La grande Mosquée des Omeyyades à Damas du calife al-Walid Ier

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La grande Mosquée des Omeyyades à Damas
La grande Mosquée des Omeyyades à Damas 705-715

La grande mosquée a souvent été mentionnée dans les sources historiques, mais très peu au début de son existence. Son état originel reste donc encore méconnu. Quatre historiens musulmans nous en ont livré des descriptions détaillées :

Istakhri, qui sera repris par al-Idrissi ;
al-Muqadassi (al-Maqdisi), à la fin du xe siècle, en particulier pour les mosaïques ;
Ibn Jubayr, vers 11702 ;
Ibn Battuta au xiiie siècle

Vue aérienne de la capitale des Omeyyades, Damas Dimashq Bilad al-Sham Syrie.
Vue aérienne de la capitale des Omeyyades, Damas Dimashq Bilad al-Sham Syrie.

La mosquée est un exemple typique du plan arabe. Elle s’inscrit dans les limites du téménos romain : un grand rectangle, de 157 mètres sur 100. Cet espace est divisé en deux parties : une cour (sahn) de 122 × 50 mètres, bordée d’un portique sur trois côtés, et une salle de prière barlongue de très grandes dimensions divisée en trois nefs parallèles au mur de la qibla. Celui-ci comporte quatre mihrab ; le mihrab central est magnifié par untransept plus haut et plus large.

 

Vue aérienne sur l'antique ville de Damas, l'une des plus vielle au monde.
Vue aérienne sur l’antique ville de Damas, l’une des plus vielle au monde.

Trois entrées permettent l’accès : celles de l’ouest et de l’est (respectivement Bâb al-Barid et Bâb Jayrun) sont antiques, celle du nord (Bâb al-Faradis : « porte du paradis ») est située à l’emplacement de la porte romaine, mais elle a été remodelée lors de la construction. La quatrième porte pré-islamique, au sud, a été murée afin de disposer d’un mur de la qibla plein. Dans la cour se trouvent une fontaine à ablutions et, dans la partie ouest, un édicule couramment dénommé « trésor », dont l’utilisation est très discutée par les historiens. Trois minarets sont élevés sur les tours carrées romaines : deux aux angles du mur de la qibla, le troisième au-dessus de la porte, au milieu de la façade opposée.

détail de la mosaïque de la grande Mosquée des Omeyyades de Damas
détail de la mosaïque de la grande Mosquée des Omeyyades de Damas

La mosaïque s’étendait autrefois sur toutes les parties hautes de la mosquée, dans la cour et le haram, créant une couverture qui commençait juste au-dessus des panneaux de marbre. On la trouve actuellement dans le vestibule est, sur une large surface de la face nord du transept, sur les arcs du riwaq (arcade). Mais le panneau le plus célèbre est le panorama de la rivière Barada, mis au jour au début du xxe siècle sur le portique ouest, et qui mesure34,5 mètres de long pour 7 mètres de haut. Recopié grandeur nature par trois artistes syriens au moment de sa découverte, il est actuellement toujours conservé in-situ, mais la copie se trouve au musée du Louvre, les parties du panneau étant présentés en alternance au niveau haut des nouvelles salles du Département des Arts de l’Islam ouvertes le 22 septembre 2012.

La Mosquée des Omeyyades à Damas
La Mosquée des Omeyyades à Damas

l y a une certaine naïveté dans le traitement, malgré les emprunts à la tradition classique dans nombre de motifs (acanthes, vases jaillissant, cornes d’abondance, arbres traités de manière réaliste), qui existaient déjà au dôme du Rocher. Par contre la référence au monde sassanide est ici inexistante.

Selon Richard Ettinghausen6, le thème dominant et nouveau est celui de l’architecture. On trouve ainsi représentés des palais (architectures riches à étage), des maisons, assemblées comme dans un village, et des constructions uniques, un hippodrome, un portail à ciel ouvert. Cette iconographie pacifique (sans fortification) servirait à montrer l’étendue du dar al-islam.

La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas
La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas

Une autre lecture peut être menée, par comparaison avec les mosaïques à visée eschatologique de la Grande Mosquée de Médine, réalisées dans la même technique et les mêmes tons. Les arbres seraient alors une référence auparadis tel que présenté dans la religion musulmane, comme un vaste jardin, les perles pourraient être une référence aux houris. De plus, ces mosaïques sont marquées par la tradition chrétienne, peut-être parce qu’elles ont été réalisées dans un lieu à majorité chrétienne, et peut-être par des artisans byzantins. Or, les arbres prennent plus ou moins la place des martyrs, tels qu’on les trouve sur les mosaïques chrétiennes de la rotonde de Saint-Georges de Thessalonique, par exemple. On peut donc construire tout un faisceau de références eschatologiques ou paradisiaque à partir de ces décors, références que mentionne également Al-Maqdisi.

La Mosquée des Banu Umayyah (des Omeyyades) faite pas al-Walid Ier
La Mosquée des Banu Umayyah (des Omeyyades) faite pas al-Walid Ier 705-715
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