Règne de l’émir al-H’akam l’Omeyyade d’Andalousie, surnommé El-Montaçir ou Abû al-`Âs “al-Murtazî” al-Hakam ben Hichâm 796- 822 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Cavaliers Arabes en armure épées droite
Cavaliers Arabes en armure épées droite

Règne de l’émir al-H’akam l’Omeyyade d’Andalousie, surnommé El-Montaçir ou Abû al-`Âs “al-Murtazî” al-Hakam ben Hichâm ou Al-Hakam Ier (arabe : أبو العاص “المرتضى” الحكم بن هشام), est né en 771, il succède à son père Hichâm Ier comme émir omeyyade de Cordoue en 796. Il est mort le 21 mai 822.

Hichâm eut pour successeur son fils El-H’akam, qui fut un prince vaillant et résolu. C’est lui qui le premier en Espagne réunit un grand nombre de mamlouks[257] ; il installa une garde à cheval à la porte du palais et prit les manières des princes puissants. Il s’occupait lui-même des affaires, parlait bien et savait faire des vers :

Ses deux oncles Soleymân et ‘Abd Allah, qui étaient sur le littoral occidental d’Afrique, se révoltèrent contre lui. ‘Abd Allah Balensi passa en Espagne et s’empara de Valence ; il fut suivi par son frère Soleymân, qui était à Tanger, et tous deux s’avancèrent en soulevant les populations contre El-H’akam et en suscitant des troubles.

La lutte dura quelque temps, mais El-H’akam resta victorieux.[258] Plus tard, ce prince se rendit maître de la personne de son oncle Soleymân, qu’il fit exécuter en 184 (31 janvier 800). Quant à ‘Abd Allah, il resta à Valence sans causer de désordres, mais la crainte lui fit faire des propositions de paix à El-H’akam, et un traité fut conclu entre eux en 186 (9 janvier 802) : les fils d’’Abd Allah épousèrent les sœurs d’El-H’akam,[259] et les troubles cessèrent.

Pendant qu’El-H’akam était occupé par ses dissensions avec ses oncles, les Francs, profitant de l’occasion, pénétrèrent sur le territoire musulman et s’emparèrent de Barcelone en 185 (19 janvier 801) ; ils s’y établirent et y amenèrent leurs compatriotes, tandis que les troupes musulmanes durent se retirer.[260]

Intérieur de la mosquée Omeyyade de Cordoue avec un guerrier représenté dans le style d'Al Mansur
Intérieur de la mosquée Omeyyade de Cordoue

Expédition dirigée d’Espagne contre les Francs

En 180. (15 mars 796), El-H’akam, émir d’Espagne, envoya sur le territoire franc une armée commandée par ‘Abd el-Kerîm[261] ben Moghîth. Ce général envoya de petits détachements de cavalerie qui se livrèrent au pillage, [P. 103] au meurtre et à l’incendie.

Il fit ainsi passer par quelques cavaliers un bras de mer resté à sec à marée basse et au-delà duquel les Francs avaient déposé leurs biens et leurs familles, comptant bien que personne ne pourrait les y atteindre.

Mais leur calcul fut déjoué, car les musulmans s’emparèrent de toutes ces richesses, firent prisonniers ou tuèrent un grand nombre d’hommes et s’emparèrent des femmes, puis rejoignirent ‘Abd el-Kerîm.

Une autre troupe alla par son ordre porter la ; destruction en France[262] et en ramena du butin et des prisonniers. Sur l’avis que lui donna l’un de ceux-ci, que plusieurs princes francs avaient devancé les Musulmans dans une gorge d’un passage difficile, ‘Abd el-Kerîm réunit ses troupes, s’avança en bon ordre à marches forcées et surprit les infidèles, qui ne furent avertis de sa présence que par ses coups ; ils durent s’enfuir, et les musulmans rentrèrent sains et saufs avec le butin qu’ils avaient fait sur eux.

[P. 104] En l’an 180 (15 mars 796), le khalife rappela, Harthema ben A’yan d’Ifrîkiyya à Baghdâd, et Dja’far ben Yahya se fit remplacer par ce chef comme commandant de la garde.

Les régions clef du califat central Abbasside al-Khurassan, al-Iraq, al-Fars, al-Jazira, Armenia , al-sham, al-Misr (egypte) et al- Ifriqiya, (hors Abbasside : al Maghreb Idrisides et al-Andalus Omeyyades)
Les régions clef du califat central Abbasside al-Khurassan, al-Iraq, al-Fars, al-Jazira, Armenia , al-sham, al-Misr (egypte) et al- Ifriqiya, (hors Abbasside : al Maghreb Idrisides et al-Andalus Omeyyades)

Soulèvements en Espagne

En 181 (4 mars 797), Behloûl ben Merzoûk’, connu sous le nom d’’Aboûl-H’addjâdj, se révolta en Espagne, du côté de la frontière, et s’empara de Saragosse. ‘Abd Allah ben ‘Abd er-Rah’mân, oncle du prince régnant El-H’akam et connu sous le nom de Balensi, se rendit, alors qu’il se dirigeait du côté des Francs, auprès de Behloûl.[273]

La même année se révolta ‘Obeyda ben H’omeyd à Tolède. Par ordre d’’El-H’akam, le kâ’id ‘Amroûs ben Yoûsof, qui était à T’albîra (Talavera), fit la guerre aux Tolédans et les serra de près.

