Mort d’Al-Mu’tamid ibn‘Abbâd al-Lakhmi de Seville à Aghmat sous les Almoravides par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Publié le Mis à jour le

Abû al-Qâsim Muhammad “Al-Mu`tamid” ben Abbad ( 1040 à Beja au Portugal ; m. 1095 à Aghmat au Maroc, (1040-1095)

[P. 170] Mort d’Al-Mu’tamid ibn‘Abbâd al-Lakhmi de Seville à Aghmat sous les Almoravides par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

En 488 (10 janv. 1095) mourut ce prince, alors emprisonné à Aghmât dans le Maghreb, après qu’il eut perdu ses possessions en 484 (22 fév. 1091) et sans qu’il eût jamais recouvré sa liberté. Il était un des ornements de son époque par sa magnanimité, sa science, sa bravoure, sa supériorité en toutes choses. Son histoire est connue de tous, et les souvenirs qu’il a laissés sont colligés dans des recueils. Il est auteur de beaux vers, parmi lesquels ceux qu’il fit après la perte de son royaume et pendant sa captivité :

[Kâmil] Le malheur a dégainé contre moi, et son épée a brisé la solide cuirasse qui couvrait mon corps. Un sort funeste a employé l’épée pour frapper ceux-là mêmes qui espéraient employer le glaive pour réaliser leurs vœux. Vous qui espérez voir nos dons se continuer, cessez de les attendre, car la Fortune nous a attaché les mains.[67]

Voici en quels termes il parle ailleurs de la chaîne qui lui attachait le pied :

[T’awîl] On dirait d’un serpent qui s’enroule autour de ma jambe, qui lui monte dessus en y imprimant la morsure de ses dents avides. Et c’est moi cependant dont la générosité élevait les hommes au ciel, moi dont l’épée les envoyait aux enfers[68] !

Parlant d’une fête il s’exprime ainsi :

Fichier: Al Andalus Dirham 602105.jpg
Pièce du prince de la dynastie Abbadide al-Mutamid

 

[Basît’] Autrefois j’assistais joyeux aux fêtes, mais maintenant je suis semblable à l’esclave et captif à Aghmât. La fortune, qui autrefois t’obéissait, t’a maintenant soumis à toutes les volontés d’autrui. Quiconque désormais vivra joyeux sur le trône ne devra sa joie qu’à de vains rêves.[69]

Pendant sa captivité, son poète Aboû Bekr ben el-Lebbâna venait le voir et lui récitait des poésies louangeuses, non pour solliciter ses dons, mais pour lui témoigner sa reconnaissance des bienfaits qu’il avait reçus de lui. Après sa mort, ce littérateur vint un jour de fête, alors que chacun était à visiter les tombes des siens, se placer sur le tombeau du prince et se mit à réciter à haute voix les vers que voici :

[Kâmil] Roi des rois ! m’entends-tu et puis-je te parler ? Ou bien’ ; le malheur t’empêche-t-il de me répondre ? Tes palais étant vides et ta présence faisant défaut aux fêtes que tu y donnais autrefois, je suis venu ici pour m’incliner humblement sur cette terre et réciter mon poème sur ta tombe.[70]

[P. 171] Il continua à débiter sa poésie pendant que tous les assistants l’entouraient en pleurant. — Si ; nous disions toutes les vertus et les mérites de ce prince, le récit en serait long, et nous en resterons là.

Les Tombes du prince arabe et poète Al-Mu'tamid, sa femme et leur fille à Aghmat  dans l'actuel Maroc
Les Tombes du prince arabe et poète Al-Mu’tamid, sa femme et leur fille à Aghmat dans l’actuel Maroc

notes:

[67] On retrouve aussi ces vers dans la Kharîda d’Imâd ed-Dîn lap. Abbad. i, 395).

[68] Voir aussi Abbad., i, 59.

[69] Voir ibid. ; Ibn Khallikân, iii, 195.

[70] Voir Abbad., i, 71, et Ibn Khallikân, iii, 196, où ces vers, souvent reproduits, sont attribués à Aboû Bah’r Yoûsof ben ‘Abd eç-Çamad, poète dont le nom figure aussi dans le ms. 2327 de Paris, f. 177.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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2 réflexions au sujet de « Mort d’Al-Mu’tamid ibn‘Abbâd al-Lakhmi de Seville à Aghmat sous les Almoravides par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh «  »

    Mustapha a dit:
    22 mars 2017 à 20 h 07 min

    J’ai eu un souvenir d’enfance, à l’Ecole Al BATHA Cité Plateau Casablanca, c’était en 1965 j’étais au CM2
    A cette époque j’avais un Maitre D’Ecole qui nous m’a transmis l’amour de ce Prince Poete Arabe Andalous
    AL-MOUTAMID IBN ABBAD? on disait de lui (SAAHIBE AL ANDALOUSSE) et depuis ca ne m’a pas quitté, que de la nostalgie de cette époque de la gloire du Monde Arabo-Musulman en Andalousie.
    C’était beau……….
    Merci aux gens qui s’intéressent à notre culture et qui nous font passer des Articles sur des Arabes qui ont marques notre Histoire, merci à vous.

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