L’exécution sommaire et total des croisés templiers, hospitaliers et des prisonniers sous l’ordre du sultan Salahudin al-Ayyoubi, par le poète et historien témoins des croisades Imad al-Din al-Isfahani :

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Salahudin al-Ayyoubi, et les prisonniers croisés avant leurs exécutions sommaire
Salahudin al-Ayyoubi, et les prisonniers croisés avant leurs exécutions sommaire

« Au matin du lundi 17 rabî II, deux jours après la victoire, le sultan (Salahudin) fit rechercher les templiers et les hospitaliers qui étaient prisonniers, et dit : « Je purifierai la terre de ces deux races impures. » Il promit donc cinquante dinars à toute personne qui lui en amènerait un ; aussitôt l’armée en amena des centaines. Il ordonna de les décapiter, aimant mieux les tuer que les réduire en esclavage. Il y avait auprès de lui toute une troupe de docteurs et un certain nombre de dévots et d’ascètes : chacun réclama l’honneur d’en tuer un, dégaina son épée et se retroussa la manche. Le Sultan était assis, le visage radieux, tandis que ceux des Infidèles étaient sombres ; les troupes se tenaient en rang, les émirs tout droits en double file. Il y en eut qui fendirent et coupèrent net : ils en furent loués ; d’autres se récusèrent ou manquèrent leur coup ; on les excusa ; d’autres firent rire d’eux-mêmes et on dut les remplacer. J’en ai pu voir certains qui souriaient et tuaient, qui parlaient et agissaient : que de promesses tenues, que de mérites acquis, que de récompenses éternelles obtenues par le sang versé ! Que d’œuvres pies assurées par une tête coupée ! Que de lames teintes de sang après la victoire tant rêvée, que de lances brandies contre le lion capturé, que de blessures guéries par la blessure d’un templier ! Le sultan, insuffla énergie aux chefs qu’il a renforcés ; il a déployé ses drapeaux pour dissiper les malheurs, il a terrassé l’Infidélité pour revivifier l’islam ; il a détruit l’associationnisme pour construire le monothéisme ; il s’est engagé entier pour dégager la communauté des croyants et il a abattu les ennemis pour défendre les amis. »

lmâd ad-Dîn. Extrait de F.Gabrieli, Chroniques arabes des croisades, Sindbad, 1977 

Imad al-Din al-Isfahani (en persan : عمادالدین اصفهانی), né à Isfahan en 1125 et mort en 1201 à Damas, est un écrivain de langue arabe d’origine d’Ispahan . Il étudia à Bagdad et fut d’abord au service des Seldjoukides en Irak. Plus tard, enSyrie et en Égypte, il devint successivement le secrétaire de Nur al-Din et surtout de Saladin. Le rôle de secrétaire était très important à l’époque et Imad al-Din était l’un des plus grands cadres administratifs au service du sultanayyoubide.
C’était un érudit, historien et rhétoricien à qui l’on doit aujourd’hui une importante anthologie des poètes arabes de son siècle, la Kharidat al-qasr wadjaridat ahl-al-‘asr, trois ouvrages historiques ainsi qu’une importante correspondance officielle.
C’est en qualité de biographe officiel de Saladin, qu’il rapporta dans, « Conquête de la Syrie et de la Palestine par Saladin » (al-Fath al-qussi fi l-fath al-Qudsi), les exploits du sultan, spécialement la bataille de Hattin et la reconquête de Jérusalem. Son travail se concentrait essentiellement sur les hauts faits de Saladin ainsi que les actes héroïques des guerriers musulmans sous les ordres de ce dernier.

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