Il se mit ensuite à correspondre avec certains d’entre eux, les Benoû Makhchi, [P. 109] qui, séduits par lui, attaquèrent et tuèrent ‘Obeyda ben H’omeyd, dont ils portèrent la tête à ‘Amroûs. Celui-ci l’envoya à El-Ha’kam et installa les Benoû Makhchi auprès de lui. Mais les Berbères de Talavera, qui avaient à venger contre ceux-ci quelque injure, les attaquèrent par surprise et massacrèrent leurs adversaires, dont ‘Amroûs expédia à El-H’akam les têtes avec celle d’’Obeyda et le récit de ce qui s’était passé— [274] par une autre porte ; chacun de ceux qui entraient était amené dans un endroit séparé et exécuté. On en tua ainsi sept cents, et cette région resta dès lors tranquille.

[P. 110] En 182 (21 février 798), Soleymân, fils de ‘Abd er-Rah’mâfi qui avait régné en Espagne, passa dans la partie orientale de ce pays et se prépara à combattre son neveu El-H’akam ben Hichâm ben ‘Abd er-Rah’mân, souverain régnant. El-H’akam, à la tête de nombreuses troupes, marcha contre Soleymân, aux côtés de qui s’étaient groupés de nombreux brouillons et fauteurs de désordres. Soleymân fut mis en déroute [P. 111] après une lutte acharnée et fut poursuivi par les troupes victorieuses.

La lutte recommença une seconde fois au mois de doû’l-hiddja (janvier-février 799), et Soleymân, vaincu de nouveau, se retira dans des endroits montagneux et d’un accès difficile. Après qu’El-H’akam se fut retiré,

Soleymân revint à la charge et marcha sur Ecija avec des troupes berbères. El-H’akam lui livra bataille en 183 (11 février 799). Après un chaud engagement, Soleymân dut se retirer dans une bourgade où son adversaire l’assiégea ; il fut réduit à s’enfuir du côté de Firrîch.[275] En cette même année, une forte inondation eut lieu à Cordoue : une grande partie du faubourg méridional fut submergée et détruite. L’inondation s’étendit jusqu’à Secunda.[276]

[P. 113] En 183 (11 février 799), la lutte éclata en Espagne entre un grand chef nommé Abou ‘Imrân et Behloûl ben Merzoûk’, l’un des principaux personnages du pays. ‘Abd Allah Balensi s’était rangé du côté d’Aboû Imrân. Les partisans de Behloûl furent défaits et beaucoup d’entre eux périrent.[277]

En 184 (31 janvier 800), Ibrâhîm ben el-Aghlab prit en mains le gouvernement de l’Ifrîkiyya, dont il fut investi par Er-Rechîd.

En 184, ‘Abd Allah ben ‘Abd er-Rah’mân alla s’installer dans la ville de Huesca [P. 114] avec Abou ‘Imrân et les Arabes. Behloûl ben Merzoûk’ étant allé.les y assiéger, les Arabes se dispersèrent, et Behloûl put pénétrer dans la ville de Huesca. Alors ‘Abd Allah se rendit à Valence et s’y fixa.

En 185 (19 janvier 801), El-Ha’kam, prince d’Espagne, marcha à la tête de ses troupes contre son oncle Soleymân ben ‘Abd er-Rah’mân, qui était du côté de Firrîch. Soleymân, défait, se dirigea vers Mérida, mais il fut fait prisonnier par un détachement que les vainqueurs avaient lancé à sa poursuite. Quand on l’amena à El-H’akam, celui-ci le fit exécuter et envoya sa tête à Cordoue.[278] Il écrivit aux enfants de Soleymân, qui étaient à Saragosse, qu’il leur pardonnait et les engagea à venir le rejoindre à Cordoue, ce qu’ils firent.

[P. 115] En 185, les Francs conquirent sur les musulmans la ville de Barcelone en Espagne, et ils y installèrent leurs soldats défenseurs des frontières, tandis que les musulmans durent se rejeter en arrière. Cette conquête n’eut lieu que grâce à ce qu’’El-H’akam était occupé par la guerre qu’il soutenait contre ses deux oncles ‘Abd Allah et Soleymân, ainsi que nous l’avons exposé.

