HISTOIRE DE LA DYNASTIE CHIITE BOUÏDE et sa MAIN MISE SUR LE CALIFAT ABBASSIDE par l’historien arabe égyptien al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

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Court Fatimide
Court royale 

HISTOIRE DE LA DYNASTIE CHIITE BOUÏDE et sa MAIN MISE SUR LE CALIFAT ABBASSIDE  par l’historien arabe égyptien al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

 » On dit, au sujet de l’origine des Deïlémites, que Basil, fils de Daba, fils d’Adîn Tandja, fils d’Iliâs, fils de Misr, fils de Nizâr, fils de Ma’ad, fils d’Odnân, se révolta contre son père et s’enfuit de chez lui. Il vint s’établir dans la terre du Déilem et épousa une femme adjémite, qui lui donna un fils nommé Déilem ibn Basil ; ce personnage est le père de tous les Deïlémites, qui comptent plusieurs familles et tribus parmi lesquelles se trouvent les souverains Bouïdes. Voici comment ils parurent sur la scène du monde : Al-Hasan ibn ‘Ali ibn al-Hasan ibn Zahid ibn ‘Omar ibn ‘Ali ibn al-Hosain ibn ‘Ali ibn Abou-Talib entra dans le Déilem et y resta durant près de quatorze années, pendant lesquelles il se contenta de demander aux habitants la dîme et de les protéger ; un grand nombre d’entre aux embrassèrent l’Islamisme et il fut décoré du titre d’an-Nasir-lil-Hakk. Les Deïlémites se rassemblèrent autour de lui et construisirent des mosquées dans leur pays; il les poussa tellement à envahir le Tabaristan sous son commandement, qu’ils finirent par y consentir. Il tua Abou’l ‘Abbâs Mohammad ibn Ibrahim Sa’louk, et mit ses troupes en déroute. Sept mille des soldats d’Abou’l Abbâs environ furent tués. An-Nasir-lil-Hakk revint victorieux à Amol et établit sa souveraineté sur le Tabaristan, au mois de Djoumada second de l’année 301 ; il retourna ensuite à Bagdad. Il mourut après avoir régné sur le Tabaristan pendant trois ans, trois mois et quelques jours, au mois de Chaban de l’année 304, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Après lui, le Tabaristan resta sous la domination des ‘Alides, durant une période de douze ans, puis il passa ensuite sous la puissance des émirs du Déilem.

Quand an-Nasir fut mort, son fils Abou’l Hosain lui succéda ; il marcha contre le Djordjan où il resta. Le chef de son armée était Sarkhâb, fils de Behshoudân;[34] ce général eut à lutter contre les armées de Sa’id Nasr ibn Ahmad, prince du Khorasan, jusqu’à sa mort.

Abou’l Hosain ibn an-Nasir désigna pour lui succéder Malkân ibn Kali, à Asterâbâd. Les Deïlémites se réunirent autour de lui, le reconnurent pour leur chef et se soumirent à son autorité ; il arriva à ce personnage un nombre considérable d’aventures, jusqu’au moment où Abou’l Hadjdjâd Merdâvidj ibn Zyâd devint puissant ; on nomme aussi ce dernier Merdâvidj ibn Kafidj (?) le Deïlémite ; il conquit le Djordjan, ainsi que les autres pays qui avaient été soumis aux Deïlémites. Il retourna vainqueur à Ispahan et la guerre continua entre les deux peuples durant un certain nombre d’années. La puissance de Merdavidj s’accrut encore, et il se rendit maître du Djibâl et de la ville de Rey. Les Deïlémites vinrent de tous côtés se ranger sous ses drapeaux, et son armée se trouva ainsi considérablement augmentée.

Il y avait à cette époque un homme originaire du Déilem, qui se nommait Boûya et qui avait pour surnom Abou Shodja. Cet homme, qui était d’une condition moyenne, avait trois enfants : Abou’l Hosain ‘Ali, l’aîné ; Abou ‘Ali-al-Hasan, le second ; Abou’l Hosain-Ahmed, le plus jeune. Il faisait remonter sa généalogie jusqu’aux Persans[35] et prétendait être : Abou Shodja Boûya ibn Fenâkhosrav, fils de Thaman, fils de Koûhi, fils de Shirzil le petit, fils de Shirkouh, fils de Shirzil le grand, fils de Shîrân-Shâh, fils de Shiroûyah, fils de Sibtazar-Shah, fils de Sis, fils de Firouz, fils de Shîrouzil, fils de Sitarzïn, fils du roi Bahram Gour, fils du roi Yzdigerd. Abou Shodja’ était originaire d’une tribu deïlémite qui se nommait Shîrdil Ondârah.

