Les motifs du déclenchement des croisades et les facteurs de leur réussite I

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Un Chevalier Musulman tue un cavalier croisé lors des croisades ( peint ver 1250)
Un Chevalier Musulman tue un cavalier croisé lors des croisades ( peint ver 1250)

Le rôle des Juifs :

De son côté, le docteur Mahmûd ‘Atâ Allah fait le lien entre les Juifs d’Europe et la préparation des expéditions militaires en Terre sainte, selon lui : « Les intérêts des Juifs riches d’Europe s’accordaient avec ceux des féodaux qui étaient prêts à conquérir de nouveaux territoires par les armes, c’est pourquoi les premiers, qui virent là une occasion d’enrichissement, soutinrent l’idée d’une expédition armée vers l’Orient de toutes leurs forces et avec tous les moyens qui étaient à leur disposition. Ainsi, le Juifs firent la promotion de ce projet belliqueux en tentant notamment de convaincre les indécis d’y participer, ils donnèrent beaucoup de leur argent afin de financer l’enrôlement des soldats et de soudoyer les déserteurs ; ils consentirent tous ces efforts, et notamment financiers, car ils virent dans les croisades une occasion en or de faire des prêts usuriers aux chefs de ces expéditions, qui étaient tous des féodaux, ainsi qu’aux autorités ecclésiastiques. Pour les Juifs, le but de cette manœuvre était évidemment de s’enrichir, mais aussi de noyer leurs emprunteurs sous des dettes et donc de pouvoir exercer sur eux une certaine pression et une influence, ils pouvaient en somme d’un seul coup affaiblir à la fois l’Islam et la chrétienté, d’autant plus que le serment de ‘Umar qui garantissait un accès des chrétiens à Jérusalem, comme ces derniers le souhaitaient, stipulait qu’aucun Juif ne s’installe dans la ville sainte ».

Réfutation des allégations sur la prétendue persécution des chrétiens de Terre sainte :

Ainsi, nous avons vu précédemment que les motifs et facteurs qui motivèrent et déclenchèrent les croisades sont fort variés ; partant, il est impossible d’affirmer que ces expéditions guerrières en Orient n’avaient qu’un but religieux. Cependant, Urbain II, pour motiver ses ouailles et les pousser à rejoindre les armées du Christ, usa beaucoup du motif religieux, il exacerba les passions de ses fidèles en prétendant notamment que les pèlerins occidentaux venus visiter la Terre sainte en général et Jérusalem en particulier s’exposaient systématiquement à de graves persécutions religieuses de la part des Turcs musulmans. A ce propos, on trouve dans un livre intitulé Ahsan al-taqâsîm fî ma’rifat al-aqâlîm, dont l’auteur est al-Maqdisî (Xe siècle de l’ère chrétienne), une description précise des conditions de vie des ahl al-dhimma (gens du Livre vivant sous domination musulmane et payant un impôt spécifique) vivant à al-Quds/Jérusalem, selon l’auteur « les chrétiens étaient parmi eux les plus nombreux », et ailleurs il dit que « les chrétiens étaient bien plus nombreux que les Juifs » ; ce témoignage ancien démontre que les chrétiens qui vivaient à Jérusalem avant les croisades étaient respectés et protégés par les autorités musulmanes.
De son côté, le grand voyageur perse Nâsir-i Khusraw, qui visita la Palestine et notamment Jérusalem quarante ans avant la venue des Croisés, affirma la chose suivante : « Les pèlerins chrétiens pouvaient accéder à tous les lieux saints de manière totalement libre ».

