RÉCIT DE L’OCCUPATION DE DAMAS PAR LE SULTAN AYYOUBIDE ALMELIC-ALACHRAF. ( sultan ayyoubide de Harran de 1218 à 1229 et Damas de 1229 à 1237) par l’historien arabe ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Cavalerie islamique
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RÉCIT DE L’OCCUPATION DE DAMAS PAR LE SULTAN AYYOUBIDE ALMELIC-ALACHRAF. ( sultan ayyoubide de Harran de 1218 à 1229 et Damas de 1229 à 1237.)   

« Le lundi deuxième jour de chaban de cette année, Alachraf enleva la ville de Damas au fils de son frère, Salah-eddyn Daoud, fils d’Almoaddham. Voici la cause de cet événement que nous avons déjà mentionné. Le prince de Damas, redoutant son oncle Almélic-Alcamil, s’était adressé à son oncle Alachraf pour lui demander de l’aider à repousser Alcamil.

Alachraf quitta le pays de Djézireh et se rendit à Damas, où il entra. Le prince et les habitants se réjouirent de sa venue, et, comme ils se préparaient à soutenir le siège en entourant la ville de défenses, Alachraf les imita à cesser ces travaux et à renoncer au dessein qu’ils avaient de se fortifier, jurant au prince de Damas qu’il le seconderait et qu’il le protégerait lui et ses États; puis il envoya un message à Alcamil et fit la paix avec lui.

Le prince de Damas crut que lui aussi avait été compris dans cette réconciliation. Alachraf partit ensuite rejoindre son frère Alcamil, et leur rencontre eut lieu au mois de dhou’lhiddjeh 625 (novembre 1228), le jour de la fête. De son côté, le prince de Damas se rendit à Beïçân, où il demeura. Almélic-Alachraf quitta bientôt son frère et revint rejoindre le prince de Damas, n’ayant avec lui qu’une armée peu nombreuse.

Pendant que les deux princes étaient assis dans une de leurs tentes, Izz-eddyn Aïbec, esclave d’Almoaddham, l’ancien prince de Damas, et qui était un des principaux émirs, entra dans la tente avec son fils. S’adressant alors à son maître Daoud, il lui dit : « Lève-toi et sors, sinon tu vas être arrêté à l’instant même. » Puis, ce disant, il le fit sortir.

Alachraf ne put s’opposer à ce départ parce que c’était Aïbec qui avait été chargé d’organiser l’armée commune et que d’ailleurs ses propres soldats étaient les moins; nombreux. Daoud partit aussitôt avec son armée et gagna Damas. Aïbec avait agi ainsi parce qu’on lui avait dit qu’Alachraf voulait arrêter le prince Daoud et lui prendre Damas.

A peine étaient-ils rentrés à Damas que les troupes d’Alcamil vinrent rejoindre Alachraf, et celui-ci, se mettant en marche, campa le . . . sous les murs de Damas et en fit le siège, qu’il poursuivit jusqu’à l’arrivée d’Almélic-Alcamil.

A ce moment, les opérations furent poussées avec vigueur; les habitants de la ville furent cruellement éprouvés et réduits à la dernière extrémité.

Ce qui causa le plus de peine au prince, c’est qu’il n’avait que peu d’argent. Tous ses trésors étaient à Carac; il ne les avait pas fait venir, tant il avait eu de confiance en son oncle Alachraf. Daoud fut contraint de faire vendre les bijoux de ses femmes et leurs parures.

La situation devenant plus difficile, il se rendit auprès de son oncle Alcamil et lui livra la ville de Damas ainsi que la forteresse d’Achchoubek, à la condition qu’il conserverait Carac, Alghour, Beïçân et Naplouse, et qu’Aïbec garderait la forteresse de Sarkhad et tout son territoire. Alcamil prit alors possession de Damas et installa une garnison dans la citadelle de cette ville.

Quand, plus tard, son frère Alachraf lui eut livré Harrân, Erroha, Rakka, Seroudj et Ras-Aïn, villes du Djézireh, Alcamil rendit à son frère la citadelle de Damas.

Tandis qu’Alachraf entrait à Damas et s’y installait, Alcamil partit pour le pays de Djézireh et il y demeura jusqu’au jour où il dut rappeler son frère Almélic-Alachraf a cause du siège que vint mettre devant la ville de Khélath Djélal-eddyn, roi du Khârezm. Dès qu’Alachraf l’eut rejoint à Rakka, Alcamil retourna en Egypte. »

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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