Poèmes du chevalier d’Alep Abu Firas al-Hamdani al-Taghlibi

Publié le Mis à jour le

5387963790_c89d8238f3_o  Abu Firas Al Hamadani Prince de la famille des hamdanide régnant sur Alep, Abu Firas célèbre pour ses années de captivité à Constantinople et pour le type de chevalier qu’il incarna. Sa poésie élégiaque, surtout celle de la captivité, ou amoureuse, voisine avec d’autres genres, satirique ou épique, le tout marqué le plus souvent d’une réelle et franche simplicité. J’ai appris le chagrin, les sanglots, je les tiens Des yeux d’une gazelle au plus noble maintien. chaque fois que la paix me visite, aussitôt Une oeillade me vise et frappe sans défaut, D’une flèche après l’autre, en allant droit au coeur, Affolante tueuse, assassine langueur* A ce furieux amour est-il quelque soutien, A ce mal obsédant est-il quelque medecin ? Toi qui fautes si bien et tellement me grondes Que je tiendrais pour miens tous les péchés du monde, Accepte de me voir ou fuis à ton bon gré, Dût un seul coeur, le mien, rester affliger Tu as pour corps l’amour, des fleurs blanches pour dents, Un rameau pour la taille et pour souffle l’orient**. Tout révèle l’amour, même si tu dis non : Les signes de l’amour, les regards, les soupçons. Que je sois loin de toi ou te revoie, toujours Je me défais, dans les tourments du mal d’amour Sommes-nous près ? Tout est gâté par tes refus. Unis? Tout est gâté par la peur d’être vus. Laissez-moi donc avec mes pleurs, ô mes amis : C’est dans les pleurs que le chagrin trouve un répit. Que dire de l’amant, de cette sainte ardeur Qui fait à l’être aimé offrande de son coeur***. Mètre tawîl Notes : * : Allitérations marquées fortement dans le texte (fâtirâtin,fâtinâtin, fâtikâtin ) ** : « Fleurs blanches », littéralement : « camomille » (aqâhi); « orient » : « vent d’est » (sabâ) *** : « la sainte ardeur » est pour jihâd, l’effort consenti par le croyant, dans soncomportement ou dans la guerre, pour la cause de Dieu; plus loin, littéralement : « qui a fait une fondation pieuse (waqafa) de son coeur dans la voie (sabil) de l’être aimé « . Transposition, on le voit, d’attitudes de la foi en attitudes d’amour. Extrait de Les arabes et l’amour anthologie poétique Traduit de l’arabe, présenté et annoté par hamdane Hadjadji et André Miquel Editions sindbad-actes sud Allahumma saly wa sallim wa barik 3ala sayidina mohammad Salam 3alaikoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou Mère du prisonnier, que la pluie te soit douce ! A ton coeur défendant, le sort du prisonnier ! Mère du prisonnier que la pluie te soit douce ! Lui ne sait plus : où le voyage, où le foyer ? Mère du prisonnier, que la pluie te soit douce ! Qui recevra l’heureux message de rançon ? Mère du prisonnier, mère morte, qui donc Arrangera cheveux et boucles sur mon front ? Ton fils est loin, au bout des mers et de la terre : Qui va le secourir l’aider d’une prière ? D’un paisible sommeil il se croirait coupable, visité d’un bonheur, il serait misérable rien qu’à t’imaginer, repue d’adversité, De deuil, sans compagnon, sans fils à tes côtés. Au pays où je fus aimé, j’ai dit adieu, Mais là-bas veilleront tous les anges des cieux. Ah! Te pleure chacun de ces jours où, patiente Tu jeunais sans repos sous l’ardeur de midi ! Te pleure chaque instant où, priant dans la nuit, Tu attendais, debout, l’aurore flamboyante ! Te pleurent tous ceux-là devant qui l’on fuyait, Persécutés, exclus : toi, tu les accueillais. Te pleurent tous ceux-là, les pauvres, les perdus, Epuisés jusqu’aux os : tu les a secourus O mère, ce fut trop de chagrins, tour à tour, Qui passèrent sur toi sans l’espoir d’un recours. O mère, ce fut trop de secrets enfermés Dans ton coeur, secrets morts et muets à jamais O mère, trop souvent ces mots : »C’est pour demain, Demain il sera là… » et toujours aussi loin. Qui recevra ma plainte ? A qui ouvrir son coeur Lorsque le coeur se serre et ploie sous ses malheurs ? Qui me protègera, quelle femme en prière ? Quel visage dira, lumineux : »Je t’éclaire »? Quel voie dira non au destin qui m’emporte ? De ce noir horizon qui m’ouvrira les portes ? Seul baume à ton départ : le temps se raccourcit L’autre monde, où tu es, appelle. Nous voici !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s