Par ailleurs, les auteurs contemporains spécialistes des croisades n’ont pas manqué de rappeler de leur côté que les chrétiens de Terre sainte vivaient sous domination musulmane dans de bonnes conditions ; par exemple, le professeur Ra`îf Mîkhâ`îl al-Sâ’âtî a affirmé dans un article publié dans la revue Al-râ’î al-sâlih : « Les chrétiens étaient à cette époque les frères des musulmans en ce sens qu’ils partageaient avec eux la même langue et la même patrie, de même que les califes musulmans octroyaient à ceux qui parmi eux avaient de grandes aptitudes des postes à responsabilités dans l’administration » ; le professeur a également dit : « Les persécutions religieuses que purent subirent les chrétiens de Terre sainte à certains moments étaient très limitées, c’est ainsi qu’ils durent parfois faire face à certaines tracasseries sans gravité de la part des chefs seldjoukides, de même que les persécutions contre eux les plus sérieuses avaient été le fait du calife fatimide al-Hâkim (au début du Xe siècle) qui était un personnage lunatique et presque fou et qui s’en prenait également aux musulmans placés sous son autorité » ; notons qu’un autre spécialiste du domaine, le professeur Amîr Sayyid ‘Alî, a confirmé cette réalité dans son ouvrage Mukhtasar târîkh al-‘Arab wa-l-tamaddun al-islâmî.
Il y a en outre dans les écrits et ouvrages de certains historiens occidentaux traitant de ce sujet des arguments irréfutables démontrant que les allégations concernant des prétendues persécutions religieuses contre les chrétiens d’Orient avant les croisades sont totalement erronées ; à titre d’exemple, on peut citer le grand spécialiste des croisades, Claude Cahen, qui dans son livre Orient et Occident au temps des croisades a démontré que les chrétiens de Terre sainte vivaient très bien leur condition d’ahl-dhimma et donc qu’il était injustifié que l’Eglise utilise l’argument des persécutions religieuses pour soutenir le projet d’une expédition militaire en Orient. Il faut sans doute voir dans cette tolérance musulmane vis-à-vis des minorités chrétiennes les effets du serment de ‘Umar fait par le calife ‘Umar ibn al-Khattâb aux chrétiens de Jérusalem au moment de la conquête de cette ville par les musulmans, lequel serment, qui posa les bases des relations islamo-chrétiennes à Jérusalem et dans les autres régions de la Terre sainte, garantissait aux chrétiens « la protection de leurs personnes, de leurs biens, de leurs églises et de leurs croix […] de plus, leurs églises ne peuvent être réquisitionnées pour servir de logements, elles ne peuvent pas être détruites ou voir leur superficie réduite, rien ne peut être fait contre la croix des chrétiens, personne ne peut attenter à leurs biens et leurs argents, on ne peut les haïr en raison de leur foi et de leur religion ».
Le chercheur Walîd al-Khâlidî va encore plus loin en affirmant que les contentieux et frictions qui survinrent à Jérusalem autour des lieux saints à l’époque où celle-ci était sous domination musulmane ne se passèrent pas entre le pouvoir musulman et les communautés chrétiennes ou juives, mais plutôt entre les diverses communautés chrétiennes de cette ville, et notamment entre les communautés orientales elles-mêmes (orthodoxes, arméniennes, syriaques, etc.) ou entre ces dernières et les communautés occidentales (catholiques). En fait, durant les longs siècles de domination du pouvoir musulman sur cette région, ce dernier joua le rôle de juge de paix entre ces diverses églises chrétiennes qui s’affrontaient souvent mutuellement afin d’affirmer leurs droits sur les lieux saints, il était le garant de la bonne application d’un système de statu quo qui était composé d’un ensemble de coutumes et de lois concernant ces différents droits ; lesquels lois et coutumes prirent forme au fil du temps avec l’assentiment des Eglises locales et des autorités ecclésiastiques occidentales, et c’est le pouvoir musulman qui était chargé de les appliquer afin de régler des problèmes qui apparaissaient souvent autour des lieux saints chrétiens.

