Salahudin al-Ayyoubi Abolie le pseudo califat fatimide lors de la lutte contre les croisés

Publié le Mis à jour le

Salahudin al-Ayyoubi en rouge après avoir mis fin a la dynastie des fatimides reçois l’allégeance de l’eunuque régent nubien
Salahudin al-Ayyoubi en rouge après avoir mis fin a la dynastie des fatimides reçois l’allégeance de l’eunuque régent nubien de la garde noire

En 1163Nur ad-Din, le fils de Zengi, envoie Shirkuh rétablir Shawar au vizirat. Nur ad-Din, sunnite, était peu enclin à intervenir dans les affaires du califat fatimide chiite, mais il ne peut pas se permettre de laisser les Francs occuper le pays. La première expédition se termine par un demi-succès, Shawar est rétabli, mais n’a pas versé les indemnités à Shirkuh. En 1167, une seconde expédition est envoyée en Égypte, au cours de laquelle Salahudin al-Ayyoubi accompagne son oncle. Salahudin al-Ayyoubi assure notamment la défense d’Alexandrie, pendant que Shirkuh combat en Haute Égypte. Finalement, une paix est conclue entre Égyptiens, Francs et Zengides et les armées franques et zengides évacuent l’Égypte. En 1169, une troisième expédition permet à Shirkuh de s’emparer du vizirat, mais il meurt peu après, le 23 mars 1169 (1).

Les conseillers du calife fatimide Al-Adid lui conseillent de nommer Salahudin al-Ayyoubi comme vizir, espérant profiter de sa jeunesse et de son inexpérience. Mais Salahudin al-Ayyoubi ne se laisse pas contrôler et remplace les fonctionnaires égyptiens dont le loyalisme n’est pas jugé à toute épreuve par ses proches. L’homme de confiance du calife, un eunuque du nom d’al-Mûtamen al-Khilâfa, tente de faire appel aux Francs, mais son message est intercepté et Salahudin al-Ayyoubi le fait discrètement décapiter le 20 août 1169. La garde noire, dont les membres étaient très liés aux fonctionnaires disgraciés, se révolte, mais Saladin envoie son frère Fakhr al-Dîn Tûranshâh les combattre et les gardes sont massacrés après deux jours de combats très rudes, le 23 août. Salahudin al-Ayyoubi fait venir auprès de lui la plupart des membres de sa famille et les installe en Égypte sur des domaines confisqués à de riches propriétaires qui avaient soutenu la révolte (2).

Le 16 octobre 1169, l’armée franque menée par le roi Amaury Ier de Jérusalem quitte Ascalon et atteint l’Égypte le 25 octobre et, rejointe par une flotte byzantine, met le siège devant Damiette. Salahudin al-Ayyoubi pressent que la situation au Caire n’est pas sûre et craint une révolte s’il quitte la ville pour défendre Damiette. Il envoie une armée commandée par son oncle Sihab al-Din Mahmoud et son neveu Taqi al-Din Omar, qui réussit à ravitailler Damiette et à la doter d’une garnison. Finalement, la mésentente s’installe entre Francs et Byzantins et le siège est levé le 19 décembre (3). Amaury tente ensuite de conclure une alliance avec Salahudin al-Ayyoubi contre Nur ad-Din, sentant que Salahudin al-Ayyoubi commence à envisager son indépendance vis-à-vis de Nur ad-Din (4).

Saladin entoure la capitale d’un mur de calcaire qui s’étend d’al-Qahira jusqu’à Fustat et le Nil. Au centre de ce système défensif se trouve la Citadelle, d’où le nouveau souverain gouverne le pays. Ouverte désormais au peuple, al-Qahira, dont les palais sont démolis, abrite les caravansérails, les souks et les demeures des commerçants, des artisans et des bourgeois du nouveau régime (5).

En décembre 1170, il tente une incursion dans le royaume de Jérusalem sur Daron, mais Amaury Ier l’oblige à battre en retraite (6). En 1171, Nur ad-Din, sunnite, lui ordonne d’abolir le califat chiite d’Égypte et de placer le pays sous l’autorité morale du calife abbasside de BagdadAl-Mustadhî bi-‘Amr Allah. Salahudin al-Ayyoubi hésite, car il tient son poste du calife : abolir le califat risque de compromettre la légitimité de son pouvoir. Finalement, un habitant de Mossoul en visite au Caire monte en chaire et prononce la prière au nom du calife de Bagdad le 10 septembre 1171. Al-Adid, mourant, n’est pas informé de l’événement et meurt peu après (7).

L’abolition du califat fatimide donne une dimension internationale à Salahudin al-Ayyoubi , qui ne se contente pas d’un simple rôle de gouverneur au nom de Nur ad-Din. Malgré les déclarations de soumission et de vassalité, il cherche à se rendre indépendant, trouve toujours un prétexte pour ne pas rejoindre les troupes de Nur ad-Din lors d’actions contre les Francs. Il charge également Shams al-Dawla Tûrân Shâh, un de ses frères, de faire la conquête du Yémen pour se ménager une terre de repli et de refuge. Les Francs profitent de ces dissensions pour fomenter une révolte chiite en Égypte, mais elle est découverte et écrasée par Saladin le 6 avril 1174 (8). À la même époque, Nur ad-Din prépare une expédition pour soumettre Salahudin al-Ayyoubi , quand il meurt à Damas le 15 mai 1174 (9). Le 11 juillet, c’est au tour d’Amaury Ier de décéder (10).

  1.  Maalouf 1983p. 185-198.
  2.  Grousset 1935p. 512-4 et Maalouf 1983p. 198.
  3.  Grousset 1935p. 518-525.
  4.  Maalouf 1983p. 199.
  5.  Maalouf 1983p. 199-200.
  6.  Grousset 1935p. 532-6
  7.  Maalouf 1983p. 200
  8.  Grousset 1935p. 561-9 et Maalouf 1983p. 202.
  9.  Grousset 1935p. 575 et Maalouf 1983p. 203-4.
  10.  Grousset 1935p. 578.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s