Sulimanides ou Sulaymanide dynastie arabe (814-922) de l’ouest de l’Algérie avec capitale Tlemcen

Publié le Mis à jour le

Peinture ancienne représentant les remparts Idrissides de la ville de Tlemcen en Algerie, sous la dynastie alide arabe des Sulaymanides, (Sulayman frère a Idriss Ier)
Peinture ancienne représentant les remparts Idrissides de la ville de Tlemcen en Algerie

Sulimanides ou Sulaymanide est une dynastie arabe musulmane alide qui a régné à l’ouest de l’Algérie avec capitale Tlemcen  de  814-922

Idris Ier négocie avec les Maghrawas la remise de la ville de Tlemcen, puis l’un des descendants de son frère Sulayman, Muhammed b.Sulayman, crée dans la région le « royaume sulaymanid », un État qui semble contrôler que les villes et qui prend fin sous les Fatimides en 931″  

Selon Ibn Khaldoun dans son appendice IV, Suliman s’échappe vers le Maghreb lors des Abbassides, il arrive à Tiaret après la mort de son frère Idris I et il voulut prendre le pouvoir.

Mais les Berbères résistent aux menaces de Suliman et les Banu Tamim (arabe) Aghlabides décrètent l’ordre de l’arrêter.

Suliman se rend à Tlemcen et fut maitre de toutes les tribus Zénètes de cette localité.

Son fils Muhammed b. Suliman succède et ses enfants se partagent tout le Maghreb central après la mort de leur père.

Le gouvernement de Tlemcen était sous la responsabilité de Ahmed, fils de Muhammed puis à Muhammed fils d’Ahmed, ensuite à Al Qasem fils de Muhammed fils d’Ahmed. Aysa, fils de Muhammed, obtient Archgul (ville et île à Tafna, rivière à huit lieues de Tlemcen) et il s’allie aux Fatimides. Le frère de Aysa, Idris obtient la possession des Dejrawa. Son fils Abu’l Aych Aysa lui succède. Après la mort de Abu’l Aych Aysa, Al Hasen b. Abi’l Aych prend le pouvoir chez les Dejrawas. Après cela, c’est au tour d’Ibrahim puis à ses fils (Yahya, Ibrahim et Idris).

Idris reçoit Archgul, par contre, son frère Yahya s’allie aux Omeyades au temps de Abderhaman An Nacer.

Cela provoque le mécontentement des Fatimides en 935. Yahyia sera arrêté par le général Misur.

Ruines de la mosquée Agadir de Tlemcen fondé en 790 par idriss ier , elle est sa première mosquée fondé avant celle de Walili et de Fès
Ruines de la mosquée Agadir de Tlemcen fondé en 790 par idriss ier , elle est sa première mosquée fondé avant celle de Walili et de Fès

La ville des Dejrawa qui abrite Al Hasen b. Abi’l Aych sera assiégée par Ibn Abi’l Afya, représentant des Omeyades au Maghreb central. La ville sera prise par les Omeyades. Puis Al Hasen s’évade pour rejoindre son cousin Idris, fils d’Ibrahim, chef d’Archgul. Al Buri, fils de Musa b. Abi’l Afya prendra cette ville.

Ténès sera le siège d’Ibrahim, fils de Muhammed, puis elle sera sous les mains de son fils Muhammed, du même nom, puis à Ibrahim (même nom), ensuite à Yahya et à Ali. Ce dernier est vaincu par les Zirides pendant le règne de Ziri ibn Menad en 953.

Ali se réfugie alors chez les Maghraouides. Al Khir b. Muhammed bem Khazer des Maghraouis aidera Hamza et Yahiya, fils d’Ali a passé en Espagne.

Les filiations des différente dynasties alides et fondateur d'états.
Les filiations des différente dynasties alides et fondateur d’états.

Ahmed fils de Suliman, fils d’Ibrahim fut un chef du Maghreb central. Et parmi les descendants de Muhammed, fils de Suliman, il y a Ituwich, fils de Hatech, fils d’Al Hasen, fils de Muhammed, fils de Suliman, et Hammud, fils d’Ali, fils de Muhammed, fils de Suliman.

Ibn Khaldoun relève que Souk Hamza à Bougie, selon Ibn Hazm, ne porte pas le nom d’un arabe alide idrisside, mais d’un Arabe de la tribu Sulaym. Il ajoute que Jawhar al-Siqilli, général fatimide, emmena les fils de Hamza à Kairouan.

