Il existe grossièrement trois types de villes chez les Omeyyades :

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Illustration d'un palais des Omeyyades - Tower of David Museum
Illustration d’un palais à l’époque des Omeyyades – Tower of David Museum

Il existe grossièrement trois types de villes chez les Omeyyades :

  • les ʾamṣār *;
  • les villes hellénistiques et romaines (de fondation phénicienne, punique, ou assyrienne) transformées comme au Maghreb et au Moyen-orient ;
  • les villes nouvelles

*ʾAmṣār est le pluriel de miṣr, qui signifie « ville de conquête ». Ces centres urbains, au nombre desquels on compte FostatBassorahKoufa et Kairouan, sont créés comme quartiers d’hiver et lieux de repli pour l’armée des conquérants rashidun et omeyyade des débuts Islamique. Ils suivent un schéma simple : la grande mosquée et dār al-ʾimārah , le palais, occupent le centre, et sont entourés de quartiers d’habitations. Si certaines ʾamṣār périclitent complètement peu de temps après leur création, d’autres se développent considérablement.

Le Proche-Orient, sous la domination de l’Empire byzantin jusqu’à la conquête, est déjà fortement urbanisé. C’est pourquoi moins de cités sont construites dans ces régions, les nouveaux arrivants s’installant dans les villes déjà bâties, comme Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Apamée ou encore Jérusalem. Une grande mosquée y est édifiée, soit à la place de l’église, comme à Damas et Jérusalem, soit sur un lieu laissé vide, comme à Alep. L’église peut aussi parfois être coupée en deux, une partie étant réservée au culte chrétien, l’autre au culte musulman.

D’autres villes sont créées plus ou moins ex nihilo, sans être pour autant des ʾamṣār, mais simplement de nouveaux centres urbains civils. C’est par exemple le cas à Wasit, en Irak ou à Chiraz, en Iran, où il est impossible de distinguer actuellement des éléments omeyyades. Celle de Ramla, au Proche-Orient, est uniquement connue par les textes. Capitale de la Palestine sous Al-Walīd Ier, cette cité s’étend sur 2,5 km2, s’ouvrant par douze portes, dont quatre axiales, et comprenant une grande mosquée, un palais, des édifices pour l’artisanat, des citernes, des marchés, des ateliers et des quartiers d’habitation.

À Anjar, au Liban, la ville omeyyade est désormais un site archéologique, peu exploré, mis à part par l’émir Shebab, en 1950. Une inscription syriaque permet de dater la construction de 746. Il pourrait s’agir d’un important comptoir commercial. Ceinte d’une muraille scandée par des demi-tours pleines, la ville mesure 370 × 310 m et s’ouvre par quatre portes en appareillage de calcaire sur moellon. Deux axes perpendiculaires à arcades, correspondant au cardo et au decumanus romains, découpent le tissu urbain en quatre parties de taille égale. Ils sont bordés de boutiques, et leur centre est marqué d’un tétrapyle, un portique monumental de plan carré, à quatre supports, placé au carrefour central de certaines grandes villes romaines du Proche-Orient1. La ville contient un palais et une mosquée dans la zone sud-est, un autre palais au nord-est et des bains au nord. Une grande basilique, située près du carrefour central, est également fouillée. Son assemblage à carreaux et boutisses et son fort jeu de moulures sont des éléments assez typiques du premier art islamique.

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