Le rêve d’une nuit raconte le célèbre calife Abbasside Al-Ma’mûn (813 à 833) :

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Le calife Abbasside al-Mamun et la barbier, tiré d'un folio d'une khamsa par Nizami
Le calife Abbasside al-Mamun et la barbier, tiré d’un folio d’une khamsa par Nizami

Le rêve d’une nuit raconte le calife Abbasside Al-Ma’mûn (813 à 833) :

« J’ai vu en rêve un homme assis dans la posture des sages, j’ai lui demandé « qui es-tu ? », il m’a répondu « Aristote le Sage ». Alors je lui posait la question « Dis-moi comment définir une parole juste ? », Aristote « Celle qui est conforme à la raison ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? », Aristote « Celle qu’apprécie l’interlocuteur ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? » Aristote « Celle dont on n’a pas à craindre les conséquences ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? » Aristote « Il n’y a pas encore, le reste ne sert qu’à divertir les hommes. »»

C’est pour apprendre à distinguer une parole juste d’un divertissement des hommes, que le calife Al-Ma’mûn donnera une impulsion décisive à la maison de la sagesse. Celle-ci a été fondée par son père le légendaire et célèbrissime Hârûn ar-Rachîd, mais alors, comme une bibliothèque à l’usage exclusif du prince. Sous Al-Ma’mûn, cette bibliothèque s’ouvre à l’élite savante. Elle devient le support d’une grande ambition intellectuelle, à l’échelle de l’empire

Le règne d’Al-Ma’mûn fut une grande réussite sur le plan culturel. Il s’est particulièrement intéressé au travail des savants, surtout de ceux qui connaissaient le grec. Il avait réuni à Bagdad des savants de toutes les croyances, qu’il traitait magnifiquement et avec la plus complète tolérance. Il a fait venir de Byzance des manuscrits, Il posa comme condition de paix avec l’empire byzantin la remise d’une copie de l’Almageste.

Féru d’astronomie, il créa en 829, dans le quartier le plus élevé de Bagdad, près de la porte Chammassiya, le premier observatoire permanent au monde, l’Observatoire de Bagdad, permettant à ses astronomes, qui avaient traduit le Traité d’astronomie du grecHipparque, ainsi que son catalogue d’étoiles, de surveiller méthodiquement le mouvement des planètes. Il mena deux expériences astronomiques destinées à déterminer la distance d’un degré de latitude terrestre. En reconnaissance pour ces travaux, un cratère lunaire porte son nom Almanon.

De son séjour en Asie centrale, il avait ramené avec lui les trois fils de Mûsâ ben Shâkir,  arabe khorassanien au services  des abbassides, devenu astronome et compagnon du futur calife. À la mort de leur père, il fit donner aux trois frères dont il était devenu le tuteur, Muhammad, Ahmad et Hasan, une solide formation dans les sciences appliquées et leur octroya une fortune considérable pour fonder en 832 et diriger à Bagdad la Maison de la sagesse.

Le grand mathématicien Abû Ja`far Muhammad ben Mûsâ al-Khawârizmî a passé la plus grande partie de sa vie à Bagdad, sous le patronage du calife Al-Ma’mûn. Il traduisit en arabe, avec ses collègues, les manuscrits grecs de Byzance réunis dans la bibliothèque fondée par le calife au sein de la Maison de la Sagesse, et étudia, à partir de ceux-ci la géométrie, l’algèbre et l’astronomie.

 

Mahmoud Hussein – « L’âge d’or de l’Islam : Quand le monde parlait arabe »

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