Marche des troupes Fatimide du calife El-Mo’izz vers les points les plus reculés du Maghreb al-Aqsa par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Cavalier Fatimide  d'Ifriqiya (Constantinois, Tunisie et Tripolitaine)
Cavalier Fatimide d’Ifriqiya (Constantinois, Tunisie et Tripolitaine)

[P. 391] Marche des troupes Fatimide du calife El-Mo’izz   vers les points les plus reculés du Maghreb al-Aqsa par  ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

L’année 347 (24 mars 958) vit croître beaucoup l’influence d’Aboû’l H’asan Djawher[27] auprès d’El-Mo’izz, qui lui conféra le rang de vizir et qui, au mois de çafar (23 avril-22 mai), le fit partir à la tête d’une nombreuse armée, où figurait entre autres Zîri ben Mennûd Çanhâdji, en lui donnant l’ordre de pousser jusqu’aux points les plus éloignés du Maghreb. Djawher arriva d’abord à Tâhert, et Ya’la ben Mohammed Zenâti, qui se rendit auprès de lui, fut honorablement accueilli et reçut des marques de sa générosité ; mais comme ce chef lui fit ensuite de l’opposition, Djawher s’assura de sa personne, combattit ses partisans révoltés et les poursuivit jusqu’à la ville d’Ifkân, où il entra l’épée à la main et qu’il livra au pillage ; il pilla également les palais [P. 392] de Ya’la, fit prisonnier son fils, qui était encore enfant, et donna l’ordre de ruiner et de brûler Ifkân ; ces événements se passèrent en djomâda II (août-septembre).

De là il marcha sur Fez, dont le prince d’origine arabe Ahmed ben Bekr [ben Aboû Sahl Djodhûmi] ferma les portes devant lui. Djawher alors en commença le siège et l’attaqua pendant quelque temps, mais sans succès, tandis que, d’autre part, les émirs des parties les plus reculées du Soûs se déclaraient Fatimides et lui envoyaient des présents (?). Sur le conseil de ses compagnons, Djawher partit alors pour Sidjilmâsa, dont le prince Mohammed [ben el-Fath’] ben Wâsol, régnant depuis seize ans, avait pris le surnom d’Ech-Châkir lillah, se faisait appeler Prince des croyants et battait monnaie à son nom. Il s’enfuit à l’approche de l’envahisseur, puis voulut faire un retour (offensif), mais il fut fait prisonnier et livré à Djawher. Celui-ci, poursuivant sa marche, arriva jusqu’à l’Océan Atlantique, où il fit pêcher des poissons qu’il envoya dans des vases remplis d’eau à El-Mo’izz. Après avoir parcouru et conquis toutes ces régions, il marcha de nouveau contre Fez, qu’il attaqua longtemps sans succès. Alors Zîri ben Mennâd choisit parmi ses gens des guerriers d’une bravoure reconnue, à qui il fit prendre des échelles et qui montèrent ainsi jusqu’au point le moins élevé des murailles, tandis que es assiégés ne se méfiaient de rien. Ils massacrèrent les défenseurs qu’ils y trouvèrent, puis descendant à la seconde enceinte, ils ouvrirent les portes, allumèrent des torches et battirent du tambour. À ce signal-qui était convenu entre Zirî et Djawher, celui-ci s’avança à la tête de ses troupes et pénétra dans la ville. Le prince qui y régnait se tint caché pendant deux jours, mais il fut ensuite pris et alla rejoindre le prince de Sidjilmâsa dans sa prison. Cette conquête est de ramadan 348 (4 nov. 959). Les deux prisonniers furent mis chacun dans une cage et envoyés à Mehdiyya à El-Mo’izz. Djawher attribua Tâhert à Zîri ben Mennâd.[28]

notes :

[27] On trouve dans le Bayân, I, 229 quelques renseignements sur les débuts de Djawher, qui était chrétien d’origine. Ibn Khallikan a écrit sa biographie (I, 340).

[28] On retrouve à très peu près le même récit de ces événements dans Ibn Khaldoun (II. 512, dont Quatremère s’est inspiré (Joumas., 1836, II. 401). Voir aussi Bekri, p. 335 ; Bayân, I. 214 et 230 ; Ibn Haukal, éd. de Goeje, p. 57 ad f. ; Fournel, II, 319 : Wüstenfeld, 101.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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