Le ribât Aghlabide / Abbasside de Sousse Tunisie

Publié le Mis à jour le

Nom : Ribât Abbasside Aghlabide de Sousse Lieu : Sousse, Tunisie Date/période de construction : VIIIe siècle. Le monument fut rénové par Ziyadat Allah 1er en 206H./821 J.C. Matériaux de construction : Pierre de taille en grès coquillier – Granit – Marbre – Bois – Moellons Décor architectural : Décor géométrique – Inscription épigraphique en style naskhi – Feuilles d’acanthe Destinataire/mandataire : Le prince aghlabide Ziyadat Allah 1er (206H./ 821J.C.). Dimensions : 38 x 38 m Inscriptions : Cartouche rectangulaire, à l’intérieur du ribat sur la façade est de la galerie : verset du Trône (Cor. XXIII, 29.) puis, « Au Nom de Dieu, le Bienfaiteur, le Miséricordieux. Bénédiction de Dieu. Voici ce qu’a ordonné l’émir Ziyâdat Allâh ibn Ibrâhîm, que Dieu prolonge sa durée !… par les mains de Masrûr al-Khâdim (Le serviteur) son affranchi, en l’année 206 / 821. Ô Dieu, fais-nous descendre dans une demeure… béni. Tu es le meilleur des conducteurs ».
Nom : Ribât Abbasside Aghlabide de Sousse
Lieu : Sousse, Tunisie
Date/période de construction : VIIIe siècle. Le monument fut rénové par Ziyadat Allah 1er en 206H./821 J.C.
Matériaux de construction : Pierre de taille en grès coquillier – Granit – Marbre – Bois – Moellons
Décor architectural : Décor géométrique – Inscription épigraphique en style naskhi – Feuilles d’acanthe
Destinataire/mandataire : Le prince aghlabide Ziyadat Allah 1er (206H./ 821J.C.).
Dimensions : 38 x 38 m
Inscriptions :
Cartouche rectangulaire, à l’intérieur du ribat sur la façade est de la galerie : verset du Trône (Cor. XXIII, 29.) puis, « Au Nom de Dieu, le Bienfaiteur, le Miséricordieux. Bénédiction de Dieu. Voici ce qu’a ordonné l’émir Ziyâdat Allâh ibn Ibrâhîm, que Dieu prolonge sa durée !… par les mains de Masrûr al-Khâdim (Le serviteur) son affranchi, en l’année 206 / 821. Ô Dieu, fais-nous descendre dans une demeure… béni. Tu es le meilleur des conducteurs ».

Situé à l’extrémité est de la médina, près de la Grande Mosquée, le ribât de Sousse fait partie d’une chaîne de défense discontinue qui se prolongeait, selon Ibn Khaldûn, tout le long de la rive sud de la Méditerranée, de Ceuta à Alexandrie. Les ribât ifrîqiyens semblent s’inspirer de leurs équivalents abbassides[1], établis pour défendre les frontières nord face au danger byzantin et les frontières orientales face au danger représenté par les populations turques d’Asie Centrale, ainsi que des bâtiments omeyyades anciennement regroupés sous le vocable de « châteaux du désert »[2].

Le bâtiment est de plan carré, et semble suivre le modèle du ribât de Monastir, qui fut imité dans tout l’Occident musulman. Il est composé d’une cour centrale entourée de pièces et d’un étage abritant une salle de prière. Le plan général rappelle celui des palais abbassides[3], avec ses remparts flanqués de tours semi-cylindriques. La façade à merlons est occupée au sud-est par une tour vigie cylindrique à base carrée surmontée par un lanternon couvert d’une coupolette en céramique. Ajoutée par Ziyâdat Allâh Ier en 821, elle servait de minaret à la mosquée voisine. Cette forme se diffusa au Maghreb dès la fin du VIIIe siècle, particulièrement en Ifrîqiya[4] où ce sont cependant les minarets à base carrée comme celui de la Grande Mosquée de Kairouan, inspirés de la Grande Mosquée de Damas (706), qui furent bientôt privilégiés, pour être adoptés ensuite dans tout l’Occident musulman[5].

Ribat, Sousse, Tunisie (821)
Ribat, Sousse, Tunisie (821)

L’accès au ribât se fait par un porche d’entrée rectangulaire dont l’arc en plein cintre est posé sur des colonnes à chapiteaux corinthiens. Il est couvert d’une pièce à coupole sur trompes abritant un système défensif, composé d’assomoirs, de mâchicoulis et de la fente d’une herse. Ce dispositif est l’aboutissement d’une évolution continue, introduite par les musulmans avant l’adoption du système de l’entrée coudée. Les mâchicoulis séparés par des arcs en pierre sont une invention islamique dont s’inspireront plus tard les Croisés pour défendre certains de leurs châteaux forts du Proche-Orient. Ce type de coupole apparaîtra à la Grande Mosquée de Kairouan et se propagera en Sicile, au Maghreb et en Espagne, au sud de la France et en Italie. Mais ici, l’absence de tambour annonce plus particulièrement les formes adoptées par l’école sahélienne d’architecture[6], qui se propageront en Sicile[7], une région sous domination musulmane du IXe au XIe siècle.

