Conquête de l’Egypte par le calife Fatimide El-Mo’izz par son affranchis sicilien Abu al-Hasan Jawhar ibn Abdullah al-Siqilli, Révolte d’Aboû Khazer en Ifrîkiyya contre les Fatimides, la guerre civile en Sicile et ort de Mohammed ben el-H’oseyn Zenâti le Kharidjite par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Publié le Mis à jour le

 Abu al-Hasan Jawhar ibn Abdullah al-Siqilli (Sicile, 911 - Le Caire, 28 janvier 992) était un genéral fatimide, d'origine sicilienne. Au service du calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah, il établit le plus grand empire fatimide de l'histoire en conquérant tout le nord Afrique, l'Égypte et la Syrie. Il fonda aussi la ville de al-Qahirah (Le Caire) et la grand mosquée de al-Azhar, qui est la seconde plus vieille université du monde.
Abu al-Hasan Jawhar ibn Abdullah al-Siqilli (Sicile, 911 – Le Caire, 28 janvier 992) était un genéral fatimide, d’origine sicilienne. Au service du calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah, il établit le plus grand empire fatimide de l’histoire en conquérant tout le nord Afrique, l’Égypte et la Syrie. Il fonda aussi la ville de al-Qahirah (Le Caire) et la grand mosquée de al-Azhar, qui est la seconde plus vieille université du monde.

[P. 435] Conquête de l’Egypte par le calife Fatimide El-Mo’izz  par son affranchis sicilien Abu al-Hasan Jawhar ibn Abdullah al-Siqilli,  par  ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh  »  

En 358 (24 nov. 968), El-Mo’izz li-dîn Allah Aboû Temîm Ma’add envoya en Egypte son général Aboû’l-H’asan Djawher, qui était Roumi d’origine et avait commencé par être page (gholâm) auprès de son père El-Mançoûr, à la tête d’une armée considérable, et la conquête de ce pays s’effectua.

À la suite de la mort de Kûfoûr Ikhchidi, qui régnait en Egypte, le peuple n’y manifesta pas des préférences unanimes, et d’autre part il y sévit une grande disette : la livre de pain y valait deux dirhems, la weyba de blé un dinar égyptien et un sixième. Ces nouvelles déterminèrent El-Mo’izz, qui était alors en Ifrîkiyya, à donner les ordres nécessaires à Djawher, et la seule annonce de la prochaine arrivée de celui-ci suffit à provoquer la débandade des troupes ikhchîdiennes d’Egypte. Djawher arriva le 17 cha’bân (5 juillet 969), et la prière fut faite au nom d’El-Mo’izz dès le mois de chawwâl (comm. 17 août) dans le Djâmi’ ‘atîk, par le khatib Aboû Mohammed ‘Abd Allah ben el-H’oseyn Chimchât’i.[32] Ce général se rendit en djomâda I 359 (comm. 11 mars 970) dans ledjâmi’ d’Ibn T’oûloûn, et fit crier l’appel à la prière à l’aide de la formule « accourez à l’œuvre excellente », qui fut employée pour la première fois dans ce pays, et qui le fut ensuite au Djâmi’ ‘atîk’.[33] Dans la prière même on prononça à haute voix les mots : « au nom du Dieu clément et miséricordieux ».

Quand son autorité fut bien assise en Egypte, Djawher commença la construction du Caire (el-K’âhira).  »

l'empire fatimide dégénéré
l’empire fatimide dégénéré

[P. 441] Révolte d’Aboû Khazer en Ifrîkiyya contre les Fatimides

En 358 (24 nov. 968), Aboû Khazer[35] Zenâti leva l’étendard de la révolte en Ifrîkiyya, et de nombreuses bandes de Berbères et de Nekkàriens se joignirent à lui. El-Mo’izz se mit lui-même en campagne et arriva jusqu’à la ville de Bàghâya, où celui de ses officiers qui y commandait était l’objet des attaques du rebelle posté dans le voisinage. [P. 442] L’annonce de l’approche d’El-Mo’izz provoqua la dispersion des bandes d’Aboû Khazer, et celui-ci, pour échapper aux poursuites du prince, se jeta dans une région impraticable. El-Mo’izz dut se retirer, mais chargea Aboû‘l-Fotoûh Yoûsof Bologgîn ben Zîri de filer sur ses traces, que cet officier finit par perdre, et alors El-Mo’izz regagna sa résidence de Mançoûriyya.