La mosquée Omeyyade de Cordoue vue du ciel
La mosquée Omeyyade de Cordoue vue du ciel

[P. 116] Arrangement conclu entre El-H’akam, prince d’Espagne, et son oncle ‘Abd Allah

En 186 (9 janvier 802), eut lieu la réconciliation d’El H’akam ben Hichâm ben ‘Abd er-Rah’mân, prince d’Espagne, avec son oncle ‘Abd Allah ben ‘Abd er-Rah’mân Balensi.

L’exécution de son frère Soleymân avait produit sur ce dernier une profonde impression et, craignant pour sa propre vie, [P. 117] il s’était réfugié à Valence, d’où il ne bougeait pas et ne faisant rien pour susciter de nouveau la guerre civile.

Il fit enfin à ElH’akam des propositions de paix et de soumission ; d’après d’autres, ce fut El-H’akam qui prit l’initiative et lui fit offrir son pardon avec promesse de lui accorder, à lui et à ses enfants, de vastes fiefs. ‘Abd Allah consentit, et la paix fut conclue par l’intermédiaire de Yah’ya ben Yah’ya,[279] élève de Mâlek, et d’autres uléma : El-H’akam donna ses sœurs en mariage aux fils de son oncle ‘Abd Allah ; celui-ci vint le trouver et reçut un accueil honorable ; El-H’akam lui assigna un haut rang et lui accorda, à lui et à ses enfants, de vastes fiefs et de riches cadeaux.

On dit aussi que les négociations eurent lieu cette année et que la paix ne fut définitivement arrêtée qu’en 187 (29 décembre 802).[280]

[P. 118] En 186 mourut en Espagne l’ascète Chak’rân ben ‘Ali, qui était juriste.

En la même année mourut Râchid, client d’’Isa ben ‘Abd Allah ben El-H’asen ben el-H’asen ben ‘Ali ben Abou Tâleb, qui était arrivé au Maghreb avec Idrîs ben ‘Abd Allah ben El-H’asen.l’Idrisside [281]

Ce fut Abou Khâlid Yezîd ben Elyâs qui eut, après lui, à diriger les Berbères.

Art Muladi de Tolèede représantant des Citoyens Dans Le palais d'Alcazar en 976
Art Muladi de Tolèede représentant des gens dans Le palais d’Alcazar (al-Qasr) en 976 sous les Omeyyades

[P. 128| Conquête de la ville espagnole de Tudèle par les Francs

En 187 (29 décembre 802), les Francs s’emparèrent de la ville de Tudèle en Espagne, dans les circonstances que voici.

El-H’akam avait préposé aux places frontières d’Espagne un des principaux officiers de son armée, ‘Amroûs ben Yoûsof, lequel chargea son fils Yoûsof du gouvernement de Tudèle. Or les membres d’une puissante et vaillante famille espagnole s’étaient éloignés d’El-H’akam et, refusant de plus lui obéir, ils s’étaient ralliés aux infidèles.

Leur pouvoir devint considérable et ils marchèrent sur Tudèle, dont ils firent le siège et s’emparèrent. Ils en prirent aussi le gouverneur Yoûsof ben ‘Amroûs et le retinrent captif au (lieu dit) Rocher de K’ays (çakhrat K’ays). ‘Amroûs ben Yoûsof resta à Saragosse pour défendre cette ville contre les attaques des infidèles, mais il réunit une armée dont il confia le commandement à l’un de ses cousins paternels.

Celui-ci livra bataille aux infidèles et les battit complètement : la plupart furent tués, le reste se sauva en désordre.

Il se dirigea ensuite vers le Rocher de K’ays, l’assiégea et le prit, car les infidèles démoralisés par la défaite ne purent le défendre contre lui.

Les vainqueurs rendirent la liberté à Yoûsof ben ‘Amroûs, gouverneur de la frontière, et le renvoyèrent à son père.[282] La crainte inspirée par ‘Amroûs aux infidèles était grande, et le bruit de sa renommée s’était étendu fort loin chez eux. Il resta à la frontière en qualité d’émir chargé du soin de la garder.

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
Les musulmans partie colonisé la Crète  étais les expulsés d’al-Hakkam de Cordoue  il y sont allé via Fès et Alexandrie  ( image « La flotte arabe fait route vers la Crète ». Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

Châtiment infligé par El-H’akam aux Cordouans[283]

Dès le commencement de son règne, El-H’akam se mit ouvertement à boire du vin et à s’adonner aux plaisirs. Or Cordoue était une cité studieuse et où se trouvaient des savants remarquables et des gens pieux, entre autres Yah’ya ben Yah’ya Leythi, qui avait étudié le Mouat’t’a avec Mâlek lui-même et avec d’autres.

Les Cordouans, blâmant la conduite du prince, commencèrent à se remuer [P. 129] et lui jetèrent des pierres ; ils voulaient le tuer, mais il put se défendre grâce au concours des troupes présentes du djond, et le calme se rétablit.

