Pyxide au nom d’al-Mughîra l’Omeyyade

Publié le Mis à jour le

Titre / dénomination : Pyxide au nom d’al-Mughîra l'Omeyyade Lieu de production : Madinat al-Zahra ?, al-Andalus Date / période : 357 H./968 Matériaux et techniques : Ivoire sculpté, traces de jais Ville de conservation : Paris Lieu de conservation : Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam Numéro d'inventaire : OA 4068 Inscription : À la base du couvercle, en kufique : « Bénédiction de Dieu, bienfait, satisfaction et félicité sur al-Mughîra fils de l’émir des croyants, que Dieu lui fasse miséricorde, ceci a été fait en l’an 357 ».
Titre / dénomination : Pyxide au nom d’al-Mughîra l’Omeyyade
Lieu de production : Madinat al-Zahra ?, al-Andalus
Date / période : 357 H./968
Matériaux et techniques : Ivoire sculpté, traces de jais
Ville de conservation : Paris
Lieu de conservation : Musée du Louvre, département des Arts de l’Islam
Numéro d’inventaire : OA 4068
Inscription :
À la base du couvercle, en kufique : « Bénédiction de Dieu, bienfait, satisfaction et félicité sur al-Mughîra fils de l’émir des croyants, que Dieu lui fasse miséricorde, ceci a été fait en l’an 357 ».

Cette boîte en ivoire à couvercle bombé et à corps cylindrique, par la précision et la profondeur de son décor sculpté, est l’un des chefs-d’œuvre des ateliers de Madinat al-Zahra, à l’époque du califat de Cordoue. L’inscription à la base de son couvercle mentionne la date de 968. Cette année là, al-Mughîra, dernier fils du défunt calife ‘Abd al-Rahmân III, est âgé de dix-huit ans. Cette œuvre pourrait représenter un cadeau de majorité[1].

Sur le réceptacle, quatre médaillons polylobés entourés de divers couples de personnages et d’animaux, abritent une iconographie princière. Dans l’un figurent deux lions assaillant deux taureaux, symbole de victoire que la Perse achéménide associait au Soleil de l’équinoxe de printemps. Le médaillon opposé montre deux personnages ramassant des œufs dans des nids de faucons, allusion probable à la quête de souveraineté : les Omeyyades d’Espagne sont appelés « les faucons des Quraysh » et Cordoue est parfois comparée à un œuf. Dans les deux autres sont représentés deux chasseurs à cheval cueillant les dattes d’un palmier (encore une référence à l’Orient), puis deux jeunes princes assis en tailleur de chaque côte d’un joueur de luth. L’un tient un  flacon et la badine tressée des Omeyyades, l’autre, un  éventail discoïdal.

La pyxide pourrait être une invitation à recevoir ou à « cueillir » le pouvoir, comme le suggère son iconographie. Elle résulterait d’une commande faite par les partisans d’al-Mughîra, en particulier le cercle des fityân, des pages-officiers du palais[2].

Titre / dénomination : Pyxide au nom d’al-Mughîra l'Omeyyade Lieu de production : Madinat al-Zahra ?, al-Andalus Date / période : 357 H./968 Matériaux et techniques : Ivoire sculpté, traces de jais Ville de conservation : Paris Lieu de conservation : Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam Numéro d'inventaire : OA 4068 Inscription : À la base du couvercle, en kufique : « Bénédiction de Dieu, bienfait, satisfaction et félicité sur al-Mughîra fils de l’émir des croyants, que Dieu lui fasse miséricorde, ceci a été fait en l’an 357 ».

Une vingtaine de pièces complètes en ivoire – pyxides et coffrets à couvercle plat ou taluté – plus une dizaine de plaques fragmentaires, datent du califat de Cordoue. Elles sont étroitement associées à l’expression du pouvoir et à l’histoire de la dynastie. Un bandeau épigraphique, à la base du couvercle, livre généralement le nom du destinataire, la date de fabrication et parfois le nom de l’atelier et de l’artiste. Avant 970, les destinataires sont exclusivement la mère, la fille, le fils du calife. Sur trois objets apparaît le nom de Madinat al-Zahra. Nous connaissons aussi le nom de Khalaf, un ivoirier à qui l’on doit la pyxide de la reine Subh, favorite du calife al-Hakam II et mère d’Hishâm.