En rebî’ II 359 (10 févr. 970), Aboû Khazer le Khâredjite vint trouver El-Mo’izz en sollicitant sa grâce et promettant obéissance ; le prince fut fort aise d’accueillir cette requête et accorda au rebelle repentant une large pension. Aussitôt après, arrivèrent les lettres par lesquelles Djawher lui annonçait que la khotba se faisait en son nom en Egypte et en Syrie, et l’invitait à le rejoindre. El-Mo’izz témoigna alors une joie exubérante qu’il manifesta à tous les yeux, et reçut les louanges des poètes, entre autres de Mohammed ben Hâni Andalosi,[36] qui fit ce vers :

[T’awîl] Les Abbasides disent : « Voilà l’Egypte conquise ! » Dis-leur : « Voilà les destins accomplis ! »

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[P. 449] Guerre civile en Sicile[37]

En 359 (13 nov. 969), le khalife fatimide Alide El-Mo’izz ayant nommé gouverneur de Sicile Ya’îch, affranchi d’El-H’asan ben ‘Ali ben Aboû’l-H’oseyn, celui-ci réunit dans l’arsenal (des gens) des tribus (berbères) qui eurent des difficultés avec les affranchis des Kotâma. Ils en vinrent aux mains, et beaucoup de ces derniers furent tués ; plusieurs d’entre eux trouvèrent aussi la mort du côté de Syracuse, et l’animosité qui séparait les deux partis devint une hostilité déclarée. Les efforts de Ya’îch pour ramener la paix n’aboutirent pas, et les fauteurs de troubles semèrent partout le désordre et se livrèrent au pillage. Ils exercèrent des violences contre les bergers aussi bien que contre les habitants des places fortes reçus à merci, et ces désordres furent cause qu’El-Mo’izz révoqua Ya’îch et nomma Aboû’l-Kâsim ben el-H’asan ben ‘Ali ben Aboû’l-H’oseyn en qualité de remplaçant de son frère Ahmed. La population accueillit avec joie l’arrivée de ce nouveau gouverneur ; la concorde se rétablit et tout le monde se soumit à son autorité.

[P. 450] En cette année 359, le prône se fit à la Mekke au nom de (l’Abbaside) El-Mot’î’ lillâh et des Karmates hidjri,[38] et à Médine au nom d’El-Mo’izz l’Alide, mais en dehors de la ville même il fut prononcé par Aboû Ahmed Moûsewi,[39] [P. 451] père du chérif Er-Radi, au nom d’El-Mot’i’ lillâh.

[P. 453] Mort de Mohammed ben el-H’oseyn Zenâti le Kharidjite

En 360 (3 nov. 970), Yoûsof Bologgîn ben Zirî fit périr Mohammed ben el-H’oseyn[40] ben Khazer Zenâti ainsi que plusieurs de ses parents et cousins. La révolte en Ifrîkiyya de ce personnage, sous les drapeaux de qui se rangèrent de nombreux Zenâta et Berbères, fut une cause de souci pour El-Mo’izz, qui voulait se rendre en Egypte et redoutait de laisser derrière lui, en état de rébellion, un homme tel que Mohammed, oppresseur, hautain et injuste. [P. 454] Or comme le rebelle était un jour en train de boire avec quelques-uns de ses parents et de ses partisans, Yoûsof, qui le sut, partit avec un détachement de cavalerie, mais en ayant soin de se tenir caché, de sorte que Mohammed n’en eut connaissance qu’en le voyant paraître devant lui ; saisissant alors son épée, il se tua lui-même, tandis que Yoûsof tua ou fit prisonniers les autres. Ce coup de main fut hautement apprécié par El-Mo’izz, qui pendant trois jours tint audience pour recevoir les félicitations à ce propos.

notes:

[32] Selon le Bayân (I. 220), la khotba fut faite au nom d’El-Mo’izz dès le vendredi 20 cha’bân, par Aboû Mohammed Chimsâti (lisez Chimchâti).

[33] Cette formule de adhân ou appel à la prière est particulière aux Chiites (Chrestomathie de Sacy, I, 102 et 169).

[35] Ce nom est écrit Abou Djafar dans la traduction d’Ibn Khaldoun (II, 548) ; Quatremère (Joumas. 1837, I, 63) dit « Abou Kliarz ou Abou Djafar » ; enfin Wüstenfeld (p. 109) écrit Ibn Khazar. Comparez aussi Ibn Khaldoun, III, 233.

[36] La biographie de ce poète très connu, † 362, a été donnée par Ibn Khallikan (trad., III, 123), et par Ibn El-Abbâr, Tecmila, éd. Codera, I, 103 ; voir aussi Merrâkechi, Histoire desAlmohades, p. 94 et 183 de la trad., et le Matmah’ d’Ibn Khak’ân, éd. de Cstp, p. 74. Le ms. 3108 du Catalogue des mss arabes de Paris renferme le recueil de ses poésies, et le n° 2327 (fol. 7-18) en donne aussi des extraits. Il en existe une édition publiée à Beyrouth, 1886.

[37] Ce chapitre est traduit dans la Biblioteca (I, 429.

[38] Je n’ai pu trouver de renseignement sur les Karmates ainsi désignés, peut-être par allusion à leur dâr el-hidjra.

[39] Comparez Quatremère, ll. p. 53 et 64. — Il a été question de ce personnage, an. 1898, p. 268.

[40] On lit « El-H’asan » dans Ibn Khaldoun (II. 549). Cet auteur représente d’ailleurs la mort de ce Mohammed comme ayant eu lieu à la suite d’une grande bataille (ll., et p. 7 ; III, 231), Cf. Fournel, II, 352 ; Wüstenfeld, p. 116.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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