Les Swahilis

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La Grande Mosquée de Kilwa est une congrégation mosquée sur l'île de Kilwa Kisiwani , en Tanzanie . Il a probablement été fondée au Xe siècle, mais les deux grandes étapes de la date de construction à la onzième ou douzième et treizième siècle, respectivement. Il est l'un des premiers mosquées survivants sur la côte est de l'Afrique.
La Grande Mosquée de Kilwa est une congrégation mosquée sur l’île de Kilwa Kisiwani , en Tanzanie . Il a probablement été fondée au Xe siècle, mais les deux grandes étapes de la date de construction à la onzième ou douzième et treizième siècle, respectivement. Elle est l’une des premiers mosquées encores survivantes sur la côte est de l’Afrique.

La culture swahilie (Uswahili en kiswahili) est la culture partagée par les peuples de la côte de l’Afrique de l’Est. Le terme viendrait du pluriel du mot arabe sahel ساحل: sawahil سواحل qui signifie côte ou frontière. Ces peuples ont des origines diverses mais présentent les mêmes caractéristiques, une population d’origine africaine bantoue avec des apports arabes et dans une moindre mesure persans. Les cités-États côtières comme Mombasa, Gede,Malindi ou les archipels de Zanzibar, des Comores, Kilwa ou de Lamu formaient une unité de culture swahilie prospère et renommée, vivant du commerce de marchandises africaines destinées aux marchés locaux et orientaux. Ces peuples parlaient donc une langue voisine, et partageaient un certain nombre de valeurs propres. C’est avant tout une culture urbaine, africaine et musulmane. À l’époque médiévale, les arabes appelaient al-Zanj (les noirs) la zone géographique des domaines territoriaux sous la domination de ces cités.Les témoignages étrangers sur la culture swahilie semblent anciens. Le Périple de la mer Érythrée, un document du iie siècle précise que les marchands qui visitaient à la fois l’Afrique de l’Est et le sud-est de la péninsule arabe parlaient la même langue et y contractaient des mariages. La Géographie de Claude Ptolémée, écrite vers 150, reprise et corrigée sous sa forme définitive au ive siècle donne également de nombreux renseignements. À cette époque, les îles étaient d’importantes pourvoyeuses d’or1. Le commerce a été prospère pendant plusieurs siècles dans cette zone, et cette culture, en même temps que l’islam s’est développée et diffusée le long des routes commerciales.

Kilwa en 1572
Kilwa en 1572

Des cités-États commerçantes sont fondées par les migrants arabes dans les archipels de Lamu, de Zanzibar, puis plus tard des Comores et Kilwa, ainsi sur les villes continentales de Malindi, Mombasa jusqu’à Sofala. Les Shirazis s’installent à Kilwa qui devient le centre de commerce le plus florissant de la région au xie et surtout au xive siècle, en partie grâce aux commerces d’ivoire d’éléphants et d’hippopotames, de cornes derhinocéros, de cuivre, d’écailles de tortue, de perles et principalement grâce à l’or en provenance des mines de Sofala, dans l’actuel Mozambique.

le grand amiral musulman Zheng He ramena entres des Girafes de ses voyages :!
L’amiral chinois musulman Zheng He ramena entres des Girafes de ses voyages 

La cité commerce avec l’Europe, le monde islamique et même la Chine. Le commerce vers l’Extrême-Orient s’intensifie aussi pour atteindre sa plus grande expansion sous les Ming. En 1414, une ambassade de la ville deMalindi amène avec elle à la cour de Chine une girafe. En 1417-1419 et 1431-1433, l’amiral chinois musulman Zheng He, conduit deux grandes expéditions sur la côte africaine et parvient à Malindi. Ces villes commerçaient également l’ébène, le bois de santal et les esclaves. Kilwa est à cette époque décrite comme étant une des villes les plus élégamment bâties du monde. Les habitants de la côte sont décrits comme étant bien nourris2 de mets riches et exotiques, habillés somptueusement. Des caravanes commerciales s’enfoncent de plus en plus profondément dans les terres jusqu’aux grands lacs pour récupérer les précieuses marchandises qui sont réexpédiées vers le Moyen-Orient. Cette culture s’est ainsi répandue de la Somalie jusqu’aux côtes de Madagascar et du Mozambique.

Les raids ottomans sur la côte swahilie sont deux expéditions menées par le corsaire ottoman Mir Ali Bey en 1585 et en 1589 contre les comptoirs portugais du Zanguebar, c’est-à-dire de la côte swahilie, enAfrique de l’Est.