Selon R. Bourouiba, les Idrissides, descendants du Prophète, auraient construit cette mosquée qui est la plus ancienne d’Algérie encore intacte, dans un style inspiré de la Grande Mosquée de Damas. De par ses nefs parallèles au mur de la qibla, la mosquée du Vieux Ténès s’apparente à la première mosquée de Médine que le Prophète aurait aidé à édifier de ses propres mains, dont le modèle fut repris à Damas (705-715). Cette mosquée serait donc un exemplaire maghrébin d’un type crée en Égypte (mosquée de ‘Amr à Fustat, VIIe siècle) ou en Syrie, et qu’on retrouve aussi dans le plus ancien sanctuaire de Fès (mosquée al-Qarawiyyîn, IXe siècle).
La mosquée idrisside Sidi Maiza du vieux Tènès en Algerie, en 875 JC selon R. Bourouiba, les Idrissides, auraient construit cette mosquée qui est l’une des plus ancienne d’Algérie encore intacte, dans un style inspiré de la Grande Mosquée de Damas. De par ses nefs parallèles au mur de la qibla, la mosquée du Vieux Ténès s’apparente à la première mosquée de Médine que le Prophète aurait aidé à édifier de ses propres mains, dont le modèle fut repris à Damas (705-715). Cette mosquée serait donc un exemplaire maghrébin d’un type crée en Égypte (mosquée de ‘Amr à Fustat, VIIe siècle) ou en Syrie, et qu’on retrouve aussi dans le plus ancien sanctuaire de Fès (mosquée al-Qarawiyyîn, IXe siècle). (qantara).

Passage d’ibn Khaldoun relatif au Sulimanides de Tlemcen :

« Quant à Soleiman, frère d’Idrîs I, il se réfugia dans le Maghreb, qui obéissait alors aux Abbassides, et arrivé dans le territoire de Tèhert après la mort de son frère, il tâcha d’y faire reconnaître son autorité.

Les Berbères résistèrent à ses tentatives, et les Aghlebides essayèrent de le faire arrêter, preuve évidente de la noblesse de son origine. Parvenu à Tlemcen, il s’en rendit maître et soumit à ses ordres les Zenata et toutes les tribus berbères de cette localité.

Son fils Mohammed-Ibn-Soleiman lui succéda, et les enfants de celui-ci se partagèrent les provinces du Maghreb central après sa mort.

Le gouvernement de Tlemcen échoua alors à Ahmed, fils de Mohammed, et passa ensuite à Mohammed, – • fils de celui-ci. El-Cacem, fils de Mohammed, succéda au pou voir.

Je crois que c’est à ce Cacem que les Beni-Abd-el-Ouad veulent faire remonter leur origine et non pas à El-Cacem, fils d’Idrîs. Eïça, fils de Mohammed, reçut en partage Archgoul et s’attacha aux Fatemides.

Monnaies des Sulaymanides de Suq ibrahim et de Tanas (Ténès) Auteur(s) / Author(s) LOWICK N. M. ; Résumé / Abstract Sulaymanides, branche de la famille régnante d'Ali à Tilimsan, Suq Ibrahim, Tanas (Ténès) et autres villes du N.-O. de l'Algérie avant l'avènement des Fatimides dont les parents les plus proches étaient les Idrisides du Maroc. Jusqu'à une époque récente les monnaies de Muhammad b. Sulayman, le fondateur de la lignée et son arrière petit-fils Ahmad b. Isa étaient seuls connues. Cet article publie les monnaies de quatre autres princes appartenant à la branche régnante à Suq Ibrahim et Tanas. Les signatures frappées Madinat Ibrahim ibn Muhammad Madinat Isa ibn Ibrahim et Madinat al-Qasim ibn Isa sont toutes des titres honorifiques de Suq Ibrahim, tandis que Burjayn, une frappe de Yahya b. Muhammad, pourrait bien être le pseudonyme de Tanas. Revue / Journal Title Revue Numismatique Paris Source / Source 1983, vol. 25, pp. 177-187
Monnaies des Sulaymanides de Suq ibrahim et de Tanas (Ténès)
Sulaymanides, branche de la famille régnante d’Ali à Tilimsan, Suq Ibrahim, Tanas (Ténès) et autres villes du N.-O. de l’Algérie avant l’avènement des Fatimides dont les parents les plus proches étaient les Idrisides du Maroc. Jusqu’à une époque récente les monnaies de Muhammad b. Sulayman, le fondateur de la lignée et son arrière petit-fils Ahmad b. Isa étaient seuls connues,. Les signatures frappées Madinat Ibrahim ibn Muhammad Madinat Isa ibn Ibrahim et Madinat al-Qasim ibn Isa sont toutes des titres honorifiques de Suq Ibrahim, tandis que Burjayn, une frappe de Yahya b. Muhammad, pourrait bien être le pseudonyme de Tanas.

