Hasan (arabe : أبو عبد الله محمد الحسن, parfois nommé Moulay Hassan, en particulier dans les écrits anciens) succède à son père Abû `Abd Allâh Muhammad IV al-Mutawakkil comme sultan hafside de Tunis en 1526. Il est détrôné en1543 par son fils Abû al-`Abbâs Ahmed III al-Hafsi. Rencontrant Charles Quint à Augsbourg en 1548, il s’allie avec lui pour déloger le corsaire Dragut qui avait fait de la ville de Mahdia son repaire. Il meurt en 1549, avant la reconquête de la cité1, sans doute empoisonné par des émissaires de son fils Ahmed.

En 1526, à la mort du sultan Abû `Abd Allâh Muhammad al-Mutawakkil, le plus jeune de ses fils usurpe le trône grâce aux intrigues de sa mère. Le nouveau souverain fait massacrer ses deux frères aînés alors que le troisième, Rachid, parvient à fuir vers Alger où il est bien accueilli par le beylerbey Khayr ad-Din Barberousse, qui voit dans l’arrivée du jeune prince l’occasion de mettre en exécution ses projets concernant le trône de Tunis. Barberousse annonce alors au prince qu’il soutient ses prétentions à la couronne et le persuade de se rendre avec lui à Istanbul pour plaider sa cause devant le sultan ottoman Soliman le Magnifique. Mais il fait jeter le jeune prince hafside en prison et obtient du sultan, qui vient de le nommer capitan pacha, c’est-à-dire grand amiral de la flotte, et beylerbey (c’est-à-dire régent) d’Alger, les moyens navals et militaires nécessaires à la conquête de Tunis afin d’y établir la souveraineté ottomane.

Fuite du souverain

Le 19 août 1534, Barberousse jette l’ancre devant La Goulette avec son importante flotte et fait aussitôt répandre le bruit qu’il est accompagné de Rachid, le prince légitime, qu’il souhaite placer sur le trône hafside. Dès que la population de Tunis a connaissance de cette nouvelle, elle prend d’assaut les palais du sultan Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan qui a tout juste le temps de s’enfuir. Une délégation de notables se rend alors à La Goulette pour recevoir et introniser le prince Rachid que Barberousse prétend avoir amené avec lui. Mais ce dernier fait débarquer 9 000 hommes et s’empare de la kasbah de Tunis. Il y proclame la déchéance de la dynastie hafside et l’établissement de l’autorité ottomane dont il se déclare le représentant à Tunis.

Malgré le soulèvement des habitants, l’artillerie ottomane rend vite Barberousse maître de la situation alors que les Tunisiens dénombrent 3 000 morts et plusieurs centaines de blessés. Barberousse décrète une amnistiegénérale dont l’effet d’apaisement lui permet de faire occuper Kairouan sans violence. Il s’empresse alors de renforcer les défenses de Tunis et de La Goulette, en y employant des Maures et des milliers d’esclaves chrétiens.

Appui de l’Espagne

Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan réussit à gagner à sa cause Charles Quint profondément irrité par la présence ottomane au Maghreb. Celui-ci prend alors personnellement le commandement d’une expédition forte de 400 navires et 33 000 hommes à laquelle participent l’Espagne, l’Ordre de Malte, le Saint-Siège et le Portugal.

Le 16 juin 1535, ces forces débarquent entre Carthage et La Goulette et assiègent la citadelle ainsi que Tunis. Le 4 juillet, La Goulette tombe aux mains de Charles Quint qui réinstalle Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan sur le trône.