Quelques jours après, les principaux et les fakîh de la ville se réunirent chez Mohammed ben el-K’âsim K’orachi Merwâni, oncle paternel de Hichâm ben H’amzâ[284] ; ils avaient reçu le serment de fidélité prêté par les habitants à ce prince, et ils l’informèrent de l’assentiment général dont sa candidature était l’objet.

Mais il demanda une nuit de répit pour réfléchir à cette affaire et avoir le temps de prendre l’avis de Dieu.[285] Après qu’ils se furent retirés, il alla trouver El-H’akam et l’informa de ce qui se passait, en protestant de sa fidélité.

Comme El-H’akam lui demandait des preuves de ce qu’il avançait, il emmena l’un des affidés du prince et le fit asseoir, sans révéler sa présence, dans une chambre voûtée (koubba) de son hôtel.

Quand ces gens revinrent le trouver pour lui demander s’il acceptait ou non, il leur exprima des craintes pour lui-même, leur représenta l’importance de cette affaire et demanda leurs noms et ceux de leurs adhérents.

Ils énumérèrent tous leurs principaux partisans, des noms de qui l’affidé d’El-H’akam prit note. Mohammed ben el-K’âsim fixa alors la réalisation du complot au vendredi suivant, dans la grande mosquée.

Mais le jour même, c’était le jeudi, lui et l’affidé rapportèrent tous ces détails à El-H’akam, qui fit, dès avant la nuit, arrêter les conjurés jusqu’au dernier, et les fit quelques jours plus tard crucifier à la porte de son palais.

Ils étaient au nombre de soixante-douze, parmi lesquels le frère de Yah’ya ben Yah’ya et Ibn Abou Ka’b.[286] Ce fut une journée horrible, qui ne fit qu’augmenter la haine des habitants contre El-H’akam.

[P. 130] En 188 (19 décembre 803) mourut Choheyd ben ‘Isa en Espagne ; il avait quatre-vingt-treize ans et était entré en Espagne avec ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya.

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[P. 135] Troubles à Tolède et journée de la fosse

En 191 (16 novembre 806), l’émir El-H’akam ben Hichâm, le souverain omeyyade d’Espagne, châtia les Tolédans, dont il tua plus de cinq mille des principaux. Les Tolédans, en effet, avaient formé des entreprises contre les émirs et refusé plus d’une fois de leur obéir, enorgueillis qu’ils étaient de la force de leur ville et de leurs grandes richesses, si bien que leur soumission n’était jamais complète.

Fatigué de cet état de choses, El-H’akam résolut d’employer la ruse pour les réduire, et recourut à cet effet à ‘Amroûs ben Yoûsof, [P. 136] connu sous le nom d’’El-Mowalled, qui à cette époque s’était emparé de la Frontière supérieure, mais qui avait mérité la confiance d’’El-H’akam par des démonstrations d’obéissance et parce qu’il faisait dire la prière au nom de ce prince.[289]

L'émir Omeyyade al-Hakkam lors de la nuit de la fosse
L’émir Omeyyade al-Hakkam lors de la nuit de la fosse

Appelé auprès d’’El-H’akam, ‘Amroûs, qui était originaire de Huesca, reçut l’accueil le plus pompeux ; le prince le mit au courant de ce qu’il méditait contre les Tolédans et s’entendit avec lui pour réaliser son plan.

Il le nomma gouverneur de la ville et écrivit aux habitants :.

« J’ai choisi pour vous gouverner un tel, qui est des vôtres et qui doit, à ce titre, vous inspirer confiance. C’est pour vous tranquilliser et vous témoigner toute notre bonne volonté que nous vous avons débarrassés de ces gouverneurs et de ces affranchis de notre (race), qui vous sont désagréables ». ‘

Amroûs se rendit donc à Tolède, où il fut bien reçu et où on lui manifesta de la confiance, tandis que lui-même leur témoigna beaucoup de cordialité.

Pour commencer à les tromper, il feignit de haïr autant qu’eux les Omeyyades et de chercher à les renverser, ce qui lui concilia leurs esprits et leur fit considérer ses actes sans méfiance.

« La cause, leur dit-il un jour, des mauvais rapports qui existent entre vous et les gens de l’émir, c’est qu’ils sont confondus avec vous. J’ai donc projeté la construction d’un bâtiment où nous vivrons, moi et les soldats du sultan (sic), de manière à vous éviter des difficultés ».

Les habitants donnèrent leur consentement, et l’on éleva au milieu de la ville la caserne qu’il avait demandée.

Quelque temps se passa, et El-H’akam envoya secrètement à l’un des gouverneurs de la Frontière superrieure l’ordre de lui réclamer du secours contre les infidèles. Dès qu’El-H’akam eut reçu cette demande de secours, il réunit des troupes des diverses parties du territoire, et les plaça sous les ordres de son fils ‘Abd er-Rah’mân, qu’il fit aussi accompagner de ses officiers et de ses ministres.