Lors de son premier voyage, Mir Ali Bey parvient à provoquer le changement d’allégeance de la majorité des souverains musulmans de la côte qui acceptent de passer de la suzeraineté portugaise à celle des sultans ottomans. Les Portugais doivent faire venir une flotte de Goa, en Inde, pour rétablir leur autorité. La deuxième expédition de Mir Ali Bey, en 1589, se solde par un échec. Rejoint par une nouvelle flotte portugaise àMombassa, il est acculé à la fuite et se constitue prisonnier afin d’échapper à une tribu africaine réputée pour son anthropophagie. Le corsaire ottoman est finalement envoyé au Portugal où il se convertit au catholicisme tandis que les autres Turcs rescapés sont envoyés aux galères.

Il existe un débat historiographique quant à la lecture qu’il faut faire des expéditions ottomanes en Afrique de l’Est. Si, pour certains historiens, elles démontrent la fragilité de la position des Portugais en Afrique et la menace constituée par les incursions ottomanes dans l’océan Indien, pour d’autres, les succès initiaux des Ottomans ne s’expliquent que par le fait qu’ils utilisent les techniques de la course, organisant un raid avec de faibles moyens et bénéficiant ainsi de l’effet de surprise. Une fois alertés du danger, les Portugais réagissent avec efficacité.

Pour certains historiens, les raids de Mir Ali Bey constituent un succès pour les Ottomans et montrent la fragilité de la position portugaise dans la région. Ainsi, selon G. V. Scammell, « les incursions [des Turcs ottomans] dans l’océan Indien alarmèrent l’Estado [da India] et démontrèrent de manière humiliante la fatuité de leurs prétentions, de manière la plus notoire quand en 1585-86 Mir Ali Bey, avec un seul navire, balaya les Portugais de l’ensemble de la côte swahilie en Afrique à l’exception de Malindi ». Selon Halil İnalcık, la première expédition de Mir Ali Bey eut pour résultat le fait que « les Portugais admirent que les Ottomans avaient désormais la mainmise sur la côte africaine faisant face à l’Inde et avaient la capacité de couper leurs communications avec le Portugal »5Note 2. En revanche Svat Soucek souligne que les faits d’armes des Ottomans dans l’océan Indien ont été surévalués dans l’historiographie moderne ;

«  Mir Ali fut le dernier corsaire [ottoman] majeur connu exerçant dans les eaux de l’océan Indien. Son cas confirme catégoriquement la portée de ma thèse : que l’empire ottoman n’eut jamais une présence officielle stratégiquement planifiée là bas. Si néanmoins nous souhaitons insister sur son existence au travers du prisme des exploits de Mir Ali Bey, nous pouvons seulement la qualifier de pathétique. Le Puissant empire ottoman lançant un raid, avec une seule galère, balayant les Portugais hors de la côte africaine, prouvant ainsi la fatuité des prétentions lusitaniennes ? Le premier raid fonctionna surtout à cause de son insignifiance initiale : la galère solitaire de Mir Ali Bey échappa à la surveillance du réseau de renseignement portugais en mer Rouge et put mener sa campagne en raison de l’avantage de toujours des pirates et corsaires : l’effet de surprise. Après que l’Estado da India eut été alerté du danger, il redressa efficacement la situation en envoyant une vraie flotte de guerre vers la côte africaine. Le second raid fut une réplique exacte du premier, à la différence qu’il était d’ampleur plus importante et avec un épilogue absolument poignant. »

M. D. D. Newitt, spécialiste du Mozambique, rapporte que l’incursion des Ottomans à Mombassa fait prendre conscience aux Portugais l’importance qu’il y a à mieux protéger leurs possessions situées au nord de la côte swahilie. De ce fait, ils initient en 1593 les travaux de Fort Jesus à Mombassa et créent dans cette même ville une capitainerie qui vient s’ajouter à la capitainerie de Sofala plus au sud. La limite entre les deux juridictions fixée sur le cap Delgado préfigure la frontière entre le Mozambique et la Tanzanie

 Hamed bin Mohammed el Marjebi dit Tippo Tip
Hamed bin Mohammed el Marjebi dit Tippo Tip

(wiki) Tippo Tip ou Tippu Tip ou selon les langues locales Tippo Tipo (18371905), de son vrai nom Hamed bin Mohammed el Marjebi, était un marchand d’esclaves originaire de Zanzibar. Il fut également propriétaire de plantations et gouverneur de province au Congo. Successeur des sultans de Zanzibar, il conduisit de nombreuses expéditions commerciales en Afrique centrale orientale, dont certaines esclavagistes.

Bwana N'Zige et Tippo Tip
Bwana N’Zige et Tippo Tip

Tippo Tip rencontra et aida plusieurs des grands explorateurs européens du continent africain, dont Henry Morton Stanley, Eduard Schnitzer (Emin Pasha), David Livingstone, Veney Cameron, Hermann von Wissmann etWilhelm Junker.