Fin de règne

En 1542, Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan traverse la Méditerranée pour recruter des mercenaires à Naples afin de lutter contre une communauté religieuse armée occupant la ville de Kairouan. Là-bas, il apprend que son fils Ahmed s’est rebellé contre lui. Revenu à Tunis début 1543, il est capturé par son fils1 qui, avant de destituer son père, lui donne le choix entre la mort et la perte de la vue. Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan choisit de devenir aveugle.Il se réconcilie avec les occupants de Kairouan, qui sont désormais en butte à une menace ottomane, car Dragut a conquis Mahdia. Il voyage en Europe en 1548, rendant visite au pape Paul III et obtenant une entrevue avec Charles Quint à Augsbourg, où il se présente en tenue traditionnelle, un bandeau sur les yeux. Celui-ci lui accorde son aide pour chasser Dragut de Mahdia, mais Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan décède avant que l’expédition ne parvienne à reconquérir la cité.

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Assaut sur Tunis en 1574, avec la position stratégique du fort de La Goulette

Abû `Abd Allâh Muhammad VI ibn al-Hasan (arabe : أبو عبد الله محمد بن الحسن, parfois nommé Moulay Muhammad, en particulier dans les écrits anciens) est le dernier sultan de la dynastie des Hafsides, établi sur le trône ancestral par les Espagnols après la reprise de Tunis en 1573, son frère refusant les conditions trop humiliantes imposées par Don Juan d’Autriche. Son règne cesse l’année suivante, avec la reprise définitive de la ville par les Ottomans, et il meurt en captivité à Constantinople

Le site de Tunis est depuis le début du xvie siècle l’objet d’une lutte acharnée entre les Espagnols, qui s’appuient sur les derniers sultans hafsides, et les Ottomans, bien implantés dans les régences d’Alger et de Tripoli. En 1569, Uludj Ali, beylerbey d’Alger, agissant en accord avec le sultan ottoman, s’empare de Tunis aux mains des Espagnols depuis 1535, destituant le sultan hafside Abû al-`Abbâs Ahmed III al-Hafsi1.

Le 15 juillet 1574, un fort contingent ottoman, soutenu par une puissante artillerie, débarque sur les côtes du golfe de Tunis et prend rapidement possession de la forteresse espagnole de La Goulette. Après deux mois d’escarmouches, les navires turcs pénètrent par le canal de La Goulette et, le 3 septembre, les armées ottomanes entrent à Tunis.

Sur les instructions expresses du roi d’Espagne Philippe II, le commandant de la flotte espagnole, Don Juan d’Autriche, installe sur le trône un membre de la lignée des Hafsides, non pas Abû al-`Abbâs Ahmed III al-Hafsi qui a refusé les humiliantes conditions des Espagnols mais son frère le prince Muhammad1.

Celui-ci ne peut empêcher les Espagnols de mettre la ville à sac1 ; un historien du xviie siècle, Ibn Abi Dinar, raconte ainsi la scène :

« Et piétinées avec les pieds des infidèles les écoles, toutes les collections de la science éparpillées et dissipées dans les rues, à tel point que le passager à l’est de la mosquée ne peut pas passer sans piétiner les livres. Et les cloches sonnèrent à la médina, et j’ai entendu des citadins disant que les chrétiens attachaient leurs chevaux dans la Grande Mosquée2. »

Durant le court règne de ‘Abû `Abd Allâh Muhammad VI ibn al-Hasan, et malgré ses protestations, les musulmans sont chassés d’une moitié de la ville occupée par les chrétiens, et des centaines de réfugiés s’entassent dans les environs. La justice est rendue par un tribunal constitué du gouverneur chrétien et du sultan musulman1.

Destitution

Dix mois après l’installation de ‘Abû `Abd Allâh Muhammad VI ibn al-Hasan sur le trône, une puissante attaque ottomane, menée en coordination par Sinan Pacha depuis Tripoli et par Uludj Ali depuis Alger, se rend définitivement maîtresse de la ville, qui reste dès lors aux mains des Ottomans qui en font une régence pour les trois siècles à venir1.

‘Abû `Abd Allâh Muhammad VI ibn al-Hasan est emmené à Constantinople, où il finit ses jours en captivité

Bannière de la dynastie Hafside 1229-1574   ce fut sous cette dynastie que la La huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur « saint Louis », en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient.
Bannière de la dynastie Hafside 1229-1574 ce fut sous cette dynastie que la La huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur « saint Louis », en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient.
Ahmed III al-Hafsi, huile sur panneau par Pierre Paul Rubens, 1613-1614, au musée des beaux-arts de Boston.
Ahmed III al-Hafsi, huile sur panneau par Pierre Paul Rubens, 1613-1614, au musée des beaux-arts de Boston.