Cette armée se mit en marche et passa près de Tolède sans qu’’Abd er-Rahmân fît mine de pénétrer dans cette ville ; mais pendant qu’il était encore dans le voisinage, le gouverneur dont il a été question lui fit savoir que les troupes infidèles s’étaient dispersées et que Dieu y avait pourvu. Les troupes d’’Abd er-Rah’mân s’arrêtèrent, et lui-même songeait à rentrer à Cordoue, quand ‘Amroûs dit aux Tolédans :

« Le fils d’’El-H’akam est dans le voisinage, et je dois aller le trouver pour lui rendre les hommages qui lui sont dus ; si vous ne voulez pas faire cette démarche, je la ferai seul».

Alors les principaux habitants l’accompagnèrent auprès d’’Abd er-Rah’mân, qui les traita honorablement et libéralement. Or El-H’akam avait fait accompagner son fils par un eunuque porteur d’un court billet adressé à ‘Amroûs. [P. 137]

L’eunuque vint trouver ce dernier et, lui prenant la main, lui remit cette lettre sans proférer une parole. Le gouverneur l’ouvrit et y lut :

« Où en est la ruse relative aux Tolédans ?»

‘Amroûs suggéra alors aux principaux de la ville de prier ‘Abd er-Rah’mân de leur rendre visite pour que ce prince et sa suite pussent voir combien ils étaient nombreux, bien défendus et puissants. Ils prirent cet avis pour un conseil à suivre et firent entrer chez eux ‘Abd er-Rah’mân, qui descendit dans l’hôtel d’’Amroûs, où vinrent le saluer les députations des habitants.

‘Amroûs fit annoncer que le prince leur donnerait un grand banquet ; il en commença les préparatifs et leur en fixa la date, en convenant avec eux que l’entrée aurait lieu par une porte et la sortie par une autre, pour éviter l’encombrement.

Au jour fixé, les habitants arrivèrent par troupes ; à mesure que chacune entrait, on se saisissait d’elle et on la menait à un détachement du djond, qui leur coupait le cou à tous au-dessus d’une grande fosse existant dans le château.

Le soleil était déjà haut, quand arriva quelqu’un qui, ne voyant plus personne, demanda ce qu’étaient devenus les invités : « Ils entrent, lui dit-on, par cette porte et sortent par l’autre.

— Je n’en ai, répondit-il, pas vu un seul (à l’autre porte) ». Comprenant alors ce qui se passait, il battit en retraite et se mit à pousser des cris pour avertir les autres de la mort de leurs concitoyens, de sorte qu’il put ainsi préserver les survivants.

A partir de là, leur orgueil fut abattu et leur obéissance ne laissa rien à désirer pendant le reste du règne d’El-H’akam, ainsi que sous celui de son fils ‘Abd. er-Rah’mân. Mais, ensuite, leurs affaires se rétablirent et la population augmenta, si bien qu’ils s’empressèrent de refuser d’obéir quand, après ‘Abd er-Rah’mân, son fils

Mohammed monta sur le trône ; ce que nous verrons plus loin.

Construite par  l'émir omeyyade Abd al-Rahman II (822 – 852) fils d'al-Hakam ier pour éviter les attaques de l’extérieur et les révoltes internes, elle contient les vestiges de plusieurs époques : romaine, wisigothe et arabe omeyyade.
La forteresse arabe de Merida construite par  l’émir omeyyade Abd al-Rahman II (822 – 852) fils d’al-Hakam Ier pour éviter les attaques des  chrétiens de l’extérieur et les révoltes internes.

Révolte de Mérida contre El-H’akam ; comment ce prince traite les Cordouans[290]

En 191 (16 novembre 806), eut lieu la révolte d’’Açbagh ben ‘Abd Allah contre El-H’akam, avec le concours des habitants de Mérida, qui expulsèrent de leur ville le gouverneur nommé par El-H’akam. A cette nouvelle, celui-ci alla les assiéger, mais tandis qu’il poussait vigoureusement cette opération, il apprit que les Cordouans s’étaient ouvertement mis en rébellion, et il retourna précipitamment sur ses pas. En trois jours, il était à Cordoue, rechercha les fauteurs des troubles, qu’il fit crucifier la tête en bas, et fit trancher la tête à un certain nombre d’autres. Cet acte de rigueur arrêta les survivants, mais leur haine ne fit que s’accroître.