Nom : La qasaba et les remparts de Sousse Lieu : Tunisie, Sousse Date/période de construction : Remparts : 244 H / 859 J.C -qasaba : 236 H / 851 J.C ; transformations : XIIIe-XVIIIe et XIXe siècles Matériaux de construction : Pierre en grès coquillier Décor architectural : Pierre sculptée Destinataire/mandataire : Remparts sous le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (r. 856-863), qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier (r. 841-856), Conducteur des travaux de la tour : Khalaf el-Fata Dimensions : 2,2 km de remparts, tout autour de la médina, englobant une superficie de 32 ha Inscriptions : Sur le rempart sud, en écriture kufique : « par les mains du gouverneur Fatâta, en l’année 245 H. »
Nom : La qasaba et les remparts de Sousse
Lieu : Tunisie, Sousse
Date/période de construction : Remparts : 244 H / 859 J.C -qasaba : 236 H / 851 J.C ; transformations : XIIIe-XVIIIe et XIXe siècles
Matériaux de construction : Pierre en grès coquillier
Décor architectural : Pierre sculptée
Destinataire/mandataire : Remparts sous le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (r. 856-863), qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier (r. 841-856), Conducteur des travaux de la tour : Khalaf el-Fata
Dimensions : 2,2 km de remparts, tout autour de la médina, englobant une superficie de 32 ha
Inscriptions :
Sur le rempart sud, en écriture kufique : « par les mains du gouverneur Fatâta, en l’année 245 H. »

Le porche franchi, on accède ensuite à un vestibule d’entrée desservant une cour à portiques.Contre le portique sud, deux escaliers desservent le premier étage, occupé par des cellules d’habitation destinées aux ghâzî (les envahisseurs) et par une salle de prière. Cette dernière est répartie en deux travées et en onze nefs perpendiculaires au mur de qibla, délimitées par des arcs en plein cintre et surbaissés retombant sur des piliers tout à fait comparables à ceux de la Grande Mosquée voisine, qui est la première en date à présenter des arcs dans les deux sens[8]. Le mihrâb semi-circulaire s’ouvre par un arc en plein cintre surhaussé, posé sur des colonnes. Le mur sud à piliers adossés recevant les retombées des arcs nord-sud est percé par six ouvertures qui semblent être des archères.

Le pourtour méditerranéen étant tombé progressivement sous domination musulmane, les ribât perdirent peu à peu leur fonction militaire. Ils furent fréquemment remployés pour d’autres usages, notamment l’enseignement.

NOTE

[1] en Tarsus et en Transoxiane.

[2] Château de Mchatta, Jordanie, 743-744. http://archnet.org/library/ime.jsp?location_id=9084&image_id=150424

[3] Palais d’Ukhaydir, Irak, Koufa, 764-778.

[4] Ribât de Monastir (179 H/796 J.C.), Grande Mosquée al-‘Abbasiyya (Palestine), première capitale des Aghlabides en 185 H./801 J.C.

[5] Mosquée al-Qarawiyyîn, Fès, Maroc, IXe-Xe s.

[6] Coupole de la Grande Mosquée de Sousse (851), coupole de la Grande Mosquée de Sfax

[7] Chapelle Palatine, Palerme, Sicile, 1132-1143. http://archnet.org/library/images/one-image.jsp?location_id=9345&image_id=50781

[8] La citerne de Ramla (Jordanie, 789) présente l’exemple le plus précoce conservé d’arcatures dans les deux sens dans l’architecture islamique. Ce principe deviendra caractéristique de l’architecture des mosquées maghrébines.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Combe, E., Sauvaget, J., Wiet, G., Répertoire chronologique d’épigraphie arabe, t. I, Le Caire, 1931, Institut français d’archéologie orientale, p. 113, n°143.

Creswell, K.A.C., Early Muslim Architecture, t. II, New York, 1979, Hacker Art Books, p.167-170.

Golvin L., Essai sur l’architecture religieuse musulmane, t. III, Paris, 1974, p. 208.

Lézine A., Le Ribat de Sousse, suivi de notes sur le Ribat de Monastir, Tunis, 1956, Direction des Antiquités et Arts de Tunisie.

Lezine, A., Sousse, les monuments musulmans, Tunis, 1968,  éditions Cérès, « art et histoire », p. 21-32.

Marçais G., L’art musulman, Paris, 1926, Auguste Picard, p. 47-50.

Chabbouh B., « A propos de la tour vigie du Ribat de Monastir et ses origines architecturales », in Revue Africa , t. III-IV, 1969-1970, p. 5-16.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Korbendau, Y., L’architecture sacrée de l’islam, Paris, 1997, ACR édition, p. 152.

Golvin L., Essai sur l’architecture religieuse musulmane, t. III, Paris, 1974, Klincksiek, p. 68.

Gabrieli, F., Alfieri, B.M., Baffioni, C., Le califat de Bagdad, la civilisation abbâsside, Paris, 1988, Syros Alternatives, p. 45.

http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=417

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