Alp Arslan et la route vers Manzikert avec sa fameuse armée Seldjoukide

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C'est en août 1071 qu'a lieu à proximité de la cité de Malazgirt la bataille de Manzikert, entre les Turcs Seldjoukides et les Byzantins. Cette bataille se solde par une lourde défaite de ces derniers, dont l'empereur Romain Diogène est capturé par le sultan Alp Arslan, et ouvre à terme les portes de l'Anatolie aux Turcs.
C’est en août 1071 qu’a lieu à proximité de la cité de Malazgirt la bataille de Manzikert, entre les Turcs Seldjoukides et les Byzantins. Cette bataille se solde par une lourde défaite de ces derniers, dont l’empereur Romain Diogène est capturé par le sultan Alp Arslan, et ouvre à terme les portes de l’Anatolie aux Turcs.

En 1058 Tughrul meurt. Son neveu Alp Arslan, qui succède à Tchagri au Khorasan, prend le contrôle du sultanat et élimine Kutulmush, cousin de Tughrul en opposition au pouvoir central. Alp Arslan hérite d’un empire composé d’anciennes principautés, recomposé en tout et administré par l’élite urbaine arabophone ou iranophone, qui s’étend de la Syrie jusqu’à l’Amu Darya. Pendant que les tribus sous l’autorité de Tughrul et Tchagri assiègent, pillent et soumettent les villes des plateaux iraniens, d’autres tribus opèrent indépendamment du sultan, et razzient les territoires périphériques comme l’Anatolie byzantine, le Caucase, et la Syrie Fatimide. Des Turkmènes fraichement convertis provenant des steppes au-delà du Khârezm affluent même à l’intérieur des terres. Des divisions se creusent entre les tribus turques anciennes et nouvelles, plus turbulentes et moins bien adaptées au territoire iranien. Pour contrer les tentatives de rébellions de ces nouvelles tribus, Alp Arslan les envoie aux confins de son empire contre les infidèles. Alp Arslan mène aussi ses guerriers tribaux en territoire ennemi pour payer leur solde en butin, puisqu’ils ne trouvent aucun salut dans les territoires inhospitaliers, sans pâturage de l’Iraq, et que les villes du monde sunnite sont déjà sous autorité Seldjoukide. Autrement dit, Alp Arslan ne peut razzier des cités qui lui assurent de la nourriture et des taxes.
Plusieurs seigneurs de guerre Oghuz sont déjà au service de principautés syriennes quand Alp Arslan arrive à Alep en 1070. Ils ne fondent cependant pas de royaumes, et n’ont pas de visées politiques bien précises. Alp Arslan, quand il conquiert Alep, établit le sermon de la prière du vendredi à son nom et au nom du calife. Pendant ce temps, Romain IV Diogène quitte Constantinople en 1070 à la tête d’une immense armée et arrive en 1071 près du lac de Van, pour reprendre Manzikert et Ahlat, perdues l’année précédente. À l’annonce de cette nouvelle, Alp Arslan, qui est à Khoy, réunit ses troupes, envoie les wagons de butin, son célèbre vizir Nizam al-Mulk et sa femme à Hamadhan, et se dirige vers l’ouest, à la rencontre du basileus.
Les sources Seldjoukides nous apprennent qu’Alp Arslan désire avant tout la paix; l’avance de l’armée byzantine le prend par surprise, et la conquête de la Syrie Fatimide reste son principal objectif. Il envoie ainsi une ambassade auprès de Romain IV Diogène, qui lui répond qu’il n’y aura pas de paix à moins qu’il obtienne Rey (l‘actuel Téhéran). Alp Arslan suit le conseil de ses juristes et confronte l’armée byzantine un vendredi, près de Manzikert.
Nous ne saurons jamais si Alp Arslan a vraiment demandé la paix. Il est possible que les chroniqueurs contemporains aient délibérément créé un triomphe pour Alp Arslan, qui est représenté comme un bon souverain désirant la paix, qui use de la violence comme dernière solution, selon les préceptes de l’Islam. Rey est d’ailleurs une curieuse demande de l’empereur byzantin; des tribus turques hostiles pillent l’Anatolie de l’est, les Hongrois avancent dans les Balkans, et les Normands lui donne beaucoup de fil a retorde en Italie. Une chose est sure par contre, il était bien déterminé à se rendre en Syrie, car il doit interrompre sa marche forcée vers Damas.

Comment Byzance, véritable superpuissance à l’époque, subit-elle un revers aussi important contre une armée si peu familière de la région? C’est cette question qui nous occupera dans la prochaine partie de cet essai.

Voici une carte contenant les termes géographiques mentionnés dans l’essai. Modifiée sous la liscence Creative Commons, prise sur Wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/File:BlankAsia.png

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source :site web historum

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Une réflexion au sujet de « Alp Arslan et la route vers Manzikert avec sa fameuse armée Seldjoukide »

    Mustapha Ben Mansour a dit:
    7 février 2016 à 11 h 57 min

    A reblogué ceci sur Mustapha Ben Mansour.

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