Fondation de Mehdiyya (Tunisie) par Ubayd’ALLAH dit Al-Mahdi par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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mahidia fatimide
En 914, Ubayd’Allah Al-Mahdî décide de faire construire le port et la ville de Mahdia au sud-est de Kairouan (à l’image) qu’il choisit comme capitale de son royaume. Cette nouvelle capitale qui est inaugurée en grandes pompes le 20 février 921 après sept années de travaux, devait lui permettre de préparer une flotte pour reprendre l’offensive en Égypte

[P. 70] Fondation de Mehdiyya par Ubayd’ALLAH dit Al-Mahdi

 » En 303 (16 juillet 915), le Mahdi se rendit en personne à Tunis, à Carthage et ailleurs pour rechercher sur le littoral un emplacement convenable pour y fonder une ville, car il avait trouvé dans les livres l’annonce du soulèvement que fomenterait Abou Yézid contre lui. C’est ainsi qu’il bâtit Mehdiyya, pour laquelle il ne trouva aucun emplacement ni plus convenable, ni plus sûr, car c’est une presqu’île jointe à la terre (par un isthme), ce qui la fait ressembler à la paume de la main se rattachant au poignet.[290] Il l’édifia pour en faire sa capitale et l’entoura de murailles solides garnies de portes imposantes, dont chaque battant pesait cent quintaux. Les travaux de construction commencèrent le samedi 5 dhoû’ l-k’a’da 303 (10 mai 916). Quand les murailles furent montées, il fit lancer par un archer une flèche dans la direction-du Maghreb, et le projectile arriva jusqu’au Moçalla : « C’est jusque-là, » dit-il, « qu’arrivera le maître de l’âne, » désignant ainsi l’hérétique Abou Yézid, à cause de l’animal qui lui servait de monture. Il donnait lui-même aux ouvriers les ordres nécessaires pour les travaux. Il fit ensuite creuser dans la montagne un arsenal (dâr çinâ’a) pouvant renfermer cent galères[291] et qui était fermé par une porte ; le sol fut creusé pour y installer des magasins à vivres et des citernes. On éleva aussi des habitations et des palais. Quand tout fut fini : « Je suis maintenant », dit-il, « tranquille quant au sort des filles fatimides, » désignant ainsi ses propres filles.[292] Ensuite il s’éloigna. Il disait, en contemplant les merveilleux travaux accomplis tant pour la ville même que pour ses fortifications, que tout cela n’était que pour une heure. Son dire se réalisa, car Abou Yézid arriva jusqu’à l’endroit où était tombée la flèche de l’archer, y séjourna une heure, puis se retira sans avoir obtenu aucun succès.  »

[290] L’amiral J. de la Gravière a joint un petit plan de cette ville, l’Africa du moyen âge, à son livre Les Corsaires barbaresques (Paris, 1887).

[291] Certains font commencer la construction de Mehdiyya dès l’an 300 (Bayân, i, 170 ; Bekri, p. 72 et s., etc.) : voyez les références indiquées par Fournel, ii, 121, et Wüstenfeld, p. 48. Tidjâni parle des magasins qu’avait fait creuser le Mahdi lors de la construction de la ville (Journ. as., 1853, i, 361).

[292] Ibn Khaldoun lui fait dire « je suis tranquille quant au sort des Fatimides » (éd. Boulak. iv, 38 ; trad., ii, 525).

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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