La Casbah de Bejaia de fondation berbère hammadite au 11eme siècle

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La Casbah de Bejaia de fondation berbère hammadite au 11eme siècle, a été principalement édifiée par les Almohades (berbère) sous le règne de Abd al-Mumen vers 1 154 de notre ère. Protégée par des murs épais et très élevés, la forteresse qui s’étend sur une superficie de 20 000 m² possédait une porte unique et avait sa propre mosquée où l’illustre savant arabe Ibn Khaldoun donna des cours de jurisprudence .

Selon Ibn Khaldoun : « Al-Nacir le prince Haamadide bâtit à Bidjaya un palais d’une hauteur admirable qui porta le nom de  » Palais de la Perle « . Ayant peuplé sa nouvelle capitale, il exempta les habitants d’impôts et, en 1069, il vint s’y établir lui-même (…). Cet Emir érigea des bâtiments magnifiques, fonda plusieurs grandes villes et fit des expéditions nombreuses dans le Maghreb ». 

Ibn Hamdis al-Azdi as-Siquili, né à Syracuse en Sicile de la tribu arabe des Azd, en 1055, devint le poète du prince berbère Hammadide. Il évoque les splendeurs de Al-Naciriya, de ses palais, des « Vasques aux bords desquelles sont assis des lions qui alimentent de leurs gueules la fontaine, avec de l’eau qui ressemble à des lames de sabres fondues ». Il décrivit le talent des artistes qui avaient travaillé pour l’embellissement du palais : « Les artistes appliquant leurs pinceaux à cette salle y ont offert la représentation de toutes les bêtes qu’on chasse ». « On dirait que le soleil y possédait un encrier grâce auquel ils ont tracé des arabesques et des arborescences. « L’Azur y semble ciselé par les dessins alignés sur la feuille du ciel ». Les jardins odoriférants l’ont subjugué. I

Pour al-Idrisi, le géographe arabe du roi  normand Roger II (admirateur de la civilisation Islamique), Bejaia est « la ville principale, l’œîle de l’Etat Hammadide ! » Les demeures royales  kalbites (arabe banu kalb) de Palerme s’inspirent des palais de Bougie. Huit portes pourraient être identifiées à travers la ville dont : Bab Amsiwan à l’Est, sur la route qui mène à la vallée des singes, Bab al Bunub, à l’emplacement de la porte Fouka, Bab al Luz, sur la même face, mais plus bas que Bab al Bunub. Un vieux manuscrit nous parle de ces portes : « Celle du Prétoire Royal qui se trouvait en face de  » Bab al Bunub « , la porte des étendards que l’on appelle familièrement aujourd’hui porte Fouka. C’est là que le sultan s’asseyait en son trône faisant face à celui qui entre dans la ville durant les jours de foire et les jours d’arrivées des caravanes, et pour assister aux fêtes. Cette salle est l’un des plus admirables prétoires royaux et un des plus magnifiques édifices qui attestait le caractère imposant de la royauté et de la majesté du pouvoir ».

La vie intellectuelle fut brillante et continue de l’être dans la capitale Hammadide. Le souverain Al-Aziz Ibn Al Mansour fit venir à Bejaia de nombreux savants. Un vieux manuscrit, intitulé  » Galerie de littérature à Bejaia », donne la biographie des médecins, jurisconsultes, poètes, venus les uns d’Orient, les autres d’al-Andalus, qui firent école dans la cité Hammadide, alors à l’apogée de sa gloire. Le savant berbère Ibn Hammad as-Sanhaji  l’auteur de l’histoire des rois Obaydides (Fatimides)  et d’une histoire de Bejaia, fit ses études à la Qalâa puis à Bejaia. Abou Madyan Souaib Ben Hussain al-Ansari, connu sous le nom de Sidi Bou Médiène, patron de Tlemcen , le cheikh Kabyle, Zakarya Al Hasani A-Zouaoui (mort en 1215), le cheikh Abou Ali Hassan Ben Ali, qui vint de Séville, se fixa à Bejaia (..) Abou Mohamed Ali Al Haq, également Cadi de Bejaia , écrivit un ouvrage sur la médecine, et dix huit volumes de lexicographie. Abd Al Haqq Al Bidjawi, né en 1117, arriva à Bejaia en 1155 et y mourut en 1187. Il écrivit plusieurs œlivres dont un Diwan. Il brilla dans le domaine de la théologie en composant des ouvrages sur les exhortations, les proverbes, les sentences et les lettres arabes. Abu Tahir Amara, lettré et savant homme, vécut vers le XIIe siècle. Il écrivit un ouvrage sur la science des successions, dont les vers arabes à rimes doubles sont bien appréciés. Abu-Al-Hasan Al-Masili originaire de M’sila, connu sous le nom d’Abu Hamid al-Saghir, a étudié à Bejaia, s’adonnant à la science et aux bonnes œoeuvre . Il laissa des œlivres littéraires et des contes très appréciés ; un livre sur la science des Avertissements clôtura sa carrière d’homme de lettres consacré Ainsi Ibn Battuta marqua une halte dans la capitale Hammadide.

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Une réflexion au sujet de « La Casbah de Bejaia de fondation berbère hammadite au 11eme siècle »

    elia mac a dit:
    12 avril 2017 à 21 h 03 min

    Ce qui est désolant c’est le faite de ne pas pouvoir visiter ce magnifique vestige

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