« EPITAPHE D’UN ROI NASRIDE GRENADIN NASRIDE MORT A TLEMCEN » par Berbrugger

Publié le Mis à jour le

Un guerrier Maghrebin (Nord-Africain ou Andalous )

M. Charles Brosselard, dont la présence à Tlemcen aura été aussi utile à la science qu’elle est avantageuse pour ses administrés, vient de découvrir une inscription arabe de la plus haute importance. C’est l’épitaphe d’un roi de Grenade mort à Tlemcen, à la fin du 15e siècle. Nous savons que notre honorable correspondant prépare un travail spécial sur cette épigraphe, travail où il fera disparaître les quelques doutes qui pouvaient planer sur son attribution exacte.

Nous ne voulons donc pas déflorer son œuvre, et nous nous bornons ici à donner sa traduction de cette curieuse épitaphe, qui était presque illisible et où personne n’avait jamais pu rien comprendre. M. Charles Brosselard l’a déchiffrée avec habileté et une patience qui feraient honneur à un élève de l’école des chartes et même à un bénédictin.

Voici, avec quelques autres détails, la traduction de l’épitaphe royale :

« Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux,
Que la Grâce divine se répande sur N. S. Mohammed et sur sa famille ! »

Ici, s’aligne un sixain d’un très joli style, dû à la plume d’un poète habile. Je traduis ainsi :

« Tombeau de l’infortuné roi, qui est mort dans la douleur de l’exil,
« A Tlemcen, où il a passé comme un indifférent, au milieu de la foule ;
« Lui, qui avait combattu si longtemps pour la défense de la foi !
« Ainsi se sont accomplis sur lui les décrets du Tout-Puissant !
« Mais Dieu lui avait donné la résignation dans le malheur !
« Que Dieu daigne, à toujours, arroser son tombeau d’une pluie bienfaisante !

1) C’est ici la sépulture du Sultan juste et glorieux, du roi accompli, le champion de la Foi, l’émir des musulmans et le représentant du Maître de l’univers, notre seigneur Abou Abdallah, le victorieux par la grâce de Dieu, fils de notre maître l’Emir des musulmans, Abou-en-Nacer, fils de l’Emir saint, Abou-‘l-H’acen, fils du Prince des croyants, Abou-‘I-H’addjadj, fils de l’Emir des musulmans, Abou-Abdallah, fils de l’Emir Abou-‘l-H’addjadj, fils de l’Emir Abou-‘l-Oualid, Oualid-ibn-Nacer-el-Ansari-el-Khazredji (3), l’Andalous ; que Dieu sanctifie sa trace et lui accorde une place élevée dans le Paradis ! Il combattit dans le pays des Andalous, pour la cause de la religion, avec un petit nombre d’arabes (El-Arban) contre les armées nombreuses et puissantes des adorateurs du crucifié; et il ne cessa pas un seul jour de sa vie et de son règne, de porter haut l’étendard de la guerre sainte ; il accomplit, comme défenseur de la Foi, tout ce que Dieu et les croyants pouvaient attendre de lui.

2) Il est mort, entre le Maghreb et l’Icha, dans la soirée du premier mercredi de châban de l’an 899, et il avait environ quarante ans d’âge. (Le début de châban 899 correspond au milieu de juin 1494)

« Ô mon Dieu, daigne me recevoir dans ton sein, en récompense des combats que j’ai livrés pour ta Gloire ! Que ce soit là, mon Dieu, le motif du pardon que j’espère de ta bonté ! »

Cette intéressante pierre tumulaire, aujourd’hui déposée au Musée de Tlemcen (4), est un beau marbre onyx veiné de rose. Elle a 90 cm de hauteur et 43 cm de largeur. Son épaisseur est de six centimètres.

L’épitaphe a vingt-sept lignes, le caractère est andalous, gravé en relief ; mais il est horriblement usé, vous pouvez en juger par l’inspection de la photographie : vous saurez tout à l’heure pourquoi. La lecture est donc des plus difficile ! J’y suis revenu, à bien des reprises, me faisant aider sans succès des plus habiles taleb, et ne me doutant pas de l’importance du trésor que j’avais sous la main. Puis à force de persévérance, les difficultés se sont insensiblement aplanies : la lumière s’est faite, tant il est éternellement vrai quelabor omnia vincit improbus.

Comment cette inscription est-elle venue entre mes mains ?

II y’a douze ou quatorze ans environ, l’autorité militaire fit percer une rue, à Tlemcen, sur l’emplacement du vieux cimetière attenant à la mosquée de Sidi-Brahim. Vous voyez que je veux parler de l’ancien cimetière royal abdelouadite. Il est vrai que depuis longtemps ce n’était plus qu’un cimetière turc, mais réservé aux familles aristocratiques, la royauté du jour. On élevait les nouvelles tombes sur les anciennes, et les marbres princiers des descendants de Yar’mouracen demeuraient enfouis sous les pierres à turbans des Aghas, Kaïds et Khaznadjis du lieu.

