Règne du calife Omeyyade al-WALID Ier (86/705 — 96/715) par l’historien arabe ibn Tiqtaqa

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Le Calife Omeyyade al-Walid Ier recevant des présents d'une province , devant la mosquée des Omeyyades qu'il a  battis
Le Calife Omeyyade al-Walid Ier recevant des présents d’une province , devant la mosquée des Omeyyades qu’il a battis (réalisé par un artiste coréen)Le calife Omeyyade de Damas al-Walid Ier (sous son règne eurent lieu d’importantes conquêtes, telle que la conquête de andalousie, de Kachgar (turkestan) et de l’Inde)

Règne du calife Omeyyade al-WALID Ier (86/705 — 96/715) par l’historien arabe ibn Tiqtaqa

« Walid, qui succéda à son père, fut un des khalifes Omeyyades dont les populations de la Syrie apprécièrent le plus la conduite.

Il construisit les grandes mosquées : la mosquée de Damas, la mosquée de Médine (que la paix la plus douce soit sur celui qui y repose !) et la mosquée Al-Aqsâ de Jérusalem.

Il fit des présents aux lépreux et leur interdit de mendier.

Il donna à tout impotent un serviteur, à tout aveugle un guide.

Sous son règne, eurent lieu d’importantes conquêtes, telle que la conquête de l’Espagne, de Kachgar[84] et de l’Inde. Il aimait beaucoup élever des édifices, des constructions, créer des monuments et des domaines.

De son temps, quand les hommes se rencontraient, ils se consultaient les uns les autres sur les constructions et les édifices.

Soulaimân, [85] frère de Walid, aimait, au contraire, la bonne chère et la copulation.

Aussi sous son khalifat, les hommes, lorsqu’ils se rencontraient, s’interrogeaient-ils les uns les autres sur la bonne chère et la copulation.

Omar, fils d’Abd al-’Aziz, lui, était un homme de piété et aimait la lecture à haute voix du Coran.

Ses sujets, lorsqu’ils se rencontraient sous son règne, se demandaient l’un à l’autre :

« Quelle est la section du Coran que tu réciteras à haute voix ce soir ? Combien sais-tu par cœur du Coran ? Combien de nuits passes-tu chaque mois on prières ?»

Ce sont là des particularités de la royauté qui ont été expliquées précédemment.

al-Walid commettait souvent des fautes de langage dans son ignorance de la grammaire.

Un jour, il reçut la visite d’un vrai Arabe, qui avait voulu se rapprocher de lui en alléguant une parenté qui les unissait.

al-Walid lui dit :

« Man khatanaka » (qui t’a circoncis ?), au lieu de :

« Man khatanouka » (quel est ton parent ?).

L’Arabe crut que la question portait sur la circoncision et répondit : « Un médecin, » Soulaimân, frère de Walid, dit à l’Arabe : « L’Émir des Croyants te demande seulement quel est ton parent. — Un tel, répondit l’Arabe », et il indiqua sa parenté.

Abd al-Malik, père de Walid, lui reprocha son ignorance de la langue arabe et lui dit :

« Celui qui parle bien la langue des Arabes peut seul les gouverner. »

Walid entra dans une maison, y prit avec lui plusieurs grammairiens et y resta un certain temps à étudier la grammaire, [86] puis il en sortit plus ignorant qu’il ne l’était en y entrant.

Lorsqu’Abd al-Malik en fut informé, il dit :

« Il est excusable et excusé.[87] »»

La Mosquée des Banu Umayyah (des Omeyyades) faite pas al-Walid Ier
La Mosquée des Banu Umayyah (des Omeyyades) faite pas al-Walid Ier

(.)

Al-Walid Ibn ‘Abdel Malik fit beaucoup de bonnes choses dont nous mentionnerons quelque unes :

– C’était un homme extrêmement jaloux et il dit :

« Si Allah Exalté n’avait pas mentionné le peuple de Loth dans le Qur’an, je ne me serais jamais imaginé que quelqu’un puisse faire de telle chose ».

Le califat Omeyyade sous Al-Walid Ier
Le califat Omeyyade sous Al-Walid Ier

– Il était aussi énormément préoccupé par la construction des mosquées et l’entraide aux pauvres, aux nécessiteux, aux malades et aux gens qui demandaient une attention particulière et que nous appelons de nos jours : les handicapés.

Al-Walid était aussi puissant que tyran. Il avait désisté son frère Souleyman du califat pour mettre à la place son fils ‘Abdel ‘Aziz. Souleyman avait refusé de se laisser faire mais al-Walid refusa de changer d’avis.
Al-Walid voulut faire comme son père, ‘Abdel Malik Ibn Marwan, lorsqu’il voulut désister son frère ‘Abdel ‘Aziz pour transmettre le califat à son fils al-Walid mais ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan mourut avant son frère ‘Abdel Malik.

Dinar Omeyyade de Madin Banu Sulaym Situé au nord-ouest de La Mecque datant du calife omeyyade al-Walid (86-96h)
Dinar Omeyyade de Madin Banu Sulaym Situé au nord-ouest de La Mecque datant du calife omeyyade al-Walid (86-96h)

Al-Walid écrivit aux gouverneurs de l’état islamique pour leur demander de faire porter allégeance aux gens pour son fils ‘Abdel ‘Aziz Ibn Walid. Mais personne n’accepta de lui porter allégeance, y compris ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz qui s’éleva contre lui.
Et ce fut une raison supplémentaire pour Souleyman de rapprocher de lui ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, de lui demander conseil et de suivre ses recommandations. Les relations entre les eux hommes avaient toujours été excellentes.

Quant à al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi avant sa mort, et Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili répondirent à l’appel du calife pour nommer ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz calife à la place de Souleyman.

Al-Walid Ibn ‘Abdel Malik eut 19 enfants, en plus de ‘Abdel ‘Aziz et pratiquement tous de mères d’enfants.

omeyayde al walid
En l’an 96 de l’Hégire, (715), Bishr Ibn al-Walid revint de sa campagne hivernale après la mort d’al-Walid sous le règne duquel de massives conquêtes furent effectuées. Moussa Ibn Noussayr conquit l’Andalousie et Muhammad Ibn al-Qassim conquit l’Inde.

Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili conquit Kashgar et attaqua la Chine. Kashgar était la ville la plus éloignée du centre de la Chine et la plus proche au-delà du fleuve de l’Oxus.
Son attaque sur la Chine n’était que le prélude à de futures conquêtes pour observer le nouveau pays et leur population. La Chine est un immense territoire et Qoutaybah stationna près de ses nouvelles conquêtes.

notes :

 

[84] C’est la ville bien connue du Turkestan chinois dans la petite Boukharie, sur le fleuve Kachgar. Cette expédition eut lieu en 96 (= 714 de J.-C.)Cf. Tabari, Annales, II, 1275 et suiv. ; Ibn al-Athir, Chronicon, V, 2 et suiv.

[85] Voy. ci-dessous le règne de ce prince.

[86] Six mois, dit Ibn al-Athir, op. cit., X, p. 6.

[87] Tout ce passage est copié textuellement d’Ibn al-Athir. Chronicon, V, 5 et suiv.

(.) Ce passage viens du site al-Futuhat

Traduction française reprise par al-Tiqtaqa dans le « kitab al-Fakhri » 

 

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