[P. 138] Quant aux habitants de Mérida, ils restèrent tantôt soumis tantôt révoltés jusqu’en 192 (5 novembre 807). La situation de leur chef Açbagh ne put que décroître, car El-H’akam ne cessa d’envoyer des troupes contre lui et sut attirer de son côté plusieurs des principaux de Mérida et des hommes de confiance du rebelle, qui fut abandonné par son propre frère, et qui, perdant courage, fit demander quartier. El-H’akam lui ayant pardonné, il quitta Mérida et vint habiter à Cordoue, auprès de l’émir.[291]

Cavalier omeyyade andalou probablement représenté dans le Beatus de Gérone (975 env.). Le turban et la coutume de lier la queue du cheval serait l'identifier comme un guerrier 975
Cavalier omeyyade andalou probablement représenté dans le Beatus de Gérone (975 env.). Le turban et la coutume de lier la queue du cheval serait l’identifier comme un guerrier 975

Expédition des Francs en Espagne

En cette année, Loderîk’, roi des Francs, prépara une expédition en Espagne et réunit des troupes pour assiéger Tortose. A cette nouvelle, El-H’akam envoya un corps d’armée considérable, commandé par son fils ‘Abd er-Rah’mân, à qui se joignirent de nombreux volontaires. Les Musulmans attaquèrent les Francs avant qu’ils eussent pu s’emparer d’aucune portion de leur territoire ; des deux parts, on accomplit des prodiges de valeur, mais Dieu accorda la victoire aux siens, et les infidèles furent mis en déroute. Beaucoup d’entre eux furent tués ou faits prisonniers, et les Musulmans rentrèrent chargés d’un nombreux butin formé des richesses et des bagages des vaincus.[292]

Remparts de la forteresse Omeyade de  Silves  al-Gharb al-Andalus Portugal  À l'époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas. L'Algarve est partagée entre le taïfa d'Algarve et celui de Silves. Ces deux royaumes sont conquis par le taïfa de Séville en 1051 et 1063, respectivement. Après la chute des Almoravides en 1147, le taïfa de Silves retrouve brièvement son indépendance avant de tomber sous le joug des Almohades en 1151.
Remparts de la forteresse Omeyade de Silves al-Gharb al-Andalus Portugal À l’époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas.

Révolte de H’azm contre El-H’akam[293]

En cette année, H’azm ben Wahb, de concert avec d’autres, se révolta dans la région de Béja et marcha sur Lisbonne. A cette nouvelle, El-H’akam, qui, dans ses lettres, traitait H’azm de Nabatéen, fit marcher contre lui son fils Hichâm à la tête d’une forte armée. Hichâm sut les contenir, lui et ses partisans, coupa les arbres et finit par les serrer d’assez près pour qu’ils demandassent quartier, ce qui leur fut accordé.

La forteresse arabe de Mérida est l'une des plus ancienne fortification Omeyyade de la péninsule ibérique , construit au en 835 dans la ville de Merida (Espagne) à côté pont romain sur le fleuve Guadiana .
La forteresse arabe de Mérida est l’une des plus ancienne fortification Omeyyade de la péninsule ibérique , construit au en 835 dans la ville de Merida (Espagne) à côté pont romain sur le fleuve Guadiana .

 

Révolte des habitants de Mérida et expédition d’’El-H’akam contre les Francs

En 194 (14 octobre 809), les habitants de Mérida se révoltèrent de nouveau contre El-H’akam ben Hichâm., émir d’Espagne, qui marcha en personne contre eux et qui ne cessa pas, pendant cette année et les deux suivantes, de les harceler soit avec de petits détachements de cavalerie, soit avec des corps de troupes plus nombreux.

Les Francs, convoitant les places frontières musulmanes, entreprirent une incursion où ils se livrèrent au meurtre et au pillage ; mais El-H’akam, occupé de la ville de Mérida, n’avait pas le loisir de les combattre. Cependant il apprit ensuite la triste situation de la frontière et les ravages qu’y commettait l’ennemi ; une musulmane faite prisonnière s’était écriée :

« Au secours, El-H’akam ! »

Il ressentit vivement la force de cet appel, et ayant concentré ses forces et organisé ses préparatifs, il pénétra sur le territoire franc [P. 164] en 196 (22 septembre 811). Il commit de grands ravages, conquit plusieurs châteaux-forts, ruina le pays, pilla, tua, emmena des captives et atteignit la région où se trouvait cette femme. Là il commanda aux habitants de lui amener assez de prisonniers pour libérer les leurs, insistant particulièrement sur la mise en liberté de la femme dont il s’agit ; elle fut délivrée, et les autres prisonniers (francs) furent mis à mort. Cette expédition terminée, il demanda aux habitants de la frontière s’il avait répondu à leur demande de secours, ce que tous reconnurent, en adressant au ciel des vœux pour lui et le comblant de souhaits.[296]

Il rentra ensuite à Cordoue.

Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d'al-andalus en l'an 1000 , source : Arthur Redondo.
Illustration de Qurtuba (Cordoue) capitale Omeyyade d’al-andalus en l’an 1000 , source : Arthur Redondo.

[P. 223] Expédition contre les Francs[1]

En 200 (10 août 815), El-Hakam, émir d’Espagne, équipa une armée dont il confia le commandement à ‘Abd el-Kerîm [ben ‘Abd el-Wâh’id] ben Moghîth, pour envahir le territoire des Francs d’Espagne. Il accompagna lui-même l’armée jusqu’à ce qu’elle eût pénétré [P. 224] au cœur du pays ennemi.

