La dynastie hérétique des Oubeydides dit  Fatimides 

Publié le Mis à jour le

 

Carte de l'Empire Fatimide
Carte de l’Empire Fatimide

L’autre grand succès chiite Ismaïlien arriva avec la dynastie Ismaïlienne Oubeydide plus connue en Occident sous le nom de dynastie Fatimide. Elle dura plus longtemps et eut encore plus d’impact. Même si beaucoup de savants de l’époque avaient dénoncé son imposture notamment du fait qu’il n’apporta jamais de preuves tangibles à sa filiation prophétique, Oubeyd Allah al-Mahdi se proclama Imam descendant du Prophète Mouhammed, sallAllahou ‘aleyhi wa sallam, et établi un Califat en Afrique du nord en 909, en s’appuyant sur des tribus berbères acquises à sa cause lors de leur pèlerinage à La Mecque.

A un moment, leur empire s’étendit du Maroc jusqu’à la Syrie et au Hedjaz. Mais leur but était d’usurper le trône Abbasside d’où leur abandon du Maghreb (en révolte constante contre eux) et leur établissement en Egypte à la faveur notamment de l’anarchie provoquée par la peur des Egyptiens de la menace d’une invasion Qarmate. Le règne Obeydide eut des conséquences particulièrement néfastes :

– L’embrasement de l’Afrique du nord dans des guerres interminables jusqu’au 11ème siècle. En effet les populations musulmanes d’Afrique du nord n’acceptaient pas d’être dirigées par une minorité qui érigeait l’insulte des meilleurs compagnons du Prophète au rang d’adoration (entre autres hérésies blasphématoires de la secte ismaïlienne sur lesquelles nous ne nous étendrons pas), d’où les nombreuses révoltes comme celles d’Abou Yazid au 10ème siècle ou de Mou’izz Ibn Badis au 11ème siècle.

De plus la création non pas d’un simple Emirat mais d’un Califat concurrent d’un autre déjà existant et valide (en l’occurrence celui des Abbassides) ne put être considéré que comme une grave sédition et une volonté de division de la nation Islamique. D’ailleurs en conséquence, les émirs sunnites Omeyyades d’Andalousie, coupés de l’Orient, furent à leur tour contraint de proclamer un Califat en 929 pour se protéger des ambitions chiites.

– L’extrémisme dans le traitement des minorités Juives et Chrétiennes et de la majorité sunnite oscillant entre tolérance de circonstance et persécution illégitime. Car les Juifs à l’époque Oubeydide n’avaient jamais été aussi choyés et prospères au détriment des Musulmans au point que certains savants de l’époque se demandaient si la dynastie elle-même n’était pas d’origine Juive.

L’accès de Chrétiens et de Juifs aux hautes sphères de l’administration provoqua des troubles sociaux parmi les gens et les savants d’Egypte qui rappelaient à juste titre l’interdiction dans la Loi Islamique pour les Musulmans d’être dirigés par des non-Musulmans dans leurs propres pays (il y eut notamment un vizir Juif et un vizir Chrétien sous les Oubeydides).

Les Obeydides envoyèrent surtout des prêcheurs à l’extérieur de leurs dépendances territoriales et n’effectuèrent que quelques changements de la Shari’ah (ce qui fut d’ailleurs dénoncé par certains savants comme le renommé Qadi ‘Iyad qui émis même une fatwa selon laquelle tout savant qui donnait secours au règne Oubedydide de leur plein gré était sortis du giron de l’Islam). Cette hésitation dans l’application pleine et entière de leur dogme, pour le moins hétérodoxe, révéla l’échec des Oubeydides car les chiites attendaient ce fameux règne de justice et de paix sensé être instauré par le Mahdi.

Cependant il y eut une exception sous le règne du fameux Calife Oubeydide al-Hakim (surnommé le « Calife fou ») qui accéda au trône vers l’an 1000, tenta de remplacer complètement la shari’ah par l’Ismaïlisme et qui se mit soudainement à persécuter les Chrétiens, censés être sous protection musulmane, allant même jusqu’à détruire l’Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem, ce qui fut un facteur déclencheur de la première Croisade.