Dans les fouilles nécessitées par le percement de la rue en question, toutes ces tombes vieilles ou nouvelles furent dispersées ; on n’eut pas même alors la pensée de s’enquérir de leur date, et de leur importance historique. Qu’est ce que tout cela est devenu ? On retrouve, par un heureux hasard, de temps à autre, de ces vieux marbres à épitaphe, chez des particuliers. Pour ma part j’en ai sauvé trois provenant du cimetière Sidi-Brahim : je les ai décrits dans l’article que vous avez entre les mains et qui attend son jour.

Pour en revenir à notre marbre, il fallut, pour l’alignement de la rue en question, démolir quelques maisons donnant sur le cimetière, et, c’est dans une de ces maisons qu’on le trouva. Employé à quel usage, bon Dieu ? Transformé en seuil de porte. De là ce trou, que vous pouvez distinguer sur la photographie, et dans lequel s’adaptait le gond inférieur de la porte d’entrée. De là l’usure de l’inscription foulée aux pieds (5) pendant un siècle ou davantage.

Toujours est-il qu’il ressort de là que le roi détrôné avait été enterré dans le cimetière royal, dernière marque d’hospitalité donnée par notre ami Abou-Abdallah-Et-Tsabti au royal exilé. L’inscription trouvée au seuil de la vieille maison turque fut transportée à l’hôtel de la subdivision. Personne ne tenta de la déchiffrer ou ne put y parvenir. Elle resta là abandonnée dans un coin jusqu’en 1857. A cette époque, le général de Beaufort, voyant que je commençais à former un musée, voulut bien m’en faire don ; mais il ne savait pas ce qu’il me donnait.

Il la fit déposer à la mairie, où elle est aujourd’hui. Après cent tentatives infructueuses, ce n’est que ces jours-ci que je suis enfin parvenu à la déchiffrer.

Le Mechouar de Tlemcen
Le Mechouar de Tlemcen

Tlemcen: Lieu du retour du dernier Roi de Grenade Boabdil Ez-Zeggal

L’épitaphe du sultan Nasride Abu’Abd Allah dit Boabdil est un marbre d’onyx veiné de rose de 91 cm de longueur, de 44 cm de largeur, et de 6 cm d’épaisseur.

شاهد قبر يشهد على رجوع أحد آخر ملوك الأندلس – أبي عبد الله الزقال- لموارة  المثوى الأخير بتلمسان في غرة شعبان عام 899هـ الموافق 6 ماي 1494م

Cette plaque comporterait 32 lignes de caractères arabes selon Mr. Charles BROSSELARD qui découvrit l’épitaphe lors du dépeçage de la ville de Tlemcen en 1847 par l’armée coloniale et put déchiffrer avec le concours du Muphti de Tlemcen – Cheikh Si-Hammou ben Rostane – le texte çi-dessous, attestant d’une découverte de portée universelle.

En 1876, le Journal Asiatique publie Le Mémoire épigraphique et Historique sur les Tombeaux des Emirs Béni-Zeiyan et de BOABDIL, dernier Roi de Grenade, découverts à Tlemcen.

En 1877, la pièce fût envoyée à l’Exposition Universelle de PARIS où elle a figurée à l’entrée du Palais du Trocadéro pendant 6 mois.

En 1878, le Boletin de la Real Academia de la Historia de Madrid publie une étude de Fr. Fernandez Gonzalez sur différentes remarques sur le texte de cette épitaphe.

Ces deux dernières études aboutissent à la démonstration de l’attribution de cette épitaphe à BOABDIL Ez-ZEGGAL, oncle du BOABDIL Ez-ZOGOIBI, dernier Roi de Grenade, mort et enterré à Fès en 940 H – 1533 G dans l’oratoire d’Ech-Cheriat.

En 1893 M. GAUDEFROY-DEMOMBYNES ne retrouve plus cette épitaphe au Musée de Tlemcen.

En 1898, M. William MARCAIS confirme la disparition de cette pièce dans sa publication sur le Musée de Tlemcen.

En avril 1992, un Appel international pour la recherche de cette pièce est lancée par l’Agence Nationale d’Archéologie et de protection des Sites et Monuments Historiques, à l’occasion de l’Exposition Universelle de SEVILLE.

Mohammed BAGHLI

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طارق بن زياد من تلمسان إلى سرقسطة

بعد أن كانت تلمسان نقطة الانطلاق لفتح الأندلس في عام 92هـ/م710

كان طارق ابن زياد مقيما بمدينة تلمسان حين بعث له يليان بمشروع لإدخاله الأندلس

فقال طارق: فإنّي لا أطمئن إليك حتّى تبعث إليّ برهينة

فبعث يليان إلى طارق بابنتيه ولم يكن له ولد غيرهما

فأقرّهما طارق بتلمسان واستوثق منهما

من كتاب فتوح إفريقية والأندلس لابن عبد الحكم القرشي ت 257هـ/م870

شاهد قبر

يشهد على رجوع أحد آخر ملوك الأندلس

– أبو عبد الله محمد الزقال-

لموارة المثوى الأخير بتلمسان

في غرة شعبان 899 هـ

الموافق 6 ماي 1494م

 

إعداد: محمد بن أحمد باغلي

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