RÉCIT DE L’EXPÉDITION D’Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn l’Ayyoubide (1177 1238) . par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Cavalerie Islamique
Cavalerie Islamique de Syrie et d’Egypte 

RÉCIT DE L’EXPÉDITION D’Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn l’Ayyoubide (1177  1238.

« Au mois de chewâl de cette année, Almélic-Alcamil Mohammed, fils d’Almélic-Aladil, prince d’Egypte, quitta ses États pour se rendre en Syrie. Il arriva d’abord à Jérusalem (puisse Dieu la garder et en faire pour toujours une ville de l’Islam !); il se rendit de là à Naplouse, dont il s’empara, et nomma des gouverneurs dans toute cette contrée, qui cependant dépendait du gouvernement de Damas. Quand le prince de Damas, qui était le fils d’Almélic-Almoaddham, apprit cela, il craignit qu’Alcamil ne se dirigeât vers Damas et ne s’en emparât. Il s’adressa donc à son oncle paternel Almélic-Alachraf pour lui demander son assistance et le prier de venir le rejoindre à Damas. Alachraf partit à la tête d’un corps d’armée et entra dans Damas. Aussitôt qu’Alcamil en fut informé, il cessa sa marche en avant, car il savait que la ville était inexpugnable depuis qu’elle avait quelqu’un pour la protéger et la défendre. Almélic-Alachraf envoya un messager pour tenter de fléchir Alcamil et l’assurer que, si lui Alachraf était venu à Damas, c’était uniquement par déférence pour le sultan, afin de le seconder dans ses desseins et de s’unir à lui pour défendre le pays contre les Francs. Alcamil répondit en ces termes : « Je ne suis venu moi-même dans ces contrées qu’à cause des Francs. Personne n’a pu résister à leurs entreprises; ils ont peuplé Sayda et une partie de Cayssariya sans qu’on ait pu les en empêcher. Tu sais que notre oncle paternel, le sultan Salah-eddyn, a conquis Jérusalem et que cette victoire nous a valu une gloire qui durera dans la suite des siècles et dans le cours des âges. Or la conquête de cette ville par les Francs ternirait si bien notre réputation et nous attirerait de si méchants propos que toute la gloire amassée par notre oncle s’évanouirait et que nous ne saurions de quel visage affronter les hommes et Dieu le très Haut. D’ailleurs les Francs ne se contenteront pas de ce qu’ils auront pris, ils iront plus loin. Toutefois, puisque tu es ici, garde le pays; quant à moi, je vais retourner en Egypte, car je ne suis pas de ceux, à Dieu ne plaise ! dont on peut dire qu’ils ont combattu leur frère ou qu’ils l’ont assiégé. » Alcamil s’éloigna de Naplouse, se dirigeant vers l’Egypte, et alla camper à Tell Aladjoul. Alachraf et tout le peuple de Syrie furent saisis de crainte; ils redoutaient que, si Alcamil retournait dans ses États, les Francs ne s’emparassent de Jérusalem et des contrées qui l’avoisinent sans que personne pût y mettre obstacle. De nombreux messages furent échangés, et Alachraf se rendit en personne auprès de son frère Alcamil; il arriva chez ce prince la veille du jour de la fête des sacrifices et l’empêcha de rentrer en Egypte. Ils demeurèrent tous deux à Tell Aladjoul. »

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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