Les musulmans se livrèrent à la dévastation et au pillage, et détruisirent plusieurs châteaux-forts. Sitôt qu’une localité était détruite, on se transportait dans une autre ; on anéantit les magasins des princes chrétiens. A la vue des ravages commis par les musulmans, le roi chrétien adressa des demandes de secours à tous les rois de ces régions, et partout on répondit à son appel. Il s’avança à la tête d’une armée considérable contre les musulmans, dont une rivière le séparait ; une lutte sanglante dura plusieurs jours, les fidèles cherchant à passer la rivière et les autres s’y opposant.

Alors les musulmans s’écartèrent de la rivière que franchirent les infidèles.

Le combat recommença plus acharné que jamais, mais les chrétiens, refoulés vers la rivière, perdirent beaucoup de monde tant en tués qu’en prisonniers ; ceux qui purent traverser la rivière, échappèrent à la mort, mais plusieurs de leurs comtes, de leurs princes et de leurs nobles furent faits prisonniers. Néanmoins, les Francs, campés sur la rive, empêchèrent les nôtres de passer la rivière, et bon se battit ainsi pendant treize jours consécutifs.

Les pluies qui survinrent ensuite amenèrent la crue de la rivière, et le passage en étant devenu difficile, ‘Abd el-Kerîm se retira le 7 dhoû’l-hiddja (6 juillet 816).

 

Château arabe de Moron
Château arabe de Moron, Mawrour al-Andalus, Espagne. 

Révolte des Berbères dans la région de Moron[2]

Cette même année, un Khâridjite berbère, soutenu par un certain nombre de partisans, se révolta du côté de Moron, en Espagne. Averti par une lettre du gouverneur, El-Hakam tint cette nouvelle secrète et fit sur le champ appeler un de ses officiers, à qui il communiqua la chose confidentiellement :

« Pars aussitôt, lui dit-il, et rapporte-moi la tête de ce Khâridjite ; sinon, la tienne la remplacera ; je ne bougerai pas de cet endroit jusqu’à ton retour ».

L’officier se mit en marche et apprit, en arrivant dans le voisinage du Khâridjite, que cet homme était toujours très rigoureusement sur ses gardes, mais il se rappela aussi les mots d’El-Hakam : « Ou sa tête ou la tienne ». Il lui fallait donc risquer sa vie ; il parvint à s’introduire par ruse jusqu’auprès de lui et le tua.

Il revint après une absence de quatre jours et trouva El-Hakam dans le même endroit, d’où ce prince n’avait pas bougé et qui, en voyant la tête du rebelle, récompensa généreusement cet officier et lui donna de l’avancement. (Orthographe de Moron, en arabe Mawroûr).

Epée Omeyyade du Califat de Cordoue al-Andalus du 9eme siècle
Epée Omeyyade du Califat de Cordoue al-Andalus du 9eme siècle

[P. 267] Mort d’El-Hakam ben Hichâm

En 206, le 25 dhoû’l-hiddja (20 mai 822), mourut El-Hakam ben Hicham ben ‘Abd er-Rahman, souverain d’Espagne, qui était monté sur le trône en çafar 180 (avril-mai 796) ; [P. 268] il avait cinquante-deux ans et portait le konya (prénom) d’Abou’l-‘Açi ; fils d’une esclave concubine, il était de haute taille, brun et maigre ; il laissa dix-neuf enfants mâles et est l’auteur de poésies remarquables.

Le premier en Espagne, il enrégimenta des troupes mercenaires[25] ; il installa des dépôts d’armes et d’approvisionnements, s’entoura d’une nombreuse suite et d’une domesticité considérable, caserna de la cavalerie à la porte de son palais et agit en tout à la manière des souverains puissants.

Il constitua un corps de mamlouks qui recevaient une solde régulièrement payée : ils atteignirent jusqu’au nombre de cinq mille et étaient appelés les muets, à cause des diverses langues étrangères qu’ils parlaient ; ils se tenaient de jour à la porte du palais. Il prenait personnellement connaissance de toutes les affaires, des grandes aussi bien que des petites.

Plusieurs personnes sûres de son entourage le tenaient au courant des besoins du peuple, de sorte qu’il empêchait ou réparait les injustices dont on pouvait avoir à se plaindre. Vaillant jusqu’à la témérité, il était fort redouté, et ce furent ses efforts qui assurèrent à sa postérité le trône d’Espagne. Il recherchait les fakîh et les savants.

notes du traducteur :

[257] On a vu plus haut (p. 244), que son grand-père avait commencé à le faire.

[258] Voir le Bayân (n, 70 et 72) ; infra, p. 367.

[259] Le Bayân (n, 73) ne parle que du mariage du fils d’Abd Allah avec la sœur d’El-H’akam ; voir ci-dessous, p. 370.

