Les Abbassides et le savant Calife Haroun al-Rashid ont noué un échange diplomatique avec les Francs carolingiens pour lutté contre les romains Byzantins, pas contre les Frères musulmans Omeyyade d’al-Andalus ce qui est anulatif de l’Islam

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L’ALLIANCE ENTRE LES ABBASSIDES ET LES CAROLINGIENS

Des ambassades ont été échangées entre les Francs et les Abbassides,  une ambassade franque qui s’était rendue à Bagdad en 765, revint en Europe trois ans plus tard avec de nombreux cadeaux, et une ambassade abbasside du calife Abu Jafar Al-Mansour a visité la France en 768

Les échanges commerciaux ont eu lieu entre les royaumes carolingiens et abbassides, et des pièces arabes sont connues pour avoir été diffusées dans l’Europe carolingienne au cours de cette période

Trois ambassades ont été envoyées par Charlemagne à la cour du calife Abbasside de Baghdad Hâroun ar-Rachîd et ce dernier a envoyé au moins deux ambassades à Charlemagne. Hâroun ar-Rachîd fit parvenir de nombreux présents à Charlemagne, comme des aromates, des tissus, une horloge, un échiquier, et un éléphant blanc de guerre nommé Abul-Abbas.

L’horloge automatique est une horloge à eau en laiton, décrite dans les Annales royales franques de 807. Elle marquait les 12 heures avec des boules de cuivre tombant sur une plaque à chaque heure, et avait également douze cavaliers qui apparaissait à leur tour à chaque heure.

Parmi les cadeaux, l’éléphant indien se tailla sans conteste la vedette : on le prénomma Abul-Abbas, le « père d’Abbâs » et Charlemagne l’exhiba à plusieurs occasions devant ses hôtes de marque. Il fut logé à Augsbourg enBavière du Sud. En 804, le roi Godfried de Danemark attaqua un village. Charlemagne mobilisa ses troupes contre les Danois et envoya son éléphant les accompagner.

Abul-Abbas avait une quarantaine d’années et s’adapta mal au climat européen. Il mourut de pneumonie dans la ménagerie d’Aix-la-Chapelle en 810, probablement après avoir nagé dans le Rhin. Haroun el-Rachid était mort l’année précédente et Charlemagne lui survécut 4 années encore.

 

Le souvenir de l’éléphant blanc fut durable : le trésor de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle conserve un oliphant (cor) en ivoire qui selon la légende passe pour être une des deux défenses d’Abul Abbas ; dans certains jeux d’échecs enfin, si le fou se présente sous la forme d’un éléphant on le doit, dit-on, à Abul Abbas, l’éléphant blanc de Charlemagne. (Ceci étant, la pièce s’appelle en arabe al-fīl : « l’éléphant », et on a eu l’évolution filfol, et fou.)

Un Éléphant blanc de guerre duxie siècle, Espagne
Un Éléphant blanc de guerre du xie siècle, Espagne

Eginhard, Vie de Charlemagne, Relations entre Charlemagne et Haroun ar-Rashid (802), v. 840

Karl et Harûn :

« On a encore de leurs lettres, où ils lui témoignent en ces termes tolite leur affection. Haroun, prince des Perses (Baghdadi) et maître de presque tout l’Orient, à l’exception de l’Inde, lui fut uni d’une si parfaite amitié qu’il préférait sa bienveillance à elle de tous les rois et potentats de l’univers, et le regardait comme seul digne qu’il l’honorât par des marques de déférence et des présents. Aussi quand les envoyés que Charles avait chargés de porter des offrandes au Saint sépulcre du Seigneur et Sauveur du monde, et aux lieux témoins de sa résurrection [en 800], se présentèrent devant Haroun et lui firent connaître les désirs de leur maître, le prince des Perses ne se contenta pas d’acquiescer à la demande du roi, mais il lui accorda la propriété des lieux, berceau sacré de notre salut, et voulut qu’ils fussent soumis à sa puissance. Lorsque ensuite ces députés revinrent, Haroun les fit accompagner d’ambassadeurs qui apportèrent à Charles, outre des habits, des parfums, et d’autres riches produits de l’Orient, les plus magnifiques présents ; c’est ainsi que peu d’années auparavant, à la prière du roi, Haroun lui avait envoyé le seul éléphant qu’il eût alors.
[…]
« L’empereur se rendit de Spolète à Ravenne, y demeura quelques jours, et gagna Pavie ; on lui annonça que des ambassadeurs d’Haroun, roi des Perses, étaient entrés dans le port de Pise ; il envoya au devant d’eux, et se les fit présenter entre Verceil et Yvrée. L’un d’eux (car ils étaient deux) était Perse d’Orient et envoyé du roi des Perses ; un autre, Sarrasin d’Afrique, et envoyé de l’Émir Abraham [Ibrahim] qui gouvernait le pays de Fez sur les confins de l’Afrique. Ils annoncèrent à l’empereur que le juif Isaac qu’il avait envoyé quatre ans auparavant au roi des Perses, avec Sigismond et Lanfried, revenait avec de grands présents. Quant à Lanfried et Sigismond ils étaient tous deux morts. Alors l’empereur envoya le notaire Erchenbald en Ligurie, pour préparer une flotte qui apporta l’éléphant et les autres choses qu’Isaac menait avec lui. Il célébra le jour de la naissance de saint Jean-Baptiste à Yvrée, passa les Alpes et revint en Gaule.
802: Le 20 juillet de la même année, Isaac vint et amena à l’empereur l’éléphant et les autres présents que lui envoyait le roi des Perses : le nom de l’éléphant était Abulabaz. »

Autre passage de cette Historien franc

 » La nuit même où il commença à régner, c’est-à-dire, le 14 octobre de l’an 786 de J. C. 170 de l’hégire, on vint lui annoncer qu’il lui étoit né un fils, qui fut appellé Maimon : peu après il passa dans l’Asie mineure avec une armée de trois cens mille hommes : il y fit des progrès surprenans, & réduisit l’empereur Nicephore à accepter un traité très-honteux, par lequel ce prince étoit obligé de faire tous les ans au calife trois cens mille écus de présent, outre trois mille écus de tribut pour lui, & trois mille autres pour son fils. On assure qu’Aaron fut en commerce de civilité avec l’empereur Charlemagne, dont il reçut des présens, & à qui il en envoya réciproquement de magnifiques, entr’autres un éléphant, & une horloge d’un travail surprenant. On ajoute qu’Aaron, non content d’accorder à cet empereur la permission qu’il lui avoit demandée d’offrir des présens dans les lieux saints à Jérusalem, lui envoya les clefs du saint sépulcre. Ce calife, dont le règne ne fut qu’une suite continuelle de prospérités & de conquêtes, mourut l’année de l’hégire 193, & du christianisme 809, après avoir vécu quarante-sept ans, & en avoir gouverné environ vingt-trois. Il s’étoit rendu maître de toute l’Asie depuis la Romanie jusqu’à l’Oxus : & les Maures d’Afrique, d’Espagne & des isles de la mer Méditerranée lui étoient fournis. On faisoit la priere ouCorbet en son nom, & l’on frapoit la monnoye à son coin dans cette vaste étendue de pays : ce fut environ sous son régne que les Arabes entrerent dans la Chine pour le commerce. * » 

Eginhard. in Carol. Sigebert, chron. Elmacin. hist. Saracen. I. 2., c. 6. D’Herbelot bibl. orient. Renaudot, relat. des Indes, &c.

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