À quoi servaient ces boîtes cylindriques, peut-être incrustées de pierreries[3] ? Elles ont pu renfermer des bijoux, des gemmes, des sceaux ou encore des substances odorantes. Un poème écrit sur la pyxide de Subh se termine par ces mots : « je suis un réceptacle pour le musc, le camphre et l’ambre gris »[4].

Ces boîtes en ivoire sculpté, parées d’un riche décor figuratif, ne doivent pas être isolées.

Titre / dénomination : Pyxide au nom d’al-Mughîra l'Omeyyade Lieu de production : Madinat al-Zahra ?, al-Andalus Date / période : 357 H./968 Matériaux et techniques : Ivoire sculpté, traces de jais Ville de conservation : Paris Lieu de conservation : Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam Numéro d'inventaire : OA 4068 Inscription : À la base du couvercle, en kufique : « Bénédiction de Dieu, bienfait, satisfaction et félicité sur al-Mughîra fils de l’émir des croyants, que Dieu lui fasse miséricorde, ceci a été fait en l’an 357 ».

Les pyxides cordouanes, imprégnées d’éléments sassanides : arbres-candélabres, feuilles en demi-palmettes, animaux antithétiques avaient leurs homologues en Orient musulman, comme l’atteste la pièce exhumée en Jordanie.

En Occident latin, elles serviront souvent de reliquaires, d’autant plus qu’elles reproduisaient en miniature des sanctuaires en rotonde, les uns et les autres s’imitant consciemment, selon leur échelle respective. À partir du XIIe siècle, elles figureront dans l’iconographie des Rois Mages, comme réceptacles pour la myrrhe et l’encens.

NOTE

[1] En 968, le calife régnant, al-Hakam II, frère aîné du prince, est déjà âgé et malade et n’a qu’un fils de quatre ans, Hishâm, bien trop jeune pour lui succéder. Seul al-Mughîra a l’âge et les qualités requises pour lui succéder. À la mort d’al-Hakam II qui surviendra sept ans plus tard, en 976, c’est Hishâm, alors âgé de onze ans, qui sera nommé calife grâce à l’intervention de sa mère Subh et du favori de celle-ci, le vizir Ibn Abî Amîr al-Mansûr (lequel confisquera le pouvoir), et al-Mughîra sera assassiné, ainsi que ses partisans.

[2] Parmi ceux-ci : Durrî al-Saghîr qui avait la charge de la manufacture des ivoires, Jawdar, grand orfèvre et fauconnier d’al-Hakam II, ou encore Fâ’iq, directeur du tirâz. Tous seront éliminés ou disgraciés après l’accession du petit Hishâm au califat et l’exécution d’al-Mughîra.

[3] Des traces de jais ont été relevées dans certains alvéoles de la pyxide d’al-Mughîra.

[4] Pyxide conservée à l’Hispanic Society of America, New York.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Bernus-Taylor, M., « Al Mughira again », in Furusiyya, t. II, Ryad, 1996, p.136-141.

Bernus-Taylor, M., L’art d’al-Andalus, du VIIIe siècle à 1086, Les Andalousies, de Damas à Cordoue, cat. exp., Paris, 2000, Institut du monde arabe, Gallimard.

Ferrandis, J., Marfiles Arabes de Occidente, Madrid, 1935.

Kühnel, E., Die islamischen Elfeibeinskulpturen, Berlin, 1971.

Martinez-Gros, G., Makariou, S., « Art et politique en al-Andalus », in Les Andalousies, de Damas à Cordoue, cat. exp., Paris, 2000, Institut du monde arabe, Gallimard.

Migeon, G., Manuel d’art musulman, Paris, 1907, II, p. 129, fig. 111 ; 1922, n° 26, p.12, pl. 10 ; 1927, fig. 152.

Arts de l’Islam des origines à 1700, (cat. exp., Paris, Orangerie, 1971),  p. 185, n° 256.

http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=1042

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s