Revue Numismatique Paris
1983, vol. 25, pp. 177-187

Son frère Idrîs obtint la possession de Djeraoua et eut pour successeur son fils Aboa-‘l-Aïch-Eïça lequel transmit l’autorité à son fils El-Hacen-Ibn-Abi-‘I-Aïch. Ibrahîm, fils de celui-ci, succéda au pouvoir et, après lui, ré gnèrent successivement ses fils Yahya, Ibrahîm et Idrîs.

Ce dernier, obtint la possession d’Archgoul, et, à l’instar de son frère Yahya, il s’attacha au parti d’Abd-er-Rahman-en-Nacer [le khalife oméïade d’Espagne].

Par cette conduite, il s’attira le mécontentement des Fatemides et, en 323 (935), il fut arrêté par leur général, Mciçour. Ibn-Abi-‘I-Afïa, ayant abandonné le parti des Fatemides pour se rallier aux Oméïades, assiégea El- Hacen-Ibn-Abi-‘l-Aïch dans la ville de Djeraoua et la lui enleva.

El-Hacen se rendit alors auprès de son cousin, Idrîs, fils d’Ibra hîm, seigneur d’Archgoul. El-Bouri, fils de Mouça-Ibn-Abi-‘l- Afïa, vint alors prendre Archgoul et en envoya les habitants à En-Nacer, lequel les établit à Cordoue.

Ténès échut à Ibrahîm, fils de Mohammed , et passa ensuite sous la domination de Mohammed, fils de ce même Ibrahîm. Mohammed eut pour suc cesseur son fils Yahya et, ensuite, Ali, fils de Yahya. Ali fut vaincu, en l’an 342 (953-4), par Zîri-Ibn-Menad et se réfugia auprès d’El-Kheir-Ibn-Mohammed-Ibn-Khazer [le maghraouien] .

Pierre tombale romaine à la base du minaret Idrisside d’Agadir Tlemcen

El-Kheir fit passer en Espagne Hamza et Yahya, fils d’Ali, et En-Naccer l’omeyyade lcs accueillit très-honorablement. Plus tard, Yahya revint en Afrique dans le dessein de reprendre Ténès, mais cette tentative demeura sans succès.

L’Ibrohîm, fils de Mohammed, dont nous venons de parler, eut encore d’autres descendants, savoir, Ahmed, fils d’Eïça, fils d’Ibrahîm, seigneur de Souc- Ibrahîm , et Mohammed , fils de Soleiman , fils d’Ibrahîm, un des chefs du Maghreb central. Parmi les descendants de Mohammed, fils de Soleiman, on signale Itowich, fils de Hanatech (?), fils d’El-Hacen, fils de Mohammed, fils de Soleiman, et Hammoud, fils d’Ali, fils de Mohammed, fils de Soleiman.

Ibn-Hazm dit que les membres de la famille Idrîs étaient extrêmement nombreux en Maghreb et qu’ils avaient fondé plusieurs royaumes; mais, ajoute-t-il, toute leur puissance a disparu et il ne reste plus un seul de ces chefs.

Le même écrivain fait observer que Hamza, celui dont le lieu de la province de Bougie appelé Souc-Hamza porte le nom, appartenait [non pas à la famille des Idrîcides, mais] à la tribu [arabe] des Soleim.

