Hostilités entre les berbères Almoravides et les arabes Cordouans en 1120 par ibn al-Athir

Publié le Mis à jour le

L’empire Murabitun Almoravide 1120, Afrique de L’ouest et al-Andalus

[P. 392] Hostilités entre les  berbères Almoravides et les arabes Cordouans en 1120 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

En 513 (13 avril 1119) ou, selon d’autres, en 514 (1er avril 1120), il y eut des hostilités entre les troupes d’Ali ben Yoûsof et les Cordouans. Ce-prince avait nommé gouverneur de la ville Aboû Bekr Yah’ya ben Rawwâd, dont un esclave noir, au jour de la Fête des victimes et alors que les habitants étaient en train de s’amuser, mit la main sur une femme pour s’en emparer. Cette femme invoqua le secours des musulmans, qui lui prêtèrent main-forte, et de là surgit une vive échauffourée entre les nègres et les habitants, qui se battirent tout le jour et ne se séparèrent qu’à cause de l’obscurité qui les surprit. Le gouverneur Aboû Bekr fut informé de ce qui se passait ; il reçut la visite des hommes de loi et des principaux habitants, qui lui exposèrent qu’il y avait lieu de punir de mort l’un des nègres cause du tumulte. Mais il rejeta cette demande, qui ne fit qu’exciter sa colère, et le lendemain matin il se mit en mesure d’attaquer les habitants. Alors légistes, hommes de marque et jeunes gens marchèrent contre lui et le forcèrent à se retirer dans le palais, dont on entreprit le siège ; on escalada les murailles, et ce ne fut pas sans peine ni dommage qu’il parvint à s’échapper, Le palais fut pillé, les demeures des Almoravides incendiées et leur contenu enlevé, et eux-mêmes chassés de la ville dans le plus misérable état. ‘Ali ben Yoûsof fut impressionné par le récit de ces troubles, qu’il jugea assez importants pour qu’il se mît à réunir de nombreuses troupes de Çanhâdja, de Zenâta, de Berbères, etc., à la tête desquelles il franchit la mer en 515 (21 mars 1121) et alla mettre le siège devant Cordoue. Les habitants luttèrent avec l’énergie que leur donnait la conviction qu’ils défendaient leur vie, leurs femmes et leurs biens, de sorte que le prince consentit à engager des négociations et se borna à exiger des Cordouans [P. 393] le paiement des biens pillés sur les Almoravides. On traita sur ces bases, et la guerre prit fin.

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traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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