Alamut la forteresse de la terrible secte chiite ismaéliene des Assassins par Juvaini :

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Reconstitution d'Alamut base des ismaéliens
Reconstitution d’Alamut base des ismaéliens

 

Siège d'Alamut (1256). Tarikh-i-i Jahangushay Juvaini de Ata al-Mulk Dschuwaini (13ème siècle).
Siège d’Alamut (1256). Tarikh-i-i Jahangushay Juvaini de Ata al-Mulk Dschuwaini (13ème siècle).

Ata-Malek Juvaini (1226-1283), l’historien persan de l’armée Mongole nous raconte son récit au sujet de la destruction des assassins et de leurs repaire :

 » Dans ce nid de l’hérésie dans le Rûdbâr d’Alamût, foyer des dangereux adeptes de Hasan-i Sabbâh (…)

pas une pierre des fondations n’est restée debout (…). 

Aujourd’hui, grâce à la glorieuse fortune du Roi qui illumine le monde, s’il reste un Assassin en quelque endroit, il exerce un métier de femme ; partout où se trouve un dâ‘î se trouve un annonciateur de la mort ; et chaque rafîq est devenu esclave. Les propagateurs de l’ismaélisme sont tombés sous l’épée des soldats de l’islam  

(…). Les rois des Grecs et des Francs, que la peur de ces hommes maudits faisait pâlir, qui leur payaient tribut et n’avaient pas honte de cette ignominie, jouissent maintenant d’un doux sommeil. Et tous les habitants de la terre, et en particulier les Fidèles, ont été libérés de leurs funestes machinations et de leurs croyances impures. Bien plus, l’ensemble des hommes, grands et petits, nobles et vils, partage cette joie (…).« 

Récit de l’historien persan Ata-Malek Juvaini (1226-1283), in Bernard Lewis, Les Assassins. Terrorisme et politique dans l’Islam médiéval, Paris, Complexe, 2001, p. 136

Occupation d'Alamut (1256). Jami 'au-tawarich de Rashid ad-Din (13ème ou 14ème siècle).
Occupation d’Alamut (1256). Jami ‘au-tawarich de Rashid ad-Din (13ème ou 14ème siècle).

Marco Polo rapporta la légende en ayant affirmé avoir visité Alamut, ce qui est peu probable compte tenu du fait qu’à l’année de sa venue sur place la place forte avait déjà cessé d’être employée depuis plusieurs décennies après l’année 1256, qui vit son démantèlement.

Selon sa description, la forteresse coiffée sur la montagne comportait un magnifique jardin secret imitant l’aspect des jardins du Paradis. Le but était de convaincre les futurs assassins de la secte – drogués notamment au haschich – qu’ils venaient de faire un bref tour au Paradis afin de les fanatiser avant qu’ils ne partent accomplir leur mission mortelle.

En 1256, la forteresse d’Alamut se rend sans combat à l’armée mongole d’Houlagou Khan qui déferlait sur la Perse.

Elle est entièrement rasée. C’est la fin des Nizârites en Perse. Cette forteresse a été construite vers 840 sous les Abbassides.

Rukn ad-Dîn Khurshâh fut le dernier imam des Nizârites, dite Secte des Assassins, et régna de 1255 à 1257, et  fut dépossédé par Houlagou Khan, et tué sur les bords de l’Amou-Daria en 1257

La démolition de la forteresse par Hulagu Khan, Manuscrit de Basâwan et Nand Gwaliori, environ 1596e
La démolition de la forteresse par Hulagu Khan, Manuscrit de Basâwan et Nand Gwaliori, environ 1596e
Ruines de la forteresse d'Alamut
Ruines de la forteresse d’Alamut

 

Ata-Malek Juvaini (1226-1283) était un historien persan. Il a écrit une histoire de l’Empire mongol intitulée Ta’rikh-i Jahan-Gusha (Histoire du Conquérant du monde).Il est né à Juvain, une ville du Khorasan, du nord-est de l’Iran, dans une noble et ancienne famille qui s’est ralliée aux Mongols. Son père est ministre de d’Arghoun Agha, gouverneur du Khorasan et de l’Irak. Juvaini l’accompage quand, aux côtés d’Arghoum, ll se rend à la cour de Mongka. Juvaini séjourne à Karakorum de mai 1252 à septembre 1253. Là, il entreprend la rédaction de l’Histoire du Conquérant du monde. Il accompagne Ilkhan Hulagu en 1256 lors de la prise d’Alamut et en 1258 lors du sac de Bagdad. L’année suivante il est nommé gouverneur de Bagdad, de la Basse-Mésopotamie, et du Khouzistan. L’œuvre de Juvaini est publiée sous le titre « Ta’rikh-i Jahan-Gusha », éd. Mirza Muhammad Qazwini, 3 vol, Gibb Memorial Series 16 (Leyde et Londres, 1912-1937). Une traduction en anglais par John Andrew Boyle de L’histoire du Conquérant du monde est publiée en 1958.

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