Les causes directes des croisades :

Outre le désir de venger l’humiliation de la défaite de Manzikert en 1071, l’autre cause directe du déclenchement des croisades fut sans conteste le témoignage de Pierre l’Hermite qui était un anachorète illuminé. Ce dernier, qui effectua un pèlerinage en Terre sainte, prétendit à son retour en France qu’il avait été l’objet, lui-même et ses compagnons, de vexations et d’humiliations de la part des autorités musulmanes, il rencontra alors le pape Urbain II et lui demanda expressément de tout faire pour sauver les lieux saints chrétiens d’Orient, puis il décida de parcourir divers pays et régions d’Europe (France, Allemagne, Belgique, etc.) afin d’appeler les masses à sauver le Saint-Sépulcre (le tombeau du Jésus selon les chrétiens), c’est-à-dire le lieu le plus sacré pour les chrétiens de Moyen Age, qui était menacé par les barbares musulmans, selon les chroniques de l’époque, Pierre avait un vrai talent d’orateur et il savait émouvoir et enflammer les foules, son action eut sans conteste une grande influence à la fois sur les plus hautes autorités de l’Eglise et sur les peuples d’Occident.
La conséquence la plus évidente de ce mouvement populaire fut le discours tenu par Urbain II à Clermont en novembre de l’année 1095 ; ce discours mémorable fut sans nul doute l’élément déclencheur des expéditions militaires vers l’Orient, il permit d’unifier les points de vue et d’annihiler pour un temps les divergences entre les Eglises orientale et occidentale. Lors de ce discours, le pape ordonna aux princes féodaux et aux chefs religieux qui étaient présents à Clermont d’arborer une croix rouge, et d’ailleurs ordre fut donné à tous ceux qui allaient participer à cette expédition d’en faire autant, cette croix allait devenir le symbole de ce combat que ces hommes pensaient spirituel et accompli au nom du Christ, toutefois il fut dans les faits fort éloigné du message de paix qui est au cœur des Evangiles. C’est ainsi qu’environ deux ans après ce discours, en 1097, les « armées du Christ » se mirent en branle et se dirigèrent finalement vers l’Orient afin de sauver le Saint-Sépulcre, il s’agissait là de ce qu’on appela plus tard la Première croisade, celle qui aboutit à la prise de Jérusalem par les chrétiens en 1099.

Duel entre un
Duel entre un « champion » musulman et un croisé une semaine après la prise de la ville d’Acre par les croisés le 26 mai 1104,

Les décennies avant le déclenchement les croisades sont caractérisées dans le monde musulman par la division et les dissensions, ce dernier vivait une situation politique, économique et sécuritaire extrêmement difficile. De plus il comptait en son sein plusieurs entités politiques indépendantes telles que le califat abbasside de Bagdad, le califat fatimide du Caire ou encore le califat omeyyade d’al-Andalus ; par ailleurs, dans le Châm, la région visée par les Croisés, des dizaines de petites cités et autres principautés, dirigées par des potentats locaux sans réel pouvoir, se déchiraient de manière incessante dans des guerres intestines pour leurs petits intérêts particuliers. Cette situation chaotique qui régnait dans le Châm au XIe siècle de l’ère chrétienne amena certains de ces petits potentats musulmans à s’allier avec l’envahisseur franc contre leurs adversaires politiques de même confession alors que ce dernier était en train de prendre possession par les armes des terres d’Islam. Il faut noter en sus que ces divisions islamo-islamiques étaient accentuées par les divergences de vue dans le domaine religieux.
C’était donc là en résumé la situation générale du monde musulman, laquelle a évidemment facilité l’intrusion en son cœur de forces étrangères avides, malgré tout une question doit être posée : pourquoi l’Occident chrétien a-t-il décidé de mener des expéditions militaires massives contre l’Orient musulman ? Et quelles furent les motifs et les causes qui le poussèrent à les entreprendre ? Il est certain que les motivations de l’Occident n’étaient pas exclusivement religieuses comme certains l’ont prétendu ; en réalité, ces expéditions guerrières ont été motivées par des motifs religieux c’est vrai mais également politiques, économiques et sociaux, lesquels motifs se sont entremêlés et nourris les uns les autres.