Ce fut la seule fois où un dirigeant Oubeydide ne pratiqua plus la dissimulation (taqyah) et appliqua pleinement sa doctrine. Le résultat n’en fut que plus révélateur.

– La prise de la Palestine par les Chrétiens. Tout d’abord par l’installation des premiers comptoirs commerciaux Chrétiens permanents notamment en Egypte. Cette politique d’attirance des commerçants Occidentaux au coeur du monde Musulman a été la lointaine origine de la dépendance économique de l’Egypte à l’Occident à l’époque contemporaine.

D’autre part, les avantages concédés à ces cités marchandes Italiennes à travers les comptoirs s’amplifieront dans les siècles suivant avec pour conséquences l’augmentation des connaissances géographiques et l’habileté de navigation des cités Italiennes qui purent ainsi faire facilement traverser les Croisés en méditerranée.

Et lorsque ces derniers arrivèrent et mirent le siège en 1098 devant la ville Syrienne d’Antioche contre le Sultan sunnite Seldjoukide qui avait fait allégeance au Califat Abbasside de Baghdâd, non seulement les Obeydides en profitèrent pour reprendre aux sunnites la Syrie méridionale avec Jérusalem (qu’ils contrôlaient auparavant), mais ils proposèrent même leur aide aux Croisés contre les Seldjoukides (certains affirment même que la prise d’Antioche aurait été négociée entre les Oubeydides et les Croisés). Malgré cette alliance perfide, les Croisés rejetèrent leur aide et leur prirent Jérusalem en 1099 presque sans difficulté.

Leur lutte sporadique contre les Croisés et contre les Byzantins se présentait davantage comme une lutte pour la préservation de leur espace territoriale que comme une lutte pour la libération des lieux saints. Ils firent d’ailleurs plusieurs fois appel tantôt aux Croisés et tantôt aux émirs sunnites pour régler leur problème de succession au vizirat en Egypte.

Le roi croisé Amaury 1er, voyant cette faiblesse, annexa plusieurs villes du Delta de l’Egypte. S’en était trop pour les Egyptiens qui se soulevèrent enfin et auxquels le puissant émir sunnite Shirkouh vint prêter main forte pour déloger les Croisés. Shirkouh détrôna Shawar le dernier vizir Ismaïlien Oubeydide.

Mais il mourut peu après en 1169 laissant sa place à son neveu, Salah ed-Din (Saladin) qui détruisit définitivement le Califat néfaste des Oubeydide Ismaïlien en tuant Shawar et en restaurant le sunnisme en Egypte. A la faveur de leur chute, le dogme Islamique orthodoxe reprit sa place dans tout le Moyen Orient et le Jihad unifié contre les Croisés reprit vigoureusement et victorieusement.

– L’émergence de courants chiites ismaïliens encore plus anti-Islamique qu’eux-mêmes ne l’étaient déjà, comme les Druzes. En effet lorsque le « Calife fou » Hakim fut proclamé (et se proclama lui-même) dernière incarnation divine dès 1017 et après sa mystérieuse disparition en 1021, son vizir Persan Ismaïlien Mohammed ad-Darazi (d’où le nom de « druze ») rassembla ses partisans et ils se mirent à le prendre comme une divinité occultée en attendant son retour en tant que Messie.

On trouve leurs descendants de nos jours surtout au Liban où la France (fidèle à sa politique de « diviser pour mieux régner » et de mise en avant des minorités pro-occidentales) avait essayé de leur donner un Etat à part entière durant son mandat, prélude aux violences qui s’en suivront.

L‘émergence également d‘une autre secte engendrée par les Oubeydides, les Nizarites (1).

A la mort du Calife Oubeydide Moustansir Billah en 1094, il y eut une scission chez les Ismaïliens. Ce dernier avait désigné son fils Nizar pour lui succéder mais c’est son autre fils Ahmed qui prit la succession du Califat chiite. C’est à ce moment que les ismaéliens de Perse menés par leur chef Hassan Ibn Sabbah, qui était un érudit ismaélien des Oubeydides, firent allégeance à Nizar. Celui-ci fut tué par son rival mais ses descendants furent protégés et pris en charge par Hassan Ibn Sabbah et ses successeurs.

