Guerre en Sicile entre les musulmans mené par les Kalbites (Banu Kilab) et les chrétiens en 947 [19] par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Arabes siciliens

[P. 371] Guerre en Sicile entre  les musulmans mené par les Kalbites (Banu Kilab) et les chrétiens en 947 [19] par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Le prince alide d’Ifrîkiyya, El-Mançoûr, avait, on l’a vu, nommé en 336 (22 juillet 947) au gouvernement de la Sicile, El-H’asan ben ‘Ali ben Aboû’l-H’oseyn Kelbi. Quand ce général fut installé à son poste, ainsi que nous l’avons dit, il fit plusieurs expéditions contre les chrétiens de l’île, qui implorèrent le secours de l’empereur de Constantinople et à qui ce dernier envoya un important corps d’armée, qui débarqua à Otrante. El-H’asan, de son côté, fit connaître la situation à El-Mançoûr, qui lui envoya des troupes nombreuses commandées par son eunuque Farah’.[20] El-H’asan marcha alors sur Reggio avec son armée ainsi renforcée ; il envoya diverses colonnes en Calabre et serra Gerace de si près que les habitants étaient près de mourir de soif et qu’il semblait n’avoir plus qu’à prendre la ville, quand l’annonce que l’ennemi approchait lui fit conclure avec eux une trêve qu’ils payèrent à prix d’argent. Il se porta alors du côté des ennemis annoncés, qui se dispersèrent à son approche et évacuèrent même Otrante. À ce moment, El-H’asan installa son camp sous les murs du fort de Cassano ; il expédia de là diverses colonnes, puis accorda la paix à Cassano moyennant une certaine somme.

Cette situation se prolongea jusqu’au mois de dhoû’lh’iddja (mai 952). Une sanglante bataille fut livrée le jour de la fête des Sacrifices (7 mai) entre les musulmans et les soldats chrétiens de Constantinople soutenus par leurs coreligionnaires de l’île : les infidèles, mis en déroute et poursuivis jusqu’à la nuit, subirent des pertes en morts et en prisonniers ; tous leurs bagages, leurs armes et leurs montures devinrent la proie des vainqueurs, et les têtes des morts furent envoyées dans les diverses villes de Sicile et d’Ifrîkiyya. El-H’asan assiégea aussi Gerace, dont les habitants obtinrent la paix contre la promesse de payer une somme d’argent. Alors il se relira et envoya une colonne contre la ville de Petracucca, qui fut emportée et livrée au pillage.

El-H’asan ne quitta pas la Sicile jusqu’en 341 (28 mai 952), où, à la suite de la mort d’El-Mançoûr, il se rendit en Ifrîkiyya pour y rejoindre El-Mo’izz ben el-Mançoûr, mais en se faisant remplacer dans l’île qu’il quittait par son fils Aboû’l-H’oseyn Ahmed.

notes :

[19] Ce chapitre répète, avec quelques modifications, une partie du précédent (p. 94, n.). Il figure dans la Biblioteca d’Amari (I, 421).

[20] Amari (ll., 422) corrige en « Faradj » ; mais on trouve dans Ibn Khaldoun (II, 540 et 541) la même orthographe que dans notre auteur.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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