Djouher le sicilien [le général d’El-Moëzz] transporta les enfants de Hamza [l’Idrisside] à Kairouan, mais plusieurs membres de cette famille continuèrent à vivre dispersés dans les montagnes et parmi les Berbères du Maghreb. »

Vue sur les remparts d'origine Idrisside de la ville de Tlemcen en Algérie de l'ouest. En 790, Idrîss Ier obtient de Mohammed Ibn Khazar, émir des Zénata, la possession de la cité et, après un séjour de quelques mois pendant lequel il pose les fondements de la mosquée-cathédrale, reprend la route du Maghreb el-Aksa (actuel Maroc), installant son frère Muhammad Ibn Soulayman comme gouverneur à Agadir-Tlemcen. Les Idrissides y règnent durant 140 ans, de 790 à 931. Sous les Idrissides, la ville se dote d'une enceinte défensive (à l'image) qui s'ouvre par cinq portes. Al-Bakri la décrit comme « une grande ville qui possède des bazars, des mosquées, des moulins et même une église fréquentée par les chrétiens. Elle est un point de réunion pour les marchands de tous les pays et n'a jamais cessé d'être la demeure des hommes savants dans la loi et la tradition...
Vue sur les remparts d’origine Idrisside de la ville de Tlemcen en Algérie de l’ouest. En 790, Idrîss Ier obtient de Mohammed Ibn Khazar, émir des Zénata, la possession de la cité et, après un séjour de quelques mois pendant lequel il pose les fondements de la mosquée-cathédrale, reprend la route du Maghreb el-Aksa (actuel Maroc), installant son frère Muhammad Ibn Soulayman comme gouverneur à Agadir-Tlemcen. Les Idrissides Sulimanide y règnent durant 140 ans, de 790 à 931. Sous les Idrissides, la ville se dote d’une enceinte défensive (à l’image) qui s’ouvre par cinq portes. Al-Bakri la décrit comme « une grande ville qui possède des bazars, des mosquées, des moulins et même une église fréquentée par les chrétiens. Elle est un point de réunion pour les marchands de tous les pays et n’a jamais cessé d’être la demeure des hommes savants dans la loi et la tradition… 

La ville de Tènes et les  princes Sulimanide par al-Bakri (1014- 1094)

 » Cette ville s’appelle Ténès la Neuve; les habitants montrent , sur le bord de la mer, un château qu’ils disent être Vancienne Ténès1, et qui, selon eux , fut habité avant la construction de la ville actuelle. Celle-ci fut bâtie en l’an 262 (875-876 de J. C) par les marins de l’Andalousie [bande d’aven turiers] , au nombre desquels se trouvaient El-Ker- kerni, Abou Aïcha, Es-Saccar et Soheib.

Elle fut peuplée par deux colonies andalousiennes , dont l’une était venue d’El-Bîra (Elvira) , et l’autre de Todmîr (Marcie). Les seigneurs de Ténès sont d’origine noble, leur ancêtre, Ibrahim, ayant eu pour père Mohammed, fils de Soleiman, fils d’Abd Allah, fils de Ha-cen, fils de Hacen, fils d’Ali [gendre de Muhammad paix et bénédiction sur lui],

Les marins dont nous venons de parler avaient l’habitude, en quittant l’Espagne, d’aller passer l’hiver dans le port de Ténès ; les Berbers des environs , étant venus se joindre à eux , les invitèrent à s’établir dans le château et à y tenir un marché, leur promettant de les soutenir, de les favoriser et d’observer, à leur égard, les obligations de l’amitié et du bon voisinage.  

Les Andalous acceptèrent la proposition et dressè rent leurs tentes dans l’intérieur de la forteresse. Bien tôt ils virent arriver chez eux beaucoup de monde , et , dans le nombre, tous leurs anciens amis de l’Andalousie. A l’entrée du printemps ils tombèrent tous ma lades, et les Andalous, jugeant la localité malsaine, remontèrent dans leurs navires , sous le prétexte d’aller chercher des vivres pour le reste de la population.

Arbre généalogique de la dynastie arabe des Sulaymanide ou Banu Sulayman de Tlemcen Algerie
Arbre généalogique de la dynastie arabe des Sulaymanide ou Banu Sulayman de Tlemcen Algerie, selon al-Yaqubi et al-Bakri

Ils firent alors une descente auprès d’El-Meriya Bed- djana], et s’emparèrent de cette ville , ainsi que nous aurons à le raconter plus loin 2. Les colons qui res tèrent à Ténès virent leur nombre augmenter, leurs richesses s’accroître, et, quelque temps après, ils accueillirent chez eux quatre cents familles de Souc Ibrahim , habituées à vivre sous la tente , et parta gèrent avec elles leurs logements et leurs biens. Tous s’entr’aidèrent alors dans les travaux de construction , et ils élevèrent à Ténès le château que l’on y re marque encore. Deux portes de la ville s’ouvrent vers le midi, une autre regarde la mer, et celles qui se nomment Bab ibn Naseh et Bah el-Kb.ok.ha « la porte au guichet », sont tournées vers l’orient.