Les Nizarites développèrent un réseau à travers le Moyen-Orient avec la forteresse d’Alamût en Iran comme centre névralgique. Ils prêchèrent une doctrine ésotérique hérétique et perverse et tentèrent sans arrêt de semer le trouble et l’anarchie en Perse et en Syrie contre les différentes autorités Islamiques sunnites en assassinant leurs chefs et leurs commandants qui tentaient de les arrêter. Ils se considéraient en période de dissimulation et mentaient souvent pour cacher leur croyance afin de ne pas éveiller les soupçons.

Comme les Oubeydides, ils continuèrent à appliquer la shari’ah (le « Zahir ») en attendant que le Messie arrive pour appliquer la législation divine cachée (le « Batin », en réalité simple abrogation des interdits et des obligations divines afin de jouir sur terre de tous les plaisirs mondains). Ce qui arriva selon eux avec le règne de Hassan II qui proclama la « grande résurrection » en 1164 c’est à dire la promulgation de la législation cachée et donc l’obligation de jouir de tous les désirs mondains.

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(1) De nos jours, beaucoup de gens lorsqu’ils parlent d’al-Qa’idah, en font une fausse analogie avec la secte Nizarite, plus connue sous le nom de « secte des Assassins ». Alors que la comparaison est absurde pour plusieurs raisons : Nonobstant le fait qu’al-Qa’idah soit sunnite et que les « Assassins » étaient chiites avec les énormes différences d’objectifs inhérents à leurs deux dogmes antinomiques , comme nous le verrons plus loin, il se trouve que les Nizarites étaient une secte marginale coupée de la nation Islamique et qui a théorisé un dogme bien précis alors qu’al-Qa’idah n’a jamais écrit de textes dogmatiques marginaux et rassemble plusieurs groupes Islamiques différents au sein d’une organisation purement militaire.

Ils n’hésitèrent pas à s’allier aux Croisés et en particulier avec les Templiers, pour lutter contre les sunnites à de nombreuses reprises (ils auraient même tenté d’assassiner Salah ed-Din). Cependant, ils ne purent pas résister aux Mongols qui mirent d’ailleurs fin à leur règne ténébreux au milieu du 13ème siècle. Leurs descendants subsistent aujourd’hui sous la férule du folklorique Aga Khan littéralement divinisé par ses adeptes et très choyé par les Occidentaux.

Le peu de conséquences positives du règne Oubeydide d’un point de vue Islamique furent dans les aspects plus ou moins marginaux de la culture (architecture, littérature etc.) et du développement commercial (et encore ce fut grâce au rôle débordant qu’y avaient les minorités Juives et Chrétiennes).

La fameuse « Maison de la Sagesse » établie par le Calife fou « al-Hakim » fut surtout un centre d’enseignement et d’élaboration de la doctrine ismaélienne (ce qui a d’ailleurs suscité légitimement beaucoup de révolte de la part des habitants sunnites du Caire) et de recherche dans les sciences hellénistiques et ésotériques interdites selon l‘orthodoxie Islamique (car introduisant et développant l’idée d’association dans la seigneurie et l’adoration divine), avec cependant une petite ouverture sur l’astronomie, les mathématiques et la médecine. Il faut aussi souligner qu’ils se désintéressèrent tellement de la Sicile, qui était devenu un pays Musulman, au point qu’elle fut perdue sous les coups des Chrétiens.

Il y a simplement confusion du fait que leurs méthodes de combats semblent similaires. Mais là encore il y a une nuance de taille qui est que les fameux assassinats ciblés employés par les Nizarites étaient très sacralisés et ritualisés, ils étaient initiés à une doctrine ésotérique, ils devaient prendre un certain type de couteau, ne pas établir de plan de fuite car devant mourir après leur forfait, lequel devait être commis un certain jour, ils devaient absorber certaines substances enivrantes etc. et tout cela sans aucune légitimité Islamique.

article des frères de « le-nouvel-ordre-mondial-illuminati »

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