La Sicile se soumet à El-Mok’tadir l’ABBASSIDE, puis repasse sous l’autorité de Ubayd’ALLAH dit al-Mahdi (fatimide) par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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L'ambassadeur des Bulgares chez le calife Fatimide Ubayd'Allah dit Al-Mahdi en Ifriqiya
L’ambassadeur des Bulgares chez le calife Fatimide Ubayd’Allah dit Al-Mahdi en Ifriqiya

[P. 53] La Sicile se soumet à El-Mok’tadir l’ABBASSIDE, puis repasse sous l’autorité de Ubayd’ALLAH dit al-Mahdi (fatimide)[282]

‘Ali ben ‘Omar, que nous avons dit avoir été nommé en 297 (lisez 299 = 19 sept. 909) par le Mahdi, gouverneur de Sicile, était un vieillard au caractère doux dont les procédés déplurent aux Siciliens, de sorte que ceux-ci lui enlevèrent le pouvoir pour le confier à Ahmed ben K’orhob. Ce dernier, quand il eut l’autorité entre les mains, envoya contre la Calabre un corps, expéditionnaire qui en revint en ramenant du butin et des prisonniers.

En 300 (17 août 912), il envoya assiéger le fort reconstruit de Taormine, par son fils ‘Ali avec un corps d’armée ; son intention était, une fois cette ville prise, d’y envoyer ses enfants, ses biens et ses esclaves, pour s’y retirer le jour où il verrait les Siciliens se dégoûter de lui. Au bout de six mois de siège, les soldats d’Ali témoignèrent de l’insubordination, refusèrent de rester plus longtemps et incendièrent sa tente et les bagages ; ils cherchèrent même à le tuer, mais les Arabes les en empêchèrent. [P. 54] Alors Ahmed ben K’orhob invita le peuple à reconnaître El-Moktadir (le khalife abbaside), et son appel ayant été entendu, on prononça la khotba au nom de ce khalife au lieu de celui du Mahdi. Ibn K’orhob envoya une expédition maritime contre le littoral d’Ifrîkiyya ; El-Hasan ben Abou Khinzîr, qui commandait la flotte du Mahdi, essaya de lui tenir tête, mais ses bâtiments furent incendiés, lui-même fut tué et sa tête fut envoyée à Ibn-K’orhob. La flotte sicilienne s’avança alors contre Sfax, qu’elle ruina, puis fit voile pour Tripoli ; mais là se trouvait El-K’â’im, fils du Mahdi, et elle dut se retirer.

El-Mok’tadir fit parvenir les robes noires et les drapeaux (abbasides) à Ibn K’orhob, qui envoya ensuite des bateaux chargés de troupes de débarquement en Calabre ; ces soldats y semèrent la ruine et en revinrent en ramenant du butin. Il expédia aussi une flotte contre l’Ifrîkiyya, mais celle du Mahdi lui tint tête et s’empara des bâtiments d’Ibn K’orhob.[283]Cet événement fut le signal du déclin du pouvoir de ce chef : le peuple, qui jusqu’alors l’avait redouté, se livra à des entreprises contre lui, et les habitants de Girgenti, perdant toute crainte,[284] se révoltèrent contre lui et écrivirent au Mahdi. Les autres musulmans, voyant cela, s’adressèrent aussi à ce prince, mais, pour éviter la guerre civile, ils s’emparèrent en 300 (17 août 912) de la personne d’Ibn K’orhob, qu’ils envoyèrent enchaîné, de même que plusieurs des intimes de ce chef, au Mahdi. Celui-ci les fit égorger sur la tombe d’Ibn Khinzîr et nomma en Sicile Abou Sa’id Moussa ben Ahmed, avec qui il envoya de nombreux cheikhs des Ketûma ; ils débarquèrent à Trapani. Le Mahdi prit cette précaution parce qu’Ibn K’orhob lui avait autrefois écrit que les Siciliens étaient très turbulents et n’obéissaient pas à leurs émirs, dont ils pillaient les biens ; que cette situation ne pouvait être changée que par la présence de troupes qui les domptassent et enlevassent le pouvoir aux chefs locaux. En effet, la crainte de ce que pourraient faire les troupes nouvellement débarquées, fit que les habitants de Girgenti, de la capitale et d’autres Siciliens contractèrent alliance, et Abou Sa’îd, pour se garder contre eux, éleva une muraille qui s’étendait jusqu’à la mer et qui laissait le port de son côté. [P. 55] Le résultat du combat qui fut livré fut la mise en fuite des Siciliens, dont plusieurs chefs furent tues et d’autres faits prisonniers. Les habitants de la capitale (Palerme) demandèrent alors et obtinrent quartier ; -mais le vainqueur excepta les deux instigateurs de la révolte, qui lui furent livrés et qu’il envoya au Mahdi en Ifrîkiyya. Il prit possession de la capitale, dont il ruina les portes ; puis il reçut du Mahdi une lettre lui enjoignant d’accorder une amnistie complète à la masse du peuple.

[284] Amari (ii, 410) corrige le mot « craindre » en « faire opposition ».

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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