[260] Ces faits, que le Bayân passe sous silence, sont rappelés plus loin (infra, p. 369) et mentionnés par Makkari (i, 219) et par Ibn Khaldoun.

[261] Suppléez « ben ‘Abd el-Wâh’id » avec le Bayân, qui parle aussi de cette expédition (n, 70-71).

[262] Ce mot est douteux. Voyez aussi le récit du Nodjoûm (i, 493), où il semble bien être question de l’année 178.

[273] ) Un récit presque identique figure dans le Bayân, II, 71. Makkari ne parle pas de ces faits, dont Ibn Khaldoun dit un mot.

[274] Il y a ici une lacune facile à suppléer : « Il invita plus tard tous les principaux de Tolède sous prétexte de leur offrir un festin ; ils devaient entrer par une porte et sortir, etc. ». Voyez leBayân, II, 74 et 78 ; infra, p. 374, et le récit de Dozy, ii, 62. Ce dernier savant s’élève contre la date de 484, qui est également donnée par le Bayân comme celle de la journée de la fosse, et recule cet événement de dix ans, jusqu’à l’année 807, ainsi que le fait notre chroniqueur plus loin.

[275] D’après le Bayân (n, 72), Soleymân livra deux combats en 182 et deux en 483. — Firrîch est au N.-E. de Séville, non loin de Constantine (Edrisi, p. 256).

[276] Inondation que mentionne aussi le Bayân (l. l.),

[277] Cette affaire ne figure pas dans le Bayân, non plus, je crois, que dans Makkari. Dozy d’ailleurs ne dit rien de ces diverses révoltes. Cf. plus haut, année 484, p. 366.

[278] L’exécution de Soleymân est de 184, d’après le Bayân (l. l.).

[279] Dozy (II, 57) nous donne des renseignements sur ce fakih, berbère d’origine et client de la tribu arabe des Benoû’l-Leyth, à qui Ibn Khallikan a consacré un article (iv, 29 ; voir aussi Makkari, notamment i, 465 ; ms. 884 d’Alger, f° 23).

[280] Cette dernière version est celle du Bayân, t. I.

[281] Ce client fidèle sauva Idrîs après la bataille de Fakhkh et lui servit de père adoptif : voir notamment Bekri, pp. 269-278 ; Bayân, i, 218 ; Berbères, i, 401, et ii, 561 ; Fournel, I, 455 ; supra, p. 255.

[282] Ibn Khaldoun (iv, 126) parle aussi de cette affaire, sur laquelle le Bayân est resté muet.

[283] Voir le récit de cette première affaire de Cordoue dans Dozy (n, 59), qui accepte la date de 189 donnée par le Bayân (II, 73). Noweyri donne aussi (d’après Ibn el-Athîr ?) la date de 187. En 190, d’après le Bayân, il y eut encore un soulèvement des Cordouans ; d’après Ibn el-Athîr (infra, p. 374), ce fut en 191. Ibn Khaldoun parle de 190 seulement.

[284] Dozy appelle ce prince « Ibn Chammas, cousin germain de Hacam ».

[285] En employant le Koran.

[286] Ou Abou Ka’b ben ‘Abd el-Berr, d’après le Bayân,c II, 73

[289] On peut aussi entendre « et parce qu’il cherchait à rentrer en grâce ».

[290] L’insurrection d’Açbagh ainsi que le nouveau mouvement tenté par les Cordouans sont placés, par le Bayân (II, 74), sous l’année 190.

[291] Sept années et autant d’expéditions furent nécessaires à El-H’akam pour réduire Açbagh, au dire du Bayân (II, 74 et 75 ; cf. infra, sous l’année 194).

[292] Cette expédition des Francs contre Tortose et leur défaite par ‘Abd er-Rah’mân sont de 493, d’après le Bayânl. l. ; Makkari (i, 219) donne aussi la date de 192.

[293] Ce chapitre manque dans le ms. de Paris, ce que Tornberg a oublié de rappeler. Ni Makkari ni le Bayân ne mentionnent cette insurrection.

[296] La même anecdote un peu plus détaillée figure dans le Bayân, ii, 75. Il est aussi parlé de cette expédition par Makkari, i, 219 et 221.

[1] Sur cette expédition, voir aussi le Bayân (ii, 77), qui mentionne encore une expédition en 199 (comparez sur cette date au 1897, p. 382). Makkari parle aussi de la campagne de 200 (t. i, 219) ; Dozy, Recherches (t. i, 149 de la 2e éd., 137 de la 3e).

[2] Le Bayân ne parle pas de cette affaire.

[25] A peut-être un sens quelque peu différent ; ou retrouve cette expression dans Makkari, i, 220, l. 2. Sur les faits dont il s’agit, cf. Makkari,  i, 219, l. 4 ; 220, l. 2, 15 et 17 ; Madjmoû’a, texte, 129 ; Bayân, ii, 81 ; Dozy, ii, 68.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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