Abû al-`Abbâs Ahmed III al-Hafsi (مولاي أبو العباس أحمد بن الحسن الحفصي) succède à son père Abû `Abd Allâh Muhammad V al-Hasan comme sultan hafside de Tunis en 1543. Souverain d’un État faible convoité par les Ottomans et les Espagnols, il s’inféode à ces derniers, qui l’évincent du trône en 1573 au profit de son frère Abû `Abd Allâh Muhammad VI ibn al-Hasan. Il meurt en captivité à Termini Imerese (Sicile) en 1575.

Souhaitant destituer son père, il lui donne le choix entre la mort et la perte de la vue. Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan choisit de devenir aveugle. Le prince lui laisse pourtant la liberté, sa cécité l’ayant sans doute rendu inoffensif à ses yeux. Malgré ses instances, le gouverneur espagnol de La Goulette lui préfère son frère `Abd al-Malik qu’il engage à entrer en compétition avec Ahmed. Profitant d’une absence de celui-ci, `Abd al-Malik entre dans Tunis déguisé, s’empare de la kasbah à la tête d’une fraction et se fait proclamer sultan. Les Espagnols, qui ont favorisé son accession au trône, exigent du nouveau souverain le paiement de l’arriéré du tribut annuel et d’autres indemnités. Ce dernier règle ses dettes mais, au bout de 36 jours de règne, meurt probablement empoisonné par son entourage.

La population de Tunis envoie alors une délégation auprès du représentant espagnol afin d’obtenir la libération d’un fils de Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan, retenu en otage, pour qu’il soit intronisé. Mais le gouverneur Tovar estime que le prince ne servirait nullement la cause espagnole et impose la désignation du fils d’`Abd al-Malik, âgé de 12 ans, qui se montre incapable malgré la protection des Espagnols de dominer une situation de plus en plus difficile. En effet, Ahmed, qui est parvenu à se réfugier à l’intérieur des terres, réussit à gagner à sa cause des tribus arabes qui mettent à sa disposition des contingents armés avec lesquels il s’empare finalement de la kasbah de Tunis. Le jeune souverain a tout juste le temps de se réfugier auprès des Espagnols à La Goulette.

Ces derniers entrent alors en pourparlers avec Ahmed pour s’en faire un allié. Les tractations avec le nouveau sultan aboutissent à des traités de paix et d’amitié conclus les 24 janvier 1547, 5 janvier 1548 et 28 décembre1550. Ce dernier traité est conclu pour une durée de six ans que Charles Quint consent à proroger le 6 juin 1555. Entre temps et malgré sa cécité, Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan ne désespère pas de reprendre son trône. Accompagné de deux fidèles, il s’embarque pour l’Italie en 1548, traverse la péninsule et le Tyrol et rencontre Charles Quint à Augsbourg. Il y reçoit sans doute des promesses de l’empereur car il accompagne en 1550les Espagnols lors du siège de Mahdia pour en déloger le corsaire Dragut qui avait fait de cette ville son repaire. Abû `Abd Allâh Muhammad al-Hasan meurt toutefois au cours du siège : il aurait été empoisonné par des émissaires de son fils Ahmed.

