Mort de Ubayd’Allah al-Mahdi le Fatimide et avènement de son fils El-K’â’im par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Ubayd'Allah le calife fatimide à droite et le roi des bulgares à gauche
Ubayd’Allah le calife fatimide à droite et le roi des bulgares à gauche

[P. 212] Mort de Ubayd’Allah al-Mahdi le Fatimide et avènement de son fils El-K’â’im par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

En rebi’ I 322 (18 février-20 mars 934) mourut le Mahdi Abou Mohammed ‘Obeyd Allah l’Alide à Mehdiyya. Son fils Abou’ l-K’âsim cacha cette mort pendant un an, car il craignait que la nouvelle ne détachât les populations de lui. Le Mahdi avait alors soixante-trois ans et avait régné vingt-quatre ans, un mois et vingt jours, comptés à partir de son entrée à Rak’k’âda et de sa reconnaissance en qualité d’Imâm. Il eut pour successeur son fils Abou’l-Kâsim Mohammed, qui avait été proclamé héritier présomptif et qui, quand il révéla la mort du Mahdi, s’était rendu maître de la situation et avait pris toutes les mesures qui lui avaient paru convenables. Il suivit les traditions paternelles et réduisit à l’impuissance ceux qui se révoltèrent contre lui. L’un des plus redoutables fut Ibn T’âloûl K’orachi, qui se donna dans la région de Tripoli comme étant fils du Mahdi ; (la masse) se souleva avec lui et il marcha contre la ville de Tripoli, dont la population lui résista. Ensuite les Berbères, s’étant convaincus de l’inanité de ses prétentions, le massacrèrent et portèrent sa tête à El-K’â’im.[301]

Détaille d'un Oliphant  fatimide avec une gravure d'un guerrier
Détaille d’un Oliphant fatimide avec une gravure d’un guerrier

Ce prince eut aussi à faire marcher un corps d’armée considérable, que commandait le page Meysoûr, contre le Maghreb. Ces troupes poussèrent jusqu’à Fez et Tekroûr, et mirent en déroule un Khâridjite dont, le fils fut fait prisonnier.[302] Il dirigea aussi contre le pays chrétien une expédition navale que commandait Yâ’k’oûb ben Ish’âk’ et qui enleva des prisonniers [P. 113] et du butin à Gênes.[303] Une autre expédition, dont le commandement fut confié à son eunuque Zeydûn et pour laquelle il ne ménagea ni l’argent ni les préparatifs, fut dirigée contre l’Egypte et arriva à Alexandrie ; mais une armée considérable qu’envoya Mohammed [ben T’oghdj] Ikhchîd pour lui tenir tête, vainquit les Maghrébins, qui durent battre en retraite dans un grand désordre après avoir subi des perles tant en tués qu’en prisonniers.[304]

[P. 232] En 323 (10 décembre 934), El-K’â’im l’Alide envoya d’Ifrîkiyya une expédition navale contre les pays francs : les agresseurs conquirent la ville de Gênes, passèrent par la Sardaigne, où ils infligèrent bien des maux aux habitants, et incendièrent de nombreux navires ; ils passèrent aussi par la Corse, dont ils livrèrent les navires aux flammes, et enfin rentrèrent chez eux sains et saufs.[305]

notes :

[301] Cette révolte est relatée dans des termes presque identiques par le Bayân (i, 216) et par Ibn Khaldoun (Berbères, ii, 528).

[302] Les faits qui provoquèrent l’expédition de Meysoûr sont racontés ailleurs (Berbères, ii, 529 ; Bayân, i, 216 et 217 ; ii, 225 ; Fournel, ii, 187 ; Bekri, 225 et 289, etc.). Il faut vraisemblablement corriger Tekroûr en Nokoûr, ainsi que l’a indiqué Wüstenfeld, l. I, p. 71.

[303] Cette expédition est aussi relatée par le Bayân (i, 216 ; Amari, Biblioteca, i, 412 ; ii, 29). Ce récit fait-il double emploi avec celui de l’année 323 ? Voir Ibn Khaldoun (ii, 529), qui parle de 324, et ailleurs de 322 ; Bayân, i, 216 ; Fournel, ii, 180 et 185 ; Wüstenfeld, 73.

[304] Cette campagne eut lieu, selon le Bayân (i, 216) en 323 ; Cf. Wüstenfeld, 73. Fournel (ii, 203) la place en 324 ; Ibn Khaldoun, sans fixer de date, dit cependant qu’elle est postérieure à l’expédition dirigée en 324 contre Gênes (Berbères, ii, 530).

[305] Cet alinéa est traduit dans la Biblioteca d’Amari (I, 412) J’ai adopté la leçon « Corse » au lieu de Karkesia ou Césarée d’Ibn Khaldoun (ii, 529) ; la correction de Wüstenfeld (p. 73) en « K’arkenna » est également très vraisemblable. Cf. Fournel, ii, 186.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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