Hammam al-Sabaghîn de Tlemcen est un bain de type arabe du 11e siècle avec des caractéristiques hispano-mauresques, datant de la fin des Idrissides, Sulimanides ou du début du règne Omeyyade de Cordoue dans l'ouest Algerien
Hammam al-Sabaghîn de Tlemcen est un bain de type arabe du 11e siècle avec des caractéristiques arabo-andalous datant  du règne Omeyyade de Cordoue dans l’ouest Algerien voir des almoravides a la fin de ce siècle.

Quand on sort par la Porte aa guichet, on trouve Aïn AbdesSelam, source abondante qui fournit de l’eau douce.-

La mesure de capacité employée par les habitants de Ténès est nommée sahfa, et contient quarante- huit cadous; le cadous contient trois modd de la di mension autorisée par le Prophète.

Le ratl « livre » de viande est de soixante-sept aoulïia « onces » , et le ratl employé pour peser toutes les autres denrées, équivaut à vingt-deux aoukïa.

Leur kirat k carat » pèse un tiers de dirhem adl «drachme légale », poids de Cordoue.

La monnaie frappée au coin qui a cours chez eux consiste en kirats, en rôba dirhem «quart de drachme » , en sikels et en doubles grains.

Leur dir hem équivaut à douze dirhem siciliens. Saïd ibn ou-Chekla, natif de Tèhert, récita les vers suivants à Ténès, pendant la maladie qui devait l’emporter :

Abandonné par le sommeil , j’ai épuisé ma patience 1, et je me trouve captif, loin du séjour des amis.

Me voici, loin de Tèhert, dans le séjour de l’isolement; la sentence du destin M’a relégué dans Ténès, ville de malheur, où l’on conduit ceux dont la vie doit promptement s’éteindre. Ténès est [aussi fatal que] le temps et le bourreau; son eau est le juge [qui nous livre à la mort] ; son aspect funeste est le glaive du trépas. – —

C’est une ville où les puces sont assez nombreuses pour emporter un piéton ; où les chacals arrivent en bandes [aussi nombreuses que celles] du jour de la résurrection. C’est une ville où le peuple marche entouré d’escadrons d’une nation noire qui triomphe dans sa vengeance. On voit les habitants , accablés par les coups de la fièvre , et s’enivrant malgré cela depuis le matin jusqu’au soir.

Un autre poëte a dit [sur le même sujet] :

Toi qui me demandes comment est le pays de Ténès , sé jour de l’avarice consommée et des immondices , [Sache que] c’est une ville où la rosée [de la bienfaisance] ne descend jamais; où l’habitude de la générosité est tombée en désuétude. Les habitants savent parler clairement quand il s’agit de dire non; s’il faut dire oui, ils sont sourds et muets. »

Le voyageur qui approche de ce pays, sans le connaître, part le soir même pour ne pas y passer la nuit. L’eau participe des mauvaises qualités qui distinguent la ville; c’est de la bourbe qui coule sur un sol bourbeux.

Si jamais tu as envie de maudire un pays, lance ta malédiction en même temps contre Ténès. 

Tlemcen , Algérie Occidental
Tlemcen , Algérie Occidental

Tlemcen la Sulimanide  par al-Bakri (1014- 1094): 

Tlemcen est aussi un point de réunion pour les marchands de tous les pays.

Mohammed, fils de Soleiman ibn Abd Allah ibn Hacen ibn Ali ibn Abi Taleb [descendant du Prophète], se f1xa dans cette ville.

Son petit-fils, Abou’1-Aïch Eiça, fils d’Idris , fils de Mohammed ibn Soleiman , bâtit Djeraoua ville dont il resta le seigneur et dans laquelle il mourut.

Tlemcen n’a jamais cessé d’être la demeure des hommes savants dans la loi et dans les traditions, des jurisconsultes connaissant par cœur les décisions légales fondées sur l’analogie et con formes au système de doctrine enseignée par Malek ibn Anès. »

Carte topographique de Rachgoun, île et plage.
Carte topographique de Rachgoun, île et plage.L’ancienne Archgoul

Archgoul la Sulimanide par al-Bakri (1014-1094)

« Cette ville était habitée par des négociants quand Eïça, fils de Mohammed ibnSoleiman, prince dont nous avons déjà parlé, vint s’y installer et prendre le commandement.