Lorsque les Espagnols s’emparent de Mahdia, ils y installent comme gouverneur le propre fils de Ahmed, preuve que ce souverain se trouve alors dans la même posture que son défunt père vis-à-vis des Espagnols. Pourtant, les tribus tunisiennes s’agitent et les villes de la côte ne sont pas sûres. Au vu de l’insécurité générale, les Espagnols procèdent au renforcement des défenses de La Goulette1. Cependant, Ahmed est loin d’observer scrupuleusement les traités qu’il a passés avec les Espagnols. : l’indemnité pour l’entretien de la garnison espagnole n’est plus payée et les Maures se livrent à des attaques contre des détachements de La Goulette. Mais, en dépit de l’insuccès de leur attaque contre Malte, les Ottomans menacent la position des Espagnols. Philippe II, successeur de Charles Quint, donne des ordres pour renforcer à nouveau les défenses espagnoles2. En 1569,Uludj Ali, agissant en accord avec le sultan ottoman, décide de s’emparer de Tunis aux mains des Espagnols depuis 1535. Devant cette menace, Ahmed se rapproche du gouverneur espagnol, avec lequel il était en mauvais termes, et lui demande une aide militaire. Néanmoins, le gouverneur ayant à peine les forces suffisantes pour défendre La Goulette ne peut mettre aucune troupe à la disposition du sultan. Celui-ci décide alors d’affronter Uludj Ali avec ses seules forces. Aux premières escarmouches, Ahmed est pourtant battu à Béja et à Sidi Ali El Hattab : ses troupes s’enfuient et lui-même ne doit son salut qu’à la hâte qu’il met à se réfugier dans la forteresse de La Goulette. Uludj Ali entre finalement sans coup férir à Tunis à la fin décembre 1569 et tente sans succès de s’emparer de La Goulette.

Les Hafsides (arabe : الحفصيّون) sont une dynastie d'origine berbère masmoudienne1 qui gouverne puis règne sur l'Ifriqiya, soit la Tunisie, le Constantinois et la Tripolitaine, entre 1207 et 15742. Étroitement liés aux Almohades, au nom desquels ils gouvernent l'Ifriqiya à partir de 1207, les Hafsides deviennent indépendants sous Abû Zakariyâ Yahyâ en 1236 et se maintiendront au pouvoir jusqu'à l'annexion de la Tunisie par l'Empire ottoman en 1574.

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L'état Hafside
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Ses armoiries ancienne date de l'époque Almohade et peuvent avoir appartenu au roi de Tlemcen : Yaghmorasen ibn Zayyan (1248-83) et son général (en 3e depuis la gauche). Surement signalé lors de la 8 eme croisade de St-Louis qui avait fini à Tunis (1267-1270). Le roi darrabe peut-être lu comme le roi des berbères (Roi des barbares), et le gouverneur militaire de Tlemcen (Tragraret) par le roi de gaquart d'autres possibilités furent émise comme le roi de l'Algarve ou le roi d'Arabie ( Jordanie, cienne province romaine d'Arabie) sont rejetés selon Hubert de Vries, enfin il ce pourrai que ce soit le souverain Hafside Muhammad I al Mustansir (1249-77) devenu calife après la destruction des Abbasside en 1259 régnant sur le Hijaz et ce
Ses armoiries ancienne date de l’époque Almohade et peuvent avoir appartenu au roi de Tlemcen : Yaghmorasen ibn Zayyan (1248-83) et son général (en 3e depuis la gauche). Surement signalé lors de la 8 eme croisade de St-Louis qui avait fini à Tunis (1267-1270). Le roi darrabe peut-être lu comme le roi des berbères (Roi des barbares), et le gouverneur militaire de Tlemcen (Tragraret) par le roi de gaquart d’autres possibilités furent émise comme le roi de l’Algarve ou le roi d’Arabie ( Jordanie, ancienne province romaine d’Arabie) sont rejetés selon Hubert de Vries, enfin il ce pourrai que ce soit le souverain Hafside Muhammad I al Mustansir (1249-77) devenu calife après la destruction des Abbasside en 1259 régnant sur le Hijaz et ce temps
File:Béjaïa 2.jpg
Bejaia redevient une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous le règne des Hafsides
File:Tunis Mosqué Kasbah.JPG
Vue de la mosquée de la Kasbah à Tunis, construite entre 1231 et 1235 par le souverain hafside Abû Zakariyâ Yahyâ
Siege-de-Tunis-1535
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