Abu Muslim al-Khorassani

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Abu Muslim al-Khorassani
Abu Muslim al-Khorassani al-Majousi

L’Imam Muhammad Ibn Jarir at-Tabari a dit dans son livre « at-Tarikh ar-Roussoul wal-Moulouk » sur l’abjecte criminel Abou Muslim al-Khorassani : « Abou Mouslim tua lors de ses guerres plus de six-cent-mille musulmans de sang-froid ! » Tuer six personnes de sang-froid sans émotion en les regardants droits dans les yeux est déjà terrible. Il tua, non pas 60, non pas 600, non pas 6000, non pas 60.000 mais dix fois plus, 600.000 Musulmans qui ont attesté qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Muhammad est Son Messager ! Ce fut une vengeance  

Abû Muslim Abd ar-Râhman ben Muslim al-Khurâsânî1 ou Abû Muslim Khurâsânî2, né à Ispahan en 718 ou 719, mort en février 755, est un général abbasside, fils d’un Majousi Zoroastrien iranien, khorassanien originaire de Mahan, petite bourgade située près deMerv3. On le nomme parfois « fondateur de l’Empire Abbasside ».

Origines

Bien qu’on ait aucune certitude sur son vrai nom, les Abbassides lui attribuèrent celui de Behzadan. Il a grandi à Kufa, en Irak.

Abû Muslim fut un grand défenseur de la cause abbasside, il rencontra leur Imam Ibrahim ben Muhammad à La Mecque et devint plus tard un ami personnel d’`Abû al-`Abbas as-Saffah, le futur  premier Calife Abbasside.

La chute des Omeyyades

Il fut envoyé à Merv par les Abbassides en 747, contre le gouverneur Omeyyade Nasr, qui avait tenté de s’allier à l’insurgé sogdien Harith Ibn Sarayi. Reçu avec enthousiasme, il bénéficia du soutien aussi bien des chiites que des kharidjites, mazdéens, mazdakites et même des chrétiens et juifs, fortunés et influents dans la région (l’un d’eux, Mahyar, fut tout dévoué à Abû Muslim3).

C’est en janvier 748 qu’avec 10 000 hommes Abû Muslim marche finalement sur Merv, capitale du Khorassan, d’où il chasse Nasr. Le poursuivant, il met en déroute les deux armées que les Omeyyades avaient envoyé contre lui, obligeant le calife Marwan II à se réfugier en Afrique du Nord du coté de l’Égypte.

Sa mort

Al-Mansûr haïssait Abû Muslim en raison d’humiliations subies pendant le règne d’As-Saffah (et certain massacre contre les arabes de Syrie) . Al-Mansûr et lui se querellèrent à propos de la garde du butin amassé lors d’une dernière campagne, victorieuse en Syrie, d’Abû Muslim. Ce dernier ingrat qu’il est refusa d’obéir au calife et se dirigea vers le Khorasan en passant par Hulwân. Al-Mansûr finit par promettre que si Abû Muslim venait à sa rencontre, il ne lui serait fait aucun mal. Abû Muslim tomba dans le piège et se rendit auprès d’Al-Mansûr le grand calife.

Au mois de février 7554, quand Abû Muslim fut mis en confiance, Al-Mansûr l’invita et lui fit part de tous les griefs qu’il avait à son encontre l’appelant à cette occasion “Abû Mujrim5” (Le père du crime avec tous les arabes massacrés  par vengence de la conquète du califat rashidun et l’exermination du culte des Adorateurs du feu). Sur un signal d’Al-Mansûr, cinq hommes armés, tuèrent Abû Muslim à coups de sabre. Le cadavre d’Abû Muslim a été enroulé dans le tapis qui garnissait le sol, puis il fut jeté dans le Tigre.

Al-Mansûr demanda à l’un de ses lieutenants s’il pouvait lui dire combien d’hommes du fait de cet “Abû Mujrim”, il lui fut répondu que c’était au moins 600 0006.

Les « Compagnons d’Abû Muslim »

Le terme « Compagnons d’Abû Muslim » désigne un certain nombre de révoltés souhaitant venger ce dernier, actifs de 755 à 783.

À peine Abû Muslim mort, son ancien ministre des finances Simbad de Nichapur tente de le venger. Celui-ci est arrêté à Hamadan en 755 après avoir guerroyé dans le nord de l’Iran contre des armées Abbassides. Le suivent Ishaq, qui s’était proclamé successeur de Zarathoustra (échec en 757) puis le mazdéen Oustad Sis, qui après s’être emparé de la plupart des villes aidé de 300 000 hommes, échoue en 767.

Le dernier révolté des insurrections des « Compagnons d’Abû Muslim » fut al-Muqanna, actif de 776 à 783. Pour lui, l’esprit de Dieu s’est incarné dans tous les prophètes, les deux derniers étant Abû Muslim et lui-même. Déclarant meurtres et pillages légitimes du moment qu’ils visent les musulmans, il rencontre de grands succès en 782 et 783, date où il meurt acculé dans les montagnes près de Chahr-i Sebz7.

Notes

  1.  arabe : ʾabū muslim ʿabd ar-raḥman ben muslim al-ḫurāsānī, أبو مسلم عبد الرحمن بن مسلم الخراساني
  2.  persan : abūmoslim ḫorāsānī, ابومسلم خراسانی
  3. ↑ a et b Jean-Paul Roux, Histoire de l’Iran et des Iraniens, Fayard, page 257
  4.  cha`bân 137 A.H.
  5.  arabe : mujrim, مجرمcriminel
  6.  Tabari, La Chronique (Volume II, L’âge d’or des Abbassides), Actes-Sud (ISBN 978-2-7427-3318-7) p. 37-47
  7.  Jean-Paul Roux, Histoire de l’Iran et des Iraniens, Fayard, pages 260 et 261

Sources

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