ANNÉE 621 DE L’HEGIRE (24 JANVIER 1224 — 13 JANVIER 1225) RÉCIT DE LA RÉVOLTE DE CHIHÂB-EDDIN GHAZI CONTRE SON FRERE ALMÉLIC ALACHRAF ET DE LA PRISE DE KHÉLATH PAR CE DERNIER par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Publié le Mis à jour le

Les croisades
Les croisades

ANNÉE 621 DE L’HEGIRE (24 JANVIER 1224 — 13 JANVIER 1225)

RÉCIT DE LA RÉVOLTE DE CHIHÂB-EDDIN GHAZI CONTRE SON FRERE ALMÉLIC

ALACHRAF ET DE LA PRISE DE KHÉLATH PAR CE DERNIER.

Almélic-Alachraf Moura, fils d’Aladil Abou Bekr, fils d’Ayoub, avait donné en fief à son frère Chihâb-eddyn Ghazy la ville de Khélath, ainsi que tous les cantons d’Arménie, auxquels il avait ajouté la ville de Meïafarékïn, celle de Hâny et le Djebel Djour. Non content de cela, il l’avait encore choisi comme son héritier présomptif pour tous les pays qu’il avait en son pouvoir et il lui avait fait prêter serment par les vice-rois et les troupes du pays. Quand l’Arménie lui eut été livrée, Chihâb-eddyn se rendit dans cette contrée, ainsi que nous l’avons rapporté, où il y demeura jusqu’à la fin de l’année 620 (1223). A cette époque, il manifesta contre son frère Almélic-Alachraf une animosité qui se transforma bientôt en lutte sourde, puis en désobéissance et enfin en rébellion ouverte. Alachraf lui envoya alors des messagers qui essayèrent de le ramener et lui reprochèrent ce qu’il avait fait. Loin de renoncer à ses projets, Chihâb-eddyn s’y attacha plus fortement; il s’entendit avec son frère Almoaddham Iça, prince de Damas, et Mozaffer-eddyn, fils de Zeyn-eddyn, prince d’Arbil, pour lutter contre Alachraf et faire campagne ensemble contre lui. Les coalisés ayant divulgué leur dessein, Alachraf en fut avisé; il envoya aussitôt à son frère Almélic-Alcamil, prince d’Egypte, avec lequel il était d’accord, un messager qui l’informa de la situation et lui demanda assistance. Celui-ci équipa une armée et expédia au prince de Damas, son frère, un message dans lequel il disait : « Si tu quittes ta capitale, je m’y rendrai aussitôt et m’en emparerai. » Ce prince était déjà en marche, se dirigeant vers le pays de Djézireh afin d’aller au rendez-vous qui avait été fixé entre eux; lorsqu’il reçut la lettre de son frère et qu’il apprit les préparatifs qu’il faisait, il revint à Damas. De son côté, le prince d’Arbil avait rassemblé ses troupes et s’était rendu à Mossoul, où il lui arriva ce que nous raconterons plus tard, s’il plaît à Dieu. Quand Alachraf eut acquis la certitude de la révolte de son frère, il réunit ses troupes des provinces de Syrie, du Djézireh et de Mossoul et marcha sur Khélath. Dès qu’Alachraf arriva près de celle ville, Ghazy, saisi de crainte et n’ayant point les forces nécessaires pour aller à la rencontre de son frère et le combattre, répartit ses troupes dans le pays pour y organiser la résistance; puis il attendit que le prince d’Arbil se mît en marche sur les contrées avoisinantes de Mossoul et de Sindjar, et que son frère le prince de Damas marchât contre le pays d’Alachraf dans la direction de l’Euphrate, Errakka, Harrân, etc., et contraignit ainsi ce prince à abandonner sa marche sur Khélath. Mais Alachraf poursuivit sa route et atteignit Khélath. Les habitants de cette ville désiraient Alachraf et préféraient son autorité a cause de la conduite bienveillante qu’il avait tenue envers eux et aussi à cause des mauvais procédés de Ghazy à leur égard. Quand Alachraf parut devant la ville, les habitants la lui livrèrent, le lundi 12 de djoumada II, tandis que Ghazy continuait à résister dans la citadelle. La nuit venue, Ghazy se rendit auprès de son frère pour lui présenter ses excuses et se justifier. Alachraf lui adressa des reproches, mais il usa d’indulgence et ne le punit point; toutefois il lui reprit la ville de Khélath et ne laissa en son pouvoir que Meïafarékïn.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s