Il y mourut en l’an 295 (907- 908 de J. C. ).

Son fils Ibrahim ibn Eïça el-Arch- gouli naquit dans Archgoul ; Yahya , fils et successeur d’Ibrahîm, fut mis en prison, l’an 3^3 (93 5 de J. C), par Abou Abd Allah es-Chîaï.

Dans la mer, vis-à-vis de la ville , est une île appelée DjEzîra-T-AncHGoUL « l’île d’Archgoul ». « 

Le vieux Tènes en Algerie fut contruit par la dynastie arabe des Idrissides en 876 sous les Sulimanides
Le vieux Tènes en Algerie fut contruit par la dynastie arabe des Idrissides en 876 sous les Sulimanides
Les vestiges du vieux palais arabe du vieux tenès
Les vestiges du vieux palais arabe du vieux Tènès Bab al-Ghoula
Vestiges du vieux palais idrisside du vieux Tènes
Vestiges du vieux palais idrisside du vieux Tènes, d’origine arabo-andalouse
Le vieux Tènes en Algerie fut construit par la dynastie arabe des Idrissides en 876 sous les Sulimanides
Le vieux Tènes en Algerie fut construit par la dynastie arabe des Idrissides en 876 sous les Sulimanides 

Ibn hawqal mort en 988 jc nous parle de Tènes :

« Ténès est située en partie dans une plaine , et en partie sur une montagne. La haute ville est en tourée d’une muraille percée de plusieurs portes. Elle est bâtie à deux milles de la mer, sur un grand ruisseau qui fournit l’eau qui sert de boisson aux habitants. Elle est trop grande pour être appelée une petite ville ; il n’y a pas même , aux environs , de ville maritime aussi considérable. Son territoire est extrêmement fertile et fournit d’excellents , fruits.

C’est à cette ville que les Arabes Espagnols se rendent d’abord avec leurs bâtiments pour faire le commerce; ensuite ils se dirigent ailleurs.

Le souverain y possède plusieurs sources de revenu , telles que l’impôt foncier, la capitation, la dîme et les droits perçus aux barrières  sur les marchandises qui arrivent et qui partent.

Les campagnes sont habitées par un grand nombre de tribus berbères, dont quelques-unes sont très-riches. On y trouve en abondance cet excellent coing à queue , dont je ne peux cesser de parler. Sur la: mer, entre Ténès et Oran se trouvent plusieurs ports, mais aucune ville importante; parmi ces ports on remarque celui de Mersa Ata  mais il est inhabité. »

Ibn Hawqal  description du Maghreb (Afrique du nord et Espagne) à la page 185 traduction de Slane.

Honain porte de la Mer Bab alBahr idrisside Une tour de guet devenue citadelle (Hsin) fut élevée par les arabes Idrissides au xe siècle photo G. Marçais
Honain porte de la Mer Bab alBahr idrisside Une tour de guet devenue citadelle (Hsin) fut élevée par les arabes Idrissides au xe siècle photo G. Marçais, en Algérie.

Le Royaume idrisside à la mort d’Idris II source :E.B., « Idris Ier (788-791) », in Encyclopédie berbère, 24 | Ida – Issamadanen [Online], Online since 01 June 2011, connection on 12 October 2014. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/1524
Le Royaume idrisside à la mort d’Idris II source :E.B., « Idris Ier (788-791) », in Encyclopédie berbère,

Amirs of Tilimsan, Anonymous, silver dirham, Tilimsan 180h Sulaymanid, Muhammad b. Sulayman (fl.213-227h), Dirham, mint (Tilimsan

Tilimsan fals omeyyade

Notes et références

Monnaies des Sulaymānides de Sūq Ibrāhīm et de Tanas (Ténès). In: Revue numismatique, 6e série – Tome 25, année 1983 pp. 177-187.

doi : 10.3406/numi.1983.1842
url :/web/revues/home/prescript/article/numi_0484-8942_1983_num_6_25_1842

  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, 2003, Berti, Alger.
  • Meynier 2010, p. 28.
  • Le géographe  arabe al-Bakri (1014- 1094) dans sa Description de l’Afrique septentrionale; traduite par Mac Guckin de Slane p.178 , p.170
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s