Un jour qu’Ahou-Shodja était endormi, il eut un songe dans lequel il se voyait urinant ; un feu immense sortit de son membre viril et s’étendit au point qu’il faillit atteindre le ciel. Cette flamme se ramifia ensuite et se divisa en trois branches, puis chacune de ces branches donna à son tour naissance à de nouvelles ramifications. Le monde fut tout entier illuminé par ces flammes et il vit que les villes et les hommes les adoraient profondément.

Abou Shodja alla raconter ce rêve à un astrologue et lui dit : « Quelle mystification que ce songe! Je suis un pauvre homme et mes enfants qui sont aussi de pauvres diables deviendraient rois ? » L’astrologue lui répondit : « Dis-moi à quel moment ils sont nés ? » Abou-Shodja le lui dit. L’astrologue se mit à dresser des calculs et prit la main d’Abou’l Hosain ‘Ali, celui qui dans la suite fut décoré du titre de ‘Imad ed-dauleh; il la baisa et dit : « Par Allah ! celui-là arrivera au trône, voyons le second. » Il prit la main de son frère Abou ‘Ali al-Hasan, celui qui plus tard reçut le titre de Rokn-ad-Din, puis celle de leur plus jeune frère Abou’l Hasan-Ahmad qui fut plus tard appelé Mo’izz ed-dauleh. Abou Shodja éclata de rire en entendant cette prédiction et dit à ses fils : « Giflez donc cet homme qui se moque de nous au-delà de tout ce qui est permis ! » Les fils d’Abou-Shodja souffletèrent l’astrologue en se moquant de lui. Il les supplia de cesser leurs brutalités; ils lui firent répéter sa prédiction, et il leur dit : « Rappelez-vous de moi quand vous entreprendrez vos conquêtes; vous serez rois. » Abou Shodja donna à l’astrologue dix dirhems pour sa peine.

Quand les Deïlémites se soulevèrent avec Mâkân, fils de Kali, les fils d’Abou-Shodja furent au nombre de leurs principaux officiers. Gela dura jusqu’à ce que Merdâvidj se fut emparé de tout ce qui était en la possession de Mâkân, dans le Tabaristan et le Djordjan, et que Mâkân eut pris la fuite. « Ali et al-Hasan, fils d’Abou-Shodja, qui étaient fatigués et malades, lui dirent : « Maintenant que nous sommes dans ton armée, nous sommes devenus une gêne et une charge pour toi, et tu te trouves dans une position difficile. Ce qu’il y a de mieux à faire, c’est que nous nous séparions de toi pour que tu n’aies plus notre entretien à ta charge. Quand tes affaires auront pris une meilleure tournure, nous reviendrons auprès de toi. » Mâkân leur donna la permission de partir et ils s’en allèrent trouver Merdâvidj. Plusieurs des officiers supérieurs de Mâkân suivirent l’exemple des deux fils d’Abou-Shodja.

Merdâvidj agréa leurs services, donna un vêtement d’honneur à ‘Ali, fils de Boûya, et il investit ‘Imad ed-dauleh ‘Ali ibn Boûya [36] du gouvernement de la ville de Karadj. Imad Eddaulèh se distingua dans ce poste et il conquit une citadelle dans laquelle il s’empara d’une grande quantité d’approvisionnements; il flatta les gens si bien que sa renommée se répandit partout et qu’un grand nombre de personnes vinrent se ranger autour de lui. Merdâvidj se défia de lui et le rappela, mais il lui rendit bientôt son poste. ‘Imad Eddaulèh marcha de Karadj sur Ispahan, et il livra bataille à Mothaffar ad-Din Mohammad ibn Yakout[37] et le mit en pleine déroute ; il s’empara d’Ispahan le dimanche, onzième jour du mois de Dhoû’lka’dah de l’année 311. Cette victoire le rendit très célèbre, car il n’avait avec lui que neuf cents hommes, tandis que l’armée qu’il avait mise en fuite comptait près de dix mille combattants.

