La bataille d’Azâz se déroule près de la ville d’Azâz entre l’armée byzantine de l’empereur Romain III Argyre et les forces de l’émirat arabe (chiite) d’Alep des Mirdassides (vassaux fatimide)

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Les Arabes de la dynastie chiite mirdasside repoussant les Byzantins à Azâz dans le manuscrit Skylitzès

La bataille d’Azâz se déroule près de la ville d’Azâz entre l’armée byzantine de l’empereur Romain III Argyre et les forces de l’émirat arabe (chiite) d’Alep des Mirdassides. La bataille est une déroute pour les Byzantins qui s’enfuient en désordre vers Antioche. Toutefois, les généraux byzantins parviennent à rétablir la situation par la suite et à contraindre l’émirat d’Alep à redevenir tributaire de l’empire en 1031.

Camp arabe près Edressa et le banquet donné par le gouverneur pour les chefsGuerriers arabes sont cachés dans les coffres offerts à la iban 1031k
Venu du Campement  arabe près Edressa , les soldats arabes sont conviés a un banquet donné par le gouverneur Byzantin pour les chefs  guerriers arabes qui ce  sont cachés préalablement  dans des coffres offerts en cadeau pour une embuscade 1031  dans le manuscrit Skylitzès

Alep est un vassal de Byzance depuis le règne de l’empereur Nicéphore II Phocas (de 963 à 969) mais dès les années avant la mort de Basile II (de 976 à 1025), les émirs commencent à reconnaître la suzeraineté des Fatimides d’Égypte. Au moment de la domination mirdasside sur Alep, l’influence byzantine sur le nord de la Syrie décline fortement1

En dépit de son manque total d’expérience militaire, Romain III est avide de devenir l’émule de Basile II et de ses victoires militaires. Ainsi, en mars 1030, il quitte Constantinople à la tête d’une armée et lance une campagne contre Alep. Son armée compte 20 000 hommes dont de nombreux mercenaires. Selon les chroniqueurs byzantins, Romain III est tellement confiant dans sa victoire qu’il a préparé des couronnes spéciales pour son triomphe à venir et prévoit une entrée grandiose à Antioche. En apprenant l’arrivée des Byzantins, Shibl al-Dawla Nasr, l’émir arabe chiite d’Alep, envoie des émissaires offrir la reconnaissance de la suzeraineté byzantine et la reprise du paiement du tribut. Les généraux de Romain lui conseillent d’accepter pour éviter les risques d’une campagne dans le désert aride de Syrie en plein été, surtout avec des troupes non-habituées à ces conditions et alourdies par leurs lourdes armures. Toutefois, Romain rejette leurs avis et conduit son armée vers Azâz (Azazion en grec). Comme Michel Psellos l’affirme : « Romain pensait que la guerre se décidait avec de gros bataillons et c’est sur de gros bataillons qu’il se reposait »2,3

Les Byzantins construisent un camp fortifié près d’Azâz et l’empereur envoie les Excubites dirigés par le patrice Léon Choirosphaktès reconnaître la région. Toutefois, ils tombent dans une embuscade et Léon est fait prisonnier tandis que ses hommes sont dispersés. Ce succès encourage les Arabes qui commencent à harceler le camp impérial et interdisent aux Byzantins de fourrager. De fait, l’armée byzantine en vient à souffrir de la faim mais aussi et surtout, de la soif3,4.

Le patrice Constantin Dalassène dirige ensuite une attaque contre les Arabes mais il est vaincu et doit se replier vers le camp. Les Byzantins commencent à voir leur moral baisser et le conseil impérial se résout à mettre fin à la campagne et à battre en retraite vers le territoire byzantin. Ainsi, le matin suivant du 10 août 1030, l’armée quitte le camp en direction d’Antioche. L’armée arabe en profite pour attaquer les Byzantins en plein repli. En outre, ces derniers sont trop épuisés par la soif et la dysenterie pour combattre et ils se mettent à fuir. Seul l’Hétairie (la garde impériale) tient ses positions et leur résistance permet à Romain qui est sur le point d’être capturé, de s’enfuir. Selon le récit de Yahia d’Antioche, les Byzantins souffrent de pertes remarquablement faibles au vu du déroulement de la bataille3,5.

En plus de leur victoire, les Arabes s’emparent d’un grand butin dont l’ensemble du matériel de l’armée impérial que les Byzantins ont abandonné dans leur fuite hâtive. Parmi le butin se trouve la somptueuse tente impériale et ses différents trésors qui auraient nécessité 70 chameaux pour être transportés.

Camp arabe près Edressa et le banquet donné par le gouverneur pour les chefsGuerriers arabes sont cachés dans les coffres offerts à la iban 1031
Mais les Byzantins s’en rendent comptes et tue les arabes dans les coffrets dans le manuscrit Skylitzès

notes et références

  1.  Wortley 2010p. 357-358
  2.  Wortley 2010p. 358-359
  3. ↑ abc et d Shepard 2010p. 102
  4.  Wortley 2010p. 359
  5.  Sewter 1953p. 43
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