Le motif religieux :

Les profondes évolutions religieuses qu’a connues l’Europe aux Xe et XIe siècles font partie des causes principales du déclenchement des croisades ; en effet, après que les Francs embrassèrent la foi chrétienne, l’Eglise de Rome devint l’égal de l’Eglise orientale byzantine dont le siège était à Constantinople, de plus l’Eglise romaine apostolique se caractérisa par le fait qu’elle donnait un surnom à son autorité suprême qui était le pape. A ce propos, la papauté joua un rôle central dans l’instauration de l’Etat carolingien, lequel fit concurrence à l’empire byzantin. Puis, forte de sa nouvelle puissance, Rome décida d’unifier sous son égide les Eglises orientale et occidentale, elle profita donc de l’occasion de la demande de secours faite par l’empereur byzantin Michel VII (1071-1078) au pape Grégoire VII (1058-1073), le premier demanda au second de lui envoyer une armée afin de sauver l’empire de l’invasion des Turcs (Seldjoukides). C’est ainsi que Grégoire VII se dépêcha de former une coalition des rois et des princes catholiques ; toutefois, l’expédition ne put se faire à cause des conflits qui opposaient l’Eglise et les rois francs. Malgré tout c’est l’un des successeurs de Grégoire VII, un certain Eudes de Châtillon, dont le nom de pape sera Urbain II (1088-1099), qui réussit à réunifier les vues de l’Eglise et des princes afin qu’ils mènent ensemble une expédition militaire vers la Terre sainte, le but principal de cette dernière était d’y instaurer un Etat. Urbain II était connu pour l’hostilité particulière qu’il vouait aux musulmans, il avait cultivé cette dernière lorsqu’il était encore simple moine de l’Abbaye de Cluny, il avait déjà été l’un des fervents partisans de la guerre de reconquête contre les musulmans d’al-Andalus. Ainsi, afin de mobiliser les esprits et d’encourager les gens à rejoindre la grande expédition militaire contre les musulmans du Châm, Urbain II prétendit dans son fameux discours de Clermont (1095) que les pèlerins chrétiens se rendant à Jérusalem étaient durement persécutés par les Turcs, il fit de cet argument, en partie inventé, l’un des principaux prétextes de la guerre contre les musulmans. Ce pape guerrier considérait que la principale fonction papale en ces temps troublés et dangereux était de mener la guerre sainte contre les ennemis de la Croix, de plus il était bien conscient que ces expéditions militaro-religieuses avaient une grande dimension géopolitique, elles étaient une expression concrète de la politique extérieure de l’Eglise romaine : ainsi, c’est la papauté qui a organisé et dirigé ces expéditions, car elles devaient servir leurs intérêts objectifs.

La bataille de Manzikert :

La bataille de Manzikert eut lieu en 1071, elle opposa les armées impériales byzantines commandées par l’empereur Diogène aux Turcs musulmans seldjoukides commandés par Alp Arslan, ce sont ces derniers qui eurent le dessus ; par conséquent, l’opposition byzantine face aux velléités turques dans la région faiblit, et à une plus grande échelle cette défaite chrétienne fit sentir à l’Occident que le danger musulman pourrait bientôt les atteindre ou en tout cas atteindre ses intérêts en Orient. Les sources historiques montrent que le sultan seldjoukide traita correctement les prisonniers byzantins qu’il fit lors de la bataille, parmi ces derniers se trouvaient l’empereur lui-même ainsi que ses grands commandants, et après de longs pourparlers entre lui et les Byzantins, les parties se mirent d’accord pour que l’empereur donne trois de ses filles en mariage aux fils du sultan, rachète lui-même tous les prisonniers pour un million de dinars, lui verse un tribut annuel de 360 000 pièces d’or et accepte d’instaurer une trêve durant cinquante ans. Cette défaite rappela aux Francs la réalité des dangers qui les menaçaient et elle les poussa donc à se préparer jusqu’à ce qu’ils trouvent l’occasion de se venger de cette humiliation pour la chrétienté.