 

Quand le khalife al-Kâhir billah Mohammad ibn al-Mo’tadad apprit cet événement, il fut émerveillé de cette action d’éclat, et Merdjâvidj en conçut de vives craintes, aussi il chercha à s’emparer de lui par ruse. ‘Ali ibn Boûya s’empara également de Ardjân qui était défendue par Ibn Abi-Bakr ibn Yakout, au mois de Dhou’lhiddjeh de l’année 321, et il s’y fortifia. Il envoya ensuite son frère Rokn ed-dauleh al-Hasan s’emparer de Karzoun; puis il conquit Chiraz, au mois de Djoumada second de l’année 322; quand il se fut emparé de Chiraz et du Fârs, il écrivit au khalife ar-Râth billah Mohammad ibn al-Moktadir et à son vizir Abou ‘Ali-Mohammad ibn al-Mokla pour leur annoncer qu’il était prêt à se considérer comme le vassal du Khalifat et qu’il demandait qu’on lui concédât en fief les pays qui étaient en sa possession ; il offrait en retour une somme d’un million de dirhems.[38] Le khalife lui accorda ce qu’il demandait et lui envoya les robes d’honneur et l’étendard. Il se para des vêtements, et l’on porta deux drapeaux déployés devant lui; il berna l’envoyé du khalife quand il s’agit de lui remettre la somme qu’il s’était engagé à verser. Cet ambassadeur mourut dans les états du prince persan, en l’année 323. ‘Ali ibn Boûya devint rapidement très célèbre et les gens vinrent de tous côtés se ranger autour de lui. Merdâvidj se mit en campagne pour aller le combattre, mais Allah voulut qu’un de ses officiers le tuât, le mardi, troisième jour du mois de Ram » premier de l’année 323 ; le plus grand nombre de ses soldats se rendirent auprès d’Ali ibn Boûya et entrèrent à son service qui marcha à leur tête sur Bagdad.

Après ces événements, ‘Imad Eddaulèh ibn Boûyah marcha vers le Kirmân en l’année 324; il y livra de nombreux combats et y remporta des victoires.

En l’année 326, Abou ‘Abd-Allah-Ahmad ibn Mohammad al-Berîdi vint le trouver et le poussa à entreprendre la conquête de l’Irak. Ali ibn Boûya marcha contre ce pays et s’empara de plusieurs provinces. Il envoya son frère Rokn Eddaulèh à la tête d’une armée, et les deux princes eurent des aventures diverses : il y eut de grands troubles à Bagdad jusqu’au moment où il envoya Mo’izz ed-dauleh Abou’l Hosain Ahmad ibn Bouya dans cette ville en l’année 332 ; ce dernier attaqua l’Émir des émirs Touzoun, au mois de Dhoû’lka’dah et le força à évacuer Bagdad. Quand Touzoun mourut, Mo’izz Eddaulèh marcha sur Bagdad et en prit possession, le samedi onzième jour du mois de Djoumada premier de l’année 334; le vizir Abou ‘Ali ibn Mokla s’écria : « La dynastie des fils d’Abbâs a pris fin aujourd’hui et son pouvoir est passé aux Deïlémites, et c’est parce que je leur ai écrit quand ils marchaient sur Ispahan et parce que je leur ai fait concevoir l’envie de s’emparer du trône de Bagdad, et maintenant je recueille durant ma vie les fruits de cette conduite. » Tout se passa comme il l’avait prédit ; quand Mo’izz ed-dauleh s’empara de Bagdad, le khalife al-Mostakfi billah ‘Abd-Allah lui envoya un vêtement d’honneur. Les Deïlémites livrèrent au pillage le palais du khalife et tout ce qui s’y trouvait fut détruit ; ils mirent sur le trône al-Moti’-lillah al-Fadl ibn al-Moktadir qui n’eut que l’ombre de l’autorité, et qui ne put même pas se choisir un vizir. Mo’izz Eddaulèh investit du vizirat qui lui plût; lui et les Deïlémites réduisirent à néant l’autorité du Khalifat. Mo’izz Eddaulèh voulait même supprimer la prière au nom des Abbassides et faire réciter la khotba au nom d’al-Mo’izz li-din Allah Abou-Tamim, le fatimide, mais ses troupes l’empêchèrent d’agir ainsi. Il envoya ses lieutenants s’emparer de l’Irak, de telle sorte que le Khalifat se trouva dépouillé de toutes ses possessions.[39] Il s’empara de Basrah, de Maûsil et de tout le pays qui en dépendait.

‘Imad ed-dauleh Abou’l Hasan ‘Ali ibn Boûya mourut à Chiraz au mois de Djoumada premier de l’année 338, laissant le trône à son neveu ‘Adad ed-dauleh Abou Shodja-Féna-Khosrav ibn Rokn ed-dauleh Abou ‘Ah-al-Hasan ibn Bouyah. ‘Imad Eddaulèh avait régné durant seize ans et il ne laissa qu’une fille; il portait le titre d’émir des émirs; quant à Mo’izz ed-dauleh Abou’l Hasan Ahmad, qui était le maître de l’Irak et du Khalifat, il n’était que le lieutenant d’Imad ed-dauleh. Il mourut à Bagdad dans la nuit du 20 Rabi second de l’année 356, après avoir régné à Bagdad durant vingt et un ans, onze mois et deux jours.

