RECIT DE LA PRISE DE HAMAH PAR LE SULTAN AYYOUBIDE ALKAMIL. par l’historien arabe ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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L'armée Ilslamique Ayyoubide dans le film "Kingdom of Heaven"
L’armée Ilslamique Ayyoubide dans le film « Kingdom of Heaven »

RECIT DE LA PRISE DE HAMAH PAR ALCAMIL.

Dans le dernier tiers du mois de ramadhan de cette année, Almélic-Alcamil s’empara de la ville de Hamah dans les circonstances suivantes, Almélic-Almansor Mohammed, fils de Taky-eddyn Omar, prince de Hamah, était mort, ainsi que nous l’avons dit; quand il avait senti venir la mort, il avait fait prêter serment par les troupes et les notables de la ville à son fils aîné. Ce prince avait été envoyé par son père auprès d’Almélic-Alcamil, prince d’Egypte, dont il avait épousé la fille. Mohammed avait un autre enfant du nom de Kilidj-Arslan et surnommé Salah-eddyn. Ce dernier, qui était à Damas, se présenta (aussitôt après la mort de son père) dans la ville de Hamah, qui lui fut livrée. Il avait pris possession de la ville et de la citadelle, quand Almélic-Alcamil lui envoya l’ordre de remettre la ville à son frère aîné, que le testament de leur père avait désigné pour lui succéder. Salah-eddyn ne s’étant point conformé à cet ordre, de nombreuses négociations furent échangées sur ce point avec Almélic-Almoaddham, prince de Damas, mais elles n’aboutirent à aucun résultat. Lorsque Almoaddham mourut, Alcamil s’étant rendu en Syrie, s’empara de Damas et expédia des troupes qui vinrent mettre le siège devant Hamah, le 3 du mois de ramadhan. Le commandement de ces troupes avait été confié à Asad-eddyn Chyrcouh, prince d’Émèse, et à un des principaux, émirs de l’année nommé Fakhr-eddyn Otsman; ils avaient avec eux le fils de Mohammed, Taky-eddyn, qui avait résidé chez Alcamil. Le siège de la ville durait depuis quelques jours, quand Almélic-Alcamil, qui avait quitté Damas et qui était campé à Salamiya dans le dessein de se rendre dans le Djézireh, à Harrân et ailleurs, reçut la visite du prince de Hamah, Salah-eddyn, qui avait quitté sa citadelle pour venir le trouver. Cette démarche n’avait été provoquée que par un arrêt de la Providence. Salah-eddyn avait dit à ses compagnons : « Je veux me rendre auprès d’Almélic-Alcamil. — Il n’y a pas en Syrie de place plus forte que votre citadelle, lui répondirent-ils; vous avez réuni des richesses innombrables : pourquoi donc voudriez-vous faire cette démarche? ce n’est point une chose raisonnable. » Salah-eddyn persistant dans son dessein, tandis que ses compagnons continuaient à vouloir s’y opposer, il finit par leur dire : « Laissez-moi partir, ou sinon je me précipite du haut de la citadelle. » En entendant ces paroles, ils ne firent plus d’objection. Salah-eddyn quitta la citadelle à la tête d’une troupe peu nombreuse et se rendit auprès d’Alcamil, qui le retint prisonnier jusqu’au moment où la ville de Hamah fut livrée au frère aîné de Salah-eddyn. Ce dernier ne conserva que la forteresse de Bâryn, qui lui appartenait déjà. Il avait ainsi couru lui-même au-devant de sa perte.

Vers la fin de cette année, les Francs se portèrent contre la citadelle de Bâryn en Syrie. Ils pillèrent la ville et la contrée, firent des prisonniers et des captifs et tuèrent du monde. Parmi les populations qu’ils atteignirent, se trouvait une troupe de Turcomans campés dans le district de Bâryn. Toute cette troupe fut prise, à l’exception de quelques rares fuyards qui échappèrent.

ANNÉE 628 DE L’HEGIRE (9 NOVEMBRE 1230 — 29 OCTOBRE 1231).

Cette année-là, les Francs qui étaient en Syrie attaquèrent Djabala, une des villes qui sont rattachées à Alep. Ils pénétrèrent dans cette ville, où ils firent, du butin et des prisonniers. L’atabek Chihâb-eddyn expédia aussitôt des troupes sous la conduite d’un émir auquel il avait donné ce territoire en fief. Dans le combat qui s’engagea, les Francs perdirent beaucoup de monde; le butin et les prisonniers qu’ils avaient faits leur furent repris.  »

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

 

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