De 1884 à 1887, Tip exploita le Congo oriental. En 1887, à l’occasion de l’expédition de secours à Emin Pasha, il fut nommé gouverneur du district des chutes Stanley dans l’État indépendant du Congo. Cependant, sa position de gouverneur l’obligeait à rendre des services au roi Léopold II. C’est ainsi qu’il fit découvrir à des expéditions belges les routes commerciales dont il avait le secret. En 1891, l’expédition Van Kerckhoven trouve le moyen d’acheter directement de l’ivoire : c’est à ce moment que Tippo Tip en perd le monopole. C’est le début de la fin. Le 6 avril 1892, son neveu est nommé gouverneur à sa place. L’État indépendant du Congo mènera finalement une campagne militaire de mai 1892 à janvier 1894, au terme de laquelle la souveraineté sur l’est du territoire lui sera assurée. Tippo Tip n’ayant plus rien, il se replie sur la côte orientale vers Zanzibar. Un procès finit par lui faire perdre ses possessions de la côte orientale, c’est-à-dire toute la fortune qui lui restait. Il meurt en 1905 à Stone Town, sa ville d’origine qui est la principale ville de l’archipel de Zanzibar.

Pont d'un navire d'Esclave vers 1900
Pont d’un navire d’Esclave vers 1900

Les Campagnes de l’État indépendant du Congo contre les Swahilis sont un ensemble d’opérations militaires menées par la Force publique de l’État indépendant du Congo (EIC) contre les états dirigés par les sultans bantous musulmans dans l’est de l’actuel territoire de la République démocratique du Congo de mai 1892 à janvier 1894. Au plus fort de l’engagement fin 1892, environ 100 000 Arabo-Swahilis répartis en plusieurs armées seront opposés à 120 Européens à la tête de 3 500 soldats réguliers1, et davantage d’auxiliaires, sur un territoire de la taille de la France.

Il est à noter que le terme Arabo-Swahili (Arabe à l’époque) renvoie généralement à des bantous musulmans originaires de Zanzibar, plus rarement à des métis arabes ou indiens. Un usage équivalent, assimilant « arabe » à « musulman », subsiste notamment aussi sur l’île de la Réunion, où les indiens musulmans sont généralement appelés « zarabes »

File:Muhammad bin Khalfan bin Khamis al-Barwani alias Rumaliza.jpg
Muhammad bin Khalfan bin Khamis al-Barwani alias Rumaliza

Mohammed bin Hassan Rumaliza, Mohammed Ben Khalfan ou plus souvent Rumaliza (en swahili « L’exterminateur »), né vers 1850, était un important marchand établi à Udjiji, ville située sur la rive orientale du lac Tanganyika dans l’actuelle Tanzanie. Bien que considéré comme un Arabo-Swahili, il était lui-même ethniquement « blanc » (arabe).

Vassal de Tippo Tip, il se fit connaître dans les années 1880 et 1890 par ses actions violentes visant à la conquête et l’exploitation dans l’Afrique centrale des territoires qu’il contrôlait, et en particulier le commerce de l’ivoire et des esclaves.

En 1884, il menace le Burundi alors dirigé par Mwezi Gisabo, mais est défait à Uzige aux environs de Bujumbura en 1886.

Il rencontre Hermann von Wissmann en 1887, et le décourage de s’aventurer au nord du lac Tanganyika. Il s’oppose alors pendant deux ans aux Allemands.

Tippo-Tip, nommé « Vali » des Falls par Léopold II lui délégua ses pouvoirs pour les régions riveraines du Tanganyika. Mais Rumaliza, ne se sentant pas reconnu, entreprit de razzier et de ravager les régions qu’il revendiquait. Parmi d’autres faits mémorables, il commandita en juin 1891, le massacre systématique de tous les Babembe qui, pour une grande part, lui avaient toujours résisté. Les Pères blancs n’hésitent pas à lui imputer, à lui et ses Rougas-rougas (mercenaires) la mort de plusieurs millions d’hommes, dans le Manyema et les Marungu.

À partir de 1891, il est aux prises avec les expéditions de la Société antiesclavagiste belge menées par Alphonse Jacques de Dixmude, venue aider le Capitaine Joubert et les Pères blancs. Il assiège Albertville, où Jacques s’est retranché, pendant 9 mois à partir d’avril 1892.

Entreprenant à partir de l’été 1893 la conquête du Maniema, tenant Kabambare et envisageant de reprendre Nyangwe et Kasongo que Sefu dut abandonner aux troupes de la Force publique de Francis Dhanis quelques mois plus tôt, il est finalement défait en janvier 1894 par ce dernier suite à la destruction de son camp de Bena Kalunga. Il se rendra plus tard aux Britanniques au Nyassaland. Le Capitaine Joubert se dit convaincu, dans ses lettres, que Rumaliza était secrètement à la solde des Anglais.

Bateau arabe négrier allant vers le Bresil en 1882
Bateau arabe négrier allant vers le Bresil en 1882
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