Il eut pour successeur son fils ‘Izz ed-dauleh Abou-Mansour-Bakhtiar-Féna-Khosrav; le cousin de ce prince, ‘Adad ed-dauleh Abou Shodja Féna-Khosrav ibn Rokn ed-dauleh marcha contre lui, en l’an 364, et le fit prisonnier; il lui rendit ensuite la liberté, mais il laissa une armée auprès de lui pour le surveiller, après quoi il quitta Bagdad. Rokn ed-dauleh mourut le vingt-cinquième jour du mois de Moharram de l’an 366, laissant le trône à son fils ‘Adad ed-dauleh. Ce prince marcha sur T’Irak; Bakhtiar prit la fuite, et Bagdad tomba au pouvoir d’Adad ed-dauleh. On fit lakhotba en son nom dans cette ville, et avant cet événement on ne l’avait jamais faite pour un autre personnage que le khalife ; il fit également battre le tambour à sa porte trois fois par jour, et ce fut également une innovation. Il prit les titres suivants : « Le roi, le prince, le roi des rois (Shâhânshâh) très glorieux, victorieux, qui répand ses bienfaits, la couronne de la religion,[40] Adad ed-dauleh Abou Shodja Féna-Khosrav ibn Rokn ed-dauleh Abou ‘Ali al-Hasan ibn Abou Shodja Boûya ibn Fénâ Khosrav ibn Tamâm ibn Kouhî ». Bakhtiar fut tué dans cette guerre, le dix-huitième jour du mois de chewâl de l’année 367, après onze ans et six mois de règne. ‘Adad ed-dauleh parvint à une grande puissance, et il mourut le quatrième jour du mois de chewâl de l’année 372 ; il avait régné, depuis le moment où son oncle ‘Imad ed-dauleh était mort dans le Fârs, pendant trente-quatre ans; durant cette période, il posséda Bagdad cinq ans, six mois et quatre jours.

Après lui, son fils Samsâm ed-dauleh Abou Kalandjar al-Merzeban régna à Bagdad, pendant quatre ans, cinq mois et vingt-deux jours ; Sharaf ed-dauleh Abou’l Févâris, frère d’Abou Kalandjâr, vint l’attaquer au mois de Ramadan de l’année 376, le fit prisonnier et lui fit arracher les yeux ; il s’empara ainsi de la souveraineté et le khalife al-Tâî’ lui donna le titre honorifique de Sharaf ed-dauleh Abou-Zéin-al-Millah. Sharaf Eddaulèh mourut à Bagdad au bout de deux années, huit mois et quelques jours de règne, le deux du mois de Djoumada second de l’année 379.

Il eut pour successeur son frère Bahâ ed-dauleh Abou-Nasr-Khosrav-Parviz ibn ‘Adad ed-dauleh, à qui le khalife al-Tâî’ donna les titres de Bahâ ed-dauleh et de Dya-al-Millah; le khalife al-Kahir lui donna en plus celui de Ghiyâth-al-Ammat-Shâhânshâh, puis celui de Kivâm ad-Din et, de la position d’affranchi (maûla) du Commandeur des croyants, il l’éleva à la dignité d’ami (safî) du Commandeur des croyants. Ce prince mourut à Ardjan le cinquième jour du mois de Djoumada second de l’année 403, après un règne de quarante-deux ans, neuf mois et dix jours.