Les motifs politiques et sociaux :

Le système du fief était dans l’Europe médiévale le fondement de l’organisation politique et sociale ; ainsi, chaque fief avait ses propres combattants rémunérés par les revenus des récoltes effectuées par les nombreux serfs travaillant sur le domaine, mais tous ces fiefs se déchiraient entre eux dans des guerres intestines et destructrices qui épuisaient la classe guerrière du royaume de France, ces conflits incessants étaient sans aucun doute l’expression de profonds problèmes politiques et sociaux. En outre, les féodaux attaquaient souvent les biens de l’Eglise dans une logique d’enrichissement, c’est donc logiquement que la papauté, afin de canaliser ses forces qui s’autodétruisaient et menaçaient l’équilibre politique par leur violence incontrôlée, décida de lancer les seigneurs contre un ennemi commun : les musulmans. Il s’agit en somme de transformer un danger endémique intérieur en une force qui servirait directement les intérêts de l’Eglise à l’extérieur.
Cette nouvelle politique papale s’accorda parfaitement avec les ambitions de pouvoir de certains princes et seigneurs francs qui étaient dans l’impossibilité de fonder leur propre principauté en Europe ; en effet, le système du fief stipulait que seul l’aîné mâle héritait de tout le patrimoine (terres, richesses, etc.) laissé par le père, ce qui d’une certaine manière laissait les autres fils dans l’indigence, lesquels étaient généralement contraints de servir dans l’armée d’un seigneur plus puissant. Ainsi, ces derniers virent dans les expéditions levantines une occasion unique pour eux de fonder leurs propres seigneuries dans cet orient musulman mystérieux, attirant et dangereux à la fois. Cette volonté de conquête et de domination chrétienne sur l’Orient fut confortée et renforcée par les victoires que remportaient les Francs contre les Arabo-musulmans en Espagne à la même époque en effet, les premiers reprirent aux seconds de nombreux territoires et dominèrent certains points stratégiques musulmans comme les îles se situant au large de l’Espagne en mer Méditerranée.
Par ailleurs, certains historiens expliquent que certains seigneurs et chevaliers francs trouvèrent dans ces expéditions ultra-marines un moyen d’assouvir leur besoin d’aventure qui était l’un des traits de caractère de la chevalerie chrétienne. Notons que le travail de traduction commençait à se développer à cette époque en Occident, c’est ainsi que les Occidentaux les plus lettrés purent accéder à des ouvrages qui donnaient un aperçu du bien-être et de l’opulence qui régnaient en Orient, ces informations alléchantes excitèrent en outre l’appât du gain des chevaliers-aventuriers prêts à prendre tous les risques pour s’enrichir, d’autant plus que de nombreux habitants de l’Europe vivaient dans une grande indigence. Enfin, certains hommes de foi chrétiens ou même des criminels virent dans cette expédition vers le plus grand lieu saint du christianisme, Jérusalem, un moyen d’expier leurs fautes et leurs péchés, d’autres encore profitèrent de cette occasion pour échapper au pouvoir de l’Eglise ou à celui des seigneurs féodaux.

Le motif économique :

Ces expéditions militaires vers l’Orient attisèrent le désir d’enrichissement des commerçants d’Europe, et notamment des marchands italiens des villes de Pise, de Gênes et de Venise, lesquels voulaient mettre la main sur les richesses produites dans ces contrées musulmanes et y fonder des comptoirs commerciaux. A une époque où le commerce était prospère, seul un petit nombre de marchands extrêmement riches se partageaient le pouvoir avec les nobles et les féodaux alors que le reste de la société européenne médiévale vivait dans une grande misère aggravée par les persécutions économiques des féodaux qui accablaient le petit peuple d’impôts très lourds.
Il faut signaler que de nombreuses régions d’Europe étaient touchées par des sécheresses et des mauvaises récoltes, ce qui provoquaient régulièrement de graves famines et des épidémies ; ces situations chaotiques et difficiles poussèrent les pauvres gens, qui étaient les premières victimes de ces calamités, à rejoindre les rangs de la croisade afin d’y trouver de quoi se nourrir et se vêtir.

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