Son fils Sultân ed-dauleh Abou Shodja Féna-Khosrav lui succéda et ne régna à Bagdad que pendant un an et six mois dans une situation très troublée à cause des réclamations incessantes des Turks; on battait les tambours à sa porte au moment des cinq prières; il quitta Bagdad pour se rendre dans l’Ahvaz, y laissant son frère Sharaf ed-dauleh Abou ‘Ali-al-Hasan qui régna sur l’Irak pendant cinq ans, deux mois et quelques jours. Sultan ed-dauleh mourut dans le Fârs, le vingt-sixième jour du mois de chewâl de l’année 415, après un règne de douze années, quatre mois et quelques jours. Son frère Sharaf ed-dauleh mourut après lui à Bagdad, le vingt-deuxième jour du mois de Rabi premier de l’année 416. Djalal ed-dauleh Abou-Tahir Firouz Khosrav ibn Bahâ Eddaulèh vint alors de Basra à Bagdad, sur la demande du khalife al-Kadir, quand l’insolence des Turks envers la population fut arrivée à son comble. Lorsque le prince bouïde arriva à Bagdad, le khalife sortit de la ville pour l’aller recevoir et le décora du titre de Rokn ad-Din Djalal ed-dauleh. Ce fut sous le règne de ce prince que commença la décadence du Khalifat et du Sultanat à Bagdad. Djélal ed-dauleh ne put venir à bout des Turks et il mourut en l’année 435 après un règne de seize ans et onze mois. L’armée demanda comme chef son fils al-Malik el-Aziz Abou Mansour Khosrav-Pervîz, mais ce prince n’eut jamais aucune autorité; il s’adressa aux rois pour leur demander secours, et ceux-ci ne voulurent point lui en donner. Izz al-Moloûk-Abou-Kalandjâr-al-Merzebân ibn Sultân ed-dauleh Abou Shodja Féna Khosrav ibn Bahâ ed-dauleh Abou Nasr-Khosrav Parviz ibn ‘Adad ed-dauleh marcha alors avec son armée vers Bagdad;[41] le khalife al-Kaim-bi-Amr-Allah lui donna les titres de Shâhânshâh ‘an-molouk, et il lui fit porter des vêtements d’honneur et l’étendard. On fit la prière (khotba) à son nom (à Bagdad). Il mourut en l’année 440; son fils al-Malik er-Rahim-Abou-Nasr-Khosrav-Parviz ibn Izz-al-Moloûk lui succéda ; ce prince étant parti pour se rendre dans le Kirmân mourut en route quatre ans après son avènement. Il eut pour successeur à Bagdad al-Malik al-Rahim, à qui l’armée prêta serment ; ce fut sous son règne que l’émir Arslan-al-Besâsiri vint attaquer Bagdad et qu’il s’en empara. Après cela vint Thoghril-Beg avec les Seldjoukides ; il jeta en prison al-Malik er-Rahim, et le tint en captivité jusqu’à sa mort.

Le nombre des princes bouyides qui régnèrent à Bagdad fut de onze, et la durée de leur souveraineté dans cette ville jusqu’au moment où elle fut détruite par les Seldjoukides est de cent trois années, trois mois et quatorze jours; le premier jour étant celui où Mo’izz ed-dauleh arriva à Bagdad, et le dernier celui de l’arrivée de Thoghril Beg. Ils avaient régné depuis l’époque où ‘Imad ad-Din s’empara du Fârs pendant cent quinze ans, trois mois et six jours.  »

notes:

[34] Probablement la transcription arabe du nom mazdéen Peshotân.

[35] C’est-à-dire jusqu’aux rois Sassanides de Perse.

[36] C’est-à-dire le même personnage; ‘Imad ad-Din étant le surnom honorifique qui lui fut donné dans la suite.

[37] Qui était gouverneur d’Ispahan au nom du khalife de Bagdad.

[38] Le texte du manuscrit porte une leçon toute différente, suivant laquelle ce serait le khalife qui aurait écrit à ‘Ali ibn Boûya et à son vizir Abou ‘Ali-Mohammad ibn ‘Ali ibn Mokla ; mais on sait qu’Abou-Ali ibn Mokla était non le vizir du prince Bouïde, mais celui du khalife ar-Radi, à qui il avait offert 500.000 dinars pour obtenir cette charge; il fut destitué au bout de quelque temps et remplacé par ‘Abd-er-Rahman ibn ‘Isa ibn Daoud ibn Djarrâh.

[39] Suit un membre de phrase dont le texte est visiblement altéré et que je ne comprends pas.

[40] Al-Malik al-sayyid-shâhânshâh-al-adjall-al-Mansour-vâli-an-na’m-tddj al-millah

[41] Le texte porte la leçon inintelligible Fakânat ‘asakara (ou ‘askarBagdad ‘Izz-al-Moloûk-Abâ-kâlandjâr… Je lis Fakâna ‘asakara Bagdad ‘Izz-al-Moloûk-Abou-Râlandjâr; cette correction n’est pas supérieure à celles qu’il faut quelquefois appliquer aux leçons du manuscrit pour obtenir un sens satisfaisant.

al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

Taqi al-Din Ahmad ibn ‘Ali ibn ‘Abd al-Qadir ibn Muhammad al-Makrizi dit  al-Maqrizi est un historien arabe égyptien né en 1364 au Caire et mort en 1442 au Caire. Il est considéré comme l’un des auteurs les plus importants de l’historiographie égyptienne. Son œuvre traite de l’histoire égyptienne depuis la conquête arabe au viie siècle jusqu’à la période mamelouke dont il fut le contemporain.

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